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dimanche 13 avril 2025

Majorité féminine aux "Famous in Belgium" 2024

Derniers préparatifs avant la remise des prix.

Les comités belges de la Scam et de la SACD
ont proclamé leurs prix 2024 lors de la traditionnelle soirée festive "Famous in Belgium". Un palmarès ultra féminin (9 sur 10 prix) en ce qui concerne la Scam, très féminin pour la SACD (7 sur 9 prix), joyeusement présenté par le duo Isabelle Wéry - Emmanuel Texeraud. Un vendredi soir festif, avec une cérémonie longuette à force de remerciements et une fête bruyante dans un lieu trop petit pour les nombreux invités qui se pressaient à l'événement "Famous in Belgium" organisé cette fois à la Tricoterie (Saint-Gilles). La remise des prix fut toutefois l'occasion d'évoquer la pétition concernant la représentativité des deux organisations auprès des autorités belges (lire en fin de note).

Le Palmarès 2024


Prix Scam


Prix Parcours littéraire
- Lydia Flem, cette "bouche bavarde, oreille curieuse" comme elle se définit, pour l'ensemble de son œuvre. Elle dédie son prix à Maurice Olender (1946-2022), son éditeur et l'amour de sa vie.

Prix de l'œuvre littéraire - Victoire de Changy pour "Immensità" (Cambourakis), roman dont la sélection au Prix des lycéens belge, appellation curieuse comme elle le fait remarquer, lui a donné l'occasion de rencontrer et d'échanger avec plein de jeunes de 17-18 ans. "J'écris des histoires depuis que j'ai sept ans, j'en publie depuis dix ans, je trace pour mon petit chemin."
 
Prix Parcours Texte et image - Alix Garin pour "Impénétrable" (Le Lombard). Une bande dessinée explorant les troubles de la sexualité, récompensée par le prix du public à Angoulême.
NDLR: Il a été dit plusieurs fois que le prix texte et image irait en alternance à la bande dessinée et à la littérature jeunesse. Le dernier en date est Jean-Luc Englebert (2022). Dommage que les deux disciplines ne soient pas honorées chaque année car elles regorgent de talents.
Prix du documentaire audiovisuel - Nina Alexandraki et Eleftherios Panagiotou pour "Je suis dehors", l'histoire de Jamal, sans papiers obligé de se débrouiller seul.

Prix du documentaire sonore
- Chedia Le Roij pour "Après le Bruit", les rives de la Vesdre, un an après les inondations dévastatrices.

Âmes sœurs de la Scam
  • Sarah Pialeprat, directrice du Brussels Art Film Festival.
  • Laurence Rassel et l'équipe pédagogique de l'erg (Ecole de recherche graphique).
  • Anne-Lise Remacle, journaliste et modératrice de rencontres littéraires.


Prix commun SACD x Scam


Marion Sellenet
, animatrice, illustratrice et réalisatrice du documentaire "Marion ou la métamorphose", son parcours avec cette maladie évolutive qu'est la FSH.
 
 

Prix SACD


Prix spectacle vivant
- Sara Selma Dolorès, pour "Rire (pour en finir avec soi-même)", un spectacle de cabaret. Celle pour qui les paillettes étaient le dress code de la soirée mais son boulot à elle en a perdu son nez rouge de clown.
 
Prix spectacle vivant - Sophie Sénécaut, pour "L'arbre qui cachait la forêt", réflexion sur l'hospitalité inconditionnelle.
 
Prix chorégraphie - Fanny Brouyaux, pour "To be schieve or a romantic attempt", soit Paganini en version punk.
 
Prix audiovisuel - Rosine Mbakam, pour "Mambar Pierrette", fiction sur la vie quotidienne au Cameroun d'une mère de famille couturière. "Je dédie ce prix à ceux qui sont encore enfermés en centre fermé aujourd'hui", a déclaré celle qui a quitté le Cameroun à dix-sept ans.
 
Prix audiovisuel - Xavier Seron, pour "Chiennes de vies", chroniques canines réfléchissant les humains.
 
Prix radio - Daphné Huynh, chroniqueuse radio (La Première, RTBF).
 
Jumelles d'or
  • Louis Héliot, responsable depuis 1992 de la programmation cinéma au Centre Wallonie-Bruxelles de Paris.
  • Marie Baudet, journaliste (La Libre et La Pointe).
 
Isabelle Rey (Scam), Frédéric Young (délégué général), Céline Beigbeder (SACD)
et les deux animateurs de la soirée.

Une fête en or et paillettes malgré le couperet gouvernemental qui menace les deux associations.
Voici leur communiqué.
"Dans le cadre du Décret "gouvernance culturelle", le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles renouvelle actuellement les reconnaissances et désignations des fédérations professionnelles qui siègeront dans les chambres de concertation pour les cinq prochaines années.
Cette décision politique est très importante pour garantir une concertation juste et équilibrée dans l'élaboration et l'application de toutes les politiques culturelles en Fédération Wallonie-Bruxelles. Il est crucial en effet que les auteurs et autrices puissent être représenté·es dans les chambres de concertation et au Conseil Supérieur de la Culture.

Pour être reconnues comme telles, les fédérations doivent, selon ce décret, répondre à 9 critères; le premier est d'être une personne morale sans but lucratif et le 8ème d'être une organisation représentative du secteur ("faire partie des trois fédérations professionnelles les plus représentatives d'un secteur, ou être la fédération la plus représentative d'une discipline particulière ou d'une catégorie professionnelle").

La SACD estime répondre pleinement à chacun de ces 9 critères.
De fait, ses statuts mentionnent en son article 1er son caractère "sans but lucratif", et elle compte plus de 2.000 créateurs et créatrices dans le secteur du cinéma et de l'audiovisuel et plus de 2.000 créateurs et créatrices dans le secteur des arts vivants.
La Scam estime répondre pleinement à chacun de ces 9 critères.
Ses statuts mentionnent en effet en son article 1er son caractère de société de gestion sans but lucratif (en application de la loi française), et elle rassemble plus de 2.000 membres actives et actifs dans le secteur du cinéma et de l'audiovisuel, ainsi que plus de 2.000 membres actives et actifs dans le secteur de la littérature, du livre jeunesse et de la BD.

Pourtant, un avis négatif a été rendu contre nos deux organisations pour des motifs qui n'ont toujours pas été communiqués relatifs à ce caractère sans but lucratif et d'autres interprétations tout aussi floues du décret, rendant incertaines leurs reconnaissances en tant que fédérations par la Ministre Degryse et son gouvernement.

La SACD pourrait donc ne pas être reconnue comme fédération de l'audiovisuel ni des arts vivants.
La Scam pourrait, elle non plus, ne pas être reconnue en tant que fédération du secteur Lettres et livres – peut-être pourrait-elle l'être pour le cinéma et la création télévisuelle documentaire… mais ce n'est pas acquis.
Cependant, leurs partenaires dans les différentes chambres, comme l'UPFF, l'ARPI, Pro Spere, la FEAS, l'ADEB, les Éditeurs singuliers, le SLFB, le PILEn, les fédérations de bibliothécaires, tous demandent que la SACD et la Scam, selon le secteur, voient leur reconnaissance renouvelée.

Dès lors, réuni·es ce 11 avril pour l'Assemblée Générale de la SACD et la fête de remise des prix de la SACD et de la Scam, nous auteurs et autrices (présent·es ou par voie électronique), nous alarmons des informations qui indiquent que les reconnaissances en tant que fédérations de la SACD et de la Scam ne seraient pas renouvelées, ce qui leur fermeraient la porte de différentes chambres de concertation.
Nous demandons au Gouvernement que le décret soit appliqué sans discrimination et selon des motivations justes et transparentes.
La SACD et la Scam sont pour nous les deux fédérations professionnelles qui,
répondant à l'évidence aux critères du décret comme par le passé, peuvent le plus efficacement assurer une représentation active et experte de nos professions et la défense de nos droits culturels, droits d'auteur et intérêts professionnels légitimes dans le cadre de la concertation en Fédération Wallonie-Bruxelles.
Faute de cela nous serions privé·es sans justification de toute représentation dans des chambres de concertation et au Conseil Supérieur de la Culture, ce que nous estimons inefficace, injustifié et scandaleux."
Pétition à signer si vous adhérez ici.
Ou via le QR code.

 

mercredi 12 mars 2025

Selon La Libre et la FLB, les 15-25 ans lisent

(c) FLB.

Courant février, un sondage a été publié sur les sites des journaux du groupe de presse IPM ("La Libre", "l'Avenir" et la "DH"), partenaire de la Foire du Livre de Bruxelles qui s'ouvre demain. Le thème? "Que lisent les jeunes en 2025?" Que lisent les jeunes de 15 à 25 ans plus précisément. Ces derniers étaient sollicités par voie de presse sur leurs pratiques de lecture, mais aussi leurs parents – observateurs espions des façons de lire de leurs enfants. Trois cents adolescents ont répondu ainsi que soixante-neuf parents. Cette enquête non scientifique apporte néanmoins un éclairage sur les tendances actuelles dans un secteur en constante évolution.

Les jeunes qui lisent le journal lisent donc aussi des livres.
  • La fiction se taille la part du lion, leurs préférences allant à 89,3 % pour les romans. Au sein de cette catégorie, la romance remporte 57,9 %, la fantasy 46,9 %, le policier 40,1 % et la fiction contemporaine 34,3 %. A l'image des films et séries populaires.
  • Les bandes dessinées séduisent 32,3 % des jeunes interrogés. Surtout les mangas qui attirent 43,7 % des répondants.
  • Les ouvrages de non-fiction et les livres pratiques n'attirent que 20% des répondants.
Le livre papier reste leur support privilégié (91,5 %), loin devant les formats numériques (7,1 %, dont 49 % sur smartphone et 28,3 % sur tablette) et audio (1,3 %). Cette préférence pour le papier semble s'expliquer par un besoin de se connecter à son imaginaire tout en s'éloignant des écrans.

Malgré une forte consommation digitale dans leur quotidien, les jeunes restent attachés aux librairies physiques pour leurs achats (81,2 %).

Les recommandations d'amis (33,5 %) et les réseaux sociaux (35,5 %), en particulier Instagram et TikTok, jouent un rôle important dans leur découverte de nouveaux livres, témoignant de l'influence des plateformes numériques.

Près de la moitié des jeunes qui ont répondu à l'enquête (47,6 %) lisent tous les jours, 34,3 % lisant plusieurs fois par semaine. Où lisent-ils? A la maison (96,1 %), mais aussi dans les transports en commun (54,4 %). Quand? Pendant les vacances pour 48,9 % des répondants.

La durée moyenne des sessions de lecture oscille entre 30 minutes (27,8 %) et une heure (35,6 %). 65% des répondants disent fréquenter des événements littéraires, foires, festivals et dédicaces en librairie. Les verra-t-on à la Foire du livre de Bruxelles qui se déroule du 13 au 16 mars à Tour & Taxis avec "Habiter le monde" comme thème (infos ici)?

Ces bons chiffres, réalisés sur base de réponses volontaires suite à un appel dans des médias, sont à toutefois à relativiser par ceux de l'ADEB (Association des Editeurs belges) qui se montrent plus alarmistes mais ne concernent que la production belge. Un communiqué de l'ADEB et des Editeurs singuliers alertait en novembre 2024: "Le secteur de l'édition en Belgique traverse actuellement une période compliquée. Avec des changements potentiels dans la fiscalité, des réformes encore imprécises du soutien financier et une pression économique grandissante, la filière du livre fait face à des défis importants."
 
Le projet de TVA à 9 % sur le livre en Belgique peut en effet avoir des répercussions économiques considérables en renchérissant le prix final des livres, et impactant donc directement les lecteurs. Quid aussi de la compétitivité sur le marché européen des éditeurs belges, déjà confrontés à des hausses considérables des matières premières? Un repli sur les ventes est à craindre, mettant les petites maisons d'édition en difficulté et, in fine, réduisant l'offre littéraire. Quid du soutien institutionnel et de l'élaboration d'une véritable politique intégrée du livre en Belgique francophone? Actuellement, les instances d'avis sont suspendues et les subventions donc bloquées. La ministre de la Culture Elisabeth Degryse n'a pas encore signé l'arrêté portant exécution du Décret relatif au subventionnement des secteurs professionnels des langues, des lettres et du livre. 
 
EDIT 12 mars 16 heures: Selon Le Soir, le décret serait débloqué mais, modifié, il devra être relu par le gouvernement, passer au Conseil d'Etat, subir une deuxième lecture puis être voté par le Parlement.
 
Attendons donc, que faire d'autre, mais lisons comme les jeunes lecteurs de La Libre.
 
 
 
 
 
 
 

vendredi 26 avril 2024

La fête de la librairie ce samedi 27 avril

 
On le sait, la date officielle de la fête de la librairie et du droit d'auteur, la Sant Jordi, est le 23 avril. Journée mondiale du livre aussi, célébrée à la date dite (lire ici). La fête, elle, est déplacée à un samedi proche, soit, cette année, le samedi 27 avril. Demain
 
Ce samedi 27 avril 2024, en parallèle à plus de six cents librairies en France et en Suisse, les librairies indépendantes en Belgique francophone feront la fête aux auteurs, aux livres et à elles-mêmes. Elles qui tiennent à leur indépendance et méritent à ce titre tout le soutien du public. Pour marquer l'évènement, elles offriront, comme le veut la tradition, un livre et une fleur à leurs clients du jour. Afin de célébrer l'amour des mots, des illustrations, de la beauté.

Le livre créé pour la vingt-sixième édition, édité par l'association française Verbes en collaboration avec Gallimard, met à l'honneur la littérature jeunesse, la poésie et les bestiaires en littérature. Imprimé tête-bêche et tiré à 25.000 exemplaires, il comprend vingt poèmes de Jacques Roubaud, issus de ses recueils "Les animaux de personne" et "Les animaux de tout le monde" (Seghers), chacun étant illustré par le peintre Edi Dubien.
 
Un "beau livre" à l'écriture joyeuse, facétieuse, drôle et pleine de jeux de langage qui se prolonge idéalement dans les superbes illustrations. Un "beau livre" pour les enfants comme pour les plus grands. Quand la comédienne et écrivaine membre de l'Académie française Florence Delay demande à l'auteur, Jacques Roubaud, mathématicien et poète membre de l'Oulipo "Traces-tu une frontière entre tes poèmes dits "pour la jeunesse" et le reste de ton œuvre?", il répond: "Non, pas du tout."
 
 
 



Quatre des vingt poèmes illustrés.

 
Pourquoi fêter les libraires? Pour leur travail de sélection et de transmission bien entendu, mais aussi parce qu'être libraire aujourd'hui est un engagement, que défendre la librairie, le livre et la nécessité de lire en est un autre. Les libraires indépendants de Belgique le rappellent:
"Ne l'oublions pas, le livre est un bien de première importance pour l'éducation de nos jeunes et l'émancipation de chacun.
Les librairies sont des lieux de liberté et de diversité, de vie et d’échanges au sein d'une ville/village/quartier.
Les librairies sont des lieux où se partagent la passion du livre et de la lecture. Les libraires conseillent le plus grand nombre et surtout les jeunes.
De nombreuses études montrent les bienfaits multiples de la lecture: diminution du stress, stimulation du cerveau, développement de l'empathie, des connaissances, découverte d'autres cultures, augmentation du vocabulaire... 
Les livres sont des outils pour armer nos jeunes - et moins jeunes - à affronter l'avenir. Malheureusement, plusieurs études (PISA, PEARLS) montrent que le niveau de lecture des élèves en Communauté française est très faible.
Il est urgent de mettre des livres dans les mains de tous!"

Pourquoi soutenir les librairies indépendantes?
  • Parce que, de par son assortiment non captif, le libraire lutte contre la standardisation de la pensée.
  • Parce que, par ses échanges avec les clients individuels, les écoles, bibliothèques et associations, le librairie participe à la vie culturelle et sociale ainsi qu'à l’économie locale tout en préservant l'âme des centres-villes.
  • Parce que la librairie est un lieu où se crée de l'emploi. Un achat dans une librairie physique génère deux fois plus d'emplois qu'un achat sur une plateforme en ligne. Et les impôts liés à cette activité économique sont redirigés vers l'État belge.
  • Parce que la librairie est et reste un commerce de détail à la rentabilité fragile (1,5% environ), un commerce raisonné qui trouve son équilibre financier sans subside. Cette fragilité économique expose les librairies au moindre aléa de conjoncture et nécessite de conforter durablement leur activité grâce à un soutien sur le long terme.

 

Les librairies belges associées à l'événement
classées selon le code postal

Quelques départs par rapport à l'an dernier (lire ici), ce qui ne veut évidemment pas dire que les officines ont fermé, et plusieurs arrivées. Au total, cinquante librairies indépendantes participantes.
  • Tropismes Galerie des Princes, 11 1000 Bruxelles
  • Tulitu Rue de Flandre, 55 1000 Bruxelles
  • Brin d'acier Rue Josaphat 269 1030 Bruxelles
  • La Librairie Européenne Rue de l'Orme 1 1040 Etterbeek
  • Candide Place Brugmann, 1-2 1050 Bruxelles 
  • Les yeux gourmands Avenue Jean Volders, 64A 1060 Bruxelles 
  • Herbes folles Rue St Guidon, 30 1070 Anderlecht
  • Librairie Jaune Rue Léopold 1er, 499 1090 Bruxelles
  • U.O.P.C.  Av. Gustave Demey, 14-16 1160 Bruxelles 
  • La Licorne Chaussée d'Alsemberg, 715 1180 Bruxelles 
  • A Livre Ouvert-Le Rat conteur Rue St Lambert, 116 1200 Bruxelles 
  • Librairie Claudine Courte rue des Fontaines, 74 1300 Wavre
  • La Mazerine Square Marie Pouli, 1A 1310 La Hulpe
  • Twist Rue des Fusillés, 2 1340 Ottignies
  • La DUC Ciaco Grand-Rue 2-14 1348 Louvain-la-Neuve
  • Librairie La Page d'Après Rue des Wallons, 3 1348 LLN
  • Librairie Archibald Rue de la Bruyère 3 1370 Jodoigne
  • Au P'tit Prince Rue de Soignies, 12 1400 Nivelles 
  • Graffiti Chaussée de Bruxelles, 129 1410 Waterloo
  • Le Baobab Rue des Alliés, 3 1420 Braine-l'Alleud
  • Livre aux Trésors Place Xavier Neujean, 27A 4000 Liège
  • Pax Place Cockerill, 4 4000 Liège
  • L'Escale librairie Rue du Laveu, 30 4000 Liège
  • Siloë Rue des Prémontrés, 40 4000 Liège 
  • L'Ours à lunettes Grand Place, 9 4500 Huy
  • Marque Tapage Rue de José, 68 4651 Battice
  • Les Augustins Pont du Chêne, 1 4800 Verviers
  • La Traversée Rue de l'Harmonie, 9 4800 Verviers
  • Cunibert-Daumen Chemin-rue, 49 4960 Malmedy
  • Papyrus Rue Bas de la Place, 16 5000 Namur
  • Point-Virgule Rue Lelièvre, 1 5000 Namur
  • Antigone Place de l'Orneau, 17 5030 Gembloux
  • Graines de vie Rue de Charleroi, 17 5140 Sombreffe
  • La boite à petit lulu Rue de Cheumont 2 5360 Hamois
  • DLivre Rue Grande, 67A 5500 Dinant
  • La Petite librairie Rue du Naimeux, 39 4802 Heusy
  • Molière Bld Tirou, 68 6000 Charleroi
  • Croisy Rue du Sablon, 131 6600 Bastogne
  • La Dédicace Place Nestor Outer, 11 6760 Virton
  • Le Temps de lire Rue du Serpont, 13 6800 Libramont
  • Oxygène Rue St Roch, 26 6840 Neufchâteau
  • Livre'S Avenue de France, 9 6900 Marche 
  • Florilège Rue du Grand Jour, 16 7000 Mons
  • Leto Rue d'Havré, 35 7000 Mons
  • Scientia Rue de la Chaussée, 64-66 7000 Mons
  • Ecrivain Public Rue de Brouckère, 45 7100 La Louvière
  • Librairie de la Reine Grand Place, 9 7130 Binche
  • Quartier Latin Rue Grande, 13 7330  Saint-Ghislain
  • Chantelivre Quai Notre-Dame, 10 7500 Tournai
  • La Procure Rue des Maux, 22 7500 Tournai

 

lundi 22 avril 2024

Tout le monde lit le 23 avril


 
Le 23 avril est la Journée mondiale du livre pour les uns, la Journée mondiale du livre et du droit d'auteur pour les autres, la date officielle de la Fête de la librairie indépendante par les libraires indépendants, cette dernière étant célébrée le samedi le plus proche - nous y reviendrons.

En Belgique, depuis 2018, les éditeurs jeunesse belges et l'ADEB (Association des éditeurs belges) ont choisi la date du 23 avril, pour promouvoir la lecture des enfants avec l'opération "Tout le monde lit", peu importe le jour de la semaine où elle tombe (lire ici).

En 2024, ce sera donc un mardi. Demain même. Il est proposé à chacun et chacune d'organiser un quart d'heure de lecture (album, BD, manga, roman, e-book ou autre, au choix) pour tout le monde, à l’école, à la maison, au boulot, dans les transports, au parc... Et de propager ce quart d'heure symbolique dans les écoles bien entendu mais aussi dans les familles et les entreprises. De ne pas le réserver au 23 avril mais de l'étendre à tous les autres jours de l'année.
 
Comme l'oiseau, l'opération "Tout le monde lit" fait petit à petit son nid. De plus en plus de classes prennent part au quart d'heure de lecture quotidienne. Certaines écoles le font en début de journée, d'autres après la pause de midi. C'est réjouissant mais diablement nécessaire au vu des résultats toujours insatisfaisants révélés par l'étude PIRLS 2021 (lire ici).
 
S'appuyant sur le Mémorandum présenté par l'Association des éditeurs belges (ADEB) en décembre dernier (lire en résumé plus bas ou en totalité ici), l'association Tout le monde lit interpelle les pouvoirs publics dans le cadre de la Journée mondiale du livre du 23 avril. En trois propositions concrètes, similaires à celles de l'ADEB, elle incite à faire de la lecture une voie d'accès à la citoyenneté. En effet, lire un quart d'heure tous les jours forme les futurs acteurs de la société. En tentant l'expérience, enseignants comme élèves ont découvert que la lecture plaisir permet d'augmenter les facultés de concentration, de mieux comprendre le monde, d'apprendre à se connaître, d'explorer sa propre imagination.
 
La Fédération Wallonie-Bruxelles a déjà répondu à l'appel et s'associe pratiquement à l'opération qu'elle soutient. Dans cette optique, le mardi 23 avril, les membres du personnel de la FW-B sont invités à faire une pause dans leur travail pour consacrer 15 minutes à la lecture. En télétravail ou au bureau, en solo ou lors d'un moment partagé, chacun et chacune selon l'option qui lui convient le mieux.  

Frédéric Delcor, Secrétaire général, détaille les bienfaits de la lecture: "Pourquoi c'est important de lire? Chacun peut avoir des réponses à cette question. Lire, c'est un formidable moyen de s'extraire de la frénésie du monde. On vit tous des moments de saturation... On est dans un monde hyperconnecté, avec des changements permanents, des crises importantes... On doit tout le temps être en action. On a besoin, de temps en temps, de pouvoir s'extraire de cette frénésie, de pouvoir se recentrer, de pouvoir respirer. Et donc pour notre santé mentale, pour notre bien-être, pour la gestion de notre anxiété, lire c'est vraiment bon!"
 

Alors, comment faire pour participer à "Tout le monde lit"? C'est tout simple, prendre un livre, trouvé en bibliothèque ou en librairie, chez soi ou ailleurs, et y plonger. 

Pour se convaincre, la campagne de communication décalée en sept épisodes, #JpeuxPasJeLis (ici).

 
Pour se lancer, le "podcast qui donne envie de lire" (ici).
 
 
Pour s'équiper, la boîte à outils (ici), dont notamment les conseils de Philippe Brasseur.



Pour attendre l'année prochaine, découvrir le concours de dessin et d'écriture annuel aujourd'hui terminé. Il était demandé aux classes de proposer une suite au récit "Comment photographier le Smorp?" imaginé par Mathieu Pierloot (ici).

Le Smorp.


Infos pratiques sur l'opération Tout le monde lit ici.

 
La lecture, voie d'accès à la citoyenneté
Le Mémorandum de l'ADEB, "Le livre forme les citoyens d'aujourd'hui et de demain", priorités du secteur de l'édition francophone pour 2024-2029, en résumé:
 
L'Association des éditeurs belges demande de:
  1. développer une politique du livre et de la lecture dans le circuit scolaire, dès la maternelle
  2. assurer la présence du manuel scolaire et universitaire ainsi que des ouvrages de référence dans les apprentissages
  3. favoriser l'accès au livre pour tous
  4. assurer la stabilité de l'écosystème de l'édition.

 
 
 
 
 
 
 
 

mardi 11 avril 2023

La fête de la librairie ce samedi 15 avril



On le sait, la date officielle de la fête de la librairie et du droit d'auteur, la Sant Jordi, est le 23 avril. Elle aura lieu un peu plus tôt cette année, le samedi 15 avril, en raison des dates des congés scolaires en France.

Plus de cinq cents librairies indépendantes francophones de France, de Belgique (depuis 2011), du Luxembourg et de Suisse participent à l'événement porté pour la 25e fois par Marie-Rose Guarniéri (association française Verbes et libraire parisienne des Abbesses). Une aubaine pour les Belges que cette date, le 15 avril tombant entre les congés des écoles flamandes et des écoles francophones.

Partout en Belgique francophone sera célébrée la fête de la librairie indépendante par les libraires indépendants. Les clients du jour se verront offrir une fleur et un livre, "Plumes", de grand format, magnifique, au titre en relief, énigmatique sous sa couverture rose. Rose comme la fleur qui était offerte au début de l'opération "Un livre, une rose".

Une fête intranquille cette année en Belgique


Si le prix unique du livre existe enfin en Belgique depuis 2021 (lire ici), de nouveaux nuages plombent le ciel des libraires belges. Ces derniers ont en effet appris le mois dernier, par la presse, que le gouvernement fédéral envisageait de faire passer la TVA sur le livre de 6 à 9 % ! Pour s'aligner sur le taux de TVA des Pays-Bas, alors que plus de 70 % des ventes sont des livres édités en France dont la TVA est à 5,5 %, créant déjà une perte pour les libraires qui appliquent le prix imprimé en quatrième de couverture.

Dire qu'il fut un temps pas si lointain où le livre était considéré comme un bien essentiel dans notre royaume. C'était pendant l'épidémie de Covid. On se rappellera que durant le confinement, les librairies belges avaient rouvert en même temps que les magasins de bricolage, car ils étaient "les bricos de la culture et du cerveau" selon le gouvernement de l'époque… Ce changement de taux de TVA serait désastreux pour les librairies indépendantes qui peinent déjà à garder la tête hors de l'eau. Si plusieurs officines se sont ouvertes récemment, d'autres ont fermé.

Fédérant une dizaine de groupes en lien avec le livre, l'association des éditeurs belges (ADEB) a lancé une pétition dénonçant cette hausse de la TVA et compte l'envoyer au Parlement fédéral et au ministre Van Peteghem. L'ADEB y explique que le livre est un produit culturel à protéger et qu'il est nécessaire de défendre nos librairies, lieu d'expression démocratique. Elle rappelle que le livre est un bien de première importance pour l'éducation des jeunes et l'émancipation de chacun. Qu'il peut donc prétendre, sans rougir, à une TVA réduite comme les médicaments, les fruits et les légumes. Voire un taux de 0% comme l'autorise la directive européenne sur la TVA.

La pétition qui frise actuellement les 4.000 signatures se trouve ici.

Il faut sauver la librairie belge francophone indépendante.


Déjà la 25e édition


"Plumes"
(56 pages non reliées), le livre offert en cette année de 25e édition de la fête de la librairie indépendante, est tiré à 25.000 exemplaires seulement. L'équipe a invité 25 écrivains à prendre la plume pour dépeindre un oiseau dans l'espace d'une double page avec, en miroir de leur texte, une planche en couleurs de l'artiste contemporain Michaël Cailloux représentant le volatile dans son habitat. On appréciera la discrète harmonie entre les couleurs du dessin et les lettres présentant l'auteur et le titre des textes. Le résultat est aussi spectaculaire que réussi! L'ouvrage est complété d'une petite anthologie poétique thématique composée par Mireille Macé, "Des oiseaux et des poètes", sans le texte célébrissime de Jacques Prévert, "Pour faire le portrait d'un oiseau".

Il est très amusant de découvrir quel portrait d'oiseau ont fait les 25 plumes choisies pour "Plumes". De tous les âges, elles apparaissent selon l'ordre alphabétique - l'incipit de la dernière parution en librairie de chacune termine l'ouvrage.

  • Stéphane Audeguy
  • Joël Baqué
  • Bertrand Belin
  • Éric Chevillard
  • Patrick Deville
  • Diaty Diallo
  • Yannick Haenel
  • Claudie Huntziger
  • Régis Jauffret
  • Simon Johannin
  • Alexandre Labruffe
  • Marie-Hélène Lafon
  • David Lopez
  • Marielle Macé
  • Clémentine Mélois
  • Laurence Nobécourt
  • Lucie Rico
  • Jean Rolin
  • Jacques Roubaud
  • Tiphaine Samoyaud
  • Pierre Senges
  • Anne Serre
  • Fanny Taillandier
  • Laura Vazquez
  • Emmanuel Venet

Je vous donne aussi les noms des 25 oiseaux portraitisés, par ordre alphabétique également. A vous de tenter les correspondances plumes-plumes. Certaines vont de soi.
Réponses le 15 avril en allant visiter une librairie indépendante.

  • Amazone poudrée
  • Canard
  • Canari
  • Chouette
  • Coq
  • "Plumes". (c) Association Verbes.
    Corbeau
  • Cormoran
  • Corneille
  • Engoulevent
  • Fou de Bassan
  • Hoatzin huppé
  • Inséparables
  • Merle
  • Mésange charbonnière
  • Oie
  • Oiseau de paradis
  • Oiseau imaginaire
  • Perroquet (2)
  • Pic épeiche
  • Pigeon
  • Poule d'eau
  • Rouge-gorge
  • Tarier des prés
  • Tourterelle

"Plumes". (c) Association Verbes.
Que de belles surprises dans cette volière littéraire qu'est "Plumes"! Ces portraits d'oiseaux, des plus petits aux plus grands, sont aussi des autoportraits en creux d'écrivains, des vagabondages linguistiques, poétiques ou factuels, des réflexions sur le fauchage des prairies ou la disparition des espèces, des confessions, des réhabilitations, des expériences, quand ils ne ravivent pas des souvenirs de vacances ou de confinement - en France, il fut franchement plus sévère qu'en Belgique.





Les librairies belges associées à l'événement
classées selon le code postal

Pas mal de changements par rapport à l'an dernier (lire ici): six librairies n'apparaissent plus dans la liste, ce qui ne veut pas dire qu'elles n'existent plus - à part La Parenthèse à Liège -, et neuf y font leur apparition. Joie! Au total, on frise la cinquantaine de librairies participantes.
  • Tropismes Galerie des Princes, 11 1000 Bruxelles
  • Les Météores Rue Blaes, 207 1000 Bruxelles
  • Tulitu Rue de Flandre, 55 1000 Bruxelles
  • Candide Place Brugmann, 1-2 1050 Bruxelles 
  • Les yeux gourmands Avenue Jean Volders, 64A 1060 Bruxelles 
  • Poëtini librairie Rue de Roumanie, 28 1060 Bruxelles
  • Librairie Herbes folles Rue St Guidon, 30 1070 Anderlecht
  • Librairie Jaune Rue Léopold 1er, 499 1090 Bruxelles
  • U.O.P.C.  Av. Gustave Demey, 14-16 1160 Bruxelles 
  • La Licorne Chaussée d'Alsemberg, 715 1180 Bruxelles 
  • A Livre Ouvert-Le Rat conteur Rue St Lambert, 116 1200 Bruxelles 
  • Librairie Claudine Courte rue des Fontaines, 74 1300 Wavre
  • La Mazerine Square Marie Pouli, 1A 1310 La Hulpe
  • Twist Rue des Fusillés, 2 1340 Ottignies
  • La DUC Ciaco Grand-Rue 2-14 1348 Louvain-la-Neuve
  • Au P'tit Prince Rue de Soignies, 12 1400 Nivelles 
  • Graffiti Chaussée de Bruxelles, 129 1410 Waterloo
  • Le Baobab Rue des Alliés, 3 1420 Braine-l'Alleud
  • Livre aux Trésors Place Xavier Neujean, 27A 4000 Liège
  • Pax Place Cockerill, 4 4000 Liège
  • L'Escale librairie Rue du Laveu, 30 4000 Liège
  • Siloë Rue des Prémontrés, 40 4000 Liège 
  • Le Long Courrier Avenue Laboulle, 55 4130 Tilff
  • L'Ours à lunettes Grand Place, 9 4500 Huy
  • Marque Tapage Rue de José, 68 4651 Battice
  • Les Augustins Pont du Chêne, 1 4800 Verviers
  • La Traversée Rue de l'Harmonie, 9 4800 Verviers
  • Cunibert-Daumen Chemin-rue, 49 4960 Malmedy
  • Papyrus Rue Bas de la Place, 16 5000 Namur
  • Point-Virgule Rue Lelièvre, 1 5000 Namur
  • Antigone Place de l'Orneau, 17 5030 Gembloux
  • Graines de vie Rue de Charleroi, 17 5140 Sombreffe
  • DLivre Rue Grande, 67A 5500 Dinant
  • Libre à toi Avenue de Forest, 30 5580 Rochefort
  • La Petite librairie Rue du Naimeux, 39 4802 Heusy
  • Molière Bld Tirou, 68 6000 Charleroi
  • Croisy Rue du Sablon, 131 6600 Bastogne
  • La Dédicace Place Nestor Outer, 11 6760 Virton
  • Le Temps de lire Rue du Serpont, 13 6800 Libramont
  • Oxygène Rue St Roch, 26 6840 Neufchâteau
  • Livre'S Avenue de France, 9 6900 Marche 
  • Florilège Rue du Grand Jour, 16 7000 Mons
  • Leto Rue d'Havré, 35 7000 Mons
  • Ecrivain Public Rue de Brouckère, 45 7100 La Louvière
  • Librairie de la Reine Grand Place, 9 7130 Binche
  • Quartier Latin Rue Grande, 13 7330  Saint-Ghislain
  • Chantelivre Quai Notre-Dame, 10 7500 Tournai
  • La Procure Rue des Maux, 22 7500 Tournai






vendredi 4 novembre 2022

Les délicieux dessins de famille de Franquin

Encre de Chine et Ecolines, 1967. (c) CFC-Edition.

On connaissait l'œuvre d'André Franquin (1924-1997) côté cour, avec ses albums de Spirou et Fantasio, Modeste et Pompon, Gaston Lagaffe, du Marsipulami ou de ses Idées noires. On savait qu'il avait une épouse très aimée, Liliane, rencontrée quand il avait dix-sept ans, épousée en 1950 et décédée dix ans après lui, et une fille unique, Isabelle, qui donnera son prénom à une série. Grâce à une présentation organisée par l'ADEB, on découvre aujourd'hui son œuvre côté jardin avec le merveilleux album "Bon pour...", soit les "dessins de famille" de Franquin (CFC éditions, 128 pages). Un moyen format cartonné qui dévoile les dessins réalisés pour ses proches. Des bijoux d'humour, de tendresse, d'amour.

André-Liliane = Ramonet-Ramonette.
La Saint-Valentin 1974. (c) CFC éditions.

"Quand on est un dessinateur et que le temps manque pour courir les magasins à la recherche d’hypothétiques cadeaux", écrit Isabelle Franquin en avant-propos de l'ouvrage, "quoi de plus aisé, de plus pratique et en même temps de plus personnel que de tracer sur le papier "vœux", "bons pour" et d'y créer bouquets et présents en attendant qu'ils se matérialisent pour de vrai."

Versions 1986 et 2022.
Les dessins rassemblés dans ce recueil n'étaient donc pas destinés à être publiés. Une douzaine d'entre eux parurent néanmoins dans le livre d'entretiens de Franquin avec Numa Sadoul "Et Franquin créa la gaffe" (Dargaud, 1986); introuvable depuis trente ans, sa réédition sera en librairie ce 9 novembre (Glénat). Un fait qui permet à sa fille d'en rendre aujourd'hui publics beaucoup d'autres. Ces dessins inédits couvrent la période qui va des années 1950 aux années 1990. Ils permettent d'assister à l'évolution du style de Franquin, côté technique, côté couleurs, côté inspiration. Et de suivre l'avancée en âge de la jeune Isabelle. Ce qui ne change pas, c'est la liberté de création de l'artiste et la joie qui perle de chacune de ces œuvres miniatures.

1963. (c) CFC-Editions.
Au fil des ans et des pages, on découvre la variété de réalisation de ces joyeux "bons pour...". Si les thèmes sont peu nombreux, Saint-Valentin, anniversaires, fêtes, cadeaux divers, leur mise en œuvre est d'une variété infinie. Fleurs uniques ou en généreux bouquets, cheval, autruche, voiture, avion, montgolfière, boutiques diverses sont autant de mini-tableaux où Franquin met en scène sa famille. Son épouse Liliane, dite "Ramonette", lui étant "Ramonet", leur fille Isabelle qu'on voit petite fille à tresses, puis jeune fille à la somptueuse chevelure, sans oublier les animaux domestiques. C'est joyeux, inventif, farfelu, espiègle. Surtout, cela transpire de joie de vivre et d'amour. Le recueil présente régulièrement des zooms sur des parties de dessin, augmentant encore le plaisir à regarder ces dessins aussi gratuits que généreux, révélateurs du mode de vie de l'époque. Il se complète d'une dizaine de menus familiaux illustrés.


Une exposition de l'ensemble des dessins originaux des "Bons pour...", complétés de quelques pépites inédites, se tiendra à la Maison CFC du 12 novembre au 31 décembre (du lundi au vendredi de 9h30 à 18 heures, entrée libre).


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Autre joie, "Franquin par Franquin", le fantastique podcast inédit de la Première (RTBF) où le génial Franquin se raconte joyeusement à Numa Sadoul. C'était en 1985 et ces entretiens allaient donner le livre "Et Franquin créa la gaffe" (lire plus haut). Ces fantastiques archives ont aujourd'hui été montées par Fred Jannin qui nous tricote ce Franquin par lui-même, par Numa Sadoul, par sa fille Isabelle, etc.. en cinq épisodes de 27 minutes et un bonus de même longueur. Un régal!

Diffusé la semaine dernière, le podcast est disponible sur Auvio (ici). Ce sont au total deux heures quarante-cinq de bonheur audio, avec les rires de Franquin, ses répliques, ses souvenirs, ses commentaires, ses réponses, ses esquives, ses repentirs....

Les différents épisodes
  1. Origine de "Et Franquin créa la gaffe" et Modeste et Pompon
  2. Personnages secondaires 
  3. Gaston Lagaffe
  4. Trombone et idées noires
  5. Reprise de Spirou
  6. Panade à Champignac (bonus)




 

 




jeudi 3 novembre 2022

Les joies dessinées de Maxime Le Bon

LU & approuvé

Deux originaux de "Unlimited Joy".


Sans une ligne de texte à part le titre, les noms d'auteur et d'éditeur, "Unlimited Joy" est déjà le troisième livre (1) chez cet éditeur de l'artiste belge Maxime Le Bon (Surfaces utiles, 2021, 96 pages). Lors d'une présentation organisée par l'ADEB, l'artiste s'interroge avec humour: "Est-ce un livre d'artiste? Du dessin de presse? Du coloriage pour enfants?" Bien essayé! Belle esquive! Cela ressemble aux trois mais n'en est aucun. Maxime Le Bon a son style à lui, un trait simple dont on ne se méfie pas mais décoche de sa gracieuse esthétique des flèches bien acérées. 

Ses cibles? Nous évidemment, la société, ses travers, ses exagérations, le monde de l'art. Mais ses dénonciations sont burlesques, attachantes et réussies. Hantées par des cordes pour se pendre. Parfois frontales, comme une barque de réfugiés morts, plus souvent de biais, comme ce cygne qui porte une lettre à une boîte postale engloutie par les eaux ou cette tombe dont les fleurs ont été remplacées par un cornet de glace. Drôles aussi quand une paille plonge dans le verre à dentier ou qu'un ballon de foot s'invite sur un terrain de golf. Mélancoliques quand des chaises roulantes remplacent les chevaux d'un manège de foire foraine ou qu'un pied dessine une main. Près d'une centaine de dessins sont réunis dans cet album cartonné et toilé de belle facture qui fait sourire et réfléchir.


(1) "Very Bad Drawings" (2019) a ouvert la ligne expérimentée encore dans "Unlimited Hoy".
 "What's Left Over From the Works of Le Bon" (2017) était une compilation de restes de dessins sur des restes de papier.



mardi 19 avril 2022

Tout le monde lit le 23 avril, et avant


En 2018, l'ADEB (Association des éditeurs belges) et les éditeurs jeunesse belges ont choisi la date du 23 avril, journée mondiale du livre et du droit d'auteur, pour promouvoir la lecture des enfants (lire ici). L'année suivante, l'opération a été joliment baptisée "Tout le monde lit" (lire ici et ici). Elle a lieu à date fixe, peu importe le jour de la semaine. Pas de chance, elle tombe un samedi cette année. Enfin, pas de chance pour les écoles qui s'y associent volontiers. Chance sans doute pour les familles qui ont plus de temps le samedi. Qu'à cela ne tienne. Pour sa cinquième édition, l'opération "Tout le monde lit" innove en remettant son premier prix d'écriture et lance un nouveau pari : #partage ton livre!

On sait aujourd'hui, sans doute le savait-on hier, que "lire un quart d'heure tous les jours, c'est bon pour le moral et donc pour la santé!" Même que les Français nous ont copiés (lire ici).

Partant de cette idée, l'opération "Tout le monde lit"  a lancé en 2021 un concours d'écriture à l'intention des classes de troisième, quatrième, cinquième et sixième primaires, pour les enfants de 8 à 12 ans. Il s'agissait d'inventer une suite au texte "Cornelius et le singe", proposé par l'écrivain belge Thomas Lavachery. Quatre cents textes ont été envoyés par soixante-six classes. Le premier prix sera remis par Thomas Lavachery ce jeudi 21 avril. Les classes ayant envoyé les cinq meilleurs textes recevront leur contribution imprimé sous forme de livre et  la visite d'un auteur. Les vingt premières classes gagnent une caisse d'une vingtaine de livres offerts par des éditeurs belges de littérature de jeunesse.

#partage ton livre, un livre que tu as aimé et immortalise un plaisir de lecture est l'appel lancé par "Tout le monde lit" du 18 au 23 avril. L'ADEB souhaite encourager le partage d'un livre de son choix avec son voisin, son collègue, son copain de classe, sa famille, en vrai ou à travers les réseaux sociaux. Les enfants peuvent amener un livre à l'école pour le partager avec leur classe et/ou leurs amis, les adultes au travail pour le partager avec un collègue. Côté réseaux sociaux, l'idée est de poster une photo ou une vidéo illustrant ses meilleurs moments de lecture sur Facebook ou Instagram en taguant la personne avec laquelle on souhaite partager ce moment. Les gagnants seront tirés au sort le 25 avril 2022 parmi les photos les plus originales avec à la clé la possibilité de gagner un livre. Plus d'informations sur www.toutlemondelit.be

Comme chaque année, le 23 avril, tout un chacun (des enfants aux grands-parents en passant par les écoles, les entreprises…) est invité à prendre quinze minutes de son temps pour lire. Le défi est de rendre la lecture virale et pérenne dans toutes les couches de la population.


jeudi 3 mars 2022

Bruxelles met le cap sur le livre du 13 au 30 mars

Semaine du livre à la Galerie Bortier.

A la place de la traditionnelle Foire du livre de Bruxelles, annulée à cause du Covid, une Semaine du livre que complètent la troisième édition du Picture festival et le premier Salon des littératures singulières. Les trois en ce mois de mars.


La Semaine du livre


Quand? Du dimanche 13 mars au dimanche 20 mars 2022.
Qui? Foire du Livre de Bruxelles, RTBF et ADEB.
Où? Galerie Bortier (rue de la Madeleine n° 55 à 1000 Bruxelles) et Maison du Livre à Saint Gilles (Rue de Rome 24).
Quoi? Une quinzaine d'activités, débats, expositions, ateliers, lectures.
Par exemple? 
  • Dimanche 13 mars à 17 heures: rencontre sur la poétique du corps avec Elène Usdin et Dominique Goblet; à 18h30, Antoine Wauters présente son nouvel ouvrage, "Le Musée des contradictions" (Editions du Sous-Sol).
  •  Mercredi 16 mars à 14 heures: comment donner le goût de lire aux enfants? Atelier avec Philippe Brasseur, destiné aux enseignants, parents, grands-parents qui apporteront leurs deux livres jeunesse préférés (inscription obligatoire à reservation@adeb.be.
  • Jeudi 17 mars à 19 heures, rencontre avec le/la lauréat/e du prix Prem1ère (sélection ici) et nocturne de différents ateliers bd.
  • Vendredi 18 mars, traduction tous azimuts: à 14 heures, retraduire "Mein Kampf", avec Olivier Mannoni et Philippe Raxhon; à 15 heures, traduire le polar coréen, avec Pierre Bisiou et Kyungran CHOI; à 16 heures, traduire les onomatopées en BD, avec Fred Jannin, Janry et Soizic Schoonbroodt.
  • Samedi 19 mars, à 15 heures, la "quatrième vague féministe", avec Rose Lamy, Tay Calenda (Collectif Collages Féminicides Paris) et Lise Mernier (Collective Féministe toi-même!).
  • Dimanche 20 mars, à 10 heures et à 14 heures: atelier inter générationnel en BD où les plus de 70 ans formeront des binômes avec des plus jeunes pour raconter leur histoire au travers d'un objet qui leur est cher (inscription à jeunesse@flb.be).
Combien? Entrée gratuite dans la limite des places disponibles (et sur réservation à la Maison du Livre à Saint-Gilles).
Infos complémentaires ici.



Les Ecuries. (c) Jean-Luc Lossignol, ARLLFB.


Le Salon des littératures singulières


Quand? Les vendredi 18 (14-18 heures), samedi 19 et dimanche 20 mars (11-19 heures).
Qui? ADEB et Les éditeurs singuliers.
Où? Écuries Royales De Bruxelles (Rue Ducale, 1)
Quoi? Rencontres et dédicaces de littérature, art, poésie, jeunesse, BD, sciences humaines via une cinquantaine de maisons d'édition belges indépendantes et une septantaine d'auteurs présents.
Combien? Entrée gratuite.
Infos complémentaires ici.




Picture Festival 2022


Quand? Du vendredi 18 mars au mercredi 30 mars.
Qui? Carole Saturno et l'équipe du festival.
Où? Un peu partout à Bruxelles, en français, en néerlandais et en anglais.
Quoi? Des projets inédits, des rencontres, des expos, des ateliers (plus d'infos ici).
Par exemple? Les rencontres 
  • Anne Herbauts et Loren Capelli
  • Valfret et Benoit Guillaume
  • Bernadette Gervais et WaiiWaii
  • Elene Usdin et Aurélie Wilmet autour d'une sélection de dessins inuits de Carl Norac
Infos complémentaires ici.









vendredi 4 février 2022

Un 1/4 d'heure pour une Grande cause nationale


En 1535, l'évêque de Panama Thomas de Berlanga découvrait à cette date les îles Galápagos. En 1933, près de quatre siècles plus tard, les nazis ouvraient à la même date à Dachau leur premier camp de concentration. Ce jour-là, en 1920, naît Boris Vian, tandis que disparaît Moebius (Jean Giraud) en 2012. C'est aussi le jour de la Saint Vivien. Oui mais la date? 

La voici. Le jeudi 10 mars 2022 entrera-t-il dans l'histoire parce que le CNL, le Centre National du Livre en France, l'a choisi pour "sensibiliser tous les Français à l'importance de la lecture, et manifester ensemble notre attachement au livre, en cette année de Grande cause nationale". Selon une déclaration du Président de la République émise le 17 juin 2021.

En collaboration avec l'association "Silence, On Lit!" (ici), l'Education nationale française et divers partenaires, le CNL lance donc le "quart d'heure de lecture" simultanée dans toute la France, le jeudi 10 mars 2022 à 10 heures. "Ce jour-là, la France lit!", indique-t-il. Ce quart d'heure magique est baptisé opération #10marsjelis.

Bien.

Bien?

Plusieurs points de la formulation posent question.
  • Un petit quart d'heure sur toute une année pour une Grande cause nationale? Même si un "quart d'heure lecture" peut se pratiquer depuis 2018 dans les écoles françaises.
  • Pour sensibiliser "les Français"? Et les autres habitants de la République? Même si ceux-ci sont mentionnés dans les textes explicatifs.
  • Pourquoi la date du 10 mars quand on sait qu'existe depuis toujours la journée du livre (et des droits d'auteur) fixée au 23 avril, jour de la San Jordi? Quoi? On me dit dans l'oreillette que des élections présidentielles sont prévues le 10 et le 24 avril. Et que le tout nouveau Festival du livre de Paris se tiendra du 22 au 24 avril 2022.
Pour Régine Hatchondo, présidente du CNL, "il s'agit d'offrir à tous un quart d'heure de plaisir, d'évasion, de silence et d'émotion pour remettre la lecture au cœur de nos vies."  Le projet imagine que ce quart d'heure de lecture simultanée le 10 mars à 10 heures va (re)donner à chacun l'envie de lire quinze minutes au moins chaque jour. En tout cas, il est accompagné d'une foule d'outils, bienfaits de la lecture, mise en place de #10marsjelis (dont ce merveilleux conseil, "La plage horaire de 15 minutes à 10 heures doit être fixée à l'avance pour éviter la programmation de réunions et rendez-vous et ainsi permettre à tous les membres de la communauté d'en profiter"), enregistrement en ligne, partage ensuite sur les réseaux sociaux (infos ici).

Bon, toute initiative en faveur de la lecture, ici de tous, enfants, jeunes, adultes, seniors, et partout, de l'école à la prison en passant par la bibliothèque, le travail et les maisons de retraite, est bonne à prendre. On ne peut que prier San Jordi pour qu'elle porte des fruits.
 
En Belgique, depuis 2018, c'est le 23 avril, journée mondiale du livre et du droit d'auteur, que "tout le monde lit!" Du nom de l'opération de promotion de la lecture organisée par l'ADEB (Association des éditeurs belges) principalement à destination des enfants, les lecteurs de demain (lire ici, en fin de note et ici pour la prochaine édition).