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lundi 14 novembre 2022

Le prix Wepler à Anthony Passeron



Dernier prix littéraire attribué cette année mais prix dont les choix sont toujours réjouissants, le prix Wepler-Fondation La Poste (10.000 euros) va cette année à Anthony Passeron, 39 ans, professeur de français et d'histoire-géographie, pour son premier roman "Les Enfants endormis" (Globe, 288 pages). 

Présentation de l'éditeur.
Quarante ans après la mort de son oncle Désiré, Anthony Passeron décide d'interroger le passé familial. Évoquant l’ascension sociale de ses grands-parents devenus bouchers pendant les Trente Glorieuses, puis le fossé qui grandit entre eux et la génération de leurs enfants, il croise deux récits: celui de l'apparition du sida dans une famille de l'arrière-pays niçois – la sienne – et celui de la lutte contre la maladie dans les hôpitaux français et américains.

Dans ce roman de filiation, mêlant enquête sociologique et histoire intime, il évoque la solitude des familles à une époque où la méconnaissance du virus était totale, le déni écrasant, et la condition du malade celle d'un paria.


La mention spéciale (3.000 euros) est attribuée à Lucie Rico, 34 ans, romancière, scénariste, réalisatrice et enseignante de création littéraire, pour "GPS" ( P.O.L, 224  pages), son second roman.

Présentation de l'éditeur.
Ariane est une jeune femme en difficulté sociale et personnelle. Elle préfère rester cloîtrée chez elle, jusqu'au jour où Sandrine, sa meilleure amie, l'invite à ses fiançailles. Pour l'aider à se repérer et lui permettre d'arriver à bon port, Sandrine partage sa localisation avec elle sur son téléphone. Guidée par le point rouge qui représente Sandrine dans l'espace du GPS, Ariane se rend donc aux fiançailles. Mais le lendemain, Sandrine a disparu. Elle ne répond plus au téléphone. Aucune trace d'elle. Sauf ce point GPS, qui continue d'avancer. Et qu'Ariane ne va plus quitter des yeux. Le GPS lui procure un sentiment de proximité avec Sandrine. Comme si elles partageaient un secret. Jusqu'à la découverte d'un cadavre calciné au bord d'un lac où le point GPS de Sandrine s'est rendu. S'agit-il de son cadavre? Mais le point bouge encore. Qui est derrière le point alors? Ariane enquête mais toutes les pistes sont des impasses. Plus troublant encore: le point sur le GPS persiste à conduire Ariane sur les lieux de leur amitié. Pour en avoir le cœur net, elle laisse un message vocal à Sandrine pour lui donner rendez-vous dans un lieu qu'elle seule peut connaître. Lorsque le GPS indique que Sandrine se rend dans ce lieu, Ariane est persuadée de s'être jusque-là trompée. Sandrine n'est pas morte! Le point est bien son amie. Mais elle commence à confondre le monde réel et le support numérique. La police révèle alors que Sandrine est bien morte, Ariane désactive la localisation partagée. Elle tente de reprendre le cours de sa vie et d'oublier le GPS. Mais une nouvelle notification l’interrompt: Sandrine souhaite à nouveau partager sa localisation avec elle. Pour un ultime rendez-vous.

Pour en lire en ligne le début, c'est ici.



Créé en 1998 par la librairie des Abbesses, le prix Wepler récompense chaque année une œuvre littéraire contemporaine inclassable grâce au financement de la Fondation La Poste, et salue l'audace et la singularité d'un second titre par l'attribution d'une mention spéciale. Un jury tournant lui assure une liberté et une sincérité de jugement qui se traduit par un résultat souvent inattendu. Mais complètement justifié.


Jury 2022: Chaffat, lectrice (actuellement détenue au Centre péniten8aire de Rennes), Alice Develey, journaliste ("Le Figaro"), Cécile Gateff, lectrice, Philippe Ginesy, libraire (librairie des Abbesses), Sébastien Grisez, lecteur, Caroline Loeb, lectrice, David Louët, lecteur (La Poste), Ilana Moryoussef, journaliste (France Inter), Philippe Piazzo, lecteur, Marie-Rose Guarniéri, fondatrice du prix, Élisabeth Sanchez, secrétaire générale du prix.


Les lauréats précédents
Bibliothèque de choix
  • 2021 Antoine Wauters, "Mahmoud où la montée des eaux" (Verdier, lire ici); mention spéciale à Laura Vazquez, "La semaine perpétuelle" (Éditions du Sous-Sol)
  • 2020 Grégory Le Floch, "De parcourir le monde et d'y rôder" (Christian Bourgois); mention spéciale à Muriel Pic, "Affranchissements" (Seuil)
  • 2019 Lucie Taïeb, "Les Échappées" (Éditions de l’Ogre); mention spéciale à Bruno Remaury, "Le Monde horizontal" (José Corti)
  • 2018 Nathalie Léger, "La robe blanche" (P.O.L., lire ici); mention spéciale à Bertrand Schefer, "Série noire" (P.O.L.)
  • 2017 Guillaume Poix, "Les fils conducteurs" (Verticales); mention spéciale à Gaël Octavia, "La fin de Mame Baby" (Gallimard/Coninents noirs)
  • 2016  Stéphane Audeguy, "Histoire du lion Personne" (Seuil, lire ici); mention spéciale à Ali Zamir, "Anguille sous roche" (Le Tripode)
  • 2015 Pierre Senges, "Achab (séquelles)" (Verticales, lire ici); mention spéciale à Lise Charles, "Comme Ulysse" (P.O.L.)
  • 2014 Jean-Hubert Gailliot, "Le soleil" (L'Olivier); mention spéciale à Sophie Divry,  "La condition pavillonnaire" (Noir sur Blanc/Notabilia)
  • 2013 Marcel Cohen, "Sur la scène intérieure, Faits" (Gallimard); mention spéciale à Philippe Ramhy, "Béton armé" (La Table Ronde)
  • 2012 Leslie Kaplan, "Millefeuille" (P.O.L); mention spéciale à Jakuta Alikavazovic, "La blonde et le bunker" (L'Olivier)
  • 2011 Eric Laurrent, "Les Découvertes" (Minuit); mention spéciale à François Dominique, "Solène" (Verdier)
  • 2010 Linda Lê, "Cronos" (Christian Bourgois); mention spéciale à Jacques Abeille, "Les jardins statuaires" (Attila)
  • 2009 Lyonel Trouillot, "Yanvalou pour Charlie" (Actes Sud); mention spéciale à Hélène Frappat, (Par effraction" (Allia)
  • 2008 Emanuelle Pagano, "Les mains gamines" (P.O.L); mention spéciale à Céline Minard, "Bastard Battle" (Léo Scheer)
  • 2007 Olivia Rosenthal, "On n'est pas là pour disparaître" (Verticales); mention spéciale à Louise Desbrusses, "Couronnes, boucliers, armures" (P.O.L)
  • 2006 Pavel Hak, "Trans" (Seuil); mention spéciale à Héléna Marienské, "Rhésus" (P.O.L)
  • 2005 Richard Morgiève, "Vertig" (Denoël); mention spéciale à Zahia Rahmani, "Musulman "Roman"" (Sabine Wespieser)
  • 2004 François Bon, "Daewoo" (Fayard); mention spéciale à Jean-Louis Magnan, "Anti-Liban" (Verticales)
  • 2003 Éric Chevillard, "Le vaillant petit tailleur" (Minuit); mention spéciale à Alain Satgé, "Tu n'écriras point" (Seuil)
  • 2002 Marcel Moreau, "Corpus scripti" (Denoël); mention spéciale à Thierry Beinstingel, "Composants" (Fayard)
  • 2001 Yves Pagès, "Le théoriste" (Verticales); mention spéciale à Brigitte Giraud, "À présent" (Stock)
  • 2000 Laurent Mauvignier, "Apprendre à finir" (Minuit); mention spéciale à Richard Morgiève, "Ma vie folle" (Pauvert)
  • 1999 Antoine Volodine, "Des anges mineurs" (Seuil); mention spéciale à Vincent de Swarte, "Requiem pour un sauvage" (Pauvert)
  • 1998 Florence Delaporte, "Je n'ai pas de château" (Gallimard)

jeudi 10 novembre 2022

Le prix de Flore à Joffrine Donnadieu

Le prix de Flore 2022 a été attribué ce jeudi 10 novembre, au troisième tour de scrutin par huit voix contre quatre à Emma Becker ("L'inconduite", Albin Michel) à Joffrine Donnadieu pour son deuxième roman, "Chienne et louve" (Gallimard, 352 pages).

Joffrine Donnadieu.
(c) Francesca Mantovani/Gallimard.
On y retrouve Romy, vingt ans maintenant, déjà rencontrée dans le premier roman de l'auteure, "Histoire de France", où elle avait neuf ans et avait été abusée par France, une femme supposée veiller sur elle.

Présentation de l'éditeur.
Romy, vingt ans, arrive à Paris avec le rêve d'être comédienne. Pour subsister et payer le Cours Florent, elle travaille dans un club de strip-tease à Pigalle. Odette, vieille fille de quatre-vingt-neuf ans, la loge contre un loyer modique et un peu de compagnie. String à paillettes et crucifix devront faire bon ménage. Deux femmes s'apprivoisent, entre chien et loup. Elles nouent une relation faite de fascination et de dépendance, se renvoyant en miroir leurs corps meurtris, leurs solitudes, leurs folies, leurs enfances volées et surtout leur désir de vivre. Dans cette emprise mutuelle, jusqu'où seront-elles capables d'aller?
On retrouve ici la puissance viscérale de l'écriture de Joffrine Donnadieu, qui décrit avec acuité la violence des rapports sociaux, l'apprentissage du théâtre, la vie des corps.

Pour en lire en ligne le début, c'est ici.

Le Prix de Flore a été fondé en mai 1994 par Frédéric Beigbeder et Carole Chrétiennot, à une table du Flore, dans le but de couronner un auteur au talent "prometteur". Les critères de sélection sont l'originalité, la modernité, la jeunesse. Le lauréat reçoit un chèque de 6.100 euros ainsi qu'un verre de Pouilly gravé à son nom, à consommer sans modération durant une année au Flore.

Jury: Frédéric Beigbeder (président), Jacques Braunstein, Manuel Carcassonne, Carole Chrétiennot, Michèle Fitoussi, Jean-René Van der Plaetsen, François Reynaert, Jean-Pierre Saccani, Bertrand De Saint Vincent, Christophe Tison, Philippe Vandel, Arnaud Viviant.



mercredi 9 novembre 2022

Le prix Interallié à Philibert Humm


Le prix Interallié 2022 a récompensé, ce mercredi 9 novembre au restaurant Lasserre, Philibert Humm, 31 ans, journaliste, reporter chez "Paris-Match", pour son premier roman, un roman comique, "Roman fleuve" (Editions des Equateurs, 288 pages). Un titre qui avait déjà été choisi en 1999 par Antoine Piazza pour un roman deux fois plus long publié aux Editions du Rouergue. Le jury, entièrement masculin, a élu son lauréat par cinq voix contre trois à Pierre Adrian au dernier tour. Les deux finalistes ont la particularité d'avoir publié un livre ensemble en 2018, "Le Tour de la France par deux enfants d'aujourd'hui" (Editions des Equateurs).

Présentation de l'éditeur.
Ce périple, les trois jeunes gens l'ont entrepris au mépris du danger, au péril de leur vie, et malgré les supplications de leurs fiancées respectives. Ils l'ont fait pour le rayonnement de la France, le progrès de la science et aussi un peu pour passer le temps.
Il en résulte un roman d'aventure avec de l'action à l'intérieur et aussi des temps calmes et du passé simple. Ceci est une expérience de lecture immersive. Hormis deux ou trois passages inquiétants, le suspense y est supportable et l'œuvre reste accessible au public poitrinaire. A noter la présence de nombreux adverbes.
L'éditeur ne saurait être tenu responsable des mauvaises idées que ce livre ne manquera pas d'instiller dans le cerveau vicié des nouvelles générations gavées d'écran et pourries à la moelle.


Jury: Gilles Martin-Chauffier, Stéphane Denis, Jacques Duquesne, Éric Neuhoff, Christophe Ono-dit-Biot, Jean-Marie Rouart, Jean-Christophe Rufin, Philippe Tesson, Florian Zeller et Mathieu Palain, le lauréat 2021 (lire ici).



Anthony Doerr, Grand prix de littérature américaine 2022


Le soir du lundi 7 novembre, le jury du huitième Grand prix de littérature américaine a récompensé Anthony Doerr, 49 ans, pour son roman monstre "La Cité des nuages et des oiseaux" (traduit de l'anglais (USA) par Marina Boraso, collection "Terres d'Amérique", Albin Michel). L'ouvrage l'a emporté au second tour de scrutin par sept voix contre trois à Coco Mellors ("Cléopâtre et Frankenstein", Editions Anne Carrière). Prix Pulitzer fiction 2015 pour "Toute la lumière que nous ne pouvons voir", le lauréat a composé un récit romanesque dédié "à tous les bibliothécaires passés, présents et à venir". Virtuose et magnétique.

Présentation de l'éditeur.
Son roman nous entraîne de la Constantinople du XVe siècle jusqu'à un futur lointain où l'humanité joue sa survie à bord d'un étrange vaisseau spatial en passant par l'Amérique des années 1950 à nos jours. Tous ses personnages ont vu leur destin bouleversé par La Cité des nuages et des oiseaux, un mystérieux texte de la Grèce antique qui célèbre le pouvoir de de l'écrit et de l'imaginaire. Et si seule la littérature pouvait nous sauver?

Pour en lire en ligne le début, c'est ici.


Jury: trois journalistes, Oriane Jeancourt-Galignani ("Transfuge"), Philippe Chevilley ("Les Échos") et Nicolas Carreau ("Europe 1"); quatre libraires, Sylvie Loriquer (L'Attrape-Cœurs), Géraldine Mausservey (Librairie de Paris), Jean-Christophe Millois (École de la Librairie) et Pascal Thuot (Millepages); trois éditeurs, Caroline Ast (Belfond), Alice Déon (La Table ronde / Quai Voltaire) et Francis Geffard (Albin Michel).


Le prix Jean Giono à Sandrine Collette


Décerné au meilleur "raconteur d'histoires", pour un ouvrage en français laissant une large place à l’imagination, à l’image de l’écrivain dont il porte le nom, le prix Jean Giono 2022 a été attribué ce mardi 8 novembre au restaurant La Méditerranée, en parallèle au prix Médicis (lire ici), à Sandrine Collette, 52 ans, pour dixième son roman, "On était des loups" (JC Lattès). La lauréate s'est dite "très touchée de recevoir ce prix dont les critères sont le style et l'élégance."

Présentation de l'éditeur.
Ce soir-là, quand Liam rentre des forêts montagneuses où il est parti chasser, il devine aussitôt qu'il s'est passé quelque chose. Son petit garçon de cinq ans, Aru, ne l'attend pas devant la maison. Dans la cour, il découvre les empreintes d'un ours. À côté, sous le corps inerte de sa femme, il trouve son fils. Vivant. Au milieu de son existence qui s'effondre, Liam a une certitude. Ce monde sauvage n'est pas fait pour un enfant. Décidé à confier son fils à d'autres que lui, il prépare un long voyage au rythme du pas des chevaux. Mais dans ces profondeurs, nul ne sait ce qui peut advenir. Encore moins un homme fou de rage et de douleur accompagné d'un enfant terrifié.

Jury: Paule Constant de l'Académie Goncourt (présidente), Metin Arditi, Tahar Ben Jelloun de l'Académie Goncourt, David Foenkinos, Franz-Olivier Giesbert, Sylvie Giono, Robert Kopp, Emmanuelle Lambert, Vera Michalski, Marianne Payot et Etienne de Montety.

mardi 8 novembre 2022

Le prix Médicis à Emmanuelle Bayamack-Tam




Le prix Médicis 2022 a été attribué ce mardi 8 novembre, au restaurant La Méditerranée, à Emmanuelle Bayamack-Tam, 56 ans, pour "La Treizième Heure" (P.O.L.). Son treizième roman paru chez cet éditeur sous son nom, elle en a aussi publié trois sous le nom de Rebecca Lighieri. On y retrouve la jeune Farah, découverte dans "Arcadie" (P.O.L., 2018).

Présentation de l'éditeur.

Farah, adolescente, a toujours connu L'Église de la Treizième Heure pour la bonne raison que Lenny, son père, en est le fondateur. Elle vit en communauté dans cette Église millénariste un peu spéciale: féministe, queer, animaliste. On y récite Nerval ou Rimbaud. Lenny rassemble ses ouailles autour de messes poétiques et d'ateliers de déparasitage psychique. La Treizième Heure, c’est aussi l'heure de la révélation, du triomphe des pauvres, des dominés, des humiliés. Les membres de la communauté l'espèrent, angoissés devant les menaces qui pèsent sur la planète: épidémies, guerres, réchauffement climatique… Lenny élève seul sa fille Farah. Hind, son grand amour, l''ayant abandonné à la naissance du bébé.

Le roman se divise en trois parties, racontées par chacun des membres de cette famille à la fois déglinguée et très contemporaine. Farah, née intersexuée, est acquise à la cause délirante de son père, et devient plus critique en grandissant: son père lui a menti sur sa filiation. En menant l'enquête, elle comprend qu'elle n'avait pas une mère mais deux! Hind et Sophie. Comment est-ce possible? Lenny prend la parole ensuite. Il raconte deux coups de foudre successifs: la poésie d'abord, Hind ensuite. Mais on s’aperçoit que les deux ne font qu'une: Hind est une chimère, une illumination, une fée baudelairienne. Lenny fondera l'Église de la Treizième Heure après le départ de son amour. La troisième partie est donc celle de Hind. Femme trans d'origine algérienne, elle avoue l'histoire violente de son parcours pour gagner sa liberté sexuelle et individuelle. Elle a aimé Lenny et voulu un enfant de lui, mais quittera Lenny et Farah pour vivre une passion amoureuse vouée à l'échec.

Pour en lire en ligne le début, c'est ici.




Le prix Médicis roman étranger va à Andreï Kourkov pour "Les abeilles grises" (traduit du russe (Ukraine) par Paul Lequesne, Editions Liana Levi, 400 pages).

Présentation de l'éditeur.
Dans un petit village abandonné de la "zone grise", coincé entre armée ukrainienne et séparatistes prorusses, vivent deux laissés-pour-compte: Sergueïtch et Pachka. Désormais seuls habitants de ce no man's land, ces ennemis d'enfance sont obligés de coopérer pour ne pas sombrer, et cela malgré des points de vue divergents vis-à-vis du conflit. Aux conditions de vie rudimentaires s'ajoute la monotonie des journées d'hiver, animées, pour Sergueïtch, de rêves visionnaires et de souvenirs. Apiculteur dévoué, il croit au pouvoir bénéfique de ses abeilles qui autrefois attirait des clients venus de loin pour dormir sur ses ruches lors de séances d'"apithérapie". Le printemps venu, Sergueïtch décide de leur chercher un endroit plus calme. Ayant chargé ses six ruches sur la remorque de sa vieille Tchetviorka, le voilà qui part à l'aventure. Mais même au milieu des douces prairies fleuries de l'Ukraine de l'ouest et du silence des montagnes de Crimée, l'œil de Moscou reste grand ouvert…


Pour en lire en ligne le début, c'est ici.

Le prix Médicis de l'essai couronne Georges Didi-Uberman pour "Le Témoin jusqu'au bout" (Minuit).

Présentation de l'éditeur.
Être témoin: être sensible. En quel sens faut-il l'entendre?
Dans un procès, on ne demande au témoin que d'être précis, puisque ce sont des faits qu'il s'agit de rendre compte. Mais celui qui décide de témoigner contre vents et marées, sans que personne ne lui ait rien demandé, se tient dans une position différente: il porte aussi en lui l'exigence d'un partage de la sensibilité. Il considère implicitement que ses émotions constituent en elles-mêmes des faits d'histoire, voire des gestes politiques.

C'est ce que montre une lecture du "Journal" de Victor Klemperer tenu clandestinement entre 1933 et 1945 depuis la ville de Dresde où il aura subi, comme Juif, tout l'enchaînement de l'oppression nazie. Témoignage extraordinaire par sa précision, en particulier dans l'analyse qu'y mena Klemperer — qui était philologue — du fonctionnement totalitaire de la langue. Mais aussi par sa sensibilité. Par son ouverture littéraire à la complexité des affects, avec la position éthique — celle du partage — que cette sensibilité supposait.
Entre la langue totalitaire, qui ne se prive jamais d'en appeler aux émotions sans partage, et l'écriture de ce "Journal", ce sont donc deux positions que l'on voit ici s'affronter autour des faits d’affects. Combat politique lisible dans chaque repli, dans chaque inflexion de ce chef-d'œuvre d'écriture et de témoignage.

Pour en feuilleter en ligne le début, c'est ici.

Jury: Marianne Alphant, Michel Braudeau, Marie Darrieussecq, Dominique Fernandez, Anne Garreta, Patrick Grainville, Andreï Makine, Frédéric Mitterrand, Pascale Roze et Alain Veinstein.


 

jeudi 3 novembre 2022

Les prix Goncourt et Renaudot 2022


Ils n'ont pas rigolé ce jeudi matin parisien pluvieux, les jurés du 120e prix Goncourt, le plus prestigieux des prix littéraires français. Dix personnes, sept hommes et trois femmes. Ils avaient choisi leurs quatre finalistes mardi dernier à Beyrouth (lire ici): 
  • Giuliano da Empoli, "Le Mage du Kremlin" (Gallimard)
  • Brigitte Giraud, "Vivre vite" (Flammarion)
  • Cloé Korman, "Les Presque Sœurs" (Seuil)
  • Makenzy Orcel, "Une somme humaine" (Rivages)
Fort bien, sauf qu'en une semaine, différents éléments sont apparus. Giuliano da Empoli a remporté le Grand prix du roman de l'Académie française jeudi dernier (lire ici). Pas qu'un doublé soit interdit mais le fait est assez rare: Jonathan Littell en 2006, Patrick Rambaud en 1997. De son côté, Cloé Korman est empêtrée dans une polémique autour de son livre. Enfin, l'Académie Goncourt récompense presque toujours des hommes.

C'est donc finalement à Brigitte Giraud qu'est attribué le prix Goncourt 2022 pour "Vivre vite" (Flammarion, 208 pages), son quatorzième livre et son dixième roman. Paule Constant a annoncé la décision du jury dans le célèbre escalier du célèbre restaurant Drouant. Mais la romancière de 62 ans ne l'a emporté qu'au 14e et ultime tour, selon le règlement, d'un scrutin très serré face à Giuliano da Empoli, grâce à la voix du président Didier Decoin qui compte alors double. L'Académie Goncourt qui prônait le renouveau a opté pour une romancière de qualité mais peu connue du grand public. La lauréate est la treizième femme a remporter le prix, créé il y a 120 ans.

"Nous récompensons une femme écrivain qui a déjà derrière elle une carrière forte, et un livre qui sous une apparence d'être très simple pose une question très grave, celle du destin", a justifié Didier Decoin. "Je défendais depuis le début le roman de Brigitte Giraud et nous avons eu des discussions vives. Le roman d'Empoli est un excellent roman également, plus immédiat et actuel, mais moins romanesque, moins fascinant. Je suis toutefois extrêmement content qu'il ait eu le prix de l'Académie française, ce livre ne va pas s'arrêter là et va continuer de monter très haut", a-t-il ajouté. 

Pour "Vivre vite", Brigitte Giraud s'est inspirée du drame de sa vie, survenu le 22 juin 1999 à Lyon. Claude, son compagnon, a démarré trop vite à un feu, avec une moto trop puissante qui n'était pas la sienne. Il est tombé et ne s'est jamais relevé. Il avait quarante et un ans. Le couple venait d'acheter une maison où vivre avec leur petit garçon de huit ans. Dans le livre, vingt ans plus tard, elle fait le tour de la maison, avant d'en rendre les clés et pose chaque fois la question "si". Si elle n'avait pas fait ça, si il n'avait pas fait fait, s'ils n'avaient pas fait ça. Une terrible scansion qui rythme le récit et en fait la beauté.

Pour en lire en ligne le début, c'est ici.
Jury: Didier Decoin (président), Eric-Emmanuel Schmitt, Pascal Bruckner, Paule Constant, Patrick Rambaud, Tahar Ben Jelloun, Camille Laurens, Françoise Chandernagor, Philippe Claudel et Pierre Assouline.

Les treize femmes lauréates du Goncourt
2022 Brigitte Giraud, "Vivre vite" (Flammarion)
2016 Leïla Slimani, "Chanson douce" (Gallimard)
2014 Lydie Salvayre, "Pas pleurer" (Seuil)
2009 Marie Ndiaye, "Trois Femmes puissantes" (Gallimard)
1998 Paule Constant, "Confidence pour confidence" (Gallimard)
1996 Pascale Roze, "Le Chasseur Zéro" (Albin Michel)
1984 Marguerite Duras, "L'Amant" (Minuit)
1979 Antonine Maillet, "Pélagie la Charrette" (Grasset)
1966 Edmonde Charles-Roux, "Oublier Palerme" (Grasset)
1962 Anna Langfus, "Les Bagages de sable" (Gallimard)
1954 Simone de Beauvoir, "Les Mandarins" (Gallimard)
1952 Béatrix Beck, "Léon Morin, prêtre" (Gallimard)
1944 Elsa Triolet, "Le premier accroc coûte 200 francs" (Gallimard)




    Le prix Renaudot a été décerné ce même jeudi et au même endroit à Simon Liberati pour "Performance" (Grasset, 252 pages). Un écrivain vieillissant saisit au vol les dernières bribes que la vie lui accorde, un livre à écrire, un amour à vivre.

    Pour en lire le début en ligne, c'est ici.

    Guillaume Durand
    remporte le prix Renaudot essai pour son livre "Déjeunons sur l'herbe" (Bouquins, 256 pages), consacré au peintre Edouard Manet.

    Delphine Horvilleur
    reçoit le prix Renaudot poche pour "Vivre avec nos morts" (Grasset, 2021; Livre de Poche, 2022). Un petit traité de consolation où la femme rabbin témoigne de sa fréquentation assidue des cimetières. 

    Pour en lire le début en ligne, c'est ici.






    Jury: Dominique Bona (présidente), Frédéric Beigbeder, Patrick Besson, Georges-Olivier Châteaureynaud, Franz-Olivier Giesbert, Cécile Guilbert, Stéphanie Janicot, J.M.G. Le Clézio et Jean-Noël Pancrazi. 




    jeudi 27 octobre 2022

    Le Grand prix du roman de l'Académie française couronne l'Italo-Suisse Giuliano da Empoli

    Giuliano da Empoli. (c) DR.

    Dégainant la première, une semaine avant le Goncourt qui en a fait un de ses quatre finalistes, l'Académie française a décerné ce jeudi 27 octobre son Grand Prix du roman (10.000 euros) à l'Italo-Suisse Giuliano da Empoli pour son roman sorti au printemps "Le Mage du Kremlin" (Gallimard, 288 pages). Son premier roman après plusieurs essais et son premier livre chez Gallimard. Le lauréat a été choisi au premier tour de scrutin, par neuf voix contre cinq à Jean Michelin ("Ceux qui restent", Héloïse d'Ormesson) et trois à Pascale Robert-Diard ("La Petite Menteuse", L'Iconoclaste). Un choix littéraire et politique.

    Le "mage du Kremlin" est Vadim Baranov. Il fut metteur en scène puis producteur d'émissions de télé-réalité avant de devenir l'éminence grise de Poutine, dit le Tsar. L'homme énigmatique démissionne un jour de son poste de conseiller politique. Ce qui fait jaser. Où est le faux, où est le vrai? Une nuit, il confie son histoire au narrateur de ce livre. Le roman plonge ses lecteurs au cœur du pouvoir russe, où, on le sait, courtisans et oligarques se livrent une guerre de tous les instants. Que fait là Vadim? Personnage important du régime, il sait qu'il doit accomplir et faire accomplir les souhaits du Tsar. Sauf que Vadim n'a pas l'ambition des autres et qu'il souhaite s'en sortir.

    Le livre passe en revue les grands événements de la Russie contemporaine, guerre en Tchétchénie, crise ukrainienne, Jeux olympiques de Sotchi. Il dévoile les dessous de l'ère Poutine et offre une réflexion sur le pouvoir. Il faut savoir que Giuliano da Empoli a terminé son roman en janvier 2021, un an avant l'invasion de l'Ukraine par l'armée russe. Ce qui ne fait pas de lui un visionnaire, mais révèle plutôt sa fine connaissance des affaires russes. Agé de 49 ans, il est conseiller politique italo-suisse, président du think tank italien Volta et auteur d'essais remarqués.

    Pour lire en ligne le début du roman "Le mage du Kremlin", c'est ici.


    Le prix Décembre 2022 à Lola Lafon

    Lola Lafon. (c) Jean-Luc Bertini - Pasco.

    Superbe choix que celui du jury du prix Décembre (15.000 euros) ce 26 octobre que de récompenser Lola Lafon pour son récit "Quand tu écouteras cette chanson" (Stock, 180 pages). Le prix lui est allé au deuxième tour de scrutin, par cinq voix contre quatre au premier roman de Corentin Durand, "L'Inclinaison" (Gallimard) - la troisième sélection mentionnait aussi "Vivre vite" de Brigitte Giraud (Flammarion). Un livre où elle raconte sa nuit au musée Anne Frank à Amsterdam, l'an dernier en août. Au musée et dans l'Annexe, là où vécut la famille juive avant d'être déportée. Un livre qui s'est un jour, ou plutôt une nuit, imposé à elle. Elle devait l'écrire.

    Pour cela, il lui fallait se rendre au musée et convaincre le conservateur de l'intérêt de sa démarche. Tout cela, elle le partage avec le lecteur, en petites phrases simples, sans pathos, l'invitant dans son expérience.

    Un livre qui lui a permis de faire des découvertes sur la jeune fille, devenue au fil du temps une icône presque robotisée alors qu'elle était un être humain, de sang, d'émotions, de sentiments, de rêves et d'espoirs. Un livre où Lola Lafon rend à Anne Frank son humanité et montre combien la collégienne était douée pour la littérature. Une rencontre avec une jeune fille morte avec sa famille, tuée par la barbarie nazie, qui lui a aussi permis de retrouver l'histoire de sa propre famille, juive elle aussi, massacrée durant la guerre elle aussi, mais dont le destin avait été occulté jusque-là et, ce chemin parcouru, de mieux se connaître elle-même. Un livre bouleversant et lumineux.
    "Le 18 août 2021, j'ai passé la nuit au Musée Anne Frank, dans l'Annexe. Anne Frank, que tout le monde connaît tellement qu'il n’en sait pas grand-chose. Comment l'appeler, son célèbre journal, que tous les écoliers ont lu et dont aucun adulte ne se souvient vraiment.

    Est-ce un témoignage, un testament, une œuvre?

    Celle d'une jeune fille, qui n'aura pour tout voyage qu'un escalier à monter et à descendre, moins d'une quarantaine de mètres carrés à arpenter, sept cent soixante jours durant. La nuit, je l'imaginais semblable à un recueillement, à un silence. J'imaginais la nuit propice à accueillir l'absence d’Anne Frank. Mais je me suis trompée. La nuit s'est habitée, éclairée de reflets; au cœur de l'Annexe, une urgence se tenait tapie encore, à retrouver."
    Lola Lafon

    Pour lire en ligne, et il faut le faire tant c'est beau, le début de "Quand tu écouteras cette chanson", c'est ici.




    mardi 25 octobre 2022

    Nathacha Appanah reçoit le Prix de la langue française 2022

    Nathacha Appanah. (c) Catherine Hélie/Gallimard.

    S'il y a bien un prix qui m'enchante à chaque nouvelle attribution, c'est le Prix de la langue française. Autant pour son intitulé cher à mon cœur que pour ses lauréats, choisis pour être une "personnalité du monde littéraire, artistique ou scientifique dont l'œuvre contribue de façon importante à illustrer la qualité et la beauté de la langue française". La distinction, dotée de 10.000 euros, a été créée en 1986 par la ville de Brive-la-Gaillarde (Corrèze) et y est officiellement remise durant la Foire du livre de novembre.

    Jury: Laure Adler, Tahar Ben Jelloun, Éric Fottorino, Franz-Olivier Giesbert, Paula Jacques, Dany Laferrière, Alain Mabanckou, Éric Neuhoff, Jean- Noël Pancrazi, Danièle Sallenave.

    Le choix de Nathacha Appanah pour le cru 2022 me remplit d'autant plus de joie que la romancière mauricienne de 49 ans a été primée pour l'ensemble de son œuvre. Le prix lui sera remis lors de de l'inauguration de la 40e foire du livre de Brive, le vendredi 4 novembre. 


    Le dernier roman en date de Nathacha Appanah, son dixième, "Rien ne t'appartient" (Gallimard, août 2021, 160 pages) réjouit par sa langue lyrique et son rythme presque musical. On suit Tara, très éprouvée par son veuvage mais à l'aube d'une nouvelle vie. Sa vie. Celle qu'on a voulu lui ôter jadis mais qu'elle est, cette fois, résolue à vivre comme elle le veut. La petite fille qu'elle a été, Vijaya, va arriver à passer outre les drames qu'elle a endurés dans son enfance. Une enfance meurtrie dont une petite braise n'a pas été éteinte. Dans une écriture prenante, au plus près des sensations, ciselée et impitoyable, un magnifique roman sur la trop difficile condition des femmes. 

    Pour lire en ligne le début de "Rien ne t'appartient", c'est ici.



    Les lauréats précédents

    2021 Pierre Bergounioux
    2020 annulé
    2019 Louis-Philippe Dalembert
    2018 Pierre Guyotat (lire ici)
    2017 Jean-Luc Coatalem
    2016 Philippe Forest
    2015 Mona Ozouf
    2014 Hélène Cixous
    2013 Jean Rolin
    2012 Vassilis Alexakis
    2011 Emmanuel Carrère
    2010 Alain Veinstein
    2009 Jean-Paul Kauffmann
    2008 Annie Ernaux
    2007 Pierre Assouline
    2006 Christiane Singer
    2005 Jean-Pierre de Beaumarchais
    2004 Gilles Lapouge
    2003 Dominique de Villepin
    2002 Michel Chaillou
    2001 Philippe Beaussant
    2000 Bernard Pivot
    1999 Jacques Chessex
    1998 Marcel Schneider
    1997 Francois Weyergans
    1996 René de Obaldia
    1995 non remis
    1994 Hector Bianciotti
    1993 Alain Rey
    1992 Alain Bosquet
    1991 Pascal Quignard
    1990 Yves Berger
    1989 Michel Jobert
    1988 André Lichnerowicz
    1987 Jacqueline de Romilly
    1986 Jean Tardieu




    Les quatre finalistes du prix Goncourt 2022

    Les quatre jurés Goncourt à Beyrouth.

    C'est à nouveau à Beyrouth, où se tient jusqu'au 30 octobre la première édition du festival Beyrouth Livres, plus précisément depuis la prestigieuse ambassade de France au Liban, et pile dix ans après son premier déplacement au Liban, que le jury du prix Goncourt a révélé sa troisième sélection de romans, la dernière avant l'attribution du prix le jeudi 3 novembre à 13 heures au restaurant parisien Drouant. Les quatre finalistes, deux hommes et deux femmes, sont: 
    • Giuliano da Empoli, "Le Mage du Kremlin" (Gallimard)
    • Brigitte Giraud, "Vivre vite" (Flammarion)
    • Cloé Korman, "Les Presque Sœurs" (Seuil)
    • Makenzy Orcel, "Une somme humaine" (Rivages)
    Avaient fait le voyage depuis la France, le président Didier Decoin, le secrétaire Philippe Claudel, le secrétaire et deux jurées, Camille Laurens et Paule Constant. Soit quatre des dix jurés. Quatre autres, Eric-Emmanuel Schmitt, Pascal Bruckner et Pierre Assouline et Tahar Ben Jelloun, ont préféré ne pas se rendre à Beyrouth cette semaine, "en raison de la situation sécuritaire dans le pays" ou "pour des raisons personnelles". Françoise Chandernagor et Patrick Rambaud avaient également décliné l'invitation du festival. "Mais toute l'Académie est moralement présente ici, le choix s'est fait en visio avec tous", a précisé Philippe Claudel.


    Contrairement à ce que proclame France Inter depuis ce midi, il ne s'agit pas du premier déplacement du jury Goncourt pour annoncer la troisième sélection du prix. Les jurés étaient déjà allés à Beyrouth en 2012, en soutien au peuple libanais, en en 2015, à Tunis en soutien au peuple tunisien après les attentats. Sans oublier les annonces depuis Brive de temps en temps.



    mercredi 19 octobre 2022

    Les deuxièmes sélections des prix littéraires


    Effet entonnoir à l'heure où les grands prix littéraires français ont fait connaître leurs deuxièmes sélections (sachant que le Wepler ne sélectionne qu'une fois). Qui reste-t-il des premières sélections (lire ici)? Pas grand-monde. Seuls neuf livres apparaissent encore à deux ou trois places - ce qui n'augure rien de la suite.
    Cinq triplés:
    • Claudie Hunzinger dont "Un chien à ma table" (Grasset) reste présent au Renaudot, au Femina et au Médicis.
    • Monica Sabolo ne change rien par rapport au premier tour car "La vie clandestine" (Gallimard) figure toujours au Goncourt, au Renaudot et au Médicis.
    • Brigitte Giraud fait pareil:  "Vivre vite" (Flammarion) reste au Décembre, au Goncourt et au Femina.
    • Giuliano da Empoli aussi: "Le Mage du Kremlin" (Gallimard) apparaît toujours à l'Académie, au  Goncourt, à l'Interallié.
    • Pascale Robert-Diard encore: "La Petite menteuse" (L'Iconoclaste): Académie, Goncourt, Interallié.

    Quatre doublés:
    • Emma Becker, "L'inconduite" (Albin Michel): Décembre, Flore (et Interallié).
    • Nathan Devers, "Les Liens artificiels" (Albin Michel): Goncourt, Renaudot.
    • Sybille Grimbert, "Le dernier des siens" (Anne Carrière): Renaudot, Femina.
    • Grégoire Bouillier, dont la brique "Le cœur ne cède pas" (Flammarion) est encore en lice au Goncourt et au Femina

      Et toujours la Belge Eva Kavian dont "L'engravement" (Editions La Contre Allée) est retenu au prix Wepler.

      Pour ceux que cela intéresse, voici les deuxièmes sélections des dix prix in extenso. C'est un peu moins long mais toujours fastidieux, je suis d'accord.

      Prix littéraires 2022

      Décembre (26 octobre)

      Brigitte Giraud, Vivre vite (Flammarion)
      Catherine Millet, Commencements (Flammarion)
      Lola Lafon, Quand tu écouteras cette chanson (Stock)
      Emma Becker, L'inconduite (Albin Michel)
      Corentin Durand, L'inclinaison (Gallimard)

      Académie française (27 octobre)

      Giuliano Da Empoli, Le Mage du Kremlin (Gallimard)
      Jean Michelin, Ceux qui restent (Héloïse d'Ormesson)
      Pascale Robert-Diard, La Petite Menteuse (L'Iconoclaste)

      Goncourt (3 novembre)

      Grégoire Bouillier, Le cœur ne cède pas (Flammarion)
      Nathan Devers, Les liens artificiels (Albin Michel)
      Giuliano da Empoli, Le Mage du Kremlin (Gallimard)
      Brigitte Giraud, Vivre vite (Flammarion)
      Cloé Korman, Les Presque Sœurs (Seuil)
      Makenzy Orcel, Une somme humaine (Rivages)
      Pascale Robert-Diard, La petite menteuse (L'Iconoclaste)
      Monica Sabolo, La vie clandestine (Gallimard)

      Renaudot (3 novembre)

      * Romans
      Antoine Choplin, Partie italienne (Buchet-Chastel)
      Sandrine Collette, On était des loups (J-C Lattès)
      Nathan Devers, Les liens artificiels (Albin Michel)
      Sybille Grimbert, Le dernier des siens (Anne Carrière)
      Claudie Hunzinger, Un chien à ma table (Grasset)
      Simon Liberati, Performance (Grasset)
      Laurence Nobecourt, Opéra des oiseaux (Grasset)
      Christophe Ono-Dit-Biot, Trouver refuge (Gallimard)
      Monica Sabolo, La vie clandestine (Gallimard)
      * Essais
      Anne Akrich, Le sexe des femmes (Gallimard)
      Guillaume Durand, Déjeunons sur l'herbe (Bouquins)
      Lola Lafon, Quand tu écouteras cette chanson (Stock)
      Jean-Paul Mari, Oublier la nuit (Buchet Chastel)
      Jean-Claude Perrier, Le Photographe de Notre-Dame (Cerf)
      Olivier Philipponat, Géographie des peuples fabuleux (Buchet Chastel)

      Femina (7 novembre)

      * Romans français
      Miguel Bonnefoy, L'inventeur (Rivages)
      Grégoire Bouillier, Le cœur ne cède pas (Flammarion)
      Brigitte Giraud, Vivre vite (Flammarion)
      Sybille Grimbert, Le dernier des siens (Anne Carrière)
      Claudie Hunzinger, Un chien à ma table (Grasset)
      Oriane Jeancourt-Galignani, Quand l'arbre tombe (Grasset)
      Marie Nimier, Petite sœur (Gallimard)
      Polina Panassenko, Tenir sa langue (L'Olivier)
      Yves Ravey, Taormine (Minuit)
      Lucie Rico, GPS (P.O.L.)
      * Romans étrangers
      Gabriel Byrne, Mes fantômes et moi, traduit par Diane Meur (Sabine Wespieser)
      Rachel Cusk, La dépendance, traduit par Blandine Longre (Gallimard)
      Nathan Harris, La douceur de l'eau, traduit par Isabelle Chapman (Philippe Rey)
      Andreï Kourkov, Les abeilles grises, traduit par Paul Lequesne (Liana Levi)
      Lutz Seiler, Stern 111, traduit par Philippe Giraudon (Verdier)
      Alexander Starritt, Nous, les Allemands, traduit par Diane Meur (Belfond)
      Maria Stepanova, En mémoire de la mémoire, traduit par Anne Coldefy-Faucard (Stock)
      Brandon Taylor, Real life, traduit par Héloïse Esquié (La Croisée)
      Colm Toibin, Le magicien, traduit par Anna Gibson (Grasset)
      Hanya Yanagihara, Vers le paradis, traduit par Marc Amfreville (Grasset)

      Médicis (8 novembre)

      * Romans français
      Emmanuelle Bayamack-Tam, La Treizième Heure (P.O.L.)
      Diaty Diallo, Deux secondes d'air qui brûle (Seuil)
      Virginie Despentes, Cher connard (Grasset)
      Claudie Hunzinger, Un chien à ma table (Grasset)
      Victor Jestin, L'Homme qui danse (Flammarion)
      Tristan Jordis, Le pays des ombres (Stock)
      Olivia Rosenthal, Un singe à ma fenêtre (Verticales)
      Monica Sabolo, La Vie clandestine (Gallimard)
      Anne Serre, Notre si chère vieille dame (Mercure de France)
      * Romans étrangers
      Maria Sonia Cristoff, Mal d'époque, traduit de l'espagnol (Argentine) par Anne Plantagenet (Le Sous-Sol)
      Gyrdir Eliasson, Requiem, traduit de l'islandais par Catherine Eyjolfsson (La Peuplade)
      Anna Hope, Le Rocher blanc, traduit de l'anglais par Elodie Leplat (Le Bruit du monde)
      Andreï Kourkov, Les abeilles grises, traduit du russe (Ukraine) par Paul Lequesne (Liana Levi)
      Nicola Lagioia, La Ville des vivants, traduit de l'italien par Laura Brignon (Flammarion)
      Leila Mottley, Arpenter la nuit, traduit de l'américain par Pauline Loquin (Albin Michel)
      Maria Stepanova, En mémoire de la mémoire, traduit du russe par Anne Coldefy-Faucard (Stock)
      Colm Toibin, Le Magicien, traduit de l'anglais (Irlande) par Anna Gibson (Grasset)
      Allen S.Weiss, L'Autobiographie de Teddy, traduit de l'américain par Jean-François Allain (Gallimard)

      Giono (8 novembre)

      Muriel Barbery, Une heure de ferveur (Actes Sud)
      Mathieu Belezi, Attaquer la terre et le soleil (Le Tripode)
      Sandrine Collette, On était des loups (J-C Lattès)
      Xavier Le Clerc, Un homme sans titre (Gallimard)
      Maud Simonnot, L'heure des oiseaux (L'Observatoire)

      Interallié (9 novembre)

      Pierre Adrian, Que reviennent ceux qui sont loin (Gallimard)
      Giuliano Da Empoli, Le Mage du Kremlin (Gallimard)
      Fabrice Gaignault, La vie plus douce (Grasset)
      Philibert Humm, Roman fleuve (Équateurs)
      Pascale Robert-Diard, La Petite menteuse (L'Iconoclaste)

      Prix de Flore (10 novembre)

      Emma Becker, L'Inconduite (Albin Michel)
      Joffrine Donnadieu, Chienne et louve (Gallimard)
      Clovis Goux, Les poupées (Stock)
      Anthony Passeron, Les enfants endormis (Globe)
      Basile Panurgias, Le doute (Robert Laffont)

      Wepler (14 novembre)

      Grégoire Bouillier, Le cœur ne cède pas (Flammarion)
      Corinne Desarzens, Un Noël avec Winston (La Baconnière)
      Eva Kavian, L'engravement (Éditions La Contre Allée)
      Jean Baptiste Maudet, Tropicale tristesse (Le Passage)
      Polina Panassenko, Tenir sa langue (L'Olivier)
      Anthony Passeron, Les enfants endormis (Globe)
      Guillaume Perilhou, Ils vont tuer vos fils (L'Observatoire)
      Laurence Potte-Bonneville, Jean-Luc et Jean-Claude (Verdier)
      Lucie Rico, GPS (P.O.L)
      Jane Sautière, Corps flottants (Verticales)
      Anne Savelli, Musée Marilyn (Inculte)
      Kinga Wyrzykowska, Patte blanche (Seuil)


      mercredi 5 octobre 2022

      Lancement du choix Goncourt de la Belgique 2022


      Le choix Goncourt de la Belgique, on sait désormais bien de quoi il s'agit. C'est la septième fois que de la Belgique réunira plus de cent cinquante étudiant(e)s en langues et en littérature d'universités et de hautes écoles belges, francophones et néerlandophones afin qu'ils et elles choisissent leur livre préféré dans la deuxième sélection de l'Académie Goncourt, composée de huit titres. Chance, elle a été rendue publique ce mardi 4 octobre. La voici.
      • Grégoire Bouillier, "Le cœur ne cède pas" (Flammarion)
      • Nathan Devers, "Les liens artificiels" (Albin Michel)
      • Giuliano da Empoli, "Le Mage du Kremlin" (Gallimard)
      • Brigitte Giraud, "Vivre vite" (Flammarion)
      • Cloé Korman, "Les Presque Sœurs" (Seuil)
      • Makenzy Orcel, "Une somme humaine" (Rivages)
      • Pascale Robert-Diard, "La petite menteuse" (L'Iconoclaste)
      • Monica Sabolo, "La vie clandestine" (Gallimard)

      Pauline Delabroy-Allard.
      (c) Francesca Mantovani-Gallimard.
      Cette année, le choix Goncourt de la Belgique sera lancé mardi prochain, le 11 octobre, à 20 heures, à Passa Porta (rue Antoine Dansaert 46, 1000 Bruxelles), en présence de Pauline Delabroy-Allard, marraine de cette septième  édition. On se rappellera combien son premier roman "Ça raconte Sarah" (Minuit) avait marqué la rentrée littéraire 2018. Il avait figuré dans les première et deuxième sélections du prix Goncourt et avait failli être le lauréat belge 2018, à une époque où c'était la première sélection qui était proposée aux étudiants (lire ici). Il avait par contre été choix Goncourt de la Pologne, de la Roumanie et de la Suisse.

      La soirée sera l'occasion d'entendre la romancière expliquer ce que change la réception d'un prix littéraire dans la carrière d'une écrivaine, quelle lectrice elle est, étant elle-même autrice (adulte et jeunesse), qui détient le pouvoir de la consécration dans le champ littéraire...  Fine observatrice du monde de la littérature contemporaine, elle s'entretiendra de ses expériences et entrouvrira les portes de sa bibliothèque personnelle.

      Infos et tickets ici.


      Depuis 2016, la Belgique a son Choix Goncourt, auquel participent francophones et néerlandophones étudiant à l'université ou en haute école. L'opération est organisée conjointement depuis sa création par l'Ambassade de France en Belgique, la direction Europe de l'Ouest de l'Agence Universitaire de la Francophonie, l'Alliance française de Bruxelles-Europe et Passa Porta, la maison internationale des littératures à Bruxelles, avec le soutien de l'Académie Goncourt. Le prix a pour but de promouvoir la littérature de langue française et la francophonie en Belgique.

      Le jury composé de représentants des différentes hautes écoles et universités se réunira le 13 décembre à Bruxelles afin de désigner le lauréat. Le résultat des votes sera annoncé en présence d'un membre de l'Académie Goncourt et de l'Ambassadeur de France en Belgique en février 2023. Le/la lauréat(e) sera invité(e) au Passa Porta Festival, qui se tiendra en mars 2023 pour recevoir son prix et rencontrer les étudiants.


      Palmarès
      • 2021 Louis-Philippe Dalembert pour "Milwaukee Blues" (Editions Sabine Wespieser, lire ici)
      • 2020 Hervé Le Tellier pour "L'anomalie" (Gallimard, lire ici)
      • 2019 Santiago Amigorena pour "Le ghetto intérieur" (P.O.L., lire ici)
      • 2018 Adeline Dieudonné pour "La vraie vie" (L'Iconoclaste, lire ici)
      • 2017 Alice Zeniter pour "L'Art de perdre" (Flammarion, lire ici)
      • 2016 Catherine Cusset pour "L'autre qu'on adorait" (Gallimard, lire ici)





      samedi 1 octobre 2022

      Les premières sélections des prix littéraires

      Matilda, de Roald Dahl, dessinée par Quentin Blake. (c) Gallimard Jeunesse.

      En cette fin septembre, les grands prix littéraires français ont révélé leurs premières sélections. Au total, 116 livres ont été repérés par les jurys des dix prix suivants, présentés selon la date de remise des prix, sachant que certains ne choisissent que des romans français, d'autres y joignent des romans étrangers ou des essais: Décembre, Académie française, Goncourt, Renaudot, Femina, Médicis, Flore, Wepler, Interallié et Giono. Parmi ces 116 auteur(e)s, une seule Belge, Eva Kavian dont "L'engravement" (Editions La Contre Allée) est retenu au prix Wepler.

      Parmi ces 116 auteur(e)s, treize arborent trois ou quatre ou cinq sélections. Bien sûr, cela va changer lors des tours suivants. Et cela ne dit rien des lauréats.
      • Actuellement, Claudie Hunzinger figure en tête avec "Un chien à ma table" (Grasset), présent dans cinq sélections: Académie française, Renaudot, Femina, Médicis et Giono.
      • Emma Becker, dans quatre avec "L'inconduite" (Albin Michel): Décembre, Renaudot, Flore et Interallié.
      • "Le cœur ne cède pas" (Flammarion), la brique de Grégoire Bouillier, est aussi présente quatre fois, mais ailleurs: Goncourt, Renaudot, Femina, Wepler.
      • Dix autres noms apparaissent chacun trois fois.
      • Anthony Passeron, "Les enfants endormis" (Globe): Décembre, Flore, Wepler.
      • Brigitte Giraud, "Vivre vite" (Flammarion): Décembre, Goncourt, Femina.
      • Giuliano da Empoli, "Le Mage du Kremlin" (Gallimard): Académie, Goncourt, Interallié.
      • Monica Sabolo, "La vie clandestine" (Gallimard): Goncourt, Renaudot, Médicis.
      • Nathan Devers, "Les Liens artificiels" (Albin Michel): Goncourt, Renaudot, Médicis.
      • Pascale Robert-Diard, "La Petite menteuse" (L'Iconoclaste): Académie, Goncourt, Interallié.
      • Polina Panassenko, "Tenir sa langue" (L'Olivier): Femina, Médicis, Wepler.
      • Sandrine Collette, "On était des loups" (JC Lattès): Renaudot, Femina, Giono.
      • Sybille Grimbert, "Le dernier des siens" (Anne Carrière): Académie, Renaudot, Femina.
      • Yves Ravey, "Taormine" (Minuit): Goncourt, Renaudot, Femina.
      •  

      Pour ceux que cela intéresse, voici les premières sélections des dix prix in extenso. C'est un peu long et un peu fastidieux, je suis d'accord.

      Prix littéraires 2022

      Décembre (26 octobre)

      Basile Panurgias, Le Doute (Robert-Laffont)
      Brigitte Giraud, Vivre vite (Flammarion)
      Catherine Millet, Commencements (Flammarion)
      Sélim Nassib, Le tumulte (L'Olivier)
      Pacôme Thiellement, Paris des plongeurs (Seuil)
      Lola Lafon, Quand tu écouteras cette chanson (Stock)
      Maria Larrea, Les gens de Bilbao naissent où ils veulent (Grasset)
      Anthony Passeron, Les enfants endormis (Globe)
      Emma Becker, L'inconduite (Albin Michel)
      Corentin Durand, L'inclinaison (Gallimard)

      Académie française (27 octobre)

      Pierre Adrian, Que reviennent ceux qui sont loin (Gallimard)
      Giuliano Da Empoli, Le Mage du Kremlin (Gallimard)
      Pauline Dreyfus, Le Président se tait (Grasset)
      Sibylle Grimbert,Le Dernier des siens (Anne Carrière)
      Félicité Herzog, Une brève libération (Stock)
      Claudie Hunzinger, Un chien à ma table (Grasset)
      Yasmina Khadra, Les Vertueux (Mialet-Barraut)
      Alain Mabanckou, Le Commerce des allongés (Seuil)
      Jean Michelin, Ceux qui restent (Héloïse d'Ormesson)
      Pascale Robert-Diard, La Petite Menteuse (L'Iconoclaste)
      Emmanuel Ruben, Les Méditerranéennes (Stock)

      Goncourt (3 novembre)

      Muriel Barbery, Une heure de ferveur (Actes Sud)
      Grégoire Bouillier, Le cœur ne cède pas (Flammarion)
      Nathan Devers, Les liens artificiels (Albin Michel)
      Giuliano da Empoli, Le Mage du Kremlin (Gallimard)
      Carole Fives, Quelque chose à te dire (Gallimard)
      Sabyl Ghoussoub, Beyrouth-sur-Seine (Stock)
      Brigitte Giraud, Vivre vite (Flammarion)
      Sarah Jollien-Fardel, Sa préférée (Sabine Wespieser)
      Cloé Korman, Les Presque Sœurs (Seuil)
      Makenzy Orcel, Une somme humaine (Rivages)
      Yves Ravey, Taormine (Minuit)
      Pascale Robert-Diard, La petite menteuse (L'Iconoclaste)
      Emmanuel Ruben, Les Méditerranéennes (Stock)
      Monica Sabolo, La vie clandestine (Gallimard)
      Anne Serre, Notre si chère vieille dame auteur (Mercure de France)

      Renaudot (3 novembre)

      * Romans
      Emma Becker, L'inconduite (Albin Michel)
      Grégoire Bouillier, Le cœur ne cède pas (Flammarion)
      Antoine Choplin, Partie italienne (Buchet-Chastel)
      Sandrine Collette, On était des loups (J-C Lattès)
      Nathan Devers, Les liens artificiels (Albin Michel)
      Sybille Grimbert, Le dernier des siens (Anne Carrière)
      Hubert Haddad, L'invention du diable (Zulma)
      Claudie Hunzinger, Un chien à ma table (Grasset)
      Sylvie Le Bihan, Les sacrifiés (Denoël)
      Simon Liberati, Performance (Grasset)
      Laurence Nobecourt, Opéra des oiseaux (Grasset)
      Christophe Ono-Dit-Biot, Trouver refuge (Gallimard)
      Michel Quint, La printanière (Serge Safran)
      Yves Ravey, Taormine (Minuit)
      Monica Sabolo, La vie clandestine (Gallimard)
      * Essais
      Anne Akrich, Le sexe des femmes (Gallimard)
      Philippe Bordas, Le célibataire absolu (Gallimard)
      Guillaume Durand, Déjeunons sur l'herbe (Bouquins)
      Raphaël Gaillard, Un coup de hache dans la tête (Grasset)
      Iegor Gran, Z comme zombie (P.O.L.)
      Lola Lafon, Quand tu écouteras cette chanson (Stock)
      Jean-Paul Mari, Oublier la nuit (Buchet Chastel)
      Minh Tran Huy, Un enfant sans histoire  (Actes Sud)
      Benoît Peeters, Robbe-Grillet, l'invention du Nouveau Roman (Flammarion)
      Jean-Claude Perrier, Le Photographe de Notre-Dame (Cerf)
      Olivier Philipponat, Géographie des peuples fabuleux (Buchet Chastel)

      Femina (7 novembre)

      * Romans français
      Miguel Bonnefoy, L'inventeur (Rivages)
      Grégoire Bouillier, Le cœur ne cède pas (Flammarion)
      Thierry Clermont, Long Island Baby (Stock)
      Sandrine Collette, On était des loups (JC Lattès)
      Brigitte Giraud, Vivre vite (Flammarion)
      Sybille Grimbert, Le dernier des siens (Anne Carrière)
      Claudie Hunzinger, Un chien à ma table (Grasset)
      Oriane Jeancourt-Galignani, Quand l'arbre tombe (Grasset)
      Marie Nimier, Petite sœur (Gallimard)
      Christophe Ono-Dit-Biot, Trouver refuge (Gallimard)
      Polina Panassenko, Tenir sa langue (L'Olivier)
      Yves Ravey, Taormine (Minuit)
      Lucie Rico, GPS (P.O.L.)
      Olivia Rosenthal, Un singe à ma fenêtre (Verticales)
      Maud Simonnot, L'heure des oiseaux (l'Observatoire)
      Anne-Sophie Subilia, L'épouse (Zoé)
      * Romans étrangers
      Viola Ardone, Le choix, traduit par Laura Brignon (Albin Michel)
      Russell Banks, Oh, Canada, traduit par Pierre Furlan (Actes Sud)
      Gabriel Byrne, Mes fantômes et moi, traduit par Diane Meur (Sabine Wespieser)
      Mia Couto, Le cartographe des absences, traduit par Elisabeth Monteiro Rodrigues (Métailié)
      Rachel Cusk, La dépendance, traduit par Blandine Longre (Gallimard)
      Nathan Harris, La douceur de l'eau, traduit par Isabelle Chapman (Philippe Rey)
      Angelika Klüssendorf, Le 34 septembre, traduit par Justine Coquel (Jacqueline Chambon)
      Andreï Kourkov, Les abeilles grises, traduit par Paul Lequesne (Liana Levi)
      Jarred McGinnis, Le lâche, traduit par Marc Amfreville (Métailié)
      Lutz Seiler, Stern 111, traduit par Philippe Giraudon (Verdier)
      Alexander Starritt, Nous, les Allemands, traduit par Diane Meur (Belfond)
      Maria Stepanova, En mémoire de la mémoire, traduit par Anne Coldefy-Faucard (Stock)
      Brandon Taylor, Real life, traduit par Héloïse Esquié (La Croisée)
      Colm Toibin, Le magicien, traduit par Anna Gibson (Grasset)
      Juan Gabriel Vasquez, Une rétrospective, traduit par Isabelle Gugnon (Seuil)
      Hanya Yanagihara, Vers le paradis, traduit par Marc Amfreville (Grasset)

      Médicis (8 novembre)

      * Romans français
      Claire Baglin, En Salle (Minuit)
      Emmanuelle Bayamack-Tam, La Treizième Heure (P.O.L.)
      Diaty Diallo, Deux secondes d'air qui brûle (Seuil)
      Virginie Despentes, Cher connard (Grasset)
      Claudie Hunzinger, Un chien à ma table (Grasset)
      Victor Jestin, L'Homme qui danse (Flammarion)
      Tristan Jordis, Le pays des ombres (Stock)
      Cloé Korman, Les Presque Sœurs (Seuil)
      Emma Marsantes, Une mère éphémère (Verdier)
      Catherine Millet, Commencements (Flammarion)
      Polina Panassenko, Tenir sa langue (L'Olivier)
      Olivia Rosenthal, Un singe à ma fenêtre (Verticales)
      Monica Sabolo, La Vie clandestine (Gallimard)
      Anne Serre, Notre si chère vieille dame (Mercure de France)
      Anne-Sophie Subilia,  L'Epouse (Zoé)
      * Romans étrangers
      Allison Bechdel, Les secrets de la force surhumaine, traduit de l'américain par Lili Sztajn (Denoël Graphic)
      Maria Sonia Cristoff, Mal d'époque, traduit de l'espagnol (Argentine) par Anne Plantagenet (Le Sous-Sol)
      Elin Cullhed, Euphorie, traduit du suédois par Anna Gibson (L'Observatoire)
      Gyrdir Eliasson, Requiem, traduit de l'islandais par Catherine Eyjolfsson (La Peuplade)
      Anna Hope, Le Rocher blanc, traduit de l'anglais par Elodie Leplat (Le Bruit du monde)
      Andreï Kourkov, Les abeilles grises, traduit du russe (Ukraine) par Paul Lequesne (Liana Levi)
      Nicola Lagioia, La Ville des vivants, traduit de l'italien par Laura Brignon (Flammarion)
      Leila Mottley, Arpenter la nuit, traduit de l'américain par Pauline Loquin (Albin Michel)
      Alexander Starritt, Nous les Allemands, traduit de l'anglais par Diane Meur (Belfond)
      Maria Stepanova, En mémoire de la mémoire, traduit du russe par Anne Coldefy-Faucard (Stock)
      Colm Toibin, Le Magicien, traduit de l'anglais (Irlande) par Anna Gibson (Grasset)
      Allen S.Weiss, L'Autobiographie de Teddy, traduit de l'américain par Jean-François Allain (Gallimard)

      Interallié (9 novembre)

      Pierre Adrian, Que reviennent ceux qui sont loin (Gallimard)
      Emma Becker, L'Inconduite (Albin Michel)
      Nathan Devers, Les Liens artificiels (Albin Michel)
      Giuliano Da Empoli, Le Mage du Kremlin (Gallimard)
      Fabrice Gaignault, La vie plus douce (Grasset)
      Judith Housez, Chateaubriand à Saint-Tropez (Équateurs)
      Philibert Humm, Roman fleuve (Équateurs)
      Tristan Jordis, Le pays des ombres (Stock)
      Émilienne Malfatto, Le colonel ne dort pas (Sous-sol)
      Pascale Robert-Diard, La Petite menteuse (L'Iconoclaste)

      Prix de Flore (10 novembre)

      Emma Becker, L'Inconduite (Albin Michel)
      Bertrand Blier, Fragile des bronche (Seghers)
      Diaty Diallo, Deux secondes d'air qui brûle (Seuil)
      Joffrine Donnadieu, Chienne et louve (Gallimard)
      Clovis Goux, Les poupées (Stock)
      Mirwais Ahmadzai, Les tout-puissants (Séguier)
      Anthony Passeron, Les enfants endormis (Globe)
      Basile Panurgias, Le doute (Robert Laffont)
      Laura Poggioli, Trois sœurs (L'Iconoclaste)

      Wepler (14 novembre)

      Grégoire Bouillier, Le cœur ne cède pas (Flammarion)
      Corinne Desarzens, Un Noël avec Winston (La Baconnière)
      Eva Kavian, L'engravement (Éditions La Contre Allée)
      Jean Baptiste Maudet, Tropicale tristesse (Le Passage)
      Polina Panassenko, Tenir sa langue (L'Olivier)
      Anthony Passeron, Les enfants endormis (Globe)
      Guillaume Perilhou, Ils vont tuer vos fils (L'Observatoire)
      Laurence Potte-Bonneville, Jean-Luc et Jean-Claude (Verdier)
      Lucie Rico, GPS (P.O.L)
      Jane Sautière, Corps flottants (Verticales)
      Anne Savelli, Musée Marilyn (Inculte)
      Kinga Wyrzykowska, Patte blanche (Seuil)

      Giono (novembre)

      Muriel Barbery, Une heure de ferveur (Actes Sud)
      Mathieu Belezi, Attaquer la terre et le soleil (Le Tripode)
      Violaine Bérot, C'est plus beau là-bas (Buchet Chastel)
      David Bosc, Le pas de la demi-lune (Verdier)
      Sandrine Collette, On était des loups (J-C Lattès)
      Claudie Hunzinger, Un chien à ma table (Grasset)
      Xavier Le Clerc, Un homme sans titre (Gallimard)
      Jean-Noël Pancrazi, Les années manquantes (Gallimard)
      Simon Parcot, Le bord du monde est vertical (Le Mot et le Reste)
      Maud Simonnot, L'heure des oiseaux (L'Observatoire)