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lundi 13 mars 2023

Les lauréats 2022 de l'Académie belge, l'ARLLFB

Cravaté de jaune, le secrétaire perpétuel Yves Namur distrait les lauréats.
De gauche à droite, Vincent Poth, Florian Pâque, Pascale Tison,
 Veronika Mabardi, Négar Djavadi, Jacques Vandenschrick,
Laurent Gosselin et Jan Baetens.

Quasi tous les finalistes des huit prix littéraires 2022 de l'Académie Royale de Langue et de Littérature Françaises de Belgique - tous les prix ne sont pas annuels - étaient connus depuis l'automne dernier (lire ici). Ce samedi 11 mars, les lauréats ont été proclamés et leurs prix remis par Yves Namur, secrétaire perpétuel de l'ARLLFB, au cours d'une cérémonie ponctuée de lectures par Stéphanie Moriau. Les gagnants, cinq hommes et trois femmes, ont chaque fois répondu aux questions du jury qui les avait choisis. A noter que les argumentaires complets se trouvent sur le site de l'Académie (ici). On remarquera que plusieurs des primés avaient déjà gravi à d'autres occasions les marches de l'estrade. Une cérémonie qui a commencé avec un ascenseur et s'est terminée sur un escalator.


Palmarès

Grand Prix des Arts du spectacle

Florian Pâque
, né en 1992, pour "Sisyphes" (Lansman Editeur), avec "s" à Sisyphe, un sujet âpre et grave, l'ascenseur social en panne, traité d'une écriture légère. L'animateur de la compagnie Le Théâtre de l'Eclat, auteur, metteur en scène et acteur, avait déjà été distingué par l'Académie en 2021 (lire ici).

L'avis du jury (Luc Dellisse, Paul Emond, Xavier Hanotte, Caroline Lamarche, Nathalie Skowronek): ""Cette histoire est un mythe et tous les mythes s'écrivent au présent", déclare un acteur dans le prologue de la pièce. Particulièrement cruel dans sa vision de la condition humaine, le mythe de Sisyphe permet à Florian Pâque d'évoquer la situation des plus précaires condamnés à ne jamais s'élever dans une société en panne d'ascenseur social. Ce dont se fait l’écho l'absurdité d’une première scène qui reviendra tel un refrain: on a beau pousser sur le bouton d'un étage, à chaque fois qu'on sent monter l'ascenseur, puis que la porte s'ouvre, c'est le rez-de-chaussée qui apparaît. (...)"
Florian Pâque: "Lors d'un atelier dans une résidence à caractère social, j'ai raconté le mythe de Sisyphe. Manon m'a dit: "Mon rocher est dans mes bras. C'est mon enfant." Le thème de ce livre n'était pas prévu au départ. Il s'est imposé lors de l'atelier."

Grand prix de poésie

Jacques Vandenschrick
, né en 1943, pour son recueil de poèmes, "Tant suivre les fuyards" (Cheyne).

L'avis du jury (Éric Brogniet, Philippe Lekeuche, François Emmanuel, Yves Namur, Gabriel Ringlet): "C'est aux flammes de la "fuite" et non à celles de l'"errance" ou de l'"exil", souvent jusqu'ici évoquées, que la parole vient alimenter son feu. La nuance n'est pas mince: la fuite peut être immobile et se loger dans les sinuosités d'une pensée. (...) On sait toute l'importance de la spatialité dans l'œuvre de Vandenschrick, depuis "Vers l'Elégie obscure"  (1987) et "Du pays qui s'éloigne" (1988) jusqu'à ce livre que notre Académie distingue aujourd'hui en même temps que l'œuvre toute entière d'un poète voué pendant 45 ans, dans la discrétion la plus absolue, à une quête où le langage est le véhicule d'une approche de l'Être, mais aussi le révélateur d'une condition existentielle et spirituelle de l'Homme. Les titres de tous ses livres contiennent un marqueur d'écart ou de distance. (...)"
Jacques Vandenschrick: "La langue poétique, l'écriture de poésie, un exercice long pour moi, malaisé, est la recherche d'une langue qui se veut à distance du quotidien. J'essaie de créer une langue de l'utopie, une langue qui introduit l'autre dans l'être. Je réécris plus que je n'écris."

Prix André Gascht

Pascale Tison
, pour l'ensemble de son travail de critique.
Et quel travail! La lauréate est auteure de textes sur le théâtre, l'art et la danse, comédienne, de deux pièces de théâtre, de deux romans, réalisatrice en radio, productrice depuis 1995 de l'émission "Parole donnée" sur Musiq3, enseignante à l'INSAS et à l'IAD, responsable aujourd'hui de la création radiophonique sur la Première et productrice de l'émission quotidienne "Par Ouï-Dire", proposant des documentaires et des créations radiophoniques ainsi que des entretiens. 

L'avis du jury (Michel Brix, André Guyaux, Corinne Hoex, Caroline Lamarche, Yves Namur): "Pascale Tison consacre une émission hebdomadaire à la littérature et a recours, pour faire entendre la langue des auteurs, à nos meilleurs comédiens, comme Jo Deseure ou Angelo Bison, quand elle ne lit pas elle-même de sa voix précise et lumineuse. Elle y rend hommage, avec finesse et un métier très sûr, aux écrivains vivants ou disparus, de sorte que son émission constitue un remarquable trésor d'archives pour nombre d'auteurs, tels Marcel Moreau, Jacques De Decker, Pierre Mertens, Carl Norac, Corinne Hoex, Vinciane Despret, Veronika Mabardi, pour n'en citer que quelques-uns ou quelques-unes. (...) Créatrice tout-terrain, elle a fusionné à merveille son amour de la radio et sa passion pour la littérature."
Pascale Tison: "La radio est une autre forme donnée à l'ego de l'écrivain. La parole va vers le mot et le mot vers la parole. La radio est le garant de l'incandescence de la rencontre, une écoute d'être à être. Elle est l'écriture du réel. Tout se joue au montage. "Par Ouï-Dire" est une émission non filmée, ce qui est un grand avantage. A la radio, on ne cesse de déposer son visage."


Grand prix du roman

Veronika Mabardi
, née en 1962, pour "Sauvage est celui qui se sauve" (Esperluète, 2022, lire ici). Elle avait reçu le prix Georges Vaxelaire 2015 pour sa pièce de théâtre "Loin de Linden" (Lansman Editeur, lire ici).

L'avis du jury (Jean Claude Bologne, Gérard de Cortanze, Luc Dellisse, François Emmanuel, Pierre Mertens, Jean-Luc Outers, Nathalie Skowronek): "Ce livre  a touché et convaincu les jurés du Prix du Roman, par l'intensité de la démarche d'écriture en direction du frère absent, trop tôt disparu. 
Il est rare de ressentir à ce point combien les récits, sollicitant la mémoire, cherchent à cerner, circonvenir, tenter de donner sens, au silence qui fut le sien au temps où il vivait. 
A l'assaut de ce silence le livre avance par saccades, par détours, par saignées de sens, et c'est cette avancée tâtonnante, ce corps à corps de l'autrice avec l'énigme de son frère mort, qui donne à l'écriture du livre sa puissante dimension performative. Comme si le présent de la recherche tentait de rejoindre dans un découvrement progressif, le mouvement, la quête, la ligne brouillée et pour une grande part insaisissable de ce que fut la vie de Shin Do. (...)
Veronika Mabardi: "C'est un livre dont l'écriture reste dans le silence, les mots restent sur la page. Il m'a fallu vingt ans avant de trouver le calme pour l'écrire. J'avais besoin de parler de mon frère disparu, de l'identité, de la famille. La famille bricolée chez nous, fierté de nos parents. J'avais besoin de bricoler des identités. Revenir à son souvenir a été un accompagnement dans l'écriture. Dans le compagnonnage des vivants, pendant le confinement, j'ai eu le sentiment de sa présence. C'est un travail de mémoire et aussi de fiction, une réappropriation. J'ai écrit ce livre en disposant des cailloux sur le plancher de mon atelier, en les déplaçant, en leur ajoutant du bois, du verre, de l'or. Cela a été un travail sur le plancher, sur le papier et sur l'ordinateur.

 

Grand Prix de Linguistique et de Philologie

Laurent Gosselin
, né en 1960, pour "Aspect et formes verbales en français" (Classiques Garnier, 2021).

L'avis du jury (Michel Brix, Anne Carlier, Daniel Droixhe, Jean Klein, Jacques Charles Lemaire): "Laurent Gosselin est professeur à l'Université de Rouen et sa recherche consiste à démêler la complexité sémantique de ce qui est appelé parfois rapidement "les temps verbaux". Les temps ver­baux occupent un rôle central dans la langue, non seulement parce qu'ils per­mettent d'an­crer, dans le monde qui nous envi­ronne, les situa­tions évoquées au moyen des formes verbales, en les situant par rapport au hic et nunc du locuteur, mais aussi parce leur enchaînement dans un texte résulte non pas en une suite décousue d'énoncés, mais permet de construire un récit cohérent doté d'une chronologie."


Prix Découverte

Vincent Poth, né en 1989, pour "Aléas sans amarre. Ou livre de pensées" (aphorismes, inédit, 2022). Une première pour l'ARLLFB qui n'avait encore jamais récompensé de son histoire un livre d'aphorismes.

L'avis du jury (Véronique Bergen, Éric Brogniet, Philippe Lekeuche, Yves Namur, Gabriel Ringlet): "Vincent Poth est essentiellement poète. Il a commencé à écrire de la poésie il y a une dizaine d'années dès l'âge de 23 ans. (...) Le livre qui se voit honoré aujourd'hui est un ensemble d'aphorismes, le tout formant un volume d'une centaine de pages. Vincent Poth y évoque les thèmes de l'amour, de la destinée, de la création poétique, ses aphorismes circulant à travers les différentes dimensions de la condition humaine. Le jury a été très sensible au style, à l'écriture élégante voire classique, à la profondeur et à la finesse des pensées qui se trouvent formulées avec une grande exigence et une rigueur d'écriture remarquable. (...)"
Vincent Poth: "Poète, je suis passé aux aphorismes. Pourquoi? J'avais besoin d'écrire des choses claires et compréhensibles. J'étais fatigué de patauger dans la poésie. J'ai lu beaucoup d'aphorismes. J'ai écrit les miens dans le sillage de la joie de certains auteurs. C'est plus clair maintenant, je suis content. La poésie vient des profondeurs vers la surface, l'aphorisme vient de la surface et creuse en profondeur."

 

Grand Prix de l'essai

Jan Baetens
 pour "Illustrer Proust. Histoire d'un défi" (Les Impressions nouvelles, 2022).

L'avis du jury (Danielle Bajomée, Sophie Basch, Véronique Bergen, Luc Dellisse, Gabriel Ringlet): "Cet ouvrage à l'iconographie abondante examine les réponses successives données par les artistes et leurs éditeurs au désir et à la difficulté d'illustrer Marcel Proust, depuis plus d'un siècle. Il en retrace l'histoire, du premier livre de Proust, "Les Plaisirs et les jours" (1896), illustré par Madeleine Lemaire, un des modèles de Mme Verdurin, à la nouvelle édition d’"Un amour de Swann", "ornée" par Pierre Alechinsky en 2013.
Le jury a été particulièrement sensible à l'importance de la recherche, à la qualité de la réflexion et surtout, à l'originalité du point de vue choisi pour aborder l'œuvre de Marcel Proust dans sa radicalité poétique qui la rend "impossible" à illustrer tout en provoquant sans cesse le désir de le faire. (...)"
Jan Baetens: "Neuf fois sur dix, les livres illustrant Proust sont atroces. Ils sont totalement inconnus, heureusement. Le rapport texte-images n'est pas essentiel ici. J'ai plutôt regardé du côté du business éditorial. Qui? Pourquoi? Avec quelle concurrence? Les images vieillottes de van Dongen de l'édition de 1947 ont été reprises en 1972 par Folio parce que le graphiste Massin voulait montrer que Folio pouvait faire autre chose que du livre de poche. Le livre de poche a lui publié en 1965 une version illustrée par sept images de Pierre Faucheux. Pour moi, la meilleure façon de rendre hommage à Proust est de faire quelque chose de complètement différent." 


Prix Nessim Habif

Négar Djavadi
, née en Iran en 1969, pour l'ensemble de son œuvre (son premier roman "Désorientale", Liana Levi, 2016, lire ici; "Arène", Liana Levi, 2020).

On se rappellera que "Désorientale" commence par une scène d'escalator d'anthologie.
Pour lire en ligne le début de "Désorientale", c'est ici.
Pour lire en ligne le début de "Arène", c'est ici.



L'avis du jury (Corinne Hoex, Caroline Lamarche, Pierre Mertens, Jean-Luc Outers, Nathalie Skowronek): " (...) S'inspirant en partie du parcours de son auteure, "Désorientale", paru en 2016, raconte la saga d'une famille d'intellectuels iraniens sur trois générations. Il rencontre un grand succès critique et de librairie et sera traduit dans une dizaine de langues. Alors une question s'impose: pourquoi y revenir aujourd'hui, six ans plus tard? Parce que "Désorientale" nous fournit un formidable et nécessaire témoignage sur la résistance iranienne. D'abord au régime du Shah, ensuite à Khomeiny, par extension à ce que traverse le pays depuis de nombreux mois. Et qu'est-ce que la littérature si elle passe à côté de son temps? Négar Djavadi nous restitue un Iran des années 70 où l'on rêve de "corps SophiaLorenti" et de "cheveux coupés à la mode NathalieWoodi", où l'on a peur, où l'on se cache. En d'autres mots, la liberté qui a été enlevée aux Iraniens et pour laquelle ils se battent encore aujourd’hui. Hommes et femmes côte à côte. À qui nous voulions aussi, avec nos moyens, envoyer un signe de solidarité et de fraternité. (...)"

Négar Djavadi: "La révolution d'hier est restée en suspens, inachevée. Les révoltes écrasées de 2009, 2010, 2019 montrent la continuité entre le passé le présent. Aujourd'hui, les réseaux sociaux permettent de comprendre ce qui se passe en Iran sans devoir tout expliquer. Le téléphone portable est une arme mais il faut savoir l'utiliser.
A propos de l'identité: l'homme n'a pas de place définie sur terre. J'ai des racines mais je ne me sens pas un arbre. En tant qu'écrivain, je me mets dans la tête des autres. J'aime mieux parler d'appartenance que d'identité. 
Quelle suite? Je ne me sens pas missionnée en tant qu'Iranienne installée à Paris depuis 1980. Si j'ai un attachement très fort au réel, je ne me sens pas nécessairement dépositaire de la voix iranienne."

Nathalie Skowronek, porte-parole du jury Nessim Habif: "La littérature donne une voix au réel, elle l'absorbe."










mercredi 10 août 2022

La triste nouvelle du décès de Raymond Briggs

Il est des auteurs-illustrateurs dont on se sent proche même si on ne les a jamais rencontrés et dont l'annonce du décès vous affecte profondément. Le Britannique Raymond Briggs est de ceux-là. Le créateur des magnifiques albums, de rencontres et d'amitiés, dans des genres différents, très souvent aux crayons de couleurs, "Le bonhomme de neige", "Sacré Père Noël", "UG" pour les enfants, de la superbe bande dessinée pour plus grands "Ethel & Ernest", inspirée de la vie de ses parents. La maison d'édition Penguin Random House a annoncé aujourd'hui le décès de Raymond Briggs, survenu le 9 août, d'une pneumonie, à l'âge de 88 ans. Il était né le 18 janvier 1934 à Wimbledon, pas loin de Londres, d'un père laitier et d'une mère ménagère. Il quitta l'école à quinze ans pour aller au Wimbledon Art College. Il voulait faire des dessins animés. Il a ensuite étudié à la Slade School of Fine Art de Londres et en est reparti, à 23 ans, avec de sérieuses compétences en matière de dessin réaliste.
Cela lui a permis de trouver facilement des travaux d'illustration mais ce n'est pas ce qu'il voulait pour lui. Au début des années 60, Raymond Briggs décide d'écrire et illustrer lui-même une histoire et de la proposer à un éditeur pour qu'il l'éclaire de ses conseils. Son livre est édité en 1961, "The Strange House". Tout de suite après, il réalise 800 illustrations pour une version des "Contes de ma mère l'oie". Il publie d'autres livres jeunesse.

Coup de tonnerre en 1972, alors qu'il vient de perdre ses parents et son épouse Jean, atteinte de schizophrénie et décédée d'une leucémie, avec "Father Christmas", une bande dessinée qui imagine le Père Noël sous la forme d'un vieil homme grincheux, grommelant tout au long de sa journée la plus chargée de l'année: le réveillon de Noël. "Sacré Père Noël" paraîtra la même année chez Grasset-Jeunesse, comme la plupart de ses titres (l'éditeur a entrepris depuis une dizaine d'années la réédition de ses livres, voir ici). Le héros bougon sera au centre de deux autres albums, "Les vacances du Sacré Père Noël" et "Sacré Père Noël prend du bon temps".

Autre révélation, l'album en teintes douces "The Snowman", qui paraît en 1978, l'histoire sans paroles d'un garçon dont le bonhomme de neige prend vie. Une nuit magique pour les deux amis mais ancrée dans le réel: à son réveil le lendemain matin, le garçon ne trouve que le bonnet et l'écharpe du bonhomme de neige sur un tas de neige fondante. "Le bonhomme de neige"  a paru chez Grasset-Jeunesse en 1979 (lire ici) et a fait l'objet d'une édition spéciale pour ses quarante ans. 

Après cela, Raymond Briggs a abordé, toujours en albums, d'autres thèmes, la guerre nucléaire ("When the Wind Blows", 1982, "Quand souffle le vent", 1983), l'invasion britannique des Malouines ("The Tin-Pot Foreign General and the Old Iron Woman", 1984)) ainsi que l'extraordinaire récit en bande dessinée du mariage de ses parents ("Ethel & Ernest", 1998), ce dernier ayant bien entendu été traduit en français, par Alice Marchand. Il était néanmoins aussi revenu à des livres plus imaginatifs comme , "Ug, le petit génie de l'âge de pierre" (1991), "L'homme" (1993), "Lili et l'ours" (1994), "Monsieur Flaque" (2004).



Deux albums de Raymond Briggs avaient été mis à l'honneur à la Foire de Bologne, recevant une une mention au prix Critique en herbe: "The Snowman" ("Le bonhomme de neige") en 1979 et "Fungus the bogeyman" ("Fungus le Bogey") en 1983.



Pourquoi aimions-nous tant Raymond Briggs et son œuvre? Pour ceci, sans doute, extrait d'un entretien à la BBC en 2018: "Le problème avec beaucoup d'illustrateurs, c'est qu'ils ne dessinent pas de l'intérieur. C'est l'essence même d'une bonne illustration si vous pouvez ressentir ce que la personne ressent et dessiner ce qu'elle ressent."


Son denier livre est "Time for Lights Out", un mélange de dessins, de poèmes, de citations de souvenirs publié en novembre 2019, où Briggs regarde la mort en face. 









Hommages

Ses proches (ses beaux-enfants et ses beaux-petits-enfants): "Nous savons que les livres de Raymond ont été aimés et ont touché des millions de personnes à travers le monde, qui seront tristes d'apprendre cette nouvelle. Les dessins de fans - en particulier les dessins d'enfants - inspirés de ses livres ont été chéris par Raymond et épinglés sur le mur de son studio."

Hilary Delamere, son agente littéraire de Briggs: "Raymond aimait jouer le grincheux professionnel, mais nous nous souviendrons de lui pour ses histoires d'amour et de perte. Je sais par les nombreuses lettres qu'il a reçues à quel point ses livres et ses animations ont touché le cœur des gens. Il a gardé sa curiosité et son sens de l'émerveillement jusqu'à la fin."

Francesca Dow, directrice générale des livres pour enfants Penguin Random House: "Raymond était unique. Il a inspiré des générations de créateurs de livres d'images, de romans graphiques et d'animations. Il laisse un héritage extraordinaire, et un grand trou."


jeudi 24 juin 2021

La philosophe belge Vinciane Despret parmi les 65 distinctions 2021 de l'Académie française

Vinciane Despret, honorée pour l'ensemble de son œuvre.

Si le terme "Académie française" laisse souvent présupposer mille choses, pas toujours à la gloire de l'assemblée qui se tient au Quai Conti, il est un événement pour lequel on ne peut que la louer. Il s'agit de la publication de son palmarès annuel. Ce jeudi 24 juin, jour de la Saint-Jean, l'Académie française a communiqué son palmarès pour l'année 2021. Un palmarès fort de 65 distinctions, sachant que le Grand Prix du Roman sera, comme de coutume, décerné à l'automne.

Un palmarès dans lequel on relève avec un immense plaisir les noms des écrivains  Frankétienne, Abdourahman Waberi, Patrick Deville,  Camille de Toledo, Diane Meur, Pierre Ducrozet. Mais aussi ceux du chanteur Etienne Daho et du cinéaste Albert Dupontel. Et bien entendu celui de la philosophe belge Vinciane Despret, dont le dernier ouvrage, "Autobiographie d'un poulpe. Et autres récits d'anticipation" (Actes Sud) fait énormément parler de lui.




PALMARÈS DE L'ANNÉE 2021


complété des maisons d'édition par nos soins. 

GRANDS PRIX

Grand Prix de la Francophonie
Frankétienne (Haïti)
Grande Médaille de la Francophonie
M. Abdourahman Waberi (Djibouti)
Grand Prix de Littérature
M. Patrick Deville, pour l'ensemble de son œuvre
Grand Prix de Littérature Henri Gal
Prix de l' Institut de France
M. Claude Arnaud, pour l'ensemble de son œuvre
Prix Jacques de Fouchier
M. Alain Schnapp, pour "Une histoire universelle des ruines. Des origines aux Lumières" (Seuil)
Grand Prix Michel Déon
M. François Cérésa
Prix de l'Académie française Maurice Genevoix
M. Michel Bernard, pour "Le Bon Sens" (La Table Ronde)
Grand Prix Hervé Deluen
M. Jordan Plevnes (Macédoine du Nord)
Grand Prix de Poésie
M. Claude Royet-Journoud, pour l'ensemble de son œuvre poétique
Grand Prix de Philosophie
M. Emmanuel Housset, pour l'ensemble de son œuvre
Grand Prix Moron
Mme Vinciane Despret, pour l'ensemble de son œuvre
Grand Prix Gobert
M. François Hartog, pour "Chronos. L'Occident aux prises avec le temps" (Gallimard)
Prix de la Biographie (littérature)
MM. Jean-Louis Cabanès et Pierre Dufief, pour "Les Frères Goncourt" (Fayard)
Prix de la Biographie (histoire)
Mme Pauline Dreyfus, pour "Paul Morand" (Gallimard)
Prix de la Critique
Mme Béatrice Didier, pour l'ensemble de ses travaux critiques
Prix de l'Essai
M. Jean-Claude Bonnet, pour "Les Connivences secrètes. Diderot, Mercier, Chateaubriand" (Rivages)
Prix de la Nouvelle
M. David Thomas, pour "Seul entouré de chiens qui mordent" (L'Olivier)
Prix d'Académie
M. François Azouvi, pour "Français, on ne vous a rien caché. La Résistance, Vichy, notre mémoire" (Gallimard)
M. Laurent Dandrieu, pour "La Confrérie des intranquilles" (L'homme nouveau)
M. Gérard Guégan, pour "Fraenkel, un éclair dans la nuit" (L'Olivier)
M. Pierre Joannon, pour "Michel Mohrt, réfractaire stendhalien" (La Thébaïde)
Prix du cardinal Grente
P. Philippe Capelle-Dumont, pour l'ensemble de son œuvre
Prix du Jeune Théâtre Béatrix Dussane-André Roussin
M. Dieudonné Niangouna, pour l'ensemble de ses ouvrages dramatiques
Prix du Cinéma René Clair
M. Albert Dupontel, pour l'ensemble de son œuvre cinématographique
Grande Médaille de la Chanson française
M. Étienne Daho, pour l'ensemble de ses chansons
Prix du rayonnement de la langue et de la littérature françaises
Mme Emily Beeny, conservateur au J. Paul Getty Museum
M. Michel Foucher, géographe et auteur de l'"Atlas des mondes francophones" (Marie B)
Mme Helen Glanville, spécialiste des questions de conservation et de restauration des biens culturels
Mme Emmelie Prophète-Milcé, femme de lettres et directrice du Bureau haïtien du droit d'auteur
M. Jean-Noël Schifano, traducteur de l'italien et directeur de la collection "Continents noirs" (Gallimard)


PRIX DE POÉSIE

Prix Théophile Gautier
M. Pierre Dhainaut, pour "Une porte après l'autre après l'autre", suivi de "Quatre Éléments plus un" (Faï Fioc)
Prix Heredia
M. Joël Vernet, pour "L'oubli est une tache dans le ciel" (Fata Morgana)
Prix François Coppée
M. Louis-Philippe Dalembert, pour "Cantique du balbutiement" (Bruno Doucey)
Prix Paul Verlaine
M. Réginald Gaillard, pour "Hospitalité des gouffres" (Ad Solem)
Prix Henri Mondor
M. André Stanguennec, pour "Novalis-Mallarmé. Une confrontation" (Honoré Champion)
Prix Maïse Ploquin-Caunan
M. Emmanuel Laugier, pour "Chant tacite" (Nous)


PRIX DE LITTÉRATURE ET DE PHILOSOPHIE

Prix Montyon
M. Jean Seidengart, pour "L'Univers infini dans le monde des Lumières" (Les Belles Lettres)
Prix La Bruyère
Mme Séverine Denieul, pour "Casanova. Le moraliste et ses masques" (Classiques Garnier)
Prix Jules Janin
Mme Marguerite Bordry, pour sa traduction de "Senso et autres nouvelles vénitiennes" de Camillo Boito (Presses Universite Paris-Sorbonne)
Prix Émile Faguet
M. Gérard Ferreyrolles, pour "De Pascal à Bossuet. La littérature entre théologie et anthropologie" (Honoré Champion)
Prix Louis Barthou
Mme Annick Louis, pour "L'Invention de Troie. Les vies rêvées d'Heinrich Schliemann" (EHESS)
Prix Anna de Noailles
Mme Tiphaine Samoyault, pour "Traduction et violence" (Seuil)
Prix François Mauriac
Mme Celia Levi, pour "La Tannerie" (Tristram)
Prix Georges Dumézil
M. Jean-Michel Robert, pour "Leibniz et les universaux du langage" (Honoré Champion)
Prix Roland de Jouvenel
Mme Alexandra Lapierre, pour "Belle Greene" (Flammarion)
Prix Biguet
M. Dominique Pradelle, pour "Intuitions et idéalités. Phénoménologie des objets mathématiques" (PUF)
Prix Pierre Benoit
M. Hervé Gaillet, pour "Pierre Benoit, autrement" (AlterPublishing)
Prix Jacques Lacroix
M. Loïc Bollache, pour "Comment pensent les animaux" (Humensciences)
Prix Sivet
M. Jean-Noël Blanc, pour "Des opéras de lumière. Ravier et Thiollier" (Le Realgar)


PRIX D'HISTOIRE

Prix Guizot
Mme Isabelle Dasque, pour "Les Diplomates de la République (1871-1914)" 
M. Clément Oury, pour "La Guerre de Succession d'Espagne. La fin tragique du Grand Siècle" (Presses Universite Paris-Sorbonne)
Prix Thiers
M. Nicolas Schapira, pour "Maîtres et Secrétaires (XVIe-XVIIIe siècle). L'exercice du pouvoir dans la France d'Ancien Régime" (Albin Michel)
Prix Eugène Colas
M. Étienne Peyrat, pour "Histoire du Caucase au XXe siècle" (Fayard)
Mme Patricia Sorel, pour "Napoléon et le livre. La censure sous le Consulat et l'Empire (1799-1815)" (PUR)
Prix Eugène Carrière
M. Alexandre Maral et Mme Valérie Carpentier-Vanhaverbeke, pour "Antoine Coysevox (1640-1720), le sculpteur du Grand Siècle" (Arthena)
Prix du maréchal Foch
M. Gaïdz Minassian, pour "Les Sentiers de la victoire. Peut-on encore gagner une guerre?" (Passés Composés)
Prix Louis Castex
Mme Armelle Faure, pour "Révolution et sorcellerie. Une ethnologue au Burkina Faso" (Elytis)
Prix Monseigneur Marcel
M. Brenton Hobart, pour "La Peste à la Renaissance. L'imaginaire d'un fléau dans la littérature au XVIe siècle" (Classiques Garnier)
M. Bruno Méniel, pour "Anatomie de la colère. Une passion à la Renaissance" (Classiques Garnier)
Prix Diane Potier-Boès
Mme Claude Denjean, pour "Les Juifs et les pouvoirs. Des minorités médiévales dans l'Occident méditerranéen (XIe-XVe siècle)" (Cerf)
Prix François Millepierres
M. Benoît Rossignol, pour "Marc Aurèle" (Perrin)
Prix Augustin Thierry
M. Pierre-Yves Le Pogam et Mme Sophie Jugie, pour "La Sculpture gothique (1140-1430)" (Hazan)


PRIX DE SOUTIEN À LA CRÉATION LITTÉRAIRE

Prix Henri de Régnier
M. Camille de Toledo, après "Thésée, sa vie nouvelle" (Verdier)
Prix Amic
Mme Diane Meur, après "Sous le ciel des hommes" (Sabine Wespieser)
Prix Mottart
M. Pierre Ducrozet, après "Le Grand Vertige" (Actes Sud)