Nombre total de pages vues

Affichage des articles dont le libellé est Delphine Jacquot. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Delphine Jacquot. Afficher tous les articles

mercredi 24 décembre 2025

Vite, vite, c'est Noël!

Le premier Noël d'Ours. (c) D'Eux.
 
Épineuse question, comment aborder Noël avec les enfants après tant d'albums qui ont déjà creusé cent chemins (lire ici). De manière classique ou non? C'est deux contre deux pour les quatre albums qui me sont parvenus. 
 
 
"Noël"
Cecilia Cavallini
traduit par Christiane Duchesne
D'Eux, 32 pages
dès 3 ans
 
Approche classique du thème de Noël mais dans une version qui évoque discrètement le changement climatique. Il fait doux dans la forêt et Ours n'a pas sommeil. Il se promène ici et là. Tous ses amis animaux lui parlent de Noël. Vu qu'il hiberne habituellement à cette époque, il ne sait pas de quoi il s'agit. Il va donc mener son enquête. Il procède par question-expérimentation, emmagasinant des réponses qui ne sont pas toujours les bonnes. Mais ses amis sont là pour le contredire et l'instruire. Après bien des tâtonnements, Ours va découvrir Noël, le sapin, les décorations et surtout, l'amitié. Un grand format d'une auteure-illustratrice italienne, publié seulement en français, d'une grande douceur. 
 
 
Ours mène son enquête. (c) D'Eux.


 
"Petit Papa Noël"
Thierry Dedieu
Seuil Jeunesse, 12 pages cartonnées
pour les bébés
 
C'est en 2015 que l'auteur-illustrateur français Thierry Dedieu lance sa collection "Bon pour les bébés", soit des très grands formats cartonnés (28 x 38 cm) en noir et blanc, pleins d'humour, destinés aux tout-petits (0-3 ans). Il y revisite comptines et jeux de mots, il y crée poèmes et haïkus. Tous les titres sont illustrés de sa manière caractéristique, expressive et minimaliste mais très efficace, avec des contrastes visuels forts. Proche de la trentaine de volumes, la collection ne pouvait ignorer la célèbre comptine "Petit Papa Noël". La voilà, pour le plus grand plaisir des petits et de leurs parents. A lire, regarder et chantonner.
 
Une version de la comptine pour les bébés. (c) Seuil Jeunesse.

 
 
Le Renard de Noël
Eric Sanvoisin
Delphine Jacquot
L'étagère du bas, 48 pages
dès 6 ans
 
Il est toujours agréable de découvrir les illustrations de Delphine Jacquot. On la retrouve ici en duo avec Eric Sanvoisin ("Marions-les!", lire ici). Un album à deux temps par pages, un sapin et un lutin commentant l'histoire d'un renard amateur de poules devenant un Renard de Noël. On va suivre ses stratagèmes pour entrer dans le poulailler voisin, avec les critiques qui les accompagnent. Les idées de scénario sont bonnes, les images bourrées de détails superbes mais le procédé de la lecture dédoublée est compliqué et un peu lourd. Surtout que les personnages sont nombreux, surtout les poussins. Le Renard arrivera-t-il à ses fins, dévorer les poules pour Noël? Les péripéties se succèdent, toujours commentées par le duo et on finit par s'y perdre un peu, jusqu'à l'impeccable finale qui redynamise l'ensemble.
 
Le Renard de Noël a faim. (c) L'étagère du bas.

 
 
La petite bûche de Noël
Michaël Escoffier
Kris Di Giacomo
D'Eux, 32 pages
dès 4 ans
 
Cet album joue aussi sur les mots, ceux que l'ours Robear écrit de travers quand il tape sa nouvelle histoire à la machine. Cela entraîne plein de confusions, l'ours "gonfle" en dormant, il a peur de se faire "décorer", un "radeau" est déposé au pied d'un "pompier" tout nu... Heureusement l'écureuil veille, remplace "gonfle" par "ronfle", "décorer" par "dévorer", le "radeau" par un "cadeau" et le "pompier" par un "pommier". Pareille aventure avec les cadeaux sauf que ceux-ci vont calmer temporairement les ardeurs littéraires de l'ours. Car la veille de Noël, les animaux se rassemblent pour déguster une "biche" en chocolat. La nature a repris le dessus. Chacun mélange les mots à qui mieux mieux, ce qui n'empêche pas la troupe de faire la fête. Un titre amusant mais pas toujours facile à suivre.
 
Robear a l'imagination fertile. (c) D'Eux.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

vendredi 13 mars 2020

E1P2FDL 4 Marions-les! Promenons-les!

Encore un peu de Foire du Livre de Bruxelles, E1P2FDL

Au hasard de mes pérégrinations, entre rendez-vous fixés et rencontres de hasard.

L'édition 2020, la cinquantième, la cinquième où l'entrée est gratuite, a été suspendue à l'avancée du coronavirus. Mais le Covid-19 n'a eu raison ni de la Foire, ni de l'enthousiasme des lecteurs. On a dénombré 60.000 visiteurs dans les allées de Tour & Taxis au cours des quatre jours (du jeudi 5 au dimanche 8 mars), 12.000 de moins que l'an dernier, mais l'on sait pourquoi.
Cap sur la Suisse l'an prochain, du 25 au 28 février 2021.

"Marions-les!" (c) L'étagère du bas.

Le rire est le propre de l'homme, dit-on. Et celui des enfants? Assurément, si les adultes acceptent de lire à ces derniers des histoires pour... rire. La preuve dans ces deux albums jeunesse mis à l'honneur par la section belge francophone de l'IBBY (International board on books for young people).

"Marions-les" est une croquignolette histoire écrite par Eric Sanvoisin et illustrée par Delphine Jacquot (L'étagère du bas, 2019). Dans ce format en hauteur, à la tranche couleur carotte, il est question d'un mariage évidemment, mais de celui d'un lapin et d'une carotte! On va suivre tout le parcours de chacun des deux protagonistes que tout semble opposer jusqu'à la célébration de leur union qui les rapprochera plus que jamais après avoir failli les séparer.
Un autre atout de cet album en doubles pages, sur papier mat, est que les différentes scènes, la rencontre, le coup de foudre, la crainte de l'autre, le don de soi, les fiançailles, les préparatifs, etc., sont commentés en direct en bas de page par un ver de terre et une araignée particulièrement diserts, observateurs et souvent de mauvaise foi: "Je déteste les histoires qui commencent par "Il était une fois"!", disent-ils au tout début. Pas de chance, ils auront deux "Il était une fois" dans le même livre, une fois pour le lapin, une fois pour la carotte.

Le texte est extrêmement plaisant et plein d'humour, abordant l'air de rien plein de sujets de société tout en se mettant au diapason d'un enfant. Le lapin se fait par exemple retirer ses grandes dents pour ne plus effrayer la carotte. Les illustrations aux crayons de couleurs, éclatantes de tonalités vives, précises, expressives, jouent sur les angles et les plans et confèrent un beau dynamisme à cette histoire bondissante d'épisodes en épisodes jusqu'à la surprise finale (lire ici aussi). A partir de 5 ans.


"Marions-les!" (c) L'étagère du bas.


Dans "Kiki en promenade" (Les Fourmis Rouges, 2019), destiné aux plus jeunes, mention "Opera prima" à la Foire de Bologne 2020 (lire ici), Marie Mirgaine met très habilement en scène la promenade de Julien et de son chien Kiki. Une balade des plus drôles puisque Kiki, au bout de sa laisse, dans le dos de l'homme qui ne s'aperçoit de rien, est emporté par un aigle. Julien promène donc son aigle et non son chien. Aigle qui sera remplacé par un tigre. Et les changements se poursuivent au bout de la laisse, sans que le maître n'en sache rien. Y passeront successivement un renard, une pieuvre, une mouche, une licorne, jusqu'au retour de Kiki.

C'est simple, beau avec les illustrations en papiers découpés et jouissif dans la cohorte accumulée en bout de laisse. Un tremplin pour l'imagination. Qui sera le suivant? Julien va-t-il découvrir ce qui se passe dans son dos? On ne promènera plus jamais un chien comme avant après avoir lu "Kiki en promenade"! A partir de 3 ans.



"Kiki en promanade".(c) Les fourmis rouges.



Palmarès des prix Libbylit 2019

Album belge
"Poppeup", Benoît Jacques (Benoît Jacques Books, 2019)
Petite enfance
"Kiki en promenade", Marie Mirgaine (Les Fourmis Rouges, 2019)
Album
"Marions-les!", Eric Sanvoisin et Delphine Jacquot (L'étagère du bas, 2019)
Roman belge
"Les couleurs du Ghetto", Aline Sax (traduit du néerlandais (Belgique) par Maurice Lomré, La joie de lire, 2019)
Roman junior
"La cavale", Ulf stark  et Kitty Crowther (traduit du suédois par Alain Gnaedig, l'école des loisirs, Pastel, 2019)
"Les loups au clair de lune : histoires naturelles", Xavier-Laurent Petit (l'école des loisirs, 2019)
Roman ado
"Si l'on me tend l'oreille", Hélène Vignal (Rouergue, 2019)


Les lauréats présents à la remise officielle, le 7 mars 2020,
de gauche à droite, Kitty Crowther, Xavier-Laurent Petit,
 Robert Schmidt (président Ibby belge francophone),
Hélène Vignal, Delphine Monteil (éditrice de L'étagère du bas),
Aline Sax et Luc Battieuw (membre du jury).



Rappel

E1P2FDL 1 Prix 1ère, premier prix pour "Sœur" (ici)
E1P2FDL 2 Prendre un thé avec Gaya (ici)
E1P2FDL 3 Deux auteurs belges flamands, un sujet commun et sans concertation (ici)








lundi 6 octobre 2014

Manneken Pis en chocolat pour Delphine Perret


Trois raisons de se réjouir de la journée consacrée à la jeune maison d'édition Les fourmis rouges ce lundi 6 octobre à Bruxelles. Elle se tenait à l'initiative de Centre de Littérature de Jeunesse de Bruxelles, en collaboration avec la Bibliothèque Centrale pour la Région de Bruxelles-Capitale. Avec Luc Battieuw en Monsieur Loyal bien entendu.

1. Cette journée en deux temps fut une réussite. Le matin,  Valérie Cussaguet (ex-Editions Thierry Magnier) a raconté comment elle a fondé sa maison début 2013 avec Brune Bottero. Avec humour, exemples et anecdotes, elle a expliqué le choix du nom des Fourmis rouges. Puis elle a évoqué quelques pistes à propos de sa ligne éditoriale: humour et émotion, gravité et légèreté, rencontre entre tradition et technologie, musicalité du texte, univers graphiques forts, pas de collection sauf celle des cubes de Chamo mais des séries, réflexion sur la forme du livre... Une ligne, ça? Ben oui, celle de l'éclectisme.
L'après-midi, trois créateurs, Emmanuelle Houdart, Delphine Perret et Martin Jarrie, ainsi que leur éditrice, ont répondu à Anne Quévy (professeur d'illustration à l'Académie des Beaux-Arts de Bruxelles) qui les a interrogés sur leur parcours artistique avant de les faire parler de leurs livres respectifs.




2. C'est parce que Delphine Perret vient de Lyon qu'elle a reçu un peu à l'avance le prix Libbylit 2014 en catégorie album. On n'allait pas rater l'occasion de lui décerner en vrai un Manneken Pis en chocolat. Son album récompensé est l'excellent "Pedro Crocodile et George Alligator" (Les fourmis rouges, 2013) dont j'avais parlé ici (en fin de note).




3. Enfin, le Grand prix de l'illustration de Moulins va à l'album l'italienne, à tenir reliure vers le haut, "Les aventures improbables de Peter et Herman" de  Delphine Jacquot (Les fourmis rouges, 2013). Le prix, joliment doté, sera remis officiellement vendredi. L'album figurait dans ma sélection 2013 destinée à Saint-Nicolas. C'est à lire ici.


Jurys, jurys, si je puis encore vous inspirer, c'est avec plaisir.