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lundi 30 juillet 2018

DTPE 16 Partir en vacances avec le Muz

De tout pour l'été, DTPE.
L'été, le temps de lire, du lourd et du léger, du français et de l'étranger, des romans, des récits, des essais et des BD. L'été, le temps de relire ou de se rattraper aussi.

Aujourd'hui, pas de livre au sens propre mais un petit point estival sur le Muz, le musée des œuvres des enfants créé par Claude Ponti (lire ici).

Une des dernières œuvres entrées au Muz. (c) Le Muz.

Suggestion 1: se balader dans la collection du Muz avec les enfants (techniquement possible sur ordi, tablette ou smartphone). Actuellement, 3.357 œuvres n'attendent que d'être regardées (il y a moyen de filtrer l'affichage par thème).

Suggestion 2: jouer avec le Muz. Les jeux (memory et puzzles) ont été actualisés aux couleurs des vacances.

Suggestion 3: découvrir les nouvelles œuvres intégrées dans la collection du Muz et les collections particulières (ici)

Suggestion 4: proposer des œuvres de vos enfants. Il suffit de les envoyer au Muz en s'inscrivant sur le site et en allant dans l'onglet "proposer une œuvre" (à droite de la page d'accueil) et de se laisser guider.

Suggestion 5: organiser l'agenda de la rentrée car beaucoup de nouveautés sont alors prévues au Muz. Une programmation annuelle avec trois grandes expositions thématiques, deux nouvelles expositions de l'artothèque, l'accueil d'une grande partie de la collection de dessins d'enfants que l'association Germaine Tortel a léguée au Muz et qui sera exposée sur le site, une nouvelle participation au congrès de l'ANDEV à St-Etienne, l'annuelle vente aux enchères en novembre d’œuvres d'artistes amis du Muz , des créations de l'artiste Sara pour la E-boutique (en plus des sérigraphies de Claude Ponti et May Angeli).


Sans oublier
DTPE 1: "Moria" de Marie Doutrepont (récit, 180° éditions)
DTPE 2: "The t'Serstevens collection" (photos, Husson éditeur/IRPA)
DTPE 3: "La maison à droite de celle de ma grand-mère" de Michaël Uras (roman, Préludes)
DTPE 4: "Le passé définitif" de Jean-Daniel Verhaeghe (roman, Serge Safran éditeur)
DTPE 5: "Ecrire en marchant" de Chantal Deltenre (récit, maelström reEvolution)
DTPE 6: "Encyclopædia Inutilis" de Hervé Le Tellier (nouvelles, Le Castor Astral)
DTPE 7: "Poisson dans l'eau" d'Albane Gellé et Séverine Bérard (jeunesse) et "Trente cette mère - maintenant" de Marcella et Pépée (poésie, Editions Les Carnets du Dessert de Lune)
DTPE 8: "Christian Bérard clochard magnifique" de Jean Pierre Pastori (biographie, Séguier)
DTPE 9: "N'essuie jamais de larmes sans gants" de Jonas Gardell (roman, Gaïa)
DTPE 10: "Terres promises" de Milena Agus (roman, Liana Levi)
DTPE 11: "Peut-être pas immortelle" de Frédéric Boyer et "Deuil" de Dominique Fourcade (poésie et récit, P.O.L.)
DTPE 12: "Maria" d'Angélique Villeneuve (roman, Grasset)
DTPE 13: "Les étrangers" d'Eric Pessan et Olivier de Solminihac (roman, l'école des loisirs)
DTPE 14: "Le chagrin d'aimer" de Geneviève Brisac (roman, Grasset)
DTPE 15: "Je vous embrasse" de Pascale Pujol (roman, Lunatique)





jeudi 3 mai 2018

Quand Nathalie Novi peint les Enfants de Syrie

Enfants de Syrie. (c) Nathalie Novi.

Le monde de la littérature de jeunesse se mobilise beaucoup à propos des réfugiés politiques, appelés aujourd'hui migrants, de leurs enfants et des enfants des pays en guerre en général. Que ce soit par l'engagement personnel aux côtés de ces gamins arrivés en Europe qui souffrent, ballottés entre des règlements auxquelles ils ne comprennent rien. Que ce soit en organisant des ateliers de dessins pour les enfants et les adultes. Que ce soit en mettant en place des ventes de leurs dessins.

Chacun fait comme il veut, chacun fait comme il peut, contre ce monde de guerre qu'on nous impose. Nathalie Novi, elle, a choisi de peindre des portraits d'Enfants de Syrie, ce pays en guerreS depuis sept ans. Depuis le 10 avril, elle a publié chaque jour sur Facebook un portrait d'Enfant de Syrie, elle l'a légendé. Elle a donné une humanité à ces enfants noyés dans les flots des statistiques. Elle les a rendus vivants. Par ses tableaux d'enfants reliés par un fil rouge, son cri de douleur et de colère transformé en geste artistique, elle nous a touchés, émus, bouleversés. Aujourd'hui, elle baisse un peu le rythme de ses parutions mais encourage chacun à diffuser ses portraits.

Nathalie Novi:
"Voilà, depuis quelque temps, je peins chaque jour un Enfant de Syrie, déjà 23 portraits je crois, une goutte d'eau comparée aux sept années de guerre qu'ils subissent. Un petit rien qui sert si peu. Je n'abandonne pas ma quête, je "rêve toujours à l'impossible étoile". Cependant, je dois réduire ma cadence, faire quelques pas de côté. Je me limiterai donc à un rendez-vous hebdomadaire, ou presque, avec ces enfants de nos guerres. Je ne les oublie pas mais (...) 
Ces portraits feront peut-être l'objet d'un album, ils seront exposés ici et là, pourquoi pas? En attendant, emparez-vous d'eux pour les afficher dans vos médiathèques, dans vos écoles ou vos librairies, vos boutiques, je vous fais confiance pour imaginer comment les porter haut. Retrouvons-nous très bientôt pour ne jamais les oublier, ni eux, ni les enfants de toutes les guerres. Merci aux courageux photographes à qui j'emprunte les clichés pour être au plus près de ces enfants. Merci M. Raphaël Pitti qui me donnez sans le savoir les ailes pour réaliser ces peintures."

Voici donc les 23 portraits déjà réalisés, beaux, forts, infiniment humains.



Enfant de Syrie, enfant de nos guerres, chaque matin je peindrai ton portrait, celui de la terreur que tu ne devrais pas connaître, celui de la tristesse qui trouble ton regard , ton cri muet, notre abandon, ton beau visage de douleur que je ne parviens pas même à dessiner tellement ta peur est au cœur. Tu ne veux pas mourir, nous ne le voulons pas non plus. Nous non plus ne comprenons pas de quel rouge plus sanglant pourrait être ce fil depuis trop longtemps rompu.
Enfant de Syrie, je te peindrai chaque jour pour te dire que je ne t'oublie pas.
10-04-18


Enfant de Syrie, je ne t'oublie pas. Tes yeux d'ombre sont comme une supplique et mes pinceaux tentent de faire résonner ton appel silencieux.
Enfant de nos guerres, je te peindrai chaque jour.
11-04-18


Enfant de Syrie, tu murmures "ne m'oublie pas".
Enfant de nos guerres, je te peindrai chaque jour, grâce aux photographies des reporters qui impriment la poussière qui trouble ton regard.
Enfant de Syrie je ne t'oublie pas.
12-04-18


Enfant de Syrie, tu as peur mais tu souris, tu regardes le monde qui n'est que guerre,
ton enfance est une grande partie de cache-cache depuis que tu es né-e mais tu te caches pour ne pas mourir. Enfant de nos guerres, je te peindrai chaque matin.
Enfant, je ne t'oublie pas.
13-04-18


Enfant de Syrie, tu sembles ne pas comprendre notre monde, moi non plus.
Enfant de nos guerres, je te peindrai chaque jour pour te dire que je ne t'oublie pas.
14-04-18 


Enfant de Syrie, tu me regardes, tu m'intimides, tu sembles en colère, contre nous, contre la guerre, je te comprends.
Enfant de nos guerres, je te peindrai chaque matin, je ne t'oublie pas.
15-04-18

Enfant de Syrie, tu croises tes bras, pas vraiment pour te protéger, plutôt comme si tu n'attendais plus rien. J'espère me tromper.
Enfant de nos guerres, chaque jour je te peindrai.
16-04-18 


Enfant de Syrie, depuis huit jours, chaque matin je te peins, tu ne le sais pas, ça n'est pas grave. Toi, voici sept années que tu vis dans l'enfer de la guerre.
Enfant de Syrie, je ne t'oublie pas.
17-04-18


Enfant de Syrie, où vas-tu avec ton seau, pars-tu repeindre le Monde?
Non, enfant de nos guerres, tu vas juste chercher de l'eau.
Enfants, je ne vous oublie pas.
18-04-18


Enfant de Syrie, ton regard est sombre, profond, on s'y perdrait, mais dedans, on y verrait peur, tristesse et toute la guerre.
Enfant, je te peindrai, je ne t'oublie pas.
19-04-18


Enfant de Syrie, que regardes-tu? L'oiseau qui chante dans le jardin?
Non, à la guerre, il n'y a plus d'oiseaux, plus de jardins.
À toi, enfant, je peindrai des fleurs, des arbres et des oiseaux, je ne t'oublie pas.
20-04-18


Enfant de Syrie, tu penches, comme la terre autour de toi.
Je te peins et tu sembles tomber, je voudrais tant te rattraper.
Je ne t'oublie pas.
21-04-18


Enfant de Syrie, est-ce le bruit de l'avion dans le ciel que tu refuses d'entendre ou le silence assourdissant du Monde qui tourne sans ton rire?
C'est dimanche ici et je ne t'oublie pas.
22-04-18 


Enfant de Syrie, aujourd'hui, je t'esquisse, je m'esquive, je file apprendre quelques pas de danse. Et toi, enfant de nos guerres, danses-tu encore?
Je ne t'oublie pas.
23-04-18


Enfant de Syrie, je trace cette ligne rouge, mon dessin est fini, je pars le semer. Comme toi, enfant de nos guerres, tu plantes ton sourire ici, dans la poussière, là, dans notre conscience.
Enfant, je ne t'oublie pas.
24-04-18


Enfant de Syrie, qu'écrirais-tu si tu pouvais aller à l'école?
Enfant de nos guerres, je ne t'oublie pas.
25-04-18 


Enfant de Syrie, ce soir, je t'offre un oiseau, pour rêver, un peu.
Enfant de nos guerres, je ne t'oublie pas.
26-04-18


Enfant de Syrie, je te dessine tard, tu me regardes, tu me mets au défi mais je continue à te peindre, chaque jour, comme une promesse.
Enfant de nos guerres, je ne t'oublie pas.
27-04-18


Enfant de Syrie, je t'assois sur ton territoire, une terre dessinée par les hommes, à coups de guerres, à coût de vies. Et pourtant, cette terre est vierge de tout Homme.
Enfant, je ne t'oublie pas, cette feuille sera ton royaume.
28-04-18


Enfant de Syrie, je t'ai promis un arbre pour rêver, le voici.
Enfant de nos guerres, je voudrais tant que tu respires de nouveau cet air de liberté.
Je ne t'oublie pas.
29-04-18


Enfant de Syrie, un arbre et un oiseau poussent sur mon dessin, c'est pour décrire toute l'émotion que j'éprouve à te peindre chaque jour depuis trois semaines. Sans les photographies des reporters de guerre, aucun de ces portraits ne serait possible, merci.
Enfants, je ne vous oublie pas.
30-04-18


Enfant de Syrie, je te dessine et tu deviens forêt, une forêt triste, sombre, profonde. J'aimerais tant éclairer tes ombres, mais je ne le peux pas.
Je ne sais que peindre, alors, je te peins.
Enfants de nos guerres, chaque matin, chaque soir, je ne t'oublie pas.
01-05-18


Enfant de Syrie, tu es en cage, je pense au poème de Prévert
 "Pour faire le portrait d'un oiseau" et te peins dans un champ d'herbes folles.
Enfant de nos guerres, je ne t'oublie pas.
02-05-18


D'autres initiatives en faveur des réfugiés:

  • Vente de dessins originaux d'illustrateurs jeunesse (ici et ici)
  • Ateliers de dessin (ici)
  • Publication, albums et romans (lire ici)







mardi 24 octobre 2017

Avec l'expo "HOP!", ça bouge et ça saute


Intéresser les enfants à l'art. Oui, évidemment! Mais comment? 😇
En leur en faisant l'éloge, en les envoyant au musée, en les y emmenant? 😈
Peut-être 😔 Mais sans garantie 😕

Ou alors par le jeu 😲😀😄
En bougeant, en tâtant, en humant, en écoutant, en regardant...
En jouant avec tout son corps.

L'énergie contagieuse de Rik Wouters et Louis Van Lint. (c) Musée d'Ixelles.

C'est la bonne idée qu'a eue le musée d'Ixelles en mettant en place l'exposition "HOP!", destinée aux enfants de 6 à 12 ans, en collaboration avec l'asbl Patrimoine à roulettes. Pour cela, vingt-deux œuvres issues des collections permanentes du musée ont été associées deux à deux selon différents mots liés au mouvement: ramolli, immobile, lent, ondoyant, énergique, vif, arrêté, frénétique, sonore, tournoyant et flottant! A noter que les onze mots choisis apparaissent aux cimaises en français, en néerlandais et en anglais.

Duo ondoyant que celui de Rijckhals et Alechinsky. (c) Musée d'Ixelles.

Idée amusante que de poser sur des œuvres d'art ces mots qui décortiquent savamment la notion de mouvement. Les associations momentanées frappent l'imagination et suscitent plein d'idées. Surtout que toutes les disciplines artistiques sont représentées: peinture, sculpture, dessin, affiche, street art, art vidéo, installation. Quant aux artistes choisis dans les collections, ils voient ici leur travail présenté de manière ultra-dynamique. Ont été élus Ann-Mary Janssens, Charles Hermans, Charles Semser, Edith Dekyndt, Fabio De Sanctis, Frans Rijckhals, Hans Op De Beek, Henri Evenepoel, Henri Meunier, Henri Michaux, Jean-Luc Moerman, James Ensor, Jef Lambeaux, Jules Chéret, Louis Van Lint, Pierre Alechinsky, Pol Bury, Rik Wouters, The Plug, Valerio Adami, Walter Swennen et Xavier Mellery.









Quelques-unes des oeuvres de l'expo "Hop!" (c) Musée d'XL.























Pas question toutefois de dévoiler ici qui est en duo avec qui. C'est à l'expo que cela se passe.


Le meuble au centre de la pièce: repos et pistes d'exploration. (c) Musée d'Ixelles.

Car cela se passe au sens premier du terme. On ne voit pas de rangs d'oignons devant les cimaises. Bien au contraire. Des enfants bougent face aux œuvres, ils jouent, ils sourient, ils rient, ils miment. Au centre de la pièce en effet, à leur hauteur, un meuble est installé, comportant des sièges et des instructions en rapport avec les mots mis en avant. De quoi tâter, respirer, écouter, imiter par les gestes et bien sûr regarder. Mais sans obligation, il s'agit plutôt de pistes pour explorer l'exposition "HOP!". Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise manière de faire la visite. Il y a juste l'idée de s'approprier les œuvres de façon ludique et spontanée. De ne plus avoir peur du mot "œuvre".

On poussera l'expérience encore plus loin dans la pièce voisine, où trône le "Hop-Lab", concocté par le collectif Pimpampet. On y pénètre, déchaussé. Devant un tapis de sol immaculé, trois écrans vidéo interactifs proposent de bouger et de danser tous ensemble selon les onze mots de l'exposition. Réjouissant et enchanteur.


Au HOP-lab. (c) Musée d'Ixelles. 

Au HOP-lab. (c) Musée d'Ixelles.


Pratique
L'expo d'art pour enfants "Hop!" se tient jusqu'au dimanche 4 février 2018 au Musée d'Ixelles, du mardi au dimanche, de 9 h 30 à 17 heures.
Le Laboratoire multimédia est, lui, accessible le dimanche après-midi de 14 heures à 16h45 ainsi que les 2/11 et 18/01 de 17 à 20 heures, et sur demande pour les groupes.