Nombre total de pages vues

Affichage des articles dont le libellé est Dessin. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Dessin. Afficher tous les articles

lundi 30 mars 2026

La triste nouvelle du décès de Glen Baxter

Glen Baxter.

Absurde: Glen Baxter est mort. Le grand manitou du non-sens, incarnation de l'humour anglais, est décédé ce dimanche 29 mars d'un cancer généralisé, selon "Libération". Ce merveilleux artiste adepte du second degré, de l'absurde et de l'autodérision avait tout juste 82 ans Forcément, le monde sera moins drôle sans lui. Sans ses cow-boys, ses gangsters, ses explorateurs, ses écoliers... Sa technique était simple: le rapport entre une saynète dessinée à l'encre et au crayon et sa courte légende forcément dissonante.
 
Un des innombrables dessins de Glen Baxter.

 
 
Glen Baxter au Salon d'art en 2022.
L'artiste était venu à Bruxelles mi-mai 2022 pour une exposition que lui consacrait son ami Jean Marchetti au Salon d'art. C'est à relire ici. 
 
On pourra bientôt retrouver certaines de ses œuvres dans l'exposition au Centre de la Gravure et de l'Image imprimée qui célèbrera les 50 ans de la galerie bruxelloise. Ce sera du 11 avril au 30 août (infos ici). Et bien sûr,  il apparaît dans le livre-catalogue de Jean Marchetti, "50 ans d'images & mots" (La Pierre d'Alun, collection "La Petite Pierre", 256 pages), en vente à La Louvière et au Salon d'Art.
 

 

mercredi 19 mars 2025

Treize dessinateurs d'humour à la douzaine

Dessins de Saul Steinberg. (c) Sébastien Roberty
(c) The Saul Steinberg Foundation, SABAM, Brussels, 2025.

 
On connaissait Folon peintre et sculpteur. On l'a découvert photographe (lire ici). L'exposition "Drawing room" qui vient de s'ouvrir à La Hulpe dévoile une autre facette de l'artiste (1934-2005). Le dessin d'humour. Une pratique qu'il a intensément pratiquée dans les années 1950, avant sa notoriété, sous l'influence de l'artiste américain Saul Steinberg. "Il y a eu un Folon qui fait du dessin d'humour avant le Folon que l'on connaît", explique la Fondation. Tout jeune, Folon avait quitté Bruxelles et était parti s'installer à Bougival, à 20 kilomètres de Paris. Pour survivre, pour ne pas crever de faim, il dessine. D'abord pour "Moustique", "Paris-Match" et "Pan" de 1955 à 1960 à raison d'un dessin par semaine. Il se forge ainsi son univers graphique. Ensuite, il collaborera avec fruit au "New-Yorker" aux États-Unis. Sa réussite américaine lui conférera son succès en Europe.
 
Le plus curieux de l'histoire des dessins d'humour de Folon est que peu de monde connaissait cette facette de son œuvre. En vidant son appartement de Monaco, Stéphanie Angelroth, directrice de la Fondation, a découvert dans la salle de bain une boîte contenant des centaines de dessins. Folon ne lui en avait jamais parlé alors qu'ils étaient proches!

Dessins de Folon. (c) Sébastien Roberty
(c) Fondation Folon_ADAGP, Paris, 2025.

 
Riche de cent cinquante pièces provenant de plusieurs collections dont celles de la Fondation Folon et de la galerie Martine Gossieaux, ce "cabinet de dessins" célèbre treize dessinateurs d'envergure qui ont fait œuvre de philosophes en maniant de façon créative leurs crayons et leurs pinceaux. Il témoigne du dessin du XXe siècle dans le regard de Folon. Autour de lui, douze maîtres du dessin qui l'ont marqué, à qui il a écrit, avec qui il a dialogué, parfois créé. Avec qui il s'est beaucoup amusé: Saul Steinberg, André François, Raymond Savignac, Ronald Searle, Chaval, Roland Topor, Bara, Bosc, R.O. Blechman, Sempé, Pierre Alechinsky, Milton Glaser, une fameuse brochette! Elle réjouira les connaisseurs et permettra aux autres de belles découvertes. 

André François.

Le parcours est à la fois chronologique, thématique et chromatique: quelques cimaises pour chaque artiste, à chacun sa couleur. En fil rouge de ces séries d'œuvres représentatives, complétées de notices biographiques suffisantes et des mots de Folon y apposés, un petit bonhomme court sur les murs et sert de guide. "Drawing room" est une exposition pour le plaisir qui fait aussi réfléchir. La qualité du dessin d'humour. Elle enchantera l'amateur qui découvrira des merveilles comme l'érudit qui y reconnaîtra les artistes qu'il chérit. Elle propose le regard de Folon sur le dessin au XXe siècle.  Elle démontre parfaitement que le dessin est un genre en lui-même, encore trop peu présent dans les musées d'Europe.
 

Ronald Searle. (c) Sébastien Roberty.

 
Dans la première pièce, dédiée aux dessins de Folon, on comprend combien l'artiste formait une famille d'esprit avec plein de dessinateurs. On y découvre cette forme de philosophie souriante, rappelant que l'humour est souvent la politesse du désespoir. Suivent les dessins à la plume experte de Saul Steinberg, "écrivain qui dessine" comme il se définit, dont celui sans relever l'outil qui figure sur l'affiche, les tableaux si reconnaissables d'André François, les affiches témoignant du sens de l'ellipse de Savignac, la ligne faussement hésitante de Ronald Searle, la férocité de Chaval, par ailleurs cultivateur d'absurdie. On continue avec les géniales créations de Topor, les dessins de Bara, le trait minimaliste et efficace de Bosc, les dessins de R.O. Blechman, tellement méconnu en français. On termine avec quelques œuvres de Sempé, toujours délicieuses, d'Alechinsky et de Milton Glaser, autre immense artiste américain que les nouvelles générations d'artistes ignorent malheureusement.
 

Topor. (c) Sébastien Roberty.

En complément des dessins réalisés en solo par leurs auteurs, on en découvre aussi plusieurs, réalisés en duo avec Folon. L'homme qui aimait les artistes, aimait les rencontrer et faisait tout pour parvenir à ses fins comme le raconte joliment l'exposition "Drawing room".

Milton Glaser en solo et en duo avec Folon.

Pratique
Où? Fondation Folon, drève de la Ramée 6A, 1310 La Hulpe
Quand? Jusqu'au 31 août, du mardi au vendredi de 9 à 17 heures, le week-end de 10 à 18 heures.
Combien? 15 euros pour les +26, 12 euros pour les +65, 5 euros pour les 6-25 ans.
Autres infos ici.


mercredi 10 juillet 2024

Le décès de l'artiste Josse Goffin

Josse Goffin. (c) Christian Carez

J'apprends avec tristesse le décès de Josse Goffin ce 9 juillet à l'âge de 85 ans. L'artiste belge qui était né le 2 novembre 1938 à Bruxelles souffrait d'un cancer. Il est l'auteur d'innombrables dessins, affiches, illustrations de livres pour enfants, graphismes, etc... dans un style graphique aisément reconnaissable. Précision de la ligne, géométrie même, choix de la couleur, aquarelle, pastel ou crayon, poésie et humour. Avec toujours l'idée que "inventer, c'est penser à côté". Et sa signature en pattes de mouche.

Œuvre. (c) Josse Goffin.

 
Travailleur acharné tout au long de sa vie, il présentait encore deux expositions l'été dernier. L'une à la galerie Wery à Dinant, l'autre à la galerie Quadri à Bruxelles. Entre autres multiples activités, il avait aussi participé au Picture Festival bruxellois 2022 (lire ici). En chacun de ses lieux qui lui étaient momentanément dédiés, on l'y voyait, calme et souriant, toujours accompagné de sa merveilleuse épouse Lili. On le croisait aussi aux vernissages d'autres artistes. Non seulement ceux, nombreux, qu'il avait formés mais aussi ceux dont il était curieux.
 

 

Josse Goffin étudie à Saint-Luc puis est diplômé en 1957 en graphisme à l'École Nationale Supérieure d'Arts Visuels de la Cambre. Il y sera enseignant vingt ans plus tard, de 1977 à 2004, à l'atelier de communication graphique, section narration et dessin d'humeur. Bienveillant comme lorsqu'il présidait des jurys. En parallèle, il avait ouvert son propre studio graphique qui lui a permis de déployer son propre éventail: dessinateur, graphiste, affichiste dans les secteurs culturel et publicitaire, concepteur de génériques d'émission de télévision ou de pochettes de disque, graveur, auteur/illustrateur de livres pour la jeunesse.

Quelques-uns des travaux de Josse Goffin.


Couverture du magazine "graphis".
Œuvre. (c) Josse Goffin.
Pochette pour Julos Beaucarne.
Affiche pour le prix Bernard Versele.
 
 
Dès 1987, il crée des livres pour enfants qui ne connaîtront pas toujours le succès public qu'ils méritaient. Mais en 1992, Josse Goffin obtient le prestigieux prix graphique de la Foire de Bologne (section enfance) pour son album "Oh!" (lire ci-dessous), publié tout comme "Ah!" à la Réunion des Musées nationaux. "Oh!" est aujourd'hui réédité par Kalandraka.

Une deuxième réponse graphique en dépliant le rabat. (c) Kalandraka.



Avec les années 2000, ses images libres investissent les galeries d’art et autres lieux d’expositions, en parallèle à l'édition de livres d’artiste et de poésie. L'ouvrage "Josse Goffin - Inventaire" (Racine) retraçant sa carrière de graphiste, affichiste et auteur/illustrateur de livre pour la jeunesse, paraît à l'occasion de la rétrospective de son travail au Centre d'Art de Rouge-Cloître à Bruxelles en 2010.


 



Voilà ce que j'écrivais dans "Le Soir" le 2 mai 1992, au retour de la Foire de Bologne, il y a plus de trente ans!

UN GRAPHISTE À L'HONNEUR
Josse Goffin remporte le prix 1992 de la Foire de Bologne

BOLOGNE
De notre envoyée spéciale
 
Pour la première fois, un Belge a remporté le prix graphique de la Foire de Bologne, cette manifestation annuelle consacrée exclusivement à la littérature enfantine.Nous avons déjà dit tout le bien que nous pensions de "Oh!" (Réunion des Musées nationaux), ce livre dont chaque début d'image peut se poursuivre de deux façons selon que le rabat de la page est déplié ou non. Un album-plaisir pour les petits comme pour les grands, un livre d'art qui ne se prend pas au sérieux. Pas plus que son auteur, Josse Goffin, mieux connu comme graphiste via son affiche pour le Salon des vacances (l'oiseau surmontant une mappemonde). Le Bruxellois a été d'autant plus surpris par cette récompense qu'il ne s'intéresse que depuis peu au livre pour enfants.
- Comment êtes-vous venu à ce domaine de la littérature?
- Par hasard. Anne Baronian (ndlr: créatrice de Rainbow Graphics, une société faisant du livre clé sur porte et le vendant prêt à imprimer à des coéditeurs) m'a proposé de faire un livre pour enfants. Finalement, j'ai fait un livre et puis un deuxième et puis un troisième. Le premier a été "Noël sans parole" (neuf versions, la seule à texte publiée en français chez Centurion) qui a été un très grand succès.
- Vous faites aussi des affiches...
- Oui, des affiches, des couvertures de magazines, de livres, des génériques de télévision. Comme celui de l'émission "Autant savoir", qui montre une succession d'éléments qui se transforment.
- Comme "Oh!"?
- Exactement!
- Quelles sont vos autres activités?
- Je suis prof à La Cambre. Actuellement, je donne l'art de l'affiche, un cours que je veux avant tout de récréation créative.
- Avez-vous de nouveaux projets de livres pour enfants?
- Plein, dont un projet que je viens de présenter en Italie. Je dois faire du très bon boulot, surtout après le prix de Bologne.
- Quel est l'impact de ce prix?
- Je suis content de l'avoir eu mais je suis surtout content pour mon éditrice qui est une nouvelle indépendante.
- On retrouve les mêmes thèmes dans vos dessins, le poisson, la lune, le bateau, le canard...
- C'est vrai. J'ai une ménagerie à moi que je ne peux pas expliquer. Par périodes reviennent des éléments semblables.
- Quelle technique utilisez-vous?
- Plusieurs: du papier Canson vergé ("C'est qui le chef?" dont j'ai eu l'idée pendant la guerre du Golfe et qui est publié chez Centurion), du papier Kraft ("Oh!" et "Ah!"). Je dessine parfois sur du papier d'emballage que je découpe. Je travaille le crayon de couleur, le pastel, l'aquarelle. J'ai tout un choix de papiers dont je suis un grand amoureux. Il m'arrive même d'en ramasser dans les poubelles!
- Avez-vous des souvenirs de livres de votre propre enfance?
- De livres vraiment pour enfants, non. Je suis comme tout le monde, admirateur de Maurice Sendak, de Tomi Ungerer. Ce sont des graphistes, des créateurs qui se prennent une petite gâterie dans leur vie en travaillant pour les enfants. Pour moi, ils sont de grands communicateurs qui ont énormément de choses à dire, aux enfants ou aux adultes.
- Que pensez-vous de la production actuelle?
- "Plouf" de Philippe Corentin (l'école des loisirs, prix des critiques de la Communauté française de Belgique) est un livre superbe à mes yeux. Je suis plus attiré par des concepts nouveaux que par des histoires. C'est une déformation de graphiste.
- Comment le public réagit-il à "Oh!"?
- Je suis très surpris: autant d'adultes que d'enfants s'intéressent à ce livre. Ma plus grande satisfaction a été le fait suivant: quand «Oh!» est sorti, j'étais à Paris avec ma femme, dans une librairie de St-Germain; on a vu un couple de gens âgés s'asseoir sur l'escalier, regarder le "Oh!" et rigoler. Cela c'est le plus grand cadeau que l'on puisse me faire.
LUCIE CAUWE


Dans "Oh!", une tasse devient un bateau. (c) RMN.

 D'autres documents graphiques sur le site de Josse Goffin (ici).


Vœux 2017. (c) Josse Goffin.

jeudi 3 novembre 2022

Les joies dessinées de Maxime Le Bon

LU & approuvé

Deux originaux de "Unlimited Joy".


Sans une ligne de texte à part le titre, les noms d'auteur et d'éditeur, "Unlimited Joy" est déjà le troisième livre (1) chez cet éditeur de l'artiste belge Maxime Le Bon (Surfaces utiles, 2021, 96 pages). Lors d'une présentation organisée par l'ADEB, l'artiste s'interroge avec humour: "Est-ce un livre d'artiste? Du dessin de presse? Du coloriage pour enfants?" Bien essayé! Belle esquive! Cela ressemble aux trois mais n'en est aucun. Maxime Le Bon a son style à lui, un trait simple dont on ne se méfie pas mais décoche de sa gracieuse esthétique des flèches bien acérées. 

Ses cibles? Nous évidemment, la société, ses travers, ses exagérations, le monde de l'art. Mais ses dénonciations sont burlesques, attachantes et réussies. Hantées par des cordes pour se pendre. Parfois frontales, comme une barque de réfugiés morts, plus souvent de biais, comme ce cygne qui porte une lettre à une boîte postale engloutie par les eaux ou cette tombe dont les fleurs ont été remplacées par un cornet de glace. Drôles aussi quand une paille plonge dans le verre à dentier ou qu'un ballon de foot s'invite sur un terrain de golf. Mélancoliques quand des chaises roulantes remplacent les chevaux d'un manège de foire foraine ou qu'un pied dessine une main. Près d'une centaine de dessins sont réunis dans cet album cartonné et toilé de belle facture qui fait sourire et réfléchir.


(1) "Very Bad Drawings" (2019) a ouvert la ligne expérimentée encore dans "Unlimited Hoy".
 "What's Left Over From the Works of Le Bon" (2017) était une compilation de restes de dessins sur des restes de papier.



vendredi 12 août 2022

La triste nouvelle du décès de Sempé



La nouvelle est tombée hier soir, à l'heure où on rentre chez soi après avoir tenté quelques pas à la fraîche. Dessinateur de génie, Jean-Jacques Sempé est décédé le 11 août, à quelques jours de son 90e anniversaire. Il était né le 17 août 1932 à Pessac, près de Bordeaux. "Le dessinateur d'humour Jean-Jacques Sempé est décédé paisiblement ce jeudi soir, 11 août (2022), dans sa 89e année (NDLR: erreur d'un an), dans sa résidence de vacances, entouré de sa femme et de ses amis proches", a indiqué à l'AFP Marc Lecarpentier, son biographe et ami.
Sempé avait épousé en 2017 Martine Gossieaux, sa galeriste et agent. De son premier mariage avec la peintre Christine Courtois, il a eu un fils, Jean-Nicolas Joël (1956-2020). De sa deuxième épouse, l'illustratrice Mette Ivers, il a eu une fille, la designer Inga Sempé née en 1968.
Sempé dessinant le Petit Nicolas.
Sempé
, c'est bien sûr le Petit Nicolas, né en 1960, scénarisé par René Goscinny (1926-1977), qui a fait rire et sourire des générations d'enfants et de parents. Un humour tendre et rebelle. Des situations qui, soixante ans plus tard, fonctionnent toujours aussi bien. L'univers enchanteur d'une enfance heureuse, tout le contraire de celle du dessinateur, enfant battu et malheureux. Se rappelle-ton que le petit Nicolas fut découvert par l'éditeur alors chez Denoël Alex Grall, lors de ses vacances en Gascogne? Le Petit Nicolas naît dans le journal Sud-Ouest, il passera par le magazine "Pilote". Il y restera jusqu'en 1965. Les livres seront publiés par Denoël, en poche au Livre de Poche pour le premier, puis en Gallimard-Folio. Dans les années 2000, ce sont les éditions IMAV (ici) qui se chargeront des nouvelles publications.



Les titres historiques
  • "Le Petit Nicolas" - 1960
  • "Les Récrés du petit Nicolas" - 1961
  • "Les Vacances du petit Nicolas" - 1962
  • "Le Petit Nicolas et les Copains" - 1963
  • "Joachim a des ennuis" - 1964 (réédité ensuite sous le titre "Le Petit Nicolas a des ennuis")

Dans les années 2000
Des recueils d'histoires inédites paraissent, à l'idée de Anne Goscinny (son père, René Goscinny, est mort en 1977). Malgré les dessins délicieux, on comprend souvent pourquoi ces histoires sont restées dans les tiroirs. "La rentrée du Petit Nicolas", "Les bêtises du Petit Nicolas", "Le Petit Nicolas et ses voisins", "Le Petit Nicolas voyage", "Les surprises du Petit Nicolas", "Le Petit Nicolas, c'est Noël!", "Le Petit Nicolas s'amuse", "Les bagarres du Petit Nicolas" et d'autres paraissent en deux volumes.
  • "Histoires inédites du petit Nicolas" - IMAV, 2004
  • "Histoires inédites du petit Nicolas", volume 2 - IMAV, 2006
Un troisième recueil paraît pour les cinquante ans du héros, avec des dessins en couleur, "Le Petit Nicolas, Le ballon et autres histoires inédites" (IMAV, 2009). En 2017, sort "Le Petit Nicolas - La bande dessinée originale" (lire ici). Depuis, de nombreux livres de merchandising.


Mais Sempé, c'est surtout ce trait, fragile et délicat, incomparable et inégalé. Ce trait qui saisit un moment, une situation, une attitude, un geste. Qui nous amuse et nous interroge. Humour ici, satire là. Des brins de mélancolie et des explosions de bonheur. Un monde familier et intemporel.




Combien de feuilles de papier le dessinateur a-t-il noircies? Des milliers et des milliers. Depuis 1962, il publie aux éditions Denoël un album par an (la plupart en poche chez Folio). Il en fera quarante. Des titres exquis dont la lecture rappelle plein de souvenirs. En voici quelques-uns.
  • "Rien n'est simple" (1962)
  • "Tout se complique" (1963)
  • "Sauve qui peut" (1964)
  • "Monsieur Lambert" (1965)
  • "La Grande Panique" (1966)
  • "Saint Tropez" (1968) et (1975)
  • "L'Information consommation" (1969)
  • "Marcellin Caillou" (1969)
  • "Des hauts et des bas" (1970)
  • "Face à face" (1972)
  • "Bonjour bonsoir" (1974)
  • "L'Ascension sociale de Monsieur Lambert" (1975)
  • "Simple question d'équilibre" (1977)
  • "Un léger décalage" (1977)
  • "Les Musiciens" (1979)
  • "Comme par hasard" (1981)
  • "De bon matin" (1983)
  • "Vaguement compétitif" (1985)
  • "Luxe, calme et volupté" (1987)
  • "Par avion" (1989)
  • "Vacances" (1990)
  • "Âmes sœurs" (1991)
  • "Insondables mystères" (1993)
  • "Raoul Taburin" (1995)
  • "Grands rêves" (1997)
  • "Beau temps" (1999)
  • "Multiples intentions" (2003)
  • "Sentiments distingués" (2007)

Sans oublier les recueils de dessins, les "Quelques...", toujours chez Denoël
  • "Quelques manifestants" (1983)
  • "Quelques enfants" (1983)
  • "Quelques jours de congé" (1984)
  • "Quelques artistes et gens de lettres" (1984 )
  • "Quelques vices impunis" (986 )
  • "Quelques romantiques" (1986)
  • "Quelques représentations" (1987)
  • "Quelques concerts" (1987)
  • "Quelques citadins" (1989 
  • "Quelques campagnards" (1989)
  • "Quelques sentiments de culpabilité" (1991)
  • "Quelques meneurs d'hommes" (1991)
  • "Quelques forces obscures" (1994)
  • "Quelques mystiques" (1998)
  • "Quelques philosophes" (2002)

A partir de 2004, le nom de la galeriste Martine Gossieaux apparaît sur les livres, en solo ou en association avec un autre éditeur. Quelques titres notoires.
  • "Un peu de la France" (Gallimard, 2005)
  • "Portrait de mes amis", avec Philippe Caubet (Editions Martine Gossieaux, 2006)
  • "Sempé à New York" (éditions Denoël et Martine Gossieaux, 2009)
  • "Saint-Tropez forever" (éditions Martine Gossieaux, 2010)
  • "Enfances", entretien avec Marc Lecarpentier (éditions Denoël et Martine Gossieaux, 2011)
  • "Sempé, un peu de Paris et d'ailleurs" (éditions Martine Gossieaux, 2011)
  • "Bourrasques et accalmies" (éditions Denoël et Martine Gossieaux, 2013)
  • "C'est la vie! The wonderful world of Sempé" (Phaidon Press, traduction Anthea Bell, 2014)
  • "Sincères Amitiés" (éditions Denoël et Martine Gossieaux, 2015)
  • "Musiques" (éditions Denoël et Martine Gossieaux, 2017)
  • "Sempé: Itinéraire d'un dessinateur d'humour" (éditions Martine Gossieaux, 2019)
  • "Garder le cap" (éditions Denoël et Martine Gossieaux, 2020)
  • "Un combat", avec Patrick Süskind (Denoël et Fayard, 2021)
  • "Carnets de bord (préface de Patrick Modiano, Les cahiers dessinés, 2021)



Question livres on n'oubliera pas non plus les fantastiques
  • "Catherine Certitude", avec Patrick Modiano (Gallimard, 1988, lire ici)
  • "L'Histoire de Monsieur Sommer", avec Patrick Süskind, éditions Gallimard, 1991
  • ainsi qu'une version illustrée d'"Alice au pays des merveilles", suivi de "De l'autre côté du miroir", de Lewis Carroll (traduit de l'anglais par André Bay, éditions Club du Libraire, 1961).



En 1978, Sempé fait sa première couverture pour le magazine américain "The New Yorker". Il en fera plus de 110. Un record! L'anecdote étant qu'il ne visitera la Grosse Pomme qu'il a si bien dessinée qu'à près de cinquante ans.




Son dernier dessin dans "Paris-Match" avec une légende qui interroge, "Pense à ne pas m'oublier".

Dernier dessin publié dans "Paris-Match".

Quelques hommages

Benjamin Chaud.

Catel.

Pauline Roland.

Gabrielle Balsan.

Joëlle Jolivet.



lundi 16 mai 2022

Glen Baxter, une vie d'artiste

"Pour une raison inconnue, il semblait préférer
les premiers ouvrages d'Agatha Christie."
(c) Glen Baxter/La Pierre d'Alun.

Glen Baxter, mon idole, est à Bruxelles. "Ce lundi 16 mai et sûrement mardi", précise Jean Marchetti qui expose toute une série de dessins récents du génial illustrateur britannique moustachu aux cimaises de son Salon d'Art. Des œuvres plus surréalistes qu'absurdes, ironiques, poétiques parfois, toujours non-sense, qui enchantent le regard, font sourire, rire et réfléchir. C'est notre monde en général et celui de l'art en particulier qu'interrogent avec un flegme total les cowboys et les autres personnages en civil de celui qui est né près de Leeds le 4 mars 1944. On regarde le dessin, splendidement composé, on lit la légende assez ordinaire créant un formidable rapport texte-image et on savoure. C'est là que réside le génie de Glen Baxter, dans cette façon "air de rien" qui en dit beaucoup, dans ces traits, ces couleurs et ce lettrage reconnaissables entre tous.

Premier jour à l'école d'art, rude journée au bureau, récital avec un violon sans cordes, espace fumeur d'une auberge, statues de Giacometti à l'horizon..., l'artiste nous enchante et on en redemande.

"Je propose que nous commencions par les impressionnistes
et ensuite que nous passions aux Rothko..."
(c) Glen Baxter/La Pierre d'Alun.



On retrouve les dessins exposés dans le délicieux petit livre "La vie d'artiste", le 40e de la collection (La Pierre d'Alun, collection "La Petite Pierre", reliure spirale, 64 pages), illustré bien entendu par Glen Baxter mais aussi introduit par un texte enchanteur où l'artiste raconte, en français et en anglais, ses débuts de dessinateur, de son enfance à sa première reconnaissance, en 1974, par Harry Matthews, membre de l'Oulipo, en passant par ses cinq années en école d'art. On y apprend notamment qu'il était "déjà un surréaliste à l'âge de 16 ans".

L'exposition "La vie d'artiste" se tient au Salon d'Art (81 rue de l'Hôtel des Monnaies,  1060 Bruxelles) jusqu'au 16 juillet, du mardi au vendredi de 14 à 18h30, le samedi de 10 à 12 heures et de 14 à 17 heures. Foncez!

mardi 21 avril 2020

Coronadessiner sur les fenêtres à Gand

Temps de lire, de relire, de découvrir, de se souvenir, de faire fondre sa PAL,
pour les petits et pour les grands #confinothèque20

Temps de dessiner aussi dans ce cas. Et de regarder.

Kristien Aertssen pour son petit-fils.

Géniale initiative que celle de Hanne Deceuninck, une jeune Gantoise qui a invité une vingtaine de ses amis artistes confinés à dessiner sur leurs fenêtres à front de rue afin de rendre la quarantaine Corona de tous un peu plus réjouissante. "Une action pour se surprendre dans cette période bizarre, émouvante, exceptionnelle", note-t-elle.

Le projet fait tache d'huile et toute une série de dessins ont déjà été réalisés. Joyeux, sensibles, vivants surtout!

Quelle superbe idée que cette performance artistique gantoise. Non seulement, cela donne une autre dégaine aux fenêtres de la ville mais en plus, ce peut être une expérience personnelle pour les artistes. Ainsi l'illustratrice jeunesse Kristien Aertssen (lire ici) a décoré les fenêtres de la maison où habite son petit-fils qu'elle ne peut plus prendre dans ses bras à cause du confinement. D'autres ont crayonné leurs propres carreaux, au rez-de-chaussée ou aux étages. D'autres encore les vitrines d'un café ou d'un lieu où ils ont leurs habitudes. Autant d'initiatives réjouissantes.

@Quarantekening.

Le projet s'intitule Quarantekening, la langue flamande permettant le jeu de mot entre "quarantaine" et "tekening" (dessiner). Il est ouvert à tous moyennant quelques consignes.

  1. Créer un dessin de fenêtre et y mentionner @quarantekening
  2. En partager une photo sur Instagram ou Facebook
  3. Identifier @quarantekening et mentionner #quarandrawing et la rue dans la publication

Quelques exemples.


Au travail, à Eeklo.
Eeklo, dessin fini.



Au travail, à Gand.
Gand, travail fini.















Gand.


Plus d'infos sur la page Facebook (ici) et le compte Instagram (ici) de Quaranteking.
Ou par un mail à quarantekening@gmail.com.

En plus, une carte (ici) permet de retrouver les fenêtres dessinées.

Et si cette formidable expérience faisait des petits dans d'autres villes?