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vendredi 20 mai 2022

Une lauréate bilingue au concours de poésie transfrontalier "Je te Poème"

Neuf des dix lauréats étaient présents à Passa Porta. (c) Caroline Lessire.

Soirée poésie jeudi soir à Passa Porta où se clôturait l'idée 2022 de Flirt Flamand, en collaboration avec la Foire du livre et Bruxelles et la maison internationale des littératures Passa Porta, "Ik poëzie je graag / Je te poème", soit un concours de poésie transfrontalier dont le premier et le dernier vers imposés avaient été écrits par Lize Spit et Thomas Gunzig (lire ici), le couple de #THOMIZE. Les dix poèmes finalistes ont été lus dans leur langue originale, leur traduction dans l'autre langue étant projetée sur un écran, en présence de neuf des dix auteurs. Suspense pour eux et leurs accompagnants car seul/e, le/la lauréat/e était au courant de son prix.

Soirée bonne humeur car si Lize Spit, absente, est intervenue via une vidéo projetée, Thomas Gunzig était bien là et a expliqué que Lize et lui avaient tiré à pile ou face pour savoir qui écrirait quel vers. Le sort ayant désigné Lize pour le premier, "Une pieuvre a trois cœurs", fruit de recherches sur internet, Thomas a plongé dans son imagination pour dégainer le dernier, "Et quand l'un après l'autre ils se taisent, la nuit tombe dans les fonds marins."

Soirée poésie, les dix poèmes finalistes (cinq francophones, cinq néerlandophones) témoignant d'une réjouissante variété de ton et d'approche. En réalité, ce sont plus de 700 participants qui ont complété l'espace libre entre les deux vers pour créer leur poème: 481 néerlandophones et 234 francophones. Un chiffre qui enchante les organisateurs qui, en croisant très fort leurs doigts, en espéraient 500. Les 735 poèmes sont à lire ici.

Soirée bonne humeur car les finalistes devaient répondre à quelques questions sur un podium décoré de fanfreluches roses. Surprise de découvrir leurs origines géographiques à ce concours de poésie, certes sur internet mais belge au départ: deux venaient des Pays-Bas, un de Paris et un de Bretagne.

Soirée poésie quand a été dévoilé le nom de la lauréate, Céline Delattre, 41 ans, parfaitement bilingue, originaire de Tournai et installée actuellement à Courtrai par amour, pour son poème "Encre marine". Elle s'exprime dans les deux langues, sans doute davantage en néerlandais, mais a écrit son poème en français! "On ne pouvait pas rêver mieux", commente Els Aerts de Flirt Flamand.

"J'écris lentement", a commenté la gagnante. "C'était aussi le cas pour ce concours. Le premier vers de Lize, “Une pieuvre a trois cœurs”, m'a entraînée à mon insu dans le monde sous-marin. Ce n'est qu'au tout dernier moment que j'ai achevé le poème en le débarrassant de ses clichés."

Le poème gagnant.

Soirée bonne humeur
quand la lauréate a découvert ses cadeaux, les deux annoncés lors du concours, soit une publication dans la revue "Poëziekrant" et une nuitée dans le studio de la résidence de Passa Porta, et un troisième, surprise, une parure de lit Flirt Flamand où a été imprimé son poème.


Céline Delattre et Thomas Gunzig. (c) Caroline Lessire.


Le cadeau surprise. (c) Caroline Lessire.


Les  neuf autres finalistes sont:
  • Tako (Miranda Nijenhuis), "Drie liefjes geen"
  • Bauke Vermaas, "Frequentie"
  • Rita Horions, "Giftige inkt"
  • Antony Samson, "Octopussy"
  • Evelyne Dendoncker, "Strijdlied"
  • Dominique Theurz, "Atout"
  • Jean-François Joubert, "L'horloge sans heure"
  • Emma Massart, "La taciturnité des tambours"
  • Nicolas Collignon, "Pieuvre tonique"




mercredi 30 mars 2022

Créer un poème avec Thomas Gunzig et Lize Spit

Lize Spit et Thomas Gunzig nous invitent en poésie.

"Flirt Flamand", le concept est apparu lors de la Foire du Livre de Bruxelles 2019 dont la Flandre était l'invitée d'honneur (lire ici et ici). Une réussite qui a permis le rapprochement des auteurs, des éditeurs, des traducteurs et des publics francophones et néerlandophones. En 2020, l'aventure amoureuse a été "à la p(l)age" (lire ici). En 2021, année de confinement, elle a débouché sur plusieurs projets, des interviews d'auteurs, des rencontres entre lecteurs grâce au Matchmaker et même un mariage littéraire, celui de Thomas Gunzig et Lize Spit (#THOMIZE), dont les préparatifs ont donné lieu à de belles joutes oratoires sur internet (lire ici, ici et ici).

Cette année 20💓  où l'habituelle Foire du livre de Bruxelles a été annulée et remplacée par une Semaine du livre (lire ici), "Flirt Flamand" reprend encore du service, sous une autre forme, celle d'un concours de poésie transfrontalier ouvert au public, organisé avec la maison internationale des littératures Passa Porta. Une façon pour le projet de continuer à être le tiret entre nos littératures néerlandophone et francophone. 


"Ik poëzie je graag / Je te poème" invite à composer un poème avec Thomas Gunzig et Lize Spit. Les consignes sont simples:
  • le premier vers est écrit par Lize Spit
  • le dernier par Thomas Gunzig
  • on écrit dans l'espace entre les deux (maximum vingt-deux lignes en tout)
  • en français ou en néerlandais ou dans les deux langues
  • on ajoute un titre
  • on écrit en son nom ou sous pseudo
En résumé, chacun fait ce qui lui plaît mais avant le 29 avril, date ultime de réception des textes. 


Tout se passe en ligne (ici). Les consignes, l'écriture, la publication. Actuellement, 81 textes dont un quart en français figurent déjà déjà sur le site, le concours ayant été lancé le 21 mars. Ils peuvent être "likés", partagés sur les réseaux et téléchargés sous forme d'affiche.

Lize Spit et Thomas Gunzig sélectionneront un poème gagnant qui sera annoncé le 21 mai, deux mois après la journée mondiale de la poésie. Le poème vedette de "Flirt Flamand" sera traduit dans l'autre langue nationale et publié dans la revue "Poëziekrant". En outre, son auteur ou autrice recevra en cadeau une nuitée poétique dans le studio de la résidence de Passa Porta, au centre de Bruxelles. 
"Vous est-il déjà arrivé, dans votre enfance, de marcher le long d’un talus ou dans un pré et de cueillir des fleurs pour votre mère? C'est ce sentiment que la poésie éveille en moi, à ceci près que mon bouquet pour le lecteur, je le crée à travers l'écriture. Lire le poème d'un autre, c'est recevoir un bouquet fraîchement cueilli."
Lize Spit







mercredi 5 mai 2021

#THOMIZE: Lize et Thomas se sont mariés!

Les mariés Lize Spit et Thomas Gunzig. (c)  Bob Van Mol – Flirt Flamand.

Depuis le 24 avril, plus de 3.000 internautes suivaient #THOMIZE, la conversation amoureuse  WhatsApp entre les écrivains fiancés Lize Spit et Thomas Gunzig sur l'application Skagen (lire ici), et 1.000 en discutaient abondamment dans un foyer virtuel Facebook (ici). Un mariage arrangé qu'avait imaginé Flirt Flamand pour rapprocher nos deux langues nationales et nos auteurs, poètes, slameurs et illustrateurs.

Un long apéritif plein de péripéties à la Foire du livre de Bruxelles qui commence ce 6 mai (lire ici). L'un comme l'autre ont réservé des surprises, des angoisses, des émotions et des colères à ceux qui s'étaient vite pris au jeu de suivre leurs échanges. Etait-on dans une nouvelle variation des "Liaisons dangereuses"? La question hantant les commentaires étant: les fiancés allaient-ils se marier comme annoncé, la séparation ne semblant jamais loin. Hé bien, oui, Lize Spit et Thomas Gunzig se sont mariés finalement, masqués, leurs "ouis" ont été bénis par les poètes nationaux Carl Norac (sortant) et Mustafa Kör (entrant).

Deux fiancés et deux officiers. (c) Bob Van Mol – Flirt Flamand.


Extraits de la cérémonie

"Il arrive alors que deux êtres
qui tissaient, détissaient le réel
se rencontrent au bord d’un livre
et prennent langue à leur tour.
Leur pays, dont les chemins parfois
font tant de détours pour contourner
les miroirs, les murs, les bras levés,
s’accorde soudain en leur bouche
comme une chanson."
Extrait du poème "Un flirt", écrit à cette occasion par Carl Norac.

"Regarde ici, je suis auprès de toi comme transi devant des falaises
Tôt ou tard toute eau trouve son fleuve
Même si nous avons conflué, tu as toujours
été le nord de mes suds"

Extrait du poème "Comme l'eau", écrit à l'occasion par Mustafa Kör
(traduit par Noëlle Michel).


"Mon cher Thomas, lama au corps musclé, beau caniche aux cheveux en macaroni, toi qui finis toutes tes phrases par des points d’exclamation.

Il n'y avait pas meilleure porte d'accès que la tienne pour découvrir la littérature belge francophone!

Quelle chance que le Matchmaker nous ait réunis; sans lui, je n'aurais jamais su à quel point tu as l'air sérieux quand tu réfléchis, que tu ne bois que du café noir quand tu écris, avec quelle agilité et quelle espièglerie tu utilises le langage, à quel point ton frigo est en désordre, et aussi combien ton humour s’avère intraduisible pour les Flamands, qui sont un brin plus rigides. Je n'aurais jamais su à quel point nous – et nos écritures – sommes complémentaires, toi le fan de slalom, moi qui préfère foncer droit au but. Parfois, assise à la table de la cuisine, je me rends compte que tu me manques, comme on peut regretter un personnage après avoir refermé un livre. Mais heureusement, tu existes aussi en vrai, et cette pensée me réconforte à tous les coups!"

Lize Spit
(traduit par Noëlle Michel)

 

"Chère Lize

Je n'ai pas aimé travailler avec toi,

j'ai adoré travailler avec toi!

J'ai aimé ton gros chat noir, tes soupes aux tomates, ton thé bizarre, tes tartines aux fromages et ton étrange fauteuil dans lequel on s’assied en étant à genoux.

Ces quelques jours passés en ta compagnie ont été: passionnant, inspirant, épuisant, exigeant, électrisant, instructif et drôle.

On ne se connaissait pas… Du tout.

On a appris à se connaître… Un peu.

Et à chaque instant passé avec toi je t'assure que je me disais: "quelle chance j'ai de pouvoir travailler avec des gens aussi formidables que Lize Spit".

Normalement, quand j'ai fini un travail je suis toujours heureux de l'avoir fini.

Je me dis: "voilà, ça c'est fait".

Avec toi, ça ne s’est pas passé comme ça: je me suis dit: "zut, ça va me manquer".


Thomas Gunzig

Baiser avec plexiglas. (c) Bob Van Mol - Flirt Flamand.


Carl Norac

"Monsieur Thomas Gunzig, consentez-vous à prendre pour épouse Mademoiselle Lize Spit ici présente?"

Thomas Gunzig

"Oui."

Mustafa Kör

"Juffrouw Lize Spit, neemt u tot echtgenoot de heer Thomas Gunzig, hier aanwezig?"

Lize Spit.

"Ja."

Mustafa Kör

"Je vous déclare unis par les liens du mariage."

Carl Norac

"Ik verklaar u in de echt verbonden."


Le mariage en vidéo ici.


Demain 6 mai commence la Foire du livre de Bruxelles, virtuelle cette année (ici).



lundi 26 avril 2021

#THOMIZE, c'est parti et c'est super!


#THOMIZE,
combinaison des noms des écrivains belges Thomas Gunzig et Lize Spit, un francophone et une néerlandophone, est cette conversation entre eux dont l'idée a surgi dans le cerveau de Flirt Flamand en guise d'amuse-bouche à la Foire du livre de Bruxelles (lire ici , ici et ici). Elle a commencé le 24 avril comme prévu. Elle se présente comme un échange de messages entre les deux écrivains, dialogue parfois illustré de photos, que l'on peut suivre dans la langue de son choix.

Le moins qu'on puisse dire, c'est que cela commence fort! 
Après les messages pratiques aux utilisateurs, voici le début des échanges entre les fiancés - ils doivent se marier le 5 mai, rappelons-le. Il est donc grand temps que les tourtereaux apprennent à se connaître. Mais de manière littéraire.

Plusieurs fois par jour, Thomas Gunzig et Lize Spit s'envoient des messages plus ou moins surprenants, que l'effet de surprise vienne de l'un ou de l'autre, toujours très amusants et surtout très addictifs. Va-t-on parler de sport de combat, de mordillage d'orteils, de contenu de frigo, de façons d'écrire ou de littérature? De tout et du reste. C'est du théâtre, de l'improvisation littéraire et c'est très réussi.

On imagine aussi l'ambiance en coulisses de l'événement. Et même, on aimerait y être.

Premier échange. (c) Flirt Flamand.

On se dit "tu". (c) Flirt Flamand.

On se jauge. (c) Flirt Flamand.



Pour suivre #THOMIZE, il faut télécharger l'application SKAGEN sur un portable (App Store ou Google Play). Pas de panique si l'application vous dit qu'il n'y a plus de billet disponible. Il suffit de s'inscrire en envoyant un courriel à hallobonjour@flirtflamand.be en précisant quelle langue (néerlandais, français ou bilingue) est préférée pour suivre le flirt littéraire au-dessus la frontière (linguistique) de Thomas Gunzig et Lize Spit.


lundi 25 novembre 2019

Thomas Gunzig lance un haro sur le désespoir

Par Sarah Trillet, invitée de LU cie & co


Thomas Gunzig. (c) Dominique Duchesnes-Le Soir.

Le nouveau roman de Thomas Gunzig, son huitième (en dehors de ses  nombreux autres travaux littéraires, nouvelles, scénarios, théâtre, etc.), "Feel good" (Au diable vauvert, 399 pages), nous propose de participer à rien de moins qu'un braquage. Vous avez bien lu: un braquage. Un braquage révolutionnaire, piqué d'audace, qui sidère les logiques, bouscule le cours convenu des choses et tire à vue sur l'essoreuse du "grand capital" qui rejette aux marges les mal-nés de la société. Ce braquage, sans effusion de sang ni terreur, nous exhorte le temps d'une lecture à savourer la revanche de l'imaginaire.
"Ce qu’on va faire, c'est un braquage. Mais un braquage sans violence, sans arme, sans otage et sans victime. (...) On ne va rien voler, mais on aura quand même pris quelque chose qui va changer notre vie une bonne fois pour toutes."
Telle est la réplique foutraque et sublime que lance l'auteur comme un coup de bélier sur l'appareil des injustices sociales qui polluent l'existence de tous ceux qui se retrouvent chaque mois pris dans le piège du "tout juste".

Le roman met en scène Alice et Tom. Ils s'approchent tous deux de la cinquantaine et s'enfoncent lentement dans les eaux molles de la résignation.

Alice, envahie par l'obsession des chiffres sur un compte en banque désespérément vide, est terrorisée par le spectre de la précarité qui menace son petit garçon. Elle a tout tenté, jusqu'à la prostitution, pour s'en sortir. En désespoir de cause, elle enlève un bébé aux abords d'une crèche dans l'espoir d'une rançon. Rien ne se passera comme prévu et ce sera l'occasion de rencontrer Tom, un écrivain sans succès dont l'enthousiasme et l'espoir ont fini par ployer sous le poids d'années d'efforts acharnés suivis de désillusions.

Ils sont tous deux sur le point de capituler, en proie à une crispation qui paralyse toute velléité de rêverie. Et pourtant, leur rencontre improbable agira comme deux métaux qui entrent en fusion, provoquant une sorte de déflagration chimique aux résultats aussi flamboyants qu’inattendus.

Ce surgissement leur redonne une contenance, pulvérise la chape qui plombait leurs rêves, ravive le désir et tous deux rebattent les cartes. Nous sommes alors emportés avec les personnages par la puissance de la création, cet état de fébrilité un peu étrange dans laquelle plonge tout artiste en action.

Au cours de ce périple, nous approchons le monde de l’édition, soumis lui aussi aux logiques marchandes; on entrevoit la solitude que peut vivre un auteur à la notoriété moyenne, le parcours du combattant que peut représenter le quotidien des écrivains qui, pour survivre, doivent parfois mener de front plusieurs projets dont une bonne proportion n'aboutira jamais ou sera insuffisamment reconnue.

On retrouve avec toujours autant de plaisir les ingrédients typiques de la plume de Thomas Gunzig, qui nous ravit par son intelligence, sa sensibilité acérée et son humour qui a toujours l’éclat de la surprise, sans jamais verser dans le pur cynisme. Il explore dans ce roman sans tabou, en s'enfonçant au plus profond de l'intime de ses personnages, l'onde de choc qui frappe les plus faibles, dans une société dominée par les logiques néocapitalistes, qui rétrécissent toujours plus notre humanité.

A la lecture de ce "Feel good" très touchant, on ne peut s'empêcher de penser au parcours de l'auteur, aux interrogations qui ont nourri son œuvre. On y reconnaît aussi l'allusion à une jeune auteure belge récemment propulsée dans ce métier, ce qui fait aussi office d'un bel hommage.


lundi 10 septembre 2018

A vos livres avec "Notre bibliothèque"


"Notre bibliothèque" est un beau projet, festif et rassembleur, qui vient du Québec où il a été créé il y a deux ans conjointement par le Théâtre Blanc local et notre Théâtre 140 bruxellois. En gros, il s'agit d'inviter le public à apporter des livres qu'il choisit et qui seront lus par des professionnels. Pour que la lecture soit l'affaire de tous. Après avoir été présentée au Musée national des beaux-arts du Québec et à Montréal, "Notre bibliothèque" est arrivée cet été à Bruxelles. Des boîtes à livres ont été créées, des ateliers d'écriture mis en place. Comme une préparation à la quinzaine festive qui commence ce 16 septembre et se clôturera le 29 septembre par une soirée lecture-performance. Au programme: sensibilisation à la lecture et à l'écriture et mise en valeur des auteurs belges francophones. Comment? Par l'installation de bibliothèques de rue, la mise en place d'autres ateliers d'écriture et la programmation d'événements-performances.

Au programme du 16 au 29 septembre

  • Dimanche 16 septembre (journée sans voitures): deux balades contées de trente minutes au départ du théâtre avec le comédien Alexandre Dewez.
  • En septembre: ateliers d'écriture en appartement, sur le modèle des concerts en appartement. Isabelle Wéry se rend chez un riverain du théâtre qui a préalablement constitué un groupe et propose des jeux d'écriture ludique afin de peut-être faire naître des vocations à la pratique de l’écriture.
  • Du mardi 25 septembre au jeudi 18 octobre: exposition dans le hall du 140, des fruits de l'atelier d'écriture en alphabétisation organisé cet été à la Maison des femmes à Schaerbeek par Geneviève Damas.
Thomas Gunzig
  • Mardi 25 septembre: rencontre à Passa Porta à 20 heures avec Thomas Gunzig, l'écrivain belge le plus primé de sa génération, traduit dans le monde entier. Le chroniqueur, auteur de pièces de théâtre, scénariste, photographe par ailleurs parlera de son œuvre, de son parcours singulier, de ses pratiques de lecture et de son rapport aux lecteurs.
  • Mercredi 26 septembre, dans le foyer du 140, en début de soirée: scène slam, co-organisée par Lézarts urbains. Les étudiant de l'Athénée communal Fernand Blum, des slameurs professionnels ainsi que des riverains amateurs  prendront le micro pendant chacun trois minutes afin de dire leur texte.
  • Samedi 29 septembre: en direct sur les ondes de Radio Campus et depuis un estaminet du quartier, David Chazam anime Radio 140. Il interviewera les riverains et des lecteurs participants à la lecture-performance.
  • Samedi 29 septembre, de 18 heures à minuit, lecture-performance et librairie d'un jour (entrée: 8 euros). Qui seront les lecteurs et les lectrices? Des auteurs et des autrices belges francophones. Que liront-ils? Des extraits des livres disponibles sur scène, apportés par les spectateurs, sans préparation aucune et pendant trente minutes. Le tout en parité femmes/hommes de générations différentes, dans plusieurs domaines de l'écrit (roman, bande dessinée, polar, théâtre, chronique, chanson...). Des musiciens du Collectif du Lion improviseront sur scène pour accompagner les lectures suivant leur inspiration. Qui sera la libraire qui s'installera dans le hall du 140? Tulitu. Elle vendra les livres d'auteurs belges francophones dont ceux participant à la lecture-performance. Sont attendus: Isabelle Wéry et Geneviève Damas, Laurent Demoulin, Sébastien Ministru, Thomas Gunzig, Véronique Bergen, Myriam Leroy, Aïko Solovkine, Antoine Boute, Christian Lapointe, co-concepteur du projet, Gioia Kayaga, Laurence Vielle, ainsi que des membres du Collectif Utopique Militant d'Autrices et d'Auteurs Interplanétaire et Transgénérationnel (CUMAAIT), Stan Cotton, Céline Delbecq, Stéphane Bissot, Fabien Dariel, Stéphanie Mangez, Lise Martin, Nicole Desjardins, Pascale Henry, Carine Demange, Michel Bellier, Didier Poiteau, Roxane Lefebvre, Françoise Berlanger, Sarah Brahy, Milady Renoir, Marie Simonet, Frédérique Dolphijn, Catherine Daele, Cathy Min Jung, Sylvie Landuyt , Christine Delmotte, Virginie Thirion, Julien Vargas, Veronika Mabardi, Natacha de Pontcharra, Nathalie Fillion et Alice Piemme.

Quelques-uns des auteurs attendus.

Pour préparer cette performance, des boîtes à livres ont été installées cet été entre les places de Jamblinne de Meux, Chasseurs Ardennais, Dailly et Plasky. Elles annoncent l'événement et invitent riverains et spectateurs à y déposer ou à y prendre un livre. Un fonds de livres a également été constitué grâce à des dons de bibliothèques, de librairies, de bouquinistes et de voisins du 140. Quelques jours avant la lecture, les étagères seront vidées de leur contenu et tous les livres se retrouveront sur scène. Ils seront replacés sur les étagères ensuite.

Renseignements et réservations: le 140.


mardi 24 mai 2016

Colette, Rose-Marie, Aïko et Thomas à l'honneur

Les lauréats 2016. (c) Jean Poucet.

Fabrice Murgia.
Ce lundi 23 mai, c'était donc non seulement la fête à la grenouille le matin, celle de l'Autriche verte l'après-midi, mais en soirée la remise des prix littéraires de la Fédération Wallonie-Bruxelles de l'année. Ils étaient quatre lauréats cette fois, bien moins qu'en 2015 (lire ici), célébrés au Théâtre national. Un premier événement pour le nouveau directeur, tout fraîchement nommé, Fabrice Murgia.
Alda Greoli.
Autre nouvelle, à peine moins puisqu'elle est entrée en fonction le 16 avril dernier, la ministre de la Culture, Alda Greoli. Pas impressionnée cette dernière, et auteure d'une prestation fort sympathique. Elle ramasse les lunettes de l'une, s'emmêle l'écharpe avec l'autre. Dans son mini-discours, elle a commencé par remercier les "écrivains qui parfois nous inquiètent afin de faire de nous des citoyens debout". Ses mercis sont ensuite allés au personnel des bibliothèques, aux enseignants et aux libraires.

Le palmarès

Colette Lambrichs.
Le Prix du rayonnement des lettres belges à l'étranger (4.000 euros) va à Colette Lambrichs, éminente directrice littéraire aux parisiennes éditions de la Différence depuis 1976. En quarante ans de très bons services (2.000 titres publiés), on lui doit, entre autres, la publication de nombreux auteurs belges, les francophones Serge Delaive, Jacques Izoard, Stéphane Lambert, Marianne Sluszny, Jacques Richard (lire ici), William Cliff et d'autres et bien entendu le néerlandophone Tom Lanoye dont le dernier roman, le septième chez cet éditeur,  "Gaz, plaidoyer d'une mère damnée" (traduit par Alain Van Crugten, La Différence, 2016) est absolument bouleversant.
"En France depuis 44 ans et aux Editions de la Différence depuis 40 ans, je pratique la culture du mélange. Pour moi, un bon roman est un texte qui fait apparaître la réalité différemment. Aujourd'hui, on publie trop de livres qui se ressemblent. Je donnerai l'argent du prix aux éditions."


Rose-Marie François.
Le Prix triennal de prose en langue régionale endogène (2.500 euros) va Rose-Marie François pour "La Cendre. Lès Chènes" (MicRomania Editions, 2013), en français et en picard, son histoire de bébé pendant la Seconde Guerre mondiale. Une solide femme qui surprend souvent l'auditoire, et l'animateur de la soirée, David Courier, par ce qu'elle dit. Par exemple quand elle explique: "Je fais de la poésie surtout, du théâtre et de la prose. Ma langue n'est pas chronologique. J'écris sur des choses qui ne se sont pas encore produites." Ce sera encore plus fort lorsqu'elle se lancera dans une lecture en picard. Et dire que tout a commencé chez elle à la suite de la lecture de "La petite fille aux allumettes" quand elle était petite!
Ecoutons-la.

Deux mentions spéciales sont attribuées à Paul-Henri Thomsin pour "Avå lès vôyes" et à René Brialmont pour "Douda d'Êwe d’Oûthe."

Aïko Solovkine.
Le Prix de la première œuvre (5.000 euros) va à Aïko Solovkine pour son roman "Rodéo" (Filipson Editions, 2015), le dur portrait d'une jeunesse désenchantée, entre poésie et argot, au départ d'un fait divers.
Amatrice de littérature américaine (Richard Ford, McCarthy,..) et allemande (Elfriede Jelinek), elle confesse avoir été jeune chercher sa "ration de bouquins à la bibliothèque". Son roman, elle l'a écrit la nuit, parce qu'elle travaillait la journée. En trois mois, et debout, l'ordinateur posé sur une commode, pour ne pas tomber endormie. Mais quasi sans retoucher le texte qui avait jailli après une longue maturation en pensée.
Ecoutons-la.

Trois autres ouvrages figuraient au tour final du vote: les romans "Le dossier Nuts" de Joseph Annet (Memory Press) et "Today we live" d'Emmanuelle Pirotte (Le Cherche-Midi) ainsi que le recueil de nouvelles de Catherine Deschepper, "Un kiwi dans le cendrier" (Quadrature).

Thomas Gunzig.
Le Prix triennal du roman (8.000 euros) va  à Thomas Gunzig  pour son roman "Manuel de survie à  l'usage des incapables" (Au Diable Vauvert, 2013, Folio, 2015). Le Prix Rossel 2001 (pour "Mort d'un parfait bilingue", même éditeur) conte ici une société ultra-libérale à sa façon douce-amère, parfois absurde, parfois désinvolte, contrastes bienfaisants aux situations décrites.
Ecoutons-le.

Après la projection de la vidéo, le lauréat, fier et content d'avoir été choisi pour un prix triennal, n'avait plus rien à ajouter. Seulement copier Arno, "Putain, putain, c'est vachement bien..." et indiquer qu'il accorde de l'importance à tous les prix de lecteurs, d'où qu'ils soient.