Nombre total de pages vues

mercredi 24 septembre 2014

La petite flamme brille toujours dans la nuit

Les premières phrases du livre.

Quel plaisir de retrouver en format de poche le magnifique roman illustré de François David et Henri Galeron, "Une petite flamme dans la nuit", sorti en 1996 chez Bayard Editions.
C'est J'aime Lire Livres
(n° 277, 112 pages) qui le republie aujourd'hui, dans sa livraison de septembre, avec le dessin de couverture initial mais dans un format légèrement rétréci. Normal pour un passage en poche.

En couverture, une image forte et lumineuse où une panthère à l’œil sévère se fait tirer la moustache par une main sortie d'une manche militaire, triplement étoilée. Imagine-t-on qu'on se trouve dans un camp de concentration?

On retrouve l'énigmatique panthère dans un des douze contes forts, prenants, métaphores parfaites de la soumission et de la liberté, rassemblés dans ici. François David, l'auteur, a eu la bonne idée de poser ces contes-paraboles dans la bouche d'une jeune femme, Moune, pour aider la petite Lila à s'endormir. Car la vie n'est pas rose pour elles dans ce lieu de désolation, suggéré au début par les dessins d'Henri Galeron.

Le lecteur est confronté aux sentiments de la petite fille, peur, révolte, désespoir, angoisse... Mais petit à petit, Moune aide Lila à trouver le sommeil. Et aussi à vivre. La jeune femme transmet l'espoir à l'enfant, lui apprend qu'une petite flamme peut redonner lumière et vie. Et cela, l'enfant lecteur le perçoit aussi. Ces douze histoires montrent comment l'esprit et la volonté peuvent résister à la pire des intolérances. L'écrivain fait alterner dialogues entre les prisonnières et récits. Le rythme du roman, jusqu'à l'ultime transmission en finale, est soutenu par les nombreuses et superbes illustrations en noir et blanc d'Henri Galeron, qui, avec le talent qu'on lui connaît, nous conduit de la réalité au rêve et vice-versa.

"Une petite flamme dans la nuit" est destiné aux enfants mais aussi aux adultes. Il évoque la barbarie sans mièvrerie ni sensibilisme. Voilà une œuvre forte et originale, qui touche le lecteur au plus profond de lui-même, autant aujourd'hui qu'au moment de sa création, il y a près de vingt ans. Depuis ce premier travail en commun, François David et Henri Galeron ont signé ensemble cinq autres titres, chez Motus et chez Actes Sud.



Aucun commentaire:

Publier un commentaire