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vendredi 4 novembre 2022

Les délicieux dessins de famille de Franquin

Encre de Chine et Ecolines, 1967. (c) CFC-Edition.

On connaissait l'œuvre d'André Franquin (1924-1997) côté cour, avec ses albums de Spirou et Fantasio, Modeste et Pompon, Gaston Lagaffe, du Marsipulami ou de ses Idées noires. On savait qu'il avait une épouse très aimée, Liliane, rencontrée quand il avait dix-sept ans, épousée en 1950 et décédée dix ans après lui, et une fille unique, Isabelle, qui donnera son prénom à une série. Grâce à une présentation organisée par l'ADEB, on découvre aujourd'hui son œuvre côté jardin avec le merveilleux album "Bon pour...", soit les "dessins de famille" de Franquin (CFC éditions, 128 pages). Un moyen format cartonné qui dévoile les dessins réalisés pour ses proches. Des bijoux d'humour, de tendresse, d'amour.

André-Liliane = Ramonet-Ramonette.
La Saint-Valentin 1974. (c) CFC éditions.

"Quand on est un dessinateur et que le temps manque pour courir les magasins à la recherche d’hypothétiques cadeaux", écrit Isabelle Franquin en avant-propos de l'ouvrage, "quoi de plus aisé, de plus pratique et en même temps de plus personnel que de tracer sur le papier "vœux", "bons pour" et d'y créer bouquets et présents en attendant qu'ils se matérialisent pour de vrai."

Versions 1986 et 2022.
Les dessins rassemblés dans ce recueil n'étaient donc pas destinés à être publiés. Une douzaine d'entre eux parurent néanmoins dans le livre d'entretiens de Franquin avec Numa Sadoul "Et Franquin créa la gaffe" (Dargaud, 1986); introuvable depuis trente ans, sa réédition sera en librairie ce 9 novembre (Glénat). Un fait qui permet à sa fille d'en rendre aujourd'hui publics beaucoup d'autres. Ces dessins inédits couvrent la période qui va des années 1950 aux années 1990. Ils permettent d'assister à l'évolution du style de Franquin, côté technique, côté couleurs, côté inspiration. Et de suivre l'avancée en âge de la jeune Isabelle. Ce qui ne change pas, c'est la liberté de création de l'artiste et la joie qui perle de chacune de ces œuvres miniatures.

1963. (c) CFC-Editions.
Au fil des ans et des pages, on découvre la variété de réalisation de ces joyeux "bons pour...". Si les thèmes sont peu nombreux, Saint-Valentin, anniversaires, fêtes, cadeaux divers, leur mise en œuvre est d'une variété infinie. Fleurs uniques ou en généreux bouquets, cheval, autruche, voiture, avion, montgolfière, boutiques diverses sont autant de mini-tableaux où Franquin met en scène sa famille. Son épouse Liliane, dite "Ramonette", lui étant "Ramonet", leur fille Isabelle qu'on voit petite fille à tresses, puis jeune fille à la somptueuse chevelure, sans oublier les animaux domestiques. C'est joyeux, inventif, farfelu, espiègle. Surtout, cela transpire de joie de vivre et d'amour. Le recueil présente régulièrement des zooms sur des parties de dessin, augmentant encore le plaisir à regarder ces dessins aussi gratuits que généreux, révélateurs du mode de vie de l'époque. Il se complète d'une dizaine de menus familiaux illustrés.


Une exposition de l'ensemble des dessins originaux des "Bons pour...", complétés de quelques pépites inédites, se tiendra à la Maison CFC du 12 novembre au 31 décembre (du lundi au vendredi de 9h30 à 18 heures, entrée libre).


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Autre joie, "Franquin par Franquin", le fantastique podcast inédit de la Première (RTBF) où le génial Franquin se raconte joyeusement à Numa Sadoul. C'était en 1985 et ces entretiens allaient donner le livre "Et Franquin créa la gaffe" (lire plus haut). Ces fantastiques archives ont aujourd'hui été montées par Fred Jannin qui nous tricote ce Franquin par lui-même, par Numa Sadoul, par sa fille Isabelle, etc.. en cinq épisodes de 27 minutes et un bonus de même longueur. Un régal!

Diffusé la semaine dernière, le podcast est disponible sur Auvio (ici). Ce sont au total deux heures quarante-cinq de bonheur audio, avec les rires de Franquin, ses répliques, ses souvenirs, ses commentaires, ses réponses, ses esquives, ses repentirs....

Les différents épisodes
  1. Origine de "Et Franquin créa la gaffe" et Modeste et Pompon
  2. Personnages secondaires 
  3. Gaston Lagaffe
  4. Trombone et idées noires
  5. Reprise de Spirou
  6. Panade à Champignac (bonus)




 

 




jeudi 16 novembre 2017

Houba houba pour les Petits Marsus!

"Le nouveau nid des Petits Marsus". (c) Benjamin Chaud.

Reprendre un personnage de bande dessinée adorable et adoré est un redoutable défi. Il y a les opposants absolus, ceux qui vous attendent au tournant, prêts à monter aux barricades du sacro-saint maître inégalable. Alors chapeau bas à Benjamin Chaud qui revisite superbement le Marsupilami et sa famille, créés par Franquin, dans une nouvelle série, les "Petits Marsus".

On y retrouve avec plaisir l'esprit initial, joie de vivre, bonne humeur, farces, aventures du quotidien, le tout joyeusement dessiné. Benjamin Chaud emboîte le pas à Franquin, mais à sa mode personnelle. On reconnaît immédiatement son graphisme foisonnant. Il a su se glisser dans l'ambiance née hier, même avant-hier pour certains, se l'approprier. Il la prolonge tout en la rendant reconnaissable. L'auteur-illustrateur français passe de la bande dessinée de Franquin à sa forme à lui, celle de l'album jeunesse. C'est à peine si on le remarque tant tout sonne juste. L'amateur de décors exubérants donne en plus l'impression de s'être bien amusé en créant les décors de luxuriante forêt tropicale où vivent les Petits Marsus. Il faut dire qu'il s'était déjà longuement entraîné dans le potager de Pomelo, son petit éléphant rose (Albin Michel Jeunesse, lire ici). Il était le candidat idéal pour reprendre le Marsupilami et remplit drôlement sa mission.

Deux albums sont déjà parus, sur les quatre prévus, excellents tous les deux, plutôt pour les jeunes enfants, quatre, cinq ans, mais les plus grands (et même les adultes) s'en régaleront aussi.


"Le nouveau nid des Petits Marsus" de Benjamin Chaud (Little Urban, 32 pages) fait référence dès la couverture au célèbre "Nid des Marsupilamis" de Franquin (Dupuis, 1960), le douzième tome de la série.

Tout commence quand une tempête réduit en miettes le confortable nid que les Marsupilamis, père, mère et les trois petits, s'étaient construits. "Houbalala." Le calme revenu, il s'agit pour eux de se trouver un nouveau nid. Mais dans la forêt où ils arrivent, rien n'est simple car chaque lieu qui les tente semble déjà appartenir à quelqu'un.

Cette quête d'un nouveau logement donne lieu à des scènes exquises où Benjamin Chaud peut laisser libre cours à son imagination, aussi bien dans les textes bourrés de surprises que dans les illustrations, expressives et régalantes. Des aventures pleines de rebondissements qui se termineront au mieux dans un lieu particulier de la jungle.

Où trouver à se loger? (c) Little Urban.

Sauvetage collectif. (c) Little Urban.


"L'école des Petits Marsus" de Benjamin Chaud (Little Urban, 32 pages) confronte les lecteurs et les Petits Marsus à une situation bien connue: se lever tôt, se laver, petit-déjeuner et se mettre en route pour aller à l'école. Sauf que dans la jungle où habitent les héros, le chemin de l'école est plein d'aventures incroyables, même s'il souffre aussi d'embouteillages. Rêve et réalité vont bras dessus dessous dans cette exquise jungle.

L'album se poursuit avec le détail de la journée d'école. Pas piquée des termites... Il se termine sur le retour à la maison et l'histoire du soir. Entre-temps, on aura savouré cet univers enchanteur et repéré les techniques des parents Marsus pour prendre soin de leurs petits.

C'est le matin. (c) Little Urban.

Un petit coup d'eau. (c) Little Urban.

Petit-déjeuner. (c) Little Urban.

La sieste à l'école. (c) Little Urban.


L'éditeur raconte qu'à l'idée de revisiter le Marsupilami, Benjamin Chaud s'est montré particulièrement emballé. Il aurait même dit: "C'est un houba de plaisir!"

Chaud lui-même dit ceci:

"Illustrer les Petits Marsupilamis après Franquin, c'est forcément très impressionnant, car Franquin, c'est un immense génie du dessin. En plus, il était drôle et généreux. Mais son univers est tellement beau et riche que c'est aussi très exaltant.
J'ai beaucoup de souvenirs de lecture, surtout de moi riant à gorge déployée, devant Gaston (qui me fait toujours rire) ou plus tard en lisant "Les idées noires", mais comme tout le monde, je me suis plongé tout petit dans la jungle de Palombie avec les Marsupilamis. J'ai préféré ne pas revoir les albums, travailler d'après mes souvenirs pour ne pas copier et pouvoir y apporter ma petite touche. J'ai essayé aussi de traiter de sujets personnels et contemporains qui me touchent et qui, j'espère, pourront parler aussi bien aux enfants qu'à leurs parents."


Houba, houba, hop, vite, les tomes suivants!


(c) Benjamin Chaud.





lundi 17 octobre 2011

LA dore Gaston Lagaffe

De tout temps.
A croire qu'elle est née ainsi.
Petite, elle hantait les couloirs de la Foire du livre de Bruxelles, la FLB, alors installée à la Tour Rogier.
Et elle en a ramené deux dédicaces de Franquin.
En voici une





Et pour ceux que ça intéresse, sans vouloir faire de publicité,
le très bel ensemble d'albums que le journal "Le Soir" publie en ce moment
(diffusion en kiosque ou à l'accueil, 100 rue Royale).