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samedi 20 avril 2024

Les prix Scam et SACD belges 2023 célèbrent les femmes artistes

La proclamation festive et colorée.

 
Roulements de tambour, et même "pour de vrai" en cette soirée du vendredi 19 avril. Les comités belges de la Scam et de la SACD ont proclamé leurs prix 2023 lors de la traditionnelle soirée festive "Famous in Belgium". Un palmarès féminin en ce qui concerne la Scam, très féminin pour la SACD, présenté par deux maîtresses de cérémonie, la rouge et la noire, Marie-Paule Cumps et Isabelle Wéry.
 

Palmarès 2023

Prix Scam

 
Prix du documentaire audiovisuel - Coline Grando, pour "Le Balai libéré, écoutez cette histoire que l'on m'a racontée". La réalisatrice confronte l'histoire des femmes de ménage de l'UCL des années 70 qui ont mis leur patron à la porte et ont créé leur propre coopérative aux nettoyeurs et nettoyeuses d'aujourd'hui.
"L'argent, c'est le nerf de la guerre, surtout en documentaire. Avec ce film, j'ai eu assez d'argent pour faire tout ce que je voulais. C'est une chance."


Prix parcours sonore - Anne Versailles, la "géopoète" qui peint avec des mots et des sons.
"Le parcours est un chemin. Le prix est un cadeau du chemin. Le parcours est aussi le droit de libre circulation, ce que j'ai trouvé dans le son."


Prix parcours littéraire - Ariane Le Fort, enseignante et romancière, formidable créatrice d'histoires littéraires (lire ici).
"J'ai appris ce prix au moment où j'ai décidé d'arrêter d'écrire. La disparition des éditions ONLIT, la difficulté du secteur du livre... J'écris depuis plus de trente-cinq ans, une littérature de l'intime. Ce prix va-t-il me faire continuer?"

 
Prix parcours texte et image - Dominique Goblet, dessinatrice, autrice de bande dessinée, plasticienne, enseignante.
"Je remercie les mourants, je remercie les vieux, je remercie les malades, (...) je remercie ceux qui ramassent, ceux qui réparent (...)"


Âmes sœurs de la Scam
  • Ariane Herman (librairie Tulitu)
  • Pauline David (Le P'tit Ciné - Regards sur les Docs)
  • l'équipe de Radio Panik
 

Prix commun SACD x Scam  

 
La Scam et la SACD s'unissent dans ce prix qui salue une autrice multiforme, Karine Birgé, ainsi que sa complice Marie Delhay, pour son documentaire "Bon voyage" et son travail avec la compagnie Karyatide.
 

Prix SACD  

 
Prix spectacle vivant - Eline Schumacher, pour "L'amour c'est pour du beurre".
 
Prix théâtre jeune public - Marie Burki, Garance Durand-Caminos et Tom Geels, pour "Dominique toute seul".
 
Prix humour - Boris Prager, pour "Tuning", sa première pièce.
 
Prix cinéma - Emmanuelle Nicot, pour "Dalva".
 
Prix série - Sophia Perié, Barbara Abel, Julien Gras-Payen et Indra Siera, pour "Attraction".
 
Prix radio - Camille Freychet, pour "Ouvrir la brèche".
 
Jumelles d'or
  • Le Créahmbxl et le Créahm Liège
  • The Extraordinary Film Festival
 
Un texte de Jean-Pierre Verheggen lu par Frédéric Young, délégué général de la Scam et de la SACD pour la Belgique, a clôturé la proclamation. Roulement de tambours et levers de verre, la soirée "Famous in Belgium" débutait.
 

 

 

 


vendredi 5 avril 2024

Le palmarès 2024 des prix de littérature de l'Union européenne (EUPL)

Le palmarès #EUPL2024.
 
Premier jour de Foire du livre de Bruxelles? Journée de récompenses littéraires. Le prix Prem1ère en début d'après-midi (lire ici), les prix de littérature de l'Union européenne EUPL en début de soirée.
 
Les treize romans finalistes en 2024.

Treize finalistes avaient été sélectionnés pour l'édition 2024 du prix EUPL, clôturant le cinquième cycle de trois ans de cette récompense initiée en 2009 - un tiers environ des pays participe chaque année du cycle. Douze d'entre eux étaient présents à l'espace Place de l'Europe de la FLB pour l'annonce du palmarès. Un lauréat et cinq mentions spéciales ont été désignés par le jury européen.

Theis Ørntoft, lauréat 2024, entre la maîtresse de cérémonie Isabelle Wéry
et le président du jury, Andreï Kurkov.

Lauréat

  • L'écrivain danois Theis Ørntoft (né en 1984) pour son roman "Jordisk" (Terrestre), paru chez Gyldendal. En cinq mini-romans percutants, une fresque transgénérationnelle sur 600 pages et trois générations, de 1967 à 2036.

 

 

Mentions spéciales

  • Le Bulgare Todor Todorov (né à Sofia en 1977) pour "Хагабула" (Hagabula), publié chez Janet 45. Une expédition qui se déroule au XVIe siècle donne une histoire alternative et utopique de l’Occident
  • L'Allemand Deniz Utlu (né à Hanovre en 1983) pour "Vaters Meer" (La mer de mon père), paru chez Suhrkamp. Une conversation imaginaire entre un fils et son père handicapé qui ne peut plus s'exprimer qu'en clignant les yeux.
  • L'Islandaise María Elísabet Bragadóttir (née en 1993) pour "Sápufuglinn" (L'oiseau en savon), publié chez Una útgáfuhús. Un recueil de trois histoires qui explorent avec nuance diverses émotions de l'expérience humaine.
  • La Hollandaise Sholeh Rezazadeh (née à Tabriz, Iran, en 1989) pour "Ik ken een berg die op me wacht" (Je connais une montagne qui m'attend), publié chez Ambo|Anthos. Aras, une rivière iranienne raconte poétiquement l'histoire d'un peuple nomade qui s'est installé sur ses rives.
  • La Slovène Tina Vrščaj (née en 1987) pour "Na klancu" (Sur Pente), publié par Cankarjeva založba. Vivre sur une colline ou descendre dans la plaine? Un mouvement qui suit celui d'un couple de parents.
 

 
Le jury 2024, convoqué sur scène par son président.

Le jury 2024 présidé par Andreï Kurkov était composé d'Aurélie Bontout-Roche, Raluca Selejan, Kostas Spatharakis, Elena Loewenthal, Tauno Vahter et Daniel Medin.
 
 





 

Avec Isabelle Wéry (lauréate EUPL 2013) en maîtresse de cérémonie, la séance s'est partagée entre prises de parole officielles plus ou moins amusantes et présentation des écrivains finalistes par séries de trois - la finaliste tunisienne, absente, avait réalisé une vidéo qui a été projetée.

Jean-Luc Treutenaere.

La palme des interventions revient au Français Jean-Luc Treutenaere (EIBF European and International Booksellers Federation et FEP Federation of European Publishers), qui dans un anglais parfait largement teinté d'accent français, a raconté sa vie de lecteur, l'accessit à Sven Gatz (Ministre du Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale, chargé des Finances, du Budget, de la Fonction publique, de la Promotion du multilinguisme et de l'image de Bruxelles) qui s'est exprimé en français, en néerlandais et en anglais.

 

 

Andreï Kurkov.

La proclamation du palmarès par l'écrivain Andreï Kurkov, président du jury EUPL 2024 et invité d'honneur de la Foire du livre de Bruxelles, a été joyeuse et chaleureuse, suscitant beaucoup d'émotions chez les six auteurs invités sur le podium. A noter que le choix des jurés a privilégié la littérature d'immigration. L'Allemand Deniz Utlu, né à Hanovre en 1983, raconte la vie de son père, ouvrier venu d'Anatolie en Allemagne. Née en Iran en 1989, Sholeh Rezazadeh est, elle, arrivée aux Pays-Bas en 2015 et a signé son premier contrat d'édition trois ans après.


Puissent ces six romans prometteurs primés, ainsi que ceux des sept autres finalistes, être traduits dans les différentes langues de l'Union européenne. En attendant, on peut prendre connaissance de ces livres ici. A noter aussi: les anthologies des cinq cycles de trois ans de l'EUPL peuvent être téléchargées ici.

 

Rappel

L'EUPL est soutenu par le programme "Europe créative" (41 pays actuellement) et récompense les meilleurs écrivains de fiction émergents en Europe. Son mérite est de mettre en valeur la littérature contemporaine européenne dans le domaine de la fiction, dont on entend peu parler faute de traductions. Son objectif est évidemment d'encourager le passage en d'autres langues européennes des œuvres choisies.

Le consortium sélectionné par la Commission européenne pour coordonner l'initiative est composé de la Fédération des Éditeurs Européens (FEE) et de la Fédération Européenne et Internationale des Libraires (EIBF).

Le cinquième cycle du projet, entamé en 2022 et achevé hier, s'est accompagné d’une restructuration complète du prix. Désormais, au lieu de désigner un lauréat dans chacun des pays participants (un tiers par édition), un jury européen composé de sept membres désigne un lauréat général pour chaque édition EUPL, tout en attribuant cinq mentions spéciales.

Cinquième cycle (2022-2024)
  • Pays sélectionnés en 2022: Autriche, Belgique (Flandre), Bosnie-Herzégovine, Géorgie, Grèce, Irlande, Italie, Lituanie, Macédoine du Nord, Norvège, Roumanie, Slovakie, Espagne et Ukraine. Palmarès ici
  • Pays sélectionnés en 2023: Arménie, Croatie, Tchéquie, Chypre, Estonie, Finlande, France, Kosovo, Liechtenstein, Luxembourg, Montenegro, Pologne et Suède.Palmarès ici.
  • Pays sélectionnés en 2024: Albanie, Bulgarie, Danemark, Allemagne, Hongrie, Islande, Lettonie, Malte, Pays-Bas, Portugal, Serbie, Slovénie, Tunisie.

 

En route donc pour un sixième cycle.






vendredi 2 juin 2023

En Chine avec Wéry, avec ou sans téléphone


"Wéry"
, comme elle s'autointerpelle dans son dernier livre, l'ébouriffant et séduisant "Selfie de Chine" (Midis de la poésie éditions, 86 pages, 2022) assurément l'écrivaine belge la plus décoiffante de l'époque. Décoiffée aussi, mais ça, c'est autre chose. Bref, Isabelle Wéry est l'invitée de la dernière lecture-spectacle de l'année de la compagnie Albertine, ce lundi 5 juin en soirée au lieu habituel, la magnifique Maison Autrique à Schaerbeek. Le cycle Portées-Portraits présentera une mise en voix et en musique de son récit inspiré par les voyages qu'elle y a faits en 2017 et 2019. Six mois sur place en tout, ouverts au hasard et à l'improvisation, où chaque événement a servi de tremplin à son imagination ou a permis une expérimentation littéraire. Un livre écrit en Belgique pendant la covid et le confinement, en pyjama, tenue tout à fait autorisée le soir à Shanghai.

Que trouve-t-on dans ce "Selfie de Chine"? Un portrait formidablement enchevêtré de l'auteure et du pays. Côté pile, "Wéry" qui est partie là retrouver une amie d'enfance, écrire ce "Selfie de Chine" et "Rouge Western", son quatrième roman (sortie le 31 août aux éditions du Diable Vauvert), rencontrer des écrivains du crû, animer des ateliers littéraires avec des étudiants locaux. Côté face, "Wéry" selon les cinq sens, expériences visuelles, culinaires, musicales, sensuelles..., rencontres au night-club, au salon de massage ou au marché, apprentissage du mandarin, cette langue qui s'écrit en images.

Le selfie qui a le champ large nous présente les lieux parcourus par l'attentive voyageuse, décors d'une expérience poussée à fond. Tout du long des pages, on est en Chine, avec ses habitants, ses écrivains, ses odeurs, ses lumières, ses matins, ses soirs, ses nuits. Le tout dans une écriture dynamique, qui sonne bien à l'oreille, pleine de surprises littéraires. Ici des allitérations et des interpellations, là une lettre ou un poème, ici des nouveaux mots, là, la fameuse écriture inclusive. Isabelle Wéry secoue la langue française et cela lui fait fameusement du bien. On en redemande tant on s'y amuse. Une pagination modeste, moins de quatre-vingts pages, mais un récit tellement dense et riche qu'il en paraît au moins le double. Lecteur gagnant!

La soirée "Portées-Portraits" débutera par une rencontre avec Isabelle Wéry à 19 heures, l'occasion d'un partage avec le public sur son travail.
La lecture-spectacle musicale débutera à 20h15. Le texte sera mis en voix par Lénaïc Brulé, lu par Stéphanie Mangez et accompagné musicalement par Julien Lemonnier.
Un verre est offert par la Compagnie Albertine à la fin de la lecture, donnant l'occasion de trinquer ensemble et de se faire dédicacer un livre par l'écrivain.

Pratique
Où? Maison Autrique, chaussée de Haecht, 266 à 1030 Bruxelles.
Quand? Le lundi 5 juin.
A quelle heure? La lecture-spectacle commence à 20h15. Elle est précédée d'une rencontre avec l'auteure à 19 heures.
Durée? 1 heure.
Combien? 8 euros (possibilité de visiter toute la maison et un verre offert), 5 euros pour les étudiants, gratuit pour le "jeune" de moins de 26 ans qui accompagne un adulte.
Renseignements ici.
Réservation indispensable par mail à reservations.compagniealbertine@gmail.com



Albertine à la Poissonnerie

Le temps d'une soirée, le jeudi 8 juin, la Compagnie Albertine propose un moment solidaire et littéraire autour d'un repas à la Poissonnerie, lieu associatif alternatif schaerbeekois qui ouvre ses portes tous les jeudis soir pour une table d'hôtes. Au programme, un repas et la lecture de deux nouvelles inédites, accompagnée par l'accordéon de Didier Laloy.

Pratique
Quand? Le jeudi 8 juin.
Où? La Poissonnerie, Rue du Progrès 214, 1030 Schaerbeek.
A quelle heure? Dès 20 heures.
Combien? Repas à prix libre (3 euros conseillés) et bar.
Pas de réservation.
Lecture gratuite.



mercredi 10 février 2021

14/02 14.00: sieste poétique en musique

Isabelle Wéry entre Dance Divine et Maud Joiret à droite,
préparatifs de la sieste littéraire.

Artiste associée du Théâtre 140 pour y donner diverses formes de vie à diverses littératures (lire ici), l'autrice belge Isabelle Wéry a eu une nouvelle idée en ces temps de mesures sanitaires liées au coronavirus. En ces temps de fermeture des lieux culturels pour le dire autrement. L'idée d'une sieste littéraire qui serait diffusée en ligne! OK, la sieste littéraire avait déjà été pratiquée au théâtre de l'avenue Plasky (Schaerbeek) dans le cadre du Passa Porta Festival 2019. Mais celle-ci sera différente car numérique. Bien obligé, quand le "présentiel", cet horrible mot, n'est pas possible. Longue d'une heure et une chouquette, la sieste des poètes et poétesses en musique sera diffusée en ligne ce dimanche 14 février à 14 heures sur Bx1+ (co-présentation avec les Midis de la poésie, podcast disponible ensuite). Facile à retenir, le 14 à 14 heures par le 14(0).

Ce sera une heure et une chouquette de mots, de sons, de chants, de mélopées, de textes.
Une heure de poésie mise en notes, "Basta qui rime avec pasta".
Des textes qui éveillent tout de suite des images, qui s'écoutent, qui infusent, qui vous emportent au-delà de vous et vous ramènent à vous-même.
Des voix qui coulent dans l'oreille, y glissent des mots susurrés, ou pas, des mots de douceur, des mots de brutalité, des mots qui s'appellent les uns les autres, à la fois ping-pong littéraire et marabout-boutdeficelle.

Isabelle Wéry...

... et ses quatre complices de sieste littéraire,
Maud Vanhauwaert, Simon Johannin, Maud Joiret et Jean d'Amérique.


Une heure à passer en compagnie de cinq poètes et poétesses qui liront leurs textes, accompagnés par la magnifique musique de Dance Divine. On entendra ainsi Isabelle Wéry lire le poème "J'ai cent ans", Jean d'Amérique "Calcul" et "Nul chemin dans la peau que saignante étreinte", Maud Joiret des extraits de "Cobalt", Simon Johannin "Notes sur la ville", sans oublier la néerlandophone  Maud Vanhauwaert.
 
Performance pour ceux et celles qui lisent leurs poèmes, expérience individuelle pour ceux qui les écoutent, de chez eux ou d'où ils préfèrent. Hommage à la littérature en général, à la poésie en particulier. Nuage de mots et de sons pour entrer à pas comptés dans son imaginaire. 


 





vendredi 7 février 2020

Quatre auteur/autrices sur un canapé

Console, lutrin, canapé attendent les artistes. (c) Laurent de Sutter.


Pas besoin de glisser une pièce dans la fente du juke-box au théâtre 140 pour s'en mettre plein les yeux et les oreilles. Pour célébrer la littérature d'une autre manière. C'est sur la scène du théâtre que se déroule la soirée concoctée par Isabelle Wéry, toujours prête à se lancer dans une aventure inédite. "Stories & juke-box" était la deuxième séance imaginée par elle dans le cadre de la carte blanche que le 140 lui a donnée pour trois ans (lire ici). Une réussite. Tous les sièges étaient en plus occupés, autre réussite.

Quelle est la relation des auteurs à la musique?, s'est demandé Isabelle Wéry. Elle a donc rassemblé quatre auteur/autrices lauréat(es) du Prix de littérature de l'Union européenne, Gabriela Babnik, Carolina Schutti, David Machado et elle-même. Elle les a passé(es) à une double question de Laurent de Sutter. Il/elles étaient ensuite invité(es) à lire dans leur langue (traduction projetée) un extrait de leur livre primé, le fond musical étant l'interprétation live par le DJ et éditeur Pierre De Mûelenaere des musiques qu'il/elles lui avaient confiées un peu plus tôt.

Nonante minutes de bonheur, le temps d'un trajet Thalys sans sanglier sur la voie.
Nonante minutes qui donnent envie de plonger ou de replonger dans les livres entraperçus au cours de ces brillantes lectures.

Début en fanfare avec la Slovène Gabriela Babnik qui a besoin de silence pour écrire(!), mais de musique pour lire. Néanmoins Salif Keita accompagne la lecture de "La saison sèche" (traduit du slovène par Florence Gacoin-Marks (Litterae slovenicae, 2016, 12016, 373 pages), qui se déroule en Afrique et étudie la relation entre  une designer de soixante-deux ans, venue d'Europe centrale,  et un Africain de vingt-sept ans, qui a grandi dans la rue et a été victime de toutes sortes d'abus.



Carolina Schutti entretient, elle, une relation profonde avec la musique. L'Aurichienne a été musicienne avant d'écrire, étudiant la guitare classique et le chant. Elle utilise son savoir musical pour écrire. "Ce qui compte le plus", dit cette amoureuse de la musique baroque et de la musique contemporaine, "c'est l'espace entre les notes et non les notes."
Vivaldi, du jazz et une pièce composée par son mari musicien résonnent pendant la lecture de "Un jour j'ai dû marcher dans l'herbe tendre" (traduit de l'allemand (Autriche) par Jacques Duvernet, Le Ver à soie, 2018, 120 pages), un superbe livre court et dense sur la perte de la mère, la perte de la langue, la perte des souvenirs et les réminiscences fortuites.


Metteuse en scène, actrice, autrice de trois romans, la Belge Isabelle Wéry a la musique dans la peau. "J'écris beaucoup en musique, avec un casque sur mes oreilles. Mais de la musique différente pour chaque roman." Elle lit un extrait de la fin de "Marilyn désossée" (Maelström Editions, 2013, 178 pages) aux sons d'une musique référencée dans le livre et d'artistes berlinois qu'elle a entendus à Shanghai où elle a été en résidence deux mois. Un texte brillant, surprenant, réjouissant, qui passe formidablement bien à l'oral.



Pour le Portugais David Machado, la musique est importante quand il écrit."Il faut que je trouve la bande-son et qu'elle corresponde aux personnages". C'est Bruce Sprinsteen, le boss, qui est revu par le DJ pour ce dernier set, "Indice de bonheur moyen" (traduit du portugais par Vincent Gorse, L'Aube, 2019, 455 pages), un journal intime inversé, qui anticipe le futur et se heurte à la crise qui frappe le pays. Quelques ratés dans la projection de la traduction font hélas un peu perdre le fil de ce texte tentant.




A vos bibliothèques, à vos librairies. L'apéro de nonante minutes ouvre fortement l'appétit de lire.



mercredi 5 février 2020

Isabelle Wéry propose son juke-box au 140

Gabriela Babnik, Carolina Schutti, David Machado, Isabelle Wéry.

Quand il n'y en a plus, il y en a encore, et tant mieux. Au début du mois d'octobre 2019, les prix de littérature de l'Union européenne étaient remis pour la onzième fois à Bruxelles (lire ici). L'année précédente, un recueil célébrait les dix ans de la récompense européenne (lire ici).

Ce jeudi, le 6 février, Isabelle Wéry, la lauréate belge de l'EUPL 2013 aura "carte blanche" au théâtre 140. A cette occasion, celle qui a participé au recueil "European Stories" a invité trois autres lauréats de l'EUPL, David Machado (Portugal 2015), Gabriela Babnik (Slovénie 2013) et Carolina Schutti (Autriche 2015) - les deux derniers ayant également participé au livre des dix ans - pour une soirée littéraire et musicale intitulée "Stories & juke-box".

Les quatre auteurs seront conviés par le philosophe et écrivain belge Laurent de Sutter à discuter des histoires que nous écrivons en Europe. Diffèrent-elles ou non d'un endroit à l'autre, du nord au sud, d'est en ouest? Nous rassemblent-elles, nous opposent-elles? Ils liront des extraits de leurs livres et ils seront accompagnés de musique et de DJ set de l'artiste belge et éditeur Pierre de Mûelenaere (ONLIT, c'est lui).

Rockeuse notoire, Isabelle Wéry s'explique sur son projet:
"La musique joue un rôle important dans les processus de création des artistes en général. La musique, c'est celle qui électrise l'ensemble de notre corps quand nous l'écoutons. C'est celle aussi qui a le pouvoir de provoquer des images dans nos cerveaux. Elle décuple notre pouvoir d'imagination. Qu'en est-il du rôle de la musique durant le travail d'écriture de nos auteur.rice.s invité.e.s? Quelles musiques les accompagnent? Ils et elles ont sélectionné des morceaux de musique pour accompagner leurs lectures que le musicien Pierre de Mûelenaere distille en live, tel un "juke-box de chair et d'os".  Quand les mots s'engorgent de sons et de rythmes, les récits s'illuminent sous nos yeux."

Pratique
Lieu: Le 140, le jeudi 6 février à 20h30
Conception: Isabelle Wéry
Modérateur: Laurent de Sutter
Musique, DJ set live: Pierre de Mûelenaere
Avec : David Machado (Portugal), Carolina Schutti (Autriche), Gabriela Babnik et Isabelle Wéry (Belgique)
Infos et tickets: ici



lundi 26 novembre 2018

Aller en Chine avec Jean-Philippe Toussaint

Jean-Philippe Toussaint.

"Depuis le début des années 2000", écrit Jean-Philippe Toussaint à propos de son nouveau livre "Made in China" (Editions de Minuit, 192 pages), "j'ai fait de nombreux voyages en Chine, je me suis rendu à Pékin, à Shanghai, à Guangzhou, à Changsha, à Nankin, à Kunming, à Lijiang. Rien n'aurait été possible sans Chen Tong, mon éditeur chinois. La première fois que j'ai rencontré Chen Tong, en 1999, à Bruxelles, je ne savais encore quasiment rien de lui et de ses activités multiples, à la fois éditeur, libraire, artiste, commissaire d'exposition et professeur aux Beaux-Arts. Ce livre est l'évocation de notre amitié et du tournage de mon film "The Honey Dress" au cœur de la Chine d'aujourd'hui. Mais, même si c'est le réel que je romance, il est indéniable que je romance."


Ce lundi 26 novembre, à la Maison Autrique (Bruxelles, Schaerbeek), on pourra vérifier cela à la quatrième soirée Portées-Portraits de la saison invitant à "Reculer les murs" (lire ici) car la compagnie Albertine de Geneviève Damas la consacre à Jean-Philippe Toussaint. Isabelle Wéry lira des extraits de "Made in China", accompagnée par Diana Dobrescu à l'électronique, dans une mise en voix d'Antoine Laubin. La lecture-spectacle sera suivie de la projection du court-métrage "The Honey Dress" que Jean-Philippe Toussaint sortit en 2015.

La Chine n'est toutefois pas une terre inconnue pour Jean-Philippe Toussaint. Depuis près de vingt ans, il entretient des relations artistiques et amicales avec ce pays, et, en particulier, avec Chen-Tong, son éditeur et producteur chinois. C'est à l'occasion du tournage en 2014 de "The Honey Dress", la scène qui ouvre "Nue", le dernier roman de son cycle romanesque, "M.M.M.M", qu'il se rend là-bas. "Made in China" est à la fois le journal désopilant des préparatifs du tournage et une réflexion sur le hasard et la fatalité.

Et Jean-Philippe Toussaint ne nous est pas inconnu. Né le 29 novembre 1957 à Bruxelles, il plonge très vite dans l'écriture. En 1985, il publie chez Minuit son premier roman, "La salle de bain", qui remporte un franc succès. Suivront chez le même éditeur une dizaine de romans reconnaissables à leur style épuré, récits minimalistes où personnages et choses n'ont d'autres significations qu'eux-mêmes. Ses œuvres sont traduites dans une vingtaine de langues.  En 2014, il succède à Henry Bauchau au fauteuil 9 de l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique (ARLLFB). Il est également un cinéphile averti, un réalisateur de cinéma, un plasticien et un photographe qui expose, depuis 2000, régulièrement en Europe et au Japon.

Pour lire le début de "Made in China", c'est ici.
Pour visionner "The Honey Dress", c'est ici.

Programme

  • A 19 heures, rencontre avec Laurent Demoulin, auteur et spécialiste de l'œuvre de Jean-Philippe Toussaint
  • A 20h15, lecture-spectacle et projection du court-métrage
  • Vers 21 h 30, échange avec les artistes autour d'un verre offert

Pratique


  • Maison Autrique, chaussée de Haecht, 266 à 1030 Bruxelles.
  • Prix des places: 8 € (qui donne l'occasion de visiter toute la maison)
  • Renseignements et réservation: 02/245.51.87 ou albertineasbl@gmail.com






lundi 10 septembre 2018

A vos livres avec "Notre bibliothèque"


"Notre bibliothèque" est un beau projet, festif et rassembleur, qui vient du Québec où il a été créé il y a deux ans conjointement par le Théâtre Blanc local et notre Théâtre 140 bruxellois. En gros, il s'agit d'inviter le public à apporter des livres qu'il choisit et qui seront lus par des professionnels. Pour que la lecture soit l'affaire de tous. Après avoir été présentée au Musée national des beaux-arts du Québec et à Montréal, "Notre bibliothèque" est arrivée cet été à Bruxelles. Des boîtes à livres ont été créées, des ateliers d'écriture mis en place. Comme une préparation à la quinzaine festive qui commence ce 16 septembre et se clôturera le 29 septembre par une soirée lecture-performance. Au programme: sensibilisation à la lecture et à l'écriture et mise en valeur des auteurs belges francophones. Comment? Par l'installation de bibliothèques de rue, la mise en place d'autres ateliers d'écriture et la programmation d'événements-performances.

Au programme du 16 au 29 septembre

  • Dimanche 16 septembre (journée sans voitures): deux balades contées de trente minutes au départ du théâtre avec le comédien Alexandre Dewez.
  • En septembre: ateliers d'écriture en appartement, sur le modèle des concerts en appartement. Isabelle Wéry se rend chez un riverain du théâtre qui a préalablement constitué un groupe et propose des jeux d'écriture ludique afin de peut-être faire naître des vocations à la pratique de l’écriture.
  • Du mardi 25 septembre au jeudi 18 octobre: exposition dans le hall du 140, des fruits de l'atelier d'écriture en alphabétisation organisé cet été à la Maison des femmes à Schaerbeek par Geneviève Damas.
Thomas Gunzig
  • Mardi 25 septembre: rencontre à Passa Porta à 20 heures avec Thomas Gunzig, l'écrivain belge le plus primé de sa génération, traduit dans le monde entier. Le chroniqueur, auteur de pièces de théâtre, scénariste, photographe par ailleurs parlera de son œuvre, de son parcours singulier, de ses pratiques de lecture et de son rapport aux lecteurs.
  • Mercredi 26 septembre, dans le foyer du 140, en début de soirée: scène slam, co-organisée par Lézarts urbains. Les étudiant de l'Athénée communal Fernand Blum, des slameurs professionnels ainsi que des riverains amateurs  prendront le micro pendant chacun trois minutes afin de dire leur texte.
  • Samedi 29 septembre: en direct sur les ondes de Radio Campus et depuis un estaminet du quartier, David Chazam anime Radio 140. Il interviewera les riverains et des lecteurs participants à la lecture-performance.
  • Samedi 29 septembre, de 18 heures à minuit, lecture-performance et librairie d'un jour (entrée: 8 euros). Qui seront les lecteurs et les lectrices? Des auteurs et des autrices belges francophones. Que liront-ils? Des extraits des livres disponibles sur scène, apportés par les spectateurs, sans préparation aucune et pendant trente minutes. Le tout en parité femmes/hommes de générations différentes, dans plusieurs domaines de l'écrit (roman, bande dessinée, polar, théâtre, chronique, chanson...). Des musiciens du Collectif du Lion improviseront sur scène pour accompagner les lectures suivant leur inspiration. Qui sera la libraire qui s'installera dans le hall du 140? Tulitu. Elle vendra les livres d'auteurs belges francophones dont ceux participant à la lecture-performance. Sont attendus: Isabelle Wéry et Geneviève Damas, Laurent Demoulin, Sébastien Ministru, Thomas Gunzig, Véronique Bergen, Myriam Leroy, Aïko Solovkine, Antoine Boute, Christian Lapointe, co-concepteur du projet, Gioia Kayaga, Laurence Vielle, ainsi que des membres du Collectif Utopique Militant d'Autrices et d'Auteurs Interplanétaire et Transgénérationnel (CUMAAIT), Stan Cotton, Céline Delbecq, Stéphane Bissot, Fabien Dariel, Stéphanie Mangez, Lise Martin, Nicole Desjardins, Pascale Henry, Carine Demange, Michel Bellier, Didier Poiteau, Roxane Lefebvre, Françoise Berlanger, Sarah Brahy, Milady Renoir, Marie Simonet, Frédérique Dolphijn, Catherine Daele, Cathy Min Jung, Sylvie Landuyt , Christine Delmotte, Virginie Thirion, Julien Vargas, Veronika Mabardi, Natacha de Pontcharra, Nathalie Fillion et Alice Piemme.

Quelques-uns des auteurs attendus.

Pour préparer cette performance, des boîtes à livres ont été installées cet été entre les places de Jamblinne de Meux, Chasseurs Ardennais, Dailly et Plasky. Elles annoncent l'événement et invitent riverains et spectateurs à y déposer ou à y prendre un livre. Un fonds de livres a également été constitué grâce à des dons de bibliothèques, de librairies, de bouquinistes et de voisins du 140. Quelques jours avant la lecture, les étagères seront vidées de leur contenu et tous les livres se retrouveront sur scène. Ils seront replacés sur les étagères ensuite.

Renseignements et réservations: le 140.


vendredi 8 juin 2018

A lire, un gros kilo d'"Histoires européennes"


Le bébé vient d'arriver, tout beau, tout gros, tout lumineux, tout bien fait, avec une reliure toilée et un signet. Il pèse 1,311 kg en version papier, beaucoup moins en version électronique (PDF ou EPUB). Il est aussi accessible aux mal voyants (lire ici). Il se nomme "European stories" et consacre les dix ans du Prix européen de littérature. Le recueil réunit les contributions de 36 lauréats du prix, en provenance de 26 pays, sur le thème de l'Europe. Dans la langue de chacun et en traduction anglaise.

Voilà une occasion unique de découvrir les plumes européennes émergentes. De pénétrer dans d'autres imaginaires européens. Voilà une occasion rare d'apprécier d'autres langues, d'admirer d'autres alphabets. Pour fêter les dix ans du Prix de littérature de l'Union européenne, il avait été proposé à l'ensemble des lauréats, soit 108 écrivains honorés depuis 2009, d'écrire une nouvelle sur le thème "Histoire européenne". Trente-six ont répondu à l'appel. Il s'agit de

  1. Myrto Azina Chronides – Chypre (2010)
  2. Gabriela Babnik – Slovénie (2013)
  3. Jean Back – Luxembourg (2010)
  4. Aleksandar Bečanović – Monténégro (2017)
  5. Lidija Dimkovska – FYROM (2013)
  6. Rudi Erebara – Albanie (2017)
  7. Claudiu Florian – Roumanie (2016)
  8. Adam Foulds – Grande-Bretagne (2011)
  9. Jasmin B. Frelih – Slovénie (2016)
  10. Meelis Friedenthal – Estonie (2013)
  11. Antonis Georgiou – Chypre (2016)
  12. Gast Groeber – Luxembourg (2016)
  13. Çiler İlhan – Turquie (2011)
  14. Jānis Joņevs – Lettonie (2014)
  15. Jelena Lengold – Serbie (2011)
  16. Sara Mannheimer – Suède (2012)
  17. Raquel Martínez Gómez – Espagne (2010)
  18. Immanuel Mifsud – Malte (2011)
  19. Walid Nabhan – Malte (2017)
  20. Andrej Nikolaidis – Monténégro (2011)
  21. Armin Öhri – Liechtenstein (2014)
  22. Emmanuelle Pagano – France (2009)
  23. Kallia Papadaki – Grèce (2017)
  24. Ioana Pârvulescu – Roumanie (2013)
  25. Magdalena Parys  – Pologne (2015)
  26. Giedra Radvilavičiūtė – Lituanie (2012)
  27. Carolina Schutti – Autriche (2015)
  28. Faruk Šehić – Bosnie Herzégovine (2013)
  29. Ófeigur Sigurðsson– Islande (2011)
  30. Emilios Solomou – Chypre (2013)
  31. Tanja Stupar Trifunović – Bosnie Herzégovine (2016)
  32. Noémi Szécsi – Hongrie (2009)
  33. Kalin Terziyski – Bulgarie (2011)
  34. Darko Tuševljaković – Serbie (2017)
  35. Isabelle Wéry – Belgique (2013)
  36. Osvalds Zebris – Lettonie (2017)

Tous ces textes nous offrent un kaléidoscope de ce que les auteurs peuvent concocter quand on leur demande d'écrire une nouvelle de fiction sur une thème "Une histoire européenne: les auteurs EUPL écrivent leur Europe". Leurs réponses apparaissent variées, complémentaires, surprenantes parfois, célébrant toujours la littérature. Leurs textes se présentent dans l'ordre alphabétique de leurs noms, précédés d'une notice bio-bibliographique illustrée en anglais, dans la langue originale de l'auteur puis en traduction anglaise.

Voici ce que cela donne pour Isabelle Wéry.

La présentation de l'auteur.

Le début du texte d'Isabelle Wéry.


Evidemment, chacun réagira plus ou moins fort à ces "European stories". En aimera une beaucoup plus que toutes les autres. Pour discerner laquelle est la préférée des lecteurs, les organisateurs du prix européen de littérature ont créé un scrutin en ligne, invitant chacun à voter en ligne (ici) pour son œuvre préférée avant le 21 octobre 2018, au terme de ses lectures.

Dix lecteurs seront invités à assister à Vienne en novembre 2018 à la cérémonie qui récompensera l'auteur préféré par le public, l'auteur préféré par un jury professionnel composé de Maria-João Costa (Portugal), Nina George (Allemagne), Juancho Pons (Espagne), Cathy Rentzenbrink (Royaume-Uni), Liana Sakelliou (Grèce) et Marnix Verplancke (Belgique). D'autres récompenses littéraires seront également remises à cette occasion. Lisons donc européen!

Souvenirs

Rappelez-vous. En 2009 naissait un nouveau prix littéraire, le Prix de littérature de l'Union européenne (European Union Prize for Literature, UEPL), destiné à récompenser les nouveaux talents de la littérature contemporaine dans le domaine de la fiction. Choisi par un jury national, chaque lauréat reçoit 5.000 euros et bénéficie de l'aide de l'Union européenne pour traduire ses œuvres. L'ensemble est organisé par la Commission européenne, la Fédération européenne et internationale des libraires (EIBF), la Fédération des associations européennes des écrivains (FAEE) et la FEE (Fédération des éditeurs européens). Comme il est évidemment difficile de faire concourir tous les états membres de l'Union européenne en même temps, il a été décidé de procéder par trois tranches successives d'une douzaine de pays par édition. Le premier cycle est allé de 2009 à 2011, le deuxième de 2012 à 2014, le troisième de 2015 à 2017.

La Française Emmanuelle Pagano figurait parmi les lauréats 2009 pour son roman "Les adolescents troglodytes" (P.O.L., 2007). Une cérémonie présidée par Henning Mankell et qui s'est déroulée à Bruxelles. Le Belge néerlandophone Peter Terrin apparaît au palmarès 2010, la Française Laurence Plazenet à celui de 2012, pour "L'amour seul" (Albin Michel), la Belge francophone Isabelle Wéry à celui de 2013 pour "Marilyn désossée" (Maelström), la Française Gaëlle Josse  à celui de 2015 pour "Le dernier gardien d'Ellis Island" (Noir sur Blanc/Notabilia), le Belge néerlandophone Christophe Van Gerrewey à celui de 2016.
Tous les textes des auteurs lauréats, dans leur langue originale et en traduction anglaise, figurent dans neuf recueils annuels et trois recueils par langue, disponibles en ligne ici.





lundi 13 mars 2017

Une soirée "Frou-Frou" avec Caroline Lamarche

Caroline Lamarche. (c) Louis Monnier.

La Foire du livre de Bruxelles se termine ce lundi 13 mars à 18 heures. Tôt assez pour prolonger encore peu l'intérêt pour la littérature sen participant à la soirée Portées-Portraits de ce lundi 13 mars à 20h15. Elle est consacrée à "Frou-Frou", une nouvelle inédite de Caroline Lamarche, qui a bien arpenté les allées de Tours & Taxis ces derniers jours. Elle vient de publier un nouveau roman, "Dans la maison du grand cerf" (Gallimard, début à lire ici). Un livre autour de la mort du père, mais pas seulement. Il traite également de l'amour porté à certains hommes, de la place du père, de la mort dans nos sociétés et la puissance de l'art.
Les soirées Portées-Portraits se déroulent à la Maison Autrique où Albertine asbl fait découvrir plusieurs fois par an, des auteurs contemporains, le temps d'une lecture-spectacle d'une heure environ. Des comédiens donnent à entendre des extraits de livres "coups de cœur", accompagnés par des musiciens.

La soirée de ce jour sera donc consacrée à une nouvelle inédite de Caroline Lamarche, au titre réjouissant et plein de promesses. La romancière y donne la parole à une femme qui recueille un canard blessé dans un refuge. Un canard qui, lui dit-on, ne volera plus jamais. Mais la femme met une grande minutie à soigner l'animal, cet animal qui devient sa plus belle histoire d'amour. Le récit d'une fusion entre un être humain et un oiseau porté jusqu'à son terme, le déchirement où chacun se retrouvera face à sa condition propre et inaliénable. Un texte sensible et fort qui pose la question de la frontière entre l'humanité et l'animalité.

Le texte "Frou-frou" sera lu par Isabelle Wéry, accompagnée musicalement par Johanne Samek. La mise en voix sera assurée par Geneviève Damas.


En pratique, verre offert à l'issue de la lecture, rencontre avec Caroline Lamarche dès 19 heures à la Maison Autrique (chaussée de Haecht, 266, 1030 Bruxelles), 8 euros la place (avec visite de toute la maison), renseignements et réservations: 02/245.51.87 ou albertineasbl@gmail.com.








lundi 9 mai 2016

Isabelle Wéry pour la dernière des soirées Portées-Portraits de la saison ce lundi soir


Il fait beau, il fait chaud, c'est le moment idéal pour découvrir ce lundi 9 mai dès 19 heures le petit jardin de la Maison Autrique en ouverture de la dernière soirée Portées-Portraits de la saison (pour rappel: lecture en musique par des acteurs). Ce sera rock à souhait puisque l'auteur contemporain accueilli aujourd'hui sera la Belge Isabelle Wéry, accompagnée de sa "Marilyn désossée" (Maelström, 180 pages, 2013), prix de la littérature de l'Union europénne 2013.

Isabelle Wéry. (c) Alice Piemme.
De son dernier roman en date, la Liégeoise écrit:

"J'aime trop la langue.
Celle aux 18 muscles.
Je la veux contorsionniste.
Qu'elle parle un français animal.
Qu'elle claque aux oreilles, moite et sauvage.
Et que les mots flaquent du stylo.
Comme un alcool de corps.
Oui, l’écriture, comme un alcool de corps."

En effet, physiquement, la langue est capable de mille prouesses et certains logopèdes spécialisés dans ce domaine en font entrevoir les merveilles. Et littérairement, elle est encore capable de bien plus. Isabelle Wéry reprend à propos de "Marilyn désossée": "Je crois que j'ai écrit un road-movie traversant la vie d'une fille, Marilyn Turkey, qui aimerait bien être et homme et femme, puis animaux et quelque chose de végétation."

On peut avoir un aperçu de son livre ici.

C'est donc un OLNI (objet littéraire non identifié) qui clôture la saison de ces soirées littéraires orchestrées par Geneviève Damas. Ce soir, des extraits percutants du texte d'Isabelle Wéry, présente dès 19 heures pour une rencontre avec le public, seront lus par Audrey d'Hulstère accompagnée par Sarah Dupriez au violoncelle. La mise en voix sera assurée par  Emmanuel Dekoninck.

La lecture sera suivie de l'annonce de la saison prochaine et du verre traditionnel.

Infos pratiques

Lundi 9 mai 2016 à 20 h 15
Maison Autrique, chaussée de Haecht, 266 à 1030 Bruxelles.
8 € (qui vous donne l’occasion de visiter toute la maison)
renseignements et réservation conseillée : 02/245.51.87 ou albertineasbl@gmail.com