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mercredi 23 février 2022

Les lauréats des BolognaRagazzi Awards 2022

Une double page de l'album "Des trucs comme ci, des trucs comme ça"
 de la Belge Bernadette Gervais, mention spéciale en catégorie Non-Fiction
(c) Editions des Grandes Personnes

Pluie de récompenses à la Foire internationale du livre pour enfants de Bologne, qui se tiendra en présentiel du 21 au 24 mars prochains. Les BolognaRagazzi Awards 2022 viennent d'être dévoilés. On y retrouve avec grand plaisir toute une série de livres nés en français, l'un dû à la Belge Bernadette Gervais, deux qui avaient déjà été honorés de Pépites au Salon de Montreuil dernier, d'autres encore en BD. On remarque toutefois que l'ensemble des albums de fiction apparaissent dans une seule catégorie alors que la bande dessinée est partagée en trois classes d'âge. Bref, il ne faudra pas pleurer sur l'effacement de l'album au profit des BD.

L'édition 2022 a été rude pour les différents jurys de l'édition 2022 des BolognaRagazzi Awards: 2.215 livres en provenance de 62 pays (20 nations de plus que précédemment) leur ont été soumis, 630 de plus qu'en 2021 et 365 de plus qu'en 2020, années Covid, faut-il le rappeler. Deux années où la Foire elle-même n'a pu se tenir en présentiel.

Les prix se partagent entre Fiction (1.200 livres proposés, quasi la moitié), Non-Fiction, Première Œuvre (150 propositions), BD et Poésie cette année.

Les différents jurys:
  • Fiction, Non-Fiction, Première Œuvre et New Horizons: Olivia Ahmad (éditrice, Grande-Bretagne), Antonio Alessandro Di Cicco (graphiste, Italie), Magalí Homs Ros (designer, Espagne), Yuliia Kozlovets (organisatrice de festival, Ukraine), Alessandra Starace (libraire, Italie).
  • BD: Sonia Déchamps (Festival d'Angoulême, France), Paul Gravett (écrivain et éditeur, Grande-Bretagne), David Schilter (éditeur, Lettonie),  Alberto Sebastiani (chercheur, Italie).
  • Poésie: Chiara Basile (libraire, Italie), Denis Beznosov (poète, Russie), Mateja Bizjak-Petit (poétesse, France), Caterina Ramonda (auteure, Italie), Morag Styles (professeur, Grande-Bretagne).

A noter que cette année, pour la première fois, seront aussi exposés à la Foire une centaine de livres non primés mais presque, en parallèle à la traditionnelle exposition des lauréats et des mentions spéciales.


Palmarès

Catégorie fiction


Prix


À qui appartiennent les nuages?
Mario Brassard
Gérard DuBois
La Pastèque

Des souvenirs d'enfance pour se rappeler d'où on vient et apprendre parfois où aller.






Mentions spéciales


¿Qué tiene un bosque?
Yael Frankel
Claraboya Ediciones










Summer
Suzy Lee
BIR Publishing Co.










Fechamos
Gilles Baum
Régis Lejonc
Les Editions des Éléphants

Le dernier jour du gardien au musée qui ferme ses portes faute de visiteurs, faute d'argent.





Catégorie Non-Fiction


Prix


Monstres Sacrés:
Voyage au cœur des volcans
Julie Roberge
Aless MC
La Pastèque

Entre science, histoire et légendes fantastiques, un voyage à la découverte des plus célèbres volcans.




Mentions spéciales


Para que serve?
José Maria Vieira Mendes
Madalena Matoso
Planeta Tangerina

A quoi ça sert?
José Maria Vieira Mendes
Madalena Matoso
traduit par Anne-Flore Durand
Gallimard Jeunesse

Un livre plein de questions



Des trucs comme ci, des trucs comme ça
Bernadette Gervais
Editions des Grandes Personnes

Un imagier de deux cents images réalisées au pochoir et au pinceau où l'artiste présente, réunis par doubles pages, des objets et des animaux rangés de façon très personnelle. Une façon d'organiser le monde, poétique et humoristique. 



Father's big hands
Choi Deok-Kyu
YUN Edition










Catégorie Première Œuvre 


Prix


Les Reflets d'Hariett
Marion Kadi
L'Agrume

La rencontre entre une petite fille timide et le reflet d'un lion facétieux.







Mentions spéciales


Det var en gång och blir så mycket mer
Johanna Schaible
Piratförlaget

"Il était une fois" revu à la mode philosophique pour construire un meilleur avenir.






Fluidoteca
Berta Páramo
Litera libros

Un inventaire des fluides corporels.








Catégorie Bande dessinée Junior


Prix


Bienvenue à Bibiville
Éponine Cottey
Éditions 2024

Bibiville est le refuge pour tous les bibis abandonnés. 







Mention spéciale


Hvem rumpet brunosten?
Erlend Loe
Kim Hiorthøy
Cappelen Damm









Catégorie Bande dessinée Moyens 


Prix


Teatro di natura
Michelangelo Setola
Canicola Associazione culturale










Mention spéciale


Nowhere girl
Magali Le Huche
Dargaud, Pépite 2021, lire ici










Catégorie Bande dessinée Jeunes Adultes


Prix


Polly
Isabelle Pralong
Fabrice Melquiot
La Joie de lire, Pépite 2021, lire ici








Mention spéciale


Le grand vide
Léa Murawiec
Éditions 2024

Qui est donc cette autre Manel Naher, qui fait la Une des journaux et  fait de l'ombre à Manel Naher, la vraie Manel Naher, l'héroïne de cette histoire? 






Catégorie Poésie


Prix


Immenses sont leurs ailes
Murielle Szac
Nathalie Novi
Éditions Bruno Doucey, lire ici








Mentions spéciales


Corazón de pájaro
Mar Benegas
Rachel Caiano
Livres AKIARA









Sagan um Skarphéðin Dungal sem setti fram nýjar kenningar um eðli alheimsins
Hjörleifur Hjartarson
Rán Flygenring
Angústúra







Vom Flaniern et Weltspaziern
Elisabeth Steinkellner
Michael Roher
Tyrolia-Verlag









Collection "Les Poèmes"
collectif d'auteurs
Le port a jauni










Catégorie Nouveaux Horizons


Laimes bērni
Luize Pastore
Evija Pintane
Liels un mazs














vendredi 29 janvier 2021

Mes deux bonnes surprises à Angoulême 2021

Le dessin de remerciement de Léonie Bischoff
à son Fauve reçu à Angoulême,
réalisé au crayon magique évidemment!

Je l'avoue, je n'avais lu que deux albums parmi tous ceux qui avaient été sélectionnés par le Festival international de bande dessinée d'Angoulême. Mais chacun a eu un prix!

"Anaïs Nin, sur la mer des mensonges",
de Léonie Bischoff (Casterman), a reçu le Fauve d'Angoulême, le Prix du public France Télévision (lire ici).






"Michel à la maison"
, de Michel Rabagliati (La Pastèque), a reçu le prix de la Série, son deuxième Fauve (lire ici).



mardi 14 janvier 2020

Le spleen de Paul, double de Michel Rabagliati

EDIT 29-01-2021
L'album a remporté son deuxième Fauve au Festival International de la Bande Dessinée d'Angoulême, le prix de la Série (voir photo tout en bas).

 
Paul rentre chez lui. (c) La Pastèque. 

Misère de misère! Le formidable album de BD "Paul à la maison" est déjà le neuvième tome de la série en noir et blanc "Paul" de Michel Rabagliati (La Pastèque, 208 pages), sans compter le hors-série "Paul à Montréal" il y a trois ans. Et je n'avais pas vu passer cette série du Québec qui a valu à son auteur de devenir une figure incontournable de la bande dessinée dans son pays. On le comprend tant ce héros est hors norme et attachant. Heureusement que quelqu'un a fini par me la mettre sous le nez. Et que j'ai découvert ce Paul amateur de typographie et de polices de caractères.


les courses pour sa mère.
(c) La Pastèque.
Le début de l'album:
(c) La Pastèque.



Le voisin. (c) La Pastèque.
Paul est né en 1999, il y a vingt ans. C'était "Paul à la campagne", en 48 pages. Les tomes suivants ont été plus volumineux, trois à quatre fois plus que l'initial, 152, 120, 96, 210, 192, 160, 184 et 208 maintenant. J'ignore ce qui s'est passé durant ces vingt ans. Je découvre le héros de Michel Rabagliati, né en 1961, dans "Paul à la maison". Nous sommes en 2012. Le dessinateur file un mauvais coton. Il est seul désormais, à part son chien Biscuit, sa fille lui annonce qu'elle part pour l'Angleterre, sa mère vieillit de plus en plus mais continue à lire Danielle Steel. En ce qui concerne l'aspect matériel, la maison se déglingue, la piscine (hors-sol) est polluée, le jardin à l'abandon, le pommier meurt. Un vide qui semble énergétiser l'affreux voisin anglophone.

La déglingue. (c) La Pastèque.
Bref, Paul nous dépeint cette triste phase de sa vie, sa solitude, son vieillissement, ses râleries à la banque ou lors de rencontres scolaires, ses tentatives de rencontre et ses séances chez sa psy. Malgré cela, "Paul à la maison" n'est pas un album triste. Au contraire. Il vibre d'éclats de lumière quand le graphiste s'enthousiasme pour un caractère de lettres qu'il aime, quand il égrène ses souvenirs ou l'histoire de sa famille. De sa mère notamment. D'éclats de rire lors de ses joutes verbales avec le voisin ou de ses dédicaces lors d'un salon pour "Paul au parc". De points de vue originaux aussi comme cette leçon sur la graphie des panneaux routiers ou celle sur le stylo Rotring. De jeux de mots sur ceux qu'il croise. On croirait qu'on va s'ennuyer. Et il n'en est rien. Michel Rabagliati a l'art de nous surprendre et de nous toucher au cœur. C'est la vie qu'il déroule dans des gaufriers agréablement rythmés. La sienne bien sûr mais dont plein de pans ressemblent à la nôtre. Celle qui peut se raccrocher à la plantation d'un cerisier.

Paul habite la même maison du quartier d'Ahuntsic à Montréal que son auteur, Michel Rabagliati. A voir dans cet article du journal canadien "La Presse" qui lui est consacré.

A noter que Michel Rabagliati sera en dédicace le dimanche 26 janvier de 16 à 18 heures à la librairie Tulitu (55, rue de Flandres, 1000 Bruxelles).


Un Fauve d'attente, bricolé par les éditions de la Pastèque,
en attendant le vrai qui part d'Angoulême.



jeudi 16 mars 2017

L'humour absurde et jouissif d'Elise Gravel

Elise Gravel.

Dans l'imposante délégation des auteurs Montréalais qui ont rendu visite à la Foire du livre de Bruxelles, on dénombrait trois auteurs jeunesse, sur une bonne quarantaine de participants: Dominique Demers, romancière notoire qui signe maintenant des textes d'albums, Elise Gravel, auteure-illustratrice, et Pascal Blanchet qui oscille entre bande dessinée et illustration. J'ai "poté": "Un, deux, trois, ce ne sera pas toi". Au deuxième tour, le sort a désigné Elise Gravel.

Elise Gravel, on la connaît de ce côté de l'Atlantique. Pour sa série humoristico-documentaire "Les petits dégoûtants" aux Editions Le Pommier. "Le rat", "La limace", "Le ver", "Le pou", "L'araignée", "La mouche", "Le crapaud", "La chauve-souris", "Le cafard", soit neuf titres déjà en format de poche  tout à fait accessible! On la connaît aussi pour ses albums jeunesse publiés en traduction française chez Nathan, le dernier en date étant "Je veux un monstre!" (2016). Ainsi que pour ses deux albums actuellement publiés aux Editions de la Pastèque, "Le Grand Antonio" et "Ida, la grincheuse en tutu". Dessinés à l’ordinateur, ses livres mettent en scène des animaux qui font peur, des monstres, des créatures étranges, des choses bizarres. Ils sont toujours traités sur le mode de l'humour absurde et servis par un graphisme dynamique. A voir!
























Enfin, quand je dis qu'on connaît Elise Gravel ici, je veux dire qu'on connaît son travail. La vraie rencontre, en chair et en os, a eu lieu à la Foire du livre de Bruxelles. Une conversation pétillante autour de ses livres et de son travail, entrecoupée d'interrogations à propos des meilleurs "speculoos" et cuberdons à trouver en Belgique et de réflexions sur les écoles montréalaises qui mettent largement la musique à leur programme. Le tout, ponctué de rires, car l'humour est la marque de fabrique de la créatrice. Et l'énergie aussi, quelle Mrs 100.000 volts! Une énergie communicative de surcroît, comme l'enthousiasme et la bonne humeur de la Québécoise née en 1977.

De son accent chantant, la jeune auteure-illustratrice me dit: "J'ai fait quarante titres en treize ans (trente sont disponibles ici, NDLR). Je suis une hyperactive. J'ai étudié le design graphique et un peu l'illustration. J'ai très vite fait le choix de la littérature de jeunesse."

Quarante titres! En français et en anglais. car Elise Gravel publie chez différents éditeurs au Canada, en français et en anglais, et aux Etats-Unis. Parce qu'elle veut gagner sa vie en ne faisant que des livres jeunesse, mais que le marché francophone du Canada est trop petit. C'est aussi via les traductions que certains de ses titres nous parviennent. Pas qu'elle veuille être riche, non juste gagner un revenu annuel décent.

Son premier livre est "Le catalogue des gaspilleurs" (Les 400 coups, 2003), une série de quinze affiches. Elle s'y invente des clients qui n'existent pas et fait des affiches pour eux à propos de produits bizarres qu'elle invente.
"Avec ce livre, j'ai trouvé mon style d'humour", me dit-elle avant de lancer le plus sérieusement du monde: "J'écris pour mon enfant intérieur qui a besoin que ce soit drôle et dégoûtant."

Elise Gravel est quelqu'un de rare. De juste. De drôle. Passant du sérieux au moins sérieux. Comme dans ses albums finalement. Des petits bijoux mêlant infos et poilade. Morceaux choisis.

"Je préfère faire le texte et les illustrations.
J'ai des projets pour les douze ans à venir. Après je serai riche. Plus besoin de travailler. J'aurai un bateau de croisière, je ferai de l’aquarelle sur le pont.
En réalité, j'ai douze idées à la minute. Cela éclate tout le temps. Maintenant, je les note dans des fichiers dans mon ordinateur.
Je travaille très vite. Quand j'ai une idée de livre, je commence et je termine sans m'arrêter.
A y réfléchir, j'aimerais mieux me cloner plutôt que d'avoir 48 heures par jour. J'aurais ainsi deux fois plus de personnel que d'idées. Je laisse l'option des 48 heures par jour aux autres."

En attendant, Elise Gravel bosse. Et pas qu'un peu.
Et on est franchement prêts pour les quarante albums à venir.

Encore deux images de son travail, qui valent mieux qu'un long discours.

"Ada la Grincheuse" (c) La Pastèque.

"Le Grand Antonio". (c) La Pastèque.