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jeudi 23 janvier 2020

Aucun Belge parmi les illustrateurs sélectionnés pour l’exposition 2020 de la Foire de Bologne

Le jury 2020: Valérie Cussaguet, Enrico Fornaroli, Machiko Wakatsuki,
Lorenzo Mattotti, Cathy Olmedillas.

Après trois jours de rude travail, le jury de l'exposition des illustrateurs de la Foire du livre de Bologne 2020 a rendu son verdict. Il a choisi le travail de 76 illustrateurs provenant de 24 pays sur les 2.574 travaux émanant de 66 pays qui lui avaient été proposés.

Le jury 2020 est composé de Valérie Cussaguet (éditrice, Les fourmis rouges, France), Enrico Fornaroli (Academie des Beaux-Arts de Bologne, Italie), Lorenzo Mattotti (artiste, Italie), Cathy Olmedillas (éditrice, Anorak Magazine, Grande-Bretagne) et Machiko Wakatsuki (éditrice, Bronze Publishing, Japon).

L'exposition des illustrateurs se tiendra durant la 57e Foire du livre pour enfants de Bologne, du 30 mars au 2 avril. Elle ira ensuite dans divers pays dont le Japon, la Corée et la Chine.

Les 76 illustrateurs retenus

Beaucoup de Coréens (15) et d'Italiens (14), pas mal de Chinois (6), de Taïwanais (6), également 4 Japonais, 4 Français, 4 Espagnols, 3 Allemands, 2 Polonais, 2 Britanniques, 2 Argentins, 2 Russes et un représentant unique des Etats-Unis, du Chili, du Pérou, du Portugal, de Pologne, de Lituanie, des Pays-Bas, d'Uruguay, d'Iran, de Finlande, de République tchèque, de Suisse.

Qui connaît-on? Katrin Stangl surtout (elle est traduite chez Albin Michel Jeunesse), Francesca Sanna,  Kate Winter, Nicolas Liguori.

Aucun Belge retenu sur les onze dossiers déposés. Pour info, les Japonais an avaient déposé 497, les Italiens 495, les Taïwanais 195,  les Français 170, les Espagnols 128, les Coréens 109, les Britanniques 107, les Allemands 100, les Argentins 74, les Russes 59, les Chinois 54, les Hollandais 34, les Polonais 31.

  1. Federica Aglietti, Italie
  2. Laurie Agusti, France
  3. Somin Ahn, Corée
  4. Alessio Alcini, Italie
  5. Cynthia Alonso, Argentine
  6. Andrea Antinori, Italie
  7. Michael Bardeggia, Italie
  8. Matteo Berton, Italie
  9. André Bittencourt Ducci, Italie
  10. Joaquin Camp, Argentine
  11. Elisa Cavaliere, Italie
  12. Hsiao-Chi Chang, Taïwan
  13. Chiao-Yu Chen, Taïwan 
  14. Dani Choi,  Corée
  15. Xingru Dong, Chine
  16. Philip Giordano, Italie
  17. Francesco Giustozzi, Italie
  18. Yan He, Chine
  19. Gosia Herba, Pologne
  20. Kike Ibáñez, Espagne
  21. Lina Itagaki, Lituanie
  22. Bora Jin, , Corée
  23. Yoon Kangmi, Corée
  24. Kawon Kim, Corée
  25. Mihwa Kim, Corée
  26. Yukyung Kim, Corée
  27. Anne Roos Kleiss, Pays-Bas
  28. Koichi Konatsu, Japon
  29. Meng-Hsuan Kuan, Taïwan
  30. Gosia Kulik, Pologne
  31. Kin Choi Lam, Chine
  32. Moonyo Lee, Corée
  33. Jieun Lee, Corée
  34. Jinhee Lee, Corée
  35. Jinhwa Lee, Corée
  36. Nicolas Liguori, France
  37. Chien-Yu Lin, Taïwan (Taipei)
  38. Marta Lonardi,  Italie
  39. Jean Mallard, France
  40. Phoolan Matzak, Allemagne
  41. Isabella Mazzanti, Italie
  42. Naida Mazzenga, Italie
  43. Pinja Meretoja, Finlande
  44. Myung-Ye Moon, Corée
  45. Joan Negrescolor, Espagne
  46. Se Na Oh, Corée
  47. Inês Oliveira, Portugal
  48. Tomás Olivos, Chili
  49. Berta Paramo, Espagne
  50. Giulia  Parodi, Italie
  51. Ambre Renault-Faivre d'Arcier, France
  52. Elena Repetur, Russie
  53. André Rösler, Allemagne
  54. Francesca Sanna, Italie
  55. Akiko Sato, Japon
  56. Eduardo Sganga, Uruguay
  57. Amir Shabanipour, Iran
  58. Ami Shin, Corée
  59. Hyejin Shin, Corée
  60. Kori Song, Chine
  61. Junli Song, Etats-Unis
  62. Jan Šrámek
  63.  & Veronika Vlková, République tchèque
  64. Katrin Stangl, Allemagne
  65. Sara Stefanini, Suisse
  66. Rachel Stubbs, Grande-Bretagne
  67. Lu Wen Ting, Taïwan
  68. Ninuki suji, Japon
  69. Juan Cristóbal Vera Gil, Espagne
  70. Katerina Voronina, Russie
  71. Issa Watanabe, Perou
  72. Kate Winter, Grande-Bretagne
  73. Peng Wu, Chine
  74. Wanxin Wu, Chine
  75. Mamoru Yamamoto, Japon
  76. Hsin Wen Yeh, Taïwan





jeudi 18 avril 2013

LB nit Etienne Delessert



Etienne Delessert qui lui a donné un texte sur la naissance et la vie de la Fiera del Libro per Ragazzi de Bologne, née il y a tout juste 50 ans. Pour que son blog ne s'endorme pas.










Voici son texte.

"On quittait l’hiver suisse pour descendre vers le printemps, découvrir les arbres roses. On s’est retrouvés avec les amis de Paris, Pierre Marchand, Jean-Olivier Héron et Christian Gallimard, pour les aider à "monter le stand" pour la première fois, sous l’oeil narquois de quelques éditeurs qui ricanaient (on les entendait) :
- Ces gamins ne feront qu’un seul Bologne…
Les stands étaient minuscules, tapissés d’un vilain tissu rouge, et l’on a passé la moitié du temps à replanter des punaises, immédiatement rejetées par la paroi. Tout s’écroulait, mais ce fut là le vrai début d’un empire.
Jean-O avait conçu d’admirables structures éditoriales, que Pierre allait développer en séries de non-fiction pendant des années, et de découverte en "Découvertes", ils imposèrent le style Gallimard autour du monde.
On était joyeux alors, on travaillait dur - je faisais partie de la bande -, puis on allait s’amuser. On louait des bicyclettes pour de grandes courses nocturnes dans un Bologne assoupi, ou on filait à Florence pour le repas du soir. Christian conduisait alors sa Ferrari à 300 km/h (le monde vous apparaît alors totalement différent…) et en fin de soirée, on décidait d’aller rendre hommage à la tombe de Dante, au haut d’une petite colline. Les Beccaria, patrons de Bayard Presse étaient des nôtres, et nous avons fait la courte-échelle pour passer le haut mur qui entourait le cimetière. La tombe n’était pas là, bien sûr (on ne devrait jamais écouter Christian) mais nous avons découvert des ruelles assez profondes entre de hauts arbres, bordées de cases où brillaient des bougies. Un petit frisson, et nous avons repassé le mur, sans éveiller l’intérêt des gardes: il aurait été assez drôle de voir la direction de Bayard et de Gallimard dans une cellule florentine…
Mais ce furent ces aventures qui nous ont liés, et donné la force de bousculer le petit monde de l’édition et de la presse pour enfants. Alors tout nous semblait possible, l’imagination et la déraison de l’enfance étaient encore au pouvoir, et on repartait voir le lever du jour à Venise. Pour être au stand à 9 heures pile.

En 1981, j’eus le plaisir de voir - comme éditeur de Tournesol - la série de mes petits livres de "Yok-Yok" recevoir le Prix Graphique de la Fiera. On avait commencé par de courts films pour des TV européennes, puis ils avaient été adaptés en albums pour enfants, en disques (avec des musiques d’Henri Dès sur des paroles d’Anne van der Essen et Pierre Grosz) et en jouets: le jury du Prix avait relevé la cohésion de l’aventure. Il était rare alors, c’est vrai, de décliner ainsi un personnage en lui laissant un peu de charme.
Bologne m’avait aussi permis d’organiser de multiples coéditions internationales.
C’est l’année suivante que George Peterson et Ann Redpath, de Creative Education (devenue Creative Editions) dans le Minnesota, m’ont donné rendez-vous en Italie pour me proposer de créer avec eux une série de vingt livres de contes célèbres, mis en scène de façon originale par de grands dessinateurs.
Rita Marshall venait de me rejoindre en Suisse, et c’est ensemble que nous avons convaincu Edelmann, Topor, Tardi, Chermayeff, Stasys, Dumas, Lemoine, Chwast ou André François de participer à cette collection (ces livres, en plus grand format, restent aussi neufs aujourd’hui).
Rita est une admirable graphiste, et, directrice de création, elle eut l’idée de demander à Sarah Moon de s’attaquer au Petit Chaperon Rouge. Rita connaissait bien les photos de mode souvent troublantes de Sarah pour Cacharel, riches de réflexions floues et granulées, d’ombres violettes qui laissaient deviner un monde inquiétant et superbe.
Aussi fut-elle ébouriffée de découvrir chez Delpire et Sarah (alors qu’André François regardait la scène avec un petit sourire) des images d’une noirceur expressionniste, mises en scènes comme un film de Lang. Une traction Citroën des années de guerre était le loup.
Pour nous, c’est de loin la meilleure version de ce conte, tendue, mystérieuse, avec la fin brutale qui fut écrite par les frères Grimm.
Les vingt contes furent publiés par Creative aux USA, en France par Grasset, dans ma collection "Monsieur Chat" (je devais avoir eu une petite brouille amicale avec Marchand!…) et dans trois ou quatre autres pays.
Et en 1984, la Fiera décerna son Prix…au "Chaperon noir" de Sarah Moon! Je me souviens des titres en première page de plusieurs grands quotidiens italiens, qui tous, à propos de ce choix audacieux, s’interrogeaient: que peuvent donc lire les enfants?
On connaît la réponse de Sendak, de Tomi Ungerer ou la mienne à cette question.

Un dimanche de 1983, tard dans cette dernière soirée de Fiera, aplatis de fatigue, Rita et moi avions vraiment hésité à rouler vers Florence pour y rencontrer, pour la première fois, un certain Roberto Innocenti.
On est arrivés vers trois heures du matin, avons prié une voiture de police de nous guider à notre hôtel. Nous n’étions donc guère frais lorsque nous avons visité le studio graphique dans lequel Roberto travaillait à coller des textes. Et il ne parlait que l’italien.
Mais de cette rencontre sont nés son interprétation "années 1920" de "Cendrillon", et "Rose Blanche", dont je découvris trois originaux dans un tiroir ce matin-là.
C’était ça, la Fiera!

Mon plus mauvais souvenir? Le soir de 1989 où je devais recevoir, avec l’éditeur de FSG, le Prix pour "A long Long Song" (Chanson d’Hiver). Rita était avec moi, tout comme notre fils Adrien, âgé d’un an, à qui je faisais découvrir des dindes sauvages dans les hautes herbes d’un pré tout proche de la Foire.
On était venus des Etats-Unis, mais nous n’avons pas pu nous frayer un chemin à travers la foule compacte qui occupait l’escalier du Palazzo. On est finalement arrivés dix minutes trop tard, la cérémonie s’était déroulée sans nous, et la directrice d’alors s’excusa sèchement:
- Les gens se fichent du prix, ils viennent pour le buffet!"

Etienne Delessert, décembre 2012.

Avez-vous vous aussi des souvenirs de la Foire de Bologne
à partager?