On connaît désormais bien "L'article", ce
mensuel littéraire belge des éditions Lamiroy lancé en octobre 2020, en tout
petit format, dont la particularité est qu'il comporte un seul article de cinq
mille mots (lire
iciet
ici). Sont déjà parus: "Stephen King: Le plus grand écrivain du monde?"
par Gorian Delpâture, "Jacques De Decker: L'immortel de l'Académie royale
de Belgique" par Véronique Bergen, "Arno: Le roi des Belges"
par Thierry Coljon.
Et, en ce mois de janvier 2021, "Victor Hugo: Les
années d'exil et d'écriture à Bruxelles", par Marc Meganck. Victor Hugo à Bruxelles? C'était quand encore? Ah oui, au XIXe siècle. Mais pourquoi? Une histoire d'exil, non? Oui mais pourquoi s'être exilé? Que se passait-il alors en France? Mais Victor Hugo n'était-il pas alors à Guernesey, sur son "rocher"? Oui, il y était aussi. Bref, les longs passages de Victor Hugo à Bruxelles, c'est un peu comme le brouillard de ces petits matins d'hiver. Et oui, on a un peu honte de tant s'embrouiller. D'autant que Visit.Brussels propose un itinéraire Victor Hugo.
Pour se remettre les idées au clair, pour découvrir où l'homme de lettres et militant politique a logé, où il a marché, ce qu'il a mangé, et surtout ce qu'il a publié et fait publier durant ses différents séjours bruxellois, le texte de Marc Meganck est une bénédiction. Informatif et agréablement composé, il comble nos lacunes et nous fait comprendre combien la Belgique a compté dans le parcours de l'auteur des "Misérables", important actionnaire de la Banque nationale, apprend-on aussi au détour d'un paragraphe. De la rue de la Violette à la place des Barricades, en passant par la Grand-Place et les galeries Saint-Hubert, on chemine dans les rues en compagnie de Hugo. On le suit dans sa vie politique comme dans sa vie personnelle, entre sa maîtresse Juliette Drouet, son épouse Adèle, ses enfants et ses petits-enfants. On se tient dans l'ombre de sa silhouette écrivant debout à son pupitre, de préférence le matin, et dans ses émerveillements devant la nature. Surtout on comprend mieux le parcours de l'écrivain voyageur qu'il a été à sa mode.
Suite du programme
5. "Bernard Werber", un article
de Jérémy Guerineau - février 2021
6. "Camille Lemonnier", un
article de Frédéric Saenen - mars 2021
7. "Jean-Patrick Manchette", un
article de Jérémy Bouquin - avril 2021
8. "Bob Marley", un article de
Brice Depasse - mai 2021
9.
"Howard Phillips Lovecraft", un
article de Arnaud de la Croix - juin 2021
10. "Julos Beaucarne", un
article de Jean Jauniaux - juillet 2021
la onzième étant reconnaissable et le douzième étant Maxime Lamiroy,
éditorialiste du magazine
Il fait un temps belge, gris, humide, désagréable. Idéal pour se plonger dans le troisième numéro de la série littéraire mensuelle "L'article" des éditions Lamiroy (lire ici). Daté de décembre et signé Thierry Coljon, il s'intitule "Arno, le roi des Belges" (Lamiroy, "L'article", 35 pages). Un "article" relu et augmenté par le chanteur en personne, nous signale-t-on en éditorial, qui redonne lumière, énergie et joie. Arno, c'est bien sûr la trajectoire Ostende-Bruxelles, inaugurée par Léopold Ier quand il fit son entrée en Belgique par La Panne, nous rappelle encore Maxime Lamiroy.
Arno, au magnifique acronyme "artiste rock né à Ostende", nous est conté avec allégresse de ses débuts dans la musique avant même le groupe TC Matic jusqu'à aujourd'hui où il est maintenant âgé de 71 ans. Arnold Charles Ernest Hintjens de son vrai nom nous apparaît dans cet essai biographique comme un homme fou de musique et attentif au monde dans lequel il vit. Si le chanteur s'abrite souvent derrière sa manière de parler, à la fois lance et bouclier, l'homme se révèle avec simplicité dans ce texte fourmillant d'informations tant sur son œuvre et les musiciens qui l'accompagnent que sur son rapport aux femmes par exemple. Emaillé d'une foule d'anecdotes et mettant en rapport la vie et les chansons d'Arno, le texte se lit avec grand plaisir. Il nous dévoile un Arno, belge, roi de la zwanze et d'un rock blues ou d'un blues rock qui n'appartient qu'à lui. Un mec qui a décidé de vivre sa vie.
Super dynamiques et inventives, les Editions Lamiroy se lancent dans une nouvelle aventure ce 1er octobre, celle du mensuel littéraire. Ce magazine s'intitulera "L'article" car il ne comportera qu'un seul article. Inédit pour un magazine, mais assumé dès la couverture qui précise de qui est l'article en question. Le format est le même que les célèbres "Opuscules" (nouvelles), aujourd'hui déclinés aussi en "Adopuscule" (jeunesse) et "Crépuscules" (polar), mais d'un papier et d'un graphisme différents. Illustré en couverture, sur papier glacé, par Hugues Hausman, chaque numéro comportera 40 pages et sera disponible en format papier (4 euros + 1 euro de frais de port) ou numérique (2 euros) sur toutes les plateformes. Chaque numéro s'ouvre sur une page éditoriale par Maxime Lamiroy, le fils d'Eric Lamiroy, du cerveau duquel est sorti le concept de "L'article". Puis vient l'essai en question qui répond à l'idée, posée en titre. Des sujets variés à regarder le programme des cinq premiers numéros.
Premier numéro, ce 1er octobre, "Stephen King: Le plus grand écrivain du monde?", par Gorian Delpâture (Lamiroy, 40 pages). Soit une passionnante biographie de l'écrivain américain, en tout cas pour moi qui le connais mal, qui insiste sur son enfance et sa jeunesse pour mieux faire comprendre quel a été son parcours ensuite. Le style est direct et plutôt sympathique: "Je sens que je vous ennuie avec ces histoires de jeunesse. Si, si, je vois bien que je perds votre attention. Mais, vous savez, pour comprendre l'œuvre d'un écrivain, il est important de connaître son histoire personnelle." Un style presque parlé qui n'empêche pas une vraie connaissance du sujet. Gorian Delpâture sait de quoi il nous entretient. Il est l'auteur d'une série en 45 épisodes sur Stephen King, diffusée cet été sur La Première et disponible en podcast Auvio. Il réussit en tout cas dans son "Article" à brosser un portrait de l'écrivain, à parler de ses livres, de ses influences et de sa manière de travailler. Même qu'il le verrait bien Prix Nobel de littérature. Sa pirouette pour contourner la question en titre du magazine.
Programme des parutions
"Stephen King: Le plus grand écrivain du monde?", un article de Gorian Delpâture - octobre 2020
"Jacques De Decker: L'immortel de l'Académie royale de Belgique", un article de Véronique Bergen - novembre 2020
"Arno: Le roi des belges", un article de Thierry Coljon - décembre 2020
"Victor Hugo: Les années d'exil et d'écriture à Bruxelles", un article de Marc Meganck - janvier 2021
"Jean-Patrick Manchette: le franc tireur du roman noir", un article de Jérémy Bouquin - février 2021
Oui, j'aime le grec ancien depuis que je l'ai découvert à l'école secondaire et pratiqué de près durant cinq années, de 12 à 17 ans. Plusieurs heures chaque jour de classe mais quel bonheur à l'arrivée. L'apprentissage de l'alphabet me mit dans le bain: les minuscules le matin, les majuscules l'après-midi. Après, c'était parti, vocabulaire, déclinaisons, conjugaisons, verbes irréguliers, thèmes, versions, scansions... Un peu à marche forcée avec un prof à l'ancienne qui pensait qu'on n'en savait jamais assez. On a souffert mais quel plaisir aussi après ces efforts, de lire le grec ancien dans le texte, de le comprendre sans devoir passer par la traduction, de savourer la finesse des épithètes homériques, la richesse des mots qu'on ne peut traduire que par de longues expressions, de déguster l'ordonnancement des mots dans une phrase ou la subtilité d'un verbe conjugué. Bref, c'était bien. Cela m'a mis des milliers de mots dans la tête, me permettant de retrouver leurs racines dans le vocabulaire d'aujourd'hui. Eventuellement, de déchiffrer rapidement le grec moderne. Cela m'a montré une liberté et une subtilité inouïe dans la formulation et dans l'énoncé des concepts.
J'ai fait du latin aussi, six années au même rythme, sans éprouver le même enthousiasme linguistique. Pour moi, le latin était carré alors que le grec ancien était rond.
C'est dire si j'ai été enchantée de découvrir le livre "La langue géniale, 9 bonnes raisons d'aimer le grec" (sous-entendu ancien), d'Andrea Marcolongo, 30 ans, (traduit de l'italien par Béatrice Robert-Boissier, Les Belles Lettres, 198 pages), complété par l'auteure d'un avant-propos destiné à l'édition française. Une autre solide amoureuse du grec ancien, comme l'a été Virginia Woolf! L'Italienne a complété ses apprentissages de jeunesse par une étude constante de cette langue. Il est réjouissant pour moi, devenue adulte, de lire ses propos passionnants. Loin de la philologie classique, parfois assommante pour les non-initiés, elle partage son érudition et son enthousiasme avec tous, qu'ils soient familiers du grec ou pas.
Le grec ancien est assurément une langue géniale et Andrea Marcolongo nous le fait découvrir avec chaleur, mêlant ses connaissances au monde d'aujourd'hui et à notre quotidien. Il ne faut pas s'alarmer devant les titres de ses "9 bonnes raisons d'aimer le grec",
Quand. Jamais. L'aspect
Le silence du grec. Sons, accents et esprits
Trois genres, trois nombres
Avec ou sans âme. Le neutre
Je, nous deux, nous. Le duel
Les cas, ou une anarchie ordonnée des mots
Un mode nommé désir. L'optatif
Mais alors, comment traduire?
Le grec et nous, toute une histoire
Le texte est d'une limpidité parfaite, témoignant d'une profonde connaissance de la langue aimée et d'une immense envie de partager cet enthousiasme. On notera aussi les cadres qui enjolivent les pages, présentant des particularités grecques ou des notions relatives à la langue.
Il y a de la grammaire racontée dans cet ouvrage, bien entendu, plus littéraire que littérale. Il y a surtout le journal d'une helléniste qui souhaite partager ses découvertes et ce en quoi elles peuvent nous aider tous les jours. "Le grec ancien", écrit Andrea Marcolongo, " formule une certaine appréhension du monde, un monde plus que jamais utile et génial pour notre génération. Aucun examen n'est nécessaire: si à la fin de votre lecture, j'ai réussi à vous impliquer et à répondre aux questions que vous ne vous étiez jamais posées, si vous avez finalement compris la raison de toutes ces heures de travail, j'aurai atteint mon objectif." Un ouvrage hors du commun qui ouvre mille chemins.
En bref pour ne pas les perdre, dix romans qui ont aussi fait 2017.
Charles Dantzig.
Charles Dantzig est, on le sait, une encyclopédie à lui tout seul. Avec son air de dandy, il partage aimablement ses innombrables connaissances sur des sujets variés à la radio et dans ses livres. La littérature française, le tout et le rien, les chefs-d'œuvre (lire ici) ont déjà été abordés par l'écrivain. Le voilà qui s'intéresse aujourd'hui à un sujet beaucoup plus intime, beaucoup plus révélateur de l'être de chacun. Son "Traité des gestes" (Grasset, 408 pages) est une prodigieuse encyclopédie dont les propos extrêmement riches révèlent l'humain.
Charles Dantzig y étudie et analyse tous les gestes qu'il a repérés au cours de très nombreuses années d'attention au sujet. Mais l'écrivain (lire ici) est également un des sujets d'étude. Aussi, il écrit en "nous" et évoque ses souvenirs personnels en "je". Cela donne un ouvrage bien entendu érudit et lettré mais dont l'organisation en chapitres permet aussi bien un picorage au gré des pages qu'une lecture exhaustive. Gestes du corps, des mains, des yeux, des pieds, des femmes, des bébés, des sourds, gestes des métiers, gestes des émotions et des sentiments, gestes avec des objets... la liste est quasi infinie et combien passionnante. On dénombre plus de 150 entrées, commentées et enrichies de mille réflexions qui s'appuient sur la littérature, l'histoire, l'art et bien entendu l'observation personnelle. Comment est-il possible de passer à côté de tous ces gestes, souvent anodins en apparence mais tellement révélateurs de nous-mêmes?
Réfléchissons ensemble deux secondes. Qu'avez-vous fait, cher lecteur, chère lectrice, depuis que vous lisez cette note? Avez-vous penché la tête, plissé le nez, cligné des yeux, battu du pied? Avez-vous une cigarette entre les mains? Electronique ou classique? Etes-vous assis, debout? Savez-vous pourquoi? Savez-vous ce que cela pourrait signifier? On le réalise tout de suite, tout est geste chez l'être humain, geste signifiant ou geste manqué. Et tout geste a son sens ou sa raison. Mais on n'y prête pas attention. Dommage. Heureusement, Charles Dantzig est là pour nous éclairer et nous faire mieux nous comprendre, nous et nous dans nos relations aux autres, grâce à cet ouvrage incarné et passionnant où il se livre comme jamais.
Pour lire du début de "Traité des gestes", c'est ici.
Jean-René Van der Plaetsen, directeur délégué de la rédaction du "Figaro Magazine" a reçu ce jeudi 26 octobre, en avance sur le calendrier habituel, le Prix Jean Giono pour son premier livre, "La nostalgie de l'honneur" (Grasset, 234 pages). Inspiré par la figure de son grand-père, compagnon de la Libération, son essai littéraire avait été publié début septembre. Le nouvel auteur l'emporte sur Olivier Guez ("La disparition de Josef Mengele", Grasset également) et Frédéric Verger ("Les rêveuses", Gallimard).
Jean-René Van der Plaetsen mêle dans ce premier livre souvenirs personnels, conversations avec son grand-père, le général Crépin, et réflexions que lui inspirent le courage, l'argent, la carrière et la fidélité. Des interrogations que l'auteur confronte à la tendance contemporaine d'oublier l'intérêt général, d'effacer le souci d'autrui, de faire fi du respect du passé et de la grandeur.
Créé en 1990, doté de 10.000 euros, le Prix Jean Giono est soutenu par la Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent. Il distingue "un ouvrage de langue française faisant une large place à l'imagination dans l'esprit de Jean Giono". Le jury est composé de Tahar Ben Jelloun, Paule Constant, David Foenkinos, Franz-Olivier Giesbert, Gilles Lapouge, Pierre Pain, Marianne Payot, Franco-Maria Ricci, Yves Simon et Frédéric Vitoux.
On peut lire le début de "La nostalgie de l'honneur"ici.
Palmarès
En 2016, le jury avait distingué Alain Blottière pour "Comment Baptiste est mort" (Gallimard, lire ici).
En 2015, Charif Majdalani pour "Villa des femmes" (Seuil, lire ici).
En 2014, Fouad Laroui pour "Les tribulations du dernier Sijilmassi" (Julliard).
En 2013, Pierre Jourde pour "La Première Pierre" (Gallimard).
Ah, le réjouissant coup de crayon de Kitty Crowther, il se reconnaît de loin. Qu'il soit de couleurs comme ci-dessous ou en noir (voir point 4.)
1. Un livre d'artiste
Jan Toorop en 1892.
Il y a gros à parier que peu de monde ici a entendu parler du peintre symboliste et pionnier de l'art nouveau Jan Toorop (1858-1928). De son vrai nom Johannes Theodorus Toorop, il est né à Java dans les Indes néerlandaises et est arrivé à Delft aux Pays-Bas à l'âge de onze ans pour ensuite se former à Amsterdam et Bruxelles. On connaît peu son nom. Même si une grande exposition de son travail (150 œuvres) a eu lieu ce printemps à La Haye. Même si plusieurs de ses tableaux sont conservés dans des musées belges, dont celui des Beaux-Arts à Bruxelles, celui d'Ixelles, de Gand, ou français (le musée d'Orsay notamment), et bien entendu hollandais, Rijksmuseum d'Amsterdam, musée de La Haye, musée Kröller-Müller d'Otterlo, musée Boijmans Van Beuningen de Rotterdam... Même si sa peinture puissante et extrêmement personnelle a inspiré Gustav Klimt et d'autres Viennois.
On va vite découvrir celui dont Paul Verlaine disait qu'il était "un superbe Javanais brun de teint aux yeux sombres extraordinairement doux, à la barbe épaisse et molle, bleue à force d'être noire" grâce au très bel album aux crayons de couleurs que lui consacre l'auteure-illustratrice belge Kitty Crowther. "Jan Toorop, le chant du temps", créé pour l'exposition de La Haye, paraît heureusement en français (Versant Sud Jeunesse, 32 pages).
La première double page sur l'enfance de Jan Toorop. (c) Versant Sud.
Le livre est une merveille. Un livre d'artiste sur un artiste. Dans des pages de toute beauté, souvent doubles, Kitty Crowther nous raconte par ses dessins aussi personnels que réussis la vie du peintre. Avec ses couleurs à elle, elle nous fait découvrir son œuvre à lui. Une page de texte au début et une dizaine de lignes à la fin posent quelques repères biographiques. Pour le reste, il faut plonger. S'immerger dans les images, y repérer les deux princesses qui ont accompagné Jan Toorop tout au long de sa vie, y réaliser l'influence de son enfance à Java dans sa peinture, y déceler sa rencontre avec sa femme, sa conversion au catholicisme, la naissance de sa fille qui sera artiste comme lui. Oui, le temps chante chez Jan Toorop grâce à Kitty Crowther.
Le départ, à onze ans, vers les Pays-Bas. (c) Versant Sud Jeunesse.
Cet album, chacun l'interprétera à sa guise. Chacun verra ce qu'il y a pour lui derrière le dessin regardé. Chacun savourera le jeu des lignes de couleurs qui ondulent, puissantes et inspirantes, celles en noir pour d'exquises chevelures, le jeu des lumières omniprésent. Chacun appréciera le contraste de ton et de forme entre thèmes sombres et joies du quotidien. "Jan Toorop, le chant du temps" est un superbe hommage à celui qui, à cheval entre Indes et Pays-Bas, aimait par-dessus tout dessiner. Des mots qu'on a entendus aussi dans la bouche de la lauréate 2010 du prix Astrid Lindgren.
Père et fille. (c) Versant Sud Jeunesse.
Kitty Crowther dédicacera "Jan Toorop, le chant du temps" ce samedi 10 décembre à partir de 15 heures à la librairie Tropismes (11 Galerie des Princes, 1000 Bruxelles).
2. Une conversation
Pour découvrir ou mieux connaître Kitty Crowther et ses mystères, je ne saurais trop recommander de lire "Conversation avec Kitty Crowther" (Pyramyd, 168 pages) de Véronique Antoine-Andersen. Un essai littéraire abondamment illustré de dessins provenant de ses livres et de photos qui parcourt tout l'œuvre de "Kitty, fille d'Astrid et de Beatrix", comme l'appelle l'intervieweuse. L'ouvrage commence par une longue et passionnante conversation à bâtons rompus ente elles deux. Plus de cent pages agréablement mises en pages qui permettent à Kitty Crowther d'aborder tous les sujets, son art bien entendu, mais aussi son enfance, ses études, ses différents albums, ses pas de côté, son handicap (elle est malentendante), ce qu'elle cherche dans la création, ce qu'elle y trouve et comment elle se dépasse sans cesse.
Une conversation passionnante mise en pages avec variété. (c) Pyramyd.
Après la conversation, la réflexion, celle de l'auteure à propos de son sujet. En finale, les dessous de l'album "Mère Méduse". Un travail remarquable sur une merveilleuse auteure-illustratrice qui dit souvent "Je n'essaie pas de faire des livres plaisants mais des histoires qui m'intéressent profondément. D'ailleurs, je n'ai pas l'impression de décider, ce sont elles qui me choisissent".
3. Une traduction
Le délicieux "Poka & Mine, un cadeau pour Grand-Mère" de Kitty Crowther (lire ici) vient de sortir en version néerlandaise, comme les précédents de la série, chez l'éditeur belge De Eenhoorn, sous le titre "Mini en de verrassing voor Oma".
4. Un concert de Noël
L'autre jour, mon regard a glissé sur le journal. "Tiens, on dirait un dessin de Kitty Crowther."
Ce soir-là, au fond des bois (c) Théâtre du tilleul.
C'en était un, pour indiquer la reprise, la recréation même, par le Théâtre du Tilleul à Bozar, du spectacle "Ce soir-là, au fond des bois", créé en 2011.
Dessin de Kitty Crowther.
Soit un concert de Noël avec l'Orchestre national de Belgique dirigé par Damian Iorio, le chœur d'enfants du Vlaamse Opera dirigé par Hendrik Derolez, l'équipe du Théâtre du Tilleul au théâtre d'ombres et de papier et Kitty Crowther à la table de dessin.
Dans ce conte de Noël musical, théâtre de papier, ombres chinoises et dessins créés en direct s'allient à la force de l'orchestre et du chœur d'enfants. Les dessins de Kitty Crowther s'animent grâce à l'adresse de l'équipe du Théâtre du Tilleul. Les plus beaux airs de Noël sont à l'honneur avec des musiques de Bartók, Tchaikovsky, Moussorgski, Debussy, Janáček, Prokofiev...
Ce sera les 22 et 23 décembre à 19 heures pour les représentations publiques (réservations ici).