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jeudi 25 janvier 2018

Asli Erdoğan présidente d'honneur de la FLB



Dans moins d'un mois, du jeudi 22 au dimanche 25 février, se tiendra  la 48e Foire du livre de Bruxelles. A l'habituel emplacement de Tour & Taxis, mais sans la journée du lundi. Si on joue sur les mots, elle se terminera même dans un mois pile.

Une dynamique conférence de presse en a présenté les grandes lignes ce jeudi. Aux manettes, Hervé Gérard, président du CA, et Gregory Laurent, désormais Commissaire général et non plus Coordinateur général comme lors des deux éditions précédentes.

Thème
Sur la route
Que ce soient les écrivains voyageurs, les sportifs, les aventuriers ou ceux qui se préoccupent des migrants et des réfugiés

Présidente d'honneur
Asli Erdoğan (lire ici), qui sera présente les quatre jours de la manifestation.
La traduction française du premier roman de l'écrivaine turque, " L'Homme coquillage" ("Kabuk Adam", traduit du turc par Julien Lapeyre de Cabanes, Actes Sud, 208 pages, en librairie le 14 mars), publié en 1994 alors qu'elle était encore au Brésil, sera disponible à la Foire.

Pays à l'honneur
Afrique-Caraïbes-Pacifique
Avec l'aide de CEC (Coopération éducation culture) et de l'ACA (Agence culturelle africaine).
Et aussi l'Europe centrale.

Les invités dénommés d'exception par la Foire
Afrique, Caraïbes, Pacifique: le Guinéen Tierno Monénembo (publié au Seuil), prix Renaudot 2008
Polar: Caryl Ferey (publié chez Gallimard)
Bande dessinée: Enki Bilal (publié chez Casterman)
Belgique: Amélie Nothomb (publiée chez Albin Michel)
Essai: David Van Reybrouck (publié chez Actes Sud)
Young adult, mais je dirais plutôt ados: Lucie Pierrat-Pajot (lauréate du concours du premier roman jeunesse avec "Les mystères de Larispem",  publiée chez Gallimard Jeunesse)
Jeunesse: Catherine Girard-Audet (publiée chez Kennes)
Scolaire: Frank Andriat (divers éditeurs)

Jeunesse
Avec la présence de l'auteur-illustrateur français Gilles Bachelet (publié au Seuil Jeunesse, lire ici) notamment.
Avec l'aide de Farniente et du CLJBxl.
Rencontres scolaires et animations familiales.

Bande dessinée
Le Palais des Imaginaires mélangera à nouveau sons, lumières et images.

Sans oublier
la nocturne polar, la Grande Guerre, la traduction littéraire, le numérique, la Comix factory...

En vrac
Sont annoncés Alexis Jenni,  Miguel Bonnefoy, Wilfried N'Sondé, Viktor Lazlo, Florent Couaco-Zotti, Joseph Nsdwaniye, Kossi Efoui, Rodney Saint-Eloi, Véronique Tadjo, Patrick Roegiers, Hubert Reeves, Katherine Pancol, Jean Teulé, Grégoire Delacourt, Pierre Ducrozet, Diane Ducret, Annie Duperey, Lionel Duroy, les frères Bogdanov, les belges Thomas Gunzig, Geneviève Damas, Vincent Engel, Nadine Monfils...
Ainsi que des lauréats de prix: Eric Vuillard (Goncourt 2017), Olivier Guez (Renaudot 2017), Jean-Luc Coatalem (Femina essai 2017), Laurent Demoulin (Rossel 2017), Yamen Manai (Cinq continents 2017).
A compléter et vérifier sur le site de la Foire.

Sept expositions
- "Sur la route, une exposition qui vous fera voyager" Voyage à travers la littérature de jeunesse, par les Ateliers du Texte et de l'Image.
- "Je suis humain, sur la route - Amnesty International" Reportage photo du collectif Huma (Johanna de Teyssières, Olivier Papegnies, Frédéric Pauwels et Virginie Nguyen).
- "Les plus belles photos du concours PEFC 2017" Photos sur la forêt.
- "Mondes Imag'Inaires - Bragelonne" Les mondes fantastiques du Steampunn et de Cthulhu.
- "Le petit monde de Pastel" Reproductions emblématiques des 30 ans de la maison d'édition jeunesse.
- "Verdun" La construction d'une bande dessinée basée sur des faits réels.
- "Voyage en Russie" Les photos du comédien et et réalisateur Vincent Perez et les textes d'Olivier Rolin sont rassemblées dans un beau livre paru aux éditions Delpire.

En apéritif
Une chasse aux livres (mille volumes) aura lieu en huit quartiers de Bruxelles du 18 au 25 février (successivement quartier royal, Saint-Gilles, quartier Flagey, Grand-Place, Cinquantenaire, Sainte-Catherine, Marolles, Tour & Taxis).
Possibilité de se faire aider en téléchargeant l'application Neareo
Android: https://play.google.com/store/apps/details?id=com.neareo.app&hl=fr 
iPhone: https://itunes.apple.com/be/app/neareo/id1090719851

En pratique
Tour & Taxis – Avenue du Port, 86C – 1000 Bruxelles
Du jeudi 22 février au dimanche 25 février
Tous les jours de 10 à 19 heures, nocturne le vendredi 23 février jusqu'à 22 heures.
Entrée gratuite mais inscription recommandée sur www.flb.be.
Parking payant, mais navettes gratuites pendant les quatre jours depuis le centre-ville.


jeudi 18 janvier 2018

Fawzia Zouari à Bruxelles la semaine prochaine

Fawzia Zouari.

C'est bête mais c'est comme ça. Il y a des auteur(e)s formidables à côté desquel(le)s on passe sans trop savoir pourquoi. Question de calendrier, de hasard, de pas de chance. Par exemple, la formidable romancière tunisienne Fawzia Zouari, lauréate du Prix des Cinq Continents de la Francophonie 2016 pour son superbe récit "Le corps de ma mère" (Joëlle Losfeld, 232 pages, 2016). Pourquoi est-elle si mal connue alors qu'elle a signé une dizaine de livres, vit à Paris depuis près de quarante ans et se déplace régulièrement? On avait ainsi eu l'occasion d'entendre ses mots enflammés lors du Passa Porta Festival 2017. Malgré tout cela, elle n'est pas assez connue, ni pour son parcours littéraire, ni pour son parcours de féministe engagée.

On aura deux occasion de se rattraper, la semaine prochaine à Bruxelles.

Le lundi 22 janvier dès 19 heures à la Maison Autrique où revient le cycle Portées-Portraits organisé par Geneviève Damas et son asbl Albertine, Fawzia Zouari sera présente lors de la lecture à haute voix de son dernier livre.
Portées-Portraits fait découvrir plusieurs fois par an différents auteurs contemporains, le temps d'une lecture-spectacle. Des comédiens donnent à entendre des extraits "coups de cœur" des livres,  accompagnés par des musiciens.
Le texte de Fawzia Zouari sera lu par Hoonaz Ghojallu, accompagnée à la guitare par Benjamin Sauzereau. La mise en voix sera assurée par Ariane Rousseau.

A l'issue de la lecture d'une heure environ, un verre sera offert, occasion de discuter de manière conviviale Fawzia Zouari et les artistes de la soirée. Rappelons qu'une rencontre avec l'auteure est organisée dès 19 heures à la Maison Autrique.

La manifestation est organisée en partenariat avec CEC ONG et les Midis de la Poésie. Elle se déroulera à la Maison Autrique (chaussée de Haecht, 266 à 1030 Bruxelles). Lecture à 20h15, rencontre avec l'auteure à 19 heures.
Renseignements et réservation par mail à albertineasbl@gmail.com ou par téléphone au 022455187.


Le mardi 23 janvier, de 12h40 à 13h30, dans le cadre des Midis de la poésie, animés par Mélanie Godin et son équipe, Fawzia Zouari échangera avec l'écrivaine belge Geneviève Damas, elle aussi lauréate du Prix des Cinq Continents de la Francophonie ("Si tu passes la rivière", Luce Wilquin, 2012), sur le thème "Poète et Prophète". Cela promet d'être passionnant. Le poète est-il capable de concurrencer le prophète? Il possède le sens de la divination, l'intuition du monde et les mots pour le dire. La tradition islamique a toujours craint les poètes qui, paradoxalement, ont marqué plus que tout autre genre la littérature arabe.

La séance est organisée en collaboration avec Albertine asbl et CEC ONG. Elle se déroulera aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique (3 rue de la Régence, 1000 Bruxelles). Réservation par mail à info@midisdelapoesie.be ou par téléphone au 0485325689.



La Tunisie s'est de tout temps fait remarquer par ses femmes, qu'elles soient des personnalités publiques ou tiennent seulement leur foyer. Fawzia Zouari, journaliste et romancière, enrichit cette règle glorieuse. Elle naît - officiellement mais le roman familial donne une autre date - le 10 septembre 1955 à Dahmani, à une trentaine de kilomètres au sud-est du Kef, au sud-ouest de Tunis, au sein d'une fratrie de six sœurs et quatre frères. Son père est un cheikh, propriétaire terrien et juge de paix. Elle est, merci au président Bourguiba qui envoie les garçons ET les filles à l'école,  la première des filles à ne pas être mariée adolescente et à pouvoir mener des études secondaires. Son bac en poche, elle poursuit ses études à la faculté de Tunis, puis à Paris. Docteur en littérature française et comparée de la Sorbonne, elle vit à Paris depuis 1979. Elle a même épousé un Français, autre coup de canif dans les traditions familiales.

Elle travaille durant dix ans à l'Institut du monde arabe - à différents postes dont celui de rédactrice du magazine "Qantara" - avant de devenir journaliste à l'hebdomadaire "Jeune Afrique" en 1996. "La caravane des chimères", publié en 1989 chez Olivier Orban, est consacré au parcours de Valentine de Saint-Point, la petite-nièce de Lamartine qui a voulu réconcilier l'Orient et l'Occident et s'est installée au Caire après s'être convertie à l'islam. C'était son sujet de thèse.

Ses ouvrages suivants évoquent, pour la plupart, la femme maghrébine installée en Europe occidentale. "Ce pays dont je meurs" (Ramsay, 1999) raconte de façon romancée la vie de deux filles d'ouvrier algérien, déracinées, aussi mal à l'aise dans leur société d'origine que dans leur pays d'accueil. "La Retournée", roman publié en 2002, narre sur un ton ironique la vie d'une intellectuelle tunisienne vivant en France et qui ne pourrait plus retourner dans son village natal. En 2006, paraît "La deuxième épouse", mettant en scène trois femmes maghrébines fréquentées simultanément par le même homme. En 2016, elle reçoit le Prix des Cinq Continents de la Francophonie, pour son livre "Le corps de ma mère".

Fawzia Zouari a écrit "Le corps de ma mère" bien après le printemps 2007 où sa mère s'est éteinte, sa maladie réunissant autour d'elle toute la famille, celle du nord et celle du sud. Comme si elle avait dû attendre avant de se décider à raconter la vie de sa mère et à travers elle, celle des femmes bédouines tunisiennes. Le titre laisse déjà deviner la pudeur de la narratrice. Elle le fait en égrenant des souvenirs, des anecdotes, des conversations glanés tout au long de la vie de sa mère. Ceux qui connaissent la Tunisie vont reconnaître les paysages, les habitudes, les vêtements, les bijoux, les remèdes traditionnels, les conversations sans fin, les discussions à tout bout de champ. Les Tunisien(ne)s qui vont et viennent autour de la vieille matriarche. Ceux qui ne la connaissent pas vont découvrir un pays de l'intérieur.

Avec pudeur, l'auteure relate le parcours de sa famille, principalement celui des femmes de sa famille, Yamna sa mère bien entendu, ses sœurs, elle-même, la nouvelle génération devenue adulte. Mais elle évoque aussi le fils préféré et les autres hommes. La vie à Ebba et à Tunis. "Je ne m'explique pas non plus pourquoi maman semble avoir posé ses valises au milieu de ma vie", écrit-elle. "Pourquoi ai-je hérité, plus que mes frères et mes sœurs, de ses contes, et me suis-je assigné la mission de préserver sa mémoire?"

Dans ce texte vif, à la première personne, elle s'interroge sur les difficultés à sortir des traditions, à les marier à la modernité. Elle traque les secrets de famille longuement tus, soigneusement gardés par sa mère. Elle reprend les histoires racontées depuis toujours aux enfants. Son récit peut se faire dramatique, cocasse ou lyrique. A travers sa famille qu'elle nous confie, entre safsari et pose d'arkous, c'est le chemin de la femme tunisienne qu'elle écrit. Un livre de toute beauté, d'une infinie richesse et qui suscite plein de questions.




mardi 1 avril 2014

LS surprise: 20 ans déjà depuis le Rwanda!

Depuis le génocide des Tutsi au Rwanda, il y a déjà vingt ans, il s'est passé plein de choses dans la sphère artistique. Des livres ont été écrits, des pièces jouées, des expositions montées.
Tout cela était forcément un peu épars.

Ce mardi 1er avril à 20 heures, il y a à Bozar une soirée littéraire dont le thème est: "Rwanda, 20 ans après". 
Coproduite par l'ONG CEC et Bozar, elle réunira pour une discussion trois figures marquantes de l'Afrique, à savoir le romancier et essayiste  Boubacar Boris Diop ("Murambi, le livre des ossements", Zulma), la poète et romancière Véronique Tadjo ("L’ombre d’Imana", Actes Sud) et le comédien  Dorcy Rugamb ("Bloody Niggers" et  "Rwanda 94", pièces produites par le Groupov), qui respectivement originaires de la Côte d’Ivoire, du Sénégal et du Rwanda.
Auparavant, sera projetée la campagne photo "Je suis debout", lancée sur les réseaux sociaux, dans le cadre du projet "Les hommes debout", de Bruce Clarke.

Cette soirée verra aussi le lancement du numéro spécial d'"Intersections: écrire pour le Rwanda" (CEC et Indications, 108 pages + CD, 10 euros). Vingt ans après le génocide des Tutsis au Rwanda, "Intersections" a souhaité rendre hommage aux écrivains et artistes qui contribuent à la construction d’une mémoire collective: chaque œuvre est un hommage aux victimes et aux rescapés. On trouvera dans ce numéro plusieurs écrivains africains qui ont été parmi les premiers à s’engager dans le cadre du projet “Rwanda: écrire par devoir de mémoire”. Ils livrent leurs témoignages, leur expérience humaine et disent comment celle-ci a influencé leur écriture.

Les reproductions du collectif des Hommes debout, mené avec Bruce Clarke jalonnent le numéro, en hommage aux victimes et aux rescapés du génocide. Ils gardent la mémoire et prolongent un dialogue entrepris par les écrivains et les artistes pour la dignité des morts, des rescapés et contre l’oubli.

Les contributeurs sont Soazig Aaron, Élie Bahati, Laine Behring, Colette Braeckman, Bruce Clarke,
Aliénor Debrocq, Christelle Desjardin,  Boubacar Boris Diop, Nocky Djedanoum, Gaël Faye,  Gioia Frolli, Nicolas Grégoire, Tania Hadjithomas Mehanna, Monique Ilboudo, Fiona Kamikazi, Carole Karemera,  Koulsy Lamko, Scholastique Mukasonga, Natacha Muzirama- kenga,  Joseph Ndwaniye,  Eric Ngangare,  Robert Nkeramugaba,  Élizabeth Pierre-Louis,  Dorcy Rugamba,  Freddy Rugamba,  Roland Rugero, Jean-Marie Vianney Rurangwa,  Stéphane Saintil, Michaël Sengazi, Nathalie Skowronek, Véronique Tadjo, Sami Tchak, Sandrine Umutoni, Victoria Umutoni, Abdourahman A. Waberi.

Un CD avec des enregistrements audio d’extraits des oeuvres littéraires produites dans le cadre du projet "Rwanda: écrire par devoir de mémoire" est joint.