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dimanche 13 avril 2025

Majorité féminine aux "Famous in Belgium" 2024

Derniers préparatifs avant la remise des prix.

Les comités belges de la Scam et de la SACD
ont proclamé leurs prix 2024 lors de la traditionnelle soirée festive "Famous in Belgium". Un palmarès ultra féminin (9 sur 10 prix) en ce qui concerne la Scam, très féminin pour la SACD (7 sur 9 prix), joyeusement présenté par le duo Isabelle Wéry - Emmanuel Texeraud. Un vendredi soir festif, avec une cérémonie longuette à force de remerciements et une fête bruyante dans un lieu trop petit pour les nombreux invités qui se pressaient à l'événement "Famous in Belgium" organisé cette fois à la Tricoterie (Saint-Gilles). La remise des prix fut toutefois l'occasion d'évoquer la pétition concernant la représentativité des deux organisations auprès des autorités belges (lire en fin de note).

Le Palmarès 2024


Prix Scam


Prix Parcours littéraire
- Lydia Flem, cette "bouche bavarde, oreille curieuse" comme elle se définit, pour l'ensemble de son œuvre. Elle dédie son prix à Maurice Olender (1946-2022), son éditeur et l'amour de sa vie.

Prix de l'œuvre littéraire - Victoire de Changy pour "Immensità" (Cambourakis), roman dont la sélection au Prix des lycéens belge, appellation curieuse comme elle le fait remarquer, lui a donné l'occasion de rencontrer et d'échanger avec plein de jeunes de 17-18 ans. "J'écris des histoires depuis que j'ai sept ans, j'en publie depuis dix ans, je trace pour mon petit chemin."
 
Prix Parcours Texte et image - Alix Garin pour "Impénétrable" (Le Lombard). Une bande dessinée explorant les troubles de la sexualité, récompensée par le prix du public à Angoulême.
NDLR: Il a été dit plusieurs fois que le prix texte et image irait en alternance à la bande dessinée et à la littérature jeunesse. Le dernier en date est Jean-Luc Englebert (2022). Dommage que les deux disciplines ne soient pas honorées chaque année car elles regorgent de talents.
Prix du documentaire audiovisuel - Nina Alexandraki et Eleftherios Panagiotou pour "Je suis dehors", l'histoire de Jamal, sans papiers obligé de se débrouiller seul.

Prix du documentaire sonore
- Chedia Le Roij pour "Après le Bruit", les rives de la Vesdre, un an après les inondations dévastatrices.

Âmes sœurs de la Scam
  • Sarah Pialeprat, directrice du Brussels Art Film Festival.
  • Laurence Rassel et l'équipe pédagogique de l'erg (Ecole de recherche graphique).
  • Anne-Lise Remacle, journaliste et modératrice de rencontres littéraires.


Prix commun SACD x Scam


Marion Sellenet
, animatrice, illustratrice et réalisatrice du documentaire "Marion ou la métamorphose", son parcours avec cette maladie évolutive qu'est la FSH.
 
 

Prix SACD


Prix spectacle vivant
- Sara Selma Dolorès, pour "Rire (pour en finir avec soi-même)", un spectacle de cabaret. Celle pour qui les paillettes étaient le dress code de la soirée mais son boulot à elle en a perdu son nez rouge de clown.
 
Prix spectacle vivant - Sophie Sénécaut, pour "L'arbre qui cachait la forêt", réflexion sur l'hospitalité inconditionnelle.
 
Prix chorégraphie - Fanny Brouyaux, pour "To be schieve or a romantic attempt", soit Paganini en version punk.
 
Prix audiovisuel - Rosine Mbakam, pour "Mambar Pierrette", fiction sur la vie quotidienne au Cameroun d'une mère de famille couturière. "Je dédie ce prix à ceux qui sont encore enfermés en centre fermé aujourd'hui", a déclaré celle qui a quitté le Cameroun à dix-sept ans.
 
Prix audiovisuel - Xavier Seron, pour "Chiennes de vies", chroniques canines réfléchissant les humains.
 
Prix radio - Daphné Huynh, chroniqueuse radio (La Première, RTBF).
 
Jumelles d'or
  • Louis Héliot, responsable depuis 1992 de la programmation cinéma au Centre Wallonie-Bruxelles de Paris.
  • Marie Baudet, journaliste (La Libre et La Pointe).
 
Isabelle Rey (Scam), Frédéric Young (délégué général), Céline Beigbeder (SACD)
et les deux animateurs de la soirée.

Une fête en or et paillettes malgré le couperet gouvernemental qui menace les deux associations.
Voici leur communiqué.
"Dans le cadre du Décret "gouvernance culturelle", le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles renouvelle actuellement les reconnaissances et désignations des fédérations professionnelles qui siègeront dans les chambres de concertation pour les cinq prochaines années.
Cette décision politique est très importante pour garantir une concertation juste et équilibrée dans l'élaboration et l'application de toutes les politiques culturelles en Fédération Wallonie-Bruxelles. Il est crucial en effet que les auteurs et autrices puissent être représenté·es dans les chambres de concertation et au Conseil Supérieur de la Culture.

Pour être reconnues comme telles, les fédérations doivent, selon ce décret, répondre à 9 critères; le premier est d'être une personne morale sans but lucratif et le 8ème d'être une organisation représentative du secteur ("faire partie des trois fédérations professionnelles les plus représentatives d'un secteur, ou être la fédération la plus représentative d'une discipline particulière ou d'une catégorie professionnelle").

La SACD estime répondre pleinement à chacun de ces 9 critères.
De fait, ses statuts mentionnent en son article 1er son caractère "sans but lucratif", et elle compte plus de 2.000 créateurs et créatrices dans le secteur du cinéma et de l'audiovisuel et plus de 2.000 créateurs et créatrices dans le secteur des arts vivants.
La Scam estime répondre pleinement à chacun de ces 9 critères.
Ses statuts mentionnent en effet en son article 1er son caractère de société de gestion sans but lucratif (en application de la loi française), et elle rassemble plus de 2.000 membres actives et actifs dans le secteur du cinéma et de l'audiovisuel, ainsi que plus de 2.000 membres actives et actifs dans le secteur de la littérature, du livre jeunesse et de la BD.

Pourtant, un avis négatif a été rendu contre nos deux organisations pour des motifs qui n'ont toujours pas été communiqués relatifs à ce caractère sans but lucratif et d'autres interprétations tout aussi floues du décret, rendant incertaines leurs reconnaissances en tant que fédérations par la Ministre Degryse et son gouvernement.

La SACD pourrait donc ne pas être reconnue comme fédération de l'audiovisuel ni des arts vivants.
La Scam pourrait, elle non plus, ne pas être reconnue en tant que fédération du secteur Lettres et livres – peut-être pourrait-elle l'être pour le cinéma et la création télévisuelle documentaire… mais ce n'est pas acquis.
Cependant, leurs partenaires dans les différentes chambres, comme l'UPFF, l'ARPI, Pro Spere, la FEAS, l'ADEB, les Éditeurs singuliers, le SLFB, le PILEn, les fédérations de bibliothécaires, tous demandent que la SACD et la Scam, selon le secteur, voient leur reconnaissance renouvelée.

Dès lors, réuni·es ce 11 avril pour l'Assemblée Générale de la SACD et la fête de remise des prix de la SACD et de la Scam, nous auteurs et autrices (présent·es ou par voie électronique), nous alarmons des informations qui indiquent que les reconnaissances en tant que fédérations de la SACD et de la Scam ne seraient pas renouvelées, ce qui leur fermeraient la porte de différentes chambres de concertation.
Nous demandons au Gouvernement que le décret soit appliqué sans discrimination et selon des motivations justes et transparentes.
La SACD et la Scam sont pour nous les deux fédérations professionnelles qui,
répondant à l'évidence aux critères du décret comme par le passé, peuvent le plus efficacement assurer une représentation active et experte de nos professions et la défense de nos droits culturels, droits d'auteur et intérêts professionnels légitimes dans le cadre de la concertation en Fédération Wallonie-Bruxelles.
Faute de cela nous serions privé·es sans justification de toute représentation dans des chambres de concertation et au Conseil Supérieur de la Culture, ce que nous estimons inefficace, injustifié et scandaleux."
Pétition à signer si vous adhérez ici.
Ou via le QR code.

 

mardi 26 novembre 2024

Un palmarès très très féminin aux Espiègles 2024

"1, 2, 3... sommeil!" de Bernadette Gervais. (c) Les Grandes Personnes.
 
Ne dites plus Grand prix triennal de littérature de jeunesse, appellation datant de 2006, dites Espiègle du couronnement de carrière en littérature de jeunesse.
 
Depuis l'an dernier, les prix littéraires en Belgique francophone ont changé d'identité et ont été renommés les Espiègles. En référence à "La légende d'Ulenspiegel", le roman de Charles De Coster paru en 1867, considéré comme l'acte fondateur de la littérature belge francophone. Sait-on que certains de ces prix ont été créés il y a 100 ans, en 1924, récompensant des auteurs en catégories roman, poésie, théâtre et essai. On a parlé ensuite des prix littéraires de la Communauté française, puis de la Fédération Wallonie-Bruxelles. D'autres catégories se sont ajoutées, la littérature de jeunesse en 2006, la bande dessinée en 2017. En 2023, ils ont été renommés Les Espiègles.

La sérigraphie de Laura Simonati.
L'édition 2024 voit la proclamation de dix noms pour neuf prix, tous n'étant pas annuels. Nouveauté, un trophée est offert aux lauréat·e·s. Pour l'édition 2024, c'est l'autrice Laura Simonati, lauréate de l'Espiègle de la première œuvre en littérature de jeunesse en 2023, qui a été choisie  afin de réaliser une image imprimée inédite autour du mot "Espiègles".

Un palmarès quasiment entièrement féminin, huit lauréates et une association française très féminine, pour un lauréat!


L'Espiègle du couronnement de carrière en littérature de jeunesse (15.000 euros) donc est attribué cette année à l'excellente Bernadette Gervais. Joie immense de voir récompensé un si grand talent qui a mûri tout en restant accessible aux enfants. Créer des livres pour les enfants a toujours été son ambition. Elle en rêvait déjà à quinze ans comme elle nous le confiait dans une interview pour la revue 64_page (lire ici).
 
Depuis une dizaine d'années, la Bruxelloise publie en solo, une petite vingtaine de titres de tous les formats et pour tous les âges. Précédemment, durant un quart de siècle, elle avait imaginé et illustré une centaine d'albums en duo avec Francesco Pittau. Un solo où elle fait des flammes et remporte prix sur prix, à Paris, à Bologne, en Belgique. Pépite d'or 2020 du Salon de Montreuil pour "ABC de la nature" (Les Grandes Personnes, lire ici), mention spéciale Non-fiction 2022 de la Foire du livre jeunesse de Bologne pour son imagier très personnel "Des trucs comme-ci, des trucs comme ça" (Les Grandes Personnes, lire ici), prix IBBY Belgique francophone 2022 de l'album belge pour le magnifique "Petite et Grande Ourses" incitant à ne pas se résigner quand on est maltraité (La Partie, lire ici). Mais Bernadette Gervais peut aussi célébrer le quotidien, ouvrir à la beauté, faire rêver ou découvrir. Avec la particularité que rien n'est jamais gratuit chez elle, qu'elle s'adresse aux bébés ou aux enfants de maternelle ou de début d'école primaire. Avec l'autre particularité que chacun de ses albums est une prouesse technique si ce n'est un défi. On sait que le pochoir est sa manière favorite et qu'elle la maîtrise à la perfection mais elle est aussi une très bonne photographe et a l'art de composer ses pages en jouant admirablement du rapport texte-images.
"Mon public est celui des petits, un créneau que j'apprécie. Mon dessin s'adresse plutôt aux 1 à 6 ans. J'aime les bouquins qui ont du sens mais qui restent des livres pour enfants. Aujourd'hui, on trouve beaucoup de livres graphiques où les auteurs se sont surtout fait plaisir. Moi, en créant un livre, je pense toujours à l'enfant qui va le lire. Je veux que ce que je fais soit lisible par lui, qu'il y prenne du plaisir. Mais que le livre soit très graphique."
In 64_page #14
Beaucoup d'albums de Bernadette Gervais ont déjà été évoqués ici. Pour les retrouver, il suffit de cliquer ici et de les faire défiler.

Attardons-nous sur les deux titres qui ont paru cette année.


Dans "Où est passé le vent?" (La Partie, 56 pages), Bernadette Gervais invite les enfants de classes maternelles à regarder la nature. Que se passe-t-il quand le vent disparaît? Texte ritournelle en page de gauche et image en page de droite posent les questions à propos d'éléments du quotidien: "Petit Nuage,/ Sais-tu où est passé le vent?/ "Il a disparu./ Je ne peux plus atteindre/ la montagne!"" Le jeu de question-réponse se poursuivra onze fois. Sont interrogés Petit Bateau, Petit Oiseau, Petite Carillon, Petite Eolienne, etc. Leur inertie témoigne avec force de la raison d'être du vent. La réponse viendra finalement d'un petit garçon qui va décoincer ce sacré vent... et les onze immobilisés de se mouvoir à nouveau en autant de doubles pages, "Merci le vent!", que clôture une large illustration finale les rassemblant tous en un imagier coloré et muet.
 
"Sais-tu où est passé le vent?" (c) La Partie.

"Merci le vent!" (c) La Partie.
 
 
 
Dans "1, 2, 3... sommeil!" (Les Grandes personnes, 48 pages), Bernadette Gervais aborde le rituel du coucher. A sa façon, douce, poétique et inventive. Texte en page de gauche, image en page de droite encore une fois, on entre tout de suite dans le vif du sujet . "1, 2, 3.../ le soleil/ se couche/ couche/ couche" avec la particularité que les mots pâlissent de ligne en ligne, comme s'ils sombraient dans le sommeil, en face d'un flamboyant coucher de soleil. La nature est très présente dans cet album du soir, le soleil bien entendu, dont on sait qu'il se couche, mais aussi les nuages, les oiseaux, la lune, les papillons qui se cognent à la fenêtre quand la lumière est allumée. Vient ensuite le quotidien, les jouets à ranger, le pyjama à enfiler, les dents à brosser, le doudou à attraper, l'histoire à écouter, les baisers à compter tout comme les étoiles... "1, 2, 3.../ je m'endors/ dors/ dors". Un sommeil paisible, veillé par la lune, célébré par les somptueuses gammes chromatiques des images en pochoir, posées sur des fonds unis qui jouent avec elles.


"1, 2, 3... sommeil!" (c) Les Grandes Personnes.



L'an dernier sortait "Mes saisons" (Les Grandes personnes, 56 pages), où Bernadette Gervais nous emmène en balade au fil des saisons, à la découverte d'une faune et d'une flore changeante et foisonnante. Des pages superbement composées avec de si belles illustrations au pochoir colorées et de superbes photographies en noir et blanc. Des pages dont les assemblages incitent à regarder ce qui est à côté de nous.

"Mes saisons" (c) Les Grandes Personnes.

Quelques titres.



Suite du palmarès

L'Espiègle de la première œuvre de littérature en langue française
(ex Prix de la première œuvre en langue française)
depuis 1997, 5.000 euros
Éléonore de Duve pour "Donato" (José Corti, 2023) 
 
Un premier roman qui fait le portrait d'un grand-père venu des Pouilles travailler dans les mines belges, un aïeul peu bavard qui voit ici son histoire magnifiquement portée par la littérature.
Ce texte a fait l'objet d'une très belle performance de l'autrice, accompagnée de Zen My Nguyen (Radio Hito), à la Maison Poème.

L'Espiègle de la première œuvre en littérature de jeunesse
(ex  Prix de la première œuvre en littérature de jeunesse)
depuis 2019, 5.000 euros
Charlotte Pollet pour "Tout le monde a un teckel sauf moi" (Biscoto, 2023).
 
Des images toutes en rondeur et très épurées qui font sourire et rire, incitant l'enfant lecteur à les examiner de près pour découvrir le teckel présent à chaque page. Assa, l'héroïne, les voit, ces chiens saucisses, alors lui aussi! Un album qui fut un des dix finalistes du prix IBBY Belgique francophone 2023 de l'album drôle (lire ici et ici)

 
 
 
L'Espiègle de la bande dessinée ou prix Atomium – Fédération Wallonie-Bruxelles
remis dans le cadre du BD Comic Strip Festival (anciennement Fête de la BD), 10.000 euros
Léonie Bischoff, qui, depuis, a aussi reçu le Grand Prix de l'Académie Victor Rossel de bande dessinée (lire ici et ici).
 

L'Espiègle de la première œuvre en bande dessinée
(ex  Prix de la première œuvre en bande dessinée)
depuis 2019, 5.000 euros
Adlynn Fischer pour "L'été du vertige" (La ville brûle, 2023).


L'Espiègle (triennal) de théâtre en langue française
(ex Prix triennal de théâtre)
depuis 1926, tous les trois ans, 8.000 euros
Marie Darah pour "Depuis que tu n'as pas tiré" (MaelstrÖm reEvolution)
et
Céline Delbecq pour "À cheval sur le dos des oiseaux" (Éditions Lansman) 
 

L'Espiègle du rayonnement des littératures francophones à l’étranger
(Prix Léo Beeckman)
(ex Prix du rayonnement des lettres belges à l'étranger)
depuis 1998, désormais triennal, 4.000 euros
L'asbl "Les mal coiffés", créée à l'initiative de Nicole Maymat et Dominique Beaufils, organisatrice de la Biennale des illustrateurs de Moulins (France). La septième édition de ce magnifique festival biannuel aura lieu du 13 au 23 novembre 2025 (lire ici). Des rencontres auxquelles nous avons souvent participé (lire ici).


L'Espiègle de la première œuvre de littérature en langue régionale (œuvre non publiée)
(ex Prix de la première œuvre en langue régionale endogène)
depuis 2017, 1.000 euros
Jean Colot pour "Vîve li progrès!"

L'Espiègle (triennal) de théâtre en langue régionale
(ex Prix triennal de théâtre en langue régionale) 
depuis 2000, tous les trois ans, 8.000 euros
Nicole Goffart pour "Li vwès dès sondjes" 

 
Palmarès de l'ex Grand prix triennal en littérature de jeunesse

2021 Anne Herbauts (lire ici)
2018 Thomas Lavachery (lire ici)
2015 Anne Brouillard (lire ici)
2012 Benoît Jacques (lire ici)
2009 Rascal
2006 Kitty Crowther





samedi 23 novembre 2024

Marie Mirgaine remporte le Grand prix de l'Illustration jeunesse 2024 de Moulins

On le savait depuis pas mal de temps, mais le MIJ, le Musée de l'Illustration Jeunesse de Moulins, vient seulement de l'annoncer officiellement sur Instagram. Voici donc le texte que j'avais écrit à ce sujet début octobre.

"Petit Biscuit" dessiné par Marie Mirgaine.

Hasard ou autre chose? Depuis plusieurs jours, l'album "Petit Biscuit" (texte de Karen Hottois, Albin Michel Jeunesse, 2023) attirait mon regard depuis la boîte où il attendait d'être rangé dans la bibliothèque. Et j'apprends que son illustratrice, Marie Mirgaine, vient de recevoir le Grand prix de l'illustration de Moulins 2024! Un prix qui récompense chaque année depuis 2008 un.e illustrateur.trice pour l'originalité de son travail. Son album a été choisi parmi les vingt-trois ouvrages finalistes de cette édition 2024 - 103 livres pour enfants avaient été adressés par les éditeurs au comité de présélection qui avait transmis sa liste au jury constitué de personnalités du monde de la littérature jeunesse. Le prix lui a été remis le 17 octobre au MIJ de Moulins. 

"Petit Biscuit" est un conte de Noël poétique extrêmement charmant (lire ici). Voici ce qu'en a écrit Marie Mirgaine sur Instagram: "Bonnes ou mauvaises, des histoires, j'en ai plein la tête. Elles s'empilent, s'entremêlent, jaillissent et bien souvent, prennent la poussière. Mais malgré le bazar et la surcharge, c'est avec évidence que le texte de Karen Hottois a pris sa place. C'est dans un petit coin bien au chaud que s'est calé un terrier enneigé et l'ours qui vit blotti dedans. On a passé pas mal de temps ensemble et aujourd'hui avant de le laisser continuer sa vie, je vous en dis quelques mots.
Petit Biscuit est un ours qui fait des fautes d’orthographe (comme moi). Et comme moi, il ne se décourage pas à écrire ses espoirs sur un bout de papier: c’est l'heure de la lettre au père Noël. Un peu plus tard dans cette histoire, un ver de terre vient toquer à sa porte. C'est un secrétaire particulier, lunettes rondes et sacoche pleine, qui est drôle, attachant et parfaitement inefficace. Enfin, dans une pincée de poudre pailletée, apparaît la créature la plus douce au monde, que je vous laisserai découvrir. Trois personnages faits pour se rencontrer et passer l'hiver ensemble. Ce texte doux délicat et drôle nous fait basculer du géant au minuscule, de la solitude à l'entraide et du paysage enneigé au foyer chaleureux. J'ai tenté le mieux possible d'enrober les mots de Karen de mes images, sans en abîmer la magie. Permettez-moi de vous présenter "Petit Biscuit", il est sorti le 2 Nov chez Albin Michel Jeunesse, j’espère qu'il vous plaira. Et pour finir, j'emprunterai les mots de l'autrice, en disant que "Petit Biscuit" est un album "… qui réchauffe le nez et les orteils.""

On se rappellera que Marie Mirgaine est aussi la créatrice de l'album "Kiki en promenade" (Les Fourmis Rouges, 2019, lire ici), qui obtint une mention "Opera prima" à la Foire de Bologne 2020.

 

 

 

Une mention spéciale a aussi été décernée au très bel album sans texte "Ö", de Raul Guridi (Cotcotcot Éditions, 52 pages 2023). A travers un ours qui refuse d'hiberner, l'auteur-illustrateur Guridi aborde le réchauffement climatique, la pollution, ainsi que les questions d'identité. Un album dont la sobriété graphique accentue la force du propos.

 

Ö ira de découverte en découverte. (c) Cotcotcot Éditions).

 

Les lauréats précédents du Grand prix
  • 2023 Laura Bellini pour "Encore un jeudi" (L'atelier du poisson soluble)
  • 2022 Isabelle Simler pour "Les idées sont de drôles de bestioles" (Éditions Courtes et longues, lire ici)
  • 2021 Joanna Concejo pour "Sénégal" (L'atelier du poisson soluble)
  • 2020 Loren Capelli pour "Cap !" (Editions Courtes et longues)
  • 2019 Rebecca Dautremer pour "Les riches heures de Jacominus Gainsborough" (Sarbacane, lire ici)
  • 2018 Pauline Kalioujny pour "Promenons-nous dans les bois" (lire ici)
  • 2017 Beatrice Alemagna pour "Un grand jour de rien" (lire ici)
  • 2016 Emmanuelle Houdart pour "Ma mère" (lire ici)
  • 2015 Michel Galvin (lire ici)
  • 2014 Delphine Jacquot (lire ici)
  • 2013 May Angeli (lire ici)
  • 2012 Jean-François Martin
  • 2011 Zaü
  • 2010 Régis Lejonc
  • 2009 Anne Herbauts
  • 2008 Juliette Binet


mardi 9 juillet 2024

Pierre Zenzius, Révélation Livre jeunesse 2024

Un vieux chat trouve un jour refuge sous une bardane,
le début d'une belle histoire. (c) Albin Michel Jeunesse.

Il y avait quinze albums en lice pour la Révélation Livre jeunesse 2024 (lire ici), récompense créée par l'ADAGP (société française de droits d'auteur) en partenariat avec la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse afin de valoriser et d'encourager le travail d'auteurs et autrices émergent·es, travaillant ou résidant en France et ayant publié trois albums à compte d'éditeur au maximum dont au moins un entre le 1er juin 2023 et le 31 mai 2024.

C'est Pierre Zenzius qui a été choisi par le jury pour son album "Oreille de géant" (Albin Michel Jeunesse, collection "Ronces", 48 pages). Un récit à la fois documentaire et poétique qui met en scène une plante, la grande bardane, aussi appelée "oreille de géant" et son amitié avec un vieux chat. Ce moyen format carré aborde de façon originale la cohabitation des animaux et des végétaux en ville. Son graphisme expressif agréable propose un usage adéquat du pantone vert fluo.

Le jury, coprésidé par les artistes Rebecca Digne et Antoine Schneck, était composé de Raphaële Botte (journaliste à "Télérama"), Rozenn Brécard (Révélation Livre jeunesse 2023), Roland Garrigue (auteur illustrateur), Anne Jouchoux (responsable BD et Livre jeunesse au Festival du livre de Saint-Etienne), et Marion Kadi (Révélation Livre jeunesse 2022). Il a salué un très beau travail, des illustrations à "hauteur d'enfants", une recherche de cadrage original et une exploration intéressante, se situant entre écriture documentaire et narrative.

Pierre Zenzius travaille dans le cinéma d'animation depuis 2012 en tant que peintre et dessinateur. Il recevra 5.000 euros pour le prix attribué à son second album et bénéficiera d'une présentation dédiée sur les cimaises de l'ADAGP, accompagnée soit d'un texte critique, soit de prises de vue de son travail. Le lauréat avait publié un premier album jeunesse en 2017, au ton et au graphisme très différents, "L'Ascension de Saussure" (Rouergue, 2017, lire ici).

"Oreille de géant", le nouvel album de Pierre Zenzius, commence comme une devinette graphique. On y distingue d'abord une sorte de chat saucisse, l'animal blanc portant une collerette autour du cou, et de grosses gouttes de pluie. Il n'aime pas ça et trouve un abri "sous une plante aux grandes feuilles velues". Qui est-elle? Une rhubarbe? Non, pas en pleine ville. C'est une bardane qui l'accueille avec sympathie.

Le vieux chat en route avec ses étoiles. (c) Albin Michel Jeunesse.

Nous allons assister aux conversations de la bardane avec son entourage. Le chat bien entendu qui réalise son envie de promenade, le pissenlit qui pousse à côté d'elle, les bourdons et les abeilles qui vont ici et là, le papillon qui part vers le sud. Seule, l'hiver venu, l'oreille de géant reste sur place, devenue un squelette aux rameaux terminés d'étoiles. Des étoiles hérissées de crochets qui vont pouvoir s’emmêler dans le pelage du chat et exploser en graines à l'endroit que le matou aura choisi. Si l'album s'achève avec deux pages d'explications détaillées sur la bardane, il propose avant une escapade en ville peu commune, à hauteur de pavés. Une fiction portée par des illustrations zoomées ou en plans larges, mystérieuses et intrigantes, pleines de détails à repérer.
 
Des compositions graphiques intrigantes. (c) Albin Michel Jeunesse.

 

 

jeudi 18 avril 2024

Les prix littéraires remis à la Foire du livre pour enfants de Bologne 2024

Les prix Andersen de l'IBBY 2024.

BRAW 2024.
Événement gigantesque, la Foire du livre pour enfants de Bologne (lire ici) remet ses propres distinctions, les BRAW, les BolognaRagazzi Awards (lire ici), un peu avant son ouverture. Elle en accueille d'autres pendant son déroulé sur sa scène principale. Notamment, le prix Andersen de l'IBBY un an sur deux en ouverture le lundi, le prix Astrid Lindgren chaque année le mardi. Et aussi celui de la Fondacion SM.


Les prix Andersen 2024

Lundi 8 avril, Liz Page, la présidente du jury du prix IBBY, a annoncé les deux lauréats du prix Hans Christian Andersen 2024 choisis parmi les douze finalistes (lire ici). Il s'agit de l'écrivain autrichien Heinz Janisch et de l'auteur-illustrateur canadien Sydney Smith. Ce dernier était déjà finaliste en 2022 (lire ici).

Très connu en Autriche comme auteur de livres pour enfants, Heinz Janisch, 64 ans, par ailleurs journaliste radio et écrivain, est moins célèbre en terres francophones. On le connaît principalement pour trois albums, un peu anciens, "Le Roi et la mer. 21 petites histoires", illustré par Wolf Erlbruch (La joie de lire, 2009), "L'Arche de Noé", illustré par Lisbeth Zwerger (Minédition, 2008) et "Une maison au bord de la mer", illustré par Helga Bansch (Belin, 2010).
 

 
Ce qu'en dit le jury:
"Heinz Janisch affirme que "rien n’est trop petit pour la littérature". Il est né en 1960 dans le Burgenland, non loin de la frontière hongroise et vit aujourd'hui à Vienne. Janisch est un maître du récit court qui laisse place à l'imagination des lecteurs. Bien que beaucoup de ses œuvres soient humoristiques, voire parfois absurdes, il y a un élément philosophique dans son écriture qui rend souvent ses livres profonds. Ses textes simples sont significatifs, et le dicton "moins c'est plus" peut s'appliquer à l'auteur lauréat 2024. Son écriture est universelle et séduit les enfants et les jeunes du monde entier. De plus, sa contribution à la littérature est énorme, non seulement à travers ses écrits, mais aussi par ses nombreuses lectures, ateliers d'écriture littéraire et créative pour enfants et adultes, y compris des ateliers de création pour jeunes artistes handicapés. L'écriture de Janisch est nuancée par de nombreuses couches, ce qui la rend universelle et édifiante."

 

"Le jardin de Baba", illustré par Sydney Smith. (c) Didier Jeunesse.

Le nom de Sydney Smith est plus familier aux francophones. L'auteur-illustrateur canadien a sept albums et un roman publiés ici depuis 2015. Un d'eux, "Le jardin de Baba", a reçu le prix Sorcières Carrément beau maxi 2024 le mois dernier (lire ici). Amateur de dessin enfant, Sydney Smith en a fait le sujet de ses études à Halifax. Affichiste à Toronto, il s'est orienté vers la littérature de jeunesse en 2010 en rejoignant un atelier d'artistes. Il utilise diverses techniques, le plus souvent l'encre et le pinceau. Aujourd'hui, il est retourné dans sa Nouvelle-Écosse natale où il continue de rechercher et de capturer "des moments sublimes trouvés dans des endroits banals".
 

  • "Tu te rappelles" (traduit de l'anglais par Rose-Marie Vassallo, Kaléidoscope, 2024) égrène les souvenirs d'une mère et de son fils.
  • "Le jardin de Baba" (texte se Jordan Scott, traduit de l'anglais par Michèle Moreau, Didier Jeunesse, 2023) évoque les sons et les odeurs que ressent un enfant chez sa grand-mère adorée, Baba, particulièrement dans son jardin. Avant que les rôles ne s'inversent.
  • "Splash" (roman de Kenneth Oppel, traduit de l'anglais par Eric Betsch, PKJ, 2023) est le nom de la petite goutte d'encre qui s'anime une nuit et devient l'amie de la famille en résolvant ses problèmes de mots.
  • "Je parle comme une rivière" (texte de Jordan Scott, traduit de l'anglais par Shaïne Cassim, Didier Jeunesse, 2021), la promenade au bord de la rivière d'un enfant qui bégaie et son papa qui l'aide à trouver sa voix.
  • "Perdu dans la ville" (traduit de l'anglais par Rosalind Elland-Goldsmith, Kaléidoscope, 2020) inquiète le lecteur au début, avec ce mini-héros qui déambule seul en ville mais la fin se fera rassurante.
  • "D'ici, je vois la mer" (texte de Joanne Schwartz, traduit de l'anglais par Michèle Moreau, Didier Jeunesse, 2019) est un dialogue dans les années 50 entre un jeune garçon au bord de la mer et son père qui y travaille.
  • "Le chat blanc et le moine" (texte de Jo-Ellen Bogart, traduit de l'anglais par Elisabeth Duval,  Kaléidoscope, 2017) dit la complicité entre un savant et un chat dans la quiétude d'un monastère.
  • "Les fleurs de la ville" (Jon Arno Lawson, Sarbacane, 2015), un album sans paroles où une petite fille en rouge apprécie les couleurs de sa ville grise et les partage.
 
Ce qu'en dit le jury:
"Dans une interview avec le professeur Deirdre Baker en avril 2022, Sydney Smith a déclaré que "l'écoute… correspond davantage à la façon dont j'aborde les histoires" lorsqu'il illustre les textes des autres et qu'il illustre ses propres histoires. Smith est né en 1980 dans une région rurale de la Nouvelle-Écosse et est maintenant revenu dans la province avec sa famille après avoir vécu plusieurs années à Toronto. Le travail de Smith s'apparente à un récit visuel ou à un court souvenir musical, ce qui fait écho à sa déclaration selon laquelle l'écoute est la manière dont il aborde les histoires. Il utilise des techniques apparemment simples pour raconter l'histoire – en réalité le résultat d'une pratique intense. Ses personnages modestes mais authentiques sont à la fois sympathiques et doux. Il utilise la couleur pour introduire la nature, les odeurs et le drame dans chaque livre. Le dicton "moins c'est plus" peut également s'appliquer à chacune de ses œuvres puisqu'il élimine le superflu pour exprimer des émotions. Smith est un artiste véritablement universel."

 

Le prix IBBY-Asahi Reading Promotion Award 2024 va à l'association ATD Quart Monde (ATD Fourth World, All Together in Dignity), une série de soixante bibliothèques de rue offrant des espaces de lecture aux enfants pauvres.

Les lauréates du prix IBBY-iRead Outstanding Reading Promoter Award 2024 sont Basarat Kazim, du Pakistan, et Irene Vasco de Colombie.
 

La cérémonie d'annonce peut être revue sur Youtube ici.


Palmarès du prix Andersen

Auteur (depuis 1956)

2022 Marie-Aude Murail (France)
2020 Jacqueline Woodson (USA)
2018 Eiko Kadono (Japon)
2016 Cao Wenxuan (Chine)
2014 Nahoko Uehashi (Japon)
2012 Maria Teresa Andruetto (Argentine)
2010 David Almond (Grande-Bretagne)
2008 Jürg Schubiger (Suisse)
2006 Margaret Mahy (Nouvelle-Zélande)
2004 Martin Waddell (Irlande)
2002 Aidan Chambers (Grande-Bretagne)
2000 Ana Maria Machado (Brésil)
1998 Katherine Paterson (USA)
1996  Uri Orlev (Israël)
1994  Michio Mado (Japon)
1992  Virginia Hamilton (USA)
1990  Tormod Haugen (Norvège)
1988  Annie M. G. Schmidt (Pays-Bas)
1986  Patricia Wrightson (Australie)
1984  Christine Nöstlinger (Autriche)
1982  Lygia Bojunga Nunes (Brésil)
1980  Bohumil Riha (Tchécoslovaquie)
1978  Paula Fox (USA)
1976  Cecil Bødker (Danemark)
1974  Maria Gripe (Suède)
1972  Scott O'Dell (USA)
1970  Gianni Rodari (Italie)
1968  James Krüss (Allemagne)
         José Maria Sanchez-Silva (Espagne)
1966 Tove Jansson (Finlande)
1964  René Guillot (France)
1962  Meindert DeJong (USA)
1960  Erich Kästner (Allemagne)
1958  Astrid Lindgren (Suède)
1956  Eleanor Farjeon (Grande-Bretagne)


Illustrateur (depuis 1966)

2022 Susy Lee (Corée du sud)
2020 Albertine (Suisse)
2018 Igor Oleynikov (Russie)
2016 Rotraut Susanne Berner (Allemagne)
2014 Roger Mello (Brésil)
2012 Peter Sís (République tchèque)
2010 Jutta Bauer (Allemagne)
2008 Roberto Innocenti (Italie)
2006 Wolf Erlbruch (Allemagne)
2004 Max Velthuijs (Pays-Bas)
2002 Quentin Blake (Grande-Bretagne)
2000 Anthony Browne (Grande-Bretagne)
1998  Tomi Ungerer (France)
1996  Klaus Ensikat  (Allemagne)
1994  Jörg Müller (Suisse)
1992  Kveta Pacovská (République tchèque)
1990  Lisbeth Zwerger (Autriche)
1988  Dusan Kállay (Tchécoslovaquie)
1986  Robert Ingpen (Australie)
1984  Mitsumasa Anno (Japon)
1982  Zbigniew Rychlicki (Pologne)
1980  Suekichi Akaba (Japon)
1978  Svend Otto S. (Danemark)
1976  Tatjana Mawrina (URSS)
1974  Farshid Mesghali (Iran)
1972  Ib Spang Olsen (Danemark)
1970  Maurice Sendak (USA)
1968  Jirí Trnka (Tchécoslovaquie)
1966  Alois Carigiet (Suisse)


Pour ne pas s'embrouiller entre les différents prix Andersen, c'est ici.

 

Le prix Astrid Lindgren

 


Le prix Astrid Lindgren 2024 a été attribué le mardi 9 avril à l'organisation australienne "Indigenous Literacy Foundation", fondée en 2011.
 
Le coup de téléphone au lauréat.

 
L'Indigenous Literacy Foundation (ILF) a été créée pour encourager la lecture et promouvoir l'alphabétisation en garantissant l'accès à de la bonne littérature aux enfants des Premières Nations d'Australie. Le travail de promotion de la lecture de l'ILF repose sur la collaboration et l'engagement des communautés locales. À travers divers programmes, elle propose des packs de livres aux enfants et aux familles des communautés des Premières Nations en Australie et sur les îles du détroit de Torres, elle traduit des livres, organise des activités de lecture à haute voix et soutient la publication de livres pour enfants créés dans les communautés. Aujourd'hui, l'ILF travaille dans 427 communautés des Premières Nations sur tout le continent australien.

Ce qu'en dit le jury:
"Avec curiosité et respect, l'Indigenous Literacy Foundation travaille dans le domaine de la lecture et du conte chez les enfants des Premières Nations d'Australie. En étroite collaboration avec les communautés, elle met en valeur la valeur des langues et des histoires de chacun. En diffusant des livres et en stimulant la lecture, le conte et la créativité, la Fondation pour l'alphabétisation autochtone suscite le désir de lire et favorise la fierté, la confiance en soi et le sentiment d'appartenance. Chaque enfant a droit à sa langue et à ses histoires."
(c) Indigenous Literacy Foundation.

Les lauréats ALMA précédents

2023 Laurie Halse Anderson (lire ici)
2022 Eva Lindström (lire ici)
2021 Jean-Claude Mourlevat (lire ici)
2020 Baek Hee-na (lire ici)
2019 Bart Moeyaert (lire ici)
2018 Jacqueline Woodson (lire ici)
2017 Wolf Erlbruch (lire ici)
2016 Meg Rosoff (lire ici)
2015 Praesa (lire ici)
2014 Barbro Lindgren (lire ici)
2013 Isol
2012 Guus Kuijer (lire ici)
2011 Shaun Tan
2010 Kitty Crowther
2009 Tamer Institute
2008 Sonya Hartnett 
2007 Banco del Libro
2006 Katherine Paterson
2005 Philip Pullman et Ryôji Arai
2004 Lydia Bojunga
2003 Maurice Sendak et Christine Nöstlinger


Le prix international de l'illustration Fundación SM

 

Le prix Fundación SM 2024 va à l'illustrateur  brésilien Henrique Moreira, âgé de 25 ans. Diplômé en design graphique, le lauréat se dit très intéressé à explorer la façon de communiquer des histoires avec des illustrations, en particulier en travaillant avec des livres muets.
 
Jury: Philip Giordano (illustrateur), Ayami Moriizumi Cometti (Itabashi Art Museum), Sara Rioja Gutiérrez (Designer SM Madrid).
 
Créé en 2009, le Prix international de l'illustration Foire du livre jeunesse de Bologne - Fundación SM est réservé aux artistes de moins de 35 ans qui ont déjà été sélectionnés pour l'Exposition des Illustrateurs. Il est doté d'un chèque de 15.000 € afin de donner au lauréat es ressources nécessaires pendant un an pour développer un livre d'images qui sera publié et commercialisé sur le marché mondial par les Espagnols. Les illustrations originales du livre seront présentées à la prochaine édition du Salon du livre jeunesse de Bologne pour une exposition personnelle dédiée au lauréat.