Nombre total de pages vues

Affichage des articles dont le libellé est CBBD. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est CBBD. Afficher tous les articles

mardi 15 juillet 2025

Leporellos, cocottes et autres livres-objets en bd

La vitrine des leporellos. (c) Daniel Fouss/CBBD.

Un livre-objet, nous dit Google est un livre dont la forme, la matière ou la présentation matérielle attire l'attention, le rapprochant d'une œuvre d'art plutôt qu'un simple support de lecture. Il se caractérise par une dimension plastique et expérimentale, souvent en marge des livres traditionnels, mettant en valeur l'aspect visuel et tactile autant que le contenu textuel.
 
Quand on dit livre-objet, on pense immédiatement à ceux que la littérature générale et de la littérature  jeunesse ont créés. Des livres d'artistes, des pop-ups, bien d'autres, véritables sculptures sur papier. On pense moins à la bande dessinée alors que c'est précisément le thème d'une nouvelle exposition au CBBD (Centre Belge de la Bande Dessinée). "Le livre-objet en bd" se tient à l'espace Gallery jusqu'au début septembre. On y trouve cinquante trésors, des attendus et des surprises, des pièces uniques, des tirages limités et des éditions "normales". Tout cela constitue un vaste panorama de ce genre.
 
Pourquoi la bande dessinée s'est-elle donc intéressée au livre-objet? "Cela a été une réponse aux blogs BD qui sont arrivés en masse au début des années 2000", assure Greg Shaw, du CBBD. "En réponse aux écrans, le neuvième art a voulu exprimer son attachement à l'objet, à la matière et au toucher." Le  responsable de la BDthèque du CBBD et de sa revue "Le dessableur" signe ici sa première prestation de commissaire d'exposition. "On parle d'un livre-objet quand la forme d'un bouquin est aussi importante que son contenu. Et d'un livre-objet en BD quand il respecte le rythme typique de la bande dessinée, par exemple les phylactères."
 
Une exposition didactique, chaque catégorie, leporello, rouleau, pop-up, etc., faisant l'objet d'une vitrine - le livre-objet est fragile - et d'un repère coloré mais une exposition passionnante qui réjouira le connaisseur comme le néophyte. Qu'y découvre-t-on, sachant que 99% des œuvres exposées viennent de la bédéthèque du musée? Des raretés et des curiosités, déjà présentes en vitrine d'ouverture.
 
Leporello
Magnifiques ces livres-accordéons où on trouve notamment "Première suite aux idées noires" de Franquin (Kunst der Comics, 1989) et "Le petit chaperon rouge" de Warja Lavater (Maeght, 1965).
 
 
 
Pop-up
Un impressionnant poulpe se dresse des pages du "Moby Dick" de Sam Ita (Mango Jeunesse, 2008), juste à côté du cultissime Charlie Brown de Charles Schultz ("Here comes Charlie Brown!", Abrams Comicarts, 2024).
 

Pliures diverses
Variations sur la cocotte en papier ("A love letter to..." de Nausicaa Gournay, autopublication, 2024) ou dépliage d’une image géante façon carte routière ("Soirée d'un faune" de Ruppert & Mulot (L'Association, 2018). 
  

Découpe/déchirure
Ici, on trouve une série d'albums aux découpes de cases ou entre les cases, de pages déchirées sur les bords et aussi cet album du Norvégien Oyvind Torseter avec un trou au milieu des pages dans sa version néerlandaise ("Het Gat", De Harmonie, 2015). Notons que "Le trou" existe en traduction française à la Joie de lire depuis 2013 (lire ici).
 

 
Forme-format
Incroyablement grands ou petits, en relief ou en 3D, dont l'œuvre collective "Un fanzine carré C" (Hécatombe, 2013), composant un ensemble de 999 livres uniques. 
 
 
 
 
  
Objet détourné
Le plus commun en BD sont des jeux de société transformés en album aux possibilités multiples de création de récits. En témoignent le "Scroubabble" de Lécroart & Co (L'Association, 2005) ou la "Piramide" d'Olivier Philipponneau & Renaud Farace (Hoochie Coochie, 2018).
 

 
Pièce unique
Un livre-objet créé à l'occasion d'un évènement temporaire, d'un exercice scolaire ou maquette d'un projet non retenu par un éditeur, qui surprend le lecteur comme le "Bandit manchot" d'Hélène Meyssirel (version machine, 2019).
 
 

 

Multicaractère
Quand certaines bandes dessinées cumulent plusieurs aspects du livre-objet. La taille du livre accordéon de Zeina Abirache, "38, rue Youssef Semaani" (Cambourakis, 2006) par exemple.
 















Enfin, deux vitrine spécifiques, l'une dédiée au Français Marc-Antoine Mathieu, grand maître en jeux avec le livre, l'autre aux éditions Polystyrène d'Angoulême qui proposent des "livres à manipuler". 
 



 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
  
Pratique
Centre Belge de la Bande dessinée, espace Gallery
Rue des Sables 20, 1000 Bruxelles
Du mardi au dimanche, de 10 à 18 heures, jusqu'au 7 septembre.
Plus d'infos ici.
 
 
 

lundi 9 septembre 2024

Les 8 prix Atomium Raymond Leblanc 2024

Mina Koraichi, lauréate 2024.
 
Les prix Atomium Raymond Leblanc 2024 ont été remis le premier soir du BD Comic Strip Festival de Bruxelles (6-8 septembre) dans le cadre toujours superbe du Centre belge de la bande dessinée. Une cérémonie qui rassemblait le gratin du monde de la BD. Huit récompenses fort bien dotées ont été proclamées dans une alternance quasi parfaite femme/homme. Dommage à ce propos que sur l'écran d'annonce ne se soit affichée que la mention "LE GAGNANT". Car il y avait pas mal de GAGNANTES.

Palmarès
 
Prix Atomium Leblanc de la jeune création
10.000 euros de la Cocof, 10.000 euros en avance sur droits, contrat d'édition proposé en alternance par les Editions du Lombard, Futuropolis et Casterman.
 
Lauréate: Mina Koraichi pour "Anti-Illiteracy Club"
Traitant de l'analphabétisation en milieu rural au Maroc, l'album de la jeune Marocaine a été choisi par le jury entre 220 projets arrivés du monde entier. Il sera édité par le Lombard.
Arrivée la veille de la remise du prix à Bruxelles, Mina Koraichi entame en cette année 2024 un master en bande dessinée à l’ESA St Luc à Bruxelles.
 
 
 
 
 
 
Prix Atomium Cognito de la BD historique
meilleure bande dessinée à caractère historique (3.000 euros).
 
Lauréat: Lomig pour "Au cœur des solitudes" (Sarbacane)
Sur plus de 50 ouvrages candidats et une shortlist de 5 titres:
  • "La truie, le juge et l'avocat", Laurent Galandon & Damien Vidal (Delcourt)
  • "Le fils de Taïwan, tomes 1-2 -3-4/4", Yu Pei-Yun & Zhou Jian-Xin (Kana)
  • "Au cœur des solitudes", Lomig (Sarbacane)
  • "Environnement toxique", Kate Beaton (Casterman)
  • "Charlotte impératrice - III. Adios", Carlotta. Nury & Bonhomme (Dargaud)
Breton autodidacte, Guillaume Fournier a choisi de publier sous le pseudo de Lomig qui signifie Petit Guillaume en breton. En un noir et blanc qui magnifie les espaces, son album suit le périple effectué en 1867 par le premier écologiste moderne, militant de la protection de la nature, l'écrivain américain John Muir.
 
"Au cœur des solitudes". (c) Sarbacane.



Prix Atomium Le Soir de la BD d’actualité
reportage en bande dessinée (20.000 euros en espace publicitaire, ainsi qu’une forte présence rédactionnelle sur les supports du journal Le Soir). 
 
Lauréat : Hippolyte pour "Le Murmure de la mer" (Les Arènes BD)

Shortlist de 5 titres:
  • "Mahar le lionceau", Anne Poiret et Lars Horneman (Delcourt)
  • "Worm", Edel Rodriguez (Bayard)
  • "Et travailler et vivre", Fabien Toulmé (Delcourt)
  • "Journal de guerre", Nara Krug (Gallimard) 
  • "Le murmure de la mer", Hippolyte (Les Arènes)
Habitant à La réunion, Hippolyte a adressé un message vidéo au public, rappelant son séjour à bord de l'Ocean Viking, le bateau ambulance de l'association SOS Méditerranée qui tente de sauver des vies en mer (40.000 actuellement), et ses rencontres avec les bénévoles. "J'ai voulu rendre hommage à toutes ces personnes qui sauvent des vies. SOS Méditerranée continue à faire vivre cet espoir. Ce prix est pour eux. Je veux aussi rendre hommage à tous les reporters qui essaient de faire leur métier, en Palestine, à Gaza..."
 
"Le murmure de la mer" a emporté le jury par l'histoire, le dessin, le trait, les couleurs, magnifiques, qui prennent le lecteur au cœur et aux tripes.
 
Pour lire un extrait en ligne, c'est ici.



Prix Atomium de la Fédération Wallonie-Bruxelles en bande dessinée
10.000 euros.

Léonie Bischoff. (c) N. Van Campenhoudt.

Lauréate : Léonie Bischoff

Le prix Atomium - Fédération Wallonie-Bruxelles récompense un auteur, une autrice ou un collectif d'auteurs actif à Bruxelles et en Wallonie, qui a déjà une œuvre graphique originale et innovante et qui entend la poursuivre. Il va comme un gant à Léonie Bischoff, née en Suisse en 1981 et devenue belge depuis quelques semaines, pays où elle réside depuis plus de vingt ans. La lauréate affiche une belle bibliographie, les adaptations de romans de Camilla Läckberg, et bien sûr la remarquée BD "Anaïs Nin, sur la mer des mensonges" (Casterman, lire ici), l'adaptation en récit graphique du roman jeunesse de Kathleen Karr "La longue marche des dindes" (Rue de Sèvres, lire ici). En parallèle, elle est un membre très actif de l'Atelier Mille, fondé en 2011 et regroupant plusieurs auteurs et autrices de bande dessinée. Sans oublier son  implication dans des projets collectifs de fanzinat et de microédition. Le prix tombe à point nommé pour Léonie Bischoff qui vient d'entamer deux nouveaux projets en bande dessinée.


 
Prix Atomium Spirou
Histoire publiée dans Spirou et toutes les publications seront rémunérées au tarif professionnel.
 
Lauréat: Samuel Pereira pour "Noël mais presque".

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Prix Atomium de la BD citoyenne
ouvrage de bande dessinée qui suscite une réflexion éthique et sociétale, qui aborde de manière positive, constructive et généreuse des enjeux de société contemporains (5.000 euros).
 
Lauréats: Salomé Parent-Rachdi & Deloupy pour "Amour, sexe et Terre promise - Reportage en Israël et Palestine" (Les Arènes)

Shortlist de 12 titres:
  • "Sang Neuf", Jean-Christophe Chauzy (Casterman)
  • "A l'arrêt", Frédéric Debomy, Sandra Ndiaye, Benjamin Ades (Delcourt)
  • "Petit Pays", Faye, Sowa, Savoia (Dupuis)
  • "Les Yeux fermés", Héloïse Martin, Baptiste Magontier, Valentine De Lussy (Dupuis)
  • "Ce que je sais de Rokia",  Quitterie Simon, Francesca Vartuli (Futuropolis)
  • "Bobigny 1972", Marie Bardiaux-Vaïente, Carole Maurel (Glénat)
  • "Soigne, maltraite et tais-toi!" Ferenc, François Sanz (La boîte à bulles)
  • " La Vie secrète des arbres", Fred Bernard, Benjamin Flao, Peter Wohlleben (Les Arènes)
  • "Amour, sexe et terre promise", Salomé Parent-Rachdi & Deloupy (Les Arènes)
  • "Je suis au-delà de la mort", L'Homme Etoilé (Le Lombard)
  • "L'Œil du marabout", Jean-Denis Pendanx (Maghen)
  • " Les Petites Reine", Magali Le Huche (Sarbacane)
Seize témoins, hommes et femmes, palestiniens et israéliens, arabes et juifs, racontent comment la guerre et la religion s'insinuent dans leur vie amoureuse et sexuelle. Une vie codifiée, contrainte, blessée: l’amour sous le joug de la géopolitique. "Je voudrais remercier les personnages de l'album qui sont des vraies personnes", a dit la lauréate. "Rami notamment qui est journaliste à Gaza et est maintenant réfugié dans une tente. Entamée en 2018, nous avons terminé la BD le 6 octobre 2023. Il nous a fallu rebondir, apporter du contexte dans les premières pages, ajouter des choses à la fin."

 

Prix Atomium Première du roman graphique
prix d'auditeurs (20.000 euros en espace publicitaire, ainsi qu’une forte présence rédactionnelle sur les supports de La Première). 
 
Lauréat: Etienne Davodeau pour "Loire" (Futuropolis).

Shortlist de dix titres:
  • "Le lierre et l’araignée", Grégoire Carle (Air Libre )
  • "Le champ des possibles", Anaïs Bernabé et Vero Cazo (Air Libre)
  • "Sang Neuf",  Jean-Christophe Chauzy (Casterman)
  • "La route", Manu Larcenet (Dargaud)"L'homme en noir", Panaccionne et Di Gregorio (Delcourt)
  • "Le grand large", Jean Cremers  (Glénat )
  • "Bobigny 1972", Marie Bariaux-Vaiente et Carole Maurel (Glénat)
  • "Verts", Patrick Lacan et Marion Besancon (Rue de Sèvres)
  • "Jusqu'ici tout va bien", Nicolas Pitz (Rue de Sèvres)
  • "Loire", Etienne Davodeau (Futuropolis)

Absent car en randonnée, Etienne Davodeau a envoyé un message vidéo où il explique qu'il avait le projet Loire en lui depuis qu'il fait de la BD. Il a aussi rappelé combien la nature réconforte quand elle n'est pas massacrée.



Prix Atomium de Bruxelles
pour un auteur qui a su mettre en avant Bruxelles dans son travail (7.500 euros).  

Lauréats: Simon Spruyt & Nicolas Juncker pour "Les mémoires du Dragon Dragon", tome 2, "Belgique c’est chic" (Le Lombard).

Shortlist de 3 titres:
  • "Les mémoires du Dragon Dragon, Tome 2. Belgique c’est chic", Spruyt & Juncker (Le Lombard)
  • "La Bête", Tome 2, Frank Pé & Zidrou (Dupuis)
  • "Berlin 61", Weber& Deville (Editions Anspach)

Le jury a apprécié l'approche originale de l'histoire de la Belgique et de Bruxelles. Un scénario dû à un Français, des illustrations signées par un Belge néerlandophone.
 


Les chiffres du BD Comic Strip Festival 2024

  • plus de 60.000 personnes en trois jours
  • 75 stands
  • près de 200 auteur.ices et dessinateur.ices
  • plus de 300 séances de dédicaces
  • 14 conférences
  • 8 expositions




vendredi 21 juin 2024

La note bleue selon Louis Joos et d'autres

L'exposition propose un focus sur Louis Joos.

La note bleue s'expose tout cet été à Bruxelles. Principalement en noir et blanc mais aussi en couleur et même en vidéo. Vient en effet de s'ouvrir au CBBD (Musée de la BD) l'exposition "Jazz & Bande Dessinée". Nichée à la Gallery, elle a superbement investi cet espace de taille réduite. Aux cimaises, rien que des originaux (sauf un). Une belle série de planches et d'illustrations de Louis Joos évidemment. L'artiste bruxellois n'est-il pas le maître du genre avec ses encres de Chine puissamment évocatrices? Son trait parfait, son jeu avec le blanc, son sens de l'instant. Regarder son travail, c'est se trouver tout à côté des musiciens qu'il dessine. Quasiment les entendre.

Entre deux séries d’œuvres de Louis Joos, des variations sur Chet Baker
par Joe G. Pinelli. (c) Daniel Fouss/CBBD.
 
Quelques reproductions géantes des dessins exposés apparaissent sur les panneaux de cette expo fort bien scénographiée. Elles attirent le regard et rythment la visite. Un parcours qui fait découvrir d'autres dessinateurs amateurs de jazz, avec les variations sur Chet Baker de Joe G. Pinelli, les gravures de Jean-Claude Salemi, les portraits d'Yves Budin, les ambiances des concerts bruxellois de Thierry Bouüaert, les blagues en création numérique d'Anne Citron, les dessins de Sisca Locca, sans oublier les dessins animés de Vincent Patar & Stéphane Aubier pour "Aka Moon".
 
"Jazz & Bande Dessinée", c'est une représentation de la création contemporaine d'artistes installés en Belgique avec un focus sur Louis Joos qui excelle, lui, à camper le jazz new-yorkais sans y avoir jamais été. Sous ses pinceaux, Billie Holiday, Thelonius Monk, Charlie Mingus, Miles Davis, Chet Baker et d'autres vibrent aux cimaises.
 
Portraits de musiciens par Louis Joos.

L'exposition bruxelloise est une mouture revue de l'exposition qui s'est tenue en avril à Liège, à l'école Saint-Luc, à l'initiative de la Maison du jazz. Le responsable des projets de cette dernière, Jacques Onan, s'explique: "On a décidé à la Maison du jazz de refaire des expositions en dehors des murs. Nous avions commencé lors de la crise sanitaire où une exposition a remplacé notre traditionnel concert aux Chiroux. Nous avons d'abord monté une expo sur la place des femmes dans le jazz, expo qui tourne toujours. La question a été: quel thème jazz choisir pour une autre expo qui soit aussi de la vulgarisation? La bande dessinée bien entendu, surtout avec Louis Joos. Contact a aussi été pris avec d'autres dessinateurs ayant campé des scènes de jazz."

Œuvres d'Yves Budin. (c) Daniel Fouss/CBBD.

La grande affaire des commissaires a été de choisir des dessins chez Louis Joos, ceux-ci n'étant pas répertoriés. "C'est Jacques Onan qui a tout fait", répond le principal intéressé. "Il est venu, il a fait un début de classement, on a trié, il a fait une présélection d'une centaine de dessins." La suite a été de décider quels dessins de Louis Joos sélectionner. Sachant qu'il dessine le jazz depuis toujours. "L'idée retenue a été de choisir le début des années 80 comme date-pivot", reprend Jacques Onan. "C'est à ce moment qu'il publie ses premiers livres chez Futuropolis. Le jazz occupe une très grosse partie de ce qu'il a fait. Il a une place tout à fait particulière à cause de son style, de sa patte, de la manière dont il parle du milieu dans les années 80. Ensuite, il s'est concentré sur différents musiciens."
"J'ai toujours eu envie de faire du dessin ou de la peinture. (…) Moi, ce que j'aimais bien dans la bande dessinée, c'est qu'il fallait beaucoup dessiner, plein de cases. Mais quels sujets prendre? Quelque chose que j'aimais beaucoup depuis toujours, enfin depuis mes quinze ans, et c'était le jazz. J'ai fait quelques bouquins chez Futuro qui avaient comme sujet le jazz et c'est ainsi que ça a démarré."
Louis Joos (extraits des propos recueillis par Jacques Onan,
pour la Maison du Jazz, janvier 2024)
Louis Joos, "Tout pour plaire".
Les présélections ont été réduites en fonction des deux expositions. Celle de Liège disposant de plus vastes espaces a retenu une douzaine de grands formats (50 x 70), pas celle de Bruxelles. "Au CBBD", précise la commissaire Mélanie Andrieu, "nous avons opté pour une histoire de la musique de jazz sous l'angle des musiciens avec le travail de Louis Joos en fil conducteur. L'espace étant réduit, nous avons choisi quatorze auteurs aux styles variés. Notamment ceux qui sont très présents dans les fanzines. Nous avons voulu élargir le public. En lui réservant aussi des surprises comme Patar & Aubier qui travaillent sur un support différent." L'expo "Jazz & Bande Dessinée" comprend toutefois quarante cadres (quinze pour Joos et vingt-cinq pour les autres).

"C'est une très belle scénographie", juge Louis Joos, "simple, réussie et efficace. On y trouve des planches de bande dessinée et des dessins d'illustration. Et le bâtiment du CBBD est une merveille."

Pic Pic André à gauche, Thierry Bouüaert à droite.
(c) Daniel Fouss/CBBD.


Pratique

Centre Belge de la Bande dessinée, espace Gallery
Rue des Sables 20, 1000 Bruxelles
Du mardi au dimanche, de 10 à 18 heures, jusqu'au 8 septembre.
Plus d'infos ici

L'humour d'Anne Citron.

Biblio bleue de Louis Joos

  • Saxo Cool, Futuropolis, 1984
  • Foutue croisière, Futuropolis, 1985
  • Musique de nuit, Futuropolis, 1987
  • Monk, Point Image, 1995,
  • Blues, Point Image, 1996
  • Mood indigo, Point Image, 1997
  • Mingus, Pyramides/Aplanos, 1995
  • Suite bleue, texte de Frédéric Debomy, Le 9e Monde, 2001
  • Jazz Concert, Pyramides/Aplanos, 2001
  • Bud Powell, BD Music, 2004
  • Ladies in Blue, BD Music, 2005
  • Une vie silencieuse, texte de Frédéric Debomy, Albin Michel, 2006
  • Charles Mingus, BD music, 2008
  • John Coltrane, BD music, 2009
  • Un piano, Futuropolis, 2010
  • Thelonious Monk, BD Music, 2013
  • Jazz, Alain Baulet éditeur, 2019
  • Une histoire du Bebop, texte de Franck Médioni, Le Layeur, 2020 




samedi 31 décembre 2022

Aventures sensorielles à l'expo Petit Poilu

L'expo "Carrément poilu". (c) Daniel Fouss-CBBD.

Il y a plus de quinze ans naissait un drôle de petit personnage, tout rond, tout mignon, tout noir, Petit Poilu. Imaginé par Céline Fraipont et dessiné par Pierre Bailly, il deviendra vite le héros des enfants des classes maternelles. Sa particularité? Les bandes dessinées, 27 actuellement, où figurent ses aventures sont muettes (Dupuis). Idéal quand on ne sait pas encore lire. Albums muets, ce qui ne veut pas dire qu'ils ne sont pas écrits. Au contraire! En témoignent les cimaises de l'exposition "Carrément poilu" qui s'est ouverte il y a quelques semaines sous la verrière du Centre belge de la bande dessinée (CBBD) et s'y tiendra jusqu'au 15 août 2023 (infos ici). A noter qu'une valise pédagogique en lien avec l'expo est disponible, à destination des écoles maternelles et primaires ainsi que des associations travaillant avec des enfants entre 3 et 7 ans (infos ici).

Petit Poilu et ses créateurs, Céline Fraipont et Pierre Bailly.
(c) Daniel Fouss-CBBD.

"Le fait que Petit Poilu soit des albums sans texte impliquait pour nous qu'il y ait un travail sensoriel dans l'exposition", explique Pierre Bailly. Un long travail de préparation avec des classes de l'école Boulle à Paris a abouti à l'idée que huit livres soient déclinés en cubes sensoriels où les jeunes visiteurs puissent pénétrer. "A l'épreuve de la réalité, résistance, solidité, quatre cubes ont été retenus. On en a ajouté trois autres ainsi qu'une mise en scène pour les parents." Pas facile de passer d'une bande dessinée en 2D à l'exposition en 3D.

Cubes à explorer et panneaux à regarder. (c) Daniel Fouss-CBBD.

Les quatre albums retenus pour être déclinés en cubes sont les premier et dernier parus ainsi que deux autres assurant une diversité. On circulera ainsi de l'univers marin de la "Sirène Gourmande" aux longs arbres de "La Forêt des Ombres", en passant par les légumes de "Pagaille au Potager" pour arriver à l'album "Grosso-modo".

"Grâce aux panneaux aux cimaises", précise Céline Fraipont, "l'exposition s'adresse à tous les âges." Commissaire de l'exposition, Sophie Baudry renchérit: "La question était de savoir comment transcrire en mots super simples ce qu'on voulait expliquer, pour tout public, aussi bien les enfants que les ados et les parents." Le choix fut tout de suite fait de monter une exposition à l'ancienne, sans technologie ou QR code, "pour se concentrer sur ce qui se passe. Une exposition en réalité diminuée!"

Une exposition à hauteur d'enfants. (c) Daniel Fouss-CBBD.

De cube en cube, on découvrira la naissance de Petit Poilu, une tache d'encre devenant un personnage qui accompagne de jeunes lecteurs autonomes. On apprendra ce qui se passe avant que le livre ne soit là, l'écriture, le découpage, l'ellipse. On verra que dans chaque album, Petit Poilu résout ses problèmes grâce à ses trucs. On admirera un grand nombre de dessins originaux, accrochés à hauteur d'enfant. Et surtout, on jouera et on s'amusera. Car l'expo "Carrément poilu" est avant tout une exposition pour les enfants, ludique, pleine de surprises et d'expériences sensorielles à mener. 


Quatre univers à explorer dans les cubes. (c) Daniel Fouss-CBBD.



mardi 1 mars 2022

Quand le Louvre s'invite au CBBD


Invitée d'honneur obligée, la Joconde.




Inviter le Musée du Louvre qui a lui-même invité la bande dessinée au Centre Belge de la Bande dessinée? Quelle drôle d'idée, m'étais-je dit. La visite de l'exposition temporaire du CBBD "Bulles de Louvre" faite, je me ravise et je dis que c'est une fort bonne idée. Peut-être avais-je été négativement influencée par l'affiche avec une Joconde faisant un selfie? La scénographie de l'expo qui se tient jusqu'au 11 septembre (infos pratiques ici) définit trois espaces thématiques accueillant chacun quelques reproductions géantes des nombreuses planches exposées. Un parcours original et plaisant.

"Depuis 2005", explique Fabrice Douar, le responsable éditorial bande dessinée du musée du Louvre et co-commissaire de l'exposition avec Mélanie Andrieu du CBBD, "le musée du Louvre donne carte blanche aux auteurs de bande dessinée pour dialoguer avec ses collections, ses espaces, son histoire." 

Expo "Bulles de Louvre". (c) Daniel Fouss/CBBD.

En dix-sept ans, dix-neuf albums de bande dessinée ont été publiés dans la collection Futuropolis/Musée du Louvre. Un vingtième est en préparation pour cette année, réalisé par la Belge Judith Vanistendael, première femme à participer à l'aventure en tant que scénariste et dessinatrice. De quoi permettre une riche exposition célébrant à la fois le musée, ses trésors et les artistes qui s'y sont frottés, composée uniquement de grands noms du neuvième art.

Vingt auteurs et cent cinquante œuvres, des originaux et des reproductions, sont réunis aux cimaises dont les fonds varient de couleur selon les espaces pour un parcours en six temps:
  1. les icônes que sont la Joconde et la Victoire de Samothrace
  2. les lieux emblématiques de la Pyramide et de la Grande Galerie
  3. les hommes et les femmes au service des œuvres
  4. le parallèle entre public et auteur
  5. les muses et les sources d'inspiration
  6. la manière de travailler de Judith Vanistendael

Visite guidée, commentée par Fabrice Douar.

Hommes et femmes au service des œuvres


"Nicolas de Crécy inaugure la collection en 2005 avec "Période Glaciaire", où il projette le Louvre dans un futur lointain et indéterminé où notre civilisation a été ensevelie sous la glace."

"Dans "Les Sous-sols du Révolu" (2006), Marc-Antoine Mathieu nous invite, lui, à découvrir les espaces du Louvre fermés au public en compagnie de son personnage Eudes le volumeur, anagramme de musée du Louvre."

Originaux et agrandissements au fil du parcours. (c) Daniel Fouss.

"En 2009, Jean-Claude Carrière qui signait ici son premier scénario de BD a reçu carte blanche pour composer une histoire du Louvre que Bernar Yslaire a illustrée." Un écran montre les différentes étapes de travail de son dessin.

"Eric Liberge dévoile son story-board sur les agents d'accueil et de surveillance en comparaison de son œuvre finie (2008) et la juxtaposition des deux est édifiante."

"En 2019, le passionné de SF Stéphane Levallois choisit Léonard de Vinci comme "cadre imposé". Son album lui a pris deux ans car il a redessiné toute l'œuvre de Léonard de Vinci et l'a intégrée dans son travail."

Stéphane Levallois-Léonard de Vinci en agrandissement.

"Avec le dix-septième titre de la collection, Christian Lax sort du Louvre (2019). Il a découvert la maternité rouge d'un sculpteur dogon et veut sauver cette œuvre en l'amenant du Mali en France, à l'instar des migrants."

"En 2010, c'est au tour de Hirohiko Araki, le premier mangaka qui a accepté l'invitation du Louvre. Il organise un jeu de piste entre les scènes et les œuvres."

"Christian Durieux interroge, lui, le rapport entre l'art et le pouvoir. Il propose un jeu entre une muse, un ancien président et les œuvres (2011)."

"2012 est l'année d'Enki Bilal, incontournable de la BD. Il ne propose pas une BD classique mais des photos d'œuvres sur lesquelles il peint, un texte annexe contant l'histoire du personnage (raison pour laquelle les textes figurent à côté des dessins exposés)".

"En 2013, Etienne Davodeau nous propose de lui-même un projet sur la vie d'un agent de surveillance, le fonctionnement de l'acquisition des œuvres, donnant ses lettres de noblesse à la BD au Louvre."

Un dessin d'Etienne Davodeau agrandi.

"Charles Berbérian s'intéresse en 2021 à la statue de Ebih-II, nu-banda et en fait le narrateur de son roman de Gilgamesh."

"Auteur hongkongais, Li Chi Tak pose en 2019 la question: l'art est-il la vie?"


Parallèle entre public et auteur


"En 2015, Florient Chavouet a l'idée prémonitoire d'une crue de la Seine, juste avant qu'elle se déroule! Il dessine aux crayons de couleurs un Louvre plein de monde qu'il cartographie également avec bonheur."

Florient Chavouet. (c) Futuropolis/Musée du Louvre.

"David Prudhomme conçoit une visite express où les œuvres regardent ke public autant que le public les regarde, arrivant à une bande dessinée géante."

Scénographie à partir de David Prudhomme, invitant le public.

Muses et sources d'inspiration


"Inspirés par le musée du Louvre-Lens, Loo Hui Phang et Philippe Dupuy inventent un ancien mineur qui, tel un Orphée sortant des enfers, découvre la galerie du temps."

"Naoki Urasawa, autre mangaka, oppose en 2018, l'idée du Louvre, patrimoine culturel mondial à celle du patrimoine japonais de la BD."

"Jiro Taniguchi développe un côté plus poétique avec son promeneur solitaire (2014)."

"Pour Taiyô Matsumoto, les chats représentent l'esprit du lieu. un d'entre eux, blanc, a le pouvoir d'entrer dans les œuvres des artistes."

Dans l'atelier de Judith Vanistendael


Un dernier espace accueille le bureau, les carnets, les esquisses de Judith Vanistendael pour son album à paraître, "Atan de Kea", en format plus petit, retraçant l'itinéraire d'un sculpteur de la civilisation des Cyclades.


La collection Futuropolis/Musée du Louvre
  • "Période glaciaire", Nicolas de Crécy (2005)
  • "Les Sous-sols du Révolu", de Marc-Antoine Mathieu (2006)
  • "Aux heures impaires", d'Éric Liberge (2008)
  • "Le Ciel au-dessus du Louvre", de Jean-Claude Carrière et Bernar Yslaire (2009)
  • "Rohan au Louvre", de Hirohiko Araki (2010)
  • "Un Enchantement", de Christian Durieux (2011)
  • "La traversée du Louvre", de David Prudhomme (2012)
  • "Les fantômes du Louvre", d'Enki Bilal (2012)
  • "Le Chien qui louche", d'Étienne Davodeau (2013)
  • "L'Art du chevalement", de Philippe Dupuy et Loo Hui Phang (2013)
  • "L'île Louvre", de Florent Chavouet (2015)
  • "Les rêveurs du Louvre", de collectif de huit auteurs japonais et taïwanais (2016)
  • "Les gardiens du Louvre", de Jirô Taniguchi (2017)
  • "Les chats du Louvre 1", de Taiyô Matsumoto (2017)
  • "Les chats du Louvre 2", de Taiyô Matsumoto (2018)
  • "Mujirushi ou Le signe des rêves 1", de Naoki Urasawa (2018)
  • "Mujirushi ou Le signe des rêves 2", de Naoki Urasawa (2018)
  • "Une maternité rouge", de Christian Lax (2019)
  • "Léonard 2 Vinci", de Stéphane Levallois (2019)
  • "Moon of the moon", de Li Chi Tak (2019)
  • "Les Amants de Shamhat", de Charles Berberian (2021)
  • "Atan de Kea", de Judith Vanistendael (2022, à paraître)


mardi 6 avril 2021

La bande dessinée belge contemporaine au CBBD

Les 27 artistes de l'expo "United Comics of Belgium". (c) CBBD


Prenez neuf figures de la bande dessinée belge, des deux côtés de la frontière linguistique. Nommez-les commissaires. Demandez à chacun des neuf de choisir deux invités "coup de cœur". Vous avez vingt-sept artistes dont les œuvres sont à voir au Centre Belge de la Bande Dessinée (CBBD) jusqu'au 26 septembre (infos et réservations ici). L'exposition "United comics of Belgium" croise très agréablement les hommes et les femmes, les jeunes et les aînés, la BD classique et la BD numérique, le dessin de presse et le récit graphique, la Flandre, Bruxelles et la Wallonie. Elle a été conçue avec l'AKA (Akademie des Auteurs de BD belge) et l'ABDIL (Auteur.trice.s de Bande Dessinée et de l'Illustration Réuni.e.s). Les cimaises labyrinthiques et quelques vitrines permettent tant un dialogue entre auteurs qu'entre œuvres. Particularité de cette expo: elle ne propose que des œuvres récentes, de 2019 ou 2020 même. On devine donc que le coronavirus y a sa place.

2020, année covid. (c) CBBD/Daniel Fouss.


Les 27 auteurs

Johan de Moor

Marec

Kim Duchateau

Séraphine

Jean-Claire Lacroix

Ephameron

Noémie Marsily

Mathilde Vangheluwe

Aurélie William Levaux

Marc Hardy

Hermann

Benoît Feroumont

Mobidic

Ptiluc

Léonie Bischoff

Exaheva

Chariospirale

Thijs Desmet

Judith Vanistendael  

Wide Vercnocke

Romain Renard

Jana Vasiljevic

Valentine Gallardo

Elodie Shanta

Olivier Grenson

José Parrondo

Max de Radiguès


United comics of Belgium, CBBD.(c) Daniel Fouss.

L'expo

United comics of Belgium, CBBD. (c) Daniel Fouss.
La visite commence par les dessins de presse de Johan de Moor, tableaux et films célèbres  détournés par le covid entre autres, ceux de Marec sur le même sujet et plus politiques sur Charlie et Léopold II. On passe à une BD de facture plus classique, puis à la BD numérique interactive de Exaheva. Souvent des crayonnés, des chemins de fer, des secrets de fabrication. Aux cimaises en face, des originaux, des croquis et des études de Léonie Bischoff tandis qu'une vitrine abrite les restes de ses crayons "magiques" multicolores utilisés pour son Anaïs Nin (lire ici). On arrive aux étonnantes couleurs à la fois vives et délavées d'Aurélie William Levaux, au travail classique d'Olivier Grenson, aux très belles planches d'Ephameron. On retrouve avec plaisir Jean-Claire (Lacroix) et les vieux potes que sont José Parrondo ("I am the Eggman") et Max de Radiguès ("Ketje"). Judith Vanistendael propose la touchante amitié entre un facteur et une baleine de bibliothèque, Romain Renard ses noirs, Jana Vasiljevic ses vues de Zomergen confinée, en grand format et tons francs. On découvre les céramiques de Thijs Desmet, les petits dessins de Noémie Marsily, les broderies d'Elodie Shanta. Une belle diversité, très belge finalement, réunie au même endroit. Un témoignage à chaud sur cette année 2020 qui ne nous avait pas prévenus des surprises qu'elle allait nous réserver. "United comics of Belgium" offre une diversité de styles qui titille l'œil et permet de belles découvertes, les aînés se révélant aux plus jeunes et vice-versa, l'illustration jeunesse croisant la bande dessinée, les langues d'origine se mélangeant allègrement au profit du trait et de la recherche graphique.

Quelques-unes des originaux exposés.

Aurélie William Levaux.
Elodie Shanta.
Ephameron.
Jean-Claire Lacroix.
Johan de Moor.
José Parrondo.
Judith Vanistendael.
Léonie Bischoff.
Marec.
Max de Radiguès.
Noémie Marsily.
Romain Renard.
















Et ici, le site de l'exposition "United comics of Belgium", fort complet et bien illustré où chacun des 27 artistes invités est présenté dans sa langue et invité à répondre aux trois questions suivantes:
  1. lorsqu'on parle de la Bande dessinée belge, qu'est-ce que cela évoque pour vous? 
  2. pourriez-vous décrire en quelques mots les œuvres qui seront exposées dans "United comics of Belgium"?
  3. quelle place accordez-vous au travail exposé dans votre parcours créatif?