Emmanuel Guibert est le lauréat du prix René Goscinny 2017, une belle manière d'inaugurer le festival d'Angoulême qui se tient du 26 au 27 janvier.
Prix René Goscinny.
Voilà ce que dit le jury:
"Certains hommes sont des caméléons, d'autres empruntent des identités, d'autres enfin sont des dessinateurs. Emmanuel Guibert, né en 1964, est tout cela à la fois, par la manière amoureuse dont il se glisse dans l'intimité de gens qui lui sont proches pour la sublimer par son geste créateur. Le photographe Didier Lefèvre ou l'ancien soldat américain Alan Ingram Cope sont ainsi devenus les personnages de récits où biographie et autobiographie fusionnent en un flux indémaillable. Emmanuel Guibert parvient en effet à convertir les personnes qu'il a connues et admires en héros simples mais édifiants. Son écriture s'articule alors à une pratique très réfléchie du dessin, dont la beauté plastique est souvent subjuguante. En parallèle, Emmanuel mène une carrière de scénariste pour la bande dessinée jeunesse où ses héros figurent d'ores et déjà au panthéon des lectures les plus appréciées des cours d'école. La série Ariol, à ce titre, dresse un portrait très contemporain de l'enfance d'aujourd'hui. C'est pour la diversité de son œuvre, sa capacité à perpétuellement se renouveler, pour l'intelligence et la sensibilité avec lesquelles il réfléchit à la place de l'auteur et du narrateur dans sa mise en scène des biographies, que les membres du jury du Prix Goscinny ont décidé de couronner Emmanuel Guibert pour l'ensemble de son œuvre."
Une excellente occasion de relire une grande interview faite avec Emmanuel Guibert à Bastia en 2013 à propos de "La guerre d'Alan" (ici).
Yolande de Knokke, qui était à BD à Bastia en avril dernier (20 ans cette année) et lui envoie, en ce jour de fête de la musique - on verra très vite pourquoi - , un formidable témoignage d'Emmanuel Guibert qui exposait en Corse ses originaux relatifs à Alan I. Cope.
Agé aujourd'hui de 49 ans, l'auteur-illustrateur français a formidablement parlé devant un public ému de son amitié avec Alan, un ancien soldat américain installé à l'île de Ré, rencontré par hasard et dont il conte la vie en quatre volumes pour le moment ("La guerre d’Alan", trois tomes sortis en 2000, 2002 et 2008, réunis en un seul volume grand format en 2009 et en intégrale en 2012, et "L’enfance
d’Alan", sorti en 2012, tous à L'Association). Aura-t-on un jour "L'adolescence d'Alan"? Guibert, lui, est prêt.
Vive la fête de la musique 1994
Emmanuel Guibert, ce sont bien sûr aussi les séries "Ariol" (BD Kids), "Les
Sardines de l’espace" (Dargaud), les trois tomes du "Photographe" (Dupuis/Aire
libre), des albums chez Dupuis, Actes Sud junior et ailleurs.
Mais ce jour-là, il ne parlera que de son histoire avec un vieux monsieur inconnu.
Les trois albums "La guerre d'Alan" ne sont pas nouveaux, c'est vrai. L'occasion de les relire si vous les connaissez, la chance de les découvrir pour les autres. "L'enfance d'Alan" est plus récent et vaut tout autant le détour.
Emmanuel Guibert explique sa démarche en ouverture du premier volume.
Mais laissons-le parler.
Le projet date de 1995-1996. J’ai proposé à L’Association de
faire entre 500 et 1000 pages sur un vieux monsieur et ses souvenirs, en noir
et blanc. Jean-Christophe Menu, le patron à l’époque, m’a dit : "Oui
c’est intéressant, on va le faire".
L'idée de la chronique.
Depuis tout petit, je tenais les chroniques familiales de la
vie alentour: mes parents, le quartier, les commerçants. C’était très spontané.
J’ai fait cela durant mon enfance et mon adolescence. Pour prolonger des bons moments,
des instants savoureux, des choses qui méritaient d’être racontées. J’ai continué plus tard, après une conversation avec une
personne intéressante. Je prenais un quart d’heure le soir pour restituer par
écrit ce qu’elle avait dit, avec ses mots. Cela a donné une pléiade de petits
carnets de ce qui m’avait frappé.
La rencontre avec Alan I. Cope.
Le 16 juin 1994, j’étais à l’île de Ré pour la première
fois, avec mon père. On s’est baladés près du port, puis on s’est perdus, dans la
mesure où on peut se perdre là. J’ai remarqué un monsieur qui sciait du bois
devant chez lui. Nous avons eu une discussion d'une vingtaine de minutes où il nous a
donné des conseils à propos de l’île. C’était à la fois des informations et une
conversation. J’avais remarqué qu’il avait une pointe d’accent anglo-saxon.
Puis on s’est quittés. Mon père et moi, on s’est dit: "Tiens, cela valait
le coup !" On éprouvait de la gratitude pour cet homme. Le soir-même avait lieu au centre culturel un concert de la
chanteuse grecque Angélique Ionatos. Nous y sommes allés. En sortant de la
salle, j’ai revu le monsieur croisé l’après-midi. Il m’a fait un petit signe de
connivence. Une amorce de relation.
La force du hasard.
Notre bien-être général est basé sur des miro-faits accumulés. Quand
on y réfléchit, ce n’est pas rien.Quelques jours après, c’était le 21 juin, la fête de la
musique. Sur le vieux port, je dessinais deux jeunes filles, jouant de la flûte
traversière et du violoncelle. Un chien me renifle et j’entends
"Compliments". C’était Alan et sa femme et son chien. On s’est
quittés très tard ce soir-là, à minuit révolu. Il m'a parlé de beaucoup de choses.Il m’a raconté des souvenirs qu’il m’a été impossible de
consigner à mon habitude. Il me fallait un magnétophone pour capter la lettre de ce
qu’il me disait. Très vite est venue l'idée de faire un livre ensemble suite à cette
rencontre pittoresque.Il m’a montré des brassées de documents dans son atelier,
ses disques vinyles, il est allé chercher tous les passeports de sa vie, il y
en avait une dizaine. C’était comme un flipbook qu’il m’offrait pour que je le
voie vieillir en une seconde.
Un projet enclenché immédiatement.
J’étais éperdu de reconnaissance. Dès le lendemain, je suis
allé m’asseoir dans sa ruelle. J’ai fait le portrait de sa maison, un lavis
que j’ai glissé dans sa boîte aux lettres.Ensuite, il m’a présenté son jardin, à un kilomètre et
demi de chez lui, avec un chalet, comme aux USA. Il m’a présenté ses poiriers,
ses millepertuis, ses rosiers.On s’est assis et on a commencé à enregistrer ses souvenirs.
Le processus a duré cinq ans.Ce fut une relation très intense. Une rencontre entre atomes
crochus où les qualités étaient appréciées et les défauts supportés. Je me disais que je devais
suivre mon instinct. Le livre fut un alibi pour partager l’amitié, où on
fabrique aussi quelque chose ensemble. Alan fonctionnait comme cela aussi. Le livre est aussi bien
l’amitié entre Alan et moi que les amitiés d’Alan. Je pense que celui qui ne
fonctionne pas comme ça disfonctionne. On est là, sur terre, pour les relations
humaines.
Alan, malade, souffrait beaucoup, mais cela ne se voyait pas
quand il racontait ses souvenirs. Il arrêtait mes cris de compassion. Il n’était
pas presbytérien pour rien. "Si on n’avait pas vécu cela hier, on ne
serait pas là aujourd’hui", disait-il. Le livre raconte nos coups durs et
surtout un immense amour de la vie. Alan est une personne âgée souriante qui continue à aimer l’existence
avec une force de vie intacte jusqu’au bout ; même sur son lit d’hôpital,
il s’intéressait encore à un petit oiseau qu’il ne connaissait pas.
Un récit d’apprentissage.
L’expression artistique sert
à nous informer de ce qu’on a à l’intérieur. Alan découvre la vie et apprend
tout ce qui peut l’être. C’est un homme qui avait compris le sens de l’apprentissage.
Un autodidacte. Il a 18 ans en 1943 et le monde est en feu autour de lui. On lui
donne un casque et un fusil. Son entraînement se fait à balles réelles. Il apprend
à conduire un char. Il doit se cacher dans des trous d’hommes (« fox holes ») sur les routes.
Il est un défenseur de l’esprit de paix. Il a eu une vie d’exilé, loin de sa
terre natale. Vers cinquante ans, il a essayé de renouer avec toutes les
personnes qui lui avaient plu dans l’existence. Il a tenu des correspondances,
fait des rencontres, que j’ai prolongées, moi, après sa mort. C’était une enquête
amicale, sur les traces d’Alan et de ce qui avait été son monde.
Au-delà de la mort.
La mort n’est pas une raison suffisante pour arrêter d’avoir
des sentiments envers quelqu'un. La confiance dans les affinités intellectuelles continue, la
personne continue. Nous continuons àchercher conseil auprès d’elle. Mais il y a aussi des gens qu’on a
oubliés, qu’on oublie. Ils ont décidé de s’en aller. C’est bien, pour ne pas
être alourdi par des présences fantômes. Ma façon de faire le deuil d’Alan a été de continuer le boulot.
La perspective était ouverte.S’agit-il de l’enfance d’Alan ou de l’enfance d’Emmanuel ?
Je vais sur ses traces là où mon cœur bat. Ce sont des rendez-vous avec des
parcelles de lui. Il n’y a pas de fin, pas de limite, je n’en aurai jamais
terminé avec cela. Cela soulage, cela n’accable pas, cela fait du bien, c’est rassérénant.
Sur les traces de quelqu’un, on est très bien accueilli. Les portes s’ouvrent,
les bras aussi. Je suis allé entreLos
Angeles et Pasadena, là où Alan a vécu dans les années 30. C’est devenu un
quartier latino, j’y suis allé avec une caméra, malgré les avertissements. Mais
les portes se sont ouvertes. Les gens m’ont parlé : "Moi, mon
grand-père…" Cela m’est arrivé des dizaines de fois. Des choses
miraculeuses me sont arrivées.
Le hasard, encore.
A Prague, j’ai rencontré un spécialiste de la guerre qui m’a
dit : "Votre livre, cette mission d’Alan, c’est ma vie, c’est ma
thèse"». Nous avons fouillé les archives. Cette mission a été
archidocumentée ; des films, des petits bouts de papier tendus aux GI pour
des dédicaces. J’ai vu, image par image, ce qu’Alan m’a raconté, un soldat
américain qui parle tchèque, des snipers allemands... Tout ce qu’il m’avait dit, je le voyais. Quelle émotion ! Un mois et demi après mon retour à Paris, j’ai reçu un mail de Tomas : une
photo agrandie où figuraient les mots "Alan Patsy", Patsy, la jeune fille à
laquelle il était fiancé pendant la guerre. Dans la tourelle du char se
trouvait un soldat comme lui, mais de dos. Un mois après, j’ai reçu une
nouvelle photo d’Alan, de face dans sa tourelle cette fois. Quel bonheur!
Etre au monde.
"L’enfance d’Alan", c’est un travail sur la mémoire et un
questionnement graphique pour lesquels j’ai utilisé des supports et des outils
nouveaux pour moi. J’ai fixé des îlots de mémoire qui jalonnent l’enfance. Il y
a moins de dialogues que dans "La guerre d’Alan" mais davantage de
récits narratifs, pour explorer les confins de la BD. Pour ces récits, j’écris intégralement le texte, jusqu’à la
virgule près, avant de dessiner. Un jour, on a rendez-vous avec le défi qu’on s’est
lancé et on essaie de marier tout cela. Où faire passer un moment de vie ?
comment modeler le temps de lecture? Je fais des recherches pour induire des
réactions psychologiques chez le lecteur (arrêt du récit, accélération, tension,
détente). C’est extrêmement jouissif à concevoir. On est comme dans un
laboratoire, dans un pré carré qu’on s’est choisi.
L'histoire d'Alan est aussi la très belle exposition qui a été présentée aux excellentes rencontres BD à Bastia.
José Parrondo, c'est ce Liégeois dont le trait tout rond enchante petits et grands enfants.
Il publie aussi bien à L'Association, que chez Delcourt et au Rouergue Jeunesse, pour l'essentiel de son travail.
Dès ce samedi 8 juin à 14 heures, il va exposer ses peintures et ses illustrations, à Bruxelles, à La Charcuterie (rue Paul Dejaer, 16 à 1060).
Thème de l'expo: "Il était une fois une histoire qui fut prise dans un courant d’air et s’envola de plus en plus haut. On n’en sut pas la chute."
Un thème déjà écrit sur les murs émaillés de la galerie.
Jouera-t-il de la musique avec ses instruments jouets? Mystère.
Benoît Jacques a reçu le 20 avril le troisième Grand prix triennal de littérature de jeunesse (Fédération Wallonie-Bruxelles)!
Après Kitty Crowther (2006) et Rascal (2009).
Chapeau à cet artiste multiforme, exigeant, percutant, résistant, toujours en recherche dans les marges.
Il dessine, il grave, il peint, il fait des livres et même des brins de livres, il colle, il brode, il céramique, il sculpte, il construit, il crée le jeu du tramway, sur le principe du jeu de l'oie...
Pour trouver des images de tout cela, rendez-vous sur son site: http://www.benoitjacques.com/
Voici déjà quelques dessins.
Pour les livres,
on y fait un tour
par ici.
"L"
(L'association, 2010).
Comment un artiste parvient à mettre une distance entre des événements personnels de sa vie et lui-même en créant un livre où le public se retrouve aussi.
"Wa Zo Kong"
(Benoît Jacques Books, 2009).
par Beno Wa Zak (!)
Un petit délire imprimé, sous couverture souple, sur papier journal, à pages non coupées mais à ne pas couper, où il est question d’un oiseau. Pas de n’importe quel oiseau, un Wa Zo Kong, à dire avec l’"acceng", comme le suggère le titre. On suit ses aventures en textes et en images. Des phrases ultracourtes, ultradrôles, à lire à haute voix, sous peine de s’y perdre.
"La nuit du visiteur"
(Benoît Jacques Books, 2008).
Baobab de l'album 2008.
Prix Bernard Versele 2011.
Riche de 150 gravures et entièrement rimé, cet album s’appuie sur le Petit Chaperon rouge. Mais il en fait la fête aux images, aux mots, à l’humour et à l’esprit de résistance. Ses premiers mots replacent le lecteur dans le récit original. La première image est un gros plan sur les mains de Mère-Grand – plus l’histoire avancera, plus la vieille femme apparaîtra entière.
"Toc, toc, toc, on frappe à la porte." Et c’est parti pour un incroyable défilé de visiteurs nocturnes, chacun d’eux restant dehors puisque Mère-Grand est sourde à leurs appels. Quand le lecteur est vraiment épuisé, exténué de rire et tremblant de frousse, l’auteur le rattrape par un tour de passe-passe extrêmement réussi et le conduit vers une finale jubilatoire.
"Attention extraterrestres"
(Benoît Jacques Books, 2007)
Label chouette du prix Bernard Versele 29-008, en catégorie 4 étoiles,
D'où viennent les extraterrestres ? Comment vivent-ils ? Pourquoi débarquent-ils sur Terre ? À ces questions et à d'autres, Benoît Jacques répond avec ironie. Le livre illustré est muni d'un signet : "Celui qui le dit, c'est lui-même".
L'album commence par une histoire à rallonge, où chaque phrase reprend les précédentes. "Parmi les planètes sans nom qui tournent autour de l'étoile sans nom, il y a la petite planète que voilà et que personne ne remarque jamais." Une boule de fer avec volcans à gaz puants, "presque pas d'eau et rien qui pousse". Rien, sauf un arbre bizarre qui porte des fruits bizarres, les "fameux extraterrestres avec lesquels on nous casse les pieds depuis des années".
Malgré leurs trois activités principales, shopping, jogging et meeting, malgré leur intelligence (la preuve par Ikea), ils s'ennuient chez eux. Débarquent sur Terre, pile dans un champ de betteraves où les attendent le fermier hollandais Jan et son chien Rex. Un peu de sauce paralysante pour les Terriens, histoire de lire dans leurs pensées : une partie de foot pour l'un, un os flou pour l'autre ! Dépités, les visiteurs cosmiques repartent en laissant au fermier quelques graines d'arbre à extraterrestres. En trois jours, le premier a poussé et porte des fruits... De son trait au juste tremblé, Benoît Jacques signe une fable ironisant sur l'avenir.
"C'est bizarre"
(Benoît Jacques Books, 2006)
Rotules, capsules, modules, tubercules, savon à bulles et jeux ridicules : voilà les bagages à emporter, dès qu'on est habillé de pilou, de caoutchouc, de chapeau mou, pour visiter les amis en -ique (élastique, pot de mastic, etc.) installés sur une autre planète, après s'être arrêté sur l'astre Tur et son androïde. Dans ce nouvel album, tout est rigoureusement normal ! Sauf la dernière page, bien entendu... Une épatante déclinaison rimée de la relativité.
"Scandale au château suisse"
(Benoît Jacques Books, 2004)
Un dénommé Benedetto Giacomo inaugure le "domaine étranger" de l'éditeur (et auteur) Benoît Jacques. Humour à tous les étages dans cette sorte de satire sociale assortie de sa suite d'estampes ciselées en taille-douce où l'on suit les tribulations du prince Charles (nom courant chez les princes) et de son serviteur Serge dans leurs tentatives de banquet. Jeux sur les sons, les sens, les mots, cet album en noir et blanc décoiffe plus qu'une tempête suisse !
"Permis A"
(Benoît Jacques Books, 2004)
Croquis très expressifs et un texte phonétique qui n'a rien à envier aux SMS des gamins (traduction en bas de page des lettres accolées à déchiffrer) pour une hilarante course poursuite entre un AB en 2CV et une PP en DS. Pas catholique du tout ! Deux albums pour tous, dès 10 ans.
"Je te tiens"
(Benoît Jacques Books, 2003)
Label Chouette du Prix Bernard Versele 2003
C'est un livre en noir et blanc, avec des images très fortes en linogravure. Il fait évidemment allusion à la comptine et oppose Yo, l'homme deux poils, avec Zih, l'ogre deux barbes. Ils s'affrontent dans une joute aussi physique que verbale, avec une gradation dans les expressions de fureur des héros et des jeux de mots pas évidents à trouver pour les enfants.
"Titi Nounours et la sousoupe au pilipili"
(Benoît Jacques Books, 2002)
Ah, ce Benoît Jacques ! Toujours pleinplein de surpriprises ! Voilà qu'il nous a conconcocté un livre pour enfants. L'histoire, prévient-il, est un peu cucul la praline. Le personnage principal porte un nom gnangnan et les autres sont tous un peu bébêtes. Allez, on y vava. Titi Nounours part faire les courses pour sa maman. Mais il dépense ses sousous à tout autre chose dans le magasin de Madame Lulu. Le voilà contraint à des échanges avant d'affronter sa mère. Dessins en rouge, vert et beige et textes d'un humour dévastateur.
"Louisa"
(L'école des loisirs, 2001)
Jubilatoire roman illustré en bichromie, bien dans la ligne de l'auteur, non-sense, humour, recherche et tendresse. Une histoire complètement déjantée mais facile à suivre, où texte et images rivalisent dans le farfelu. L'auteur annonce un personnage, se reprend à la phrase suivante. Repart sur autre chose, rechange d'avis, en ajoutant des considérations totalement décalées. Le tout donne un délicieux roman où on rencontre Hélène, non Gérard, non Huberte, qui joue dans sa chambre, non dans une cour minable, non dans un jardin gigantesque. Non, elle est sur une balançoire sur laquelle elle va beaucoup trop fort. Elle s'envole, on la perd... A ne pas rater.
"Comique Trip"
(Benoît Jacques Books, 2001)
Un jubilatoire détournement de matériaux verbaux et graphiques pour recomposer d’improbables bandes dessinées.
Et Benoît Jacques joue aussi dans un petit film, pour son fils sur YouYube AxRuZaT6uHE ou, tout simplement, ci-dessous