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lundi 28 octobre 2019

Dernière ligne droite pour les prix littéraires


Les jurys ont fait connaître leurs dernières sélections. Il y aura du suspense jusqu'à la proclamation des palmarès. Trois titres à l'Académie française dont celui d'une femme, quatre au Goncourt (Amélie Nothomb enfin?, un premier Goncourt pour Stock ou L'Olivier?), qui chez les dames du Femina?

L'Académie française ouvre le bal, comme souvent, ce jeudi 31 octobre. Puis, ce sera le peloton des autres grands prix, en tir groupé à partir du lundi 4 novembre.

C'est le moment de se lancer dans les pronostics.
Onze prix, onze chances de viser juste ou de se tromper ou de mélanger les colonnes.

Pour moi
  • Grand prix du roman de l'Académie française: Bruno de Cessole
  • Prix Goncourt: Jean-Paul Dubois
  • Prix Renaudot: Jean-Luc Coatalem
  • Prix Femina: Michael Ferrier
  • Prix du Premier roman: Victoria Mas
  • Prix Décembre: Claudie Hunzinger
  • Prix Médicis: Santiago H. Amigorena 
  • Grand prix de littérature américaine: Kevin Powers
  • Prix Wepler: Anne Pauly
  • Prix de Flore: Emma Becker
  • Prix Interallié: Karine Tuil
  • Prix Giono: Hubert Mingarelli

Et pour vous?


Sélections 

Grand prix du roman de l'Académie française (31 octobre)

  • "Civilizations", Laurent Binet (Grasset) LAURÉAT 
  • "L'Ile du dernier homme", Bruno de Cessole (Albin Michel)
  • "Jour de courage", Brigitte Giraud (Flammarion)

"Cent millions d'années et un jour", Jean-Baptiste Andrea (L'Iconoclaste)
"La part du fils", Jean-Luc Coatalem (Stock)
"Une bête au Paradis", Cécile Coulon (L'Iconoclaste)
"Les jungles rouges", de Jean-Noël Orengo, Grasset)
"Par les routes", Sylvain Prudhomme (Gallimard)
"Nuit d'épine", Christiane Taubira (Plon)
"Les choses humaines", Karine Tuil (Gallimard)


Prix Goncourt (4 novembre)

  • "Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon", Jean-Paul Dubois (L'Olivier) LAURÉAT
  • "La part du fils", Jean-Luc Coatalem (Stock)
  • "Soif", Amélie Nothomb (Albin Michel)
  • "Extérieur monde", Olivier Rolin (Gallimard)
"Le ghetto intérieur", Santiago H. Amigorena (P.O.L)
"Le ciel par-dessus le toit", Nathacha Appanah (Gallimard)
"Un dimanche à Ville-d'Avray", Dominique Barbéris (Arléa)
"Rouge impératrice", Léonora Miano (Grasset)
"La terre invisible", Hubert Mingarelli (Buchet Chastel)
"Mur Méditerranée", Louis-Philippe Dalembert (Sabine Wespieser)
"Un monde sans rivage", Hélène Gaudy (Actes Sud)
"Avant que j'oublie", Anne Pauly (Verdier)
"Sœur", Abel Quentin (L'Observatoire)
"Le cœur battant du monde", Sébastien Spitzer (Albin Michel)
"Les choses humaines", Karine Tuil (Gallimard)


Prix Renaudot (4 novembre)


Romans

"La panthère des neiges", Sylvain Tesson (Gallimard)  LAURÉAT
  • "La Maison", Emma Becker (Flammarion)
  • "La part du fils", Jean-Luc Coatalem (Stock)
  • "Le bal des folles", Victoria Mas (Albin Michel) 
  • "Les jungles rouges", Jean-Noël Orengo (Grasset)
  • "Pourquoi tu danses quand tu marches?", Abdourahman A. Waberi (J-C. Lattès)
Essais
  • "(Très) cher cinéma français", Eric Neuhoff (Albin Michel) LAURÉAT
  • "A l'absente", Martine de Rabaudy (Gallimard)
  • "La Bruyère, portrait de nous-mêmes", Jean-Michel Delacomptée (Robert Laffont)
Romans
"Les petits de décembre", Kaouther Adimi (Seuil)
"Le ghetto intérieur", Santiago H. Amigorena (P.O.L)
"Le continent de la douceur", Aurélien Bellanger (Gallimard)
"Scrabble", Michael Ferrier (Mercure de France)
"Un monstre et un chaos",Hubert Haddad (Zulma)
"La chaleur",Victor Jestin (Flammarion) 
"Cora dans la spirale", Vincent Message (Seuil)
"Loin", Alexis Michalik (Albin Michel)
"Le ciel par-dessus le toit", Nathacha Appanah (Gallimard)
"La symphonie du nouveau monde", Lenka Hornakova-Civade (Alma)
"Par les routes", Sylvain Prudhomme (Gallimard)


Essais
"Le dernier roi soleil", Sophie Des Deserts (Grasset/Fayard)
"Alexandria: Les pionniers oubliés du web", Quentin Jardon (Gallimard)
"Giono, furioso", Emmanuelle Lambert (Stock)
"Au pays des rêves noirs: Antonin Artaud au Mexique", Félix
 Macherez (Equateurs)"Art vaincra! 
"Je suis le carnet de Dora Maar", Brigitte Benkemoun (Stock)
"Dictionnaire égoïste de la littérature mondiale", Charles Dantzig (Grasset)
Louise Michel: l'artiste en révolution et le dégoût du politique", Claude Rétat (Bleu autour)


Prix Femina (5 novembre)


Romans français
  • "Par les routes", Sylvain Prudhomme (Gallimard) LAURÉAT 
  • "Un dimanche à Ville-d'Avray", Dominique Barbéris (Arléa)
  • "Scrabble", Michael Ferrier (Mercure de France)
  • "La tentation", Luc Lang (Stock)
  • "Opus 77", Alexis Ragougneau (Viviane Hamy)
  • "Eden", Monica Sabolo (Gallimard)
Romans étrangers
  • "Girl", Edna O'Brien (traduit par Aude de Saint-Loup et Pierre-Emmanuel Dauzat, Sabine Wespieser)  LAURÉATE POUR L'ENSEMBLE DE L'ŒUVRE 
  • "Ordesa", Manuel Vilas (traduit par Isabelle Gugnon, Sous-Sol) LAURÉAT
  • "Borgo Vecchio", Giosuè Calaciura (traduit par Lise Chapuis, Notabilia)
  • "Le cœur de l'Angleterre", Jonathan Coe (traduit par Josée Kamoun, Gallimard)
  • "Le grand royaume des ombres", Arno Geiger (traduit par Olivier Le Lay, Gallimard)
Essais
  • "Giono, Furioso", Emmanuelle Lambert (Stock)  LAURÉATE
  • "La Bruyère, portrait de nous-mêmes", Jean-Michel Delacomptée (Robert Laffont)
  • "La fabrique du crétin digital: les dangers des écrans pour nos enfants", Michel Desmurget (Seuil)
  • "L'usage du vide: essai sur l'intelligence de l'action, de l'Europe à la Chine", Romain Graziani (Gallimard)
  • "La langue confisquée: lire Victor Klemperer aujourd'hui", Frédéric Joly (Premier Parallèle)
  • "Débuter, comment c'est: entrer en littérature", Bertrand Leclair ("Agora", Pocket)
  • "J'ai oublié", Bulle Ogier avec Anne Diatkine (Seuil)
  • "Arpenter le paysage: poètes, géographes et montagnards", Martin de la Soudière (Anamosa)
  • "La fabrique de l'écrivain national: entre littérature et politique", Anne-Marie Thiesse (Gallimard)

Romans français
"Quand la parole attend la nuit", Patrick Autréaux (Verdier)
"Un autre Eden", Bernard Chambaz (Seuil)
"Un pur", Isabelle Desesquelles (Belfond)
"Chronique d'une station-service", Alexandre Labruffe (Verticales)
"Avant que j'oublie", Anne Pauly (Verdier)
"Par les routes", Sylvain Prudhomme (Gallimard)
"Le ciel par-dessus le toit", Nathacha Appanah (Gallimard)
"Les grands cerfs", Claudie Hunzinger (Grasset)
"La chaleur", Victor Jestin (Flammarion)
"Le bal des folles", Victoria Mas (Albin Michel)
"Les choses humaines", Karine Tuil (Gallimard)
Romans étrangers
"La fracture de Nina Allan", traduit par Bernard Sigaud (Tristram)
"Les hommes d'août", Sergueï Lebedev traduit par Luba Jurgenson (Verdier)
"Bleuets", Maggie Nelson, traduit par Céline Leroy (Sous-Sol)
"Je ne reverrai plus le monde", Ahmet Altan (traduit par Julien Lapeyre de Cabanes, Actes Sud)
"Ordinary people", Diana Evans (traduit par Karine Guerre, Globe)
"La fabrique des salauds", Chris Kraus (traduit par Rose Labourie, Belfond)
"L'ami", Sigrid Nunez (traduit par Mathilde Bach, Stock)
"Appia", Paolo Rumiz (traduit par Béatrice Vierne, Arthaud)
"Ordesa", Manuel Vilas (traduit par Isabelle Gugnon, Sous-Sol)
Essais
"Vagabondes, voleuses, vicieuses: adolescentes sous contrôle, de la Libération à la libération sexuelle",  Véronique Blanchard (François Bourin)
"La solitude Caravage", Yannick Haenel (Fayard)
"De cendres et de braises: voix et histoires d'une banlieue populaire", Manon Ott (Anamosa)
"Sur la route du Danube", Emmanuel Ruben (Rivages)


Prix du Premier roman (6 novembre)


Romans français
  • "On ne meurt pas d'amour", Géraldine Dalban-Moreynas (Plon)  LAURÉATE
  • "Suiza", Bénédicte Belpois (Gallimard)
  • "L'âme du violon", Marie Charvet (Grasset)
  • "Baudelaire et Apolline", Céline Debayle (Arléa)
  • "Un cheval dans la tête", Sylvie Krier (Safran)
  • "Le Bal des folles", Victoria Mas (Albin Michel)
  • "Une histoire italienne", Laura Ulonatti (Gallimard)
Romans étrangers
  • "Les Patriotes", Sana Krasikov (traduit de l'américain par Sarah Gurcel, Albin Michel)  LAURÉAT
  • "Tangerine", Christine Mangan (traduit de l'américain par Laure Manceau, HarperCollins)
  • "Cendrillon et moi: la belle-mère parle enfin", Danielle Teller (traduit de l'anglais par Audrey Coussy, Denoël)

Prix Décembre (7 novembre)

  • "Les grands cerfs", Claudie Hunzinger (Grasset) LAURÉATE
  • "Souvenirs-écran: voyage en France 2017-2018", Noël Herpe (Bartillat)
  • "Rhapsodie des oubliés", Sofia Aouine (La Martinière)

"Quand la parole attend la nuit", Patrick Autréaux (Verdier)
"L’homme qui brûle", Alban Lefranc (Rivages)
"Le monde horizontal", Bruno Remaury (Corti)
"Le chagrin des origines", Laurence Nobécourt (Albin Michel)
"Les jungles rouges", Jean-Noël Orengo (Grasset)
"Le ghetto intérieur", Santiago H Amigorena (POL)
"L'arbre d'obéissance", Joël Baqué (POL)
"Parking Péguy", Charles Coustille (Flammarion)


Prix Médicis (8 novembre)


Romans français
  • "La tentation", Luc Lang (Stock) LAURÉAT
  • "Le ghetto intérieur", Santiago H. Amigorena (P.O.L)
  • "Jour de courage", Brigitte Giraud (Flammarion)
  • "Les grands cerfs", Claudie Hunzinger (Grasset)
  • "La chaleur", Victor Jestin (Flammarion)
  • "Protocole gouvernante", Guillaume Lavenant (Rivages)
  • "Cora dans la spirale", Vincent Message (Seuil)
  • "Mon ancêtre Poisson", Christine Montalbetti (P.O.L)
Romans étrangers
  • "Miss Islande", Auður Ava Olafsdottir (traduit par Eric Boury, Zulma)  LAURÉATE
  • "La fracture", Nina Allan (traduit par Bernard Sigaud, Tristram)
  • "Solénoïde", Mircea Cartarescu (traduit par Laure Hinckel, Noir sur Blanc)
  • "Le grand royaume des ombres", Arno Geiger (traduit par Olivier Le Lay, Gallimard)
  • "Kintu", Jennifer Nansubuga Makumbi (traduit par Céline Schwaller, Métailié)
  • "Un livre de martyrs américains", Joyce Carol Oates (traduit par Claude Seban, Philippe Rey)
  • "Girl", Edna O'Brien (traduit par Aude de Saint-Loup et Pierre-Emmanuel Dauzat, Sabine Wespieser)
  • "Ordesa", Manuel Vilas (traduit par Isabelle Gugnon, Sous-Sol)
Essais et documents
  • "J'ai oublié", Bulle Ogier et Anne Diatkine (Seuil)  LAURÉATES
  • "Le Roman noir de l’Histoire", Didier Daeninckx (Verdier)
  • "Scrabble", Michaël Ferrier (Mercure de France)
  • "Récidive", Michaël Foessel (PUF)
  • "Le Greco – un grand sommeil noir", Jean-Paul Marcheschi (éditions Art3)
  • "Ruptures", Claire Marin (L’Observatoire)
  • "Bleuets", Maggie Nelson (Sous-sol)
  • "Avant que j'oublie", Anne Pauly (Verdier)
  • "Le Monde horizontal", Bruno Remaury (Corti)
  • "Appia", Paolo Rumiz (Arthaud)
  • "Carré de ciel", Jean-Louis Schefer (P.O.L)
  • "Icebergs", Tanguy Viel (Minuit)
  • "Le Livret du pupille Jean Genet", Josef Winkler (Verdier)
  • "Des balles et de l'opium", Liao Yiwu (Globe)

Grand Prix de littérature américaine (10 novembre)


  • "L'écho du temps", Kevin Powers (traduit par Carole d'Yvoire, Delcourt) LAURÉAT
  • "Archives des enfants perdus",Valeria Luiselli (traduit par Nicolas Richard, L'Olivier)
  • "Ici n'est plus ici", Tommy Orange (traduit par Stéphane Roques, Albin Michel)
  • "Mécanique de la chute", Seth Greenland (traduit par Jean Esch, Liana Levi)
"Souvenirs de l'avenir", Siri Hustvedt (traduit par Christine Le Bœuf, Actes Sud)
"Les femmes de Heart Spring Mountain", Robin MacArthur (traduit par France Camus-Pichon, Albin Michel)
"Le sport des rois", C. E. Morgan (traduit par Mathilde Bach, Gallimard)
"Mon année de repos et de détente", Ottessa Moshfegh (traduit par Clément Baude, Fayard)
"Ce que l'on sème", Regina Porter (traduit par Laura Derajinski, Gallimard)


Prix Wepler-Fondation la Poste (11 novembre)

  • "Les Échappées", Lucie Taïeb (Editions de l'Ogre) LAURÉATE
  • "Le Monde horizontal", Bruno Remaury (José Corti) MENTION SPÉCIALE
  • "L'arbre d'obéissance", Joël Baqué  (P.O.L)
  • "Les grands cerfs", Claudie Hunzinger (Grasset)
  • "Chroniques d'une station-service", Alexandre Labruffe (Verticales)
  • "Querelle", Kevin Lambert (Le Nouvel Attila)
  • "La Tentation", Luc Lang (Stock)
  • "Francis Rissin", Martin Mongin (Tusitala)
  • "Forêt-Furieuse," Sylvain Pattieu (Rouergue/La Brune)
  • "Avant que j'oublie" Anne Pauly (Verdier, premier roman)
  • "Trismus", Matthieu Peck (Bartillat)
  • "Et l'ombre emporte ses voyageurs", Marin Tince (Seuil)
  • "Tous tes enfants dispersés", Beata Umubyeyi Mairesse (Autrement)

Prix de Flore  (12 novembre)

  • "Rhapsodie des oublié"s, Sofia Aouine (La Martinière) LAURÉATE
  • "La maison", Emma Becker (Flammarion)
  • "Nino dans la nuit", Simon et Capucine Johannin (Allia)
  • "Chroniques d'une station-service", Alexandre Labruffe (Verticales)

"Rien n'est noir", Claire Berest (Stock)
"Francis Rissin", Martin Mongin (Tusitala)
"Protocole gouvernante", Guillaume Lavenant (Rivages)
"L'île introuvable", Jean Le Gall (Robert Laffont)
"Le nom secret des choses", Blandine Rinkel (Fayard)


Prix Interallié (13 novembre)

  • "Les choses humaines", Karine Tuil (Gallimard) LAURÉATE
  • "L'île du dernier homme", Bruno de Cessole (Albin Michel)
  • "Où vont les fils ?", Olivier Frébourg (Mercure de France)
"La vraie vie de Vinteuil", Jérôme Bastianelli (Grasset)
"Le général a disparu", Georges-Marc Benamou (Grasset)
"La tentation", Luc Lang (Stock)
"Une partie de badminton", Olivier Adam (Flammarion)
"Une bête au paradis", Cécile Coulon (L'Iconoclaste)
"La montre d'Errol Flynn", François Cérésa (Ecriture)
"Mise au vert", Philippe Lacoche (Editions du Rocher)
"Par les routes", Sylvain Prudhomme (Gallimard)
"Le cœur battant du monde", Sébastien Spitzer (Albin Michel)
"Les minets", François Armanet (Stock)



Prix du style (19 novembre)

  • "Journal de L. : 1947-1952", Christophe Tison (Editions Goutte-d'Or) LAURÉAT
  • "Sérotonine", Michel Houellebecq (Flammarion)
  • "Un monde sans rivage", Hélène Gaudy (Actes Sud)
  • "Les guerres intérieures", Valérie Tong Cuong (Jean-Claude Lattès)
  • "Bleu blanc Brahms", Youssef Abbas (Jacqueline Chambon)
  • "Vaincre à Rome", Sylvain Coher (Actes Sud)
  • "Feel good", Thomas Gunzig (Au Diable vauvert)
  • "Baïkonour", Odile D'Oultremont (Editions de l'Observatoire)
  • "Rhapsodie des oubliés", Sofia Aouine (Editions de la Martinière)

Prix Jean Giono (19 novembre)

  • "La part du fils", Jean-Luc Coatalem (Stock) LAURÉAT
  • "Les petits de Décembre", Kaouther Adimi (Seuil)
  • "Ame brisée", Akira Mizubayashi (Gallimard)
  • "Mur Méditerranée", Louis-Philippe Dalembert (Sabine Wespieser)
"Sœur", Abel Quentin (Editions de l'Observatoire)
"Tous tes enfants dispersés", Beata Umubyeyi-Mairesse (Autrement)
"Le général a disparu", Georges-Marc Benamou (Grasset)
"Eloge des bâtards", Olivia Rosenthal (Verticales/Gallimard)
"La terre invisible", Hubert Mingarelli (Buchet-Chastel)
"La petite sonneuse de cloches", Jérôme Attal (Robert Laffont)


Prix du meilleur livre étranger (remise non fixée)

Romans
  • "Mécanique de la chute", Seth Greenland (traduit de l'anglais par Jean Esch, Liana Levi)
  • "Le livre des reines", Joumana Haddad (traduit de l'anglais par Arnaud Bihel, Jacqueline Chambon)
  • "L'ombre d’un père", Christoph Hein  (traduit de l'allemand par Nicole Bary, Métailié)
  • "Les patriotes", Sana Krasikov  (traduit de l'anglais par Sarah Gurcel, Albin Michel)
  • "La fabrique des salauds", Chris Kraus  (traduit de l'allemand par Rose Labourie, Belfond)
  • "L’été où tout a fondu", Tiffany McDaniel  (traduit de l'anglais par Christophe Mercier), Joelle Losfeld)
  • "Tous, sauf moi", Francesca Melandri  (traduit de l'italien par Danièle Valin, Gallimard)
  • "L'ami", Sigrid Nunez (traduit de l'anglais par Mathilde Bach, Stock)
  • "Ombre sur la Tamise", Michael Ondaatje (traduit de l'anglais par Lori Saint-Martin et Paul Gagné, L’Olivier)
  • "Ici n'est plus ici", Tommy Orange (traduit de l'anglais par Stéphane Roques, Albin Michel)
  • "Les altruistes", Andrew Ridker (traduit de l'anglais par Olivier Deparis, Rivages)
  • "Ce qu'elles disent", Miriam Toews (traduit de l'anglais par Lori Saint-Martin et Paul Gagné, Buchet Chastel)
  • "Ordesa", Manuel Vilas (traduit de l'espagnol par Isabelle Gugnon, Editions du Sous-Sol)
  • "Le clou", Zhang Yueran (traduit du chinois par Dominique Magny-Roux, Zulma)
  • "Le grand royaume des ombres", Arno Geiger (traduit de l'allemand par Olivier Le Lay, Gallimard)
  • "Marx dans le jardin de Darwin", Ilona Jerger (traduit de l'allemand par Bernard Lortholary, De Fallois)
Essais
  • "Des balles et de l'opium", Yiwu Liao (traduit du chinois par Marie Holzman, Globe)
  • "Soldats de la parole", Frank Westerman (traduit du néerlandais par Mireille Cohendy, Bourgois)
  • "Le temps des magiciens", W. Eilenberger (traduit de l'allemand par Corinna Gepner, Albin Michel)



mercredi 4 septembre 2019

2019, cent ans du Goncourt surprise à Proust

Goncourt surprise en 1919 à Marcel Proust (c) Académie Goncourt.

Septembre commence à peine que tombent les premières sélections en vue des prix littéraires de l'automne (ainsi que l'annonce des programmes de sorties de novembre, gloups). Et pas nécessairement selon le calendrier annoncé.

Ainsi le jury du prix Renaudot a-t-il tiré le premier, dévoilant son choix le lundi 2 septembre et non le mercredi 4 comme prévu. A suivi logiquement le mardi 3 celui de l'Académie Goncourt (qui vient de se doter d'une page Facebook), qui se place sous l'aile tutélaire de "A l'ombre des jeunes filles en fleurs" de Marcel Proust, prix Goncourt surprise de 1919. On retrouve cette année le nom d'Amélie Nothomb avec "Soif" (Albin Michel), elle n'avait plus figuré dans une sélection Goncourt depuis 2010 et "Une forme de vie" (Albin Michel).


Première sélection des romans pour le Renaudot 2019.


Premières sélections du prix Renaudot

(16 romans et 9 essais)


Jury
Patrick Besson (président), Frédéric Beigbeder, Dominique Bona, Georges-Olivier Châteaureynaud, Jérôme Garcin, Louis Gardel, Frantz-Olivier Giesbert, Christian Giudicelli, J.M.G. Le Clézio et Jean-Noël Pancrazi.

Sélection
  • Kaouther Adimi, "Les petits de décembre" (Seuil)
  • Santiago H. Amigorena, "Le ghetto intérieur" (P.O.L)
  • Natacha Appanah, "Le ciel par-dessus le toit" (Gallimard)
  • Emma Becker, "La Maison" (Flammarion)
  • Aurélien Bellanger, "Le continent de la douceur" (Gallimard)
  • Jean-Luc Coatalem, "La part du fils (Stock)
  • Michael Ferrier, "Scrabble" (Mercure de France)
  • Hubert Haddad, "Un monstre et un chaos" (Zulma)
  • Lenka Hornakova-Civade, "La symphonie du nouveau monde" (Alma)
  • Victor Jestin, "La chaleur" (Flammarion, premier roman)
  • Victoria Mas, "Le Bal des folles" (Albin Michel, premier roman)
  • Vincent Message, "Cora dans la spirale" (Seuil)
  • Alexis Michalik, "Loin" (Albin Michel, premier roman)
  • Jean-Noël Orengo, "Les jungles rouges" (Grasset)
  • Sylvain Prudhomme, "Par les routes" (Gallimard)
  • Abdourahman A. Waberi, "Pourquoi tu danses quand tu marches?" (J-C. Lattès)


  • Brigitte Benkemoun, "Je suis le carnet de Dora Maar" (Stock)
  • Charles Dantzig, "Dictionnaire égoïste de la littérature mondiale" (Grasset)
  • Jean-Michel Delacomptée, "La Bruyère, portrait de nous-mêmes"c(Robert Laffont)
  • Sophie Des Déserts, "Le dernier roi soleil" (Grasset/Fayard)
  • Quentin Jardon, "Alexandria: Les pionniers oubliés du web" (Gallimard)
  • Emmanuelle Lambert, "Giono, furioso" (Stock)
  • Félix Macherez, "Au pays des rêves noirs: Antonin Artaud au Mexique" (Equateurs)
  • Eric Neuhoff, "(Très) cher cinéma français" (Albin Michel)
  • Martine de Rabaudy, "A l'absente" (Gallimard)


Suite du programme
  • Deuxième sélection le mercredi 9 octobre
  • Troisième sélection le mardi 29 octobre
  • Annonce et remise du prix le lundi 4 novembre chez Drouant

Sélection pour le prix Renaudot des lycéens (6 titres)


Jury
Quatre cents lycéens

Sélection
  • Santiago H. Amigorena, "Le ghetto intérieur" (P.O.L)
  • Natacha Appanah, "Le ciel par-dessus le toit" (Gallimard)
  • Jean-Luc Coatalem, "La part du fils (Stock)
  • Victoria Mas, "Le Bal des folles" (Albin Michel, premier roman)
  • Alexis Michalik, "Loin" (Albin Michel, premier roman)
  • Sylvain Prudhomme, "Par les routes" (Gallimard)
Suite du programme
Annonce et remise du prix le 14 novembre



Première sélection du Goncourt 2019.

Première sélection du prix Goncourt (15 titres) 


Jury
Bernard Pivot (président), Eric-Emmanuel Schmitt, Didier Decoin, Paule Constant, Patrick Rambaud, Tahar Ben Jelloun, Virginie Despentes, Françoise Chandernagor, Philippe Claudel et Pierre Assouline.

Sélection
  • Santiago H. Amigorena, "Le ghetto intérieur" (P.O.L)
  • Nathacha Appanah, "Le ciel par-dessus le toit" (Gallimard)
  • Dominique Barberis, "Un dimanche à Ville-d'Avray" (Arléa)
  • Jean-Luc Coatalem, "La part du fils" (Stock)
  • Louis-Philippe Dalembert, "Mur Méditerranée" (Sabine Wespieser)
  • Jean-Paul Dubois, "Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon" (L'Olivier)
  • Hélène Gaudy, "Un monde sans rivage" (Actes Sud)
  • Léonora Miano, "Rouge impératrice" (Grasset)
  • Hubert Mingarelli, "La terre invisible" (Buchet Chastel)
  • Amélie Nothomb, "Soif" (Albin Michel)
  • Anne Pauly, "Avant que j'oublie" (Verdier, premier roman déjà récompensée par le prix "Envoyé par la Poste")
  • Abel Quentin, "Sœur" (L'Observatoire, premier roman)
  • Olivier Rolin, "Extérieur monde" (Gallimard)
  • Sébastien Spitzer, "Le cœur battant du monde" (Albin Michel)
  • Karine Tuil, "Les choses humaines" (Gallimard)

Suite du programme
  • Deuxième sélection le mardi 1er octobre
  • Troisième sélection le dimanche 27 octobre au Grand Hôtel de Cabourg où Marcel Proust rédigea une partie de "A la recherche du temps perdu", prix Goncourt surprise en 2019
  • Annonce et remise du prix le lundi 4 novembre chez Drouant


L'unique sélection pour le Goncourt des lycéens 2019.

Sélection pour le prix Goncourt des lycées (14 titres)

On le sait, les lycéens lisent tous les livres de la première sélection du Goncourt. Cette année, ce ne seront pas quinze titres qui leur seront soumis mais quatorze, Leonora Miano ayant déjà obtenu le prix en 2006 pour son deuxième roman "Contours du jour qui vient" (Plon).

Sélection
  • Santiago H. Amigorena, "Le ghetto intérieur" (P.O.L)
  • Nathacha Appanah, "Le ciel par-dessus le toit" (Gallimard)
  • Dominique Barberis, "Un dimanche à Ville-d'Avray" (Arléa)
  • Jean-Luc Coatalem, "La part du fils" (Stock)
  • Louis-Philippe Dalembert, "Mur Méditerranée" (Sabine Wespieser)
  • Jean-Paul Dubois, "Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon" (L'Olivier)
  • Hélène Gaudy, "Un monde sans rivage" (Actes Sud)
  • Hubert Mingarelli, "La terre invisible" (Buchet Chastel)
  • Amélie Nothomb, "Soif" (Albin Michel)
  • Anne Pauly, "Avant que j'oublie" (Verdier, premier roman déjà récompensée par le prix "Envoyé par la Poste")
  • Abel Quentin, "Sœur" (L'Observatoire, premier roman)
  • Olivier Rolin, "Extérieur monde" (Gallimard)
  • Sébastien Spitzer, "Le cœur battant du monde" (Albin Michel)
  • Karine Tuil, "Les choses humaines" (Gallimard)

Suite du programme
  • Mi-octobre, rencontres régionales dans sept villes en France
  • Délibérations régionales le mardi 12 novembre
  • Délibérations nationales à Rennes le jeudi 14 novembre
  • Annonce du prix le 14 novembre à Rennes et remise du prix à Paris


La première sélection des romans français du prix du Premier roman 2019.

Sélections pour le prix du premier Roman

(12 romans français et 5 étrangers)


Jury
Gérard de Cortanze (président), Georges-Olivier Châteaureynaud, Jean Chalon, Annick Geille, Jean-Claude Lamy, Gilles Pudlowski, Joël Schmidt, Jean-Pierre Tison et Philippe Vallet.

Sélection
  • Bénédicte Belpois, "Suiza" (Gallimard)
  • Adrien Blouët, "L'absence de ciel" (Noir sur Blanc)
  • Marie Charvet, "L'âme du violon" (Grasset)
  • Melissa da Costa, "Tout le bleu du ciel" (Carnets Nord)
  • Géraldine Dalban-Moreynas, "On ne meurt pas d'amour" (Plon)
  • Céline Debayle, "Baudelaire et Apolline" (Arléa)
  • Mathilde Forget, "A la demande d'un tiers" (Grasset)
  • Sylvie Krier, "Un cheval dans la tête" (Serge Safran)
  • Victoria Mas, "Le Bal des folles" (Albin Michel)
  • Alexis Michalik, "Loin" (Albin Michel)
  • Sylvestre Sbille, "J'écris ton nom" (Belfond)
  • Laura Ulonatti, "Une histoire italienne" (Gallimard)


  • Monika Kompanokova, "Le Cinquième bateau" (Belleville éditions)
  • Alexandra Koszelyk, "A crier dans les ruines" (Aux Forges de Vulcain)
  • Sana Krasikov, "Les Patriotes" (Albin Michel)
  • Christine Mangan, "Tangerine" (HarperCollins France)
  • Danielle Teller, "Cendrillon et moi" (Denoël)


Les 10 finalistes pour le Prix des cinq continents 2019


Créé en 2001 par l'Organisation internationale de la Francophonie, le Prix des cinq continents récompense chaque année un texte de fiction narratif d'expression française. Pour sa 18e édition, près de 120 œuvres ont été proposées aux jurys.

Les cinq Comités de Lecture se composent de l'Association du Prix du Jeune écrivain francophone (Muret, France), l'Association des écrivains du Sénégal (Dakar), le Collectif d'écrivains de Lanaudière (CEL) Canada-Québec, l'Association Passa Porta (Bruxelles, Belgique) et l'Association Culture elongo (Brazzaville-Congo).

Le jury international, présidé par Paula Jacques (France-Égypte), est composé de Lise Bissonnette (Canada-Québec), Ananda Devi (Maurice), Hubert Haddad (France-Tunisie), Monique Ilboudo (Burkina Faso), Xu Jun (Chine), Vénus Khoury-Ghata (Liban), Jean-Marie Gustave Le Clézio (Maurice), René de Obaldia (Hong Kong), Lyonel Trouillot (Haïti), Abdourahman Waberi (Djibouti) et Jean Marc Turine, lauréat 2018.

Sélection
  • Alexandre Feraga, "Après la mer",  (Flammarion, France)
  • Gauz, "Camarade papa" (Le nouvel Attila, France)
  • Beyrouk, "Je suis seul" (Elyzad, Tunisie)
  • Estelle Sarah Bulle, "Là où les chiens aboient par la queue" (Liana Levi, France)
  • Ester Mann & Lévon Minasian, "Le fil des anges" (Vents d'ailleurs, France)
  • Gilles Jobidon, " Le Tranquille affligé" (Leméac, Québec - Canada)
  • Ryad Girod, "Les yeux de Mansour" (P.O.L, France)
  • Makenzy Orcel, "Maître-minuit" (Zulma, France)
  • David Zukerman, "San Perdido" (Calmann-Lévy, France)
  • Michel Layazans, "Sans Silke" (Zoé, Suisse)


mardi 17 novembre 2015

Encore une petite fournée de prix littéraires

Cela sent la fin mais ce n'est pas fini. Presque toutefois.
Session de rattrapage.

Mardi 10 novembre, le prix du Premier roman français a été décerné à Didier Castino pour "Après le silence" (Liana Levi). Dans la catégorie "premier roman étranger", le jury a distingué deux ouvrages: "Les nuits de laitue" de la Brésilienne Vanessa Barbara (Zulma) et "L'ange de l'oubli" de l'Autrichienne Maja Haderlap (Métailié).

Jeudi 12 novembre, le prix Interallié est allé à Laurent Binet pour son roman "La Septième fonction du langage" (Grasset), déjà lauréat du prix du roman Fnac le 1er septembre dernier. De justesse donc, l'écrivain multisélectionné reçoit le dernier grand prix littéraire pour son roman sur Roland Barthes, au second tour par six voix.


Lundi 16 novembre, Alice Zeniter a appris qu'elle était la lauréate du prix Renaudot des lycéens pour son quatrième roman, "Juste avant l'oubli" (Flammarion). Le prix lui sera remis début décembre.






Le même jour, le romancier britannique Martin Amis a reçu le prix du Meilleur livre étranger pour "La zone d'intérêt" (traduit de l'anglais par Bernard Turle, Calmann-Lévy), son quatorzième roman. Le jury l'a choisi par six voix contre trois à Erikur Örn Norddahl pour "Illska" (Métailié), une à Stefan Brijs pour "Courrier des tranchées" (Heloïse d’Ormesson) et une à Diane Setterfield pour "L’homme au manteau noir" (Plon).

Le Prix du Meilleur livre étranger en catégorie essai va, lui, à l'Autrichien Christoph Ransmayr pour "Atlas d'un homme inquiet" (traduit de l'allemand par Bernard Kreiss, Albin Michel),  par neuf voix contre deux à "Fairyland", d'Alysia Abbott (Globe). A noter qu'il est déjà le lauréat du Prix Jean Monnet de littérature européenne.

Créé en 1948 par un groupe de directeurs littéraires de maisons d'édition, le Prix du Meilleur livre étranger a été l'un des premiers à distinguer des ouvrages de littérature étrangère. Son jury actuel se compose d'Ariane Fasquelle, Christine Jordis, Anne Freyer, Nathalie Crom, Joëlle Losfeld, Catherine Enjolet, Daniel Arsand, Manuel Carcassonne, Gérard de Cortanze, Jean-Claude Lebrun, Alexis Liebaert et Joël Schmidt.

Par contre, la remise du prix Goncourt des lycéens, prévue ce mardi 17 novembre, est reportée sine die en raison des attentats à Paris.



Les sélections et prix
Jean Giono (remis), ici, ici et ici 
Grand Prix du roman de l'Académie française (remis), ici,  ici et ici
Décembre (remis), iciici  et ici
Goncourt (remis) et Goncourt des lycéens, ici, iciici et ici
Renaudot (remis), ici,  ici, ici et ici
Femina (remis), iciiciici et ici
Médicis (remis), ici,  ici, ici et ici
Wepler (remis), ici et ici
Grand Prix de littérature américaine (remis), iciici et ici
Flore, ici, ici et ici
Interallié, ici et ici

lundi 17 novembre 2014

Rene Denfeld, Prix du Premier roman étranger avec le superbe "En ce lieu enchanté"

Voilà une récompense drôlement méritée! L'Américaine Rene Denfeld vient d'obtenir le Prix du Premier roman étranger pour "En ce lieu enchanté" (traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Frédérique Daber et Gabrielle Merchez, Fleuve Editions, 207 pages). Au premier tour de scrutin et à la majorité absolue. Un premier roman magnifique qui traverse son lecteur. Pour mémoire, le prix français a été attribué à Jean-Pierre Orban pour "Vera" (Mercure de France), à lire ici.

La première phrase de "En ce lieu enchanté" ("The enchanted") en précise un tout petit peu le titre énigmatique: "Ce lieu est un endroit enchanté. Les autres ne le voient pas ainsi, mais moi si." A moins qu'il ne joue davantage avec le lecteur. Qui est ce "je" intriguant, vite rejoint par d'autres personnages, nommés, à l'exception de celle qui est appelée "la dame"? On le sait très vite. Le narrateur se trouve dans les entrailles d'une prison. Plus précisément dans son couloir de la mort. Mais la particularité de ce premier roman très réussi est de faire jaillir une infinie humanité ainsi qu'une dimension poétique totalement inattendue en ce lieu de mort. Oui, vous avez bien lu, de la poésie en attendant d'être exécuté.

"Je", le condamné à mort, ne parle pas. Il ne dit rien. Il attend son heure de mourir. Il en a accepté l'idée, ne veut pas la revoir. Mais il observe du fond de sa cellule ce monde clos. Lui y voit des chevaux d'or, des petits hommes munis de minuscules marteaux, des oiseaux de nuit duveteux. Son imagination lui vient sans doute en partie du fait qu'il est un lecteur assidu. "Les livres ont apporté la beauté dans ma vie", lit-on, "ils lui ont donné un sens; car la vie est une histoire." Car le livre rend aussi un très bel hommage à la littérature.

Si Rene Denfeld décrit aussi bien le couloir de la mort, c'est qu'elle connaît le lieu de l'intérieur.Vivant à Portland, dans l'Oregon, elle a été journaliste et enquêtrice spécialisée sur la peine de mort avant d'entrer en littérature. Elle collaborait régulièrement avec "The New York Times Magazine", "The Oregonian" et "The Philadelphia Inquirer". Son métier l'a  amenée à côtoyer des condamnés à mort, mais aussi leurs proches et les familles des victimes.

Rene Denfeld au Festival America. (c) Fleuve Editions.
Invitée en septembre au Festival America à Vincennes, Rene Denfeld a raconté lors de plusieurs débats dont celui que j'ai eu le plaisir d'animer, la naissance de son premier livre: elle sortait de la prison et au moment de monter dans sa voiture, elle a entendu les mots "C'est un lieu enchanté".
Elle se met alors à écrire ce qui deviendra son premier roman, un texte mêlant la grâce et le désespoir sur les couloirs de la mort. Elle n'avait pas choisi d'écrire le livre mais lui-même l'a appelée!

"J'aurais pu faire un essai autour du milieu carcéral", a-t-elle poursuivi, "mais la fiction permet de s'éloigner de toutes ses propres mesquineries." Selon elle, le roman permet de faire entrer la poésie même dans les situations les plus douloureuses. "En tant que journaliste, je ne pouvais pas utiliser cette poésie. L'écriture d'un roman me l'a permis. Ce livre est une manière de parler de la façon dont on peut transcender les pires situations par la poésie."

Dans "En ce lieu enchanté", on est aux côtés du narrateur, cet amoureux de la lecture et du livre "L'Aube blanche" en particulier. Le condamné à mort observe et raconte ce monde particulier. Il y a "la dame" qui rend visite aux prisonniers et tente parfois de faire revoir leurs procès en menant ses propres enquêtes. Ce qui nous donne l'occasion de comprendre un peu mieux pourquoi certains aboutissent là. Il y a le prêtre déchu qui s'occupe des prisonniers pour porter sa croix en s’occupant des prisonniers. Il y a ceux qui seront exécutés après autant d'années passées à attendre la mort. Il y a le "garçon aux cheveux blancs" qui vient d'arriver, seul et vulnérable. Il y a les gardiens ripoux et les détenus prêts à les servir. Tout un monde qui, dans sa noirceur, voit parfois surgir la lumière. Ou même l'amour. Ce qui enchante dans ce premier roman, c'est l’infinie poésie qui se dégage de ce lieu féroce et sinistre.A la fin de sa lecture, on aura pris connaissance de l'itinéraire des différents personnages, dévoilés à petites touches dans une écriture sèche. Sans jugement mais avec cœur.

Un roman américain dans ce que l'expression a de meilleur.








jeudi 13 novembre 2014

Le Prix du Premier roman au magnifique "Vera" du Belge Jean-Pierre Orban

Jean-Pierre Orban. (c) D. Murphy.
"Un prix inespéré", me commente Jean-Pierre Orban depuis un café. L'auteur de "Vera" (Mercure de France, 266 pages) vient en effet de recevoir le Prix du premier roman français.

L'histoire de cette jeune Italienne qui découvre le fascisme, l'approuve avant de s'en éloigner pour trouver sa propre vérité, est à lire ici.

Rappelons que Jean-Pierre Orban est aussi en lice pour le Prix Rossel, décerné le 4 décembre.

lundi 10 novembre 2014

Vera, en quête de sa vérité

Jean-Pierre Orban. (c) Daniel Murphy.
Jean-Pierre Orban est loin d'être un inconnu dans le petit monde de l'écrit. Articles de presse, nouvelles indépendantes ou en recueil ("Chroniques des fins"),  textes pour le théâtre - dont "King Leopold II" sur le colonialisme et d'autres qui sont encore dans les mémoires -, beaux livres, scénarios pour le cinéma, traductions et adaptations, dont Hanif Kureishi, livres pour la jeunesse, un micro-roman ("Les rois sauvages") ainsi que différentes collaborations éditoriales ont rendu célèbre celui qui étudia en Belgique la philosophie, le journalisme et le théâtre.

Aujourd'hui, tout en travaillant à un essai biographique sur l'écrivain belge Pierre Mertens qui devrait faire date,  Jean-Pierre Orban publie un roman, pas un macro-roman, non, son premier roman. "Vera" (Mercure de France, 266 pages) se déroule principalement à Londres dans les années 30 et accessoirement à Paris ensuite, deux villes que l'auteur connaît bien pour y avoir habité ou y résider aujourd'hui. Rien  à voir donc avec l'Afrique coloniale ou patrimoniale qui sont deux de ses nombreux centres d'intérêt.

Dans ce beau roman à la première personne comportant de nombreux flashbacks, on suit l'histoire de Vera, une jeune fille qui a onze ans en 1933 et vit à Little Italy, ce quartier de Londres qui ne porte pas son nom pour rien. Elle est fille unique, mais pas le premier enfant du couple d'immigrés italiens, réfugiés économiques comme des milliers d'autres alors. A Trieste, Ada et Augusto Tanner ont déjà eu des bébés, qui n'ont pas survécu à la misère et à la maladie. A Londres, ils tiennent une épicerie, un "grocery store", un bric-à-brac où on trouve de tout, et vivent sans bruit. Vera grandit à Clerkenwell, Italienne dans un autre pays que le sien. Elle est très vite séduite par l'idéologie fasciste qui est enseignée en italien aux Italiens de l'étranger, les "Italiani all'estero", après l'école, lors de cours du soir, durant la "doposcuola". Comme elle est douée, elle est rapidement repérée par une femme, Nunzia Chiegi, et mise à l'avant lors de cérémonies ou même choisie pour des camps de vacances ou des déplacements.

Né en Belgique d'une mère italienne et d'un père belge, Jean-Pierre Orban a fait de nombreuses recherches historiques pour donner du sens et de la profondeur à son premier roman. Il y explique notamment très clairement comment se pratiquait l'endoctrinement tel que l'a subi Vera. Combien est exaltée la culture du pays d'origine, comme sont estompés certains points d'histoire! Ce qui n'est pas sans résonance avec l'actualité récente.

"Si j'ai aimé ces livres? Oui, avec passion", dit Vera à propos de ce qu'on lui proposait à la "doposcuola". Et aussi la manière dont étaient enseignées les premières années du Duce. "Oui, j'ai aimé ces livres. Et c'est par eux, par l'image et la typographie que je suis tombée, comme dans un pot de miel, dans le fascisme", dit Vera quelques pages plus loin.

Il faudra la guerre, et un drame familial, la disparition de son père, arrêté en Angleterre parce qu'Italien, pour que les écailles tombent des yeux de Vera. La jeune femme va se réveiller, rencontrer d'autres personnes, une autre langue, le français, en plus de l'anglais et de l'italien qu'elle connaît déjà. Elle dont le prénom signifie "vraie" va d'interrogation en interrogation. Comment être vraie dans l'environnement qui est le sien? Comment avoir une identité, même et surtout si elle est différente des autres?

Vera va quitter son ghetto de Little Italy pour aller à Soho. Elle a besoin de travailler et trouve une place au Restaurant Le Bourgogne. Une famille de remplacement aussi. Un soutien. De l'amitié. Et l'occasion de parler et d'écouter. De découvrir les livres. Les clients du restaurant lui ouvrent mille voies, des bonnes et des moins bonnes. Mais Vera continue son chemin vers sa vérité et assume ses choix.

La fin de la guerre lui donne l'occasion de participer à une entreprise unique, la réalisation des actualités au cinéma. "Il était temps que nous soyons heureux", dit Vera. Attentive à elle-même, elle ne renie pas ses proches, sa mère en premier lieu dont on suit le cahotant chemin de vie de bout en bout, et un autre, qui arrive tout seul, sans s'être annoncé, et portera le poids de l'histoire familiale et de ses non-dits.

Jean-Pierre Orban brasse avec art beaucoup de sujets dans ce beau premier roman aux nombreux personnages, à l'écriture soignée, mêlant itinéraire personnel et grande Histoire, sous l'égide de Winston Churchill et Charles de Gaulle, pimentant son récit de rebondissements et d'anecdotes remarquables. "Vera" est aussi ambitieux que réussi. A lire.


A noter que "Vera" est un des cinq titres français sélectionnés pour le Prix du Premier roman. Avec, pour les premiers romans français,  Clotilde Coquet ("Parle-moi du sous-sol", Fayard), Aurélien Delsaux ("Madame Diogène", Albin Michel), Laure Des Accords ("L’envoleuse", Verdier), Pascale Fautrier ("Les rouges", Seuil), et, pour les premiers romans étrangers, Rene Denfeld ("En ce lieu enchanté", Fleuve Editions), Boris Fishman ("Une vie d’emprunt", Buchet-Chastel) et Benjamin Wood ("Le complexe d’Eden Bellwether", Zulma). Verdict ce 13 novembre.

Et aussi un des cinq sélectionnés pour le Prix Rossel 2014 qui sera remis le 4 décembre. Les quatre autres finalistes sont Véronique Bergen pour "Marilyn Naissance année zéro" (Al Dante, 292 pages), In Koli Jean Bofane pour "Congo Inc, le testament de Bismarck" (Actes Sud, 298 pages), André-Joseph Dubois pour "Ma mère par exemple" (Weyrich, 135 pages) et Hedwige Jeanmart pour "Blanès" (Gallimard, 272 pages).