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lundi 6 juin 2022

Joie! L'écrivain belge Antoine Wauters lauréat du prix du Livre Inter 2022


L'écrivain et poète belge Antoine Wauters (lire ici), 41 ans, a remporté la 48e édition du prix du Livre Inter ce lundi 6 juin avec son quatrième roman, le magnifique "Mahmoud ou la montée des eaux" à la forme peu conventionnelle mais tellement naturelle à la lecture (Verdier, 144 pages). Présidé par Delphine de Vigan, le jury composé de douze auditeurs et de douze auditrices de la radio publique française a rapidement choisi cet ouvrage parmi les dix qui lui étaient proposés. "Le texte a énormément touché les lecteurs, il y a beaucoup d'émotion, certains ont éprouvé le besoin de nous lire des passages à voix haute pendant les 4h30 de délibérations", a déclaré Delphine de Vigan. "C'est un livre qui a manifestement touché (...) A travers ces échanges, ce sont aussi des convictions différentes de la littérature qui s'opposent. Même si le texte d'Antoine Wauters a été très vite plébiscité, on s'est vraiment interrogés tous ensemble sur ce qu'on attendait des livres."

La sélection 2022.

Ce n'est pas la première récompense pour "Mahmoud ou la montée des eaux", sorti à la rentrée littéraire 2021. Pour ce livre, Antoine Wauters a notamment déjà reçu le prix Wepler - Fondation La Poste (autres sélections et palmarès de haute volée littéraire, lire ici), le prix Marguerite-Duras, le prix des libraires Payot.

Ouvrage complètement hors des clous, roman poétique écrit en vers libres, "Mahmoud ou la montée des eaux" traite de la guerre en Syrie, touche et enchante au-delà de toute ce que peut faire un roman habituel ou un essai. On est avec ce vieux Syrien dans sa barque à rames au milieu d'une immense étendue d'eau. Il sait qu'en dessous de lui se trouve sa maison d’enfance, engloutie par le lac el-Assad, né de la construction du barrage de Tabqa, en 1973. Partout autour de lui, c'est la guerre. Alors, muni d’un masque et d'un tuba, il va plonger. Et on va plonger. Il va ainsi revoir sa vie entière, ses enfants au temps où ils n'étaient pas encore partis se battre, Sarah, sa femme folle amoureuse de poésie, la prison, son premier amour, sa soif de liberté. Et on avec lui, vieil homme dans la guerre.

"Je me suis dit que j'allais écrire l'histoire de la Syrie à travers la voix de ce vieil homme, en le laissant plonger dans ses souvenirs et les eaux de ce lac, avec une parole extrêmement simple, poétique", a expliqué Antoine Wauters à Eva Bettan de France Inter. "J'avais envie d'essayer de montrer en quoi la guerre est un engloutissement. Pour moi c'est une image très simple: un vieil homme sur une barque qui descend dans son passé."

Formidable bibliothèque que les lauréats des quarante-huit éditions du prix du Livre Inter. Antoine Wauters est le deuxième lauréat belge, après Henry Bauchau en 2008.


Palmarès
  • 2022 Antoine Wauters "Mahmoud ou la montée des eaux" (Verdier)
  • 2021 Hugo Lindenberg "Un jour ce sera vide" (Christian Bourgois).
  • 2020 Anne Pauly "Avant que j'oublie" (Verdier)
  • 2019 Emmanuelle-Bayamack-Tam "Arcadie" (P.O.L.)
  • 2018 David Lopez "Fief" (Seuil)
  • 2017 Jean-Baptiste Del Amo "Règne animal" (Gallimard)
  • 2016 Tristan Garcia "7" (Gallimard)
  • 2015 Valérie Zenatti "Jacob, Jacob" (L'Olivier)
  • 2014 Céline Minard "Faillir être flingué" (Rivages)
  • 2013 Alice Zeniter "Sombre dimanche" (Albin Michel).
  • 2012 Nathalie Léger "Supplément à la vie de Barbara Loden" (P.O.L.)
  • 2011 Olivia Rosenthal "Que font les rennes après Noël?" (Verticales)
  • 2010 Cloé Korman "Les hommes-couleurs" (Seuil)
  • 2009 Mathias Enard "Zone" (Actes Sud)
  • 2008 Henry Bauchau "Le boulevard périphérique" (Actes Sud)
  • 2007 François Vallejo "Ouest" (Viviane Hamy)
  • 2006 Jean Baptiste Harang "La chambre de la Stella" (Grasset)
  • 2005 Joël Egloff "L'Etourdissement "(Buchet-Chastel)
  • 2004 Patrick Lapeyre "L'homme-sœur" (P.O.L.)
  • 2003 Pierre Péju "La petite chartreuse" (Gallimard)
  • 2002 Christian Gailly "Un soir au club" (Minuit)
  • 2001 Laurent Mauvignier "Apprendre à finir" (Minuit)
  • 2000 Antoine Volodine "Des anges mineurs" (Seuil)
  • 1999 Ahmadou Kourouma "En attendant le vote des bêtes sauvages" (Seuil)
  • 1998 Martin Winckler "La maladie de Sachs" (P.O.L.)
  • 1997 Nancy Huston "Instruments des ténèbres" (Actes Sud)
  • 1996 Agnès Desarthe "Un secret sans importance" (L'Olivier)
  • 1995 Jean-Noël Pancrazi "Madame Arnoul" (Gallimard)
  • 1994 Robert Bober "Quoi de neuf sur la guerre?" (P.O.L.)
  • 1993 Frédéric Boyer "Des choses idiotes et douces" (P.O.L.)
  • 1992 Agota Kristof "Le troisième mensonge" (Le Seuil)
  • 1991 Nina Bouraoui "La voyeuse interdite" (Gallimard)
  • 1990 Daniel Pennac "La petite marchande de prose" (Gallimard)
  • 1989 Philippe Hadengue "Petite chronique des gens de la nuit dans un port de l'Atlantique Nord" (Maren Sell)
  • 1988 François Salvaing "Misayre! Misayre!" (Balland)
  • 1987 Jean Raspail "Qui se souvient des hommes" (Robert Laffont)
  • 1986 René Belletto "L'enfer" (P.O.L.)
  • 1985 Jean-Jacques Brochier "Un cauchemar" (Albin Michel)
  • 1984 Marek Halter "La mémoire d'Abraham" (Robert Laffont)
  • 1983 Hortense Dufour "Le bouchot" (Grasset)
  • 1982 Marcel Schneider "La lumière du Nord" (Grasset)
  • 1981 Marguerite Gurgand "Les demoiselles de Beaumoreau" (Mazarine)
  • 1980 Elie Wiesel "Le testament d'un poète juif assassiné" (Seuil)
  • 1979 Béatrix Beck "La décharge" (Le Sagittaire)
  • 1978 Daniel Boulanger "L'enfant de bohême" (Gallimard)
  • 1977 Agostin Gomez Arcos Ana Non (Stock)
  • 1976 Jacques Perry "Le Ravenala ou l'arbre du voyageur"(Albin Michel)
  • 1975 Catherine d'Etchea "Des demeures et des gens" (La Table Ronde)

vendredi 14 janvier 2022

Fabien à Sarcelles, Farid à Raqqah

LU & approuvé

Un dessin de Blexbolex en bandeau de couverture. (c) Seuil.

Un grand dessin en bandeau d'un roman de littérature générale? Un tableau de l'artiste Blexbolex (bande dessinée et littérature de jeunesse, lire ici). De quoi peut-il être question? Un roman qui parle d'enfance, à lire le titre. "Voyage au bout de l'enfance" de Rachid Benzine, islamologue et romancier (Seuil, 80 pages), a l'apparence d'un petit livre tout mince. Mais quelle claque que ce récit fictionnel en long flash-back d'une enfance massacrée par un départ de France en Syrie. Un enfer qui durera quatre ans et dont le titre prendra toute sa signification à la dernière phrase.

L'écrivain s'est glissé avec talent, car il n'est pas facile de sonner juste dans cet exercice, dans la peau de Fabian, qui vit avec ses parents français à Sarcelles. Le gamin est en CE2 (3e primaire belge). Il est imaginatif, fou de poésie, travaille bien à l'école, a des copains, aime le foot aussi. Un gamin comme tant d'autres si ce n'est que ses parents convertis ont décidé de partir en Syrie pour défendre le peuple contre Bachar el-Assad. A Raqqah, Fabien va devenir Farid et découvrir les "musulmans du califat".

Il nous en fait part avec son cœur d'enfant, dans un style proche de l'oralité, écartelé entre son passé et l'avenir qui est décidé pour lui. Par ses parents d'abord, par l'organisation islamiste ensuite. Les illusions parentales s'effacent petit à petit mais c'est trop tard, la famille est coincée là. On suit Fabien-Farid dans ses pérégrinations, l'enfer des entraînements et des camps successifs, aussi dans les quelques grains de bonheur qu'il parvient à cueillir ici et là. Si dérisoires. Quatre ans d'une enfance qui n'avait pas mérité cela et qui nous bouleverse de la première à la dernière ligne. Une fois rencontré, impossible d'oublier Fabian-Farid et ses aspirations.







dimanche 28 novembre 2021

Ne pas oublier les enfants de Syrie

LU & approuvé

En avril 2018, Nathalie Novi a commencé à peindre un enfant syrien par jour, contre la guerre, pour rappeler qu'ils sont enfants. Elle a publié ces portraits sur Facebook, reliés entre eux par un fil rouge, tellement émouvants, tellement prenants, assortis d'une brève légende et d'une phrase devenue un mantra: "Enfant de Syrie, je te peindrai chaque jour pour te dire que je ne t'oublie pas" (lire ici). Une bonne quarantaine de portraits d'enfants réalisés à partir de clichés de reporters de guerre ont ainsi été publiés durant l'année 2018, quotidiennement jusqu'en mai, moins régulièrement ensuite. Confirmation de sa déclaration: "Enfant, je voulais être peintre, aujourd'hui, je suis peintre habitée par l'enfance et la littérature."


Cette magnifique série de portraits intitulée "Enfant de Syrie, enfant de nos guerres, je ne t'oublie pas" s'est aujourd'hui dédoublée en un album de poésie illustrée, "Immenses sont leurs ailes" (Editions Bruno Doucey, collection "Poés'Histoires", 80 pages). Sur base des dessins de Nathalie Novi, Murielle Szac a composé des poèmes. Plutôt un long poème narratif autour de deux enfants syriens, Hala et Haïssam, entre rires, larmes et jasmin. Dans l'acrostiche initial, il invite le lecteur à attraper le fil rouge de l'imagination: "Ensemble nous tricoterons un nid/ pour l'oiseau de leur vie"

Sans gras, les poèmes disent l'avant, l'école, le pain, l'arrivée d'un bébé, les sorties du vendredi. Ils disent ensuite le présent, la guerre, les bombes, les explosions et le silence, le rationnement alimentaire, les coupures d'électricité, le bonbon d'avant les bombardements, le projet d'exil, les souvenirs à lister, la traversée sur la mer, la condition d'étranger. Beaucoup d'émotion mais aussi le rappel de l'enfance, avec ses émerveillements, ses rires et ses sourires et un fieffé espoir.



Les dernières pages d'"Immenses sont leurs ailes". (c) Ed. Bruno Doucey.


Nathalie Novi vient de créer un nouveau dessin à la mi-novembre, pour appeler aux dons pour la Syrie. Un enfant coiffé d'un bonnet, le premier sauf erreur, car l'hiver est là aussi.
"Enfant de Syrie, 
ce matin, je te dessine dans l'eau du ciel
À l'ombre du nénuphar se niche l'oiseau
Dans ton cœur pousse un coquelicot 
Sur ton épaule un pin parasol s'étire 
Le bleu, c'est le vent,  l'air dont tu as besoin.
Enfant de Syrie, enfant de nos guerres, je ne t'oublie pas.
L’UOSSM, l'association du docteur Raphaël Pitti, a besoin de nos dons. Le peuple syrien manque cruellement d'air, dans tous les sens du terme. MERCI."

jeudi 3 mai 2018

Quand Nathalie Novi peint les Enfants de Syrie

Enfants de Syrie. (c) Nathalie Novi.

Le monde de la littérature de jeunesse se mobilise beaucoup à propos des réfugiés politiques, appelés aujourd'hui migrants, de leurs enfants et des enfants des pays en guerre en général. Que ce soit par l'engagement personnel aux côtés de ces gamins arrivés en Europe qui souffrent, ballottés entre des règlements auxquelles ils ne comprennent rien. Que ce soit en organisant des ateliers de dessins pour les enfants et les adultes. Que ce soit en mettant en place des ventes de leurs dessins.

Chacun fait comme il veut, chacun fait comme il peut, contre ce monde de guerre qu'on nous impose. Nathalie Novi, elle, a choisi de peindre des portraits d'Enfants de Syrie, ce pays en guerreS depuis sept ans. Depuis le 10 avril, elle a publié chaque jour sur Facebook un portrait d'Enfant de Syrie, elle l'a légendé. Elle a donné une humanité à ces enfants noyés dans les flots des statistiques. Elle les a rendus vivants. Par ses tableaux d'enfants reliés par un fil rouge, son cri de douleur et de colère transformé en geste artistique, elle nous a touchés, émus, bouleversés. Aujourd'hui, elle baisse un peu le rythme de ses parutions mais encourage chacun à diffuser ses portraits.

Nathalie Novi:
"Voilà, depuis quelque temps, je peins chaque jour un Enfant de Syrie, déjà 23 portraits je crois, une goutte d'eau comparée aux sept années de guerre qu'ils subissent. Un petit rien qui sert si peu. Je n'abandonne pas ma quête, je "rêve toujours à l'impossible étoile". Cependant, je dois réduire ma cadence, faire quelques pas de côté. Je me limiterai donc à un rendez-vous hebdomadaire, ou presque, avec ces enfants de nos guerres. Je ne les oublie pas mais (...) 
Ces portraits feront peut-être l'objet d'un album, ils seront exposés ici et là, pourquoi pas? En attendant, emparez-vous d'eux pour les afficher dans vos médiathèques, dans vos écoles ou vos librairies, vos boutiques, je vous fais confiance pour imaginer comment les porter haut. Retrouvons-nous très bientôt pour ne jamais les oublier, ni eux, ni les enfants de toutes les guerres. Merci aux courageux photographes à qui j'emprunte les clichés pour être au plus près de ces enfants. Merci M. Raphaël Pitti qui me donnez sans le savoir les ailes pour réaliser ces peintures."

Voici donc les 23 portraits déjà réalisés, beaux, forts, infiniment humains.



Enfant de Syrie, enfant de nos guerres, chaque matin je peindrai ton portrait, celui de la terreur que tu ne devrais pas connaître, celui de la tristesse qui trouble ton regard , ton cri muet, notre abandon, ton beau visage de douleur que je ne parviens pas même à dessiner tellement ta peur est au cœur. Tu ne veux pas mourir, nous ne le voulons pas non plus. Nous non plus ne comprenons pas de quel rouge plus sanglant pourrait être ce fil depuis trop longtemps rompu.
Enfant de Syrie, je te peindrai chaque jour pour te dire que je ne t'oublie pas.
10-04-18


Enfant de Syrie, je ne t'oublie pas. Tes yeux d'ombre sont comme une supplique et mes pinceaux tentent de faire résonner ton appel silencieux.
Enfant de nos guerres, je te peindrai chaque jour.
11-04-18


Enfant de Syrie, tu murmures "ne m'oublie pas".
Enfant de nos guerres, je te peindrai chaque jour, grâce aux photographies des reporters qui impriment la poussière qui trouble ton regard.
Enfant de Syrie je ne t'oublie pas.
12-04-18


Enfant de Syrie, tu as peur mais tu souris, tu regardes le monde qui n'est que guerre,
ton enfance est une grande partie de cache-cache depuis que tu es né-e mais tu te caches pour ne pas mourir. Enfant de nos guerres, je te peindrai chaque matin.
Enfant, je ne t'oublie pas.
13-04-18


Enfant de Syrie, tu sembles ne pas comprendre notre monde, moi non plus.
Enfant de nos guerres, je te peindrai chaque jour pour te dire que je ne t'oublie pas.
14-04-18 


Enfant de Syrie, tu me regardes, tu m'intimides, tu sembles en colère, contre nous, contre la guerre, je te comprends.
Enfant de nos guerres, je te peindrai chaque matin, je ne t'oublie pas.
15-04-18

Enfant de Syrie, tu croises tes bras, pas vraiment pour te protéger, plutôt comme si tu n'attendais plus rien. J'espère me tromper.
Enfant de nos guerres, chaque jour je te peindrai.
16-04-18 


Enfant de Syrie, depuis huit jours, chaque matin je te peins, tu ne le sais pas, ça n'est pas grave. Toi, voici sept années que tu vis dans l'enfer de la guerre.
Enfant de Syrie, je ne t'oublie pas.
17-04-18


Enfant de Syrie, où vas-tu avec ton seau, pars-tu repeindre le Monde?
Non, enfant de nos guerres, tu vas juste chercher de l'eau.
Enfants, je ne vous oublie pas.
18-04-18


Enfant de Syrie, ton regard est sombre, profond, on s'y perdrait, mais dedans, on y verrait peur, tristesse et toute la guerre.
Enfant, je te peindrai, je ne t'oublie pas.
19-04-18


Enfant de Syrie, que regardes-tu? L'oiseau qui chante dans le jardin?
Non, à la guerre, il n'y a plus d'oiseaux, plus de jardins.
À toi, enfant, je peindrai des fleurs, des arbres et des oiseaux, je ne t'oublie pas.
20-04-18


Enfant de Syrie, tu penches, comme la terre autour de toi.
Je te peins et tu sembles tomber, je voudrais tant te rattraper.
Je ne t'oublie pas.
21-04-18


Enfant de Syrie, est-ce le bruit de l'avion dans le ciel que tu refuses d'entendre ou le silence assourdissant du Monde qui tourne sans ton rire?
C'est dimanche ici et je ne t'oublie pas.
22-04-18 


Enfant de Syrie, aujourd'hui, je t'esquisse, je m'esquive, je file apprendre quelques pas de danse. Et toi, enfant de nos guerres, danses-tu encore?
Je ne t'oublie pas.
23-04-18


Enfant de Syrie, je trace cette ligne rouge, mon dessin est fini, je pars le semer. Comme toi, enfant de nos guerres, tu plantes ton sourire ici, dans la poussière, là, dans notre conscience.
Enfant, je ne t'oublie pas.
24-04-18


Enfant de Syrie, qu'écrirais-tu si tu pouvais aller à l'école?
Enfant de nos guerres, je ne t'oublie pas.
25-04-18 


Enfant de Syrie, ce soir, je t'offre un oiseau, pour rêver, un peu.
Enfant de nos guerres, je ne t'oublie pas.
26-04-18


Enfant de Syrie, je te dessine tard, tu me regardes, tu me mets au défi mais je continue à te peindre, chaque jour, comme une promesse.
Enfant de nos guerres, je ne t'oublie pas.
27-04-18


Enfant de Syrie, je t'assois sur ton territoire, une terre dessinée par les hommes, à coups de guerres, à coût de vies. Et pourtant, cette terre est vierge de tout Homme.
Enfant, je ne t'oublie pas, cette feuille sera ton royaume.
28-04-18


Enfant de Syrie, je t'ai promis un arbre pour rêver, le voici.
Enfant de nos guerres, je voudrais tant que tu respires de nouveau cet air de liberté.
Je ne t'oublie pas.
29-04-18


Enfant de Syrie, un arbre et un oiseau poussent sur mon dessin, c'est pour décrire toute l'émotion que j'éprouve à te peindre chaque jour depuis trois semaines. Sans les photographies des reporters de guerre, aucun de ces portraits ne serait possible, merci.
Enfants, je ne vous oublie pas.
30-04-18


Enfant de Syrie, je te dessine et tu deviens forêt, une forêt triste, sombre, profonde. J'aimerais tant éclairer tes ombres, mais je ne le peux pas.
Je ne sais que peindre, alors, je te peins.
Enfants de nos guerres, chaque matin, chaque soir, je ne t'oublie pas.
01-05-18


Enfant de Syrie, tu es en cage, je pense au poème de Prévert
 "Pour faire le portrait d'un oiseau" et te peins dans un champ d'herbes folles.
Enfant de nos guerres, je ne t'oublie pas.
02-05-18


D'autres initiatives en faveur des réfugiés:

  • Vente de dessins originaux d'illustrateurs jeunesse (ici et ici)
  • Ateliers de dessin (ici)
  • Publication, albums et romans (lire ici)