Nombre total de pages vues

Affichage des articles dont le libellé est JC Lattès. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est JC Lattès. Afficher tous les articles

dimanche 26 mars 2023

Les dix finalistes du Prix Prem1ère 2023


C'est à 14 heures le jeudi 30 mars, premier jour de la Foire du livre de Bruxelles, que sera dévoilé et remis le prix Prem1ère 2023. Lequel/laquelle des dix primo-romancier/ère.s finalistes sera-t-il/elle récompensé.e? Je le sais, mais je ne dirai rien. Cinq des livres datent de la rentrée littéraire d'août 2022, cinq de celle de janvier 2023. 

Rappelons que ce prix est un prix de lecteurs, choisis sur base des dossiers qu'ils ont envoyés à la RTBF, et qu'ils ont à lire les dix premiers romans écrits en langue française qui ont été retenus par un comité de professionnels du livre, libraires, journalistes et critiques littéraires. 

Les finalistes par ordre alphabétique

Philippe Alauzet
"Dans les murmures de la forêt ravie"
Le Rouergue, 2023

(c) Laurent Parson.

Agnès n'a jamais quitté la ferme de Jean, son père. Sa mère a disparu quand elle était adolescente et elle a peu à peu pris sa place. Elle rejette les avances des hommes mais accepte les caresses de Pàl, l'ouvrier étranger qui travaille chez eux. Quand vient de la forêt une bête présumée disparue, décimant les troupeaux, Jean prend un fusil et, suivi de son chien Pentecôte, passe l'orée du bois, les limites du monde.

Un conte noir que l'histoire de la libération d'une enfant blessée, dans un monde clos sur ses silences et ses secrets, où les fantômes rendent l'amour impossible.


Isabelle Blochet
"Descendre vers la mer"
Christian Bourgois, 2023

(c) Gilles Lasselin.

A la lisière d'une forêt de l'Oise, dans les années 70, deux adolescentes et leur jeune sœur se délectent des chansons de Sheila, Claude François et Mike Brandt, le préféré de la benjamine. Le plus souvent, ce sont le "Requiem" de Mozart, "Le Vaisseau fantôme" de Wagner ou "La Tempête"  de Tchaïkovski qui résonnent dans la maison. Le père les écoute à longueur de journée, allongé sur le canapé. Il place la musique au-dessus de tout et refuse qu'une de ses filles abandonne les leçons de piano.

Ce sont les vacances. Le temps des plongeons et de la nage. Le temps du bateau offert par sa femme qui permet de retarder la défense des grands hommes, Mozart et Beethoven. Mais la mer s'agite à nouveau, le père creuse une vague qui s'abat sur sa famille, le ton monte. La plus jeune observe, et tente de cerner cet homme fantasque et colérique. D'où viennent cette tristesse et cette solitude qui l'éloignent irrémédiablement des siens?


Quentin Charrier
"La mémoire de nos rêves"
Grasset, 2023

(c) JF Paga.

Simon, la trentaine, prof en banlieue parisienne comme l'auteur, reçoit un appel de la morgue. Franck Aubert est mort, il faut identifier le corps. Vingt ans d'une amitié étrange défilent soudain: celle qui, depuis l'enfance, l'aura tenu lié à ce gamin frondeur, demi-gitan et orphelin de père devenu délinquant puis caïd. Franck, auquel tout l'opposait, lui, le fils de médecin à l'avenir serein. En même temps que remontent les souvenirs, reviennent les sentiments. Notamment ceux qu'il garde pour Clarisse, son premier amour et ultime pièce de cet impossible trio amical. Les funérailles de Franck lui permettent de la revoir. Ensemble, ils partent dans le centre de la France prévenir la fille et l'ex-compagne de leur ami. Un voyage au coeur de leur mémoire et des rêves qu'ils avaient.


Rémi David
"Mourir avant que d'apparaître"
Gallimard, 2022

(c) Francesca Mantovani.

Lorsque Jean Genet rencontre Abdallah, qui sera un jour la figure centrale de son magnifique texte "Le Funambule", le jeune homme a dix-huit ans à peine et vit à Paris. Genet, quarante-quatre ans, est déjà un écrivain consacré. Il est aussitôt ébloui par le charme de cet acrobate, qui a travaillé plusieurs années au cirque Pinder. Il entreprend le projet fou de le hisser jusqu'à la gloire: son agilité, son expérience du cirque devraient lui permettre de devenir un artiste hors pair. Mais comment, après la chute, demeurer le funambule qui danse dans la lumière, le prodige que le poète a forgé de ses mains? Une histoire d'amour et de fascination réciproques.


Anthony Passeron
"Les enfants endormis"
Globe, 2022

(c) Jessica Jager.

Quarante ans après la mort de son oncle Désiré, Anthony Passeron décide d'interroger le passé familial. Évoquant l'ascension de ses grands-parents devenus bouchers pendant les Trente Glorieuses, puis le fossé grandissant apparu entre eux et la génération de leurs enfants, il croise deux histoires: celle de l'apparition du sida dans une famille de l'arrière-pays niçois – la sienne – et celle de la lutte contre la maladie dans les hôpitaux français et américains. En mêlant enquête sociologique et histoire intime, le primo-romancier évoque la solitude des familles à une époque où la méconnaissance du virus était totale, le déni écrasant, et le malade considéré comme un paria.

 
Laura Poggioli
"Trois sœurs"
L'Iconoclaste, 2022

(c) Céline Nieszawer.

Les trois sœurs du titre sont assises côte à côte dans l'entrée d'un appartement moscovite. Elles ont dix-sept, dix-huit et dix-neuf ans. Elles attendent l'arrivée de la police, à quelques mètres du corps inerte de leur père, Mikhaïl Khatchatourian, qu'elles ont tué. Depuis des années, après avoir terrorisé leur mère, il s'en prenait à elles, les insultait, les frappait, nuit et jour. La presse s'empare de leur histoire.

Les visages insouciants des trois gamines, dissimulant les supplices endurés si longtemps, questionnent l'autrice. Elle se souvient de sa jeunesse moscovite où elle rencontra Marina, son amie la plus chère, et Mitia, son amour violent. Il lui donnait parfois des coups, mais elle pensait que c'était peut-être aussi de sa faute. Alors que Laura Poggioli reconstitue la vie de ces trois sœurs, son histoire personnelle ressurgit.


Polina Panassenko
"Tenir sa langue"
L'Olivier, 2022

(c) Patrice Normand.

"Ce que je veux, moi, c'est porter le prénom que j'ai reçu à la naissance. Sans le cacher, sans le maquiller, sans le modifier. Sans en avoir peur. " Elle est née Polina mais la France l'a appelée Pauline. Quelques lettres et tout change. À son arrivée enfant à Saint-Étienne, au lendemain de la chute de l'URSS, elle se dédouble: Polina à la maison, Pauline à l'école. Vingt ans plus tard, elle vit à Montreuil. Elle a rendez-vous au tribunal de Bobigny pour tenter de récupérer son prénom.

Ce premier roman est construit autour d'une vie entre deux langues et deux pays. D'un côté, la Russie de l'enfance, celle de la datcha, de l'appartement communautaire où les générations se mélangent, celle des grands-parents inoubliables et de Tiotia Nina. De l'autre, la France, celle de la materneltchik, des mots qu'il faut conquérir et des Minikeums.


Neïla Romeyssa
"Brûleurs"
JC Lattès/La Grenade, 2023

(c) Patrice Normand.

De sa fenêtre, Salim regarde la mer, le mouvement des vagues et, enfin, il se sent vivre. Ici, à Alger, le soleil brille mais le quotidien est gris. Pas de boulot. Pas de perspective ni d'espoir. Il n'y a que de mauvaises cigarettes, de mauvaises bières et de mauvaises nuits. C'est la désillusion, et Salim ne veut pas être un désillusionnaire de plus. Il va partir, prendre la mer et rejoindre l'Europe, pour y libérer son énergie et réaliser son envie d'avenir. Mais comment faire? 


Alexandre Valassidis
"Au moins nous aurons vu la nuit"
Gallimard/Scribes, 2022

(c) Francesca Mantovani.

"Toute cette époque, c'était des jours comme aujourd'hui. Des jours du ventre mou de l'été. Où le ciel s'affaisse. En se couvrant de longues traînées mauve et noir. De grandes fleurs tristes." Dans une ville où règnent la langueur et l'ennui, où des immeubles sombres barrent l'horizon, un jeune homme, Dylan, disparaît dans des circonstances propres à susciter toutes les interrogations. Fuite, fugue, meurtre? Pour combler cette absence, le narrateur retrace ce qu'il sait de Dylan, approfondit son mystère, raconte les heures passées à errer tous les deux au cœur de la nuit et qui ont scellé leur amitié. Ces nuits à ne rien se dire, à observer. Jusqu'au jour où les deux jeunes hommes se surprennent à faire un détour dans leur itinéraire…


Daphné Vanel
"Jusqu'à la mer"
Mialet-Barrault, 2023

(c) Maxime Reychman.

Un jeune homme déambule dans un monde semblable au nôtre et pourtant subtilement différent. D'où lui vient cet étrange détachement qui le fait affronter sans broncher les situations les plus imprévues et les personnages les plus inattendus? Chaque chapitre est une surprise, chaque rencontre un étonnement. Avec sa phrase toujours juste et terriblement efficace, Daphné Vanel nous offre un texte remarquable où chaque trouvaille est un enchantement.






mercredi 9 novembre 2022

Le prix Jean Giono à Sandrine Collette


Décerné au meilleur "raconteur d'histoires", pour un ouvrage en français laissant une large place à l’imagination, à l’image de l’écrivain dont il porte le nom, le prix Jean Giono 2022 a été attribué ce mardi 8 novembre au restaurant La Méditerranée, en parallèle au prix Médicis (lire ici), à Sandrine Collette, 52 ans, pour dixième son roman, "On était des loups" (JC Lattès). La lauréate s'est dite "très touchée de recevoir ce prix dont les critères sont le style et l'élégance."

Présentation de l'éditeur.
Ce soir-là, quand Liam rentre des forêts montagneuses où il est parti chasser, il devine aussitôt qu'il s'est passé quelque chose. Son petit garçon de cinq ans, Aru, ne l'attend pas devant la maison. Dans la cour, il découvre les empreintes d'un ours. À côté, sous le corps inerte de sa femme, il trouve son fils. Vivant. Au milieu de son existence qui s'effondre, Liam a une certitude. Ce monde sauvage n'est pas fait pour un enfant. Décidé à confier son fils à d'autres que lui, il prépare un long voyage au rythme du pas des chevaux. Mais dans ces profondeurs, nul ne sait ce qui peut advenir. Encore moins un homme fou de rage et de douleur accompagné d'un enfant terrifié.

Jury: Paule Constant de l'Académie Goncourt (présidente), Metin Arditi, Tahar Ben Jelloun de l'Académie Goncourt, David Foenkinos, Franz-Olivier Giesbert, Sylvie Giono, Robert Kopp, Emmanuelle Lambert, Vera Michalski, Marianne Payot et Etienne de Montety.

samedi 1 octobre 2022

Les premières sélections des prix littéraires

Matilda, de Roald Dahl, dessinée par Quentin Blake. (c) Gallimard Jeunesse.

En cette fin septembre, les grands prix littéraires français ont révélé leurs premières sélections. Au total, 116 livres ont été repérés par les jurys des dix prix suivants, présentés selon la date de remise des prix, sachant que certains ne choisissent que des romans français, d'autres y joignent des romans étrangers ou des essais: Décembre, Académie française, Goncourt, Renaudot, Femina, Médicis, Flore, Wepler, Interallié et Giono. Parmi ces 116 auteur(e)s, une seule Belge, Eva Kavian dont "L'engravement" (Editions La Contre Allée) est retenu au prix Wepler.

Parmi ces 116 auteur(e)s, treize arborent trois ou quatre ou cinq sélections. Bien sûr, cela va changer lors des tours suivants. Et cela ne dit rien des lauréats.
  • Actuellement, Claudie Hunzinger figure en tête avec "Un chien à ma table" (Grasset), présent dans cinq sélections: Académie française, Renaudot, Femina, Médicis et Giono.
  • Emma Becker, dans quatre avec "L'inconduite" (Albin Michel): Décembre, Renaudot, Flore et Interallié.
  • "Le cœur ne cède pas" (Flammarion), la brique de Grégoire Bouillier, est aussi présente quatre fois, mais ailleurs: Goncourt, Renaudot, Femina, Wepler.
  • Dix autres noms apparaissent chacun trois fois.
  • Anthony Passeron, "Les enfants endormis" (Globe): Décembre, Flore, Wepler.
  • Brigitte Giraud, "Vivre vite" (Flammarion): Décembre, Goncourt, Femina.
  • Giuliano da Empoli, "Le Mage du Kremlin" (Gallimard): Académie, Goncourt, Interallié.
  • Monica Sabolo, "La vie clandestine" (Gallimard): Goncourt, Renaudot, Médicis.
  • Nathan Devers, "Les Liens artificiels" (Albin Michel): Goncourt, Renaudot, Médicis.
  • Pascale Robert-Diard, "La Petite menteuse" (L'Iconoclaste): Académie, Goncourt, Interallié.
  • Polina Panassenko, "Tenir sa langue" (L'Olivier): Femina, Médicis, Wepler.
  • Sandrine Collette, "On était des loups" (JC Lattès): Renaudot, Femina, Giono.
  • Sybille Grimbert, "Le dernier des siens" (Anne Carrière): Académie, Renaudot, Femina.
  • Yves Ravey, "Taormine" (Minuit): Goncourt, Renaudot, Femina.
  •  

Pour ceux que cela intéresse, voici les premières sélections des dix prix in extenso. C'est un peu long et un peu fastidieux, je suis d'accord.

Prix littéraires 2022

Décembre (26 octobre)

Basile Panurgias, Le Doute (Robert-Laffont)
Brigitte Giraud, Vivre vite (Flammarion)
Catherine Millet, Commencements (Flammarion)
Sélim Nassib, Le tumulte (L'Olivier)
Pacôme Thiellement, Paris des plongeurs (Seuil)
Lola Lafon, Quand tu écouteras cette chanson (Stock)
Maria Larrea, Les gens de Bilbao naissent où ils veulent (Grasset)
Anthony Passeron, Les enfants endormis (Globe)
Emma Becker, L'inconduite (Albin Michel)
Corentin Durand, L'inclinaison (Gallimard)

Académie française (27 octobre)

Pierre Adrian, Que reviennent ceux qui sont loin (Gallimard)
Giuliano Da Empoli, Le Mage du Kremlin (Gallimard)
Pauline Dreyfus, Le Président se tait (Grasset)
Sibylle Grimbert,Le Dernier des siens (Anne Carrière)
Félicité Herzog, Une brève libération (Stock)
Claudie Hunzinger, Un chien à ma table (Grasset)
Yasmina Khadra, Les Vertueux (Mialet-Barraut)
Alain Mabanckou, Le Commerce des allongés (Seuil)
Jean Michelin, Ceux qui restent (Héloïse d'Ormesson)
Pascale Robert-Diard, La Petite Menteuse (L'Iconoclaste)
Emmanuel Ruben, Les Méditerranéennes (Stock)

Goncourt (3 novembre)

Muriel Barbery, Une heure de ferveur (Actes Sud)
Grégoire Bouillier, Le cœur ne cède pas (Flammarion)
Nathan Devers, Les liens artificiels (Albin Michel)
Giuliano da Empoli, Le Mage du Kremlin (Gallimard)
Carole Fives, Quelque chose à te dire (Gallimard)
Sabyl Ghoussoub, Beyrouth-sur-Seine (Stock)
Brigitte Giraud, Vivre vite (Flammarion)
Sarah Jollien-Fardel, Sa préférée (Sabine Wespieser)
Cloé Korman, Les Presque Sœurs (Seuil)
Makenzy Orcel, Une somme humaine (Rivages)
Yves Ravey, Taormine (Minuit)
Pascale Robert-Diard, La petite menteuse (L'Iconoclaste)
Emmanuel Ruben, Les Méditerranéennes (Stock)
Monica Sabolo, La vie clandestine (Gallimard)
Anne Serre, Notre si chère vieille dame auteur (Mercure de France)

Renaudot (3 novembre)

* Romans
Emma Becker, L'inconduite (Albin Michel)
Grégoire Bouillier, Le cœur ne cède pas (Flammarion)
Antoine Choplin, Partie italienne (Buchet-Chastel)
Sandrine Collette, On était des loups (J-C Lattès)
Nathan Devers, Les liens artificiels (Albin Michel)
Sybille Grimbert, Le dernier des siens (Anne Carrière)
Hubert Haddad, L'invention du diable (Zulma)
Claudie Hunzinger, Un chien à ma table (Grasset)
Sylvie Le Bihan, Les sacrifiés (Denoël)
Simon Liberati, Performance (Grasset)
Laurence Nobecourt, Opéra des oiseaux (Grasset)
Christophe Ono-Dit-Biot, Trouver refuge (Gallimard)
Michel Quint, La printanière (Serge Safran)
Yves Ravey, Taormine (Minuit)
Monica Sabolo, La vie clandestine (Gallimard)
* Essais
Anne Akrich, Le sexe des femmes (Gallimard)
Philippe Bordas, Le célibataire absolu (Gallimard)
Guillaume Durand, Déjeunons sur l'herbe (Bouquins)
Raphaël Gaillard, Un coup de hache dans la tête (Grasset)
Iegor Gran, Z comme zombie (P.O.L.)
Lola Lafon, Quand tu écouteras cette chanson (Stock)
Jean-Paul Mari, Oublier la nuit (Buchet Chastel)
Minh Tran Huy, Un enfant sans histoire  (Actes Sud)
Benoît Peeters, Robbe-Grillet, l'invention du Nouveau Roman (Flammarion)
Jean-Claude Perrier, Le Photographe de Notre-Dame (Cerf)
Olivier Philipponat, Géographie des peuples fabuleux (Buchet Chastel)

Femina (7 novembre)

* Romans français
Miguel Bonnefoy, L'inventeur (Rivages)
Grégoire Bouillier, Le cœur ne cède pas (Flammarion)
Thierry Clermont, Long Island Baby (Stock)
Sandrine Collette, On était des loups (JC Lattès)
Brigitte Giraud, Vivre vite (Flammarion)
Sybille Grimbert, Le dernier des siens (Anne Carrière)
Claudie Hunzinger, Un chien à ma table (Grasset)
Oriane Jeancourt-Galignani, Quand l'arbre tombe (Grasset)
Marie Nimier, Petite sœur (Gallimard)
Christophe Ono-Dit-Biot, Trouver refuge (Gallimard)
Polina Panassenko, Tenir sa langue (L'Olivier)
Yves Ravey, Taormine (Minuit)
Lucie Rico, GPS (P.O.L.)
Olivia Rosenthal, Un singe à ma fenêtre (Verticales)
Maud Simonnot, L'heure des oiseaux (l'Observatoire)
Anne-Sophie Subilia, L'épouse (Zoé)
* Romans étrangers
Viola Ardone, Le choix, traduit par Laura Brignon (Albin Michel)
Russell Banks, Oh, Canada, traduit par Pierre Furlan (Actes Sud)
Gabriel Byrne, Mes fantômes et moi, traduit par Diane Meur (Sabine Wespieser)
Mia Couto, Le cartographe des absences, traduit par Elisabeth Monteiro Rodrigues (Métailié)
Rachel Cusk, La dépendance, traduit par Blandine Longre (Gallimard)
Nathan Harris, La douceur de l'eau, traduit par Isabelle Chapman (Philippe Rey)
Angelika Klüssendorf, Le 34 septembre, traduit par Justine Coquel (Jacqueline Chambon)
Andreï Kourkov, Les abeilles grises, traduit par Paul Lequesne (Liana Levi)
Jarred McGinnis, Le lâche, traduit par Marc Amfreville (Métailié)
Lutz Seiler, Stern 111, traduit par Philippe Giraudon (Verdier)
Alexander Starritt, Nous, les Allemands, traduit par Diane Meur (Belfond)
Maria Stepanova, En mémoire de la mémoire, traduit par Anne Coldefy-Faucard (Stock)
Brandon Taylor, Real life, traduit par Héloïse Esquié (La Croisée)
Colm Toibin, Le magicien, traduit par Anna Gibson (Grasset)
Juan Gabriel Vasquez, Une rétrospective, traduit par Isabelle Gugnon (Seuil)
Hanya Yanagihara, Vers le paradis, traduit par Marc Amfreville (Grasset)

Médicis (8 novembre)

* Romans français
Claire Baglin, En Salle (Minuit)
Emmanuelle Bayamack-Tam, La Treizième Heure (P.O.L.)
Diaty Diallo, Deux secondes d'air qui brûle (Seuil)
Virginie Despentes, Cher connard (Grasset)
Claudie Hunzinger, Un chien à ma table (Grasset)
Victor Jestin, L'Homme qui danse (Flammarion)
Tristan Jordis, Le pays des ombres (Stock)
Cloé Korman, Les Presque Sœurs (Seuil)
Emma Marsantes, Une mère éphémère (Verdier)
Catherine Millet, Commencements (Flammarion)
Polina Panassenko, Tenir sa langue (L'Olivier)
Olivia Rosenthal, Un singe à ma fenêtre (Verticales)
Monica Sabolo, La Vie clandestine (Gallimard)
Anne Serre, Notre si chère vieille dame (Mercure de France)
Anne-Sophie Subilia,  L'Epouse (Zoé)
* Romans étrangers
Allison Bechdel, Les secrets de la force surhumaine, traduit de l'américain par Lili Sztajn (Denoël Graphic)
Maria Sonia Cristoff, Mal d'époque, traduit de l'espagnol (Argentine) par Anne Plantagenet (Le Sous-Sol)
Elin Cullhed, Euphorie, traduit du suédois par Anna Gibson (L'Observatoire)
Gyrdir Eliasson, Requiem, traduit de l'islandais par Catherine Eyjolfsson (La Peuplade)
Anna Hope, Le Rocher blanc, traduit de l'anglais par Elodie Leplat (Le Bruit du monde)
Andreï Kourkov, Les abeilles grises, traduit du russe (Ukraine) par Paul Lequesne (Liana Levi)
Nicola Lagioia, La Ville des vivants, traduit de l'italien par Laura Brignon (Flammarion)
Leila Mottley, Arpenter la nuit, traduit de l'américain par Pauline Loquin (Albin Michel)
Alexander Starritt, Nous les Allemands, traduit de l'anglais par Diane Meur (Belfond)
Maria Stepanova, En mémoire de la mémoire, traduit du russe par Anne Coldefy-Faucard (Stock)
Colm Toibin, Le Magicien, traduit de l'anglais (Irlande) par Anna Gibson (Grasset)
Allen S.Weiss, L'Autobiographie de Teddy, traduit de l'américain par Jean-François Allain (Gallimard)

Interallié (9 novembre)

Pierre Adrian, Que reviennent ceux qui sont loin (Gallimard)
Emma Becker, L'Inconduite (Albin Michel)
Nathan Devers, Les Liens artificiels (Albin Michel)
Giuliano Da Empoli, Le Mage du Kremlin (Gallimard)
Fabrice Gaignault, La vie plus douce (Grasset)
Judith Housez, Chateaubriand à Saint-Tropez (Équateurs)
Philibert Humm, Roman fleuve (Équateurs)
Tristan Jordis, Le pays des ombres (Stock)
Émilienne Malfatto, Le colonel ne dort pas (Sous-sol)
Pascale Robert-Diard, La Petite menteuse (L'Iconoclaste)

Prix de Flore (10 novembre)

Emma Becker, L'Inconduite (Albin Michel)
Bertrand Blier, Fragile des bronche (Seghers)
Diaty Diallo, Deux secondes d'air qui brûle (Seuil)
Joffrine Donnadieu, Chienne et louve (Gallimard)
Clovis Goux, Les poupées (Stock)
Mirwais Ahmadzai, Les tout-puissants (Séguier)
Anthony Passeron, Les enfants endormis (Globe)
Basile Panurgias, Le doute (Robert Laffont)
Laura Poggioli, Trois sœurs (L'Iconoclaste)

Wepler (14 novembre)

Grégoire Bouillier, Le cœur ne cède pas (Flammarion)
Corinne Desarzens, Un Noël avec Winston (La Baconnière)
Eva Kavian, L'engravement (Éditions La Contre Allée)
Jean Baptiste Maudet, Tropicale tristesse (Le Passage)
Polina Panassenko, Tenir sa langue (L'Olivier)
Anthony Passeron, Les enfants endormis (Globe)
Guillaume Perilhou, Ils vont tuer vos fils (L'Observatoire)
Laurence Potte-Bonneville, Jean-Luc et Jean-Claude (Verdier)
Lucie Rico, GPS (P.O.L)
Jane Sautière, Corps flottants (Verticales)
Anne Savelli, Musée Marilyn (Inculte)
Kinga Wyrzykowska, Patte blanche (Seuil)

Giono (novembre)

Muriel Barbery, Une heure de ferveur (Actes Sud)
Mathieu Belezi, Attaquer la terre et le soleil (Le Tripode)
Violaine Bérot, C'est plus beau là-bas (Buchet Chastel)
David Bosc, Le pas de la demi-lune (Verdier)
Sandrine Collette, On était des loups (J-C Lattès)
Claudie Hunzinger, Un chien à ma table (Grasset)
Xavier Le Clerc, Un homme sans titre (Gallimard)
Jean-Noël Pancrazi, Les années manquantes (Gallimard)
Simon Parcot, Le bord du monde est vertical (Le Mot et le Reste)
Maud Simonnot, L'heure des oiseaux (L'Observatoire)



vendredi 30 juillet 2021

Enfin, la fin de la série "50 nuances de Grey"

Une histoire d'amour qui s'est déjà écoulée à plus de 150 millions d'exemplaires de par le monde? C'est la très navrante série culte "50 nuances de Grey" dont vient de sortir en français le sixième et dernier tome qui était, nous dit l'éditeur, tant attendu. "More Grey, cinquante nuances plus claires par Christian" d' E L James (traduit de l'anglais par Denyse Beaulieu,  Dominique Defert et  Carole Delporte, JC Lattès, 550 pages) est paru juste avant les vacances.
Une page se tourne donc, la série ayant commencé il y a dix ans. Fin 2017, à la sortie du tome 5, je vous en disais tout le mal que j'en pensais. Que j'en pensais même depuis le début. C'est à lire ici

Pour l'éditeur, c'est évidemment tout bénéfice. Et on peut le comprendre en ces temps difficiles pour l'édition, surtout s'il investit ses bénéfices dans d'autres genres plus littéraires.

Voici comment il présente ce tome final: 
"Une page se tourne… Après 10 ans d'un tourbillon romantico-érotique qui a déchaîné les passions et révolutionné le monde de l’édition, la saga "Fifty Shades of Grey" touche à sa fin avec la sortie du 6e et dernier tome: "More Grey", dans lequel romantisme et érotisme atteignent leur paroxysme!
150 millions d'exemplaires vendus, des livres traduits en 50 langues, une série de films ayant généré plus d'un milliard de dollars de recette… les chiffres de la saga "Fifty Shades of Grey" donneraient presque le tournis! De son propre aveu, E L James, l'auteure, ne s'attendait pas à un tel succès. Et le dernier tome ne devrait pas déroger à la règle… d'autant qu'il offre un tout nouveau regard sur la saga et ses personnages. Une fin en apothéose qui devrait combler les fans, tout en les laissant sans aucun doute un peu déçus de devoir dire adieu à Christian et Anastasia, qui figurent désormais dans la liste des couples de fiction mythiques.
Ici, on redécouvre leur histoire à travers les yeux de Christian, le personnage qui a capturé le cœur des fans avec son histoire oscillant entre ombre et lumière. On ne peut pas vous en dire plus, au risque de vous gâcher la surprise de la découverte, mais sachez que ce dernier tome donne les clés pour mieux comprendre Christian, enfant maltraité et abandonné devenu l'un des milliardaires les plus convoités des USA. "More Grey" est aussi l'occasion d'une plongée très caliente dans l'univers du bondage et du SM… Passé maître dans le domaine, Christian ne mâche pas ses mots quand il s'agit de décrire les ébats avec sa chère et tendre, et les lecteurs ne devraient pas s'en plaindre! Il ne retient pas non plus ses émotions. Dans ce couple, le dominant n'est peut-être finalement pas celui que l'on croit. Eh oui, dans ce dernier tome, Christian se révèle un amoureux transi et ultra dépendant de son épouse, tandis qu'Ana s'affirme et rejette toute forme de soumission… sauf dans la chambre à coucher bien sûr! "More Grey"  permet aussi de découvrir sous un jour nouveau les différents personnages de la série, notamment les membres de la famille de Christian, grâce à une multitude de scènes inédites. Une jolie manière de célébrer les 10 ans d'une saga qui, si l'on en croit la dévotion de ses fans, n'a pas fini de faire parler d'elle!" 
Sans commentaire.

Pour feuilleter en ligne le début de "More Grey", c'est ici.


Demain, un anniversaire de dix ans d'un tout autre genre!




mardi 2 mars 2021

Les dix finalistes du Prix Prem1ère 2021


Qui sera le lauréat du prix Prem1ère 2021 (RTBF), prix récompensant chaque année un premier roman écrit en langue française (lire ici)? Verdict le 4 mars.
Les titres finalistes ont été choisis par un comité de professionnels du livre, libraires, journalistes et critiques littéraires (Deborah Danblon, Régis Delcourt, Kerenn Elkaïm, Emmanuelle Jowa, Christine Pinchart et Laurent Dehossay) avant d'être soumis à un jury de dix auditeurs de la Première, présidé par Laurent Dehossay.

Les dix finalistes

Ludovic Manchette
Christian Niemiec
"Alabama 1963"
Le Cherche-Midi

Cap sur les États-Unis, en Alabama, en 1963, au cœur d'une tragédie: la disparition de plusieurs fillettes noires à Birmingham. Sur une toile de fond extrêmement sombre, ségrégation raciale, Ku Klux Klan, assassinat de Kennedy, les auteurs nous racontent comment deux êtres que tout oppose vont apprendre à se connaître et à se respecter avec leurs différences.



David Fortems
"Louis veut partir" 
Robert Laffont

En route vers Bogny-sur-Meuse, petite ville des Ardennes françaises, près de Charleville-Mézières, pour suivre l'enquête menée par Pascal, ouvrier dans la quarantaine, sur le suicide de son fils, Louis, 18 ans. Un garçon passionné par la lecture, bon élève. D'où l'incompréhension totale du père. Passée la stupéfaction, il part à la recherche de la vérité. Louis se révèlera avoir été un parfait inconnu pour lui.
 


Dima Abdallah
"Mauvaises herbes"
Sabine Wespieser

L'histoire d'une petite fille née à Beyrouth pendant la guerre civile. Elle n'a pas peur et ne pleure pas car son papa l'attend et la protège. Mais celui qui est un géant aux yeux de sa fille, sait toute son impuissance. Ce sera ensuite l'exil à Paris. Pour elle, pas pour lui. C''est en devenant mère qu'elle tentera de se délivrer de ce passé meurtrier.



Christophe Perruchas
"Sept gingembres"
Rouergue/La Brune

Antoine, quadragénaire, est cadre dirigeant dans une agence de publicité parisienne plutôt prospère. Père attentionné, mari aimant, manager efficace. Mais si Antoine est un winner, il y a une faille … #balancetonporc… Antoine va faire l'objet d’une plainte pour harcèlement sexuel. La jolie photo se déchire alors de toute part.



Maylis Adhémar
"Bénie soit Sixtine" 
Julliard

Sixtine, jeune fille très pieuse, nous ouvre la porte du milieu fondamentaliste catholique français. Sa rencontre avec Pierre-Louis, qui a mis la barre très haut dans la pratique des valeurs chrétiennes. Son mariage foireux dès la nuit de noces. Sa réduction au statut de mère. Ses désillusions devant les affirmations de son mari et de ses semblables. Son effroi lors de leurs expéditions punitives. Mais Sixtine est aussi une combattante, celle de sa liberté de vivre.



Emmanuelle Dourson
"Si les dieux incendiaient le monde"
Grasset

Les histoires de familles finissent-elles mal? Pas sûr, même si elles sont traversées par la douleur et les ruptures. Celle-ci va du départ brutal de la fille cadette qui restera silencieuse pendant une quinzaine d’années et deviendra une pianiste renommée basée à New York. L'annonce d'un concert d'elle à Barcelone, met sa famille est en émoi. Serait-ce l'occasion de se réunir?



Dimitri Rouchon-Borie
"Le Démon de la Colline aux Loups" 
Le Tripode

Descente dans l'âme humaine dans ce qu'elle a de plus noir, avec ce journal d'un homme en prison et perdu à jamais. Il raconte l'impensable, ce qui lui est arrivé. Une enfance dévastée par des adultes monstrueux. Un sauvetage par les services sociaux. Un âge adulte empli de douleur, de rage et de violence et d'amour. Sauf que les démons, trop souvent, triomphent de l'amour.



Emmanuel Chaussade
"Elle, la mère"
Minuit

Lors de sa mise en terre, une mère va se révéler à travers les souvenirs du fils, narrateur de l'histoire. Amour, colère, incompréhension, admiration, déception devant cette femme à la puissante personnalité. Une femme qui s'est voulue libre à une époque sans #metoo. Au final, une femme seule, qui a refusé d'être une victime, n'épargnant personne et certainement pas son fils.



Anthony van den Bossche
"Grand Platinum"
Seuil

Une sorte de fable sur les temps présents, aux côtés de Louise, jeune et dynamique entrepreneuse qui tente de récupérer les magnifiques carpes japonaises, des koïs, que son père décédé, a dispersées dans plusieurs plans d'eau de la capitale, en toute illégalité.



Abdelhafid Metalsi
"La colline à l'arbre seul"
JC Lattès/La Grenade

Des gamins, issus de milieux modestes, redoublent de débrouillardise pour se payer des séances de cinéma et des canettes de boissons gazeuses sirotées au coin d'un feu sur lequel ils font cuire des patates. Pour trouver l'argent, ils récupèrent cartons et bouteilles consignées qu'ils revendent à un ferrailleur. Mais la petite bande n'est pas la seule à exploiter le filon. 



(c) Les illustrations proviennent du site de la RTBF.


mardi 28 avril 2020

Une révolte au nom de toutes les femmes

Temps de lire, de relire, de découvrir, de se souvenir, de faire fondre sa PAL,
pour les petits et pour les grands #confinothèque24

Par Sarah Trillet, invitée de LU cie & co


Nina Bouraoui. (c) Sarah Trillet.


Dans "Otages" (Editions J-C Lattès, 170 pages), son dix-septième roman, Nina Bouraoui nous raconte un séisme, le drame intime d'une femme ordinaire. Sylvie Meyer a la cinquantaine. Femme volontaire et fiable, parcours sans faute, elle semble parfaitement emboîtée dans le puzzle type de la réussite personnelle et sociale. Mère de deux enfants et cheffe de département dans une entreprise de production, elle poursuit une vie certes sans sel mais qui lui apporte une sécurité confortable.




Première faille. Lorsque son mari lui annonce qu'il la quitte, elle reste de marbre et elle poursuit, sans bruit, sa routine quotidienne.

Deuxième faille. Lorsque son employeur lui impose de collaborer au plan de licenciement de son entreprise, elle s'exécute. Elle obéit avec zèle et, en s'acquittant de cette terrible tâche, elle ressent une forme de jouissance coupable. En vain tente-t-elle de rationaliser la justesse de ses actes. Ce faisant,  elle se détache d'autant plus d'elle-même et de ses valeurs. C'est en goûtant au pouvoir de vie ou de mort sur ses collègues et par l'exercice même de cette violence que le bât blesse enfin. Meurtrie d'avoir étouffé ses principes les plus élémentaires en participant à ce qu'elle considère être un désastre, elle finit de se consumer. Le fragile édifice sur lequel sa vie reposait s'effondre.

A ses yeux, elle n'est plus qu'une enveloppe détestable, haïssable. Vide.
"(...) Le plus grave c’est que tu m'as donné le goût du pouvoir, du vrai pouvoir. Celui qui permet de détruire ou de sauver quelqu'un."
"(...) Et j'ai trouvé ça grisant. Et pire encore, ça m'a excitée. J'adorais. J'y pensais tout le temps. Et tu sais pourquoi? Parce que j'ai cru que j'avais gagné en dignité. J'étais devenue quelqu'un,  j'existais, alors que c'était tout le contraire. Je suis devenue une moins que rien. Je suis devenue ce que je déteste chez les autres, ceux qui profitent du malheur et qui en tirent satisfaction."
Cette reprise de conscience douloureuse la reconnecte à son sens moral et fait rejaillir du plus profond de sa mémoire une tristesse intime, ancienne et attachée à un souvenir d'une violence inouïe.

C'est le point de rupture. Le long silence de Sylvie se mue en rage. Sous une impulsion irrépressible, sa révolte se fixe sur son employeur, Andrieux, à qui elle fait subir un scénario dans lequel les rôles de prédation sont inversés. Réduit pour quelques heures à l'état de captif, il paie, par l'effroi, la monnaie de toutes les violences qu'il a exercées, en tant qu'employeur, en tant qu'homme sur les femmes mais aussi et surtout en tant que représentant de la domination masculine.
"(...) car c'est ça qui m'a choquée dans cette histoire de vivier, c'est la morale: l'histoire d'un type derrière son bureau qui est au-dessus des hommes et des femmes, qui se permet de les piétiner, de jouer avec leurs nerfs, de les humilier même, oui, car c'est toujours de l'humiliation de douter du travail des autres et pire c'est une mise en péril en fait, le doute c'est un petit coup de canif à chaque fois, et au bout de cent petits coups de canif, c'est simple, on crève. On ne crève pas en vrai, on tient toujours debout, on se réveille, on se lave, on se nourrit, on conduit les enfants à l'école, on pointe, on se met au travail, mais à l'intérieur de soi c'est mort, et tous les gestes aussi deviennent morts, et finie la performance, on se sabote: on a été mis en péril."
Par cet acte irréparable, Sylvie se sacrifie et se condamne en toute conscience. Surtout, elle reprend sa liberté. Elle se libère radicalement des servitudes et dépendances qui ont toutes à leur manière, en sourdine, peu à peu asséché sa vie.

Par son geste, elle proclame haut et fort son refus d'un monde qui s'en prend à la liberté des femmes, à leur corps et surtout à leur élan de vie ultime: le désir, qui se nourrit de l'estime de soi et meurt avec elle.

L'héroïne se pose en vengeresse et se révolte non seulement au nom de toutes les femmes mais aussi contre tous les enfermements et ce qui, dans nos vies, nous réduit au silence et aux rôles de captifs.
"(...) tous les jours quand tu la regardes tu pries pour ne pas retrouver la tristesse qui mangeait mes yeux car c'est cette putain de tristesse que tu n'avais pas comprise dont je ne t'ai jamais parlé, qui a tout brûlé. Sois serein, vis ta vie, cette tristesse n'est qu'à moi et tu vois quand je t'écris j'aime qu'elle existe car cela veut dire que moi aussi j'existe encore un peu."
Adapté d'un texte destiné au théâtre, un monologue écrit pour le "Paris des femmes" (festival dédié aux auteurs féminins), "Otages", roman rédigé à la première personne est d'une infinie justesse.  L'écriture de Nina Bouraoui est raffinée, incisive, projetée en salves et tout à la fois d'une délicate beauté poétique.


Pour lire les premières pages de "Otages", c'est ici.






lundi 24 février 2020

Les dix finalistes du prix Prem1ère 2020


Qui sera le lauréat du prix Prem1ère 2020 (RTBF), prix récompensant chaque année un premier roman écrit en langue française, sorti en librairie entre la rentrée littéraire d'automne 2019 et janvier 2020 et succédera à Alexandre Lenot, lauréat 2019 (lire ici)? Verdict le jeudi 5 mars à 14 heures, le premier jour de la Foire du livre de Bruxelles (lire ici).

Les titres finalistes ont été choisis par un comité professionnel  (Kerenn Elkaïm, Laurent Dehossay, Christine Pinchart, Emmanuelle Jowa, Deborah Danblon, Régis Delcourt) avant d'être soumis à un jury de dix auditeurs/trices de la Première et présidé par Laurent Dehossay.

Les dix romans finalistes

"Deux kilos deux", Gil Bartholeyns (JC Lattès)
"Une histoire de France", Joffrine Donnadieu (Gallimard)
"Le planisphère Libski",  Guillaume Sørensen (L'Olivier)
"Rhapsodie des oubliés", Sofia Aouine (La Martinière)
"Avant que j'oublie", Anne Pauly (Verdier)
"Il fait bleu sous les tombes", Caroline Valentiny (Albin Michel)
"Gaule-Orient-Express", Matthieu Poux (Actes Sud)
"Ténèbre", Paul Kawczak (La Peuplade)
"Sœur", Abel Quentin  (L'Observatoire)
"Nul si découvert", Valérian Guillaume (L'Olivier)

Les auteurs sélectionnés sont invités dans l'émission "Le Mug" (La Prem1ère, de 9 à 10 heures) depuis le 20 février jusqu'au 4 mars.

samedi 22 juin 2019

Un grand poète tunisien parmi les 64 écrivains distingués par l'Académie française pour 2019

Tahar Bekri. (c) Sophie Bassouls.

Ce jeudi 20 juin, l'Académie française a communiqué son palmarès pour l'année 2019. Un palmarès fort de 64 distinctions (lire en fin de note), sachant que le Grand Prix du Roman sera, comme de coutume, décerné à l'automne. 64 distinctions, cela fait du monde, et du beau monde. On relève avec plaisir les noms d'Olivia de Lamberterie, Michel Le Bris, Vincent Delerm, Guy Boley,  Hervé Bentégeat dont la pièce "Meilleurs Alliés" a été créée par des acteurs belges, dix ans après son écriture, sans oublier celui du poète tunisien Tahar Bekri, né à Gabès en 1951 mais vivant à Paris depuis 1976 après deux séjours dans la prison de Borj Erroumi et qui participa notamment au "Journal des poètes" publié à Bruxelles.


Les derniers livres parus de Tahar Bekri


Le dernier ouvrage en date de Tahar Bekri est le livre de poésie "Désert au crépuscule" (Editions Al Manar, 2018). Dans la grande tradition poétique arabe qui évoque le désert, ce recueil se soulève contre une réalité mondiale habitée par la volonté de mort. Les quarante chants adressés au désert comme à une personne sont complétés d'un quarante-et-unième, liste de crimes jihadistes. Des invocations qui célèbrent la vie, l'attachement à la beauté des êtres et des lieux mais se heurtent à la réalité. Passé et présent personnels et collectifs, Histoire et actualité s'entremêlent et se dressent contre l'insoutenable.

Extrait.
"XIII
Te revoilà désert
Aux piliers brisés
Dans la litanie des remparts
Les portes ouvertes aux brigands
Il y a le Livre des morts
Remplissant la vallée des Anubis
Il y a les restes âcres de mon acacia
Brûlé au couchant qui décline
Et des échassiers englués
Au dépôt des plumes"


Notons aussi le récent passage en poche de l'ouvrage "Le livre du souvenir - Dans la beauté du monde et sa fureur" (Editions Elyzad, 2007 et 2016). Paris, Copenhague, Kairouan, Montréal, Istanbul, Barcelone, Madagascar, Boston, Fort-de-France, Gabès... Ses voyages d'exilé permettent à Tahar Bekri de parler de mémoire, de la fuite du temps, de la nostalgie du pays natal.
Le poète apporte une réflexion sur la littérature et l'art et réagit aux événements dans le monde (le 11 septembre 2001, le Liban...). Dans son écriture habitée par l'émotion, le souvenir est à la fois pilier contre l'oubli et fenêtre ouverte sur le large.



"Poésie de Palestine" (Editions Al Manar, 2013) est une anthologie rassemblée par Tahar Bekri. Il en dit ceci: "Tous les poètes [rassemblés ici] disent avec humanité leur besoin de justice. Sans haine ni violence. Parfois avec humour. Ou plutôt, avec ironie et dérision. Ils revendiquent une vie simple, presque ordinaire, sans guerre, ni occupation. Avoir le droit de vivre libre, en paix, parmi les siens, sur sa propre terre. Ils ont choisi, malgré le poids de la tragédie et la violence du désespoir, la parole poétique pour dire leur être. Le poème est un acte de civilisation. Leur vérité est universelle, généreuse, fraternelle. Tant de souffrance fait écrire à leur poème le besoin d’amour, de beauté. Ils écrivent l'attention au monde, sa réalité insoutenable, rêvent d'un monde possible, à construire comme une utopie commune, sans arrogance ni mensonge."


"Au souvenir de Yunus Emre" (Editions Elyzad, 2012) a la particularité d'être en édition bilingue français-arabe. Inspiré par son voyage en Turquie sur les traces du grand poète soufi de l'amour Yunus Emre (1238-1320), Tahar Bekri  réaffirme, avec modernité, la liberté humaine.
Loin des visions et des dogmes obscurs, sa poésie, habitée d’interrogation philosophique et de sagesse universelle, célèbre la vie, l’amour, la paix sur la terre, ici-bas.


Dans "Je te nomme Tunisie" (Editions Al Manar, 2011), Tahar Bekri propose des poèmes ne répondant pas à l'urgence, mais la précédant. Il faut se rappeler que les textes ont été écrits au moment de la révolution. Ils disent l'amour de la Tunisie, avec émotion et passion, et reviennent sur le passé douloureux du poète (il fut emprisonné longtemps), le liant au présent d'un peuple qui s'est soulevé pour sa dignité et sa liberté. En Tunisie, à Paris ou en Bretagne, les souvenirs personnels, les paysages, les rythmes et les métaphores s'entremêlent pour célébrer la vie et s'opposer à la volonté de mort.


Extrait
"Je t'aime
Dans les lueurs étincelantes
Dans l’envolée des rayons comme des rubis
Dis au soleil
Libère ta lumière
L’éclipse est sœur des potentats
Suppôts tapis dans les pliures sans relâche
Dis au soleil
La rumeur par-delà les haies
Paraphe nos désirs de pleine lune
Cyprès figuiers de barbarie et alfa
Pour tanner nos visages
Nulle peur ne se terre
Mais la torche neuve et résolue"

Enfin, "Salam Gaza" (Editions Elyzad, Tunis, 2010) est un journal personnel, traversé de poésie, dans lequel s'esquisse une interpellation morale de l'Histoire. Il a été écrit au jour le jour, à partir du 27 décembre 2008, date à laquelle l'armée israélienne a déclaré la guerre à Gaza. Meurtri, le poète note au jour le jour son indignation, échange via Internet avec des intellectuels de toutes origines, dénonce les projets expansionnistes, l'indifférence internationale, ou presque. Qu'en est-il de la conscience universelle? Il ira aussi en mars 2009 à Ramallah, à Naplouse, à Jérusalem-Est et à Bir Zeit pour un cycle de lectures où il sera confronté à la réalité de la vie en Palestine occupée. Il livre aussi ce voyage, ses rencontres, ses impressions où affleurent colère et émotion.

Extrait.

"Salam sur GAZA

Dans les bras de la lumière
Et la beauté du monde

En dépit du plomb durci
A la barbe des sanguinaires

Ces flocons de neige
Pour apaiser la terre

Du feu qui lui brûle les lèvres
Pourquoi aimez-vous tant les cendres

Quand la braise nourrit mon cœur
Tendre dans les cours des rivières

Pourquoi détruisez-vous mon limon
Réduit en poussière

Le soleil vous fait-il peur
De voir votre propre ombre"
Paris 30 décembre 2008

Littératures de Tunisie

Bien entendu, Tahar Bekri n'est pas le seul écrivain à avoir vu le jour en Tunisie. Curieusement, les écrivains tunisiens ne sont pas vraiment répertoriés. La preuve. Qui peut en citer cinq sans réfléchir, alors qu'on le fait sans problème pour de nombreux autres pays? C'est dire si l'épais ouvrage que signent Samia Kassab-Charfi et Adel Kheder, "Un siècle de littérature en Tunisie 1900-2017" (Honoré Champion, 550 pages) est providentiel et bienvenu. On y trouve tout ce que les littératures contemporaines ont produit dans ce pays et ailleurs, car sont repris dans cette gigantesque et passionnante recension aussi bien ceux qui habitent toujours en Tunisie que ceux qui ont choisi de la quitter pour diverses raisons. En plus, sont associés ici aussi bien les écrivains en langue arabe que ceux en langue française. Le reflet de l'association des auteurs qui sont respectivement Professeure de littératures française et francophones à l'Université de Tunis et Professeur de littérature et de civilisation arabe à l'Université de la Manouba (Tunis).

Si l'ouvrage est érudit, il se veut surtout un guide pour celui qui s'intéresse au sujet sans trop connaître l'histoire de la Tunisie. Ainsi le premier chapitre rappelle-t-il les grands chapitres de son histoire. Ensuite place à une traversée littéraire longue d'une centaine d'années, du début du XXe siècle  jusqu'au début du XXIe. En tout, on recense 800 entrées dans l'index des noms, preuve que toutes les parts des littératures tunisiennes ont été explorées, poésie, nouvelle, roman, essai, théâtre, et cela par des plumes tunisiennes ou issues des minorités et des diasporas, d'hier et d'aujourd'hui. C'est passionnant, varié, riche,agréablement structuré, complété d'une anthologie de textes d'auteurs arabes, d'une de textes d'auteurs français, d'un index des personnes et d'un index des lieux.
Alors ces cinq noms? Personnellement, sans réfléchir, je dirais, Tahar Bekri, Hubert Haddad (lire ici), Colette Fellous (lire ici), Fawzia Zouari (lire ici) et Mustapha Tlili (lire ici). Il y en a évidemment quelques centaines d'autres, dont certains noms me reviennent déjà, Abdelwahab Meddeb, Sophie Bessis, Hélé Béji, Gisèle Halimi, Hédi Kaddour....

Formidable boulot que ce "Siècle de littérature en Tunisie" qui donne une immense envie de plonger dans les œuvres de tous ceux et celles qui ont été croisés au fil des pages.












Le palmarès complet de l'année 2019


GRANDS PRIX


Grand Prix de la Francophonie
M. Abdeljalil Lahjomri (Maroc) et M. Petr Král (République tchèque)

Grande Médaille de la Francophonie
M. Jean Pruvost (lexicologue)

Grand Prix de Littérature
M. Régis Debray, pour l'ensemble de son œuvre (divers prédites)

Grand Prix de Littérature Henri Gal
Prix de l'Institut de France
M. Michel Le Bris, pour "Pour l'amour des livres" (Grasset) et l'ensemble de son œuvre

Prix Jacques de Fouchier
M. Claude Martin, pour "La diplomatie n'est pas un dîner de gala. Mémoires d'un ambassadeur" (L'Aube)

Grand Prix Michel Déon
M. Stéphane Hoffmann (Albin Michel)

Prix de l'Académie française Maurice Genevoix
M. Jean-Marie Planes, pour "Une vie de soleil" (Arléa) et l'ensemble de son œuvre

Grand Prix Hervé Deluen
M. Dai Sijie (Chine, Gallimard principalement)

Grand Prix de Poésie
M. Pierre Oster, pour l'ensemble de son œuvre poétique

Grand Prix de Philosophie
M. Jacques Bouveresse, pour l'ensemble de son œuvre

Grand Prix Moron
Mme Barbara Stiegler, pour "Il faut s'adapter" (Gallimard)

Grand Prix Gobert
M. Philippe Joutard, pour "La Révocation de l'édit de Nantes ou les Faiblesses d'un Etat" (Gallimard) et l'ensemble de son œuvre

Prix de la Biographie (littérature)
M. Georges Forestier, pour "Molière" (Gallimard)

Prix de la Biographie (histoire)
M. Olivier Varlan, pour "Caulaincourt" (Nouveau monde Eds)

Prix de la Critique
M. Jean Céard, pour l'ensemble de ses travaux critiques

Prix de l'Essai
Mme Anne de Lacretelle, pour "Tout un monde. Jacques de Lacretelle et ses amis" (Editions de Fallois)

Prix de la Nouvelle
M. Louis-Antoine Prat, pour "Belle encore et autres nouvelles" (Somogy)

Prix d'Académie
Mme Dominique Schnapper, pour "La Citoyenneté à l'épreuve. La démocratie et les juifs" (Gallimard) et l'ensemble de son œuvre
M. Michel Collot, pour son œuvre poétique et critique
M. René Hénane, pour "Aimé Césaire, une poétique" (Orizons)
M. Denis Lalanne, pour "Dieu ramasse les copies" (Atlantica)

Prix du cardinal Grente
P. Jean-Yves Lacoste, pour l'ensemble de son œuvre

Prix du Théâtre
M. Edouard Baer, pour l'ensemble de son œuvre dramatique

Prix du Jeune Théâtre Béatrix Dussane-André Roussin
M. Hervé Bentégeat, pour "Meilleurs Alliés"

Prix du Cinéma René Clair
Mme Valeria Bruni-Tedeschi, pour l'ensemble de son œuvre cinématographique

Grande Médaille de la Chanson française
M. Vincent Delerm, pour l'ensemble de ses chansons

Prix du Rayonnement de la langue et de la littérature françaises
Mme Silvia Baron Supervielle, femme de lettres franco-argentine
Mme Nurith Aviv, cinéaste israélienne
M. Tahar Bekri, poète tunisien
Mme Marie-Noëlle Craissati, d'origine égyptienne, fondatrice des éditions Alexandrines qui publient notamment la collection "Le Paris des écrivains"
M. Gérald Larose, chef de file du syndicalisme québécois, qui a œuvré pour la défense du français dans la société québécoise

PRIX DE FONDATIONS
PRIX DE POÉSIE

Prix Théophile Gautier
M. James Sacré, pour "Figures de silences"

Prix Heredia
M. Denis Rigal, pour "La Joie peut-être"

Prix François Coppée
M. Sébastien Fevry, pour "Solitude Europe"

Prix Paul Verlaine
M. Pascal Riou, pour "D'âge en âge"

Prix Maïse Ploquin-Caunan
M. Gabriel Zimmermann, pour "Depuis la cendre"

PRIX DE LITTÉRATURE ET DE PHILOSOPHIE

Prix Montyon
Mme Olivia de Lamberterie, pour "Avec toutes mes sympathies" (Stock, lire ici)

Prix La Bruyère
M. Martin Rueff, pour "Foudroyante pitié. Aristote avec Rousseau, Bassani avec Céline et Ungaretti" (Mimésis) et pour "À coups redoublés. Anthropologie des passions et doctrine de l'expression chez Jean-Jacques Rousseau" (Mimésis)

Prix Jules Janin
M. Jean-Claude Schneider, pour sa traduction des "Œuvres complètes" d'Ossip Mandelstam (Le Bruit du temps/La Dogana)

Prix Émile Faguet
M. Stéphane Zékian, pour son édition critique des éloges de Ronsard, Michelet, Chénier, Gautier, Fontenelle, Vigny et Taine, proposés par Thibaudet au concours d'éloquence de l'Académie française

Prix Louis Barthou
M. Michel Bernard, pour "Le Bon Cœur" (La Table Ronde)

Prix Anna de Noailles
Mme Paule Du Bouchet, pour "Debout sur le ciel" (Gallimard)

Prix François Mauriac
M. Bruno Pellegrino, pour "Là-bas, août est un mois d'automne" (Zoé)

Prix Georges Dumézil
M. Alain Boureau, pour "Le Feu des manuscrits. Lecteurs et scribes des textes médiévaux" (Les Belles Lettres)

Prix Roland de Jouvenel
M. Florent Couao-Zotti, pour "Western tchoukoutou" (Gallimard)

Prix Biguet
M. Florian Michel, pour "Étienne Gilson. Une biographie intellectuelle et politique" (Vrin)

Prix Jacques Lacroix
M. Baptiste Morizot, pour "Sur la piste animale" (Actes Sud)

PRIX D'HISTOIRE


Prix Guizot
M. Marcel Gauchet, pour "Robespierre, l'homme qui nous divise le plus" (Gallimard)
M. Jean-Pierre Cabestan, pour "Demain la Chine: démocratie ou dictature?" (Gallimard)

Prix Thiers
M. Philippe Apeloig, pour "Enfants de Paris (1939-1945)" (Gallimard)

Prix Eugène Colas
M. François Dosse, pour "La Saga des intellectuels français (1944-1989)" (Gallimard)
M. Gérard Noiriel, pour "Une histoire populaire de la France. De la guerre de Cent Ans à nos jours" (Agone)

Prix Eugène Carrière
Mme Sophie Mouquin, pour "Versailles en ses marbres. Politique royale et marbriers du roi" (Arthena)

Prix du maréchal Foch
M. Jean-Vincent Holeindre, pour "La Ruse et la Force. Une autre histoire de la stratégie" (Perrin)

Prix Louis Castex
MM. Jean-Arnault Dérens et Laurent Geslin, pour "Là où se mêlent les eaux. Des Balkans au Caucase, dans l'Europe des confins" (La Découverte)

Prix Monseigneur Marcel
Mme Catherine Kikuchi, pour "La Venise des livres (1469-1530)" (Champ Vallon)
M. Shinichiro Higashi, pour "Penser les mathématiques au XVIe siècle" (Garnier)

Prix Diane Potier-Boès
Mme Oissila Saaïdia, pour "L'Algérie catholique. Une histoire de l'Église catholique en Algérie" (Payot)

Prix François Millepierres
Mme Claudia Moatti, pour "Res publica". Histoire romaine de la chose publique" (Fayard)

Prix Augustin Thierry
M. Jean-Charles Ducène, pour "L'Europe et les géographes arabes du Moyen Age" (CNRS Editions)


PRIX DE SOUTIEN À LA CRÉATION LITTÉRAIRE


Prix Henri de Régnier
Mme Charlotte Hellman, après "Glissez, mortels" (Philippe Rey)

Prix Amic
Mme Diane Mazloum, après "L'Âge d'or" (JC Lattès)

Prix Mottart
M. Guy Boley, après "Quand Dieu boxait en amateur" (Grasset)

On le voit, Gallimard est l'éditeur qui ramasse le plus de récompenses.