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jeudi 1 décembre 2022

La Pépite d'or à la Belge Marine Schneider

Marine Schneider à Montreuil ce mercredi.

Le 38e Salon du livre et la presse jeunesse en Seine Saint-Denis s'est ouvert hier mercredi à 9 heures. Il se terminera le lundi 5 décembre par la journée professionnelle. Il se déroule également, comme les années précédentes, en province et sur une chaîne télé. Programme ici. C'est lors de cette première journée que s'est faite l'annonce des lauréats des quatre Pépites du Salon ainsi que de la Pépite d'or. A 12h30 et non à 19 heures comme précédemment. La remise elle-même aux lauréats aura lieu, quant à elle, le dimanche 4 décembre à 16h45 avec les lauréats et leurs éditeurs.

Divine surprise, après notre présentation des vingt titres sélectionnés, dont quatre dus à des Belges ou assimilés (lire ici), d'apprendre que la Pépite d'or est attribuée à la Belge Marine Schneider pour son magnifique album grand format "Hekla et Laki" (Albin Michel Jeunesse, 64 pages, feuilletage en ligne ici) tout juste paru. De découvrir que la Pépite du livre illustré est décernée au Français installé en Belgique Pierre Alexis pour le très amusant "Règlobus" (La Partie, 40 pages), paru en avril.

Si on ajoute Mathieu Burniat en bande dessinée, cela nous fait trois Belges ou tout comme sur cinq Pépites (et six lauréats).




Dans la suite du palmarès, la Pépite fiction juniors va à Philippe Lechermeier pour "Maldoror, Tome 1, Les Enfants de la Légende" (Flammarion Jeunesse).


La Pépite fiction ados va à Stéphanie Leclerc pour "Grand Passage" (Syros).

La Pépite bande dessinée va à Geoffroy Monde et Mathieu Burniat pour "Furieuse" (Dargaud).









On peut retrouver des présentations des vingt albums sélectionnés pour les Pépites, souvent complétées de bonus, sur le site Kibookin du Salon (ici).






jeudi 10 novembre 2022

Marc Boutavant est la Grande Ourse 2022

Marc Boutavant.
(c) Léontine Behaeghel/l'école des loisirs.


Avec ses personnages.
Ce n'est pas moi qui le dis mais Google. Le génial illustrateur Marc Boutavant, c'est d'abord "Ariol" (avec Emmanuel Guibert aux textes, le dix-huitième tome, "Vieux sac à puces", vient de paraître, BDKids, lire ici), et ensuite, mais quasiment ex-aequo "Chien pourri" (17 tomes avec Colas Gutman aux textes, l'école des loisirs). Et aussi les séries "Mouk" (en solo, Mila éditions d'abord, Albin Michel Jeunesse ensuite) et "Edmond" (avec Astrid Desbordes aux textes, Nathan). Et bien sûr divers autres titres, en solo ou en duo. 

Marc Boutavant, c'est aussi le mec qui aime les chemises fleuries, qui adore Struwwelpeter, qu'il a dessiné dans un alphabet (lire ici) et recoiffé pour une expo (lire ici), qui est proposé régulièrement par la France au prix Astrid Lindgren, qui remporte une mention à la Foire de Bologne 2020 (lire ici).

Campagne de la Charte 2016, alphabet illustré à Francfort 2017,
Struwwelpeter recoiffé 2019.

Dorénavant, Marc Boutavant sera aussi la Grande Ourse 2022 du Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis, bref, pour faire court, du Salon de Montreuil. Une distinction de l'équipe du Salon qui vient éclairer l'œuvre d'une créatrice ou d'un créateur francophone dont l'écriture, le geste, la créativité d'une ampleur ou d'une audace singulière, marque durablement la littérature jeunesse. Pendant un an, il fera rayonner la Grande Ourse et la littérature jeunesse française à travers le monde.
Les précédents tenants du titre ont été:
  • Gilles Bachelet en 2019 (lire ici)
  • Marie Desplechin en 2020 (lire ici)
  • Lucie Félix en 2021 (lire ici)
Les images de l'ironique et tendre Marc Boutavant ont la rondeur et la couleur qui célèbrent la joie d'être ensemble ou de découvrir. Souvent désopilantes, elles fourmillent de détails et de gags. Leur humour prend le burlesque de face et le grave de biais. Leur richesse et leur fantaisie réjouit les enfants depuis plus de trente ans déjà.

2011-2022.

2013-2022.

2022.

2002-2007-2014.



mercredi 5 octobre 2022

La sélection des Pépites 2022 à Montreuil


Communiquée ce mercredi 5 octobre, la sélection des Pépites 2022 donne le coup d'envoi du 38e Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis, à Montreuil, dans toute la France et sur la télé du Salon. La manifestation se tiendra du mercredi 30 novembre au lundi 5 décembre et révélera bientôt son programme. Comme les années précédentes, vingt titres étaient choisis pour les quatre catégories définies: "Livres illustrés", "Fictions juniors", "Bandes dessinées" et "Fictions ados".
Le 30 novembre, jour d'ouverture du Salon, seront révélés les quatre lauréats des Pépites, désignés par les 36 enfants et adolescents de 8 à 18 ans jurés, sélectionnés suite à l'appel à candidatures lancé par France Télévisions, partenaire du prix. Ainsi que la Pépite d'Or, attribuée par un jury de critiques littéraires, qui sacrera le meilleur titre de l'année parmi les vingt en compétition. 

Cocorico national, les artistes belges ou vivant en Belgique trustent la catégorie des livres illustrés: trois sur cinq titres! Marine Schneider, Léa Viana Ferreira et Pierre Alexis. Rejoints par Mathieu Burniat, scénariste et illustrateur de bande dessinée.

Quant à la Grande Ourse 2022, elle sera annoncée le 8 novembre. Rappelons que cette distinction, décernée depuis 2019 par le Salon, vient "enluminer" l'œuvre d'une créatrice ou d'un créateur francophone dont l'écriture, le geste, la créativité d'une ampleur ou d'une audace singulière, marque durablement la littérature jeunesse. Les précédents lauréats en sont Gilles Bachelet (2019), Marie Desplechin (2020) et Lucie Félix (2021). Lire ici.


Les vingt livres sélectionnés pour les Pépites

Sélection Livre illustré

à partir de 6 ans



  • "Au début", Ramona Bădescu et Julia Spiers (Les Grandes Personnes, lire ici)
  • "Hekla et Laki", Marine Schneider (Albin Michel Jeunesse, à paraître le 2 novembre)
  • "L'Imagier des sens", Anne Crausaz (Askip)
  • "On joue à cache-cache?", Léa Viana Ferreira (CotCotCot éditions, lire ici)
  • "Règlobus", Pierre Alexis (La Partie)

Sélections Fiction junior

à partir de 9 ans


  • "Les Magiciens", Blexbolex (La Partie, à paraître le 3 novembre)
  • "Maldoror – Tome 1: Les Enfants de la Légende", Philippe Lechermeier (Flammarion Jeunesse)
  • "Merci pour la tendresse", Myren Duval et Emma Constant (Rouergue Jeunesse)
  • "Que fait-on quand il pleut?", Ralph Doumit, illustré par Julia Wauters (hélium)
  • "Spaghetti rouge à lèvres", Fabien Arca (Espaces 34)

Sélection Bande dessinée

à partir de 12 ans


  • "Furieuse", Geoffroy Monde, Mathieu Burniat (Dargaud)
  • "Immonde!", Elizabeth Holleville (Glénat)
  • "L'Ombre des pins" Cécile Dupuis, Valérian Guillaume (Virages graphiques)
  • "Le Poids des héros", David Sala (Casterman, lire ici)
  • "Ville Vermine, Le Tombeau du Géant", Julien Lambert (Sarbacane)

Sélections Fiction ado

à partir de 14 ans


  • "Grand Passage", Stéphanie Leclerc (Syros)
  • "Ils sont venus du froid", Caryl Férey (Pocket Jeunesse)
  • "Malencontre", Laurence Biberfeld (In8)
  • "Possession", Moka (l'école des loisirs)
  • "Sables noirs", Hervé Giraud (Thierry Magnier)








jeudi 29 septembre 2022

En 1860, une marche de dindes marathon

(c) l'école des loisirs.

EDIT 26-01-23
Tadam! "La longue marche des dindes" est l'album lauréat du Fauve Jeunesse du Festival International de la Bande Dessinée d'Angoulême 2023. Bravo, Léonie Bischoff, pour cet album immédiatement repéré à sa sortie.






EDIT 03-12-22
Remis pendant le Salon du livre et de la presse jeunesse (SLPJ) de Montreuil, le 7e prix Jeunesse 2022 de l'Association des critiques et journalistes de la bande dessinée (ACBD) récompense l'album "La longue marche des dindes", de Léonie Bischoff (Rue de Sèvres) qui "magnifie une épopée américaine sur fond de glouglous".

Dessin de Léonie Bischoff. (c) Rue de Sèvres.

Il y a des lectures qui vous marquent durablement. Notamment "La longue marche des dindes" de l'Américaine Kathleen Karr (1946- 2017), un roman jeunesse d'il y a plus de vingt ans (traduit de l'américain par Hélène Misserly, l'école des loisirs, collection "Neuf",  252 pages). Paru en français en 1999, lu en 1999, ce serait mentir que de dire que je peux en restituer tous les épisodes. Par contre, l'impression du plaisir pris à le lire est solidement restée. Confirmation par les enfants: il recevra l'estimé prix Bernard Versele belge 2001. 
Voici ce que j'écrivais de "La longue marche des dindes" dans "Le Soir" de l'époque (1999).
"L'excellent roman américain qui vient de paraître traite de dindes. Plus précisément du pari fou que fit un gamin, au cours de l'été 1860, mener un troupeau de mille de ces volailles à pied à travers les Etats-Unis. Du Missouri à Denver! Mille kilomètres qui assiéront l'autorité de Simon Green, le cancre de la classe, et le révéleront à lui-même. Partis avec trois mules, un chariot de maïs et un ex-ivrogne reconverti en charretier, Simon et son troupeau seront rejoints par Jabeth, un esclave noir en cavale. En chemin, le gamin fera d'autres rencontres, bonnes et mauvaises: son vaurien de père disparu depuis dix ans, de sages Indiens, un détachement de cavalerie et aussi une jeune fille, seule rescapée d'une famille. Il aura l'occasion de jouer de sacrés tours à ceux qui l'ont embêté. Il cultivera surtout la petite semence de confiance en lui qu'a fait germer son ancienne institutrice. Ce western palpitant aligne moments terriblement drôles et instants poignants. De la belle et bonne aventure, servie sur le plateau d'une écriture captivante. Pour tous dès 11 ans."

Tout le livre m'est par contre revenu en découvrant la version en bande dessinée junior du roman, adaptée et complétée d'un élément judicieux, par Léonie Bischoff (l'école des loisirs, Rue de Sèvres, 144 pages). Et le plaisir aussi. Je frétillais à l'idée de le découvrir depuis que l'auteure-illustratrice suisse installée à Bruxelles m'avait annoncé, lors de notre rencontre pour la merveille qu'est l'album "Anaïs Nin, sur la mer des mensonges" (Casterman, 192 pages, lire ici), qu'elle était en train d'adapter en bande dessinée pour la jeunesse "La longue marche des dindes".

Aujourd'hui, quelques milliers de dindons dessinés, le projet est publié. C'est un splendide album de bon format, bien épais, aux teintes douces et au trait tout en rondeur qui adapte parfaitement en scénario et en images l'histoire originale, mettant en exergue des problèmes d'hier, 1860 quand même, l'esclavage, les Indiens, la ruée vers l'or notamment, et les questions éternelles, les bons contre les méchants, les familles maltraitantes, l'école pour ceux qui n'y sont pas forts, la place de chacun dans le monde...

(c) Rue de Sèvres.

On y suit avec un plaisir fou le jeune Simon Green, 15 ans, diplômé de l'école parce qu'une géniale institutrice n'en peut plus de le voir redoubler et lui octroie le précieux sésame. Sauf que cela oblige le narrateur à s'interroger. Que va-t-il faire? L'oncle et la tante qui l'ont recueilli au décès de sa mère, son père l'ayant abandonné, ne veulent pas de lui. "Je crois que chacun ici-bas a un talent, Simon Green", lui a glissé sa maîtresse d'école. Des mots qui vont vivre en Simon. Le gamin "à la cervelle d'oiseau" selon les siens va acheter mille des dindes tellement nombreuses de son voisin qu'elles ne valent rien et les conduire à mille kilomètres de là où il pourra les vendre à prix d'or..

(c) Rue de Sèvres.

L'album retrace avec un immense talent les péripéties de ce voyage dingue, des préparatifs à l'arrivée à destination. La mise en place de l'équipe, le chariot et les vivres, le compte des dindes, les nombreuses rencontres bonnes et mauvaises, dont ce père qui ne retrouve son fils que pour le voler, la découverte du monde pour un garçon en un temps où aucun moyen actuel n'existait. Aller au cirque, rencontrer un esclave en fuite, des Indiens dépossédés de leur territoire, des soldats véreux, une ville hostile...  Léonie Bischoff captive de bout en bout avec ce road-movie se déroulant dans les grands espaces américains superbement représentés à la veille de la Guerre de Sécession. A l'époque où une partie des Etats-Unis pratiquent sans regret l'esclavage. Le sujet apparaît dans le récit, adapté ici dans une dimension encore plus intense que dans le texte original.

Portés par de très belles images multipliant les cadrages et jouant fort agréablement sur les couleurs, les multiples rebondissements de "La longue marche des dindes" empêchent de reposer l'album sans l'avoir terminé. Si l'intègre Simon Green n'était pas fort à l'école, il a d'autres talents, et de fameux, en lesquels il s'est mis à croire grâce à son institutrice. Quelle lecture exaltante, qui glisse délicatement, en filigrane, de nombreux sujets de réflexion, historiques ou non. Et rappelle la valeur de l'amitié. Pour tous à partir de 9 ans.

Pour voir et entendre Léonie Bischoff sur "La longue marche des dindes", c'est ici.





Le roman est disponible aujourd'hui avec une couverture actualisée.