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samedi 23 novembre 2024

Marie Mirgaine remporte le Grand prix de l'Illustration jeunesse 2024 de Moulins

On le savait depuis pas mal de temps, mais le MIJ, le Musée de l'Illustration Jeunesse de Moulins, vient seulement de l'annoncer officiellement sur Instagram. Voici donc le texte que j'avais écrit à ce sujet début octobre.

"Petit Biscuit" dessiné par Marie Mirgaine.

Hasard ou autre chose? Depuis plusieurs jours, l'album "Petit Biscuit" (texte de Karen Hottois, Albin Michel Jeunesse, 2023) attirait mon regard depuis la boîte où il attendait d'être rangé dans la bibliothèque. Et j'apprends que son illustratrice, Marie Mirgaine, vient de recevoir le Grand prix de l'illustration de Moulins 2024! Un prix qui récompense chaque année depuis 2008 un.e illustrateur.trice pour l'originalité de son travail. Son album a été choisi parmi les vingt-trois ouvrages finalistes de cette édition 2024 - 103 livres pour enfants avaient été adressés par les éditeurs au comité de présélection qui avait transmis sa liste au jury constitué de personnalités du monde de la littérature jeunesse. Le prix lui a été remis le 17 octobre au MIJ de Moulins. 

"Petit Biscuit" est un conte de Noël poétique extrêmement charmant (lire ici). Voici ce qu'en a écrit Marie Mirgaine sur Instagram: "Bonnes ou mauvaises, des histoires, j'en ai plein la tête. Elles s'empilent, s'entremêlent, jaillissent et bien souvent, prennent la poussière. Mais malgré le bazar et la surcharge, c'est avec évidence que le texte de Karen Hottois a pris sa place. C'est dans un petit coin bien au chaud que s'est calé un terrier enneigé et l'ours qui vit blotti dedans. On a passé pas mal de temps ensemble et aujourd'hui avant de le laisser continuer sa vie, je vous en dis quelques mots.
Petit Biscuit est un ours qui fait des fautes d’orthographe (comme moi). Et comme moi, il ne se décourage pas à écrire ses espoirs sur un bout de papier: c’est l'heure de la lettre au père Noël. Un peu plus tard dans cette histoire, un ver de terre vient toquer à sa porte. C'est un secrétaire particulier, lunettes rondes et sacoche pleine, qui est drôle, attachant et parfaitement inefficace. Enfin, dans une pincée de poudre pailletée, apparaît la créature la plus douce au monde, que je vous laisserai découvrir. Trois personnages faits pour se rencontrer et passer l'hiver ensemble. Ce texte doux délicat et drôle nous fait basculer du géant au minuscule, de la solitude à l'entraide et du paysage enneigé au foyer chaleureux. J'ai tenté le mieux possible d'enrober les mots de Karen de mes images, sans en abîmer la magie. Permettez-moi de vous présenter "Petit Biscuit", il est sorti le 2 Nov chez Albin Michel Jeunesse, j’espère qu'il vous plaira. Et pour finir, j'emprunterai les mots de l'autrice, en disant que "Petit Biscuit" est un album "… qui réchauffe le nez et les orteils.""

On se rappellera que Marie Mirgaine est aussi la créatrice de l'album "Kiki en promenade" (Les Fourmis Rouges, 2019, lire ici), qui obtint une mention "Opera prima" à la Foire de Bologne 2020.

 

 

 

Une mention spéciale a aussi été décernée au très bel album sans texte "Ö", de Raul Guridi (Cotcotcot Éditions, 52 pages 2023). A travers un ours qui refuse d'hiberner, l'auteur-illustrateur Guridi aborde le réchauffement climatique, la pollution, ainsi que les questions d'identité. Un album dont la sobriété graphique accentue la force du propos.

 

Ö ira de découverte en découverte. (c) Cotcotcot Éditions).

 

Les lauréats précédents du Grand prix
  • 2023 Laura Bellini pour "Encore un jeudi" (L'atelier du poisson soluble)
  • 2022 Isabelle Simler pour "Les idées sont de drôles de bestioles" (Éditions Courtes et longues, lire ici)
  • 2021 Joanna Concejo pour "Sénégal" (L'atelier du poisson soluble)
  • 2020 Loren Capelli pour "Cap !" (Editions Courtes et longues)
  • 2019 Rebecca Dautremer pour "Les riches heures de Jacominus Gainsborough" (Sarbacane, lire ici)
  • 2018 Pauline Kalioujny pour "Promenons-nous dans les bois" (lire ici)
  • 2017 Beatrice Alemagna pour "Un grand jour de rien" (lire ici)
  • 2016 Emmanuelle Houdart pour "Ma mère" (lire ici)
  • 2015 Michel Galvin (lire ici)
  • 2014 Delphine Jacquot (lire ici)
  • 2013 May Angeli (lire ici)
  • 2012 Jean-François Martin
  • 2011 Zaü
  • 2010 Régis Lejonc
  • 2009 Anne Herbauts
  • 2008 Juliette Binet


jeudi 20 octobre 2022

Isabelle Simler remporte le Grand prix de l'Illustration jeunesse 2022 à Moulins



Décerné annuellement depuis 2008 à Moulins (Allier), le Grand prix de l'illustration jeunesse  récompense un illustrateur ou une illustratrice pour un album jeunesse. Le plus souvent une illustratrice, à voir le palmarès. Cette année, 70 ouvrages ont été proposés à l'estimée récompense, plus que l'an dernier mais moins qu'avant le covid. Le comité de présélection en a retenu 18. A l'issue de trois tours de scrutin, le jury a finalement désigné  Isabelle Simler comme lauréate 2022 pour son album "Les idées sont de drôles de bestioles" (Éditions Courtes et longues, août 2021), qui lui a été inspiré par des rencontres scolaires.

Selon le jury, l'album lauréat est un ouvrage conceptuel qui fait bouger les lignes de la littérature jeunesse. Le livre interroge: "Mais comment viennent les idées?", "Est-ce que tu n'es jamais à court d'idées?", "C'est quoi une idée?" En spectateur discret, le lecteur suit le fil d'une pensée... Un sujet original au traitement graphique atypique.
Diplômée des Arts décoratifs de Strasbourg, la lauréate 2022 est à la fois auteure et illustratrice. Edités principalement aux Editions Courtes et Longues, mais aussi chez Nathan et à La Martinière Jeunesse, ses ouvrages sont traduits dans plus d'une dizaine de langues.
Dans l'album primé, "Les idées sont de drôles de bestioles", Isabelle Simler prend ses crayons de couleurs pour illustrer, à sa manière, et expliquer aux enfants les chemins que prennent nos pensées. En créant des analogies avec des animaux familiers, elle invente un univers où les idées vivent et évoluent sous nos yeux. Poisson d'argent, silhouette de gazelle élancée ou lièvre prêt à bondir, les idées s'échappent comme des anguilles, émergent comme des têtards, surgissent la nuit comme la biche puis se volatilisent dans la nature. Le narrateur/lecteur suit ainsi le fil de la pensée en train de se faire et décrit la naissance d'une idée. Entre le monde intérieur et l'extérieur, l'idée se balade, joue, se perd et reparaît au moment où l'on s'y attend le moins. Elle connecte le narrateur à son environnement mais peut aussi l'emmener dans un univers fantaisiste et inventé. 

Quelques pages de l'album élu. (c) Editions Courtes et Longues.

Rappelons qu'Isabelle Simler avait figuré en 2017 dans la liste des "Best Illustrated Children's Books" du New York Times (lire ici).




Deux autres albums ont été remarqués par le jury du Grand prix de l'illustration: "Petites nouvelles de la révolution", d'Alex Cousseau et Henri Meunier (Sarbacane) et "Le phare", de Guridi (Petit Poulpe).


Les lauréats précédents du Grand prix
  • 2021 Joanna Concejo pour "Sénégal" (L'atelier du poisson soluble)
  • 2020 Loren Capelli pour "Cap !" (Editions Courtes et longues)
  • 2019 Rebecca Dautremer pour "Les riches heures de Jacominus Gainsborough" (Sarbacane, lire ici)
  • 2018 Pauline Kalioujny pour "Promenons-nous dans les bois" (lire ici)
  • 2017 Beatrice Alemagna pour "Un grand jour de rien" (lire ici)
  • 2016 Emmanuelle Houdart pour "Ma mère" (lire ici)
  • 2015 Michel Galvin (lire ici)
  • 2014 Delphine Jacquot (lire ici)
  • 2013 May Angeli (lire ici)
  • 2012 Jean-François Martin
  • 2011 Zaü
  • 2010 Régis Lejonc
  • 2009 Anne Herbauts
  • 2008 Juliette Binet



jeudi 4 juillet 2019

Les très riches heures de Rébecca Dautremer, lauréate du Grand prix de l'illustration de Moulins

Rébecca Dautremer.

L'excellent album de Rébecca Dautremer, "Les riches heures de Jacominus Gainsborough" (Sarbacane, octobre 2018), son dernier en date avant un nouveau à paraître en octobre, vaut à l'auteure-illustratrice française de recevoir le douzième Grand prix de l'illustration de Moulins. Décerné par le Musée de l'Illustration de Moulins (MIJ) et doté de 3.000 euros, il lui sera remis le 26 septembre, à l'ouverture de la 5e Biennale des illustrateurs, organisée par les Malcoiffés (jusqu'au 6 octobre, journées professionnelles les 27 et 28 septembre).

Avec son grand format presque carré (29 x 33 cm), cet album très british s'adresse au public des enfants à partir de 5 ans et aussi à celui des adultes, comme l'indique l'auteure-illustratrice en avant-propos. Rébecca Dautremer y explique aussi son propos et le choix de son titre, les "riches heures" étant, écrit-elle, "une façon poétique et raffinée de parler de la vie de quelqu'un", le terme "raffiné", précise-t-elle, étant d'employer "des mots compliqués pour dire quelque chose de simple, comme la vie."


Jacominus enfant. (c) Sarbacane.

En route donc pour suivre la vie Jacominus Gainsborough, un petit lapin à courtes oreilles et patte un peu folle suite à un accident d'enfance, chéri de sa grand-mère Beatrix, une vieille dame aussi bavarde que lui est taiseux, philosophe quand lui se révèle rêveur, bilingue quand lui peine sur les leçons d'anglais. On le découvre tout petit-petit et on l'accompagnera jusqu'à son dernier sommeil dans une suite de paires de doubles pages, un très large tableau étant suivi de pêle-mêle d'images ou de récits biographiques délicieusement racontés et illustrés d'un portrait de Jacominus à l'âge raconté.

Naissance. (c) Sarbacane.

Inspirées de tableaux célèbres, douze larges scènes nous font avancer dans le temps, au fil des saisons, et à travers l'existence du petit lapin, de sa famille et de ses proches. Une existence composée de petits riens, de joies, de peines, de doutes, d'épreuves et de grands moments en compagnie de ses fidèles amis Policarpe, César, Agathon, Byron et de sa compagne Douce, rencontrée dès l'enfance. Une existence faite de questions qui tendent sans rien en dire vers la philosophie. Une vie qui valait rudement la peine d'être vécue, selon la conclusion de Jacominus. Pas de tristesse en finale mais le décompte joyeux de tout ce qui a composé et pimenté ses riches heures.

L'école. (c) Sarbacane.

Les tableaux en largeur sont somptueux par leur conception, leurs gammes chromatiques et la variété de la trentaine de personnages (les esquisses de deux d'entre eux les présentent en pages de garde). On apprécie aussi la richesse des détails de ces illustrations aux animaux anthropomorphisés, rendant ici hommage à des lapins célèbres, ceux de Beatrix Potter ou de Benjamin Rabier, conjurant le Black Night (le Chevalier noir), clignant de l’œil à des peintres célèbres. Un souci infini du détail et un art de la composition qui enchantent le regard et titillent l'imagination. Ce travail de toute beauté est entrecoupé de trois pêle-mêle thématiques et d'une dizaine de portraits du héros à différents âges.

Polyglotte voyageur. (c) Sarbacane.


On suit avec beaucoup de plaisir les "Riches heures de Jacominus Gainsborough", itinéraire de vie dans le respect des différences de chacun dont les épisodes s'enfilent comme autant de perles à un collier.

Enfin, la galerie Robillard annonce avec fierté, et elle a raison, que les illustrations originales du dernier album de Rébecca Dautremer, "Les riches heures de Jacominus Gainsborough" (Sarbacane), sont enfin disponibles à la location.
L'exposition regroupe les gouaches grand format de huit des scènes principales ("L'école", "Le bateau", "Le rêve"...), ainsi que des crayonnés et des esquisses qui retracent les prémices du projet. Des objets scénographiques conçus par l'artiste elle-même complètent le tout.
Infos supplémentaires ici.


Les lauréats précédents du Grand prix
  • 2018 Pauline Kalioujny pour "Promenons-nous dans les bois" (lire ici)
  • 2017 Beatrice Alemagna pour "Un grand jour de rien" (lire ici)
  • 2016 Emmanuelle Houdart pour "Ma mère" (lire ici)
  • 2015 Michel Galvin (lire ici)
  • 2014 Delphine Jacquot (lire ici)
  • 2013 May Angeli (lire ici)
  • 2012 Jean-François Martin
  • 2011 Zaü
  • 2010 Régis Lejonc
  • 2009 Anne Herbauts
  • 2008 Juliette Binet


Les riches heures de Rébecca Dautremer

Rébecca Dautremer.
Née à Gap le 20 août 1971 et diplômée des Arts déco de Paris, Rébecca Dautremer débute en jeunesse en 1995 en illustrant pour les Deux coqs d'or "L'enfant espion" d'Alphonse Daudet. L'année suivante, elle passe avec "La Chèvre aux loups" de Maurice Genevoix chez Gautier-Languereau qui deviendra son éditeur principal. Son goût pour la photographie lui inspire le cadrage, la composition, les couleurs et la lumière de ses illustrations. Les albums se succèdent à bon rythme chez différents éditeurs, contes ou histoires de vie. L'artiste affine son style qui devient vite caractéristique, ample, coloré, hyperréaliste, d'une grande douceur tout en étant extrêmement détaillé. Sa bibliographie comporte aujourd'hui une quarantaine de titres dont certains ont été très remarqués.

"Le Géant aux oiseaux" (Ghislaine Biondi, Gautier-Languereau, 2001).
"L'amoureux" (Gautier-Languereau, 2003), prix Sorcières "Album".
"Le loup de la 135e" (texte de Rébecca Dautremer, illustrations d'Arthur Lebœuf (Seuil Jeunesse, 2008), une variation sur le thème du petit chaperon rouge déplacée dans le New York des années 50.
"Princesses oubliées ou inconnues" (texte de Philippe Lechermeier, Gautier-Languereau, 2009), immense succès à déclinaisons multiples.
"Kerity, La maison des contes" (Flammarion, 2009) qui deviendra aussi un film.
"Alice au pays des merveilles" (Lewis Carroll, texte adapté par Sophie Koechlin, Gautier-Languereau, 2010).
Le petit théâtre de Rébecca" (Gautier-Languereau, 208 pages, 2012), épais album au spectaculaire jeu de découpes! Chaque page présente un personnage qui surgit du papier et se pose sur un décor que composent les pages suivantes, savamment découpées. Un petit théâtre qui invite près de cent personnages venus des précédents albums.
"Le Bois dormait" (Sarbacane, 2016), aussi inspiré par un conte chez un nouvel éditeur où paraîtra deux ans plus tard "Les riches heures de Jacominus Gainsborough".



































jeudi 14 juin 2018

Pauline Kalioujny est la lauréate 2018 du Grand prix de l'illustration de Moulins

Pauline Kalioujny.

Promenons-nous à Moulins. Nous y rencontrerons peut-être Pauline Kalioujny qui vient d'être proclamée à l'unanimité du jury Grand prix de l'illustration 2018 pour son album "Promenons-nous dans les bois" (Editions Thierry Magnier, 56 pages, 2017). La jeune femme s'y trouvait en septembre dernier lors de la quatrième édition de la Biennale des illustrateurs (lire ici) pour une exposition aux Imprimeries réunies des originaux de cet album. Elle y retournera le 5 juillet pour recevoir son prix au MIJ (Musée de l'illustration jeunesse) et en vernir la nouvelle exposition, "C'est pas du jeu!" Le jury de Moulins a été séduit par ces images issues d'un travail de gravure, par la force d'expressivité des visages et par le jeu sur trois couleurs d’éveil incroyables.

Il s'agit de la deuxième récompense pour ce livre-objet, un leporello qui se déploie sur cinq mètres. Il avait reçu en janvier le prix Pitchou 2018, à la Fête du Livre Jeunesse de Saint-Paul-Trois-Châteaux.

"Promenons-nous dans les bois" se déplie. (c) Pauline Kalioujny.

Avec ses teintes chaudes de rouge et d'orange faisant bien ressortir la large place du noir, l'album "Promenons-nous dans les bois" revisite évidemment la célèbre comptine enfantine. Il lui ajoute toutefois des surprises et aborde avec espièglerie le sujet préoccupant de la déforestation. On retrouve certes dans ce leporello (frise) de plus de cinq mètres le chaperon, les animaux et le loup, mais pas toujours dans les formules qu'on leur connaît.


(c) Ed. Thierry Magnier.

Le texte est celui de la version originelle, parfois légèrement complétée ("Je mets mes poils", "Je mets mes dents", "Je mets mes griffes").  Pauline Kalioujny lui joint des illustrations, réalisées à la plume et à l'encre, qui envoient le lecteur dans une forêt vivante et fourmillante. Jusqu'à la chute où une enfant à califourchon sur un loup chasse les bûcherons venus couper les arbres de la forêt!

(c) Ed. Thierry Magnier.

La jeune artiste dit avoir eu besoin de "plusieurs mètres de papier aquarelle pour illustrer les pérégrinations d'un chaperon dans une forêt de petits traits à l'encre noire, grouillante d'animaux, de lutins, et de surprises parfois plus inquiétantes que ce bon vieux Loup…."


En cours de travail.


Les lauréats précédents du Grand prix
  • 2017 Beatrice Alemagna pour "Un grand jour de rien" (lire ici)
  • 2016 Emmanuelle Houdart pour "Ma mère" (lire ici)
  • 2015 Michel Galvin (lire ici)
  • 2014 Delphine Jacquot (lire ici)
  • 2013 May Angeli (lire ici)
  • 2012 Jean-François Martin
  • 2011 Zaü
  • 2010 Régis Lejonc
  • 2009 Anne Herbauts
  • 2008 Juliette Binet