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vendredi 25 mai 2018

Lauréates et sélections du prix Farniente


Les deux lauréates du Prix Farniente 2018, prix littéraire organisé en Belgique s'adressant aux adolescents de 12 à 16 ans,  à peine connues, voici déjà les sélections pour la mouture 2019.



Les lauréates 2018


Prix Victor (13+)


Elia, la passeuse d'âmes, t. 1
Marie Vareille
PKJ, 2016
315 pages

Une société divisée en trois castes qui ne peuvent se mélanger et où la liberté individuelle est supprimée. Elia y est passeuse d'âmes. Sans émotion, elle doit éliminer les éléments devenus un poids pour la communauté: les vieux, les malades, les rebelles. Pourtant un jour son univers se fissure quand elle n'exécute pas un jeune révolté appartenant à la caste la plus vile. Ce geste l'entraînera dans une véritable descente aux enfers où toutes ses valeurs seront bouleversées et où seules, sa force morale et sa détermination à aller jusqu'au bout d'elle-même lui permettront de survivre.

Prix Evasion (15+)

Le sel de nos larmes
Ruta Sepetys
traduit de l'anglais par Bee Formentelli
Gallimard Jeunesse
Scripto, 496 pages, 2016
Pôle fiction,  2018

Hiver 1945. Alors que l'armée soviétique progresse à l'Est, des milliers de réfugiés tentent de rejoindre l'Ouest de l'Allemagne. Parmi ces réfugiés, quatre adolescents de quatre pays différents, chacun hanté par sa propre guerre. Tous désirent embarquer sur le navire W. Gustloff, promesse de liberté. Tous auront à affronter le froid, la faim, les bombes. Une terrible tragédie maritime mais aussi une histoire d'amour.


Les sélections 2019


Catégorie 13 ans et +



Inséparables
Sarah Crossan
traduit de l'anglais par Clémentine Beauvais
Rageot, 2017
416 pages

Grace et Tippi. Tippi et Grace. Deux sœurs siamoises, deux ados inséparables, entrent au lycée pour la première fois. Comme toujours, elles se soutiennent face à l'intolérance, la peur, la pitié. Et, envers et contre tout, elles vivent! Mais lorsque Grace tombe amoureuse, son monde vacille. Pourra-t-elle jamais avoir une vie qui n'appartienne qu'à elle?


Tous les oiseaux savent
Claire Mazard
Oskar, 2017
180 pages

​Extrait: "Une roucoulade à présent. Elle s'éternise, puis s'arrête, reprend. Un rossignol philomèle? Un merle noir? Cet oiseau, je le sais, chante pour moi. Comme tous les oiseaux du jardin. Youyous, cacatoès, perruches... Tous savent que j'aimerais être dehors avec eux. Ils déplorent mon emprisonnement. Ils m'appellent. Emmy! Viens avec nous, petite Emmy!"


Flora Banks
Emily Barr
traduit de l'anglais par Julie Sibony
Casterman, 2017
370 pages

Flora, 17 ans, souffre d'amnésie depuis l'opération qu'elle a subie à l'âge de dix ans. Elle n'a aucune mémoire à court terme. Après deux ou trois heures, elle oublie tout et, pour se souvenir, doit sans cesse relire son cahier, ses nombreux post-it et même son bras où tout ce qui important est noté. Mais le jour où Drake l'embrasse, tout bascule car elle se souvient! Elle va alors tout tenter pour retrouver ce garçon, jusqu'à partir seule pour le rejoindre au Spitzberg.


Pax et le petit soldat
Sarah Pennypacker
traduit de l'anglais par Faustina Fiore
illustré par John Klassen
Gallimard Jeunesse, 2017
312 pages
Prix Sorcières 2018 en catégorie carrément passionnant mini

La guerre est imminente. Lorsque le père de Peter s'engage dans l'armée, il oblige son fils à abandonner Pax, le renard qu'il a élevé depuis le plus jeune âge et envoie le garçon vivre chez son grand-père à cinq cent kilomètres de là. Mais Peter s'enfuit à la recherche de son renard. Pendant ce temps, Pax affronte seul les dangers d'une nature sauvage et se trouve confronté à ceux de son espèce. Un garçon et son renard que la vie sépare, l'histoire d'une indéfectible amitié.


L'effet ricochet
Nadia Coste
Seuil Jeunesse, 2017
312 pages

Dans un futur proche, le clonage est devenu le seul mode de reproduction possible. Mais derrière cette procédure banale se cache un secret qui pourrait menacer la vie de Malou... Le jour où sa petite sœur se casse le bras, Malou, 16 ans, réalise qu'elle, ses sœurs et leur mère ont connu les mêmes accidents et les mêmes problèmes de santé, exactement aux mêmes âges. Ça ne peut pas être une coïncidence...  Malou découvre qu'il s'agit de "Ricochets", une anomalie qui condamne certaines lignées de clones à subir les mêmes maladies et accidents. Et Malou et ses sœurs doivent se préparer à bien plus qu'un bras cassé: leur mère a sombré dans la folie à l'âge de trente ans... Malou parviendra-elle à trouver le remède aux Ricochets?


Catégorie 15 ans et +



L'aube sera grandiose
Anne-Laure Bondoux
Gallimard Jeunesse, 2017
297 pages
Prix Vendredi 2017
lire ici

​Prenante épopée familiale sur trois générations.


La noirceur des couleurs
Martin Blasco
traduit de l'espagnol (Argentine) par Sophie Hofnung
l'école des loisirs, 2017
256 pages

Buenos Aires, 1885. Cinq bébés sont enlevés dans un quartier immigré de la ville. Buenos Aires 1910. Une jeune femme réapparaît au domicile de ses parents d'où elle avait été enlevée vingt-cinq ans plus tôt. Elle est amnésique. Ses parents contactent un journaliste, Alejandro, qui va se pencher sur le mystère de cette incroyable disparition et découvrir une histoire aussi sombre qu’inattendue! Un thriller où alternent l'enquête du journaliste et le journal du savant ayant opéré ce projet expérimental monstrueux.


Je suis ton soleil
Marie Pavlenko
Flammarion Jeunesse, 2017
466 pages

Déborah entre en terminale et doit se préparer pour le bac. Mais des nuages lui cachent le soleil: elle n'est plus dans la même classe que son amie Eloïse, ses parents se séparent et sa mère déprime! Heureusement, Déborah se lie d'amitié avec Jamal, sa  mygale Gertrude, et le beau Victor!


Toute la beauté du monde n'a pas disparu
Danielle Younge-Ullman
traduit de l'anglais par Laetitia Devaux
Gallimard Jeunesse
Scripto, 2017
369 pages
Ingrid ne comprend pas ce qu'elle fait dans ce trek au beau milieu de la nature la plus sauvage. Sac au dos, dans la chaleur et les moustiques, elle tente de faire face. Aux conditions extrêmes, aux adolescents perturbés qui l'accompagnent, à son passé qui la rattrape. Comment sa mère adorée a-t-elle pu lui imposer cette épreuve? Jusqu'où lui faudra-t-il repousser ses limites? En pleine tourmente, Ingrid nous fait vivre l'aventure à laquelle rien ne l'a préparée, tout en nous dévoilant son passé et le drame qui l'a propulsée là. 


Jusqu'ici tout va bien
Gary D. Schmidt
traduit de l'anglais par Caroline Guilleminot
l'école des loisirs, 2017
368 pages

​Dans les années 60, Doug, jeune ado, déménage dans une petite ville insignifiante de l'état de New York, qu'il déteste aussitôt. Sa famille ne lui apporte aucun soutien, car entre un père faible et alcoolique, une mère découragée, un frère agressif, un autre frère gravement blessé au Vietnam, il ne peut compter que sur lui-même. Mais peu à peu, grâce à Lil, à un bibliothécaire qui l'initie au dessin avec ses planches d'oiseaux et avec l'aide des habitants, Doug pourra s'épanouir et "aller là où il veut aller".


Informations supplémentaires sur le prix Farniente ici.




vendredi 18 novembre 2016

Revoir Nathalie Sarraute grâce à Rolande Causse


Ce week-end se tient à Bruxelles dans les locaux de l'Hôtel de ville à la Grand-Place la deuxième édition du salon "Ecrire l'Histoire", dédié, on s'en doute, aux livres qui parlent d'Histoire (renseignements ici). Une centaine d'auteurs belges et français (romans, BD, jeunesse) seront présents le samedi et le dimanche de 14 à 18 heures. Au programme, rencontres, conférences, dédicaces, café littéraire... Entrée payante: 9 euros pour les deux jours.

Rolande Causse.
Parmi les invités, Rolande Causse, présente les deux jours en jeunesse et en vieillesse. Si je vous parle d'elle, c'est parce que cette auteure arbore de multiples casquettes, avec un net intérêt pour l'Histoire et pour la littérature de jeunesse - souvent, elle les rassemble. Elle est écrivaine pour adultes, écrivaine jeunesse, poète, essayiste, animatrice l'ateliers de lecture-écriture, enseignante.

Le nouveau livre de Rolande Causse est le passionnant essai littéraire "Conversations avec Nathalie Sarraute" (Seuil, 202 pages). Il apparaît différent des habituels livres d'histoire, traitant linéairement d'un personnage ou d'une époque. Car il s'intéresse à l'écrivaine Nathalie Sarraute, figure du Nouvau roman, par le biais des conversations qu'ont eues les deux femmes pendant quinze ans. En sort un patchwork aussi original que riche, fourmillant d'informations et de réflexions à glaner au fil des phrases.

De 1985 à 1999, Rolande Causse a en effet rendu régulièrement visite à Nathalie Sarraute (1900-1999). Incroyable comme ces deux qui ne se connaissaient pas se sont trouvées! Leurs conversations sont un magnifique témoignage. Ensemble, dans une relation qu'on voit se construire, se solidifier, elles abordent la littérature évidemment, l'œuvre de Nathalie Sarraute, l'écriture mais aussi la peinture, la grande passion de l'auteure de "Tropismes", le travail, les enfants, l'amour, les maris, l'engagement politique. La guerre bien entendu. L'itinéraire de Nathalie Sarraute se dévoile dans l'immense humanité de cette femme qu'on ne saurait réduire à ses livres. Les entretiens sont suivis de photos et de brefs textes puisés chez Nathalie Sarraute y faisant écho. Un livre formidable!


Par ailleurs, je l'ai dit, Rolande Causse sera aussi présente dans la partie jeunesse du salon. Elle a déjà beaucoup écrit pour la jeunesse, et fort bien. Rappelez-vous son bouleversant "Les enfants d'Izieu" paru au Seuil en 1989 où il est encore disponible en format numérique - paru ensuite en "Petit Point" et chez Syros, le livre papier est aujourd'hui disponible chez Oskar éditeur.

















C'est cette même maison qui publie les deux nouveautés jeunesse de Rolande Causse, "20 ans pour devenir Melson Mandela" et "20 ans pour devenir Martin Luther King" (Oskar éditeur, 72 pages chacun). Deux biographies écrites d'une belle plume vive pour découvrir l'enfance de ceux qui marqueront ensuite le monde. Bien entendu, si les années de jeunesse sont largement développées, les deux livres poursuivent ensuite en bref les bios de leurs héros. Avec finesse, l'auteure montre que ces géants ont d'abord été des enfants.









vendredi 14 octobre 2016

Marie Wabbes, lauréate du premier prix Unicef France de littérature de jeunesse

On n'est pas prophète dans son pays! On a beau le savoir depuis longtemps, cela se confirme régulièrement. Peut-être vous rappelez-vous qu'au printemps a été annoncée la création d'un Prix Unicef France de littérature de jeunesse. Soit trente livres choisis par 10 enfants et 10 adultes, répartis en trois catégories d'âge (0-6 ans, 6-8 ans et 8-11 ans), avec une thématique différente chaque année. Premier choix, pour 20016: la protection des enfants.

Marie Wabbes.
Hé bien, dans la catégorie des 0-6 ans, c'est notre Marie Wabbes nationale (lire ici) qui a été choisie par les jeunes jurés - tous les enfants de France avaient été invités à voter après inscription entre le 15 mai et le 15 septembre - pour son album "Petit Doux n'a pas peur" réédité cette année par De La Martinière Jeunesse qui l'avait courageusement publié en 1998 quand le sujet n'était pas encore à la mode.



Petit Doux est un ourson tout mignon. Il a un grand copain, Gros Loup, avec qui il joue beaucoup. Parfois, Gros Loup devient méchant. Les jeux ne sont plus tout à fait des jeux. L'ourson est malheureux. Où peut-il aller se plaindre quand Gros Loup menace de lui arracher les pattes ou de le manger cru? Petit Doux parvient à surmonter sa peur. Il raconte à tout le monde ce que Gros Loup lui a fait. Ce dernier est puni. Sur le thème délicat des abus dont sont victimes les enfants, Marie Wabbes livre un album sensible qui veut déculpabiliser les enfants. Leur dire qu'ils ont le droit de dire non. Qu'ils peuvent faire entendre leur voix, que les adultes n'ont pas tous les droits sur eux. Tout cela avec une extrême pudeur et d'une façon symbolique qui peut inciter un enfant en détresse à parler. Dès 4 ans.

Voici les dix albums qui avaient été sélectionnés pour les 0-6 ans.



En catégorie 6-8 ans, la lauréate est Murielle Szac pour "L'expulsion" (Editions Thierry Magnier, 2006.)

Des phrases courtes et sobres qui touchent pour dire la sale expérience vécue par Bintou, à savoir l'expulsion d'elle et de sa famille par des policiers du logement qu'ils occupaient depuis dix ans. C'était sans compter l'intervention de la maîtresse d'école...

Les dix livres proposés aux 6-8 ans étaient ceux-ci.




En catégorie 8-11 ans enfin, le lauréat est Roland Godel pour "J'ai osé dire non" (Oskar Editeur, 2016).

Le racket à l'école et les mécanismes qui permettent à des enfants d'y recourir: intimidation, mensonges, menaces violences de toutes sortes dont ils usent pour arriver à leur but.



Les dix livres sélectionnés pour les 8-11 ans étaient ceux-ci:



La remise des prix a eu lieu ce vendredi 14 octobre au Salon régional du Livre Jeunesse de Troyes.





mercredi 8 juin 2016

Plus de 51.000 enfants lecteurs au jury 2016 du Prix Bernard Versele!


42.338, 47.426, 51.026, voilà le nombre d'enfants qui ont voté au Prix Bernard Versele de la Ligue des Familles respectivement en 2014 (année des 35 ans, lire ici), 2015 (lire ici) et 2016, élisant ainsi les cinq livres chouettes de l'année et leurs labels (2e prix) correspondants. Une belle progression et le cap symbolique des 50.000 votes dépassé, comme en 1998. Ceci n'étant évidemment que le chiffre officiel, certains jeunes lecteurs ne remplissant pas leur bulletin de vote (papier ou électronique) ou oubliant de l'envoyer. La progression fait d'autant plus plaisir qu'elle envoie bouler l'idée que les enfants "n'aiment pas lire". Bien sûr, ils y sont hautement incités par la Ligue des Familles qui a créé le prix en 1979 et le patronne depuis avec enthousiasme, multipliant les rencontres pour que tous découvrent le plaisir de lire.

Quelle joie donc que ces 51.026 enfants entre 3 et 14 ans qui ont voté durant cette année scolaire! Rappelons brièvement que les 25 livres qui sont proposés à leurs suffrages sont répartis en cinq catégories d'âge, de difficulté croissante, auxquelles il ne leur est pas obligatoire de souscrire.

Un bonheur qui est un peu assombri par deux choses. D'abord, le fait qu'il n'y ait plus de remise officielle systématique du prix, en présence d'auteurs et illustrateurs lauréats et bien sûr d'enfants, une vraie fête qui, en même temps, donne de la crédibilité à la littérature de jeunesse et au prix lui-même. Ensuite, celui qu'il ne soit plus possible aux enfants utilisant des bulletins de vote en papier d'y ajouter un commentaire ou un dessin; on y perd de grands moments d'émotions.

Le palmarès 2016 montre l'intérêt des jeunes lecteurs pour le travail graphique et plein d'humour de Chris Haughton. Il est en effet le lauréat en catégories 1 et 2 chouettes - comme l'avait été le regretté Mario Ramos en 2008! On a pu croiser le Britannique très doué  dernièrement à Liège durant le premier festival Jungle qui s'y est tenu en avril (lire ici). Si les enfants sont toujours fans d'histoires qui font rire ou qui font peur, ils se montrent aussi intéressés par celles qui titillent leur imagination, convoquent leurs émotions ou les emmènent ailleurs. La littérature bien résumée.


Palmarès du Prix Bernard Versele 2016

1 chouette


Lauréat
"Un peu perdu"
Chris Haughton
traduit de l'anglais
Editions Thierry Magnier

Label
"Le 1er c'est canard"
Olivier Douzou
Rouergue







2 chouettes


Lauréat
"Chut! On a un plan"
Chris Haughton
traduit de l'anglais par Anaïs Bérud
Editions Thierry Magnier

Label
"Anton et les rabat-joie"
Ole Könnecke
traduit de l'allemand par Florence Seyvos
l'école des loisirs, lutin poche
lire ici




3 chouettes


Lauréat
"Les trois pires histoires de pirates"
Thomas Bretonneau et Perceval Barrier
l'école des loisirs

Label
"Un ami très cool"
Toni Buzzeo et David Small
adapté de l'américain par Gaël Renan
Le Genévrier



4 chouettes


Lauréat
"Tout d'un Loup"
Géraldine Elschner et Antoine Guilloppé
L'élan vert

Label
"Elle est où la ligne?"
Davide Cali et Joëlle Jolivet
Oskar éditeur






5 chouettes


Lauréat
"Temps de chien pour les requins"
Morris Gleitzman
traduit de l'anglais par Valérie Le Plouhinec
Les Grandes Personnes

Label
"Mon Papa Pirate"
Davide Cali et Maurizio A.C. Quarello
adapté par Davide Cali, Didier Zanon, Emmanuelle Beulque
Sarbacane






Et pour 2017?
Les 25 livres ont déjà été choisis.
Les voici, présélectionnés par catégorie d'âge.
Les votes seront clôturés le 30 avril 2017.
Pour voter, l'enfant, entre 3 et 14 ans, peut compléter un bulletin de vote papier disponible à la Ligue des familles, ou voter en ligne via le site internet (www.laligue.be/association/prix-litteraires/le-prix-versele).
Renseignements: Ligue des Familles - Prix Bernard Versele – Avenue Emile de Béco,109 - 1050
Bruxelles - Tél. : 02/507.72.11
E-mail : prixversele@liguedesfamilles.be
Internet : www.liguedesfamilles.be

1 chouette
"La chambre du lion"
Adrien Parlange
Albin Michel Jeunesse

"Dodo"
Dorothée de Monfreid
l'école des loisirs, loulou & cie

"Papa à grands pas"
Nadine Brun-Cosme et Aurélie Guillerey
Nathan

"Le mystère"
Rebecca Cobb
traduit de l'anglais par Agnès de Ryckel
Nord-Sud

"Je suis un lion"
Antonin Louchard
Seuil Jeunesse

2 chouettes
"Un tour de cochons"
Françoise Rogie
A pas de loups

"Le tapis en peau de tigre"
Gerald Rose
traduit de l'anglais par Valérie Le Plouhinec
Albin Michel Jeunesse, Panda Poche

"Les Sauvages"
Mélanie Rutten
Editions MeMo

"Imagine"
Aaron Becker
Gautier Languereau

"Le concours de force"
Delphine Bournay
l'école des loisirs

3 chouettes
"Le chien que Nino n'avait pas"
Edward van de Vendel et Anton Van Hertbruggen
traduit du néerlandais par Marie Hooghe
Didier Jeunesse

"Le meilleur livre pour apprendre à dessiner une vache"
Hélène Rice et Ronan Badel
Editions Thierry Magnier

"Tor et les gnomes"
Thomas Lavachery
l'école des loisirs, Mouche

"Une journée avec Mousse"
Claire Lebourg
l'école des loisirs, Mouche

"Mère Méduse"
Kitty Crowther
l'école des loisirs, Pastel

4 chouettes
"Bonnets rouges et bonnets blancs: un conte antillais"
Praline Gay-Para et Rémi Saillard
Didier Jeunesse, Contes du monde

"Combien de terre faut-il à un homme?"
Annelise Heurtier et Raphaël Urwiller
Editions Thierry Magnier

"Robin au fond des bois"
Malika Ferdjoukh et Olivier Balez
Gallimard Jeunesse, Folio Junior

"Au bout des rails"
Manuela Salvi et Maurizio A.C. Quarello
Sarbacane, Flex

"Le chevalier de Ventre-à-Terre"
Gilles Bachelet
Seuil Jeunesse

5 chouettes
"Carton rouge. Matthias Sindelar. Le Mozart du ballon rond"
Fabrizio Silei et Maurizio A.C. Quarello
traduction de l'italien par Frédérick Tamain
Ane bâté Editions

"Un ours dans la bergerie"
Quitterie Simon
Editions Thierry Magnier

"L'amour c'est n'importe quoi!"
Mathieu Pierloot
l'école des loisirs, Neuf

"Le seul et unique Ivan"
Katherine Applegate et Patricia Castelao
traduit de l'américain par Raphaële Eschenbrenner
Seuil

"Off"
Xavier Salomó
Seuil Jeunesse


lundi 1 février 2016

Le vingtième livre d'Eva Kavian

"Voici donc mon vingtième livre (oups), un roman jeunesse", m'écrit Eva Kavian en me faisant parvenir "Le frère de Simone" (Oskar éditeur, 177 pages). Vingt livres! Alors que la Namuroise d'origine a commencé en 2000 avec "Le voisin sur les rails" (Le Castor astral), un recueil de nouvelles, poursuivi l'année suivante avec son premier roman, le remarqué "Après vous" (Le Hêtre pourpre). Depuis, elle tâte de la poésie (Esperluète et Dessert de lune), publie des manuels d'écriture (De Boeck), écrit des romans jeunesse dont un très beau premier, "La dernière licorne" (Mijade, 2008). Et poursuit bien entendu dans la veine du roman pour adultes. "Autour de Rita", "Le rôle de Bart", "Le square des héros" (les trois au Castor Astral), "L'art de conjuguer des hommes mariés" (Dessert de lune) sont autant de titres qui ont marqué les lecteurs. Quelle force de travail! Sans oublier les ateliers d'écriture qu'elle anime dans divers réseaux.

"Le frère de Simone" est un roman jeunesse certes, mais plutôt pour grands ados (l'éditeur le place en collection "jeunes adultes"). Pas à cause du thème, une grossesse précoce, mais à cause de sa composition complexe. En marge de l'histoire principale de Simone, 18 ans, dont on comprend petit à petit, en de courts chapitres, les nombreux éléments laissés au départ dans le vague, s'intercalent des pages en caractères italiques: les rêves éveillés et les suppositions de Fred, petit bout de presque 4 ans.

Le livre s'ouvre sur l'arrivée de Simone dans un lycée chic. Elle a donc 18 ans, deux de plus que les autres élèves. Elle n'est fille de personne si ce n'est de parents morts. Elle l'annonce tout de suite et complète sa présentation du fait qu'elle vit avec son frère. Si on comprend vite dans le roman que le petit bout est son enfant à elle, le puzzle de l'itinéraire de Simone est savamment construit et ne se révèle que peu à peu.

Pourquoi ses parents sont-ils morts? Pourquoi s'occupe-t-elle seule de son enfant? Pourquoi veut-elle absolument retourner à l'école? Pourquoi ces deux années d'écart avec ses condisciples? Le lecteur apprend à la connaître et à l'apprécier, à frissonner aussi devant son itinéraire de vie, tout comme les élèves qui s'étonnent de cette fille différente, préoccupée par d'autres sujets qu'eux, empathique mais qui n'hésite pas à tricher pour réussir ses contrôles.

Eva Kavian.
C'est bien écrit comme toujours chez Eva Kavian, avec sensibilité mais sans en rajouter, et imagination. Où je me suis un peu perdue, c'est dans la multitude des personnages du roman, cousin, voisin, élèves et leurs familles, personnel du centre et du lycée... D'autant que passé et présent se mélangent souvent. Que de prénoms à retenir alors qu'ils ont tous leur rôle à jouer dans ce livre qui embrasse beaucoup de sujets de société annexes, maladie, séparation, amour, mutilation, travail, vieillesse, trahisons... Autant de solitudes qui finissent par se rencontrer dans ce beau texte discrètement situé à Namur! Les épreuves les ouvrent les uns aux autres et à eux-mêmes. Le personnage de Simone est très attachant par son tempérament, sa franchise, sa volonté et sa force de vie. Sa résilience aussi bien entendu. Peut-être faut-il lire le le roman une seconde fois pour s'y retrouver plus facilement et l'apprécier alors totalement?









vendredi 15 novembre 2013

L7E tabli un petit semainier de romans courts

On n'a pas toujours le temps, pas toujours l'envie, de lire des romans longs. Pareil pour les moins de douze ans. A leur intention, une sélection de sept romans courts, un semainier en quelque sorte.
Des livres drôles, tendres, ou un peu tristes, mais toujours ancrés dans la vie. Ils sont présentés selon l'ordre alphabétique de l'initiale du prénom de leurs auteurs.


"Mes zombis"
Béatrice Fontanel
Oskar éditeur, Court Métrage, 47 pages.

Auteure multirécidiviste en littérature de jeunesse (romans et documentaires), en art de vivre, en littérature générale (un très beau roman, "L'homme barbelé", Grasset, 2009), Béatrice Fontanel met en scène un petit garçon qui hérite d'une télé dans sa chambre après le départ du foyer familial de son père. Sa maman croyait bien faire! Elle était également persuadée qu'il saurait gérer son temps devant l'écran...
Que regarder, que ne pas regarder? Mère et fils ne partagent pas les mêmes goûts. Ni les mêmes idées sur l'heure d'éteindre la fameuse télé. Plusieurs fois, le roman s'écarte gentiment de son propos initial. Il donne une leçon sur les bâillements, revient aux films d'horreur et de zombis, repart sur les jeux vidéo et retombe dans la réalité à cause d'un bête mensonge pour lequel le narrateur se fait pincer. Et c'est toute la vie du duo mère-fils qui défile, et surtout ce qui y coince. Les deux vont se réconcilier évidemment mais verront leurs vies encore modifiées lors d'une énorme panne d'électricité dans tout le quartier. Un petit texte sympa, vif, écrit à la première personne, plein de sympathiques surprises.


"Le  livre qui te rend super méga heureux"
Françoize Boucher
Nathan, 112 pages.

En pages, c'est le plus long des sept livres choisis, mais il est plein d'images; "les textes (intelligents) et les illustrations (un peu ratées) sont de moi", précise l'auteur qui n'en est pas à son coup d'essai. Elle a déjà commis précédemment, selon cette formule, "Le livre qui fait aimer les livres" et "Le livre qui explique tout sur les parents" (même éditeur). Cette fois, elle se présente comme le "nouveau coach en bonheur" du lecteur. Pour commencer, elle compose un schéma comparatif des ventes de son livre "merveilleux" (!), du "Petit Prince" et des 7 tomes de "Happy (!) Potter": sans surprise, elle est largement en tête.
Mais, au fond, tout le monde peut-il être heureux? Réponses par le texte et l'image. Sur le thème délicat du bonheur, Françoize Boucher a concocté un opus drôle, original et percutant. Efficace aussi car elle repère (et encourage) les attitudes qui font qu'un enfant a une vie joyeuse, riche et amusante. Pour cela, elle se sert bien sûr de comparaisons éloquentes. Adepte d'une méthode Coué à prendre au second degré, elle invite à reconnaître le bonheur où il est, à inventorier ses ingrédients, à les booster pour être encore plus heureux, à surtout, utiliser positivement son énergie. L'air de rien, elle a fait un petit ouvrage de philosophie du bonheur.


"Le plus joli des rêves"
Nathalie Brisac
L'école des loisirs, Mouche, 53 pages.

Face à face, Mougueule, le plus puissant des hommes d'un royaume, et le grand Gaston, chargé par le premier de lui apporter vite fait non pas un rêve, mais LE rêve qui n'a encore été rêvé par personne. A leurs côtés, Rosalie, qui viendra en aide au grand dadais par son état d'enfant. Car si le grand Gaston repère assez vite le fameux rêve, libre comme l'air, ce dernier impose une épreuve en trois étapes pour perdre sa liberté. "Je suis le plus joli des rêves et je ne m'offrirai qu'au plus merveilleux des humains." Les trois devinettes seront posées à Mougueule, sans succès. Grand Gaston, aidé par Rosalie, s'en sort beaucoup mieux. Il saisit même cette occasion pour réfléchir à ses choix de vie. Subtilement illustrée par Rascal, cette jolie et tendre histoire s'inspire des contes et fait un clin d’œil au délicieux album qu'est "Le petit de la poule" (Margaret A. Hartelius, Père Castor), épuisé depuis trop longtemps. Elle rappelle que les rêves sont indispensables à la vie et que les enfants en détiennent les clés.


"La célèbre Marilyn"
Olivier de Solminihac 
L'école des loisirs, Neuf, 71 pages.

Auteur pour enfants, auteur pour adultes, Olivier de Solminihac est aussi le pisteur  de nombreux "ready-made poems" sur Facebook, qu'il numérote inlassablement (687 pour le moment, fréquence un peu en baisse). Dans ce nouveau roman, il raconte les relations compliquées entre le jeune narrateur et Marilyn, sa voisine de rue et sa voisine de classe. Lui est plutôt tourné vers le positif, appréciant le congé inattendu d'une grippe, retrouvant ensuite ses copains avec plaisir. Elle, plutôt d'un genre compliqué, se montre d'habitude bavarde , taiseuse le lendemain.
Que remâche-t-elle dans sa petite tête? Que voudrait-elle sans l'exprimer? Broie-t-elle vraiment du noir? "Je n'ai pas d'autre ami que toi. Si tu n'es pas là, je ne compte pour personne." Pauvre petite Marilyn. Heureusement que son voisin, "à l'école et dans la vraie vie", est là pour la soutenir, l'épauler, la consoler. Même s'il mène aussi sa vie à lui, entre copains, famille, livres et rendez-vous hebdomadaires avec son père après l'entraînement de basket de ce dernier. Ils se racontent alors, tard, des petits bouts de vie. Même que la phrase de l'un peut interférer dans la vie de l'autre sans qu'il le sache... "Ah, la célèbre Marilyn!",  la phrase paternelle d'un soir peut se concrétiser le lendemain lorsque l'intéressée déclare à son unique ami: "Je veux devenir célèbre." Une déclaration qui va faire pas mal de chemin chez les uns et chez les autres. Olivier de Solminihac s'amuse à raconter cette nouvelle célébrité dans tous ses détails, autographes compris, avec ses avantages et ses conséquences. Pas de morale mais une attention aux choses et aux êtres qui invite  à réfléchir tout en incitant aux expériences. Un roman plein de rires et de finesse.


"Small"
Pef
Rue du monde, 95 pages (illustrées).

Pef, ce sont bien sûr les Motordus (mots tordus) et plein d'autres albums pour rire. Avec "Small", délicat album au dos toilé, où texte et images se posent sur des fond blancs, il change de registre. Tout en continuant à jouer avec les mots. Avec deux mots en réalité, "petit" et "grand". Il nous fait prendre conscience de leur fréquence et de leur pouvoir à travers l'histoire douce-amère d'un héros prénommé Small qu'on va suivre de la naissance à la mort. Un petit bonhomme avec des rêves mais guère d'ambition, un gentil qui se fait avoir souvent mais mène en finale une vie simple qui le comble. Après plusieurs déceptions amoureuses, quand son jeune neveu aura grandi, il rencontrera l'amitié d'un chien, compagnon fidèle comme on le sait. Un petit traité de vie, qui se joue de nombreuses expressions de la langue française. Un tout petit format, mais un grand album, aussi humain que serein.


"Une girafe un peu toquée"
Séverine Vidal 
Motus, Mouchoir de poche, 32 pages.

On sait bien que les enfants s'inventent des codes magiques, garants de nombreuses prophéties: ne marcher que sur les dalles blanches du couloir, ne pas glisser du rebord étroit du trottoir, manger ses petits pois et ses carottes selon un ordre établi, répéter les derniers mots des phrases... Autant de rituels qui peuvent donner une amoureuse, le beau temps, un frère quasi éternel... Mais trop de manies enferment et étouffent. Quelques phrases et à peine plus d'images en fils de fer, font un sort à ces gages et ces paris épuisants. Jusqu'à la finale, pleine de nouveaux possibles.


"Sept jours à l'envers"
Thomas Gornet
Rouergue, doado, 72 pages.

Du dimanche au dimanche précédent de ce mois de décembre, un narrateur en âge de collège, égrène ce qui s'est passé dans sa famille et qui est cette famille. Ce deuil qui ne dit qu'à la fin l'identité du mort mais bouleverse atrocement tous ceux qui restent, même si tous ne le montrent pas. "On n'oublie pas. On fait avec." Chaque chapitre remonte d'un jour dans le temps et se termine par une réponse différente à une mystérieuse devinette. Cette construction à reculons crée une atmosphère un peu oppressante mais non morbide, touchante plutôt car on perçoit immédiatement les flots d'amour de et pour l'absent.
Le livre est comme une photo Polaroïd qui se révélerait peu à peu sous nos yeux,  quand il donne à chaque page davantage de détails sur ce fils unique et sa famille. Des indices sont fournis au lecteur pour composer son puzzle. L'écriture de Thomas Gornet est sobre, soignée, agréablement travaillée. L'auteur a de nombreuses trouvailles, le choix de la  marche arrière pour son récit, les dialogues anciens qui entrecoupent le temps présent, des formules comme le "sourire horizontal". Un roman apaisant sur le deuil et la perte.