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mercredi 8 décembre 2021

Sortons à la station-service d'Adeline Dieudonné

Adeline Dieudonné. (c) Céline Nieszawer.

Le gouvernement belge voudrait nous faire tourner en bourrique avec ses virevoltantes mesures sanitaires concernant le secteur culturel qu'il ne ferait pas autrement. Résultat, on ne sort plus de chez soi. Et on a grandement tort! Lundi prochain par exemple, 13 décembre, jour de la Sainte Lucie accessoirement, on peut se rendre à la Maison Autrique à une soirée Portées-Portraits, l'enthousiasmant cycle de lectures-spectacles porté depuis vingt-deux ans par Geneviève Damas et sa compagnie Albertine.

Inaugurée par Hubert Antoine le 4 octobre (lire ici), la saison 2021-2022 a déjà permis d'entendre la lecture accompagnée de musique des livres d'Elena Ferrante (le 25 octobre), Mathilde Alet (le 8 novembre) et Sébastien Ministru (le 25 novembre), en présence des auteurs la plupart du temps.

Lundi prochain, 13 décembre, jour de la Sainte Lucie accessoirement, ce sera le tour d'Adeline Dieudonné, la romancière belge qui a été LA révélation de la rentrée littéraire 2018 avec son premier roman "La vraie vie" (L'Iconoclaste, 266 pages, lire ici, 300.000 exemplaires vendus), pour son nouveau roman toutefois, "Kérozène" (L'Iconoclaste, 312 pages), sorti au printemps de cette année. Gageons que la trentenaire aux longs cheveux blonds et aux idées claires parlera des deux volumes lors de la rencontre avec le public, à 19 heures, qui précède la lecture-spectacle (à 20h15).

Le texte de "Kérosène" sera lu par Pauline Desmet et mis en voix par Nina Blanc, accompagnée à la guitare, à la contrebasse et au chant par Anaïs Moffarts.

"Kérozène" est-il un second roman ou un roman composé de nouvelles? Les avis divergent et ce sera à chacun de voir. Le livre se déroule dans une station-service des Ardennes, une nuit d'été. Douze personnes s'y trouvent, en compagnie aussi d'un cheval et d'un macchabée. Juliette, la caissière, et son collègue Sébastien, marié à Mauricio. Alika, la nounou philippine, Chelly, prof de pole dance, Joseph, représentant en acariens… Il est 23h12. Dans une minute, tout va basculer. Chacun va devenir le héros d'une histoire, entre lesquelles vont se tisser parfois des liens. Une vision mordante de nos vies contemporaines.

Pratique
Où? Maison Autrique, chaussée de Haecht, 266 à 1030 Bruxelles.
Quand? Le lundi 13 décembre.
A quelle heure? La lecture-spectacle commence à 20h15. Elle est précédée d'une rencontre avec l'auteure à 19 heures.
Durée? 1 heure.
Combien? 8 euros (possibilité de visiter toute la maison)
Renseignements et réservation indispensable. Par mail à reservations.compagniealbertine@gmail.com

Supplément
Etonnant comme la station-service inspire les écrivains!
  • Alexandre Labruffe dans "Chroniques d'une station-service" (Verticales, 2019, 141 pages, lire ici).
  • Olivier Demangel dans "Station service" (Tohubohu éditions, 2018)
  • Fannie Flagg dans "La dernière réunion des filles de la station-service" (Le cherche-midi, 2015)
  • Anne Bourrel dans "Station service" (Myriapode, 2011)
  • Robert Piccamiglio dans "La station service" (Albin Michel, 1997)


jeudi 13 décembre 2018

Déjà, des noms d'invités au Passa Porta Festival


Quels écrivains seront à Bruxelles fin mars? On apprend aujourd'hui la participation de Jonathan Coe, Adeline Dieudonné, Jenny Erpenbeck, Rachida Lamrabet, Marie Ndiaye, Ilja Leonard Pfeijffer, Olga Tokarczuk et Ali Smith à la septième édition du Passa Porta Festival. Et on remarque avec plaisir l'abondance de noms féminins. Le PPF19 se tiendra du vendredi 28 mars au dimanche 31 mars, dans trois gros mois à peine.

Sortez vos agendas car une centaine d'auteurs et d'artistes seront à Bruxelles pour ce désormais traditionnel week-end d'entretiens, de débats, de dialogues et de rencontres. Plus de 70 rencontres se tiendront dans une dizaine de lieux du cœur de Bruxelles (Passa Porta, Beursschouwburg, KVS, Espace Magh, la Bellone, etc).

Le programme complet du festival sera publié le jeudi 28 février.

Les premiers noms

Jonathan Coe
Jonathan Coe. (c) Alexandra Cool.
L'écrivain britannique a signé des romans satiriques tels que "Testament à l'anglaise" (traduit de l'anglais par Jean Pavans, Gallimard, 1995) et "Bienvenue au club" (traduit de l'anglais par Jamila et Serge Chauvin , Gallimard, 2003). Dans son douzième roman, "Middle England", il a récemment proposé le portrait tranchant d'un pays traversant une profonde crise identitaire, le Royaume-Uni.
A Bruxelles, Jonathan Coe évoquera l’écriture à l'ombre du Brexit. Le vendredi 29 mars, jour officiel du Brexit, il sera également sur scène lors de la "conférence-concert" Goodbye Hello.

Adeline Dieudonné 
Adeline Dieudonné. (c) St. Remael.
Le "phénomène" de la littérature francophone 2018 avec son premier roman, "La Vraie Vie" (L'iconoclaste), recueille un immense succès critique et public. Il a reçu les prix Rossel, du roman Fnac, Filigranes, Choix Goncourt de la Belgique, Renaudot des lycéens (lire ici). L'histoire de cette jeune adolescente qui refuse de devenir une proie a déjà touché des dizaines de milliers de lecteurs et s'apprête à être traduite en une dizaine de langues.

Jenny Erpenbeck
Jenny Erpenbeck. (c)Nina Subin.
Une des grandes voix littéraires allemandes actuelles a remporté l'Europese Literatuurprijs avec son roman "Aller Tage Abend" (2012). Pour son roman "Gehen, ging, gegangen" (2015), elle s'est longuement entretenue avec des réfugiés tentant leur chance en Allemagne. Ce livre, qui entremêle la question des réfugiés et la complexité de l'histoire allemande, a notamment été récompensé par le Premio Strega Europeo.

Rachida Lamrabet
Rachida Lamrabet. (c) Koen Broos.
L'écrivaine et juriste  a remporté le Vlaamse Debuutprijs il y a plus de dix ans avec son roman "Vrouwland". Récemment, elle a publié un essai tranchant, "Zwijg, allochtoon!", ainsi que le roman historique "Vertel het iemand". Lors du Passa Porta Festival, elle donnera la parole à quatre jeunes auteures flamandes issues de l'immigration. Dans de nouveaux textes écrits à l'occasion du tricentenaire de Robinson Crusoé, elles uniront leurs réflexions sur le racisme et la décolonisation, sur le silence imposé et la faculté de prise de parole.

Marie NDiaye
Marie NDiaye.
Elle a commencé à écrire très jeune. Elle n'a que 18 ans quand paraît son premier roman, "Quant au riche avenir" (Minuit, 1985). La consécration viendra avec "Rosie Carpe" (Gallimard, 2001, prix Femina) puis "Trois femmes puissantes" (Gallimard, 2009, Prix Goncourt). Au festival, cette auteure majeure reviendra sur son œuvre multiple (romans, jeunesse, théâtre, nouvelles) et sur "La Cheffe" (Gallimard, 2016), roman d'une cuisinière.

Ilja Leonard Pfeijffer
Ilja Leonard Pfeijffer.
L'écrivain et poète néerlandophone a remporté le Jan Campertprijs pour son recueil de poèmes "Idyllen" et le Libris Literatuur Prijs pour son roman "La Superba". Ce mois-ci sort son nouveau roman "Grand Hotel Europa".



Olga Tokarczuk
Olga Tokarczuk. (c) J. Kołodziejski.
Polonaise, l'auteure du roman "Les Pérégrins" (traduit du polonais par Grazyna Erhard, Noir sur Blanc, 2012) a été récompensée en 2018 par le Man Booker International Prize pour la traduction anglaise de son roman. Son dernier roman, "Les Livres de Jakób" (traduit du polonais par Maryna Laurent, 2018), sur les Juifs d’Europe centrale au dix-huitième siècle, a lui aussi raflé les prix, tout en entraînant dans son sillage brûlant d’actualité son lot de controverses… et même des menaces de mort.

Ali Smith
Ali Smith. (c) Christian Sinibaldi.
Sebastian Barry l'appelle le "futur Prix Nobel écossais". La romancière a parcouru un chemin parsemé de romans à thèse cinglants, dont le primé "Comment être double" (traduit de l'anglais par Laetitia Devaux, L'Olivier, 2017). Lors du Passa Porta Festival, elle présentera son nouveau roman "Spring", troisième volet d’un cycle débuté avec "Autumn" et "Winter".
Ali Smith rejoindra Jonathan Coe, l'Aurora Orchestra britannique et le grand ténor Ian Bostridge lors de la "conférence-concert" "Goodbye Hello" le vendredi 29 mars.


Les tickets pour le Passa Porta Festival 2019 sont en vente à tarif réduit d'aujourd'hui au dimanche 6 janvier sur passaporta.be.


mardi 11 décembre 2018

Adeline Dieudonné, choix Goncourt de la Belgique

Adeline Dieudonné a marqué la rentrée littéraire.

Bingo! Encore des lauriers pour Adeline Dieudonné et son premier roman "La Vraie Vie" (L'iconoclaste, 266 pages, lire ici), les seconds en terre natale en une semaine, le prix Victor Rossel lui ayant été décerné jeudi dernier (lire ici). Ce mardi 11 décembre,  cent étudiants universitaires ont couronné la primo-romancière belge Choix Goncourt de la Belgique, par six voix contre quatre à Pauline Delabroy-Allard, pour "Ça raconte Sarah" (Minuit), au sixième tour de vote, après trois heures de délibération. Les étudiants belges sont les premiers des "Choix Goncourt à l'étranger" à honorer Adeline Dieudonné.

Le jury des étudiants belges délibère.

Pour la troisième année, les délibérations de la centaine d'étudiants volontaires appartenant à des universités belges, francophones et néerlandophones, se sont tenues à la Résidence de France à Bruxelles. Là où ont été également proclamés les résultats des votes, en présence de Madame l'Ambassadeur de France en Belgique, Claude-France Arnould, d'Alda Greoli, Ministre de la Culture, de l'Enfance et de l'Éducation permanente au sein du Gouvernement de la Communauté française, de Philippe Claudel, membre de l'Académie Goncourt ainsi que de représentants des partenaires, Passa Porta, maison internationale des littératures à Bruxelles, l'Agence universitaire de la Francophonie en Europe de l'Ouest et l'Alliance Française de Bruxelles-Europe.

Les quinze livres en compétition.

Rappelons que les étudiants établissent le choix belge du prix Goncourt sur base de la première liste établie par l'Académie Goncourt en septembre, soit quinze romans qu'ils ont dû lire en moins de dix semaines (lire ici).

Adeline Dieudonné succède à Alice Zeniter récompensée l'an dernier pour "L'Art de perdre" (Flammarion, lire ici) et Catherine Cusset en 2016 pour "L'Autre qu'on adorait" (Gallimard, lire ici).

Echos de la remise du prix

  • Alda Greoli avoue n'avoir lu que deux livres des quinze figurant sur la liste Goncourt, sans préciser lesquels. Elle se réjouit de battre en brèche une rumeur en constatant que "oui, il y a beaucoup de jeunes qui s'intéressent à des livres, à des auteurs", des jeunes "qui conseillent à d'autres d'ouvrir un livre". Un livre de papier, bien entendu, on la connaît, notre ministre. "Un livre qui permet l'émotion de toucher un bel objet, une belle histoire, un bel auteur."
  • Philosophe de formation, Ciprian Mihali, directeur pour l'Europe de l'Ouest de l'Agence universitaire de la Francophonie, a estimé que "la littérature est le plus beau mensonge".
  • Jacques De Decker, secrétaire perpétuel de l'ARLLFB (Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique) a disserté sur la possibilité pour le prix Goncourt de devenir un second Nobel, celui-ci étant actuellement empêtré dans divers scandales. Il a rappelé que Paul Claudel avait exercé son dernier mandat d'ambassadeur dans la maison du Boulevard du Régent (1933-1936). Pour lui, "la littérature est un prisme exceptionnel sur le réel".
  • Philippe Claudel, écrivain, assis au couvert numéro 9 de l'Académie Goncourt, après Hervé Bazin et Jorge Semprun, docteur honoris causa de la KUL en 2015, membre de l'ARLLFB depuis 2016, écrivain très apprécié par les néerlandophones parlant le français, ignore visiblement que Jacques De Decker se fait appeler "patron" à l'Académie et non "chef " comme il l'a interpellé. Pour l'écrivain et cinéaste, "la littérature est résolument anti-tweet. Elle est un objet qui permet de penser un monde complexe, et donc essentielle. Elle fait réfléchir à ce qu'est un homme, une société, l'humanité."
  • Adrienne Nizet, directrice adjointe de Passa Porta, a lu un message de la lauréate, Adeline Dieudonné, dans l'impossibilité de se libérer: "Je suis ravie et honorée de recevoir ce prix". Comme c'est la deuxième fois qu'un jury de jeunes la récompense, elle se sent "un peu moins vieille" - elle a 36 ans. Et elle ajoute son plaisir de "recevoir un nouveau prix à la maison, comme le Rossel jeudi dernier".
  • Adeline Dieudonné sera présente au Festival Passa Porta qui se tiendra du 28 au 31  mars 2019.


Lauriers Goncourt 2018
  • Nicolas Mathieu, pour "Leurs enfants après eux" (Actes Sud, lire ici)
  • Pauline Delabroy-Allard, pour "Ça raconte Sarah" (Editions de Minuit), choix Goncourt de la Pologne (existe depuis 1998)
  • David Diop, pour "Frère d'âme" (Seuil), choix Goncourt de l'Orient (existe depuis 2012)
  • Pauline Delabroy-Allard, pour "Ça raconte Sarah" (Editions de Minuit), choix Goncourt de la Roumanie (existe depuis 2013)
  • Pauline Delabroy-Allard, pour "Ça raconte Sarah" (Editions de Minuit), choix Goncourt de la Suisse (existe depuis 2015)
  • David Diop, pour "Frère d'âme" (Seuil), choix Goncourt de la Chine (existe depuis 2018)


jeudi 6 décembre 2018

Le prix Rossel 2018 va à Adeline Dieudonné

Adeline Dieudonné.

En ce jour de Saint-Nicolas, le prix Victor Rossel 2018 a été décerné à Adeline Dieudonné, pour "La Vraie Vie" (L'iconoclaste), son premier roman (lire ici). Il couronne ainsi, comme souvent dans son important palmarès, une nouvelle plume. Dans ce cas, une plume particulièrement inventive et originale qui a été remarquée par la critique, française et belge, par les libraires et par le public. Aussi, il donne un "vrai" prix à un roman qui a été mis à l'honneur partout mais n'avait empoché que des prix secondaires: Renaudot des lycéens, Filigranes, roman Fnac, Première Plume, "Envoyé par la poste", Stanislas.


Au terme d'un long débat, le jury a préféré le livre d'Adeline Dieudonné à ceux de Sandrine Willems ("Devenir oiseau", Les Impressions nouvelles), Etienne Verhasselt ("Les pas perdus", Le Tripode), Myriam Leroy ("Ariane", Calmann-Lévy) et Sébastien Ministru ("Apprendre à lire", Grasset).

Le jury du prix Rossel est composé de Pierre Mertens (président), et Thomas Gunzig, Michel Lambert, Ariane Le Fort, Isabelle Spaak, Jean-Luc Outers, Jean-Claude Vantroyen, Daniel Couvreur ainsi que les deux libraires, Daniela Belcanto (Jette) et Tom Cambresier (Huy).


Palmarès

2017 Laurent Demoulin, "Robinson" (Gallimard, lire ici)
2016 Hubert Antoine, "Danse de la vie brève" (Verticales, lire ici)
2015 Eugène Savitzkaya, "Fraudeur" (Minuit)
2014 Hedwige Jeanmart, "Blanès" (Gallimard, lire ici)

2013  Alain Berenboom, "Monsieur Optimiste" (Genèse Édition)
2012 Patrick Declerck, "Démons me turlupinant" (Gallimard)
2011 Geneviève Damas, "Si tu passes la rivière" (Luce Wilquin)
2010 Caroline De Mulder, "Ego Tango" (Champ Vallon)
2009 Serge Delaive, "Argentine" (La Différence)
2008 Bernard Quiriny, "Contes carnivores" (Seuil)
2007 Diane Meur, "Les Vivants et les Ombres" (Sabine Wespieser)
2006 Guy Goffette, "Une enfance lingère" (Gallimard)
2005 Patrick Delperdange, "Chants des gorges" (Sabine Wespieser)
2004 Isabelle Spaak, "Ça ne se fait pas" (Equateurs)

2003 Ariane Le Fort, "Beau-fils" (Seuil)
2002 Xavier Deutsch, "La Belle Étoile" (Le Castor Astral)
2001 Thomas Gunzig, "Mort d'un parfait bilingue" (Au Diable Vauvert)
2000 Laurent de Graeve, "Le Mauvais Genre" (Editions du Rocher)
1999 Daniel De Bruycker, "Silex. La tombe du chasseur" (Actes Sud)
1998 François Emmanuel, "La Passion Savinsen" (Stock)
1997 Henry Bauchau, "Antigone" (Actes Sud); Jean-Philippe Toussaint, "La Télévision" (Minuit)
1996 Caroline Lamarche, "Le Jour du chien" (Minuit)
1995 Patrick Roegiers, "Hémisphère nord" (Seuil)
1994 Alain Bosquet de Thoran, "La Petite Place à côté du théâtre"

1993 Nicole Malinconi, "Nous deux"
1992 Jean-Luc Outers, "Corps de métier"
1991 Anne François, "Nu-Tête"
1990 Philippe Blasband, "De cendres et de fumées"
1989 Jean Claude Bologne, "La Faute des femmes"
1988 Michel Lambert, "Une vie d'oiseau"
1987 René Swennen, "Les Trois Frères"
1986 Jean-Claude Pirotte, "Un été dans la combe"
1985 Thierry Haumont, "Le Conservateur des ombres"
1984 Jean-Pierre Hubin, "En lisière"

1983 Guy Vaes, "L'Envers"
1982 Raymond Ceuppens, "L'Été pourri"
1981 François Weyergans, "Macaire le Copte"
1980 Jacques Crickillon, "Supra-Coronada"
1979 Jean Muno, "Histoires singulières"
1978 Gaston Compère, "Portrait d'un roi dépossédé"
1977 Vera Feyder, "La Derelitta"
1976 Gabriel Deblander, "L'Oiseau sous la chemise"
1975 Sophie Deroisin, "Les Dames"
1974 André-Marcel Adamek, "Le Fusil à pétales"

1973 Georges Thinès, "Le Tramway des officiers"
1972 Irène Stecyk, "Une petite femme aux yeux bleus"
1971 Renée Brock, "L'Étranger intime"
1970 Pierre Mertens, "L'Inde ou l'Amérique"
1969 Franz Weyergans, "L'Opération"
1968 Charles Paron, "Les vagues peuvent mourir"
1967 Marie Denis, "L'Odeur du père"
1966 Eugénie De Keyser, "La Surface de l'eau"
1965 Jacques Henrard, "L'Écluse de novembre"
1964 Louis Dubrau, "A la poursuite de Sandra"

1963 Charles Bertin, "Le Bel Âge"
1962 Maud Frère, "Les Jumeaux millénaires"
1961 David Scheinert, "Le Flamand aux longues oreilles"
1960 Victor Misrahi, "Les Routes du Nord"
1959 Jacqueline Harpman, "Brève Arcadie"
1958 Stéphane Jourat, "Entends, ma chère, entends"
1957 Edmond Kinds, "Les Ornières de l'été"
1956 Stanislas d'Otremont, "L'Amour déraisonnable"
1955 Lucien Marchal, "La Chute du grand Chimu"
1954 Jacqueline de Boulle, "Le Desperado"

1953 Paul-Aloïse De Bock, "Terres basses"
1952 Albert Ayguesparse, "Notre ombre nous précède"
1951 Daniel Gillès, "Mort la douce"
1950 André Villers, "La Griffe du léopard"
1949 Jean Welle, "Le bonheur est pour demain"
1948 Nelly Kristink, "Le Renard à l'anneau d'or"
1947 Maurice Carême, "Contes pour Caprine"
1946 Max Defleur, "Le Ranchaud"
1939 Madeleine Ley, "Le Grand Feu"
1938 Marguerite Guyaux, "Bollèche"



mercredi 12 septembre 2018

"La vraie vie", prix du roman Fnac 2018

Adeline Dieudonné.

Les 400 libraires et les 400 adhérents Fnac qui composent le jury du prix du roman Fnac ont choisi entre les quatre premiers romans sélectionnés. Ils ont préféré "La vraie vie" de la Belge Adeline Dieudonné (L'Iconoclaste) aux trois autres ouvrages de dames, "La vérité sort de la bouche du cheval" de Meryem Alaoui (Gallimard), "Le malheur du bas" d'Inès Bayard (Albin Michel) et "Là où les chiens aboient par la queue" d'Estelle-Sarah Bulle (Liana Levi).

Pour en savoir plus sur ce très beau roman, c'est ici.


A noter qu'Adeline Dieudonné a déjà reçu le prix Première plume et que le Livre de poche a acquis les droits du livre dont tout le monde parle.

Palmarès du prix du roman Fnac

  • 2017 Véronique Olmi, "Bakhita" (Albin Michel)
  • 2016 Gaël Faye, "Petit pays" (Grasset)
  • 2015 Laurent Binet, "La Septième Fonction du langage" (Grasset)
  • 2014  Benjamin Wood, "Le Complexe d'Eden Bellwether" (Zulma)
  • 2013 Julie Bonnie, "Chambre 2" (Belfond)
  • 2012 Patrick Deville, "Peste et Choléra"(Seuil)
  • 2011 Delphine de Vigan, "Rien ne s'oppose à la nuit" (JC Lattès)
  • 2010 Sofi Oksanen, "Purge" (Stock)
  • 2009 Yannick Haenel, "Jan Karski" (Gallimard)
  • 2008 Jean-Marie Blas De Roblès, "Là où les tigres sont chez eux" (Zulma)
  • 2007 Nathacha Appanah, "Le Dernier Frère" (L'Olivier)
  • 2006 Laurent Mauvignier, "Dans la foule" (Minuit)
  • 2005 Pierre Péju, "Le Rire de l'ogre" (Gallimard)
  • 2004 Jean-Paul Dubois, "Une vie française" (L'Olivier)
  • 2003 Pierre Charras, "Dix-neuf secondes" (Mercure de France)
  • 2002 Dominique Mainard, "Leur histoire" (Joëlle Losfeld)





vendredi 7 septembre 2018

Une guerrière âgée de dix ans

Adeline Dieudonné. (c) Stéphane Remael.

"A la maison, il y avait quatre chambres. La mienne, celle de mon petit frère Gilles, celle de mes parents et celle des cadavres." Par "cadavres", entendez les animaux empaillés que collectionne le père. La première phrase du premier roman d'Adeline Dieudonné, une Belge de 35 ans, secoue. Il en sera de même tout au long de "La vraie vie" (L'Iconoclaste, 266 pages), excellent bouquin à la typo soignée comme tous ceux que publient cette jeune maison d'édition.

Avant de rencontrer les humains de ce roman au ton rare, certains n'en méritant sans doute pas l'appellation, on découvre les espèces naturalisées conservées dans la chambre, des cervidés de chez nous, des animaux d'Afrique, dont un lion et, surtout, une hyène. Celle qui ricane quand elle émet un son. Les protagonistes humains sont d'abord, la narratrice, anonyme, âgée de dix ans au début du récit, témoin volubile et actrice de cette drôle de vie, son père aux trois passions, la chasse, la télé et le whisky, sa mère, amibe effacée dévolue aux tâches ménagères, craintive parce que battue. Et surtout, Gilles, le petit frère de six ans. L'aimé, l'adoré même, celui que l'héroïne guide et protège.  Il y a encore Monica, sorte de fée âgée qui raconte des histoires et vit dans le bois des Petits Pendus, la famille peu fréquentable du propriétaire du cimetière de voitures, les nombreux voisins plus ou moins sympathiques. La décharge aux carcasses cabossées est évidemment l'endroit où les enfants aiment jouer et se raconter des histoires quand ils quittent le jardin de leur maison du lotissement.

Cette vie banale, teintée d'amour fraternel et de violence paternelle, va exploser le jour de l'accident, drame qui arrive très vite dans le roman. Ce jour-là, le petit Gilles perd son rire. Ce jour-là, sa grande sœur décide de tout faire pour qu'il le retrouve. Candide, elle se raconte, elle nous raconte ce que vit ce petit garçon meurtri dans une famille rongée de violence. Et c'est ici qu'intervient le talent d'écriture d'Adeline Dieudonné. Car sa manière de raconter donne de la luminosité à la noirceur ambiante. Car son imagination galopante nous entraîne dans ce projet fou de remonter le temps, parce que l'idée a été vue à la télé et qu'elle veut y croire, pour que le drame n'arrive plus. Car la force guerrière de sa narratrice est une énergie qui l'emporte dans l'étude poussée de la physique ou celle de son corps qui se féminise, lie des amitiés fortes et ne permet aucun désespoir, même quand elle devient la proie de son propre père, même quand elle manque mourir. La demoiselle a décidé de chasser la hyène qui ricane en son frère et lui bloque son rire.

Comme dans une fable, comme dans un conte, les étapes seront autant d'épreuves dont triompher. Mais quel beau chemin on aura parcouru en compagnie de la nouvelle romancière. Les initiations multiples n'empêchent pas les mots de se faire tranchants, caressants ou drôles. Car la vie, vraie ou non, n'est pas binaire à se partager entre proies et prédateurs. Même si elle impose de perdre son innocence. Livre hors norme, "La vraie vie" se savoure comme un bonbon oscillant entre acide et sucré.