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jeudi 29 janvier 2026

Les finalistes des prix Andersen 2026 de l'IBBY

L'IBBY (International Board on Books for Young Children) vient de communiquer les noms des finalistes pour les prix Hans Christian Andersen 2026. Soit six auteur.e.s et six illustrateurs/trices choisis par le jury (noms des membres en fin de note) sur les 78 nominations soumises par les différentes sections nationales (lire ici). Le prix Andersen est décerné tous les deux ans, en catégorie auteur depuis 1956, en catégorie illustrateur depuis 1966 (lire ici).
 
Déception, les deux Belges ne figurent pas parmi les finalistes (lire ici).
 
On remarquera que les deux séries de finalistes parcourent les différents continents du globe et que la France, qui a déjà eu deux prix Andersen en catégorie auteur, a à nouveau un finaliste.On se réjouit évidemment pour Timothée de Fombelle, ainsi que pour celles et ceux qui sont déjà bien connus en francophonie, Beatrice Alemagna ou Michael Rosen, et on attend de découvrir les autres.
 
Les lauréats seront annoncés le lundi 13 avril à la Foire du livre pour enfants de Bologne. 
 

Les finalistes du prix 2026
 
Auteurs
  • Ahmad Akbarpour (Iran)
  • María José Ferrada (Chili)
  • Timothée de Fombelle (France)
  • Lee Geum-yi (République de Corée, déjà finaliste en 2024)
  • Pam Muñoz Ryan (États-Unis)
  • Michael Rosen (Royaume-Uni).

 
 
Illustrateurs
  • Beatrice Alemagna (Italie, déjà finaliste en 2022)
  • Linda Bondestam (Finlande)
  • Cai Gao (Chine, déjà finaliste en 2024)
  • Gundega Muzikante (Lettonie)
  • Walid Taher (Égypte)
  • María Wernicke (Argentine)

 
 
 
Jury: Brenda Dales (États-Unis), Nadia El Kholy (Égypte), Giorgia Grilli (Italie), Diana Kovach (Argentine), Shailaja Menon (Inde), Mare Müürsepp (Estonie), Margaret Anne Suggs (Irlande), Fengxia Tan (Chine), Holly Tonks (Royaume-Uni) et Morgane Vasta (France). Le jury était présidé par Shereen Kreidieh (Liban). Carolina Ballester, directrice exécutive de l'IBBY en était la secrétaire.



dimanche 6 avril 2025

Qui aura le prix Andersen 2026?

Thomas Lavachery.
 
L'IBBY (Internation Board on Books for Young People) vient de dévoiler la liste des 78 candidats, en provenance de 44 pays, qu'elle a retenus pour les prix Andersen 2026, 41 en catégorie auteur et 37 en catégorie illustrateur. Une belle augmentation par rapport à l'édition précédente (2024) qui comprenait 59 candidats de 33 pays. Joie, deux Belges, l'écrivain francophone Thomas Lavachery (lire ici) et l'illustrateur flamand Leo Timmers (traduit chez Cambourakis) y figurent.

D'autres noms sélectionnés font également plaisir, Timothée de Fombelle et Grégoire Solotareff pour la France, Beatrice Alemagna pour l'Italie, Nikolaus Heidelbach pour l'Allemagne, Edward van de Vendel pour les Pays-Bas, Øyvind Torseter pour la Norvège, Catherine Louis pour la Suisse, Michael Rosen et Emily Gravett pour la Grande-Bretagne.
 
Le jury: Shereeh Kreidieh (Liban), présidente, Brenda Dales (USA),  Nadia El Koly (Egypte), Giorgia Grilly (Italie), Diana Laura Kovach (Argentine), Shailaja Menon (Indie), Maare Müürsepp (Estonie), Margaret Anne Suggs (Irlande), Tan Fengxia (Chine), Holly Tonks (Royaume-Uni), Morgane Vasta (France) et Carolina Ballester (IBBY Executive Director).
 
 
La liste complète des candidats
  • Argentine: Auteur Sandra Siemens; Illustrateur María Wernicke,
  • Australie: Auteur Emily Rodda; Illustrateur Bruce Whatley
  • Autriche: Auteur Elisabeth Steinkellner; Illustrateur Helga Bansch
  • Belgique: Auteur Thomas Lavachery; Illustrateur Leo Timmers
  • Bulgarie: Auteur Maya Dalgacheva; Illustrateur Iassen Ghiuselev
  • Canada: Auteur David A. Robertson; Illustrateur Josée Bisaillon
  • Chili: Auteur María José Ferrada
  • Chine: Auteur Jin Bo; Illustrateur Cai Gao
  • Colombie: Auteur Irene Vasco; Illustrateur Ivar Da Coll
  • Croatie: Auteur Sanja Pilić
  • Chypre: Auteur Andri Antoniou; Illustrateur Louiza Kaimaki
  • Danemark: Auteur Kim Fupz Aakeson; Illustrateur Rasmus Bregnhøi
  • Equateur: Auteur Edna Iturralde
  • Egypte: Auteur Rania Hussein Amin; Illustrateur Walid Taher
  • Estonie: Auteur Andrus Kivirähk; Illustrateur Anne Pikkov
  • Finlande: Auteur Timo Parvela; Illustrateur Linda Bondestam
  • France: Auteur Timothée de Fombelle; Illustrateur Grégoire Solotareff
  • Allemagne: Auteur Andreas Steinhöfel; Illustrateur Nikolaus Heidelbach
  • Grèce: Auteur Manos Kontoleon; Illustrateur Photini Stephanidi
  • Inde: Illustrateur Atanu Roy
  • Iran: Auteur Ahmad Akbarpour; Illustrateur Alireza Goldouzian
  • Irlande: Auteur Eoin Colfer
  • Italie: Auteur Beatrice Masini; Illustrateur Beatrice Alemagna
  • Japon: Auteur Yoko Tomiyasu; Illustrateur Hiroshi Abe
  • Corée: Auteur Lee Geum-yi; Illustrateur Kim Dong-soo
  • Lettonie: Auteur Inese Zandere; Illustrateur Gundega Muzikante
  • Liban: Auteur Sanaa Chabbani ; Illustrateur Joelle Achkar
  • Maroc: Auteur Elhassan Benmouna
  • Pays-Bas: Auteur Edward van de Vendel; Illustrateur Thé Tjong-Khing
  • Norvège: Auteur Maria Parr; Illustrateur Øyvind Torseter
  • Palestine: Auteur Sonia Nimr
  • Philippines: Auteur Eugene Y. Evasco; Illustrateur Beth Parrocha
  • Pologne: Illustrateur lwona Chmielewska
  • Portugal: Auteur Alice Vieira; Illustrateur Teresa Lima
  • Russie: Illustrateur Anton Lomaev
  • Slovénie: Auteur Anja Štefan; Illustrateur Alenka Sottler
  • Espagne: Auteur Maite Carranza; Illustrateur Elena Odriozola
  • Suisse: Auteur Franz Hohler; Illustrateur Catherine Louis
  • Turquie: Auteur Aytül Akal; Illustrateur Ayşe İnan
  • Ukraine: Auteur Sashko Dermanskyi; Illustrateur Kateryna Shtanko
  • Emirats arabes unis: Auteur Maitha Al Khayat; Illustrateur Abdullah Alsharhan
  • Royaume-Uni: Auteur Michael Rosen; Illustrateur Emily Gravett
  • USA: Auteur Pam Muñoz Ryan; Illustrateur Sophie Blackall
  • Ouzbékistan: Auteur Muhabbat Yuldashev

Rendez-vous en début d'année 2026 pour la sélection finale et en avril 2026 pour les noms des lauréats.
 
Pour ne pas se mélanger les pinceaux entre les trois prix Andersen, c'est ici.
 

jeudi 3 avril 2025

Le prix Fundación SM décerné à Maria Haiduk

(c) Maria Haiduk.

Maria Haiduk.
Réservé aux artistes de moins de 35 ans qui ont déjà été sélectionnés pour l'exposition des illustrateurs de la Foire du livre pour enfants de Bologne, le prix Fundación SM 2025 a été attribué à la jeune artiste ukrainienne Maria Haiduk. À ce jour, elle en est la plus jeune récipiendaire. Elle est née à Kherson le 13 avril 2006. Le jury a voulu honorer qui, malgré sa jeunesse, démontre un style mature et distinctif, marqué par une approche claire et évocatrice et l'utilisation de la lumière comme outil narratif clé.

Son travail offre une critique sociale poignante et fait preuve d'une forte conscience environnementale, exhortant à la réflexion sur le modèle de consommation actuel.

Les membres du jury ont été profondément impressionnés par l'impact et le potentiel du travail de l'artiste, qui équilibre l'audace et la sensibilité. 

Le prix offre à Maria Haiduk  un chèque de 15.000 € afin de lui donner les ressources d'un an pour développer un livre d'images qui sera publié sur le marché mondial par l'éditeur espagnol SM. Les illustrations originales du livre seront présentées à la prochaine édition de la Foire du livre pour enfants de Bologne pour une exposition personnelle lui sera dédiée.

(c) Maria Haiduk.


dimanche 8 décembre 2024

Les différents talents de Kitty Crowther

VU & approuvé
 
Kitty Crowther à la galerie Le Serpent Vert.

Depuis plusieurs années, Kitty Crowther développe en marge de ses albums pour enfants et de ses projets d'illustration  une recherche graphique personnelle. Des visages par dizaines, des petits et des très grands, des papillons, des chouettes, des variations sur le thème des fleurs aquatiques et d'autres sujets. Une exposition réunit une belle série de ces illustrations,  monotypes et peintures récentes dans l'agréable espace de la galerie parisienne itinérante Le Serpent Vert. Sont également proposées une dizaine d'images provenant de ses albums jeunesse, "Le petit homme et Dieu" (Pastel/l'école des loisirs) et " Dans moi" (MeMo).
 
Papillons verts.
(c) K. Cr.
Il est très intéressant de voir comment l'artiste belge, prix Astrid Lindgren 2010, diversifie son art tout en gardant son identité. On peut ainsi voir 80 petits visages en crayons de couleurs de la série Face the day, réalisée durant sa résidence à Fotokino (Marseille) au printemps de l'an dernier. Des monotypes de grands visages sont aussi présents aux cimaises, ainsi qu'une série de papillons verts et une attirante chouette. Sans oublier les études de plantes aquatiques. On y retrouve la sensibilité que l'on connaît dans son travail d'auteure-illustratrice pour la jeunesse où elle fait des merveilles depuis trente ans déjà. En témoignent les originaux des deux albums exposés. 

"Face the day". (c) Kitty Crowther.

Chouette. (c) Kitty Crowther.



Illustrations provenant d'albums jeunesse. (c) Kitty Crowther.

 
Pratique
  • Où? Galerie Le Serpent Vert, 4 rue des Guillemites Paris 75004.
  • Quand? Du mardi au dimanche de 14 à 19 heures jusqu'au 15 décembre.

 

jeudi 28 novembre 2024

La galerie Martel ouvre un espace à Bruxelles

La galerie Martel côté rue...
 
Simone Mattotti, fils de Lorenzo Mattoti, le dessinateur bien connu, et de Rina Zavagli-Mattotti, ouvre l'antenne belge de la galerie d'art de sa mère, la célèbre galerie Martel, née à Paris en 2008. Elle a la même ambition, défendre l'illustration, la peinture, la bande dessinée, l'animation.
 
... côté jardin.
Le lieu se trouve à deux pas de la place Flagey à Ixelles, dans le bas de la chaussée d'Ixelles, juste en face d'une antenne des Petits riens. La galerie bénéficie d'un très bel espace en enfilade, d'une large et sobre vitrine toute en verre et de deux petits jardins à l'arrière. Visiblement, on n'a pas lésiné sur l'huile de coude pour aménager les lieux. Le résultat en vaut la peine.




 
 
Pour l'ouverture, l'exposition est collective. Elle présente jusqu'au 7 décembre les œuvres de 41 artistes. Des grands noms de la bande dessinée et de la galerie, Lorenzo Mattoti bien entendu et Richard McGuire, Chris Ware, Crepax, Florence Cestac pour ne citer qu'eux, mais encore des artistes arrivés plus récemment, se partageant entre bande dessinée et littérature de jeunesse, Icinori  ou Manuele Fior par exemple. Et bien sûr, localisation oblige, des Belges. Six artistes, Brecht Evens, Dominique Goblet, Herr Seele, Brecht Vandenbroucke,Thierry Van Hasselt et Eric Lambé. Ce dernier aura les honneurs de la première exposition bruxelloise en solo, "19M2-Antipodes", autour de ses deux dernières parution (Sigaretten Edizioni et Casterman), du 14 décembre au 1er février 2025.

On nous signale que pour la plupart des artistes présents à cette exposition collective inaugurale, une de leurs œuvres est proposée aux cimaises mais que deux attendent dans l'ombre de la cave. On les trouvera toutes ici.

Artistes exposés
(par ordre alphabétique)
 
Pablo Auladell (Espagne) | Alex Barbier (France) | Enzo Borgini (Italie)
Nina Bunjevac (Canada) | Charles Burns (États-Unis) | Florence Cestac (France)
Daniel Clowes (États-Unis) | Guido Crepax (Italie) | Ludovic Debeurme (France)
Brecht Evens (Belgique) | Emil Ferris (États-Unis)
 Anke Feuchtenberger (Allemagne)
Manuele Fior (Italie) | Fred (France) | Gabriella Giandelli (Italie)
Dominique Goblet (Belgique) | Simon Hanselmann (Australie
Miles Hyman (États-Unis) | Icinori (France) | Yann Kebbi (France
Éric Lambé (Belgique) | Javier Mariscal (Espagne) | Franco Matticchio (Italie)
Lorenzo Mattotti (Italie) | Richard McGuire (États-Unis) | Hugues Micol (France)
José Muñoz (Argentine) | Giacomo Nanni (Italie) | Thomas Ott (Suisse)
Gary Panter (États-Unis) | Stefano Ricci (Italie) | Herr Seele (Belgique)
Miroslav Sekulić-Struja (Croatie) | Anna Sommer (Suisse)
Art Spiegelman (États-Unis)
Joost Swarte (Pays-Bas) | Tomi Ungerer (France)
Brecht Vandenbroucke (Belgique) | Thierry Van Hasselt (Belgique)
Chris Ware (États-Unis) | Zéphir (France)

De saison en Belgique, l'histoire de Saint Nicolas selon Thierry Van Hasselt.

Lors du vernissage, les œuvres apparaissaient sans cartel pour les identifier. Question d'esthétique, nous a-t-on dit. Il est vrai qu'un listing papier, réalisé selon l'ordre d'accrochage, est disponible. OK, suivons les murs. Evidemment, il y a les artistes qu'on reconnaît immédiatement. Mais il y a aussi ceux dont on doute du nom et ceux qu'on découvre. Une exploration ludique en quelque sorte. A ce petit jeu, j'ai eu la joie de tomber nez à nez avec une œuvre de Thomas Ott, le roi de la carte à gratter, d'autres de Franco Matticchio, la satisfaction d'identifier un dessin de Tomi Ungerer et le plaisir de découvrir le travail de Giacomo Nanni.

Carte à gratter de Thomas Ott. (c) Galerie Martel.

Encre et aquarelle sur papier et carte noire de Tomi Ungerer. (c) Gal. Martel.

Peinture acrylique sur feuilles de rhodoïd de Giacomo Nanni. (c) Galerie Martel.



Infos pratiques
Galerie Martel Bruxelles
Chaussée d'Ixelles, 337, 1050 Bruxelles
Du mardi au samedi de 14h30 à 19 heures
+32 2 721 79 57
contact@galeriemartel.com



mercredi 17 avril 2024

Illustration jeunesse et photos de friche industrielle aux ex-usines Henricot

Une exposition à double focale aux anciennes usines Henricot.
 
Les usines Henricot sont en quelque sorte au Brabant wallon ce qu'est l'usine Côte d'Or à Bruxelles. Un nom fixé dans les mémoires à cause d'une industrie aujourd'hui disparue et des bâtiments qui ont été réinvestis. Bureaux à Bruxelles, salle d'exposition temporaire comme par exemple en ce moment à Court-Saint-Etienne.
 
Le Hall 13.
 
C'est justement le Hall 13 des anciennes usines Émile Henricot qui accueille durant trois week-ends d'avril une exposition à double focale: la peintre, illustratrice et dessinatrice belge Nadine Forster (1931-2023) et le photographe belge Louis-Philippe Capelle (1956), voisin du lieu.
Si le nom de Nadine Forster s'est peut-être effacé des mémoires, il n'en va pas de même pour ses personnages. Véronique par exemple, qui sera l'héroïne des neuf livres "Le Journal de Véronique" (Éditions Pierre Tisné entre 1964 et 1967, Casterman en 1981 et 1982) et d'innombrables épisodes dans le magazine "Lisette", ces derniers n'ayant encore jamais été réunis en livre. Écrites par Maud Frère (1923-1979) et illustrées par Nadine Forster, ces histoires proches de la bande dessinée ont surpris lors de leur création, il y a soixante ans. Et connu un beau succès. Elles proposaient le journal intime d'une fillette très libre pour son temps, et super-active. Le miroir du quotidien d'alors.

Arnie.

Peut-être moins connue, Arnie, l'exploratrice de neuf ans, écologiste avant l'heure, qui apparaîtra en livres et en dessins animés écrits par Pierre Levie, dont dix-sept illustrations originales seront présentées à l'exposition.
 
En tout, ce seront deux cents œuvres de Nadine Forster qui seront montrées, également sa bande dessinée Corentin (scénario de Jean Cheville, Le Lombard), Maya l'abeille, Candy, ses adaptations de Disney... Une vraie rétrospective de son parcours d'illustratrice, complétée d'extraits de vidéos (reportages et dessins-animés).


Ici, une interview de Nadine Forster en 1971.


Le journal de Véronique dans le magzine "Lisette".



Le Hall 13 sert aussi de lieu d'exposition pour les photographies en grand format des sites industriels Henricot, réalisées durant plusieurs années par Louis-Philippe Capelle.
 
 Les usines Henricot. (c) Louis-Philippe Capelle.
 
En tant qu'artiste, documentariste et archiviste d'un passé industriel, il a photographié l'extérieur et l'intérieur de cette friche manufacturière condamnée. La démolition du Hall 13 et du vaste hall voisin des anciennes usines sidérurgiques Henricot est en effet prévue à l'automne 2024. Toujours en argentique et non en numérique, ses clichés en noir et blanc et en couleurs ont capté les lieux et leur atmosphère.
 
De grands hangars abandonnés dont les vitres se réfléchissent quasi à l'infini sur la rivière voisine, des structures métalliques qui resplendissent sous un ciel bleu dans un paysage de neige. Des vieilles voitures, témoins de leur temps, entreposées serrées. Deux fildeféristes évoluant en hauteur. Des moules d'outils de toutes couleurs, numérotés mais entassés avant dispersion...
 
Il y a urgence à (re)découvrir cette richesse architecturale historique. Se rappelle-t-on que les usines Émile Henricot ont fermé leurs portes il y a déjà quarante ans, en 1984? Certains vestiges, bâtiments en briques ou hangars métalliques, ont été néanmoins conservés mais ont subi des sorts divers. En témoignent les images exposées.

 Les usines Henricot. (c) Louis-Philippe Capelle.

 

Cette double exposition au Hall 13 est organisée par la Maison des Artistes de Court-Saint-Etienne et le Patrimoine Stéphanois. Elle se tient dans le cadre du 12e Parcours d'artistes de Court-Saint-Etienne, qui aura lieu, lui, les 20 et 21 avril: 79 artistes plasticiens exposeront leur travail en trente-cinq lieux de la commune (infos ici).

 
Informations pratiques 
Usines Henricot
Hall 13, Rue des Noirs Talons, 13, 1490 Court-Saint-Étienne.
Encore ouvert les week-ends des 20-21 et 27-28 avril de 10 à 18 heures.

jeudi 7 décembre 2023

Marcher encore

"Comment encore marcher?" (c) Lustre.

En couverture, des cuissardes sombres et gigantesques. Un pêcheur? Un ogre? Un utilisateur des bottes de sept lieues? Peut-être. Ou peut-être pas, des orteils pointant à l'extrémité des énormes chaussures. Une silhouette esquissée et un titre, "Comment encore marcher?". En lien mais énigmatiques. Cet ouvrage poétique illustré est né des lithographies de la dessinatrice bruxelloise Lisa Sibillat sur lesquelles le dessinateur bruxellois Olivier Spinewine a posé ses textes (Lustre, 52 pages, disponible à Bruxelles chez Tropismes, Peinture Fraîche et CFC, à Paris au Monte-en-l'air).
 
Reproduites en deux pantones de tons différents, les lithographies de Lisa Sibillat alignent des silhouettes. Elles se chaussent ou sont debout quand elles ne vacillent pas. Des postures pour tenir sur leurs jambes, pour être en mouvement, pour être en vie. La question du titre surgit d'elle-même. Olivier Spinewine y répond par des textes présentant diverses occasions, apprentissage initial, vieillesse, mort, chute, nouveaux apprentissages... Des histoires de bottes qui séduisent parce que si elles naissent de situations concrètes, elles n'apportent pas la réponse réaliste que tout le monde connaît. Au contraire, elles jouent sur les sons et les sens des mots. Elles lancent des idées, surprennent et enchantent. Elles créent un mouvement qui répond à celui des dessins. Elles nous touchent aussi car elles nous tendent le miroir de ce que nous sommes. Bottes, béquilles, Hula-hoop, autant de manières de marcher encore.
 

"Comment encore marcher?" (c) Lustre.




dimanche 27 mars 2022

Un énorme cinquième tour au Picture Festival

Olivier Spinewine, "Le pédiluve".

Bon je l'avoue, le compte-rendu de mes pérégrinations au Picture Festival couvre deux jours, vendredi et samedi. Pour changer, je commence par mon dernier arrêt. Attention, il ne faut plus tarder  car la troisième édition de ce qui est quand même ce qui se fait de plus intéressant dans le domaine de l'illustration à Bruxelles va bientôt se terminer (lire ici).

Arrêt 1 au Clignoteur 
Place de la Vieille Halle aux Blés 30, 1000 Bruxelles

Quel pied dans cette Nike?
Plasticien, enseignant, dessinateur, photographe, écrivain et éditeur, Olivier Spinewine expose deux projets, "Villevue", un travail photographique antérieur, et "Le Pédiluve", tout neuf, entièrement consacré au... pied. "Voir le pied de quelqu'un pour la première fois, c'est quelque chose", me dit-il en souriant. Plus sérieux, il explique que le projet lui est venu après la lecture d'un texte de Georges Bataille à propos du pied, oscillant entre la séduction et l'immonde ("Le gros orteil, 1929). "Après mon récit graphique "Corso à contre-main" (CFC éditions), j'ai eu l'idée de faire une série." Une série de pieds en différentes techniques et sur différents supports dont surtout des papiers de récupération. "Il y a des pieds réels et des pieds de tête, comme celui de Bob et Bobette et celui qui a coulé, celui d'une Nike Super H et celui de sandales tchécoslovaques. Jamais de métaphore. Souvent cinq orteils mais parfois six ou trois." 

Expo Le Pédiluve au Clignioteur.


Aux cimaises, une vingtaine de dessins de pieds, reflétant parfaitement le texte de Bataille, entre séduction et immonde. Seulement une vingtaine? Oui, mais on en trouve environ quatre-vingts dans le beau livre qui vient de sortir, "Le pédiluve, GRA DED EXPO SURE TO FEET" (Editions Lustre, en vente au Clignoteur, bientôt chez Tropismes, chez Peinture fraîche...) Un grand et épais format qui explore formidablement d'un trait léger cette "exposition progressive". Des pieds révélateurs, des pieds cachés, des pieds expressifs, des pieds esquissés ou portraitisés... 

Un album dont il faut saluer la mise en page magnifique, mettant superbement en valeur les dessins, jouant avec les couleurs et les sauts de pages, complétée d'un travail de photogravure magistral. Posées sur des fonds aux tons variables par séquences, les feuilles de papier des dessins y apparaissent comme en relief. Explication: les dessins ont été scannés des deux côtés et figurent parfois en transparence ou en superposition dans les pages. A tourner les pages pleines de surprises, on sourit, on s'interroge, on admire ou on est troublé. On oublierait presque qu'il s'agit d'un livre relié, tant on est pris par ces pieds dessinés qui se succèdent comme si on feuilletait une farde. Entre séduction et immonde.
Attention, l'exposition se tient encore ce dimanche 27 mars de 14 à 19 heures et le vendredi 1er avril de 17 à 20 heures où suivra à 20 heures un concert de Brèche de Roland dont Olivier Spinewine a illustré le premier EP..


Arrêt 2 à la Galerie Bortier
Rue Saint-Jean 17, 1000 Bruxelles

#PrintIsNotDead à la Galerie Bortier.

Simon Roussin.
Un week-end #PrintIsNotDead et toujours RisoZine, Marseille-Bruxelles (Cuistax, Fotokino, Frau Steiner, Harry Studio, Les Ateliers du Toner, Papier Carbone).

Fanzines, livres, revues, affiches… tous les supports et toutes les techniques participent à cette troisième édition du salon de la micro-édition et de l'image imprimée. Avec la Riso à l'honneur cette année.

A rencontrer: Actes Nord, Cuistax, Delphine Panique, Fanzinothèque, Fotokino, Frau Steiner, Gabri Molist, Harry Studio, Image Fantôme, Indekeuken / Chez Rosi, Jango Jim, Les Ateliers du Toner, Les Pinatas, Les Voizines & TMH, Morgane Griffoul, Sanlémo, Signes du Quotidien, Sterput, Ton piquant, Vite ed.
Encore ce dimanche de 11 à 18 heures.



Arrêt 2 bis à la galerie Bortier

Le nuancier de fusains de Sarah Cheveau.

Retour chez Sarah Cheveau ("Faire feu de tout bois") car je n'avais pas repéré l'autre jour (lire ici) son extraordinaire nuanciers de fusains. Quarante-sept essences de bois brûlés - pour le moment car d'autres vont encore compléter le tableau - sont posées sur une feuille, simplement légendées à la main de leur nom. Platane, cognassier, pêcher, ronce, prunier de mirabelles, ébène, gui, lierre, rosier, séquoia, églantier pour ceux qui sont ci-dessus, mais il y en a trente-six autres à découvrir sur place. C'est d'une incroyable beauté, avec des nuances de tons, gris, bruns, bleus même, et de dureté, plus gras ici, plus sec là. Généreuse nature.
Encore ce dimanche de 11 à 18 heures.

Arrêt 3 chez ABC
Place Gaucheret 13, 1030 Schaerbeek

Expo "Cimes" chez ABC.


Le mariage du pochoir et du pliage donne les formidables origamis colorés de Bernadette Gervais et Waii Waii réunis dans l'exposition "Cimes". Posées à hauteur d'enfant, fixées aux cimaises, suspendues au plafond, leurs créations enchantent et font rêver.
Encore ce dimanche de 10 à 17 heures et l'occasion de visiter ABC qui est en portes ouvertes.

Arrêt 4 au Wolf
20 rue de la Violette, 1000 Bruxelles

"On joue à cache-cache?", premier album de Léa Viana Ferreira.

Les originaux de l'excellent premier album jeunesse de Léa Viana Ferreira "On joue à cache-cache?" (CotCotCot Editions) s'offrent au visiteur (jusqu'au 18 juin). La particularité de ce livre en doubles pages est que son texte est en deux temps, un verbe et ensuite sa déclinaison pratique par les enfants de l'histoire. Toutes les étapes du jeu y passent pour le plus grand plaisir dans des images qui sont autant de peintures explosant joyeusement de couleurs, bourrées de détails parfois bien cachés et célébrant merveilleusement la nature, thème de cette troisième édition du Picture Festival.


Pour retrouver mes précédentes pérégrinations, c'est ici.


samedi 19 mars 2022

Un premier petit tour au Picture Festival

Allers-retours Expo 58-République tchèque actuelle avec Jan Srámek.

Une première édition du Picture Festival dans le froid de l'automne 2019 (lire ici), une deuxième pendant la pandémie de 2021 (lire ici), la troisième, celle de 2022, s'avance sous d'autres auspices (lire ici). Soleil radieux pour festivaler et se repaître de ces "pictures" magnifiques. 

Premier tour, ce vendredi soir: Ixelles, Schaerbeek, Bruxelles-ville.
Soit vingt kilomètres.

Arrêt 1 en noir et blanc
Josse Goffin chez Tandemm (ici).

Josse Goffin.

Josse Goffin.

On avait presque oublié que Josse Goffin manie le noir et blanc aussi bien que la couleur. Rappel utile dans cette expo sur deux niveaux présentant des linos d'il y a quinze ans et des fusains récents. On retrouve le trait et l'inspiration de l'artiste qui reçut en 1992 le grand prix graphique de la Foire du livre pour enfants de Bologne pour son album "Oh!" (La réunion des musées nationaux).


Arrêt 2 en "Brussels style"
Jan Srámek et Mariia Timofeeva chez Grafik (ici).

Expositions croisées des artistes tchèque et belge (d'origine russe) sur la ville côté urbain et côté espaces verts.

Jan Srámek.

Mariia Timofeeva.

Mariia Timofeeva

On avait déjà vu le superbe travail de Jan Srámek lors de la première édition du Picture Festival, en 2019, à la galerie Ravenstein. Mais le voici pour la première fois à Bruxelles en personne. L'Atomium qu'il a représenté, il le visitera lundi. Il explique combien l'expo 58 à Bruxelles a influencé la création tchèque. On y parle même d'un "Brussels style", synonyme de qualité de design! "Quand j'étais enfant, ma grand-mère avait une nappe avec des petits Atomiums. Je ne savais pas ce que c'était. Je ne l'ai découvert qu'après." Après, l'artiste visuel a étudié le courant architectural des années 50 de près, notamment lors de son doctorat. Cinq ans qui lui ont permis d'écrire le fantastique livre "Pioneers and Robots" (2016), après avoir consulté plein d'archives. Aujourd'hui, les immeubles classiques qui l'intéressent sont majoritairement détruits. Ces constructions alors nouvelles qui apparaissent dans ses magnifiques images et rendent hommage au génie créatif tchèque.

Mariia Timofeeva, elle, habite Bruxelles où elle a étudié et travaille actuellement. Mais elle a bénéficié d'une résidence d'une semaine à Brno. Elle y a rencontré une nature sauvage, plein d'animaux dont des biches. Elle y a visité des grottes. Des lieux toujours à proximité de la ville, propres, préservés, respectés. Difficile de ne pas les comparer à ce qui se passe à Bruxelles. La citadine en a ramené toute une série de dessins hauts en couleurs témoignant de son émerveillement, de son admiration pour cette nature sauvage et préservée par tous. "Pas un déchet ne traîne en ces lieux, ce n'est pas comme ici." Et comme toujours, elle a ramené de ce voyage différents objets, rassemblés dans une vitrine.


Arrêt 3 sous l'épiderme
Ophélie Lhuire chez Moirés (ici).

Ophélie Lhuire.


Ophélie Lhuire.


"Âme sensible, ne pas s'abstenir !", était-il écrit. Qu'est-ce à dire, sachant que l'inconscient n'intègre pas la négation? C'est simple, Ophélie Lhuire veut nous sensibiliser à ce qui se trouve sous la peau, d'un humain, d'un animal, à l'intérieur d'une plante. A ce qui ne se voit pas, protégé par un épiderm ou une écorce. Ses dessins se basent sur les planches anatomiques classiques mais les poussent bien plus loin dans une alliance de science et de poésie que célèbrent la finesse de son trait et la couleur qu'elle y joint. En résumé, elle entend nous montrer la beauté de ce qui est à l'intérieur et elle y réussit pleinement.



A suivre...