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jeudi 27 août 2015

Les petits ours vont aussi à l'école

La rentrée scolaire amène les éditeurs jeunesse à publier régulièrement des albums ayant l'école pour thème. Pourquoi pas s'ils sont bons?

Hasard des sorties, deux moyens formats envoient des jeunes ours en classe pour la première fois. Chacun à sa manière bien entendu.

J'ai nommé "Un ours à l'école" de Jean-
Luc Englebert (l'école des loisirs/
Pastel, 40 pages) et "Premier matin" qui est aussi le premier livre de Fleur Oury (Les fourmis rouges, 40 pages).

"Un ours à l'école" se déroule un peu plus tard dans la saison que la rentrée des classes, le dernier jour de l'automne précisément. Un petit ours se promène une ultime fois dans la forêt avant de plonger dans son sommeil d'hiver. Les délicates illustrations à l'aquarelle nous montrent cette balade heureuse, pimentée par la découverte d'une chose blanche et rouge, laineuse et douce, jolie et rigolote, accrochée  à une branche d'arbre...

La découverte de l'ourson. (c) Pastel.

Le héros pose sa découverte sur sa tête et poursuit sa promenade. Ses pas le mènent à une école. Une école avec des enfants qui ont le même bonnet que lui et l'accueillent immédiatement: "Oh, bonjour! Tu dois être le nouveau. Rentre vite, tu es en retard!" Une scène qui me fait penser à ce dialogue qui circule en ce moment sur les réseaux sociaux: un adulte demande à un enfant de maternelle: "Y a-t-il des étrangers dans ta classe?" "Non, répond l'enfant, il n'y a que des enfants!" 

L'arrivée à l'école. (c) Pastel.

Ensuite, c'est la classe, où l'ourson est conduit par une fillette à cheveux blonds bouclés qu'on jurerait avoir déjà vue dans la vraie vie. Juliette est une voisine de table charmante et la porte-voix du nouveau, dont la maîtresse va finir par découvrir qu'il est un ours - comme le titre du livre de Frank Tashlin. Et que sa maman doit sûrement le chercher partout.

Reconduit, l'ourson va attendre sa maman. (c) Pastel.

Voilà toute la classe, dûment chapeautée, en route vers la forêt pour rendre l'ourson à sa maman. L'ourse le retrouve vite, mais est pressée parce que la neige commence à tomber. Elle n'écoute guère ce que son petit lui raconte de sa journée d'école mais le ramène au chaud. Lui, épuisé par toutes ces aventures, s'endort sur le dos de sa mère et ne se rend pas compte de l'incident qui permet à l'album de repartir en boucle.

Voilà un album qu'on a plaisir à lire et relire. Jean-Luc Englebert a imaginé une très jolie histoire d'école, différente de ce qu'on lit d'ordinaire, suffisamment ouverte pour y accueillir de nombreux jeunes lecteurs. Et comme toujours, ses aquarelles de toutes les tailles sont des merveilles de douceur et d'expressivité.

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Petit Ours n'a pas trop envie de se lever pour la rentrée. (c) Les fourmis rouges.

Dans "Premier matin", Fleur Oury choisit un thème classique, la première rentrée des classes, mais le transpose chez les ours, croit-on en lisant les premières pages, chez l'ensemble des animaux, comprend-on ensuite. C'est le matin et Petit Ours a bien de la peine à se lever. Il se cache sous les fougères, un des nombreux éléments de nature que l'auteure, biologiste de formation, glisse dans ses magnifiques pages sur fond blanc. L'ours adulte, papa ou maman on ne sait pas mais qu'importe, l'interroge: "Mais que se passe-t-il, Petit Ours?" Quelques câlins amènent la réponse: "Je ne veux pas aller à la rentrée des classes."

L'album se poursuit à la fois dans les images qui montrent la tendresse et l'attention d'un(e) adulte pour son petit, il (elle) le cajole, joue avec lui, autant d'encouragements silencieux, et dans le monologue de Petit Ours qui énonce toutes ses craintes par rapport à l'école. Entre-temps, on avance sur le chemin de l'école, non sans déguster quelques fruits et croiser d'autres paires enfant-adulte.

On joue et on se parle sur le chemin de l'école. (c) Les fourmis rouges.

Vient ensuite la réponse apaisante de Grand(e) Ours(e), "C'est normal d'avoir peur, Petit Ours", en parallèle à d’autres jeux sur le chemin (la boue, il n'y a que ça). Une réponse détaillée aussi qui évoque tout ce que l'école va apporter de bon au jeune ours, petit à petit, à son rythme. Avec en fil rouge l'idée que "Mais surtout, tu vas t'amuser et grandir."

Petit Ours n'est pas le seul nouveau de l'école. (c) Les fourmis rouges.

Les nouveaux sont désormais nombreux en face de l'école qu'on ne voit jamais, de toutes espèces animales, dans un décor toujours aussi luxuriant. Il est alors temps de dire "à ce soir"... Fleur Oury signe un très joli album sur la première rentrée, doux et apaisant, extrêmement bien construit et à l'excellent rapport texte-images. Il n'élude pas les craintes habituelles et offre d'excellentes réponses, incitant les enfants à découvrir et à grandir. Et j'ajouterai encore que "Premier matin" est remarquablement illustré dans un style naïf qui n'a rien de naïf.

Et encore...

Stephanie Blake
Nultiplications
L'école des loisirs, 40 pages

Les problèmes de Simon avec les tables de multiplication. Plus précisément, la manière dont le lapin blanc résout son problème avec les tables de multiplication. En passant de l'abstrait au concret. Ce qui est aussi une excellente manière de gagner aux billes. Vécu, rigolo et encourageant.


Davide Cali et Benjamin Chaud
Je suis en retard à l'école parce que...
traduit de l'anglais par Sophie Giraud
Hélium, 40 pages

Dans l'esprit du précédent "Je n'ai pas fait mes devoirs parce que...", un catalogue d'excuses à présenter en cas de retard à l'école, à condition de ne pas éclater de rire car elles sont graves: fourmis géantes, voisins guerriers, démons ninjas, majorettes... Et ce n'est que le début de cette incroyable succession de situations abracadabrantes proposées à la maîtresse, laquelle n'est guère impressionnable, la raison dans la dernière image.


Mim et Nathalie Choux
Ouvre la porte de mon école
Albin Michel Jeunesse
16 pages qui se déplient

Un livre à rabats plein de suspense et de surprises pour les plus jeunes. On visite toutes les classes de l'école maternelle où le matériel disparaît comme par enchantement. Plus de peinture ici, plus de stylos là, ni de cerceaux, ni de papier de toilette... Mais il faut regarder les pages avec attention, plein de disparitions s'expliquent déjà en cours de route avant le bouquet final! Joyeux, vivant et coloré.


Bruno Heitz
A l'école de Louisette
Casterman, 104 pages

Une compilation de trois bonnes histoires de Louisette la taupe, héroïne appréciée des écoliers, publiées en solo précédemment. A savoir "Et un raton-laveur!" (tome 4, 2008), "Mouton circus" (tome 3, 2007) et "L'heure du Grimm" (tome 8, 2011). Humour, aventure et un brin d'actualité.



Laurence Salaün avec Emmanuelle Cueff
Gilles Rapaport
A l'école, il y a des règles!
Seuil Jeunesse, 72 pages

L'école est le lieu où les maîtresses répètent inlassablement les mêmes choses, à propos du "bonjour", des retards, des récrés, des pots de colle, des gros mots... Une auteure, une enseignante et un illustrateur ont listé 36 sujets dans les plus répétés et les ont édictés en "règles" à lire par tous les écoliers, petits ou grands. Drôle, si on adhère à ce projet d'école.



Ont déjà été à l'école avec succès. Ou pas.
  • un chien dans "Chien Pourri à l'école" de Colas Gutman et Marc Boutavant (Mouche de l'école des loisirs, 2014)
  • un lapin, Simon, dans "Je veux pas aller à l'école" de Stephanie Blake (l'école des loisirs, 2008), un autre dans "Petit Lapin va à l'école" de Harry Horse (l'école des loisirs/Pastel, 2004)
  • un ourson dans "Calinours va à l'école" de Frédéric Stehr et Alain Broutin (l'école des loisirs, 1994)
  • la fille du roi dans "Même les princesses doivent aller à l'école" de Susie Morgenstern (Mouche de l'école des loisirs, 2008)
  • un dragon dans "Charles à l'école des dragons" (Seuil, 2010)
  • un âne dans "Trotro va à l'école" de Bénédicte Guettier (Gallimard Jeunesse, 2001)
  • une souris dans "Juliette s'inquiète" de Kevin Henkes (Kaléidoscope, 2002, Folio cadet, 2012)
  • un raton-laveur dans "Timothée va à l'école" de Rosemary Wells (l'école des loisirs, 2007, Folio Cadet, 2012)
  • un ornithorynque dans "Mais où est donc Ornicar?" de Gérald Stehr et Willi Glausauer (l'école des loisirs, 2000)
  • un jeune félin dans "L'école d'Eliott" de Françoise de Guibert et Olivier Latyk (Gallimard Jeunesse, 2014)
  • un petit loup dans "Un monde de cochons" de Mario Ramos (l'école des loisirs/Pastel, 2005)
  • des animaux dans "La rentrée des animaux" de Samir Senoussi et Henri Fellner (Gallimard Jeunesse, 2013) 
  • des enfants dans "Nous, on va à l'école en dinosaure!" de Julia Liu et Bei Lynn (Rue du monde, 2010), d'autres dans "A l'école" de Pittau et Gervais (Seuil, 2003)
  • une fillette dans "Rita et Machin à l'école" de Jean-Philippe Arroud-Vignod et Olivier Tallec (Gallimard Jeunesse, 2012)
  • et même les lettres dans "A l'école de l'alphabet" de Lionel Koechlin (Mango, 2013)



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