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lundi 3 septembre 2018

101 livres choisis par Payot pour son centenaire



La librairie suisse Payot Lausanne fête le centenaire de ses succursales de Vevey et Montreux, les premières créées en 1918, en mettant en avant cent et un titres parus au cours de ces cent dernières années et qui sont ses coups de cœur. Un par année. Cent et un donc. Les livres vont de Guillaume Apollinaire ("Calligrammes: poèmes de la paix et de la guerre", Gallimard) publié en 1918 à Gabriel Tallent ("My Absolute Darling", traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Laura Derajinski, Gallmeister) paru en 2018.

Il est toujours intéressant de voir quel livre est choisi comme coup de cœur pour une année, sachant que pour les traductions en français, c'est l'année de la parution de la traduction qui a été retenue et non l'année de la sortie originale. On retrouve dans cette liste de cent et un titres plein de classiques évidemment mais aussi des titres plus surprenants, quelques livres jeunesse, albums et romans, et quelques bandes dessinées. De quoi solidement donner envie de plonger dans sa bibliothèque.

Curieusement, la liste établie par la librairie  Payot parle de cent livres alors qu'ils sont cent et un quand on les compte bien. Une simple question de mathématiques. Et elle attribue les titres à l'éditeur original quand il s'agit de Gallimard mais aux maisons qui les ont repris en poche pour les autres... J'ai donc complété les listes avec les éditeurs originaux grâce à qui ces livres nous sont parvenus et les passages en poche.

La liste Payot
  1. 1918 Guillaume Apollinaire, "Calligrammes: Poèmes de la paix et de la guerre (1913 - 1916)"  (Mercure de France, Gallimard, GF, Pocket, Larousse)
  2. 1919 Marcel Proust, "A l'ombre des jeunes filles en fleurs" (Gallimard, Folio, Point2, Le livre de poche)
  3. 1920 Bram Stoker, "Dracula"  suivi de "L'invité de Dracula" (L'Édition Française Illustrée, Pocket, Point2)
  4. 1921 Joseph Conrad, "Lord Jim" (Gallimard, Folio, Livre de poche)
  5. 1922 François Mauriac, "Le baiser au lépreux" (Grasset, Le livre de poche) 
  6. 1923 Jack London, "Croc-Blanc" (Gallimard, Gallimard Jeunesse, Hatier, J'ai lu, Hachette, Le livre de poche jeunesse, Libretto)
  7. 1924 André Breton, "Manifestes du surréalisme" (Gallimard, folio)
  8. 1925 Blaise Cendrars, "L'or: La merveilleuse histoire du général Johann August Suter" (Gallimard, Folio)
  9. 1926 Francis Scott Fitzgerald, "Gatsby le Magnifique" (Gallimard, Folio, Le Livre de poche, Cahiers rouges)
  10. 1927 Stefan Zweig, "Vingt-quatre heures de la vie d'une femme" (Stock, Le livre de poche, Folio, Petite bibliothèque Payot)


  11. 1928 John Dos Passos, "Manhattan Transfer" (Gallimard, Folio)
  12. 1929 Sigmund Freud, "Malaise dans la civilisation" (Payot)
  13. 1930 Luigi Pirandello, "Un, personne et cent mille" (Gallimard, L'imaginaire)
  14. 1931 Thomas Mann, "La montagne magique" (Fayard, Le livre de poche)
  15. 1932 Louis-Ferdinand Céline, "Voyage au bout de la nuit" (Gallimard, Folio)
  16. 1933 Franz Kafka, "Le Procès" (Flammarion, Le livre de poche, Folio, Pocket)
  17. 1934 Agatha Christie, "Le crime de l'Orient-Express" (Le Masque, Le Livre de poche) 
  18. 1935 Pierre Véry, "Les disparus de Saint - Agil" (Gallimard, Gallimard Jeunesse, Folio Junior)
  19. 1936 Georges Bernanos, "Journal d'un curé de campagne" (Plon, Le Livre de poche) 
  20. 1937 Rainer Maria Rilke, "Lettres à un jeune poète" (Grasset, Le livre de poche)

  21. 1938 Margaret Mitchell, "Autant en emporte le vent" (Gallimard, Folio)
  22. 1939 Aimé Césaire, "Cahier d'un retour au pays natal" (Présence africaine)
  23. 1940 Georges Simenon, "Les inconnus dans la maison" (Gallimard, Folio)
  24. 1941 Roger Frison-Roche, "Premier de cordée" (Arthaud, J'ai lu)
  25. 1942 Albert Camus, "L'Étranger" (Gallimard, Folio)
  26. 1943 Antoine de Saint-Exupéry, "Le Petit Prince" (Reynal & Hitchcock, Gallimard, Folio)
  27. 1944 Louis Aragon, "Aurélien" (Gallimard, Folio)
  28. 1945 Henri Bosco, "L'enfant et la rivière" (Gallimard Jeunesse, Folio junior)
  29. 1946 Boris Vian, "J'irai cracher sur vos tombes" (Editions du Scorpion, Le Livre de poche) 
  30. 1947 John Steinbeck, "Les raisins de la colère" (Gallimard, Folio)

  31. 1948 Hervé Bazin, "Vipère au poing" (Grasset, Le Livre de poche, Cahiers rouges)
  32. 1949 Simone de Beauvoir, "Le deuxième sexe t.1 / Le deuxième sexe t.2" (Gallimard, Folio) 
  33. 1950 Anne Frank, "Le journal" (Calmann-Lévy, Le Livre de poche)
  34. 1951 Marguerite Yourcenar, "Mémoires d'Hadrien" (Gallimard, Folio)
  35. 1952 Ernest Hemingway, "Le vieil homme et la mer" (Gallimard, Folio)
  36. 1953 Hergé, "On a marché sur la Lune" (Casterman)
  37. 1954 Françoise Sagan, "Bonjour tristesse" (Julliard, Pocket)
  38. 1955 Alberto Moravia, "Le Mépris" (Flammarion, Librio)
  39. 1956 Romain Gary, "Les racines du ciel" (Gallimard, Folio)
  40. 1957 Marcel Pagnol, "La gloire de mon père" (de Fallois, Le Livre de poche)

  41. 1958 Vilhelm et Carla Hansen, "Petzi vol. 1 : Petzi construit un bateau" (Casterman, Place du Sablon)
  42. 1959 Vladimir Nabokov, "Lolita" (Gallimard, Folio)
  43. 1960 Italo Calvino, "Le baron perché" (Gallimard, Folio)
  44. 1961 Harper Lee, "Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur" (Le livre contemporain, de Fallois, Grasset, Le Livre de poche) 
  45. 1962 Jean-Pierre Vernant, "Les origines de la pensée grecque" (PUF)
  46. 1963 Pierre Boulle, "La planète des singes" (Julliard, Pocket)
  47. 1964 Violette Leduc, "La bâtarde" (Gallimard, L'Imaginaire)
  48. 1965 Raymond Queneau, "Les fleurs bleues" (Gallimard, Folio)
  49. 1966 Sébastien Japrisot, "La dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil" (Gallimard, Folio)
  50. 1967 Roald Dahl, "Charlie et la chocolaterie" (Gallimard Jeunesse, Folio junior)

  51. 1968 Albert Cohen, "Belle du seigneur" (Gallimard, Folio)
  52. 1969 Derib, "Yakari vol. 1 : Yakari et Grand Aigle" (Le Lombard)
  53. 1970 Leo Lionni, "Petit-Bleu et Petit-Jaune" (l'école des loisirs)
  54. 1971 José Mauro de Vasconcelos, "Mon bel oranger" (Hachette Jeunesse)
  55. 1972 John Ronald Reuel Tolkien, "Le Seigneur des anneaux" (Christian Bourgois, Pocket)
  56. 1973 Richard Bach, "Jonathan Livingstone le goéland" (Flammarion, J'ai lu)
  57. 1974 Alexandre Soljénitsyne, "L'archipel du Goulag" (Seuil, Points)
  58. 1975 Romain Gary, "La vie devant soi" (Gallimard, Folio)
  59. 1976 Jean Ziegler, "Une Suisse au-dessus de tout soupçon" (Seuil, Points)
  60. 1977 Jun'ichirō Tanizaki, "Éloge de l'ombre" (Verdier)

  61. 1978 Georges Perec, "La vie mode d'emploi" (Hachette, Le Livre de poche) 
  62. 1979 Jan Pienkowski, "La maison hantée" (Nathan Jeunesse)
  63. 1980 Jean-Marie Gustave Le Clézio, "Désert" (Gallimard, Folio)
  64. 1981 Jean-Patrick Manchette, "La position du tireur couché" (Gallimard, Folio)
  65. 1982 Umberto Eco, "Le nom de la rose" (Grasset, Le Livre de poche)
  66. 1983 Annie Ernaux, "La Place" (Gallimard, Folio)
  67. 1984 Marguerite Duras, "L'Amant" (Minuit)
  68. 1985 Fernand Braudel, "La dynamique du capitalisme" (Flammarion, Champs) 
  69. 1986 Patrick Süskind, "Le Parfum" (Fayard, Le Livre de poche) 
  70. 1987 Primo Levi, "Si c'est un homme" (Robert Laffont, Pocket)

  71. 1988 Fernando Pessoa, "Le livre de l'intranquillité /inquiétude" (Christian Bourgois)
  72. 1989 Salman Rushdie, "Les versets sataniques" (Christian Bourgois, Folio)
  73. 1990 Thomas Harris, "Le silence des agneaux" (Albin Michel, Pocket 
  74. 1991 Assia Djebar, "Loin de Médine" (Albin Michel, Le Livre de poche) 
  75. 1992 Luis Sepúlveda, "Le vieux qui lisait des romans d'amour" (Métailié, Points)
  76. 1993 Zep, "Titeuf vol. 1, Dieu, le sexe et les bretelles" (Glénat)
  77. 1994 Herbjørg Wassmo, "Le livre de Dina" (Gaïa, 10/18) 
  78. 1995 Bernhard Schlink, "Le Liseur" (Gallimard, Folio)
  79. 1996 Stephen King, "La ligne verte" (Librio, Le Livre de poche)
  80. 1997 Alessandro Baricco, "Novencento : pianiste" (Gallimard, Folio)

  81. 1998 J.K. Rowling, "Harry Potter vol.1: Harry Potter à l'école des sorciers"  (Gallimard Jeunesse, Folio junior)
  82. 1999 Philip Roth, "Pastorale américaine" (Gallimard, Folio)
  83. 2000 Ahmadou Kourouma, "Allah n'est pas obligé" (Seuil, Points)
  84. 2001 Frederik Peeters, "Pilules bleues" (Atrabile)
  85. 2002 Anne Cuneo, "Le maître de Garamond" (Stock, Le Livre de poche) 
  86. 2003 Dennis Lehane, "Shutter Island" (Rivages)
  87. 2004 Alain Damasio, "La Horde du Contrevent" (Gallimard, Folio)
  88. 2005 Jean-Luc Benoziglio, "Louis Capet, suite et fin" (Seuil)
  89. 2006 Muriel Barbery, "L'élégance du hérisson" (Gallimard, Folio)
  90. 2007 Marc Dugain, "Une exécution ordinaire" (Gallimard, Folio)

  91. 2008 Cormac McCarthy, "La Route" (L'Olivier, Points)
  92. 2009 Cosey, "Jonathan: intégrale, tomes 1, 2, 3" (Le Lombard)
  93. 2010 Laura Kasischke, "En un monde parfait" (Christian Bourgois, Le Livre de poche) 
  94. 2011 Fred Vargas, "L'armée furieuse" (Viviane Hamy, J'ai lu)
  95. 2012 Xinran, "Funérailles célestes" (Philippe Picquier, Picquier poche)
  96. 2013 Svetlana Alexievitch, "La Fin de l'homme rouge" (Actes Sud, Babel)
  97. 2014 Gong Ji-young, "Nos jours heureux" (Philippe Picquier)
  98. 2015 Virginie Despentes, "Vernon Subutex t. 1" (Grasset, Le Livre de poche) 
  99. 2016 Gaël Faye, "Petit pays" (Grasset, Le livre de poche) 
  100. 2017 Paolo Cognetti, "Les huit montagnes" (Stock, Le Livre de poche)
  101. 2018 Gabriel Tallent, "My Absolute Darling" (Gallmeister)




mardi 17 juillet 2018

DTPE 9 Rasmus, Benjamin et l'élan blanc

De tout pour l'été, DTPE.
L'été, le temps de lire, du lourd et du léger, du français et de l'étranger, des romans, des récits, des essais et des BD. L'été, le temps de relire ou de se rattraper aussi.

Jonas Gardell.


2018.
2016.
Derrière ce titre intrigant, "N'essuie jamais de larmes sans gants" de l'écrivain star en Suède Jonas Gardell ("Torka aldrig tårar utan handskar", traduit du suédois par Jean-Baptiste Coursaud et Lena Grumbach, Gaïa, 592 pages, 2016, Gaïa Kayak, 848 pages, 2018), dont l'explication est fournie dès les premières pages, se cache un roman exceptionnel qui vient de paraître en format semi-poche. Prodigieux par son format, son sujet, sa force, son atmosphère, sa manière et son style.

C'est une brique magnifique et puissante qu'on ne lâche pas une minute mais qui nécessite un long temps de lecture tant elle est dense et bouleversante. On ne saurait résumer le roman en disant que c'est l'histoire de Rasmus et Benjamin, l'un fils unique, l'autre témoin de Jéhovah, qui savent très tôt qu'ils ne sont pas comme les autres garçons. Mais nous sommes à la fin des années 70 et l'homosexualité n'est pas appréciée dans les campagnes de Suède et carrément interdite chez les Témoins. Ils feront tous les deux, comme plein d'autres jeunes hommes gays, le choix de quitter leur milieu et leur famille et de déménager à Stockholm pour pouvoir être eux-mêmes. Rasmus et Benjamin finiront par se rencontrer et connaître un très grand amour.  "Je veux dans ma vie pouvoir aimer quelqu'un qui m'aime"  est leur souhait. A ce moment, on est au début des années 80 et une maladie inconnue, une épidémie mortelle, ravage les homos. On ne sait pas encore que c'est le sida, on ignore comment s'en prémunir et comment la soigner et les réactions sont terrifiantes.

"N'essuie pas de larmes sans gants" est bien plus qu'un roman sur le sida et l'homosexualité en Suède il y a quarante ans. C'est une écriture souvent syncopée qui va et vient entre les époques et les personnages et nous hypnotise - chapeau aux traducteurs pour leur excellent travail - tout en ménageant une grande place à des dialogues remarquables ou à une poésie opportune. Ce sont des phrases qui saisissent au plus près de leur corps et de leur âme tous ceux et toutes celles qu'on va croiser. Ce sont des moments d'émotion par exemple quand on suit les garçons petits, avec cet élan aussi blanc que rare qui intervient régulièrement dans l'histoire jusqu'aux terribles dernières pages. De rage quand on voit le sort réservé à ceux qui sont atteints de LA maladie, d'admiration pour le rare personnel médical qui les accompagne. D'incompréhension devant cette société fermée qui n'accepte pas les évidences, et pas seulement chez les témoins de Jéhovah. On oublie vite ce qui a précédé.

Partagé en trois parties, "L'amour", "La maladie" et "La mort", le livre nous fait connaître de l'intérieur une foule d'homosexuels extrêmement attachants, dont un groupe qu'on suit de près, chacun passant à son tour à un moment du roman sous les feux du projecteur de l'auteur. Ils sont comme ils sont, mais jamais caricaturés. On les voit s'aimer, se perdre, se trahir, avoir peur, être en rage et aussi lutter pour leurs droits, et se défendre les uns les autres. Souvent avec humour, parfois avec sarcasme.

Jonas Gardell signe un livre de désespoir, de mémoire et d'amour, une tragédie où il glisse sans cesse du romanesque aux éléments sociologiques, politiques ou médicaux. Il nous emmène dans une lecture prodigieuse, dont on sort bouleversé et qu'on quitte à regret tant il a été bon d'être en compagnie de Rasmus, Benjamin, Paul, Lars-Ake, Reine, Bengt, Seppo, ces gays qui ont changé l'Histoire, l'ont payé cher et à qui il offre un extraordinaire tombeau.

Pour lire le début de "N'essuie jamais de larmes sans gants", c'est ici.


Sans oublier
DTPE 1: "Moria" de Marie Doutrepont (récit, 180° éditions)
DTPE 2: "The t'Serstevens collection" (photos, Husson éditeur/IRPA)
DTPE 3: "La maison à droite de celle de ma grand-mère" de Michaël Uras (roman, Préludes)
DTPE 4: "Le passé définitif" de Jean-Daniel Verhaeghe (roman, Serge Safran éditeur)
DTPE 5: "Ecrire en marchant" de Chantal Deltenre (récit, maelström reEvolution)
DTPE 6: "Encyclopædia Inutilis" de Hervé Le Tellier (nouvelles, Le Castor Astral)
DTPE 7: "Poisson dans l'eau" d'Albane Gellé et Séverine Bérard (jeunesse) et "Trente cette mère - maintenant" de Marcella et Pépée (poésie, Editions Les Carnets du Dessert de Lune)
DTPE 8: "Christian Bérard clochard magnifique" de Jean Pierre Pastori (biographie, Séguier)

vendredi 24 mars 2017

Le Passa Porta Festival est en vue

- Tu viens à Livre Paris? (nouvelle appellation du Salon du livre de Paris)?
- Ben non, moi, j'ai Passa Porta Festival! (sans compter que j'épargne le prix prohibitif des entrées à la porte de Versailles).

Et quel festival! En trois langues principalement et partout dans Bruxelles (lire ici).
Cent auteurs et cent rencontres en deux jours, les samedi 25 et dimanche 26 mars, et une soirée d'ouverture, le vendredi 24 mars...
Surtout que la météo semble vouloir être une alliée de dernière minute.


Vendredi
Changement de programme à propos de la soirée du vendredi: Paul Auster a remis un certificat médical et ne viendra pas à Bruxelles. Septuagénaire - on ne dirait vraiment pas -, il souffre d'un problème aux cordes vocales et doit, sur avis de ses médecins, respecter une période de repos. Mais une nouvelle date pour sa venue à Flagey autour de son œuvre et de son nouveau livre "4321" est à l'étude.

Négar Djavadi. (c) Matsas-Opale-Levi.
Ece Temelkuran.
Pas de panique pour autant.
La soirée d'ouverture change de braquet et se concentrera plutôt sur la relation entre littérature et politique. Comment lire le monde? Un thème qui sera débattu avec trois auteurs du Festival, la Turque Ece Temelkuran, la Franco-Iranienne Négar Djavadi et le Colombien Juan Gabriel Vásquez. Ils ont tous les trois signé des livres retentissants. "A quoi bon la révolution si je ne peux danser" (JC Lattès, 2016) un road-story pour la première, "Désorientale" (Liana Levi, 2016, Prix Première 2017, lire ici) son premier roman pour la deuxième, "Les dénonciateurs" (Seuil, 2015) pour l'auteur de "Le bruit des choses qui tombent" (Seuil, 2012). Ils répondront aux questions d'Annelies Beck et Nathalie Skowronek.
en anglais et en français, Flagey, vendredi 24 mars, 20h15.

Juan Gabriel Vásquez


Ensuite place au Parcours littéraire.
Voici le mien, essentiellement en français, mais l'ensemble des activités possibles est à consulter ici.

Samedi

En mise en jambes, une session de The Quiet Volume.
Suivre à deux participants, amis ou inconnus, les instructions écrites ou murmurées pour venir au bout d'une montagne de livres de manière absolument surprenante. .
Bibliothèque Muntpunt, 1 heure, réservation conseillée via festival@passaporta.be, de 10 heures à 17h40.

Caroline Lamarche. (c) E. Michiels.
📅 Caroline Lamarche,
guide d'exposition
La romancière  propose une visite guidée personnelle de l'exposition "BXL UNIVERSEL", qui présente un portrait subjectif de la capitale bruxelloise et européenne par des artistes contemporains.
Centrale for contemporary art, 14.30-15.30.

📅 La Rimbaudmobile
Sur le toit d'une vieille Citroën, ma voiture préférée, Peter Holvoet-Hanssen a aménagé une installation sonore. Il y présente sa "Cartographie du monde de la poésie", un jeu de piste à travers l'histoire de la poésie. Accompagné du poète Antoine Boute, il déverse un flot de poèmes sur le centre-ville de Bruxelles. Le duo s’arrête un moment au Vieux Marché aux Grains.
devant De Martkten, 15.00-15.30 (ailleurs à d'autres moments).

📅📅📅 Première rencontre, panoplie littéraire et voyage cosmique
J'irai à l'un, mes hologrammes aux autres. Ou, plus classiquement, mes clones.

Marcus Malte. (c) R. Gaillarde.
Jean-Baptiste Del Amo.
📅 Jean-Baptiste Del Amo a écrit "Règne animal" (Gallimard), Marcus Malte "Le garçon" (Zulma). Deux romans unis par la même force vitale, quasi animale. Ils se rencontrent pour la première fois pour un entretien croisé animé par Ysaline Parisis.
La Bellone, 15.30-16.30.


Maylis de Kerangal. (c) Hélie-Gallim.
📅 S'inspirant de la rubrique qu'il a imaginée dans la revue de littérature contemporaine "Décapage", Jean-Baptiste Gendarme demande à Maylis de Kerangal de présenter sa panoplie littéraire au moyen de textes, de photos et de documents.
Beursschouwburg, 15.30-16.30.


Erika Fatland. (c) Reineord.
📅 Si on envoyait une sonde dans les régions les plus éloignées du cosmos avec le meilleur de l'humanité peut à bord, quels seraient les livres, les films, les albums qui mériteraient de faire partie du voyage selon Erika Fatland? Questions posées par Lies Steppe.
Muntpunt, en anglais, 15.30-15.45.





📅 Repos graphique
Les téméraires dessinatrices Flore Balthazar et Judith Vanistendael vont dévoiler les vérités ultimes. Il suffit d'aller à leur rencontre et de leur poser la question qui vous préoccupe le plus. Quelques minutes plus tard, la réponse tant attendue est à portée de main, sur papier.
Beursschouwburg, 16.30-17.30.


Ivan Jablonka.
📅 Littérature et journalisme d'investigation
Dans "Laëtitia, ou la fin des hommes" (Seuil), prix Médicis 2016, Ivan Jablonka dissèque un fait divers survenu en 2011, en même temps qu'il offre une sépulture littéraire d'une femme broyée par les hommes. La littérature peut-elle s'aventurer sur le terrain du journalisme d'investigation? L'écrivain s'entretiendra avec Myriam Leroy.
Beursschouwburg, 17.00-18.00.

📅📅📅 Appel de Dimitri Verhulst, Voyage en Soviétistan et Prix des Cinq continents
Avec appel à mes clones de nouveau.

📅 Les écrivains Fikry El Azzouzi, Thomas Gunzig, Nathalie Skowronek, Christophe Vekeman et Isabelle Wéry sont invités à écrire un nouveau texte, en réponse à l'appel de Dimitri Verhulst: "Répondre à la terreur par la beauté et la littérature". La dessinatrice Judith Vanistendael donnera vie à ces textes en live. La présentation sera faite par Béatrice Delvaux.
Beursschouwburg, 18.30-19.30.

📅 Retrouver l'écrivaine et anthropologue norvégienne Erika Fatland qui avait brillamment ouvert l'édition 2017 du Passa Porta Festival et son livre "Sovietistan" (Gaïa). Elle y emmène le lecteur en voyage à travers le Turkménistan, le Kazakhstan, le Tadjikistan, le Kirghizistan et l'Ouzbékistan. Fine observatrice, collectionneuse d'histoires absurdes, elle dévoile un visage jusqu'ici inconnu de cet univers particulier.
De Markten, en anglais, 18.30-19.30

Fawzia Zouari.
📅 Qui est Fawzia Zouari, écrivaine et journaliste tunisienne dont le roman "Le corps de ma mère" (Editions Joëlle Losfeld) a remporté l'édition 2016 du Prix des cinq continents de la Francophonie? Entretien avec Vanessa Herzet.
Tuliti, 18.30-19.30.



② Soirée sous le signe du chiffre 2
Duality: dans tout le Beursschouwburg, écrivains, poètes, slammeurs et illustrateurs forment des duos avec d'autres artistes. Exemples.
Bertrand Belin & Max de Radiguès (en français),  un auteur et chanteur français & un dessinateur belge.
Martje Wortel & Randall Casaer (en néerlandais), un écrivain néerlandais & un artiste belge.
Aura Xilonen & Halfdan Pisket (en anglais), une auteur et réalisatrice mexicaine & un dessinateur danois.
Peter Verhelst & Wide Vercnocke (en néerlandais), un auteur belge lit un extrait de son prochain roman en avant-première & un dessinateur belge.
Dimitri Verhulst &  Peter Vandenberghe (en néerlandais), un écrivain belge & un pianiste belge.
Jeroen Olyslaegers & Scale (en néerlandais), un romancier belge & le roi du hip-hop anversois.
Gerard Herman & Milan Warmoeskerken (en néerlandais), un artiste néo-dadaïste belge & un compositeur belge.
Sukina Abdul Noor & Timothy Nouzak (en anglais), une poétesse et slammeuse britannique & un danseur.
(Joy) Gioia Kayaga &  Milady Renoir, (en français),  deux poétesses belges contemporaines.
Négar Djavadi & Eve Bonfanti (en français),  une cinéaste et romancière franco-iranienne & une actrice et metteuse en scène belge sur les lieux de leur jeunesse.
Jean-Baptiste Del Amo &  Olivier Cornil (en français),  un écrivain français & un photographe belge.
In bed with Andy Fierens & Milady Renoir (dans les trois langues), les deux poètes se font et vous font la lecture.

💃💃💃 Et à 22h30, ce sera piste de danse, version littéraire. 
Beursschouwburg, 20.00-00.00.


Dimanche (heure d'été)

Livres de seconde main
Stands de bouquinistes et troc de livres.
Derrière la Bourse, 10.30-18.00.

📅📅📅📅 Read Write Repeat, Littérature jazzy, Retour au pays natal et Lecture intergénérationnelle
Les clones sont priés de se présenter à midi.

José Eduardo Agualusa.
📅 Importante voix littéraire du monde lusophone, José Eduardo Agualusa ("Le Marchand de passés", Métailié) sélectionne un extrait littéraire qui lui donne une envie irrésistible de saisir sa plume. Sven Speybrouck (Radio 1) part à la recherche de ce qui le surprend et l’inspire.
Muntpunt, en anglais, 12.00-12.15.
De 13.30 à 13.45, même programme avec Rosa Montero (Métailié).
De 15.00 à 15.15, même programme avec Juan Gabriel Vásquez (Seuil).

📅 Des extraits du roman "Les harmoniques" (Gallimard, Série noire) de Marcus Malte sont mis en bouche par l'auteur et accompagnés par les musiciens Gérard Maurin et Virginie Teychené. 
Théâtre des Martyrs, 12.00-13.00.

📅 Après des années d'exil forcé, Juan Gabriel Vásquez retrouve son pays natal, la Colombie. Entretien à propos de ce retour et de son nouveau livre, "La forma de las ruinas", avec Catherine Vuylsteke.
Beursschouwburg, en anglais, 12.00-13.00.

Toon Tellegen.
📅 L'épatant écrivain néerlandais Toon Tellegen lit ses histoires d'animaux pleines de rebondissements, accompagné par ses alliés musicaux du Wisselend Toonkwintet. Un programme pour toutes les générations.
La Monnaie, en néerlandais, 12.00-13.00.







📅📅📅📅 Opération à crâne ouvert, Correspondance, Nouvelles voix belges et Lecture musicale
Les clones sont attendus après un rapide déjeuner.

Patrick Declerck. (c) Hélie-Gallimard.
📅 Patrick Declerck raconte dans "Crâne" (Gallimard) l'opération chirurgicale du cerveau qu'il a subie par son auteur. Lucidité et humour abrasif à prévoir pour cet entretien animé par Laurent Moosen.
Théâtre des Martyrs, 13.30-14.30.

📅 L'écrivaine et journaliste politique turque Ece Temelkuran s'est liée d'amitié avec sa consœur belge Annelies Beck lors d'une résidence à Passa Porta. Elles liront des extraits de la correspondance qu'elles entretiennent depuis les attentats de Paris.
Théâtre du Vaudeville, en anglais, 13.30-14.30.


Aiko Solovkine.
Jean-Marc Ceci.
📅 "Rodéo" d'Aiko Solovkine (Filipson, 2014) et "Monsieur Origami" de Jean-Marc Ceci (Gallimard, 2016) ont révélé deux nouvelles voix littéraires en Belgique. Comment ces auteurs sont-ils arrivés en littérature? Réponses croisées aux questions de Lorent Corbeel.
Tropismes Librairie, 13.30-14.30.

📅 On connaissait Bertrand Belin chanteur, le voici écrivain. Après "Requin" (P.O.L.), il signe "Littoral" (même éditeur), dans lequel on retrouve son épatant rapport à l'oralité et la musicalité. Logiquement, il a fait de ce texte un concert littéraire, qu'il présente avec le musicien Thibaut Frisoni.
Librairie Quartiers Latins, 13.30-14.30.

Céline Minard. (c) Lea Crespi.
📅 Solitude
Ecrivaine singulière, Céline Minard surprend sans cesse. "Le grand jeu" (Rivages), dans lequel la narratrice affronte sa solitude, en est la dernière illustration. Rencontre avec cette auteur inclassable, passionnée de montagne et de philosophie, animée par Laurent de Sutter.
Beursschouwburg, 15.00-16.00.



📅📅📅📅 Iran, France, Belgique, Une vie intense, Sofi Oksanen, Lionel Shriver
Pas de goûter pour les clones.

📅 Négar Djavadi, auteure du premier roman "Désorientale" (Liana Levi), a fait une entrée remarquée en littérature. Elle qui adore Bruxelles et y a vécu durant ses études à l'INSAS parlera de son itinéraire atypique, entre l'Iran et la France. 
Théâtre du Vaudeville, 16.30-17.30.

📅 Tristan Garcia et Véronique Bergen débattent de la peur du banal qui gouverne nos vies, de la quête d'intensité sans répit. Cette soif du "fort", de l'intense, assez récente, ne signale-t-elle pas aussi une difficulté à accepter la vie comme elle est? Modération : Laurent de Sutter. 
Beursschouwburg, 16.30-17.30.

Sofi Oksanen (c) Harkonen.
📅 Dans ses romans, la star de la littérature finno-estonienne Sofi Oksanen rend intelligibles des événements historiques. Elle évoque son œuvre et dialogue avec Saskia De Coster sur des thèmes actuels qui sont chers aux deux auteurs tels que la crise des réfugiés et le féminisme contemporain.
Bozar, en anglais, 16.30-17.30.

📅 Le dollar s'effondre, le président plaide l'isolationnisme, un mur est construit… par le Mexique. Dans son roman futuriste "Les Mandibules" (en français en mai 2017 chez Belfond), écrit avant l'élection de Donald Trump, Lionel Shriver dresse un portrait à la fois sombre et comique de l'Amérique. Entretien avec Ruth Joos.
La Monnaie, en anglais, 16.30-17.30.

Annie Ernaux. (c) Catherine Hélie-Gallimard.

📅 Finale magistrale
Figure majeure de la littérature française contemporaine, Annie Ernaux ("Mémoire de fille", Gallimard) a bâti une œuvre essentiellement autobiographique, dans laquelle elle part à la recherche d'elle-même comme d'une étrangère dont elle a la mémoire. Dans une démarche qui n'est pas sans lien avec la sociologie, et avec une écriture dont elle revendique la neutralité, elle évoque ainsi ses parents et leur trajectoire sociale, sa sexualité ou son avortement.
La rencontre animée par Ysaline Parisis sera précédée d'une lecture de "Mémoire de fille" par la comédienne Virginie Efira.
Bozar,  18.00-19.30.


Sans oublier
Le parcours enfant
Les joutes de traduction
Les balades littéraires
Le compte-rendu artistique en images par Halfdan Pisket, Mélanie Ruttern et Wide Vercnocke.



jeudi 23 février 2017

Cent auteurs au Passa Porta Festival 2017


L'inconvénient d'un événement bisannuel est qu'on le regrette l'année où il n'a pas lieu. L'avantage d'un événement bisannuel est qu'on se réjouit vraiment de pouvoir y participer l'année où il est organisé.
C'est précisément le cas du Passa Porta Festival, dont la sixième édition se tiendra du 24 au 26 mars à Bruxelles. Plus de cent auteurs feront le déplacement, et pas des moindres. Des stars comme Paul Auster (le vendredi soir en ouverture) et Annie Ernaux (en clôture le dimanche). Des valeurs sûres comme Lionel Shriver, Herman Koch, Maylis de Kerangal, Marcus Malte ou Sofi Oksanen. Des Belges des deux côtés de la frontière linguistique comme Nathalie Skowronek ou Dimitri Verhulst. De nouvelles voix littéraires à découvrir. Et tous ceux qui vous attendent sur le site dédié au Festival. Autant de belles surprises!

Plus de cent rencontres programmées en dix-neuf lieux rempliront le calendrier festivalier, rendant des milliers de lecteurs heureux.

Le rendez-vous incontournable des amoureux de la littérature se situe dans la continuité des précédents pour la qualité des événements programmés. Festival aussi bien international (17 nationalités) que plurilingue (français, néerlandais, anglais, espagnol, norvégien, finnois), bruxellois et lié à l'actualité. Il innove aussi. Principalement, en étendant le traditionnel parcours littéraire à deux jours, le samedi et le dimanche. Egalement en proposant douer duos inédits entre artistes pluridisciplinaires, "Duality" (samedi soir).

Comment organiser les rencontres autours des livres de la centaine d'auteurs invités? En choisissant des fils rouges reliant leurs ouvrages: dépassement des peurs et prise de risques, sortie des sentiers battus, dialogue, auteurs féminins, auteurs européens, poésie, lecture...


En attendant le 24 mars


Le "Prélude" avec Erika Fatland. (c) Passa Porta.

Un "prélude" autour de la formidable auteure norvégienne Erika Fatland se décline en trois temps: hier à Bruxelles (lire en fin de note), ce soir à Anvers et demain soir (24 février) à Liège.

Le label #ppf2017reader a été créé pour repérer différentes activités encadrées par des auteurs belges qui se dérouleront dans plusieurs librairies indépendantes de tout le pays autour de six auteurs du festival, Lionel Shriver, Almudena Grandes, Sofi Oksanen, Negar Djavadi, Patrick Declerck, P.F. Thomése. Dix bibliothèques bruxelloises ont préparé des tables destinées aux livres des auteurs du festival. Ce hashtag permet de rassembler les initiatives en rapport avec le Festival à venir.

Sans oublier ce qui se réalise dans le cadre des Brussels Book Days (lire ici).


Le sixième Passa Porta Festival


Les soirées

Vendredi 24


Paul Auster (c) Lotte Hansen.
Paul Auster évoquera son œuvre et son dernier roman "4 3 2 1", un pavé de plus de 900 pages sorti le 31 janvier aux Etats-Unis et non encore traduit en français. Attendu depuis sept ans, ce roman raconte l'histoire de quatre Archibald Isaac partageant le même ADN mais menant des vies parallèles et totalement différentes.
Flagey, 20h15, interview par Annelies Beck, en anglais.



Samedi 25


Négar Djavadi (c) Matsas-Opale-Levi.
"Duality" ou une soirée placée sous le signe du chiffre 2. Négar Djavadi & Eve Bonfanti, Gerard Herman & Milan Warmoeskerken, Joy (Gioia Kayaga) & Milady Renoir, Dorthe Nors & Randall Casaer, Jeroen Olyslaegers & Scale, Halfdan Pisket & Aura Xilonen, Peter Verhelst & Wide Vercnocke, Dimitri Verhulst & Peter Vandenberghe, Jean-Baptiste Del Amo & Olivier Cornil, entre autres, investiront le bâtiment pour créer: duos d'écrivains, poètes, slameurs et illustrateurs avec d'autres artistes. A partir de 22h30, cap sur la piste de danse, en version littéraire.
Beursschouwburg, 20 heures, en français, néerlandais et anglais.


Et en rentrant, on passe à l'heure d'été (on avance sa montre d'une heure)!


Dimanche 26


Annie Ernaux. (c) C. Hélie-Gallimard.
Annie Ernaux, figure majeure de la littérature française contemporaine, répondra aux questions d'Ysaline Parisis. La rencontre sera précédée d'une lecture de textes de l'auteure par la comédienne belge Virginie Efira.
Bozar, 18 heures, en français.




Connie Palmen. () I. Olhbaum.
Herman Koch. (c) M. Kohn.
En parallèle, les néerlandopho-nes pourront écouter Connie Palmen et Herman Koch, auteurs néerlandais renommés et traduits en français, la première chez Actes Sud, le second chez Belfond, discuter avec Ruth Joos.
KVS, 18 heures, en néerlandais.


Le parcours

Je répète, cette année, le parcours se déroule sur les journées du samedi et du dimanche (avec passage à l'heure d'été entre les deux, soit avancer sa montre d'une heure).

A chacun de picorer selon ses envies, tout est clair sur le site (www.passafestival.be), organisé par lieux, catégories et auteurs. De se faire son parcours, en choisissant entre conférence, débat, lecture, installation, joute de traduction, club de lecture en présence ou non de l'auteur, dédicace, installation, poésie (dont la Rimbaudmobile), illustration, musique, promenade, visite guidée, petit déjeuner, sans oublier le programme Kids. Les infos pratiques et les réservations en ligne se font sur le même site.

Plus près de l'événement, je me ferai mon petit parcours, que je vous communiquerai.



📚 Dans l'intervalle


Avant tout cela, je me réjouis de lire "Soviétistan, un voyage en Asie centrale" d'Erika Fatland (traduit du norvégien par Alex Fouillet, Gaïa, 512 pages, février 2016). La rencontre de la romancière avec des hommes et des femmes du ­Turkménistan, du Kazakhstan, du Tadjikistan, ­du Kirghizistan et de l'Ouzbékistan.
Le début du livre peut se lire ici.
Et début avril, on aura la traduction française de son roman pour enfants, "La guerre des enfants" (Gaïa), qu'elle a mis six ans à écrire.


Erika Fatland. (c) Reineord.

Erika Fatland a réjoui mercredi soir le public bruxellois lors du "Prélude" au Passa Festival 2017! Mince alors! A 33 ans à peine, la Norvégienne peut exhiber un passeport de vieux baroudeur. Anciennes républiques soviétiques, Corée du Nord, Chine, du lourd par rapport à son voyage post études universitaires au Guatemala. Partout, elle a voulu rencontrer les gens, communiquer avec eux. Et elle a fait de ces rencontres, consignées dans les pages d'un journal quotidien, des livres très travaillés. C'est que l'anthropologue de formation, se considère davantage comme un écrivain. Et quel écrivain que celle qui a suivi son rêve d'enfant!

Lu en norvégien, avec projection simultanée des traductions en français, néerlandais et anglais, son formidable discours d'ouverture du festival, "Les confessions d'une écrivain voyageuse", était un régal d'humour et de réflexions sur le monde, sa pratique d'auteur, ses rencontres... Un semblant de zig-zag autour du fil rouge des frontières visibles et invisibles pour mieux embrasser tous les sujets qui touchent ou fâchent. Faire sourire le public par une anecdote avec un garde-frontière tout en le conscientisant par une autre au monde d'hier, d'aujourd'hui et de demain.

Pour le moment, Erika Fatland écrit de la "non fiction" comme on dit en anglais, ce qui implique pour elle que tout ce qu'elle écrit doit être vrai. Seule concession, elle modifie les noms des intervenants pour les protéger des régimes autoritaires de leurs pays. Mais elle rêve d'écrire un roman.

Elle a publiés deux livres sur le terrorisme, non traduits, l'un sur l'attaque terroriste qui ­frappa une école de Beslan (Nord-Caucase) en 2004, où elle s'est rendue plusieurs fois plusieurs années après les faits afin d'interroger les témoins de cette tragédie. L'autre sur les attaques terroristes de 2011 en Norvège, dont la tuerie d'Utoya. Et ce "Soviétistan" qu'il me tarde de découvrir. Autant de sujets difficiles dont la qualification la fait sourire.

En attendant le texte complet de son discours d'ouverture, en voici le début (traduction française d'Alex Fouillet).

"L'organisatrice a eu l'amabilité de me faire parvenir une liste des auteurs qui m'ont précédée pour ce discours d'ouverture, et comme si ça ne suffisait pas, elle m'a aussi envoyé une copie de leurs allocutions. C'est donc en proie à des sentiments mêlés que je m'adresse à vous aujourd'hui. En premier lieu parce que je devine les silhouettes des géants qui ont eu cette responsabilité avant moi. Oui, l'année dernière, il s'agissait d'un lauréat du Prix Nobel, ai-je appris. En second lieu, parce que je ressens le poids des années. Mon mari, écrivain lui aussi, est nettement plus âgé que moi. Quand nous avons fait connaissance, il y a un peu plus de dix ans, il venait d'entrer dans l'âge où on commence à être sollicité pour des ouvertures - festivals musicaux, expositions artistiques, ce genre de choses. Rien n'indique plus certainement qu'on a intégré pour de bon les rangs des adultes, oui, qu'on approche imperceptiblement de ceux des gens entre deux âges, que la jeunesse est sans conteste une époque révolue, que d'être invitée à ouvrir - par exemple - un festival de littérature en Belgique!

Les gens ont des pieds, pas des racines. Cette affirmation figure sur la première page d'une introduction à l'anthropologie sociale. C'est l'un des éléments les plus importants de cette matière - et de l'histoire de l'humanité. Il y a environ 80.000 ans, des gens ont traversé la mer Rouge, depuis l'Afrique et jusqu'au Yémen actuel. Ils ont poursuivi vers l’Asie centrale et l’Himalaya, avant de peupler l'Europe il y a à peu près 40.000 ans. Pendant cette période, leur culture et leur langue se sont modifiées à de nombreuses reprises.
Depuis, nous avons poursuivi, élargi et amélioré nos irrépressibles déplacements.
Aujourd'hui, nous n'allons plus à pied, nous nous glissons dans un siège étroit pour nous laisser porter dans les airs, à dix mille mètres du sol, enfermés dans de minces tubes d'aluminium. En Europe du Nord, nous voyageons tant et si souvent que nos cartes bancaires attrapent des ampoules, et si l'on fait abstraction  du bilan carbone, qui peut nous le reprocher? Ce n'est pas un hasard si 90 % des touristes qui viennent à Oslo le font en été. (...)"

Le texte complet peut être lu ici.