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vendredi 17 décembre 2021

KWA29 chez Grasset Jeunesse?

"Le chat", Baudelaire et Jean-François Martin.
(c) Grasset Jeunesse.

Parcours dans la très belle production récente de Grasset Jeunesse.

Anthologie féline


Pourrait-on vivre sans les chats? Non, assurément. C'est fou aussi comme de tous temps, ces petits animaux ont inspiré les écrivains. On en a la confirmation dans l'anthologie "Petits portraits de chats" (collectif, Grasset Jeunesse, 32 pages) où onze illustrateurs jeunesse ont illustré onze textes du patrimoine littéraire. Cet album de grand format et de belle fabrication est le septième titre de la collection "La collection" qui fonctionne selon deux principes, l'un littéraire, montrer aux enfants d'aujourd'hui que la littéraire est vivante et leur est accessible, l'autre graphique, réaliser un dessin en quatre couleurs seulement et dans un temps très court, une journée seulement dans ce cas-ci.

Le résultat est formidable, une célébration des chats, de la littérature, de la poésie ici, et de l'illustration en autant de croisements percutants et féconds. Jean-François Martin ouvre l'album avec son chat illustrant Charles Baudelaire. Suivent


"Petits portraits de chats" traverse les époques et compose une magnifique galerie de portraits. Pour tous.

Gérard DuBois et Jacques Roubaud. (c) Grasset-Jeunesse.

Alain Pilon et un texte anonyme. (c) Grasset Jeunesse.



Enfance sans paroles


Elaborées sur Instagram pendant le confinement (ici), enrichies, complétées, développées, les "Toutes petites histoires" de Miguel Tanco (Grasset Jeunesse, 80 pages) sont aujourd'hui un délicieux petit format à l'italienne. Très à l'italienne même puisque chaque page accueille les trois images carrées d'origine composant chaque fois une courte histoire. Un album cartonné sans paroles à l'exception des titres, un par double page, traduits en français par Christian Demilly.



Trois des "Toutes petites histoires". (c) Grasset Jeunesse.

L'artiste espagnol installé à Milan avec femme et enfants saisit avec délicatesse dans cette septantaine de séquences en petits dessins rapides plus ou moins aquarellés, toutes les facettes de l'enfance. Rêves, imagination, réalité, jeux, expériences... Avec un charme fou, un brin d'humour et une tendresse inouïe. "Toutes petites histoires" est un album bienveillant à partager avec les jeunes lecteurs à partir de 4 ans. Ils décrypteront les charmants dessins et pourront s'y identifier ou s'y projeter. Un album qui sert de tremplin à l'imagination. A noter que les images sont visibles aussi sur le site de Miguel Tanco (ici).


Les trois dessins tels que publiés sur Instagram.

"Un suspect idéal", la même séquence publiée en livre.
(c) Grasset Jeunesse.



Edition collector


Dix ans après sa parution, "Le Yark", conte drôle et poétique de Bertrand Santini au texte et Laurent Gapaillard aux illustrations, reparaît dans une édition anniversaire de luxe, revue et enrichie (Grasset Jeunesse, 80 pages). Format agrandi, édition cartonnée, nouvelle mise en page, chapitres introduits par des lettrines dessinées, l'ouvrage est plus que beau. Quant à l'histoire, elle porte bien ses dix ans. L'impressionnant monstre n'a pas pris une ride et attend aujourd'hui les lecteurs qui n'étaient pas en âge de le découvrir lors de sa première publication.

Rappelez-vous le début du texte!
"Parmi tous les types de Monstres qui grouillent sur la terre, l'Homme est l'espèce la plus répandue.
Il en est une autre, cependant, plus rare et moins connue.
C'est le Yark.
 
Le Yark aime les enfants.
Il adore sentir leurs petits os craquer sous sa dent et sucer leurs yeux moelleux comme des bonbons fondants.
Il raffole de leurs petits doigts, de leurs petits pieds, de leurs petites langues qu'il mâchouille avec un brin de menthe comme une friandise sucrée et merveilleusement gluante.
Fin gourmet, il aime également siroter leur cerveau qui – paraît-il – a le goût du Chamallow.
Pas raciste pour un sou, il en dévore de toutes les couleurs. Qu'ils soient noirs, jaunes ou blancs, tous les enfants du monde ont le sang rouge et le cœur succulent.
Gare à sa morsure…
Cet ogre de six mètres a la dent dure!
Il plane en silence au-dessus des maisons endormies et l'odeur de la chair fraîche le guide comme un phare dans la nuit. Attention!
Sa main tourne la poignée de votre porte…
Et quand bien même elle est fermée, ses ongles crochus lui serviront de clé."

Le problème du Yark est qu'il ne se nourrit que d'enfants sages. Et des enfants sages, il n'y en a plus beaucoup. Le monstre va donc parcourir le monde à leur recherche, ce qui lui vaudra de fameuses expériences. Dont la rencontre avec la très gentille Madeleine. Va-t-il la manger? De quoi faire autant frissonner que rigoler les jeunes lecteurs (dès 7/8 ans). Un texte de qualité et des illustrations expressives qui rappellent Gustave Doré.

Le Yark et Madeleine. (c) Grasset Jeunesse.


Sortis plus tôt dans l'année


La très grande aventure
Anne Cortey
Olivier Latyk
Grasset Jeunesse
32 pages
dès 4 ans

Les aventures délirantes d'un petit pois, Marcello, et d'un haricot vert, Nanni, engloutis par un coq glouton et nourris dans l'estomac du volatile par la fourmi Monica. A l'ouverture d'une porte magique, le duo va filer de sa prison, en vespa, vers la mer et plein d'autres aventures trépidantes lançant des clins d'œil au cinéma italien. Des images rafraîchissantes mais un texte un peu long pour de très jeunes lecteurs.



Un trésor lourd à porter
Maxime Derouen
Grasset Jeunesse
80 pages
dès 7/8 ans

Sixième titre dans la collection "Les P'tits reliés" composés de romans très illustrés, divisés en courts chapitres, parfaits pour la lecture orale et pour les enfants qui commencent à lire tout seuls, un conte moderne et initiatique mettant en scène un petit dragon soucieux de bien faire mais différent de sa lignée et une petite princesse en cavale. D'une écriture riche et vivante, soutenue par de vigoureux dessins en noir et blanc, rehaussés de jaune, l'auteur nous fait partager les réflexions de son héros dragon sur le sens de la vie en général et de l'argent en particulier.

"Un trésor lourd à porter". (c) Grasset Jeunesse.




La baignade
Emma Lidia Squillari
traduit de l'italien par Christian Demilly
Grasset Jeunesse
40 pages
dès 3 ans

Une histoire animalière estivale pleine de charme et de rires. De quelques frissons aussi. Tout commence un matin tellement beau qu'il donne l'idée à Odile, cane blanche de son état, d'aller se baigner à l'étang. Elle n'y emmènera pas son colocataire, le chat Charlot, mais ses amies Coco et Pattie, une cochonne et une pie. La séance ne se déroule pas comme escompté et Odile se sent bien isolée avec ses envies de baignade. Où est sa journée parfaite? Elle plonge seule et tombe bec à nez avec un monstre des profondeurs. C'est le déclic qui va décoincer les amies et leur permettre de barboter joyeusement. Au passage, de récolter quelques trésors. Une belle histoire d'amitié, de peur dépassée et de rires partagés, délicatement illustrée à l'ancienne.


En route pour l'étang. (c) Grasset Jeunesse.




La malédiction des flamants roses
Alice de Nussy
Janik Coat
Grasset Jeunesse
48 pages
dès xx ans

Il y a deux noms d'auteures en couverture mais en réalité, elles sont trois à avoir réalisé cet album atypique car il faut y ajouter le nom de l'éditrice Valeria (Vanguelov). Ce grand format rose flashy est à la fois un petit manuel d'édition expliquant les différentes étapes de la création d'un livre et une immense blague car les personnages s'y révoltent sans cesse contre les choix de celles qui les inventent, à savoir l'auteure, l'illustratrice et l'éditrice. 

C'est ludique et foisonnant, plein de surprises, très graphique. Bref, un joyeux bazar qui conduit en finale à la construction d'un livre. Enfin, quasiment un livre car il demeure certaines pages blanches. En bonus (ici), des décors et des personnages à imprimer pour créer sa propre histoire. Pour quel âge? Je n'en sais rien.

Rébellion chez les personnages. (c) Grasset Jeunesse.







jeudi 1 avril 2021

Moon, muse de Sébastien Mourrain confiné

"Jour 18". (c) Editions de La Martinière.


"55 jours chez mon chat"
de Sébastien Mourrain (Editions de La Martinière, 120 pages) est un petit album carré à la couverture jaune soleil où se prélasse un chat. Un album pleins d'expressifs dessins en noir, sans texte à l'exception du compteur-calendrier, qui réjouira autant les amateurs de chat que les enfants qui peuvent le regarder comme un "Où est Charlie", le gamin dégingandé étant remplacé par un chat. Et quel chat! Celui chez qui habite Sébastien Mourrain et les siens. Moon, qui a été la muse du dessinateur français confiné l'an dernier. Moon, que l'on suit de page en page, de jour 1 en jour 2 jusqu'au jour 55, dans ces savoureux dessins croqués sur l'instant. L'allocution du président, l'école à la maison, les réunions zoom, la fenêtre ouverte comme unique horizon, l'infecte balance...  et chaque fois, ce chat tout noir qu'on s'amuse à dénicher dans le dessin du jour. Un album de confinement qui met du baume au cœur car il a tout vu, tout ressenti et tout partagé. Pour tous. 




Les jours 1 à 4, il y en a 51 autres à découvrir, tout aussi savoureux.
(c) de La Martinière.


"Il y a presque un an", écrit Sébastien Mourrain sur sa page Facebook, "nous étions confinés pendant 55 jours. Tous les jours, j'ai réalisé un dessin pour garder un souvenir de ce moment hors du commun. Petit à petit, mon chat Moon est devenu ma muse. En dessinant toutes les pièces de mon appartement, j'ai lutté contre l'ennui et je me suis progressivement identifié à mon chat. Ces dessins ne devaient pas être édités mais l'enthousiasme de Marie Bluteau, éditrice chez de La Martinière, a permis à ce livre d'exister. Merci à Moon, à ma chérie Magali et à mes fils Enzo et Mathis d'avoir posé pour moi et de m'avoir supporté pendant ce confinement." 

Une genèse que confirme sur le même réseau social Marie Bluteau: "Il y a maintenant presqu'un an allait démarrer le premier confinement. Entre télétravail et enfants en bas âge, les moments de calme étaient rares. Et je ne parle pas du manque de liberté qui se faisait cruellement ressentir. Je suivais sur ses réseaux sociaux Sébastien Mourrain, avec qui j'avais déjà travaillé sur un album et chaque jour, il postait un dessin mettant en scène son chat tout aussi confiné que sa famille et lui. Avec humour et poésie, il dévoilait ainsi quelques bribes de son quotidien pendant cette période collective si étonnante à vivre. Ces dessins, qui n'étaient pas destinés à être publiés, m'ont beaucoup touchée! À leur manière, ces illustrations avaient mis de la tendresse et de la légèreté dans des journées parfois compliquées. Je lui ai donc proposé d'en faire un livre. C'est ainsi qu'est né "55 jours chez mon chat" dans lequel Sébastien Mourrain offre aux lecteurs un regard tendre et drôle sur cette période inédite."

"Jour 18". (c) Sébastien Mourrain.




vendredi 8 janvier 2021

Chiens, chats, pluies

"Nom d'un chien". (c) Møtus.

L'expression anglaise "It's raining cats and dogs" peut se traduire par "Il pleut des cordes" ou "des hallebardes" ou "Il pleut à verse". Pas très imagé. Ce qui ne m'empêchera pas de la prendre au pied de la lettre avec des livres poétiques de chats, de chiens et de pluies.

Les chiens et les chats d'abord


En couverture de l'album jeunesse "Nom d'un chien" écrit par François David et illustré par Henri Galeron (Møtus, 64 pages), un Boston terrier est assis. N'attendrait-il pas qu'on joue avec sa baballe multicolore? Il va faire mieux, et nous aussi, menés par le duo de créateurs, à l'œuvre pour la neuvième fois si on compte l'adaptation des poèmes d'Edward Lear. Ils s'amusent ensemble autant qu'ils nous enchantent avec des poèmes pleins d'humour illustrés avec gaieté et ironie, longue boucle autour du titre. Des noms de chien (espèces) aux noms des chiens (Zip, Saxo, Achille, Naïa, Puce, Iso).

Combien de chiens défilent-ils dans ces textes bien troussés qui explorent avec humour et compétence tout ce qui a trait à "Médor"? dans ces dessins qui répondent aux poèmes tout en les prolongeant avec dérision ou intelligence? Des dizaines, grands, petits, gros, minces, attachants, jouettes ou bienheureux qui sont campés dans les délicieux textes des saynètes, d'autres pages se mesurant aux expressions en rapport avec les chiens, de la vie au temps, du corniaud au cabot, du jeu de quilles à la mémère, du battu à ceux de faïence,.. Il s'agit bien ici, nom d'un chien, en filigrane, d'un hymne aux chiens qui aiment tellement fort les humains. François David joue des mots et des sons pour composer des phrases qui chatouillent agréablement l'oreille, Henri Galeron reste fidèle à son style graphique réaliste fouillé, mêlant avec sûreté la réalité et l'imaginaire, nous propulsant dans un monde où le sujet mène la danse. Ses chiens composent une formidable farandole et sont des acteurs pleins de ressources. Un album débordant d'humour et de sagesse. Pour tous en lecture orale, dès 7-8 ans en lecture solo.

Une double page de "Nom d'un chien". (c) Møtus.


Le duo François David-Henri Galeron, la preuve par 9.
  1. "Nom d'un chien" (Møtus, 2019)
  2. "Le bout du bout" (Møtus, 2018, lire ici)
  3. "Les bêtes curieuses" (Møtus, 2011, lire ici)
  4. "Papillons et mamillons" (Møtus, 2015, lire ici)
  5. "Une petit flamme dans la nuit" (Bayard, 2014, lire ici)
  6. "Bouche cousue" (Møtus, 2010, lire ici)
  7. "Poèmes sans queue ni tête" d'Edward Lear (Møtus, 2004)
  8. "Les enfants de la lune et du soleil" (Møtus, 2001, lire ici)
  9. "Comptines pour donner sa langue au chat" (Actes Sud Junior, 1998)


Compter les livres publiés par François David est une entreprise ardue. Il y en a plus de cent, chez une trentaine d'éditeurs, très souvent en jeunesse, mais pas que (lire ici). La dernière parution en date de l'écrivain et éditeur est un livre de poèmes dont le thème est évident, "Il pleut des chats" (La Feuille de thé, 72 pages) - il s'achève sur une bibliographie partielle de l'auteur. Un contrepoids à l'album "Nom d'un chien"? Une imagination démultipliée? Peu importe, c'est très réussi.  Si l'ouvrage s'adresse plutôt à des adultes vu la maison où il est publié (lire ici), rien n'empêche les enfants de se l'approprier. Les textes sont courts, resserrés et sonnent bien.

Le premier nous ramène à l'expression anglaise.
"Il pleut des chats
en Angleterre
des crachins de chats et de chiens
En France
ils restent dans les nuages"
Ensuite, c'est un feu d'artifices d'impressions personnelles, d'hommages aux chats, de célébrations de leurs qualités, de leurs habitudes, même du "miaou" dans toutes les langues, de pointes d'humour et de comparaisons drôlissimes, celle sur les moustaches par exemple, d'allitérations et de jeu sur tout ce qui fait qu'on adore les chats.
"J'écris comme un chat
jadis on disait cela
encore aujourd'hui parfois
mon chat par-dessus mon épaule
découvre l'expression
s'en offusque
lui préfère
pattes de mouches"
On trouve encore dans ce recueil les noms des différentes espèces, des déclinaisons des expressions en lien avec les chats et des scènes sûrement vécues.
"Sous mon nez tu passes
tu repasses puis te frottes
contre mon menton
tu t'installes sur le papier
et d'un sourire de ta patte
en duel tu provoques le stylo"
Des chats bien vivants dans "Il pleut des chats", mais aussi des chats qui meurent et nous laissent seuls. Les amoureux des chats se sentiront chez eux dans cet excellent recueil de François David et ceux qui ne le sont pas auront peut-être envie de revoir leur position.
"Il
est
mort
il
pleut
sur
la
terre
chat
grin"

 


Les pluies ensuite


Dans le charmant et enrichissant album pour enfants "Et pluie voilà" de Christophe Pernaudet, illustré par Lauranne Quentric (Rouergue, 2019, 40 pages), on suit un petit nuage, un nuage de pluie qui voyage de pays en pays. Curieusement, les promeneurs ne prennent pas de parapluie là où il passe. Et pour cause! Le livre parcourt le monde à travers les expressions qui sont utilisées ici et là pour désigner les grosses pluies. Il tombe des grenouilles en France, des chats et des chiens en Angleterre, des couverts au pays de Galles, des tasses et des soucoupes à Amsterdam.... Les promeneurs locaux sont donc successivement équipés d'épuisettes, de croquettes, de bons habits ou de plateaux.

Le périple se poursuit dans d'autres pays, toujours grâce à un excellent rapport texte-images, chacun des auteurs apportant sa pierre à l'histoire. Les mots aussi joliment rythmés que rimés accompagnent les illustrations très délicates réalisées en découpages de papier de soie. A moins que ce ne soit l'inverse. A la fin de son voyage, le petit nuage avoue que toutes ces expressions imagées n'empêchent pas les vraies gouttes d'eau de tomber: "Et pluie voilà". A partir de 4 ans.

"Et pluie voilà". (c) Rouergue jeunesse.







mercredi 27 mai 2020

Qui habite chez qui?

#confinothèque43
Aujourd'hui, un de ces albums jeunesse qui ont croisé la covid19 et sont arrivés en librairies juste avant ou en même temps que la fermeture de ces dernières à cause des mesures de confinement.

Séance de musique. (c) Albin Michel Jeunesse.


Quand on partage son lieu de vie avec un ou des chats, on ne sait jamais trop bien qui habite chez qui. Ou plutôt si, on le sait. C'est l'humain qui habite chez le(s) chat(s). C'est dire si le nouvel album jeunesse de Pauline Martin, découverte avec l'exquis "Mon amour" (lire ici), "Mon gros chat" (Albin Michel Jeunesse, 32 pages), nous parle. On y découvre une petite fille et son gros chat. Sa finale mène sur un autre chemin, festif, et rend cet album délicieux pour les jeunes enfants, dès 3 ans, comme pour les adultes vivant avec un ou des chats.

Lever. (c) Albin Michel Jeunesse.

On ne regarde jamais assez les couvertures. La preuve encore ici puisque tout y est dit et qu'on n'en tient pas compte. On suit dans ces exquises illustrations sur simple ou double page la journée de la narratrice et de son chat depuis leur lever. Chaque moment est ponctué d'une phrase ritournelle, "Mon gros chat n'aime pas" chaque fois complétée... Quand il n'aime pas "le matin", on le voit ouvrir un œil mauvais affalé sur un coussin posé sur le lit de la petite fille. Quand il n'aime pas "les nuages", il trône sur le bord de la baignoire, de la mousse sur la tête. Quand il n'aime pas "le vent", il se place en plein souffle du sèche-cheveux! Impossible de ne pas sourire devant ses mimiques.

Ablutions. (c) Albin Michel Jeunesse.

La séquence du petit déjeuner est également exquise. De page en page, le gros chat est partout et prend toute la place quand il n'empêche pas les activités de la petite fille. Comment lire, un gros chat sur les genoux? Comment répéter son piano quand le matou se promène sur les touches? La journée avance dans ces "désamours" en simples ou doubles pages. Dedans, dehors, dans une maison d'apparence classique, dont la déco presque désuète, papiers-peints, meubles, cadres au mur, se savoure et incite au calme.

Petit déjeuner. (c) Albin Michel Jeunesse.

Imperturbable, la narratrice poursuit ses activités, cueillir des fleurs, cuire un gâteau, chercher des cotillons, toujours ponctuées du refrain "Mon gros chat n'aime pas...", indifférente aux caprices félins. Qui n'a pas vécu avec un chat? Mention spéciale pour la double page "Mon gros chat n'aime pas monter l'escalier ni le descendre". Et impeccable finale en pirouette où on comprend que la fillette a organisé une fête d'anniversaire pour son gros chat (revoyons la couverture) et que si ce dernier déteste tout, c'est tout simplement parce qu'il n'aime qu'elle!

Avec ses couleurs tendres posées en aplats et ses illustrations délicates, "Mon gros chat" transforme formidablement le quotidien en une histoire à hauteur d'enfant.