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mardi 10 juin 2025

Lorenzo aux JO

La flamme olympique par Lorenzo Mattotti (c) Galerie Martel.
 
Exposition Mattotti à Bruxelles.
Personne n'a oublié les Jeux Olympiques et Paralympiques qui se sont déroulés l'été dernier à Paris. Une ouverture sous des pluies dignes de la Belgique, des performances sportives incroyables dans des cadres souvent magnifiques. Des jours d'union, nationale ou pas, où les malheurs du monde se sont un peu effacés. Ces souvenirs reviennent instantanément en mémoire en parcourant la nouvelle exposition bruxelloise de la galerie Martel, espace inauguré à la fin de l'année dernière (lire ici). Elle est entièrement dédiée à la vision des JO de Lorenzo Mattotti. Et elle est magnifique. Le natif de Brescia installé à Paris attrape l'élan du sportif comme personne. "Je me suis rendu compte que, pour arriver à donner l'idée de mouvement dans une image arrêtée, il fallait parvenir à enlever ce qui est superflu pour ne conserver que la tension extrême du trait et de la forme. Par la composition, l'imbrication des formes et des couleurs, on parvient alors à créer une tension particulièrement forte dans le dessin", en a-t-il dit.

Une soixantaine d’œuvres sont présentées.

On retrouve aux cimaises largement occupées - une soixantaine d’œuvres y sont accrochées - les couleurs si caractéristiques de l'artiste, son trait, sa représentation des corps. Sa célébration des corps qui, ici, courent, soulèvent des poids, font la course à vélo, à cheval ou dans l'eau ou sur l'eau. Des corps tendus, en pleine compétition. Des corps d'athlètes. Des hommes et des femmes dans différentes disciplines des Jeux Olympiques et Paralympiques. On croit les reconnaître comme on croit retrouver le ciel sombre lors de l'avancée de la flamme. 
 
Différentes techniques, ici des encres de couleur.
 
A un moment, on se rend compte que toutes ces œuvres ont été créées bien avant le mois d'août 2024. Et ce n'est pas grave car l'émotion et le plaisir sont là. Bien sûr, si on avait suivi l'actualité bibliographique de Lorenzo Mattotti, on l'aurait su. Les originaux superbes présentés à Bruxelles viennent de deux beaux livres publiés l'an dernier. "Attraper la course" (Casterman, 128 pages, 2024), le catalogue de la centaine de dessins réalisés par Mattotti pour une exposition du Festival d'Angoulême 2024, ponctués de textes de Maria Pourchet et "Se dépasser" (Casterman, 128 pages, 2024) qui reprend les dessins et les peintures qu'il a réalisés à l'occasion des Jeux Paralympiques et qui ont été exposés dans les plus grandes gares de France.
 
Pastel et crayons de couleur.

Si Mattotti recourt à sa technique de crayons de couleur et de pastels qu'on lui connaît bien, il utilise aussi les encres de couleur et l'encre de Chine pour certains dessins. "Courir, se dépasser", une exposition qui donne la pêche en ces jours gris.

Jeux Olympiques et Paralympiques. 

 
Infos pratiques
Galerie Martel Bruxelles
Chaussée d'Ixelles, 337, 1050 Bruxelles
Jusqu'au 26 juillet
Du mardi au samedi de 14h30 à 19 heures
+32 2 721 79 57
contact@galeriemartel.com
Liste des œuvres ici



vendredi 14 mars 2025

Je me suis bien amusée, poil au nez!

LU & approuvé
 
Drôle et efficace Lili Sohn. (c) Casterman.

Ils s'étaient rappelés à nous lors de la quinzaine dernière, lors de ces chaudes journées de début mars, bien en avance sur le calendrier. Et même si la question n'est plus urgente en cette météo fraîche à nouveau de saison, ils sont revenus dans nos esprit. Qui? Les poils, bien entendu. Ces marronniers du printemps. Avec les questions obligées: les couper, les raser, les épiler ou les laisser? Un sujet qui devait intéresser Lili Sohn, spécialiste des questions difficiles et/ou qui fâchent (lire ici). Elle publie l'efficace et drôle "Nos poils" (Casterman, 248 pages). Une bande dessinée flashy où elle relate de son ton son "année d'exploration du poil féminin".

Passée une intro documentaire, la définition du poil, sa localisation, sa fonction, son vocabulaire, Lili Sohn nous partage de mois en mois ses expériences, ses interrogations, ses expérimentations. Elle sait de quoi elle parle. Elle
s'épile depuis ses douze ans. Systématiquement. Mollets, cuisses, maillot, aisselles, doigts de pied, sourcils, moustache. Avec un rasoir, de la crème dépilatoire ou de la cire. Elle a même pris un abonnement dans une chaîne d'institut de beauté spécialisée en épilation. Depuis ses douze ans, elle se fait mal, vérifie, contrôle, se contraint à la discipline de l'épilation.

Et puis, un jour, elle dit STOP. Elle s'interroge sur les raisons pour lesquelles ce poil est jugé dégoûtant chez les femmes et viril chez les hommes. Pas facile de se libérer de ces habitudes qui sont devenues des contraintes. Comment faire? Comme d'autres? Comme elle? Mais son compagnon, qu'en dit-il? Et ses copines? Et elle-même?

"Nos poils" consigne avec sincérité et humour cette année "poils". Aucun jugement, mais des interrogations et des réflexions complétées de références historiques, d'hier et d'aujourd'hui, et de témoignages. Les propos de Lili Sohn étant portés par des illustrations très réussies, dessins et collages pétillants, drôles et efficaces. On réalise en fin de lecture combien ce sujet qui semble anecdotique est un efficace révélateur d'habitudes ancestrales. A conserver ou à revoir, c'est chacun pour soi. Un album au poil!

"Nos poils" de Lili Sohn. (c) Casterman.


Lili Sohn est en dédicace à la Foire du livre de Bruxelles les vendredi 13, samedi 14 et dimanche 16 mars (ici).

vendredi 29 novembre 2024

S'immerger dans l'œuvre de Gabrielle Vincent

Une scène d'"Ernest et Célestine et nous" dans "Patchwork".
(c) Éditions Daniel Maghen.

Quelle belle fin d'année pour les enfants! Et pour leurs parents! Et pour toute personne qui s'intéresse à l'œuvre de Gabrielle Vincent, le pseudonyme qu'avait choisi l'artiste peintre Monique Martin pour s'aventurer en littérature de jeunesse. D'abord plusieurs de ses albums pour enfants sont réédités chez Casterman, comme d'habitude pourrait-on dire tant on salue le travail de mémoire continu de l'éditeur. En album simple ou en recueil. Ensuite, un autre titre chéri revient chez Grasset Jeunesse.
 
Et enfin, merveille des merveilles, paraît le beau livre bien épais "Patchwork" signé Gabrielle Vincent (textes de Fanny Husson-Ollagnier, conception et réalisation Emmanuel Leroy & Vincent Odin, Éditions Daniel Maghen, 304 pages) dont le sous-titre, "Une biographie en images de la créatrice d'Ernest et Célestine", se montre particulièrement approprié. C'est en effet par ses images et ses dessins légendés de sa belle écriture ronde que l'artiste s'est toujours racontée. Cette autobiographie de grand format et au beau papier crème en témoigne. Une mine de beauté et de sincérité.

Une planche d'"Ernest et Célestine au jour le jour"
dans "Patchwork" (c) Éditions Daniel Maghen.
 
L'ouvrage commence par une évocation de la personne qu'était la discrète Monique Martin. Un puzzle composé au départ de témoignages de plusieurs de ses proches et de notes extraites de ses carnets. Il se structure ensuite en plusieurs chapitres brièvement introduits: L'Atelier, Les Gens, Bruxelles, Les Voyages, Les Animaux et Ernest et Célestine, cette dernière partie étant la plus fournie avec 130 pages. Imaginez, 130 pages de planches originales en couleur ou à l'encre sépia issues des 26 albums que compte la série. C'est un ravissement de vagabonder dans tant de beauté, tant de sensibilité. Ernest et Célestine sont si délicatement humains. Voir leurs attitudes, leur complicité, leur amour se décliner en de si belles pages qui laissent les traits respirer est un enchantement. Croquis au crayon et commentaires de l'auteur sur son travail ou ses personnages font percevoir l'artiste inquiète qu'elle a été et comment elle a transcendé ces craintes en des scènes de paix et de joie. Elle mariait bic, crayon, fusain, aquarelle et tout ce qui lui semblait idéal pour parvenir à représenter ce qu'elle avait en tête. A ce propos, l'index en fin d'ouvrage donne l'origine et la technique utilisée pour chacune des illustrations.
 
Certaines images paraîtront peut-être un peu étranges à qui connaît bien les livres de Gabrielle Vincent ou qui a visité ses expositions. Rappelons que deux ventes de ses dessins ont été organisées récemment par la galerie Daniel Maghen à Paris et qu'il était aussi possible de les voir en ligne. C'est tout simplement parce qu'elles figurent à bords perdus dans certaines pages. Leur recadrage peut étonner quand on isole une page mais il passe mieux quand on feuillette le livre. Et il faut bien avouer que la plupart des dessins apparaissent dans leur forme originelle. Pour le reste, il convient de saluer la mise en page qui entraîne le lecteur dans ce vibrant parcours en déclinant thèmes, genres et couleurs en une belle harmonie qui rend grâce au talent de l'artiste.
 
Double page de la partie Voyages de "Patchwork",
extraite de "Au désert". (c) Éditions Daniel Maghen.
 
Les chapitres précédents évoquent des aspects moins connus de l'art de Monique Martin. Les scènes d'atelier sont splendides et loin d'être académiques. Les portraits d'hommes, de femmes et d'enfants transpirent d'humanité, qu'ils soient au fusain, à l'encre ou à l'aquarelle. Les vues bruxelloises nous promènent en divers lieux de la capitale belge et bien entendu au Palais de justice où elle allait souvent écouter les procès. Ses voyages au Maroc, en Tunisie et en Égypte montrent une autre facette de son talent: croqueuse d'instants divinement aquarellés, qu'ils saisissent les hommes du désert ou des paysages de ville, de désert ou de mer. Quant à la partie sur les animaux, elle oscille entre le cirque et le merveilleux album qu'est "Un chien" (1982).
 
Carnet de voyage en Tunisie. (c) Éditions Daniel Maghen.
 
Il s'agit en effet d'un somptueux patchwork que ce beau livre composé à partir de quelques-uns des 10.000 dessins que Gabrielle Vincent a laissés, sans oublier ses peintures, ses carnets de travail et certaines de ses correspondances. Combien de lettres n'a-t-elle pas écrites? Allusion à la couverture cousue dans Ernest et Célestine, "Patchwork" est un formidable travail qui a su choisir de ne pas faire écrire un expert mais de laisser l'artiste se raconter à nous par ses illustrations et ses mots.

Études de femmes et vue de l'atelier dans "Patchwork". (c) Éditions Daniel Maghen.




Rééditions 2024

Mon petit Père Noël
Gabrielle Vincent
Grasset Jeunesse, 32 pages

Quelle belle idée de rééditer dans un format cartonné toilé cette fois, avec une image de couverture plus dynamique, un conte de Noël publié pour la première fois par l'éditeur en 1994. L'histoire n'a pas pris une ride. La touchante rencontre un 24 décembre de la jeune Magali et du Père Noël. Un tout petit Père Noël qui est descendu du ciel en parachute, les mains vides. La fillette qu'il croise par hasard n'en croit pas ses oreilles. Elle décide de lui venir en aide. N'écoutant que son grand cœur, elle court vers sa maison, fonce dans sa chambre et revient à l'homme en rouge avec sa poupée en cadeau. De quoi meubler la solitude du visiteur. Tendresse, humour et sensibilité sourdent de cet album magnifique.
 
1994.
Un texte dialogué et des dessins entourés d'un filet peint composent une magnifique histoire dans des tons de neige et d'hiver, faisant ressortir les couleurs des deux personnages. Les plus attentifs remarqueront que la poupée Caroline est devenue Lila dans cette nouvelle édition, "le nom d'une amie épistolaire de Gabrielle Vincent à qui elle confiait apparemment beaucoup de ses secrets de "fabrication"", nous dit l'éditrice actuelle.
 


Ce 24 décembre, Lila a reconnu le Père Noël. (c) Grasset-Jeunesse.

 
Ernest et Célestine
Le sapin de Noël
Gabrielle Vincent
Casterman, 40 pages

Publié en 1995, cet album qui paraît dans une nouvelle édition cartonnée posait déjà la question des habitudes de Noël. Couper un sapin pour le décorer chez soi? Peut-être pas si on suit l'idée de Célestine qui a repéré, dans le grand parc enneigé, un petit sapin solitaire un peu tordu, et qui souhaite passer son réveillon avec Ernest, dehors, dans la neige, près de ce petit sapin.
 
"Le sapin de Noël". (c) Casterman.


Ernest et Célestine
Les plus belles histoires
Gabrielle Vincent
Casterman, 144 pages
 
Une nouvelle édition cartonnée d'un recueil conçu en 2019. On y trouve cinq histoires fondamentales du gros ours et de la petite souris, le B A BA d'Ernest et Célestine.
 
 
  • Ernest et Célestine ont perdu Siméon, la première (1981)
  • Ernest et Célestine - La cabane (1999)
  • Ernest et Célestine au musée (1985)
  • Ernest et Célestine - Un caprice de Célestine (1999)
  • Ernest et Célestine musiciens des rues (1981)
 
 
Ernest et Célestine
Bienvenue les enfants!
Gabrielle Vincent
Casterman, 40 pages

La réédition sous un autre titre de "Ernest et Célestine... et nous", paru en 1990, le seul titre où le duo est confronté à de vrais enfants. Un album que Gabrielle Vincent a imaginé à la suite d'une correspondance qu'elle a entretenue avec les enfants d'un ami. Les lettres y ont toute leur place! Célestine a déjà reçu trois missives  d'Antoine et elle voudrait le voir comme lui voudrait la voir. Le hic, c'est Ernest qui n'invite que ses amis et ne sort guère. Il en faut plus pour décourager la petite souris qui saisit papier et crayon pour envoyer un courrier à Antoine. L'histoire se développe de façon inattendue entre les rebuffades de l'ours et les surprises qu'amène Antoine, qui n'est pas seul dans sa fratrie.
 
"Bienvenue les enfants!". (c) Casterman.

 

Plus tôt dans l'année avaient reparu en grand format cartonné "La chambre de Joséphine", "La naissance de Célestine", "La tante d'Amérique" et "Le labyrinthe" de Gabrielle Vincent, toujours chez Casterman, éditeur que l'on bénit pour cela.
 

Créations 2024

Notre enthousiasme n'est pas le même pour ces albums qui charcutent l'œuvre originale. A-t-elle besoin d'être réinterprétée? Non, bien entendu. Les albums, que ce soient ceux d'Ernest et Célestine ou les autres se suffisent à eux-mêmes. Ils enchantent et élèvent leurs lecteurs.
 

Quel est l'intérêt d'un livre comme "Ernest et Célestine - L'album photo des jours heureux" (Casterman, 40 pages) où Fanny Husson-Ollagnier écrit un texte sur des images de Gabrielle Vincent, utilisées comme autant de photos? Où est la sincérité des histoires originales, qui disaient les jours heureux mais aussi les difficultés, qui disaient la vie tout simplement.

"L'album photo des jours heureux". (c) Casterman.

Pire encore est "Le calendrier de l'Avent - Ernest et Célestine" (texte de Fanny Husson-Ollagnier d'après l'univers de Gabrielle Vincent, Casterman). Un grand format cartonné en diptyque où 24 petits livres souples de 24 pages illustrées en quadri sont glissés dans des pochettes. Une histoire par jour pour attendre Noël.
 
L'idée était bonne. Sauf que les mini-histoires sont terriblement fabriquées, à mille lieues du ton de Gabrielle Vincent même si elles utilisent les éléments scénaristiques de ses albums. Au mieux, elles peuvent servir à un quiz pour qui connaît bien l'œuvre. Il faudrait identifier les albums qui ont servi à composer ces histoires sans saveur, émotion ou sentiment.


mercredi 13 novembre 2024

Parité aux prix Rossel 2024


Léonie Bischoff, Romain Renard, Nathalie Skowronek et Velibor Čolić.
(c) Dominique Duchesnes/Le Soir.
 
Selon le journal "LE SOIR" qui l'organise, "C'est "le" moment littéraire belge de l'année: la proclamation des prix Victor Rossel." Elle s'est tenue à la rédaction du Soir, ce mercredi 13 novembre à 13 heures, en présence des lauréats. Voici le palmarès.

Prix Victor Rossel de littérature
Créé en 1938, en souvenir de Victor Rossel, le fils du fondateur du Soir en 1897, Emile Rossel. Le fils aimait la littérature et tenait salon chez lui, rue Gachard à Ixelles, chaque jeudi.

Velibor Čolić

"Guerre et Pluie"
Gallimard, 288 pages

Le dernier volet de la trilogie sur la guerre en Bosnie par le romancier installé à Bruxelles depuis plusieurs années.

Pour lire en ligne le début de "Guerre et pluie", c'est ici.




Prix Victor Rossel des lecteurs et des lectrices
Créé en 2023, à l'occasion de la 80e édition des prix Rossel.
 
Nathalie Skowronek
"La voix des saules"
Grasset, 176 pages

L'expérience de l'autrice qui a animé un atelier d'écriture en milieu psychiatrique.

Pour lire en ligne le début de "Le voix des Saules", c'est ici.




 
Prix Victor Rossel de la bande dessinée
Créé en 2021.

Romain Renard
"Revoir Comanche"
Le Lombard

Roman graphique en hommage à Comanche, série mythique du journal "Tintin" créée dans les années 1970

Pour lire en ligne le début de "Revoir Comanche", c'est ici.




Grand Prix de l'Académie Victor Rossel de bande dessinée
Créé en 2021.

Léonie Bischoff pour l'ensemble de son œuvre.
 
Magnifique pour celle qui vient de recevoir le 6 septembre dernier le Prix Atomium de la Fédération Wallonie-Bruxelles en bande dessinée/Espiègle de la Bande dessinée (lire ici) une nouvelle distinction pour l'ensemble de son œuvre.
 
Une œuvre qui est loin d'être achevée, comme elle le dit elle-même. On y pointera deux albums. "Anaïs Nin, sur la mer des mensonges" (Casterman, 2020), qui l'a révélée au monde et a été primé à Angoulême (lire ici) et, pour la jeunesse, "La longue marche des dindes" (texte de Kathleen Karr, Rue de Sèvres, 2022), également multi-récompensé (lire ici).
 
Voici quelques pages de chacun des deux.
 


"Anaïs Nin, sur la mer des mensonges". (c) Casterman.
 
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"La longue marche des dindes". (c) Rue de Sèvres.




lundi 9 septembre 2024

Les 8 prix Atomium Raymond Leblanc 2024

Mina Koraichi, lauréate 2024.
 
Les prix Atomium Raymond Leblanc 2024 ont été remis le premier soir du BD Comic Strip Festival de Bruxelles (6-8 septembre) dans le cadre toujours superbe du Centre belge de la bande dessinée. Une cérémonie qui rassemblait le gratin du monde de la BD. Huit récompenses fort bien dotées ont été proclamées dans une alternance quasi parfaite femme/homme. Dommage à ce propos que sur l'écran d'annonce ne se soit affichée que la mention "LE GAGNANT". Car il y avait pas mal de GAGNANTES.

Palmarès
 
Prix Atomium Leblanc de la jeune création
10.000 euros de la Cocof, 10.000 euros en avance sur droits, contrat d'édition proposé en alternance par les Editions du Lombard, Futuropolis et Casterman.
 
Lauréate: Mina Koraichi pour "Anti-Illiteracy Club"
Traitant de l'analphabétisation en milieu rural au Maroc, l'album de la jeune Marocaine a été choisi par le jury entre 220 projets arrivés du monde entier. Il sera édité par le Lombard.
Arrivée la veille de la remise du prix à Bruxelles, Mina Koraichi entame en cette année 2024 un master en bande dessinée à l’ESA St Luc à Bruxelles.
 
 
 
 
 
 
Prix Atomium Cognito de la BD historique
meilleure bande dessinée à caractère historique (3.000 euros).
 
Lauréat: Lomig pour "Au cœur des solitudes" (Sarbacane)
Sur plus de 50 ouvrages candidats et une shortlist de 5 titres:
  • "La truie, le juge et l'avocat", Laurent Galandon & Damien Vidal (Delcourt)
  • "Le fils de Taïwan, tomes 1-2 -3-4/4", Yu Pei-Yun & Zhou Jian-Xin (Kana)
  • "Au cœur des solitudes", Lomig (Sarbacane)
  • "Environnement toxique", Kate Beaton (Casterman)
  • "Charlotte impératrice - III. Adios", Carlotta. Nury & Bonhomme (Dargaud)
Breton autodidacte, Guillaume Fournier a choisi de publier sous le pseudo de Lomig qui signifie Petit Guillaume en breton. En un noir et blanc qui magnifie les espaces, son album suit le périple effectué en 1867 par le premier écologiste moderne, militant de la protection de la nature, l'écrivain américain John Muir.
 
"Au cœur des solitudes". (c) Sarbacane.



Prix Atomium Le Soir de la BD d’actualité
reportage en bande dessinée (20.000 euros en espace publicitaire, ainsi qu’une forte présence rédactionnelle sur les supports du journal Le Soir). 
 
Lauréat : Hippolyte pour "Le Murmure de la mer" (Les Arènes BD)

Shortlist de 5 titres:
  • "Mahar le lionceau", Anne Poiret et Lars Horneman (Delcourt)
  • "Worm", Edel Rodriguez (Bayard)
  • "Et travailler et vivre", Fabien Toulmé (Delcourt)
  • "Journal de guerre", Nara Krug (Gallimard) 
  • "Le murmure de la mer", Hippolyte (Les Arènes)
Habitant à La réunion, Hippolyte a adressé un message vidéo au public, rappelant son séjour à bord de l'Ocean Viking, le bateau ambulance de l'association SOS Méditerranée qui tente de sauver des vies en mer (40.000 actuellement), et ses rencontres avec les bénévoles. "J'ai voulu rendre hommage à toutes ces personnes qui sauvent des vies. SOS Méditerranée continue à faire vivre cet espoir. Ce prix est pour eux. Je veux aussi rendre hommage à tous les reporters qui essaient de faire leur métier, en Palestine, à Gaza..."
 
"Le murmure de la mer" a emporté le jury par l'histoire, le dessin, le trait, les couleurs, magnifiques, qui prennent le lecteur au cœur et aux tripes.
 
Pour lire un extrait en ligne, c'est ici.



Prix Atomium de la Fédération Wallonie-Bruxelles en bande dessinée
10.000 euros.

Léonie Bischoff. (c) N. Van Campenhoudt.

Lauréate : Léonie Bischoff

Le prix Atomium - Fédération Wallonie-Bruxelles récompense un auteur, une autrice ou un collectif d'auteurs actif à Bruxelles et en Wallonie, qui a déjà une œuvre graphique originale et innovante et qui entend la poursuivre. Il va comme un gant à Léonie Bischoff, née en Suisse en 1981 et devenue belge depuis quelques semaines, pays où elle réside depuis plus de vingt ans. La lauréate affiche une belle bibliographie, les adaptations de romans de Camilla Läckberg, et bien sûr la remarquée BD "Anaïs Nin, sur la mer des mensonges" (Casterman, lire ici), l'adaptation en récit graphique du roman jeunesse de Kathleen Karr "La longue marche des dindes" (Rue de Sèvres, lire ici). En parallèle, elle est un membre très actif de l'Atelier Mille, fondé en 2011 et regroupant plusieurs auteurs et autrices de bande dessinée. Sans oublier son  implication dans des projets collectifs de fanzinat et de microédition. Le prix tombe à point nommé pour Léonie Bischoff qui vient d'entamer deux nouveaux projets en bande dessinée.


 
Prix Atomium Spirou
Histoire publiée dans Spirou et toutes les publications seront rémunérées au tarif professionnel.
 
Lauréat: Samuel Pereira pour "Noël mais presque".

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Prix Atomium de la BD citoyenne
ouvrage de bande dessinée qui suscite une réflexion éthique et sociétale, qui aborde de manière positive, constructive et généreuse des enjeux de société contemporains (5.000 euros).
 
Lauréats: Salomé Parent-Rachdi & Deloupy pour "Amour, sexe et Terre promise - Reportage en Israël et Palestine" (Les Arènes)

Shortlist de 12 titres:
  • "Sang Neuf", Jean-Christophe Chauzy (Casterman)
  • "A l'arrêt", Frédéric Debomy, Sandra Ndiaye, Benjamin Ades (Delcourt)
  • "Petit Pays", Faye, Sowa, Savoia (Dupuis)
  • "Les Yeux fermés", Héloïse Martin, Baptiste Magontier, Valentine De Lussy (Dupuis)
  • "Ce que je sais de Rokia",  Quitterie Simon, Francesca Vartuli (Futuropolis)
  • "Bobigny 1972", Marie Bardiaux-Vaïente, Carole Maurel (Glénat)
  • "Soigne, maltraite et tais-toi!" Ferenc, François Sanz (La boîte à bulles)
  • " La Vie secrète des arbres", Fred Bernard, Benjamin Flao, Peter Wohlleben (Les Arènes)
  • "Amour, sexe et terre promise", Salomé Parent-Rachdi & Deloupy (Les Arènes)
  • "Je suis au-delà de la mort", L'Homme Etoilé (Le Lombard)
  • "L'Œil du marabout", Jean-Denis Pendanx (Maghen)
  • " Les Petites Reine", Magali Le Huche (Sarbacane)
Seize témoins, hommes et femmes, palestiniens et israéliens, arabes et juifs, racontent comment la guerre et la religion s'insinuent dans leur vie amoureuse et sexuelle. Une vie codifiée, contrainte, blessée: l’amour sous le joug de la géopolitique. "Je voudrais remercier les personnages de l'album qui sont des vraies personnes", a dit la lauréate. "Rami notamment qui est journaliste à Gaza et est maintenant réfugié dans une tente. Entamée en 2018, nous avons terminé la BD le 6 octobre 2023. Il nous a fallu rebondir, apporter du contexte dans les premières pages, ajouter des choses à la fin."

 

Prix Atomium Première du roman graphique
prix d'auditeurs (20.000 euros en espace publicitaire, ainsi qu’une forte présence rédactionnelle sur les supports de La Première). 
 
Lauréat: Etienne Davodeau pour "Loire" (Futuropolis).

Shortlist de dix titres:
  • "Le lierre et l’araignée", Grégoire Carle (Air Libre )
  • "Le champ des possibles", Anaïs Bernabé et Vero Cazo (Air Libre)
  • "Sang Neuf",  Jean-Christophe Chauzy (Casterman)
  • "La route", Manu Larcenet (Dargaud)"L'homme en noir", Panaccionne et Di Gregorio (Delcourt)
  • "Le grand large", Jean Cremers  (Glénat )
  • "Bobigny 1972", Marie Bariaux-Vaiente et Carole Maurel (Glénat)
  • "Verts", Patrick Lacan et Marion Besancon (Rue de Sèvres)
  • "Jusqu'ici tout va bien", Nicolas Pitz (Rue de Sèvres)
  • "Loire", Etienne Davodeau (Futuropolis)

Absent car en randonnée, Etienne Davodeau a envoyé un message vidéo où il explique qu'il avait le projet Loire en lui depuis qu'il fait de la BD. Il a aussi rappelé combien la nature réconforte quand elle n'est pas massacrée.



Prix Atomium de Bruxelles
pour un auteur qui a su mettre en avant Bruxelles dans son travail (7.500 euros).  

Lauréats: Simon Spruyt & Nicolas Juncker pour "Les mémoires du Dragon Dragon", tome 2, "Belgique c’est chic" (Le Lombard).

Shortlist de 3 titres:
  • "Les mémoires du Dragon Dragon, Tome 2. Belgique c’est chic", Spruyt & Juncker (Le Lombard)
  • "La Bête", Tome 2, Frank Pé & Zidrou (Dupuis)
  • "Berlin 61", Weber& Deville (Editions Anspach)

Le jury a apprécié l'approche originale de l'histoire de la Belgique et de Bruxelles. Un scénario dû à un Français, des illustrations signées par un Belge néerlandophone.
 


Les chiffres du BD Comic Strip Festival 2024

  • plus de 60.000 personnes en trois jours
  • 75 stands
  • près de 200 auteur.ices et dessinateur.ices
  • plus de 300 séances de dédicaces
  • 14 conférences
  • 8 expositions