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mercredi 31 juillet 2024
dimanche 31 juillet 2016
mercredi 11 mai 2016
école des loisirs, ficelle et autres objets volants

Ting! Un mail entre à l'instant dans ma boîte. C'est un nouveau communiqué de l'école des loisirs, daté du 10 mai. Pas difficile de deviner qu'il concerne à nouveau les "romans" que publie la maison de la rue de Sèvres (on peut le lire ici). En effet, depuis le 5 avril (lire ici), un blog intitulé "la ficelle" publie chaque jour un texte de romanciers et de romancières de l'école des loisirs contant ce qu'était d'écrire pour, et avec, Geneviève Brisac - ou de traduire pour elle. Autant de témoignages qui font à la fois chaud au cœur, vu l'attention portée à des auteurs de livres destinés à des enfants ou à des ados et à leur public, et froid dans le dos puisque, depuis le congé de maladie de l'éditrice historique à la fin de l'an dernier, plusieurs contrats de romans signés ont été déchirés par Arthur Hubschmid, un des co-fondateurs de la maison parisienne née en 1965, un dénicheur d'albums hors pair, qui est aujourd'hui celui qui décide de l'avenir des textes qui lui sont présentés.
J'imagine bien que les textes de "la ficelle" ne doivent pas faire plaisir à tout le monde. Ils disent un passé et un présent et s'inquiètent pour l'avenir. Jamais, ils n'ont remis en question le personnel de l'école des loisirs. Si le communiqué du jour de cette denière est moins langue de bois que le précédent (il rend notamment nommément hommage à Geneviève Brisac), il est de nouveau, et c'est sans doute logique, à côté de la vraie question, l'avenir des auteurs remerciés ou en voie de l'être.
Je comprends évidemment que les équipes soient déroutées devant cette situation inédite mais faut-il utiliser leur désarroi pour communiquer? Ceux qui semblent les plus perdus dans cette affaire ne sont-ils pas les auteurs dont le manuscrit accepté a ensuite été refusé et ceux qui craignent ne plus être entendus dans cette maison d'édition, dont il n'est pas fait ici mention? La seule personne incriminée sur "la ficelle" est Arthur Hubschmid, pour les choix qu'il fait aujourd'hui et pour son attitude actuelle. Je n'ai lu aucune remise en cause de son passé d'éditeur d'albums de qualité. Je comprends aussi que le cas des auteurs ne se règle pas dans un texte public. Mais alors pourquoi communiquer?
Moralité: quand tu veux communiquer sans rien dire, tourne sept fois la ficelle dans ta bouche ou ton cerf-volant t'échappera.
mercredi 13 avril 2016
Le soutien de ses auteurs à Geneviève Brisac
Le 5 avril est apparu sur la toile le blog "la ficelle", énigmatiquement sous-titré "Si ton cerf-volant est cassé, garde la ficelle".
S'y sont regroupés des écrivains de l'école des loisirs, démunis devant le changement de ligne éditoriale de la maison cinquantenaire.
Ils se présentent ainsi:
"Une grande maison d'édition jeunesse, L'Ecole des Loisirs, change de cap sans prévenir. Des auteurs de romans restent à quai, d'autres sont tombés à l'eau. Dans ce blog, des auteurs concernés prennent la parole pour donner leur point de vue. Ils souhaitent dire ce que L'école des Loisirs représentait pour eux; parler littérature jeunesse, celle qu'ils aiment et qu'ils veulent écrire; montrer leur soutien à ceux qui partent ou ceux qui restent; et pourquoi pas parler économie, politique éditoriale et politique au sens large. Bref, dialoguer, s'exprimer et dire à Loisirs."Depuis le 5 avril, les billets-témoignages d'écrivains s'y succèdent. Dix à cette heure: Alice de Poncheville, Nastasia Rugani, Isabelle Rossignol, Claire Castillon, Fanny Chiarello, Coline Pierré, Gilles Barraqué, Charles Castella, Agnès Desarthe... Les lire devrait être réjouissnt. Vu les circonstances, c'est d'une tristesse absolue mais nécessaire. Tous racontent le passé avec Geneviève Brisac, la responsable des romans depuis 1989, écartée sans ménagement à la fin de l'année dernière (elle est officiellement toujours en place, mais en arrêt maladie). Un temps où la littérature avait le droit, même le devoir, d'exister pour les enfants. Chacun dit à sa façon une manière de faire magnifique, un souci des auteurs et des lecteurs. Humanité et talent professionnel.
Les lire est d'une tristesse absolue car ils disent le passé. Louis Delas, le nouveau directeur de l'école des loisirs, a défini pour "Livres-Hebdo" la ligne éditoriale des romans: "Nous publions des romans avec des personnages positifs et entreprenants auxquels il arrive des aventures qui permettent aux lecteurs de s'identifier et de se construire dans un monde complexe." Oui, on se pince. On tentera de ne pas se remémorer l'aventure qu'a été la publication de Robert Cormier ou des deux Christophe, Honoré et Donner... Maintenant, les machines sont réglées. Ecrivains, placez-vous dans les lignes désormais. Ne dépassez pas.
Quel sera l'avenir des romans à l'école des loisirs? On peut s'en inquiéter. Car peu répondent aux normes actuelles. Heureusement il reste deux milliers de livres formidables en collections Mouche, Neuf et Médium qui ont été publiés et souvent réimprimés. Pas tous hélas. Et j'attends avec impatience que le site renouvelé dernièrement de l'école des loisirs mentionne aussi les livres épuisés, par respect du lecteur, de l'étudiant, de l'amateur de littérature de jeunesse ou du chercheur dans ce domaine.


En tout cas, "Le passage" est un livre total, mêlant western, amour fou, trésor et apprentissage. Le dix-neuvième, à l'époque, que l'auteur avait écrit pour la jeunesse. Plébiscité par des centaines de milliers de lecteurs. Un texte superbe, admirablement construit où on découvre la vie, si on peut l'appeler ainsi, au camp du lac vert.
Un lieu loin de tout, cuit et recuit par le soleil qui en a fait disparaître la moindre goutte d'eau. Là, des jeunes qui ont eu maille à partir avec la justice creusent des trous. Tous les jours. Sous une impitoyable chaleur. Dimensions imposées: 1,5m de diamètre, 1,5m de profondeur. La taille d'une pelle. Dans quel but? Pour "se forger le caractère" sans doute mais aussi pour servir certains projets du directeur. Petit à petit, le lecteur découvre ce quotidien éprouvant. Des bribes d'existence se dévoilent à lui, croisant des destins, entrecoupées de pans d'autres vies qui se sont déroulées plus de cent ans auparavant. "Le passage" est un livre terriblement émouvant, mais aussi très drôle par moments. C'est un roman d'une qualité rare qui ouvre le lecteur aux autres et à lui-même. Un texte indispensable.
Et donc, je répète, n'oubliez pas de lire "la ficelle" régulièrement. C'est un parfait plaidoyer pour une belle littérature de jeunesse, exigeante et réjouissante.
Ci-après, un communiqué de l'école des loisirs
au sujet des romans de la maison.
vendredi 31 juillet 2015
Quatre ans aujourd'hui!
Et voilà! En route pour la cinquième année de ce blog lancé pile à la moitié des grandes vacances 2011.
Quasi cinq cents articles publiés, pour les grands et pour les petits.
Dans le peloton de tête des articles les plus lus, les décès de Maurice Sendak, Robert Doisneau, Mario Ramos et Alain Nadaud, et aussi les désirs d'interdictions du maire de Venise, depuis remballé à ses activités de maire par le ministre.
Plus de trois cent mille visites, nombre qui me réjouit le cœur.
Ci-après, quelques chiffres, parce qu'ils m'étonnent moi-même, fournis par l'hébergeur.
Si la moitié des connections viennent de France, treize pour cent sont localisées en Russie, à égalité avec la Belgique. Suivent les Etats-Unis (sept pour cent), l'Allemagne (quatre pour cent), la Suisse et le Canada (un pour cent et demi chacun). En tête du solde, la Turquie, l'Ukraine et l'Italie.
Mais surtout, parce qu'un anniversaire ne va pas sans cadeau, en voici un, et un fameux!
Une double page, en exclusivité mondiale, du prochain album de Claude Ponti, à paraître en novembre, "L'affreux moche Salétouflaire et les Ouloums-Pims" (L'école des loisirs), d'un format un peu plus petit que les deux derniers-nés, "Blaise et le Kontrôleur de Kastatroffe" (l'école des loisirs, 2014, 48 pages, lire ici), "L'avie d'Isée" (l'école des loisirs, 2013, 48 pages, lire ici).
Justement, à propos de derniers-nés, on va croiser de vieux bébés qui dorment dans ce nouvel album qui raconte, notamment, la rencontre des Ouloums-Pims.
Allez, encore quatre mois à attendre.
Le temps nécessaire pour savourer tous les détails de ce magnifique dessin de bébés et de grottes, dans lequel on distingue aussi les deux héros de ce nouvel album.
Dans les grottes, les vieux bébés dorment. (c) l'école des loisirs. |
mardi 19 mai 2015
Les malicieuses théories d'Eric Chevillard
Qui est Eric Chevillard?
Un Vendéen né en 1964 à la Roche-sur-Yon qui vit aujourd'hui à Dijon.
Un écrivain, publié principalement aux Editions de Minuit. Allez y voir, on peut lire les premières pages de tous ses romans et même du premier, "Mourir m'enrhume", publié à 23 ans. Mais les livres tirés de son blog paraissent à L'arbre vengeur depuis janvier 2009.
Un blogueur aussi donc, actif depuis 2007 avec L'autofictif, 2613 posts à la date d'aujourd'hui. Explications par l'auteur:

Un chroniqueur du "Monde des livres". "Le feuilleton d'Eric Chevillard" est attendu avec gourmandise chaque semaine par les amateurs de littérature et les rebelles à la langue de bois.Un Vendéen né en 1964 à la Roche-sur-Yon qui vit aujourd'hui à Dijon.
Un écrivain, publié principalement aux Editions de Minuit. Allez y voir, on peut lire les premières pages de tous ses romans et même du premier, "Mourir m'enrhume", publié à 23 ans. Mais les livres tirés de son blog paraissent à L'arbre vengeur depuis janvier 2009.
Un blogueur aussi donc, actif depuis 2007 avec L'autofictif, 2613 posts à la date d'aujourd'hui. Explications par l'auteur:
"En septembre 2007, sans autre intention que de me distraire d'un roman en cours d'écriture, j'ai ouvert un blog, quel vilain mot, j'ai donc ouvert un vilain blog et je lui ai donné un vilain titre, plutôt par dérision envers le genre complaisant de l'autofiction qui excite depuis longtemps ma mauvaise ironie. Rapidement j'ai pris goût, et même un goût extrême, à cet exercice quotidien d'intervention dans le deuxième monde que constitue aujourd'hui Internet et à ces petites écritures absolument libres de toute injonction. Mon identité de diariste est ici fluctuante, trompeuse, protéiforme. Je me considère à mon tour comme un personnage, je bascule entièrement dans mes univers de fiction où se rencontre aussi, non moins chimérique, le réel. Je ne m'y interdis rien, c'est le principe, ni la sincérité ni la mauvaise foi, ni même à l'occasion l'assassinat. Ces pages pourront être lues ainsi comme la chronique nerveuse ou énervée d'une vie dans la tension particulière de chaque jour."


Une organisation conjointe des librairies Ptyx et Livre aux trésors (Liège).
Et que sont "Les théories de Suzie"? Un délicieux album pour enfants, mais aussi pour les grands, où Eric Chevillard retranscrit différentes théories émises par sa fille Suzie. On le sait, les enfants ont des théorie sur tout, qui démystifient le monde à leurs yeux. Elles révèlent leur besoin de comprendre et d'organiser ce qui les entoure. Et elles nous propulsent plus haut que le quotidien par leur logique, leur poésie, leurs espoirs et leur assurance.
"Les mystères existent pour être résolus", écrit Eric Chevillard, "et Suzie est très douée pour ça. Elle a compris bien des choses, elle a percé les secrets de l'Univers, presque tous. (...) Le sourire de Suzie est une petite barque très pratique pour transporter ses théories d'une oreille à l'autre. Qui voudrait voir chavirer une petite barque pareille?"
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L’œuf ou la poule d'abord? (c) Hélium. |
Des poissons rouges qui sont à la fraise comme on le sait à la manière de faire des enfants, en passant par la poule et l’œuf, les formes de la Lune et du Soleil, les bosses du chameau et du dromadaire, la taille des dinosaures, la guerre, les licornes, la soupe, le décollage des avions... Les théories de Suzie sont vraiment formidables.
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Toujours finir sa soupe... (c) Hélium. |
François
Martin a créé les illustrations idéales pour ce genre de propos. Suffisamment réalistes pour qu'on voie, comme en vrai, Suzie nous camper crânement ses explications, et, en même temps, assez évocatrices pour qu'on se laisse porter par les propos de la miss! Le choix d'un minimum de couleurs, beaucoup de rouge, du blanc et du bleu que relève du noir, est excellent et convient parfaitement aux images proches de la gravure. "Les théories de Suzie" rendent superbement hommage à la poésie de tous les enfants du monde, drôle et nourricière pour peu qu'on écoute nos petits.
vendredi 27 juin 2014
L100 va en vacances avec Jeanne Ashbé
A mettre dans ses petits ou ses grands bagages ou à simplement tester sur place, chez soi, pour un moment de répit familial, en imaginant qu'on est en vacances, le nouveau album, ou plutôt les nouveaux albums de Jeanne Ashbé, réunis dans un petit sac de transport, "Bonnes vacances, Lou!" (L'école des loisirs/Pastel), soit un album animé illustré tout carton et un livret de jeux, "Les jeux de Mouf", chacun étant en format carré de 20 cm sur 20 cm.
On connaît bien Lou et Mouf. Ils sont souvent les héros de Jeanne Ashbé, dans les superbes histoires qu'elle adresse aux tout-petits. On les retrouve cette fois dans une activité bien de saison, les vacances en famille. Un petit sac en plastique transparent, gansé de ruban prune, couleur chère à l'auteure-illustratrice, réunit les deux livres. "Bonnes vacances, Lou!" est un livre animé en carton avec des pages aux coins arrondis. On y retrouve Lou, le bébé apprécié, aimé même, des lecteurs de Jeanne. Il commence par préparer sa valise, sans oublier Mouf, sa peluche doudou, bien entendu. On les suit alors dans la voiture avec Papa qui chante et Maman qui... écoute. Puis jouant avec des escargots, mangeant avec les doigts, se lavant à la fontaine, s'endormant n'importe où, et même, se réveillant en pleine nuit...
L'idée de l'album est qu'en vacances avec ses parents, qu'elles soient longues ou toutes courtes, on peut faire différemment de l'habitude. Plus simplement souvent, avec autant de plaisir à l'arrivée en général. Mais comme il ne s'agit pas de moraliser, juste d'évoquer des opportunités qui s'offrent à chacun, Jeanne Ashbé parsème son livre d'animations, avec quelques surprises bien entendu: une valise à ouvrir, une tirette qui modifie une expression ou ajoute un élément à l'image, un dispositif pour jouer dans la page et même un bout de tissu à palper. Tous les sens sont mis à contribution lors de cette lecture ludique qui se prolonge dans le livret en pages plastifiées "Les jeux de Mouf". Avec ses étiquettes illustrées, positionnables à l'infini et sur tout support (un peu comme les Plastifigura des années 50 et 60), ses pochoirs à colorier, ses jeux à imaginer et ses espaces à dessiner, il invite aussi à redécouvrir le quotidien pour en faire des espaces de jeux.
On le voit, des pages apparemment simples mais qui sont le résultat d'un immense travail.
Anton, un des fils de Jeanne Ashbé, en dit: "C'est dommage parce que tout ça, les parents s'en rendront compte avec leur enfant, mais ce n'est écrit nulle part."
Ben si! Le "tout ça" se trouve expliqué ci-dessous par l'auteure-illustratrice elle-même.
En plus, depuis quelques mois, Jeanne Ashbé a ouvert son propre blog, où elle raconte régulièrement sa vie et ses livres. En dessins, en photos et en textes.
On connaît bien Lou et Mouf. Ils sont souvent les héros de Jeanne Ashbé, dans les superbes histoires qu'elle adresse aux tout-petits. On les retrouve cette fois dans une activité bien de saison, les vacances en famille. Un petit sac en plastique transparent, gansé de ruban prune, couleur chère à l'auteure-illustratrice, réunit les deux livres. "Bonnes vacances, Lou!" est un livre animé en carton avec des pages aux coins arrondis. On y retrouve Lou, le bébé apprécié, aimé même, des lecteurs de Jeanne. Il commence par préparer sa valise, sans oublier Mouf, sa peluche doudou, bien entendu. On les suit alors dans la voiture avec Papa qui chante et Maman qui... écoute. Puis jouant avec des escargots, mangeant avec les doigts, se lavant à la fontaine, s'endormant n'importe où, et même, se réveillant en pleine nuit...
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En vacances, on mange différemment. (c) L'école des loisirs/Pastel. |
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La page sur la nuit, la préférée de l'auteure. (c) L'école des loisirs/Pastel. |
L'idée de l'album est qu'en vacances avec ses parents, qu'elles soient longues ou toutes courtes, on peut faire différemment de l'habitude. Plus simplement souvent, avec autant de plaisir à l'arrivée en général. Mais comme il ne s'agit pas de moraliser, juste d'évoquer des opportunités qui s'offrent à chacun, Jeanne Ashbé parsème son livre d'animations, avec quelques surprises bien entendu: une valise à ouvrir, une tirette qui modifie une expression ou ajoute un élément à l'image, un dispositif pour jouer dans la page et même un bout de tissu à palper. Tous les sens sont mis à contribution lors de cette lecture ludique qui se prolonge dans le livret en pages plastifiées "Les jeux de Mouf". Avec ses étiquettes illustrées, positionnables à l'infini et sur tout support (un peu comme les Plastifigura des années 50 et 60), ses pochoirs à colorier, ses jeux à imaginer et ses espaces à dessiner, il invite aussi à redécouvrir le quotidien pour en faire des espaces de jeux.
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Ma façon de préparer le pique-nique grâce aux étiquettes en plastique. |
On le voit, des pages apparemment simples mais qui sont le résultat d'un immense travail.
Anton, un des fils de Jeanne Ashbé, en dit: "C'est dommage parce que tout ça, les parents s'en rendront compte avec leur enfant, mais ce n'est écrit nulle part."
Ben si! Le "tout ça" se trouve expliqué ci-dessous par l'auteure-illustratrice elle-même.
"Il m'a fallu presque deux ans de travail pour peaufiner ce livre dont je voulais à la fois qu'il soit ludique, varié, solide, facile mais intéressant à manipuler (c'est-à-dire que les animations ajoutent à l'émotion et ne soient pas juste un exercice de psychomotricité fine!) et qu’il reflète cette "philosophie des vacances selon Lou": la simplicité de ces moments à partager avec notre enfant, cette coupure avec le quotidien qui ne demande rien de cher ni de compliqué, au contraire! Beaucoup de parents se persuadent du contraire et partent en vacances avec une batterie de matériel pour prendre soin du petit chéri et l'occuper... et ils en oublient d’être tout simplement là, près de lui, prêts à accepter de chanter à tue-tête dans la voiture, même faux comme une casserole, à lui laisser avoir les mains sales, jouer avec un bâton dans la poussière, dormir n'importe où et.... leur plaisir à eux, adultes en vacances aussi, avec leurs copains, expérience si bienfaisante pour leurs enfants!Tout ça, disait-on...
J'ai mis presque deux ans aussi pour concevoir le livret de jeux qui est glissé dans le petit sac. J'ai interrogé des dizaines de parents, observé soigneusement des "cahiers de jeux" après usage par des enfants d'âges différents: qu'en avaient-ils fait à la fin des vacances? Quelles pages avaient été utilisées, pourquoi? Quels jeux avaient été partagés avec les parents, pourquoi? A quoi avaient-ils joué seuls, pourquoi? Passionnant travail qui m'a amenée à réaliser ce petit livret de dix pages plastifiées, entièrement réutilisables. Les coloriages se font par pochoirs, ce qui permet de les faire et de les refaire mais révèle aussi des dessins à réinterpréter, à revisiter librement. Le livre peut être "colorié" sauvagement par un petit davantage téméraire car les pages sont plastifiées et se nettoient avec un mouchoir en papier. Chaque page engage à des manipulations mais aussi à du langage, de l'émotion, du suspense et, à côté des classiques, à de l’imagination. Et puis, surtout, il y a au milieu, une double page de 45 petites étiquettes de plastique, indéchirables, lavables, que l'on peut positionner où on veut dans le livret mais aussi sur les vitres de la voiture, du salon, sur son biberon, sa tasse, les carrelages de la cuisine ou de la salle de bain, partout! Elles tiennent par électrostatisme, s’enlèvent et se replacent autant de fois qu'on le veut, se lavent à l'eau si nécessaire, ne collent pas sur elles-mêmes quand le petit les plie en les manipulant. C'est génial et ça marche super-bien. J'y ai joué avec des petits de mon entourage, de 14 mois à 5 ans 1/2, ils ne voulaient plus s'arrêter et, à ma grande surprise, ils dépassaient tout ce que j'avais imaginé en positionnant les petites figurines à des endroits inattendus, en se racontant des histoires. Trop chouette."
En plus, depuis quelques mois, Jeanne Ashbé a ouvert son propre blog, où elle raconte régulièrement sa vie et ses livres. En dessins, en photos et en textes.
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