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lundi 12 décembre 2022

Des petits mondes imprimés qui posent question

Christian Bruel. (c) M2L.

Toute personne qui s'intéresse à la littérature de jeunesse a fatalement croisé la personne ou le nom de Christian Bruel un jour. Que ce soit comme éditeur, comme auteur, comme traducteur, trois métiers indissolublement liés chez lui, ou comme conférencier, essayiste, formateur, activités que l'actuel septuagénaire, il est né le 23 avril 1948, continue à mener tambour battant (lire ici).

Auteur d'une cinquantaine d'albums illustrés par différents artistes dont le premier "Julie qui avait une ombre de garçon" en 1975 (lire ici), et de quelques monographies qui ont fait date (Nicole Claveloux, Anthony Browne notamment), traducteur de figures majeures de la littérature de jeunesse européenne (Nikolaus Heidelbach, Wolf Elbruch, Gerda Dendooven, Susanne Janssen...), diplômé en psychologie, en sociologie et en linguistique, Christian Bruel a fondé et dirigé les éditions Le Sourire qui mord (1975-1996, 58 albums), adossées à partir de1985 à Gallimard, et les éditions Etre (1997-2012, 66 titres dont des reprises de la maison précédente) qui se sont en finale appuyées sur les éditions Thierry Magnier qui reprendra plusieurs livres. 

Autant de livres dont les premiers sont nés dans le contexte culturel de l'après-68 mais qui, tous, entendent ébouriffer le lecteur, réverbérer le monde au lieu de le prémâcher, proposer ce dont l'enfant a besoin sans se soucier des familles qui désirent la réussite de leurs rejetons, sans se soucier non plus des contraintes de marketing qui imposent de ratisser large. Des livres politiques par leurs sujets et leurs messages. 

Aujourd'hui, Christian Bruel boucle en quelque sorte la boucle en publiant l'essai "L'aventure politique du livre jeunesse" (La fabrique éditions, 380 pages) où il fait état de sa fantastique expérience de lecteur de livres jeunesse durant les cinquante dernières années. Un travail éclairant, basé sur ce qui se passe en France bien entendu mais aussi en Belgique, où il nous partage ses expériences et ses analyses avec pertinence et entrain, un peu comme il le fait à l'oral. S'il ne pardonne rien "aux petits mondes imprimés", c'est parce qu'il souhaite "qu'ils en génèrent un grand plus désirable"

Dans ce but, il nous aide à ouvrir les yeux et à mieux regarder ces livres qui sont lus à nos enfants. Que disent-ils de notre monde? Le reflètent-ils? Le dénoncent-ils? Se rappelle-t-on seulement que le génial Britannique Anthony Browne a représenté des familles monoparentales dès ses premiers albums? Parce qu'il y en avait plein autour de lui et qu'il voulait "dire aux enfants que les problèmes qu'ils rencontrent sont partagés par des millions d'autres enfants".
"Toute jeune existence devrait pouvoir compter sur ses lectures pour développer, à son rythme, de l'estime pour elle-même, un mieux-être immédiat, une jouissance esthétique et ludique, une intelligence sensible, sociale et politique du proche et du lointain." Christian Bruel  
Joli programme!
Joli programme que ne permet pas toujours l'offre éditoriale et on va voir pourquoi. Même si "des merveilles ne manquent pas de se glisser dans les catalogues de maisons d'édition conventionnelles", note l'auteur.
Réfléchissons. L'offre n'est-elle pas avant tout consensuelle et paisible? Elle est aussi foisonnante, prospère et vulnérable.

Durant douze chapitres parcourant l'histoire, l'économie, l'évolution de la littérature de jeunesse, complétés de deux bibliographies et de trois index, Christian Bruel s'adonne à son mantra, le rapport entre le texte, l'image et le sens. Il partage l'avis de Paul Ricœur, selon qui la lecture participe d'"une augmentation du monde". Et de pointer la censure ancienne ou récente, les dénonciations, l'évolution des mentalités. Tout cela à l'aide d'exemples variés, les titres de près de 400 albums apparaissant au fil du texte, les références complémentaires, auteurs, éditeur figurant en note de bas de page. Quel bonheur!

Présent dans le titre de l'essai, le mot "politique" est confronté à son offre en jeunesse. Le bon y côtoie le pire, signe des temps.

Si on note avec plaisir la mention, du magazine belge "Philéas & Autobule" en début d'ouvrage, le chapitre sur la chronologie de la presse rebelle destinée aux enfants, française, passera à peu à côté des lecteurs belges. Par contre, on se régale avec les chapitres suivants dont les propos sont éclairés par tant d'exemples judicieux. Ainsi.
  • "Les enfants de la mer" (Jaume Escala, Carme Sole Vendrell, Syros, 1991) dans "Mondes décalés" (violence et violence éducative, âpreté, guerre).
  • "Buffalo Belle" (Olivier Douzou, Rouergue Jeunesse, 2016) dans "Evolution des formes" (classes d'âge, iconotexte, image fixe, niveau de langue, documentaire, roman ado, théâtre).
  • "Juju le bébé terrible" (Barbro Lindgren et Eva Erikson, Messidor/La Farandole, 1983, lire ici) dans "Thèmes, évitements, politisations" (famille, célibat, monoparentalité, homoparentalité, communautés, croyances, révolte, immigration, racisme, antisémitisme, sans-papiers, compétition, sport, record, écologie).
  • "Le dictionnaire fou du corps" (Katy Couprie, Editions Thierry Magnier, 2012) dans "A corps perdu" (corps des filles, corps des garçons, sexualité, santé).
  • "Sacrée Zoé" (Geert De Kockere, Carll Cneut, Circonflexe, 2002) dans "Les normes et le genre".
  • "Matin brun" (Franck Pavloff, Albin Michel) dans "Temporalités, espace, mouvement" (histoire, conte politique, mai 68, Hitler, témoignage, utopie).
  • "Denver" (David McKee, Kaléidoscope, 2010) dans "Une politique de la lecture", soit une conclusion qui, "pour ne pas finir", liste quelques albums dont "la lecture réitérée n'épuise pas le trouble".

On l'aura compris, "L'aventure politique du livre jeunesse" est un ouvrage passionnant, éclairant, riche de milliers d'informations, bousculant les idées reçues et ouvrant de larges champs de réflexion. Un seul petit regret: la mise en pages approximative, peu hiérarchisée entre titres de chapitres et titres de livres par exemple ou avec de curieux sauts de page, complique inutilement la lecture d'un texte aussi riche qu'accessible.

Christian Bruel présentera son essai en Belgique
  • ce lundi 12 décembre toute la journée à La Louvière (formation payante, infos ici)
  • ce mardi 13 décembre soir à Liège  (gratuit, infos ici)
  • ce mercredi 14 décembre matin à Bruxelles (gratuit, infos ici)


vendredi 15 juillet 2022

Les joyeux dragons Freddy et Ernest

"Freddy & Ernest". (c) The Hilary Stebbing Archive.

Jamais deux sans trois!

En février, le Centre de littérature de jeunesse de Bruxelles (CLJBxl) invitait l'éditeur et fin connaisseur de la littérature de jeunesse Christian Bruel à intervenir dans son cycle de conférences "Patrimoine, censure et interdits". Disert et documenté, il envisagea notamment les traces d'érotisme dans les albums jeunesse. Evoquant l'idée de "trouble" comme condition du sens, il posa aussi la question des interdits qui pèsent sur cette production culturelle.

Extraits de la partie "patrimoine" de son exposé. Tout de suite, Christian Bruel sépare les représentations implicites et explicites en utilisant plusieurs exemples. Les plus connus sont évidemment l'album "Le Mariage des lapins" de Garth Williams (disponible chez Memo dans une traduction de Lou Gonse), "qui fit s’étrangler les racistes trop obnubilés par le multiracial pour voir qu'il s'agissait du mariage de deux lapins mâles", et "Ranelot et Bufolet" d'Arnold Lobel (traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Adolphe Chagot, l'école des loisirs), annoncés comme grenouille et crapaud, "alors qu'il existe des grenouilles mâles et des crapauds femelles".

En juin, le CLJBxl organisait une passionnante journée professionnelle sur "L'accueil des publics LGBTQIA+ en bibliothèque", entamée par les épatantes lectures performances du collectif liégeois Unique en son genre et accompagnée in fine d'une bibliographie sur le thème (ici).


Au hasard de la Toile, je tombe sur une publication du blog de la House of illustration fondée par Quentin Blake, lors du mois "Pride" (ici). Il y est question d'un magnifique album de Hilary Stebbing publié en 1946 chez Transatlantic Arts, "Freddy & Ernest". Un bijou au graphisme très représentatif de son époque, qui n'a pas - encore - été traduit en français. Un album joyeusement subversif par ses deux héros, deux dragons, un rouge et un bleu. Une histoire LGBTQIA + cachée? Une des premières de la littérature de jeunesse, publiée à une époque où l'homosexualité était criminalisée.

Le site nous apprend que Hilary Stebbing était une jeune femme qui avait fréquenté des écoles d'art à Londres dans les années 1930 et s'y était fait de nombreux amis, dont certains faisaient partie de la communauté LGBTQIA+. Un ami en particulier, peintre et créateur de costumes, vivait dans une caravane à la campagne avec son compagnon, et il pourrait avoir contribué à inspirer l'album "Freddy & Ernest".

"Freddy & Ernest". (c) The Hilary Stebbing Archive.

Les dragons Freddy et Ernest vivent depuis des siècles dans le village endormi de Wellbottom Poggs, bien tranquillement. Tout change quand débarque un promoteur immobilier décidé à construire un cinéma à la place de la maison des deux héros qui sera mise aux enchères par les autorités locales. Freddy et Ernest vont-ils perdre leur cher Dragonscott?
    
"Freddy & Ernest". (c) The Hilary Stebbing Archive.

Les deux dragons tentent de trouver de l'argent mais ils ne sont pas fort doués, on le verra au fil des pages. Que va-t-il se passer? Une fin heureuse grâce à l'intervention d'un responsable du Musée d'histoire naturelle permettra aux héros de vivre heureux pour toujours chez eux. Et sans doute sont-ils toujours aujourd'hui à Dragonscott... Formidable histoire dont le propos semble toujours d'actualité, près de quatre-vingts ans après sa création.

Plus d'images de Hilary Stebbing ici.







vendredi 23 avril 2021

Rattrapage de la master class de Benoît Jacques

Master class avec Benoît Jacques. (c) FWB.

A tous ceux qui avaient réservé la fin de leur matinée du jeudi 22 avril pour suivre en ligne comme ils y avaient été invités la master class de Benoît Jacques (lire ici) et qui s'étaient énervés parce que la séance en direct n'était que déception, son inaudible, cadrage sur un escalier et autres motifs d'énervement, voici la séance de rattrapage à visionner pour se calmer et apprécier l'artiste, son intelligence et sa générosité (ici). Avec cette captation professionnelle, c'est tout différent!

L'annonce d'Objectif Plumes.


Le cadrage du "live" d'Objectif Plumes.




Par contre, comme annoncé, pas de rediffusion de l'excellente séance avec Benoît Jacques, alias Beno Wa Zak, dans la soirée du même jeudi 22 avril au Centre de Littérature de Jeunesse de Bruxelles.


vendredi 16 avril 2021

Une master class en ligne avec Benoît Jacques

EDIT 19-04-21 
Une autre rencontre "zoom" avec Benoît Jacques est organisée par le Centre de Littérature de Jeunesse de Bruxelles (CLJBxl) le même jeudi 22 avril mais entre 18 et 19h30. Elle est destinée aux animateurs, bibliothécaires, enseignants, libraires... et à tous les passionnés de littérature jeunesse.
Attention, les places sont limitées et les inscriptions s'arrêtent ce mardi 20 avril.
Infos et inscriptions ici


(c) Benoît Jacques.

Ce ne sera pas la semaine des quatre jeudis, mais le jeudi 22 avril de la semaine prochaine sera tout comme. En tout cas pour tous ceux et celles qui s'intéressent à la littérature de jeunesse, au graphisme, à la bande dessinée, à l'affiche, à l'édition. Car à 11 heures sera organisée une master class en ligne avec l'auteur-illustrateur belge et artiste polymorphe Benoît Jacques! Celui qui marie l'art et l'humour, surgit souvent, et avec quel talent, là où on l'attend pas (lire ici, ici et ici). La séance est intitulée "Les 30 ans du monocycliste", une appellation qui convient bien à l'artiste qui a choisi d'éditer lui-même son travail dès la fin des années 80. Les célèbres Benoît Jacques Books, aussi variés qu'inventifs et réjouissants, des livres en papier et deux saisons d'un feuilleton sur "internette" comme il dit (ici).

Benoît Jacques a par ailleurs reçu carte blanche pour inviter des personnalités du monde du livre et du graphisme familières avec sa démarche. Ces "spécialistes" pourront l'interroger, intervenir, interagir, pour enrichir le moment. Mystère et surprises.

La master class peut être suivie en ligne par toutes et tous, avec possibilité de tchat. Elle est dédiée en premier lieu aux étudiants et étudiantes des hautes écoles. Elle restera accessible sur les sites, pour que le plus grand nombre puisse la visionner à sa meilleure convenance. A suivre sur le portail des littératures belges, Objectif Plumes (ici) ou sur sa page Facebook (ici).






mercredi 14 octobre 2020

Une petite expo sur le grand Louis Joos

Exposition Louis Joos à l'Heure Joyeuse.


L'affiche de l'expo.
Louis Joos, ce maître de l'illustration, que ce soit en couleurs ou en noir et blanc, en jeunesse, en littérature générale ou en BD orientée jazz, est le sujet et l'objet d'une petite exposition qui se tient de ce mercredi 14 octobre au samedi 31 octobre, du lundi au samedi, de 14 à 18 heures, à la Maison de l'illustration Suzanne Lippens (23, quai aux Pierres de Taille, 1000 Bruxelles). Un bâtiment bien connu des amateurs d'architecture car typiquement art déco. Traversant le pâté de maisons, il abritait de ce côté l'Heure Joyeuse, appellation apparaissant toujours en façade, la première mouture des bibliothèques jeunesse et la seconde du genre à Bruxelles.

Réduite, une petite trentaine de pièces seulement mais toutes originales, l'exposition "D'Escales à Mère Magie", du nom des premier et dernier titre - pour le moment - de l'artiste, se veut une galerie des personnages de Louis Joos en littérature de jeunesse, provenant des seize albums qu'il a actuellement publiés.

Expo Louis Joos à l'Heure Joyeuse.

Ne soyons pas hypocrite, l'expo se tient dans une pièce pas très grande, plutôt vétuste, où s'élèvent des rayonnages remplis de livres sur chacun des murs (le fonds de l'Heure Joyeuse comporte 10.000 titres), rappel des bibliothèques d'hier. Elle est accrochée du mieux qu'elle le peut dans cet espace exigu, présentant chaque fois les albums où apparaissent les illustration, placées à des cimaises de fortune le long des murs et sur un ilot central.

Expo Louis Joos à l'Heure Joyeuse:
"Escales".
Montée par le Centre de littérature de jeunesse de Bruxelles (CLJBxl) et l'IBBY-Belgique francophone, elle permet d'admirer quelques originaux jeunesse de Louis Joos, rarement exposés, contrairement à ses illustrations et ses peintures jazz. Quel bonheur de retrouver deux dessins d'"Escales" (textes de Rascal, l'école des loisirs/Pastel, 1992, prix graphique de la foire de Bologne 1993) qu'on n'avait plus vus chez nous (en Belgique) depuis 1992 et l'exposition à la galerie bruxelloise Charabia, ou cette scène où la petite fille sort du métro dans l'album "Eva ou le pays des fleurs" (texte de Rascal, l'école des loisirs/Pastel, 1994, prix Pomme d'or à la Biennale de Bratislava 1995),ou encore le splendide camion de "Marilyn Rouge" (texte de Rascal, l'école des loisirs/Pastel, 2009), et bien d'autres encore.

C'est toujours un bonheur de pouvoir approcher les originaux à quelques centimètres seulement de distance. Le choix peut paraître un peu déconcertant, chaque dessin étant une séquence d'un album, choisi pour l'expo mais rappelant silencieusement qu'il est un élément d'une chaîne aboutissant à un livre. D'où une impression de trop peu, accrue par des encadrements et un accrochage ne rendant pas toujours justice aux chefs-d'œuvre exposés.

Expo Louis Joos à l'Heure Joyeuse:
"Eva ou le pays des fleurs".



Attention, la visite à l'exposition (gratuite) ne peut se faire que via inscription ici.

Pour en savoir plus sur Louis Joos, l'article que je lui ai consacré dans la revue 64_page (ici, pages 32 à 37).


Expo Louis Joos à l'Heure Joyeuse:
"Nemo et le volcan".




jeudi 17 janvier 2019

FLB 2019: "Il faut être deux pour flirter"


Qui se rappelle de la première édition de la Foire du livre de Bruxelles? C'était à la salle Arlequin avenue Louise, en 1969, il y a tout juste cinquante ans. Qui s'en rappelle? En tout cas, Hervé Gérard, président du conseil d'administration de la FLB, et Jimmy Jamar, chef de la la Représentation de la Commission européenne en Belgique, deux des orateurs qui ont présenté la Foire du livre de Bruxelles qui fête ses cinquante ans en cette 49e édition. Sven Gatz, notamment ministre de la Culture au sein du Gouvernement flamand, également présent, ne peut en dire autant: il a à peine 51 ans.
Pour rappel, la FLB 2019, se tiendra dans quatre magasins de Tour & Taxis du jeudi 14 février, jour de la Saint-Valentin, au dimanche 17 février (infos pratiques ici).

On le sait, c'est la Flandre qui en est l'invitée d'honneur, par le biais d'une appellation en deux mots, Flirt flamand, l'un anglais, l'autre français (lire ici). Un programme complet et très prometteur (lire ici). Un teasing ici.

Sven Gatz l'a rappelé: "Les francophones connaissent mal la littérature flamande, et l'inverse est vrai également. Il n'y a pas de reproche là-dedans. Notre objectif durant cette Foire est de charmer les lecteurs francophones. Il y a plus de cinquante ans que les auteurs flamands voient leurs œuvres traduites en français." 

Koen Van Bockstal, directeur de Flanders Literature/Vlaams Fonds voor de letteren (FVL), complète: "Flanders Literature contribue en moyenne à la traduction d'environ 125 titres par an, dans plus de trente langues différentes." Il précise: "Au cours des dernières années, plus de soixante livres ont été traduits en français." Et il regrette que "les auteurs flamands rencontrent souvent pour la première fois leurs collègues francophones sur des festivals littéraires en France." Raison pour laquelle il lance un pont entre les deux communautés belges. Il poursuit: "Puisque la Saint-Valentin, cette fête si spéciale, a lieu pendant cette édition,  nous avons décidé de faire plus ample connaissance de la manière la plus séduisante possible. Un rendez-vous galant réussi commence souvent par des préliminaires remarquables, or la littérature flamande regorge de telles entrées en matière. En outre, pour pouvoir flirter, il faut être deux."

Savamment construit en un mélange entre théâtre grec, salle de séjour et bibliothèque, le pavillon flamand fera donc la part belle aux auteurs flamands et à leurs traducteurs. Il sera accessible aussi bien aux lecteurs francophones que néerlandophones, au rythme d'une rencontre toutes les heures pendant les quatre jours de la Foire, sans oublier les sept événements programmés sur les grandes scènes de la Foire. Au menu, fiction, non-fiction, slam, théâtre, poésie, BD, jeunesse, roman graphique... En fil rouge, l'idée de jeter un pont entre littérature flamande et lecteurs francophones et aussi entre secteurs éditoriaux de part et d'autre de la frontière linguistique.

La nouveauté 2019 est que la FLB s'ouvre à un public bilingue ou même néerlandophone via un accord de trois ans avec la BoekenBeurs d'Anvers. La librairie proposera des ouvrages en néerlandais et dans leur traduction française. De nombreux auteurs seront présents pour en parler et les dédicacer. Sont attendus Wauter Mannaert, Aline Sax, Ann De Bode, Tom Schamp, Ingrid Godon, Jolien Janzing, Pieter Gaudesaboos, Sabien Clement, Leo Timmers, Jeroen Olyslaegers, Els Beerten, Annelies Verbeke, Chris De Stoop, Pascal Verbeken, Bart Vonck, Daniel Cunin, Isabel Rosselin, Rokus Hofstede, Marijke Arijs, Carll Cneut, Charlotte Van den Broeck, Kim Andringa, Bram Dehouck, David Van Reybrouck, Jan Baetens, Karel Vanhaesebrouck, Tom Lanoye, Harold Polis, Willem Elsschot, Alain Van Crugten, Brecht Vandenbroucke, Herr Seele, Brecht Evens, Lize Spit, Stefan Hertmans, Bart Moeyaert, Gerda Dendooven, Stefan Brijs…

Autre pavillon remarquable par sa taille et ses dispositifs techniques, la Place de l'Europe. Outre des rencontres, multilangues grâce aux cabines de traduction, il proposera une librairie mettant en avant les littératures européennes et mettra en contact auteurs et éditeurs étrangers. "Plus de quarante rencontres seront organisées sur notre espace", précise Jimmy Lamar, qui se présente comme "le lien entre la Commission européenne et la Belgique".  "L'Europe est dans une phase difficile. Pour en sortir, il faut créer le débat."




Pour le reste, on a appris de la bouche de Grégory Laurent, commissaire général, que le thème de la foire qui s'ouvre dans quatre semaines est "Nos futurS". Et que ses deux invités d'honneur sont l'écrivain algérien Boualem Sansal ("Le train d'Erlingen ou La métamorphose de Dieu", Gallimard, 2018) et l'Américain à multiples facettes Michael Chabon ("Moonglow ", traduit de l'anglais par Isabelle-D Philippe, Robert Laffont, 2018). Un habitué des travées bruxelloises et un nouveau. Le premier à la Foire les vendredi 15 à 19 heures, samedi 16 à 14 heures et dimanche 17 à 14 heures. Le second à Bozar le jeudi 14 à 20 heures, le vendredi 15 à la Foire à 20 heures et le samedi 16 à 16 heures.

"Nos FuturS" se déclinera en différents thèmes, société, dystopie et romans d'anticipation, lecteurs de demain, carnets de route, futurs du livre...

Côté jeunesse, sont annoncés Marie-Aude Murail, Marie Desplechin, Pef, Carl Norac,  François Roca, Kitty Crowther, Bertrand Puard, Thierry Robberecht, Christos... Du beau monde, habitué de la FLB (programme ici).


La Foire du livre de Bruxelles, c'est ce qui se passe au sein de Tour & Taxis et ce qui se passe en dehors, grâce à de multiples partenariats menés avec Passa Porta, Muntpunt, Bozar, Art Basics for Children, le Kaaitheater, le Théâtre Royal Flamand (KVS), les Midis de la Poésie, le Musée de la BD, le Pianofabriek et d'autres.

Au fil du programme du pavillon Flirt flamand

(et sur d'autres scènes si indiqué)

jeudi 14 février
14 heures Paul Verrept et Ingrid Godon (littérature jeunesse)
15 heures slam avec Philip Meersman
15 heures Tom Lanoye (Théâtre des mots)
16 heures poésie en mode Girrrlpower

vendredi 15 février
14 heures poésie
16 heures Chris de Stoop pour "Ceci est ma ferme" (Christian Bourgois), une magnifique évocation de sa jeunesse dans les Polders.
18 heures Jeroen Olyslaegers
19 heures, 20 heures et 21 heures, la traduction littéraire

samedi 16 février
10 heures Alain Verster (dont une exposition d'originaux se tient au Wolf jusqu'au 15 février)
13 heures le classique Willem Elsschot
14 heures Congo avec David Van Reybrouck, Alain Mabanckou et Stefan Brijs (Place de l'Europe)
15 heures BD Flandres (Palais des imaginaires)
17 heures Tom Lanoye

dimanche 17 février
13 heures la ligne claire en BD
14 heures rencontre entre Lieve Spit et Adeline Dieudonné
15 heures Kitty Crowther et Gerda Dendooven dessinent sur un texte de Bart Moeyaert (Théâtre des mots)
16 heures flirter dans les deux langues
16 heures Stefan Hertmans (Théâtre des mots)

Le programme de la FLB 2019 est consultable ici.

Dans le registre littéraire, notons la présence à Tour & Taxis de Sophie Divry, Jean Hagland, Alain Mabanckou, Andreï Kourov, Flore Vasseur, sans oublier les très nombreux écrivains belges qui y participeront aussi.

Ma Foire du livre à moi, ça pourrait être

jeudi 14 février
dès 12 heures Quatrième journée de la traduction (Place de l'Europe, lire ici)
10h30 François Roca (Palais des imaginaires)
17h30 Bruno Coppens, "Loverbooké" (Théâtre des mots)

vendredi 15 février 
17h30 Le roman graphique, avec Jean-Luc Cornette, Sébastien Goethaels, Sébastien Gnaedig et Thomas Gunzig
18 heures  Souvenirs de la fin du monde, avec Antoine Wauters, Sophie Divry et Jean Hegland (Grand-Place du livre)
18 heures Grand entretien avec Andreï Kourkov (Place de l'Europe)
18 heures Marie-Christine Barrault lit Yourcenar (Théâtre des mots)

samedi 16 février
10h15 Jean-Luc Fromental et Joëlle Jolivet (jeunesse, Scène verte)
11 heures présentation du recueil "Des traversées et des mots" (Place de l'Europe)
12 heures Histoires de familles, avec Adeline Dieudonné et Isabelle Spaak (scène Fintro)
13 heures Rencontre croisée entre Amélie Nothomb et Keiichiro Hirano (Théâtre des mots)
14 heures Congo, avec David Van Reybrouck, Alain Mabanckou et Stefan Brijs (Place de l'Europe)
15 heures La bande dessinée néerlandophone, avec Brecht Evens, Herr Seele et Brecht Vandenbroucke
18 heures L'accueil citoyen peut-il changer notre regard sur les migrants, avec Pierre Verbeeren, Adriana Costa Santos, Anouck Van Gestel  et Laure Naïmski (Studio Première)

dimanche 17 février
10h45 Julien Beziat, auteur jeunesse (Palais des imaginaires)
14 heures Trois femmes puissantes,  avec Kim Thuy, Juliana Léveillé-Trudel et Victoire de Changy (Grand Place du livre)
16 heures Le grec, c'est génial, avec Andrea Marcolongo (Place de l'Europe, lire ici)
16 heures Grégoire Delacourt à propos de son nouveau roman (Grand Place du livre)
18 heures Alex Vizorek lit Baudelaire (Théâtre des mots)

et bien sûr tous ces livres et tous ces auteurs qui se découvrent au hasard des pérégrinations dans les allées.







mardi 6 novembre 2018

Journée Mario Ramos ce mercredi 7 novembre

Rue Loquenghien à Bruxelles. (c) V;R.


Ce mercredi 7 novembre, date de sa naissance en 1958, sera célébrée la sixième journée Mario Ramos, décédé le 16 décembre 2012. Depuis 2013 (lire ici), à l'initiative de sa famille, de ses proches, de ses amis, de son éditeur Pastel et du CLJBxl (Centre de littérature de Jeunesse de Bruxelles), le 7 novembre est le jour où plus que d'autres encore, on relit les albums de Mario, chez soi, en classe, en bibliothèque, en librairie. Pour rire et trembler avec lui, écouter ses messages de sage, savourer ses images. Pour le faire vivre. Parce que, il l'a tant répété, "Lire, c'est magique".


Cette année, la #JournéeMarioRamos est précédée de deux événements.
1

La publication il y a quelques jours de l'anthologie "Histoires de loups" (l'école des loisirs/Pastel, 160 pages) reprenant les quatre titres suivants de Mario Ramos traitant de loups: "C'est moi le plus fort", "Mon ballon", "Le plus malin" et "Le loup qui voulait être un mouton". A partir de 4 ans.

Les albums sont accompagnés d'une préface signée Andrea Neve, épouse de Mario. "Bref", y conclut-elle, "sous une apparente simplicité d'image et de langage, Mario nous offre un éclairage complexe du jeu collectif pour apprendre à comprendre et à se comprendre. Ses histoires regorgent ainsi de pistes pour s'initier à l'univers humain, amenant le lecteur à s'identifier à tel ou tel personnage, à se reconnaître ou à reconnaître l'autre dans telle ou telle situation."


"C'est moi le plus fort". (c) l'école des loisirs/Pastel.


"C'est moi le plus fort" 
2001

Quand le loup en couverture affirme "C'est moi le plus fort", personne ne songe à le contredire. On suit l'animal dans sa promenade de digestion et de réassurance. Tous ceux qu'il croise le confortent dans son sentiment de force: aussi bien le lapin de garenne et le petit chaperon rouge que les trois petits cochons et les sept nains zinzins de travail...

De jolies scènes sur fond blanc, graphiquement étudiées, alternent avec des doubles pages à bord perdu où le loup gonfle de fierté. Il se sent vraiment le plus fort, jusqu'à ce qu'une espèce de petite chose verte le contredise: sa maman serait plus forte que le loup! Qui a raison? Surprise en fin d'un album fort bien construit. La fin de l'histoire éclaire différemment toutes les pages qui ont précédé. Quelle pirouette! Une blague, une bonne, comme celles qui fascinaient le dessinateur. Solitaire quand il travaillait dans son atelier, convivial quand il menait des animations avec les enfants ou dédicace des albums.


"Mon ballon". (c) l'école des loisirs/Pastel.


"Mon ballon"
2012

"Mon ballon" réunit les marottes de l'auteur-illustrateur belge: détourner des contes connus au profit d'une histoire personnelle. On retrouve le Petit Chaperon rouge, si cher au Bruxellois. Il va montrer son ballon à sa grand-mère et chantonne: "Promenons-nous dans les bois…" Mais ceux qui se promènent ne sont pas ceux qu'on croit. Et on ne découvre les animaux promeneurs, de sacrés grands formats, qu'après avoir résolu (ou pas) des devinettes. De quoi bien égarer les esprits et, surtout, bien s'amuser.

Chaque grosse bête rencontrée est l’occasion d'une mini-histoire. Pendant ce temps, la petite fille vêtue de rouge poursuit sa promenade, suivie d'arbre en arbre par un oiseau, rouge aussi, qui l'observe, seul ou en compagnie d’un autre volatile.

Elle complète de plus en plus sa chansonnette. Jusqu'à la finale attendue: "Comme le loup n'y est pas, il nous mangera pas. Loup, loup, y es-tu?" La réponse ne va pas tarder. Elle est même tapie derrière un arbre. Elle dévore la fillette des yeux. Puis, ayant observé qu'il n'y avait pas de chasseur en vue, elle se découvre d'un coup, de manière effrayante.

Mais on peut compter sur Mario Ramos pour que le loup ne parvienne pas à ses fins. On ne dira rien de la finale, complétée d’une autre finale. "Mon ballon" est un album joyeux, riche d'histoires imbriquées les unes dans les autres. Sans oublier que le but du Petit chaperon rouge est de rendre visite à sa grand-mère. 


"Le plus malin". (c) l'école des loisirs/Pastel.


"Le plus malin"
2011

Ça commence comme une histoire connue: en chemin vers la maison de sa grand-mère, petit panier au bras, le Petit Chaperon rouge rencontre Grand Loup dans le bois. Mais tout de suite, Mario Ramos fait bifurquer le scénario de cet album. S'il a toujours envie de dévorer l'aïeule et l'enfant, baptisée de jolis surnoms de fruits rouges, Grand Loup se sent surtout capable de jouer au finaud. Bien sûr, l'escogriffe poilu va se ramasser dans les grandes largeurs.

Il faut le voir, vêtu de la chemise de nuit rose de Grand Mère et chapeauté d’une charlotte du même ton, enfermé à l’extérieur puisqu'un courant d'air a refermé la porte de la petite maison. Il n’a qu'une chose à faire: se cacher dans les bois. Là, Grand Loup va faire de drôles de rencontres. Mario Ramos reprend une idée qu'il a déjà exploitée, faire intervenir dans son histoire les protagonistes de contes célèbres, qu'il y soit question de loup ou pas. On voit successivement débouler entre les arbres le chasseur, les trois ours, les trois petits cochons, les sept nains, le cavalier de la Belle au bois dormant…

Si le chasseur a perdu ses lunettes pour de vrai, les autres semblent tous souffrir de troubles de la vue: ils prennent le loup habillé pour la vraie grand-mère et lui parlent comme s'ils étaient face à elle. Pour Grand Loup, c'est assez énervant, pour ne pas dire insultant. Quand le prédateur voit arriver le Petit Chaperon rouge, il salive de joie.

Encore raté. La petite fille a de meilleurs yeux mais: "Grand-mère, ce déguisement de loup est super!" Le loup ne se retient plus. Fou de rage, il bondit sur l'enfant, en oubliant qu'il est habillé d'une robe étroite du bas! Une chute savoureuse pour cet album à fin ouverte, joyeux et mêlant agréablement les contes classiques et une nouvelle histoire.


"Le loup qui voulait être un mouton". (c) l'école des loisirs/Pastel.


"Le loup qui voulait être un mouton" 
2008


Petit Loup rêve de voler. Il va voir ses désirs dépassés par la réalité: le louveteau qui s'est déguisé en mouton parce qu'il a bien observé que les moutons volent parfois est en effet enlevé par un aigle! Petit Loup vole donc mais n'est pas au bout de ses surprises ni de ses découvertes. Dont celle, universelle, de savoir qui il est et de trouver sa place sur terre. Au départ d'une histoire pleine de rebondissements, Mario Ramos répond aux questions intimes de chacun.



2 

Une soirée Mario Ramos ce mardi 6 novembre à la Montagne Magique (57 Rue du Marais à 1000 Bruxelles).


Au programme:
  • Introduction par Maurice Lomré, responsable de l'école des loisirs à Bruxelles
  • Présentation du nouvel album "Histoires de loups" par Odile Josselin, responsable de la branche éditoriale Pastel de l'école des loisirs et lecture par Deborah Danblon
  • Présentation de deux courts-métrages de la collection "La chouette du cinéma", réalisés par Arnaud Demuynck et Anaïs Sorrentino: "C'est moi le plus fort" et "C'est moi le plus beau".
  • Rencontre avec le concepteur des films, Arnaud Demuynck, animée par Luc Battieuw du CLJBxl
  • Mini-exposition d'originaux de Mario Ramos sur le thème des loups dans le hall du Théâtre La Montagne magique.
Renseignements: +32 (0)2 428 74 48.



lundi 8 octobre 2018

Mettre la Belgitude en valeur

Auteurs belges, traducteurs belges, éditeurs belges du secteur jeunesse, comment les mettre en avant dans la grande mer qu'est la littérature? Deux initiatives voient le jour en même temps, un prix littéraire jeunesse et un cahier de coloriage pour les enfants.



Le prix Prem1ère Victor du Livre jeunesse


La nouvelle avait été évoquée en février par Corinne Boulangier, patronne de la Prem1ère lors de la remise du prix Prem1ère à la Foire du livre de Bruxelles. Plus de nouvelles depuis. Mais l'affaire a resurgi lors du premier Salon du livre jeunesse de Bruxelles, dans un palais du Heysel convivial et coloré qui a joyeusement présenté un très large panorama de l'offre éditoriale jeunesse.

Laurent Dehossay, responsable du Prix Prem1ère pour la RTBF a annoncé la création du Prix Première Victor du Livre Jeunesse, Victor parce que le Fonds Victor y est associé. Pour rappel, le Fonds Victor a été créé par Francis Van de Woestyne et Patricia Vergauwen  en hommage à leur fils Victor, décédé accidentellement à treize ans et passionné de lecture, afin que les jeunes de son âge accèdent au plaisir de lire.

Ce prix s'adresse à des groupes de jeunes de 12 à 15 ans, classes, mouvements de jeunesse, clubs de lecture etc. Il vise à mettre en valeur les acteurs belges de l'édition, auteur, traducteur, éditeur. Les candidats jurés doivent s'inscrire ici et auront à départager cinq romans, choisis par des spécialistes.  Deborah Demblon, qui s'occupe du nouveau prix à la RTBF présente la première sélection: "Il y a des auteurs belges, Thierry Robberecht et Mathieu Pierloot,  les trois éditeurs belges Mijade, Ker Editions et Alice Jeunesse, un collectif d'auteurs, une traductrice belge, Emanuèle Sandron, et aussi Fabienne Blanchut, une écrivaine française vivant en Belgique mais publiée en France, dans les Hautes Pyrénées." Quels sont les critères de sélection? Pas très clairs donc si ce n'est que les ouvrages doivent avoir été publiés endéans les cinq ans.

Les cinq livres sélectionnés

  • "Reborn", Thierry Robberecht ( Mijade)
  • "Torsepied", Ellen Potter traduit par Emmanuèle Sandron (Alice jeunesse)
  • "Le peuple des Lumières", œuvre collective (Ker Éditions)
  • "En grève!",  Mathieu Pierloot (l'école des loisirs)
  • "1749 miles", Fabienne Blanchut (De Plaines en Vallées)

Les groupes de jeunes jurés auront à élire le livre qu'ils préfèrent entre les cinq. Résultats attendus fin avril 2019.



Un album de coloriage pour les enfants



L'autre initiative belge est le cahier en format A4 "Colorie, c'est du belge!", concocté par le Centre de Littérature de Jeunesse de Bruxelles. Il propose un choix de dessins d'auteurs-illustrateurs belges (ou assimilés car vivant ici) à "colorier" selon l'inspiration de chacun, certains se prêtant sans doute mieux que d'autres à l'opération proposée.

Ont participé au projet, par ordre alphabétique,

  • Mathilde Brosset
  • Sophie Daxhelet
  • Sabine De Greef
  • Ian De Haes
  • Max de Radiguès
  • Peter Elliott
  • Jean-Luc Englebert
  • Loïc Gaume
  • Quentin Gréban
  • Emile Jadoul
  • Thomas Lavachery
  • Marie Mahler
  • David Merveille
  • Nathalie Paulhiac
  • Catherine Pineur
  • Mario Ramos
  • Rascal
  • Françoise Rogier
  • Annette Tamarkin
  • Marc Van Enis
  • Michel Van Zeveren
  • Marie Wabbes

Ils ont tous, en association avec leurs éditeurs respectifs, offert un ou plusieurs de leurs dessins pour la cause du coloriage belge.

Intéressant aussi, le fait que toutes ces illustrations sont téléchargeables en format PDF et en HD sur le site du CLJBxl (ici), permettant ainsi l'impression et l'usage de ces dessins offerts. De plus, sur le site, chaque dessin est accompagné d'une notice biblio-biographique de l'auteur.

Un projet qui invite à colorier "de qualité ET local!" et suggère de lire ensuite les livres dont sont extraites les illustrations.

Un des dessins de Marie Wabbes.



vendredi 20 avril 2018

L'amour de l'homme, ou de l'enfant, pour le livre


Le 23 avril, troisième jour du signe astrologique du Taureau, c'est:
  • le 113e jour de l'année (114e en cas d'année bissextile) du calendrier grégorien.
  • la fête de Saint Georges et variantes George, Georget, Georgi, Georgio, Georgy, Giorgio, Jerzy, Jo, Jordi, Jordy, Jorg, Jorge, Joris, Jory, Jorys, Jürgen, Yuri et en formes féminines Georgette, Georgia, Georgiana, Georgiane, Georgie, Georgina, Georgine.
  • depuis 1995, la Journée mondiale du livre et du droit d'auteur, décrétée par l'Unesco, commémorant le jour de l'année 1616 où décédèrent trois écrivains majeurs, William Shakespeare, Inca Garcilaso de la Vega et Miguel de Cervantes.
  • pour la vingtième fois dans nos contrées francophones, la Fête de la Librairie par les libraires indépendants. Comme toujours, elle est célébrée le samedi le plus proche de la date par l'offre d'une fleur et d'un livre spécial à tout client de la librairie ce jour-là. En cette année 2018, ce sera le 28 avril (lire plus bas).

Le 23 avril est aussi la date qu'a choisie l'ADEB (Association des éditeurs belges) pour promouvoir la lecture des enfants. Comment? Grâce à une fort jolie affiche signée Anne Herbauts. Il y est proclamé "J'offre un livre à un enfant", et précisé en petit que cela peut aussi se faire par un emprunt en bibliothèque, ou un choix dans sa bibliothèque personnelle. Cela devrait donc être prendre le temps de lire un livre à un enfant, mais ce n'est pas écrit.

Bonne idée de soutenir la lecture des plus jeunes, dont les résultats dans ce domaine sont déplorables si l'on se réfère aux résultats de l'enquête internationale PIRLS 2016 (Progress in Reading Literacy Study). Les élèves belges francophones de 4e année primaire sont les plus faibles lecteurs de l'Union européenne et des pays membres de l'OCDE.

Bien sûr, il existe déjà des manifestations en faveur du livre et de la lecture en Fédération Wallonie-Bruxelles. Des mesures ont été prises à l'école via le plan lecture. De nombreuses personnes agissent au quotidien. Au vu des résultats, c'est insuffisant.

Une affiche lançant un appel à l'action fera-t-elle mieux? C'est ce que pensent les éditeurs de livres jeunesse et scolaires (Acrodacrolivres, Alice Jeunesse, Au Gai Savoir, A pas de loups, Auzou, CotCotCot, Dupuis, Dargaud-­Lombard, Averbode, Casterman, Plantyn, Kate'Art, Ker, Bayard et Milan, Mijade, Pastel-l'école des loisirs, Philéas & Autobule, Versant Sud Jeunesse), en partenariat avec l'ADEB, rejoints par la Foire du livre de Bruxelles et le Centre de littérature de jeunesse de Bruxelles.

Ils ajoutent: "Cette journée du 23 avril n'est pas l'aboutissement d'une action, mais le début d'une mobilisation afin que le livre, mais surtout la lecture et la maîtrise de la langue française, soit à la fête tous les jours !"

Parfait. Mais pourquoi ne pas mettre un livre entre les mains des enfants pratiquement alors? Cela se fait de diverses manières en France, pour le plus grand plaisir des lecteurs, de leurs familles, des auteurs et des éditeurs.

Pourquoi choisir la date du 23 avril, qui est la date officielle de la journée du livre mais dont on sait qu'elle se déplace par commodité à un samedi?

Pourquoi, puisqu'il s'agit de jeunesse, ne pas s'aligner sur le 2 avril, jour de l'anniversaire de Hans Christian Andersen, où, depuis 1967, à l'instigation de l'organisation IBBY (International Board on Books for Young People) est célébrée la Journée internationale du livre pour enfants qui vise à inciter à l'amour de la lecture et à attirer l'attention sur les livres pour enfants de tous âges.

Ne faudrait-il pas grouper les forces plutôt que les éparpiller?




J'en reviens à la Sant Jordi, Journée mondiale du livre et du droit d'auteur où sera célébrée cette année la 20e Fête de la librairie par les libraires indépendants. Un événement chaque année fort réussi.


Ce samedi 28 avril 2018, plus de 480 librairies en France mais aussi en Belgique (liste en fin d'article), au Luxembourg et en Suisse francophone prendront part à l'opération "un livre une rose".
Chaque librairie s'occupera de se fournir en fleurs. Mais un livre illustré broché en noir et blanc et en grand format, sur un sujet formidable, le livre fondateur de trente-deux éditeurs et éditrices, jeunesse et "vieillesse", vingt hommes et douze femmes, sera offert aux clients des librairies participant à la journée. "L'homme-livre" est tiré à 23.000 exemplaires en partenariat avec Actes Sud.

Il est extrêmement amusant de découvrir ce que ces trente deux femmes-livres et hommes-livres indiquent comme étant leur livre fondateur, vital et  souvent à l'origine de leur vocation. L'émotion pointe toutefois dès qu'on ouvre le recueil, dédié à Paul Otchakovsky-Laurens, le fondateur des éditions P.O.L., brutalement disparu début janvier dans un accident: "Nous dédions ce livre à notre très regretté et incomparable Paul Otchakovsky-Laurens. Tous nos vœux pour la pérennité de son catalogue."

Ensuite, après la très belle préface de Marie-Rose Guarniéri de l'Association Verbes  et de la librairie parisienne Les Abbesses rendant hommage aux libraires, se succèdent par ordre alphabétique les trente-deux témoins, superbement photographiés par Jérôme Bonnet, femmes et hommes de l'ombre qui se retrouvent, pour une fois en pleine lumière.

A découvrir donc, les récits et les livres choisis par José Alvarez (Editions du Regard), François Besse (Parigramme), Jacques Binsztok (Tohu Bohu), Thierry Boizet (Finitude), Adrien Bosc (Editions du Sous-sol), Lidia Breda (Petite bibliothèque, Rivages), Laurent Cauwet (Al Dante), Caroline Coutau (Zoé), Bruno Doucey (Editions Bruno Doucey), Jean Hubert Gailliot et Sylvie Martigny (Tristram), Oliver Gallmeister (Gallmeister), Sophie Giraud (Hélium), Marie Hermann (Agone),  Marion Jablonski (Albin Michel jeunesse), Laure Leroy (Zulma), Liana Levi (Liana Lévi), Thierry Magnier (Thierry Magnier), Jean-Maurice de Montrémy (Alma), Patrick Mauries (Thames & Hudson et Presses de Serendip), Maurice Olender (La librairie du XXIe siècle, Seuil), Yves Pagès (Verticales, Gallimard), Michel Parfenov (Solin /Actes Sud), Philippe Picquier (Philippe Picquier), Eric Poindron ("Curiosa & cætera", Le Castor Astral), Gilles Rozier (Editions de l'Antilope), Thomas Simonnet (L'Arbalète, Gallimard), Sophie  de Sivry (L'Iconoclaste), Claire Stavaux (L'Arche), Jean-Yves Tadié (Folio classique, Gallimard), Marie-Catherine Vacher (Actes Sud), Olimpia Verger (Syrtes).

Quatre des éditrices qui témoignent. (c) Verbes-Actes Sud.

Qui a choisi "Journal d'un curé de campagne", "L'enfance de Bécassine", "Les petits chevaux de Tarquinia", "L'île au trésor", "Love", "Bleu de travail", "Le petit Robert" et d'autres titres encore? Réponse le samedi 28 avril chez les libraires indépendants.

Les librairies belges associées à l'événement

  • Tropismes  Galerie des Princes, 11 1000 Bruxelles
  • Tulitu Rue de Flandre, 55 1000 Bruxelles
  • Candide Place Brugmann, 1-2 1050 Bruxelles 
  • Les yeux gourmands Avenue Jean Volders, 64A 1060 Bruxelles 
  • Librairie Jaune Rue Léopold 1er , 499 1090 Bruxelles
  • U.O.P.C.  Av. Gustave Demey, 14-16 1160 Bruxelles 
  • La Licorne Chaussée d'Alsemberg, 715 1180 Bruxelles 
  • A Livre Ouvert-Le Rat conteur Rue St Lambert, 116 1200 Bruxelles 
  • Cook & Book Place du Temps Libre, 1 1200 Bruxelles 
  • L'Ivre de Papier Rue St Jean, 34 1370 Jodoigne 
  • Au P'tit Prince Rue de Soignies, 12 1400 Nivelles 
  • Graffiti Chaussée de Bruxelles, 129 1410 Waterloo
  • Le Baobab Rue des Alliés, 3 1420 Braine-l'Alleud
  • Livre aux Trésors Place Xavier Neujean, 27A 4000 Liège
  • La Parenthèse Rue des Carmes, 24 4000 Liège
  • Pax Place Cockerill, 4 4000 Liège
  • Siloë Rue des Prémontrés, 40 4000 Liège 
  • Le Long Courrier Avenue Laboulle, 55 4130 Tilff
  • La Dérive Grand Place, 10 4500 Huy
  • Les Augustins Pont du Chêne, 1 4800 Verviers
  • Papyrus Rue Bas de la Place, 16 5000 Namur
  • Point-Virgule Rue Lelièvre, 1 5000 Namur
  • Antigone Place de l'Orneau, 17 5030 Gembloux
  • DLivre Rue Grande,  67A 5500 Dinant
  • Libre à toi Avenue de Forest, 30 5580 Rochefort 
  • Molière Bld Tirou, 68 6000 Charleroi
  • Croisy Rue du Sablon, 131 6600 Bastogne
  • Du tiers et du quart Rue de Neufchâteau, 153  6700  Arlon
  • Le Point Virgule Grand Place, 21 6700 Arlon 
  • Le Temps de lire Rue du Serpont, 13 6800 Libramont
  • Oxygène Rue St Roch, 26 6840 Neufchâteau
  • Leto Rue d'Havré, 35 7000 Mons
  • Ligne Claire Grand-rue, 66 7000 Mons 
  • Polar & Co Rue de la Coupe, 36 7000 Mons
  • Ecrivain Public Rue de Brouckère, 45 7100 La Louvière
  • Librairie de la Reine Grand Place, 9 7130 Binche
  • Quartier Latin Rue Grande, 13 7330  Saint-Ghislain
  • Chantelivre Quai Notre-Dame, 10 7500 Tournai
  • Decallonne Grand Place, 18 7500 Tournai