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mercredi 10 février 2016

Attention, un caillou peut en cacher un autre

Le petit monde du livre s'est rappelé, et à raison, du magnifique premier roman de Sigolène Vinson paru au Tripode l'an dernier, "Le Caillou"(lire ici).  Il est en effet le lauréat en catégorie littérature francophone du prix Libr'à Nous 2016. Un prix à multiples catégories, neuf cette fois, créé en 2013, et auquel ont participé cette année plus de 200 libraires de France, Belgique, Suisse, Maroc, Nouvelle Calédonie, Québec, contre 160 l'an dernier.

Il s'autodécrit ainsi: "Le Prix Libr'à Nous est un mouvement spontané et libre de libraires voulant mettre en avant dans différentes catégories leurs coups de cœur. C'est un prix où tous les libraires francophones du monde entier en poste (ayant exercé au moins 4 mois durant l'année) en librairies indépendantes, grandes surfaces, chaînes, peuvent voter à tous les tours via notre groupe internet."

En pratique, tout passe par la page Facebook du prix. Les votes portent sur les livres parus l'an dernier.

Palmarès
  • Album jeunesse: "Je suis un lion", d’Antonin Louchard (Seuil jeunesse)
  • Histoire: "Histoire de la douleur: XVIe-XXe siècle", de Javier Moscoso (Les Prairies ordinaires)
  • Philo/Socio/Psycho: "10 jours dans un asile", de Nellie Bly (Editions du Sous-Sol)
  • Littérature étrangère: "La neige noire", de Paul Lynch (Albin Michel)
  • Littérature francophone: "Le Caillou", de Sigolène Vinson (Le Tripode)
  • Bande dessinée adulte: "Zaï Zaï Zaï Zaï", de Fabcaro (6 Pieds Sous Terre)
  • Imaginaire: "Futu.re", de Dmitry Glukhovsky (Atalante)
  • Polar: "Pukhtu", de D.O.A (Gallimard)
  • Roman ado: "Les petites reines", de Clémentine Beauvais (Sarbacane)

Je plussoie aux choix en littératures francophone et étrangère. J'ai des doutes sur les choix en jeunesse, non que les choix soient mauvais, mais je pense qu'il y avait mieux. Je me tais par rapport aux autres catégories que je connais mal.

A noter que la soirée de remise des prix aura lieu ce mercredi 10 février (20 heures) au Centre Wallonie-Bruxelles à Paris.

Mais comme je l'écrivais, un caillou peut en cacher un autre.


Et cet autre "Caillou", c'est l'album jeunesse que Thierry Dedieu vient de publier (Seuil Jeunesse, 40 pages). Un grand format en trois couleurs, noir, blanc et rouge, sous-titré "Les hommes sans mémoire n'ont pas d'avenir". Un conte inspiré par les destructions récentes d'œuvres d'art majeures. La quatrième de couverture les rappelle sobrement.

La quatrième de couverture. (c) Seuil Jeunesse.


L'attaque des Khomènes. (c) Seuil Jeunesse.
En des images sobres mais éloquentes, Thierry Dedieu raconte la guerre, la conquête, le massacre des uns par les autres. Nouvelles lois, nouvelles valeurs. "Désormais", écrit-il, "le Karabastan est aux mains des Khomènes, porteurs d'une nouvelle culture." Khomènes comme Khomeini?

Le caillou est la montagne sacrée des nomades. (c) Seuil Jeunesse.
Leur territoire est un désert au milieu duquel se trouve "le caillou", un rocher haut de 300 mètres. Ses parois sont recouvertes d'inscrip-
tions millénaires. Quel "caillou dans la chaussure des Khomènes", note l'auteur. Leur chef tyrannique veut au plus vite détruire ce caillou qui témoigne du passé et en évacuer les décombres au-delà des frontières.

Tout roule sauf qu'un élément étrange intervient: le pays se soulève, au sens premier. Une vingtaine de centimètres d'abord. Le guide suprême est fier "d'avoir un pays au-dessus des autres". Les choses se compliquent quand la marche fait d'abord 5 mètres et ensuite 820, isolant totalement le Karabastan. Et le savant annonciateur du pire connaîtra un sort funeste.

"Le caillou" dénonce à sa façon imagée la tyrannie et ses ravages. Thierry Dedieu dénonce crûment l'obscurantisme et la violence. Et propose aux enfants lecteurs de réfléchir à la marche du monde, à grande ou à petite échelle. A partir de 6 ans.


Sur son blog, Thierry Dedieu réfléchit sur son travail.

Thierry Dedieu.
"Les attentats du début d'année dernière m'ont bouleversé, la tuerie elle-même, la réaction des Français mais plus encore le fait que certains proclamaient haut et fort qu'ils  "n'étaient pas Charlie". Comment ne pas être Charlie?
Ce fut pour moi une stupéfaction. Je me suis beaucoup interrogé sur ce qui pour moi était une évidence et qui ne l'était pas pour d'autres.
J'ai pris alors conscience d'un manque d'éducation au sens large. Alors j'ai décidé de m'engager. J'ai pris conscience que nous, auteurs, éditeurs, instituteurs, bibliothécaires, libraires… mais aussi parents, nous avions un rôle à tenir. Jusque-là, il m'était arrivé de consacrer certains de mes livres à des réflexions sur la guerre ("Le pacificateur", "Aagun", "Va-t-en-guerre", "14-18", "Le Baron bleu"), ces "engagements" de ma part étaient plus intuitifs qu'intentionnels. Hormis le livre "Dieux" (L'Édune), je n'avais pas réellement pris parti et surtout je n'avais pas cherché délibérément à "agir".  Le livre "Le cailloue marque un changement. Désormais, quand je le jugerai nécessaire, quand j'en aurai la possibilité: je m'engagerai.
"Le caillou" est un conte. Il a été inspiré par les exactions perpétrées par les talibans, entre autres, qui ont détruit certains monuments et qui veulent effacer "une culture" et donc la culture.
Dans ce livre, une phrase est mise en exergue, cousine de celle attribuée à Foch: "Les hommes sans mémoire n'ont pas d'avenir".



Dans "Le sourire de la montagne" (Gallimard Jeunesse, 2013, lire ici), album au titre énigmatique,  François Place avait aussi conçu un album en écho à la destruction par les talibans, en février 2001, des deux Bouddhas géants de Bamyan, en Afghanistan. Mais il en avait fait une histoire de construction.








samedi 6 février 2016

Reine depuis 64 ans et plus drôle qu'on ne croit

C'est le 6 février 1952 qu'Elisabeth II  accède au trône d'Angleterrre - elle sera couronnée le 2 juin 1953, en eurovision. On pense ce qu'on veut de la souveraine du Royaume-Uni, chef du Commonwealth, mais il faut reconnaître qu'elle est dévouée à sa tâche.

Derrière le masque et les chapeaux, qui est-elle, cette souveraine au long cours? 64 ans qu'elle règne quand même... Quelqu'un notamment plein d'humour, qualité qu'elle partage avec son mari, Philip Mountbatten, duc d'Edimbourg, épousé en 1947, si on en croit le très plaisant ouvrage "Les sautes d'humour d'Elisabeth II" qu'a concocté Karen Dolby (traduit de l'anglais par Hélène Hinfray, Payot, 2015, 172 pages). L'auteure a réuni des dizaines d'anecdotes et nous fait découvrir une Queen différente de celle que les médias présentent.

En huit chapitres thématiques précédés d'un avant-propos et suivis d'une chronologie, Karen Dolby nous fait rencontrer la souveraine et son prince gaffeur de mari dans leur quotidien ou en représentation. On apprend mille choses amusantes, parce qu'on est tous un peu commères, mais surtout on se divertit devant les anecdotes rassemblées. Comme la Queen aime rire et faire rire! Comme elle nous fait rire avec ses bons mots, ses remarques perfides mais justes, ses méprises sur les personnes ou sa prestation de James Bond girl aux Jeux Olympiques de 2012.

On la découvre aussi par des faits racontés par son entourage. Toutes ces évocations permettent d'établir un portrait de la souveraine, femme attentive à ses domestiques et à ses hôtes mais implacable avec ceux qui l'ennuient ou la dérangent. Bref, le livre vaut la peine par la manière dont il décrit l'enver d'un décor très officiel. Et là, l'humanité d'Elisabeth se révèle. Son dévouement au travail aussi mais sans négliger les petits plus possibles.

Parapluie transparent mais bordure assortie.
Dans ce livre savoureux, découpé en anecdotes successives, on apprend ainsi pourquoi Elisabeth II ne porte pas de beige et pourquoi, lorsqu'il pleut, elle s'abrite toujours sous un parapluie en plastique transparent mais dont la bordure est assortie à sa tenue. C'est tout simple. Elle sait que le public aime la photographier et s'arrange pour être au mieux sur les clichés, choisissant aussi ses places dans les expos pour ne pas risquer les arrière-plans dérangeants...



Evidemment, on se rappellera aussi qu'Elisabeth II avait été le sujet de l'excellent roman d'Alan Bennett, "La Reine des lectrices" (traduit de l'anglais par Pierre Ménard, éditions Denoël ou Folio, lire ici).

vendredi 5 février 2016

La saine colère de Stasys Eidrigevicius

En littérature de jeunesse, on voit souvent des albums dont certaines images ressemblent à d'autres. Clin d'œil, hommage et parfois emprunt pour ne pas dire copie ou plagiat. Si personne ne reproche à personne de s'approprier par exemple la "Chambre à coucher" de Vincent Van Gogh à l'une ou l'autre occasion, on comprend la réaction de colère de l'artiste polonais Stasys Eidrigevicius devant le pillage systématique de son œuvre par un copieur russe.

C'est le "Daily Heller" qui lance l'alerte: "L'artiste polonais et designer Stasys Eidrigevicius", écrit Steven Heller, "qui a été présenté à plusieurs reprises dans le "Daily Heller", a un sosie, ou plutôt ce qu'il décrit comme un copieur russe (un "Rosyjski kopista"). La copie peut être la plus grande forme de flatterie, mais l'emprunt est problématique. Une fois, deux fois, trois fois, c'est une influence, mais plus que cela... S'inspirer et copier la technique d'un maître fait partie de la tradition artistique, mais le dossier que Stasys a réuni suscite des questions. Espérons que dans le cadre du récent expansionnisme de Poutine, la Russie ne tente pas également d'annexer la propriété intellectuelle."

Et de présenter les originaux de Stasys Eidrigevicius à gauche et les travaux du "Rosyjski kopista" à droite.





Pas besoin d'ajouter quoi que ce soit.


Stasys Eidrigevicius est ce créateur né en 1949 en Lituanie, pays de sa mère où il passera son enfance et sa jeunesse (il fera des études d'art à Vilnius), mais  de père polonais. Ce n'est qu'en 1980 que ce grand voyageur, à l'affut de l'art aux quatre coins du monde, obtient l'autorisation de résider en Pologne. Il s'installe à Varsovie. Peintre et graveur, il affirme vite son style mêlant noirceur profonde et éclats de couleurs. On reconnaît de loin les regards vides de ses visages allongés. Très vite, il se fait repérer partout dans le monde de l'illustration et récolte de multiples récompenses. A Bologne, on remarque en 1985 son affiche réalisée dans le cadre de l'année internationale de l'enfant. L'année suivante, c'est Barcelone qui le met à l'honneur. Suivront en 1992 Bratislava et tout ce qui compte dans l'édition jeunesse.

Les traductions françaises de ses livres ont malheureusement largement disparu ces dernières années, victimes des bouleversements éditoriaux, à l'exception d'un récent album de François David qu'il a illustré, "Le garçon au cœur plein d'amour" (Motus, 2010).

"La Reine des neiges".

Mais ils avaient enchanté les années 1980 et 1990. En français nous sont notamment parvenus ses images sur des contes classiques dont "La Reine des neiges" d'Andersen (Grasset Jeunesse, 1984).


In "Le Chat botté".
In "Le Chat botté". 


















Sans oublier sa version interpellante du "Chat botté" de Perrault (Nord-Sud, 1990): remplie de symboles, énigmatique, repliée sur elle-même. Le conte se déroule dans un monde de ténèbres que ne réchauffe que la pointe de rouge utilisée pour les bottines du chat. Les regards des personnages sont étranges; fixes, sans paupières, ils font songer à des masques mortuaires. Aucune légèreté dans cette interprétation, aucun plaisir gratuit. Au contraire, l'illustration est sombre, inquiétante. Réfléchie, symbolique aussi. Le chat apparaît parfois si terrifiant qu'on se demande s'il n'est pas ogre lui-même (ne porte-t-il pas les bottes qui en sont l'attribut). Stasys Eidrigevicius s'est livré à une lecture critique du conte de Perrault sans renoncer à mettre en images les peurs terribles, enfouies au plus profond d'eux-mêmes, des enfants. Fort, l'album touche à l'âme et atteint l'effet libératoire du conte.


Il y eut aussi évidemment "Goulu, le meurt-de-faim" (raconté par Anna Frère d'après Kurt Baumann, illustré par Stasys Eidrigevicius, Editions Nord-Sud, 1993), soit un gourmand goulu dérivant vers l'anthropophagie... L'histoire toute simple - un goulu dévore tout sur son passage et finit par mourir de faim - se situe entre le théâtre et la narration. Il faut en effet examiner l'album de près. Au-delà de l'apparence sévère, des coloris éteints, de la mise en pages répétitive (une illustration en couleurs à droite, un crayonné en noir et blanc surmonté du texte à gauche), on réalise l'astuce: les images qu'on prenait au premier coup d'œil pour des dessins sont en fait les photos de personnages masqués! Cette alliance du comédien vivant (seules les mains rappellent l'appartenance à la race humaine) et du masque de papier (la composition picturale cache le visage) crée une ambiance particulière. D'autant plus bouleversante qu'on note une gradation dans ce que le masque dévore: éléments naturels comestibles en premier lieu, êtres humains ensuite. Cette dérive vers l'anthropophagie, proche du conte populaire, achève l'histoire terrible et cruelle d'une destinée non maîtrisée.








lundi 1 février 2016

Avec une certaine idée du rêve américain, le romancier Robert Goolrick arrive chez 10-18

Lors de la dernière édition du Festival America qui s'est tenue à Vincennes en septembre 2014 - la prochaine, la huitième, aura lieu dans six mois, du 8 au 11 septembre -, le public avait découvert avec enchantement l'écrivain américain Robert Goolrick. Quelle générosité et quel humour chez quelqu'un qui se dit bougon. Sa nouveauté d'alors, l'excellent roman "La chute des princes" ("The fall of princes", traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Marie de Prémonville) vient de passer en poche, chez 10-18 (240 pages).

Roman formidable et prenant de bout en bout, terriblement humain aussi, "La chute des princes" s'articule autour d'un trader des années 80 à qui tout réussit et qui parvient à tout perdre. Il débute ainsi:
"Quand vous craquez une allumette, la première nano-seconde elle s'enflamme avec une puissance qu'elle ne retrouvera jamais. Un éclat instantané, fulgurant. L'incandescence originelle.En 1980, j'ai été l'allumette et je me suis embrasé pour n'être plus qu'une flamme aveuglante."
Ecrit à la première personne, le roman raconte le milieu de l'argent, le travail sans fin, l'excitation du succès, la cocaïne, l'alcool, la drogue de vouloir  gagner toujours plus, les fêtes décadentes, le sexe, les femmes qui aiment et puis n'aiment plus. Toujours plus, toujours plus vite, toujours plus fort! Mais ce tableau a un revers, la dépression, le sida, les assuétudes, la solitude, le suicide… Au contraire d'un de ses potes, le narrateur va dégringoler jusqu'à ce qu'il transforme le dégoût qu'il a de lui-même. Et c'est la beauté de son chemin qui transparaît dans l'écriture de Robert Goolrick. Les livres ont toute leur place dans cette lutte contre les monstres, ceux de Keats, Shelley, Shakespeare et Proust pour celui qui se raconte avant qu'il ne se trouve une nouvelle vie sous leur protection.

Pour écrire "La chute des princes", le romancier américain a tout simplement transposé le monde de la publicité qu'il a connu de l'intérieur dans celui des traders. Incandescence, indécence, décadence et chute avant la renaissance.

Et comme un bonheur n'arrive pas toujours seul, ce roman a entraîné avec lui chez 10-18 trois de ses petits camarades, publiés précédemment chez Pocket.



Robert Goolrick est arrivé tard en littérature, dans les années 2000, la cinquantaine bien entamée. Il est né en 1948 en Virginie où il habite actuellement. Jeune, il voulait être acteur ou peintre! Il vécut alors plusieurs années en Europe, notamment dans l'île grecque de Paros et parle du coup grec. Il ne sera ni peintre, ni acteur, mais publicitaire à New York après avoir publié un livre qui lui vaut d'être déshérité par ses parents! Il y restera trente ans. Pas plus. A cinquante-trois ans, l'agence où il travaille le vire. Que faire du reste de sa vie? Il se souvient que jeune, il aimait raconter des histoires complexes de vie et de mort. Il se lance dans l'écriture d'un premier livre qui ne trouve pas d'éditeur. Son agent lui conseille d'écrire son autobiographie. Ce sera "Féroces" ("The End of the World as We Know It", 2007), son deuxième livre à être traduit en français par Marie de Prémonville, sa traductrice attitrée (2010).  Un premier roman autobiographique, lourds de secrets, qui raconte une famille idéale du sud des Etats-Unis dans les années 50. Idéale en apparence. Goolrick y dit son passé d'enfant violé par son père, terrible blessure tenue jusque-là secrète, sa tentative de suicide à 30 ans, ses séjours en hôpital psychiatrique.

Le premier livre de Robert Goolrick a avoir été publié en France chez Anne Carrière a été "Une femme simple et honnête" (2009, "A reliable Wife", 2009), l'histoire d'un veuf qui, dans le Wisconsin de 1907, attend la jeune épouse qui a répondu à son annonce, sauf qu'elle n'est pas la femme annoncée. Leur première rencontre se fait sur le quai d'une gare.

Ont suivi "Féroces" (2010) et "Arrive un vagabond" (2012), l'arrivée d'un boucher en Virginie au cours de l'été 1948 qui y découvrira la passion et l'interdit, un roman qui fut Grand Prix des Lectrices de "Elle" 2013. Charlie Beale débarque avec deux valises. Dans l'une, quelques affaires personnelles et sa collection de couteaux, dans l'autre, une grosse somme d'argent. Il y tombera deux fois amoureux. D'abord de la ville paisible de Brownsburg, ensuite de Sylvan Glass.


Depuis qu'il a décidé d'écrire, Robert Goolrick puise dans ses souvenirs pour livrer de remarquables romans, superbement empreints d'humanité. Il vit actuellement dans une ancienne ferme de Virginie, dans un petit village, en compagnie de son chien, qui, dit-il, "n'apprécie pas toujours ses histoires". Nous, on attend avec impatience la suivante.


Le vingtième livre d'Eva Kavian

"Voici donc mon vingtième livre (oups), un roman jeunesse", m'écrit Eva Kavian en me faisant parvenir "Le frère de Simone" (Oskar éditeur, 177 pages). Vingt livres! Alors que la Namuroise d'origine a commencé en 2000 avec "Le voisin sur les rails" (Le Castor astral), un recueil de nouvelles, poursuivi l'année suivante avec son premier roman, le remarqué "Après vous" (Le Hêtre pourpre). Depuis, elle tâte de la poésie (Esperluète et Dessert de lune), publie des manuels d'écriture (De Boeck), écrit des romans jeunesse dont un très beau premier, "La dernière licorne" (Mijade, 2008). Et poursuit bien entendu dans la veine du roman pour adultes. "Autour de Rita", "Le rôle de Bart", "Le square des héros" (les trois au Castor Astral), "L'art de conjuguer des hommes mariés" (Dessert de lune) sont autant de titres qui ont marqué les lecteurs. Quelle force de travail! Sans oublier les ateliers d'écriture qu'elle anime dans divers réseaux.

"Le frère de Simone" est un roman jeunesse certes, mais plutôt pour grands ados (l'éditeur le place en collection "jeunes adultes"). Pas à cause du thème, une grossesse précoce, mais à cause de sa composition complexe. En marge de l'histoire principale de Simone, 18 ans, dont on comprend petit à petit, en de courts chapitres, les nombreux éléments laissés au départ dans le vague, s'intercalent des pages en caractères italiques: les rêves éveillés et les suppositions de Fred, petit bout de presque 4 ans.

Le livre s'ouvre sur l'arrivée de Simone dans un lycée chic. Elle a donc 18 ans, deux de plus que les autres élèves. Elle n'est fille de personne si ce n'est de parents morts. Elle l'annonce tout de suite et complète sa présentation du fait qu'elle vit avec son frère. Si on comprend vite dans le roman que le petit bout est son enfant à elle, le puzzle de l'itinéraire de Simone est savamment construit et ne se révèle que peu à peu.

Pourquoi ses parents sont-ils morts? Pourquoi s'occupe-t-elle seule de son enfant? Pourquoi veut-elle absolument retourner à l'école? Pourquoi ces deux années d'écart avec ses condisciples? Le lecteur apprend à la connaître et à l'apprécier, à frissonner aussi devant son itinéraire de vie, tout comme les élèves qui s'étonnent de cette fille différente, préoccupée par d'autres sujets qu'eux, empathique mais qui n'hésite pas à tricher pour réussir ses contrôles.

Eva Kavian.
C'est bien écrit comme toujours chez Eva Kavian, avec sensibilité mais sans en rajouter, et imagination. Où je me suis un peu perdue, c'est dans la multitude des personnages du roman, cousin, voisin, élèves et leurs familles, personnel du centre et du lycée... D'autant que passé et présent se mélangent souvent. Que de prénoms à retenir alors qu'ils ont tous leur rôle à jouer dans ce livre qui embrasse beaucoup de sujets de société annexes, maladie, séparation, amour, mutilation, travail, vieillesse, trahisons... Autant de solitudes qui finissent par se rencontrer dans ce beau texte discrètement situé à Namur! Les épreuves les ouvrent les uns aux autres et à eux-mêmes. Le personnage de Simone est très attachant par son tempérament, sa franchise, sa volonté et sa force de vie. Sa résilience aussi bien entendu. Peut-être faut-il lire le le roman une seconde fois pour s'y retrouver plus facilement et l'apprécier alors totalement?









jeudi 28 janvier 2016

Poésie et portrait avec Dominique Goblet

On le sait, les Midis de la poésie ont fait des petits, les Petits matins de la poésie, destinés aux enfants mais parents admis. On y dessine, on y découpe, on y grave, on y colle, on y fait de la poésie. On crée et on s'amuse.
La première de ces séances quasi mensuelles à l'exception des vacances scolaires qui se déroulent à la Bellone a eu lieu le dimanche 4 mai 2014. L'artiste Leslie Leoni avait apporté des gommes à graver au départ de poèmes de Maurice Carême.

Depuis, bien des séances ont suivi, toujours coordonnées par Mélanie Godin. Aujourd'hui, elles sont devenues les Petits goûters de la poésie, dans la même Maison du spectacle mais de 14 à 16 heures.

La première a lieu ce samedi 30 janvier et sera animée par l'artiste belge Dominique Goblet. Elle avait été initialement prévue à la fin 2015 mais a dû être reportée pour cause de "Brussels lockdown". Elle s'intitule "Atelier de portraits: un paysage".

Ce Petit goûter s'inspirera d'un livre particulièrement original de Dominique Goblet, "Chronographie", avec sa fille Nikita Fossoul (L'Association, 2010): mère et fille font chaque semaine le portrait l'une de l'autre, durant dix ans! Nikita avait sept ans au début du projet, en 1998, dix-sept à sa fin en 2008.


L'album réfléchit sur le temps autant qu'il montre qu'il passe.

"Le principe est simple", explique Dominique Goblet, "on s'assied à la table de la cuisine, je la dessine, elle pose. Ensuite, c'est le contraire, je pose, elle dessine. C'est facial, sans effet, mais la technique change régulièrement." Les 270 séances de pose croisée donnent lieu à autant de doubles pages et de doubles portraits, soit un album de 560 pages en format à l'italienne.

Samedi, Dominique Goblet s'inspirera de cette idée pour éveiller les participants à l'atelier créatif en leur demandant de réaliser un paysage qui soit le portrait de l'autre. Avec des variantes selon le public, un enfant seul, un enfant avec un parent, un adulte seul. Logiquement, l'idée sera faire de faire les portraits mutuels en cas de duo, un autoportrait en cas de solo. Des papiers de couleurs seront à disposition afin d'y découper des formes géométriques, ronds, carrés, triangles, qui, assemblés et collés, composeront le paysage sur lequel se posera le portrait.

Le Petit goûter de la poésie avec Dominique Goblet clôturera l'approche de la poésie par le dessin.
Le suivant, le 30 avril, associera littérature et poésie et se déroulera avec Caroline Cornélis et Laurence Vielle (30 avril).
Ensuite, le 18 juin, il sera question d'associer arts vivants et arts plastiques, avec Maria Clara Villa Lobos  et une créatrice de bijoux.

Pratique

A la Maison du Spectacle – La Bellone
46 rue de Flandre, 1000 Bruxelles
Le samedi 30 janvier de 14 à 16 heures
Tarifs: 2 euros par enfant, 3 euros par adulte
Sur réservation – midisdelapoesie@gmail.com
ou par téléphone au 0485-32 56 89

samedi 23 janvier 2016

Exposition des illustrateurs à Bologne, clap 50

Pour sa cinquantième édition, l'exposition des illustrateurs de la Foire du livre de Bologne s'est vu proposer 16.000 dessins provenant de 3.180 artistes et 63 pays.

Le jury international 2016 était composé de l'illustrateur japonais Taro Miura, de l'Italien Sergio Ruzzier, de l'éditrice suisse Francine  Bouchet, de l'Allemand Klaus Humann et de l'illustrateur américain Nathan Fox.

Il a retenu les œuvres de 77 des candidats. Aucun Belge mais 1 Finandais, 2 Suédois, 4 Français, 5 Chinois, 5 Iraniens, 6 Sud-Coréens, 7 Taiwanais, 9 Espagnols, 10 Japonais, 16 Italiens... Une véritable histoire à apprendre à compter.

Après Bologne, l'exposition ira au Japon et en Chine.

Voici les illustrateurs qui ont été retenus.

ALMERAS CAMILLE, France
ALONSO CYNTHIA, Argentine
ASANO SEISUKE, Japon
BLAU ALJOSCHA, Allemagne
BOLLINI ANNALISA, Italie
CASTELLANO DANIELE, Italie
CELAS CAROLINA, Portugal
CHAPUIS MICHIKO, Japon
CHEN YU LIN, Taiwan
CHITORELIDZE KHATIA, Georgia
CHO SOO JIN, Corée du Sud
COLANERI GIOVANNI, Italie
DE TELLERIA MARÍA JOSÉ, Argentine
DI BATTISTA LUCA, Italie
DI GIORGIO MARIACHIARA, Italie
EUN-YOUNG CHOI, Corée du Sud
FARMANI MARJAN, Iran
FERNÁNDEZ RAQUEL, Espagne
FRANKEL YAEL, Argentine
FUJISHIMA TSUTOMU, Japon
GIORDANO PHILIP, Italie
GIUSTOZZI SCO, Italie
GNOSSPELIUS STAFFAN, Suède
GO HEY JIN, Corée du Sud
GYSI MIRA, Suisse
HODAEE ZHILA, Iran
HUANG CHAOGUI, Chine
HUANG YA LING,Taiwan
HUANG YI-CHIN, Taiwan
INABA TOMOKO, Japon
JUÁREZ PUGLISI ADRIANA ISABEL, Espagne
KAWASAKI NATSUKI, Japon
KHARAMAN SARA, Iran
KIM EUNHEE, Corée du Sud
LAURIN OSKAR, Suède
LE GAL CLAIRE, France
LEE JI-YEON, Corée du Sud
LESPINASSE DE CAPÈLE VALENTINE, France
LETRIA ANDRÉ, Portugal
LING HSING HUANG, Taiwan
LÓPEZ DE MUNÁIN IRATXE, Espagne
LOPIZ VIOLETA, Espagne
MAIJALA MARIKA, Allemagne
MARSOL MANUEL, Espagne
MIURA TOMO, Japon
MIYAMA MAYA, Japon
MO YEJIN, Corée du Sud
NAVARRO SANDRA, Espagne
NEGRESCOLOR JOAN, Espagne
OGOSHI JUNKO, Japon
PALOMINO JUAN, Mexique
PASTORINO GIULIA, Italie
PELLICANÒ LINDA, Italie
PETTARELLI LUCA, Italie
PORRAS CARRASCO SARA, Espagne
QUADRI MARCO, Italie
REA SIMONE, Italie
RUFFATO VERONICA, Italie
SABETNIYA SAEDEH, Iran
SCHENA BEATRICE, Italie
SOMA' MARCO, Italie
SUZUKI YUDAI, Japon
TAKEUCHI CHIHIRO, Japon
TOUSSAINT PAUL, France
TSOU PAGE, Taiwan
UNDURRAGA SOL, Chili
VALLS BRUNA, Espagne
VANDA MARTINA, Italie
WAND RICARDA Allemagne
WANG SHU-MAN, Taiwan
WANG ZUMING, Chine
WU HSIN-CHIH, Taiwan
YANG YI, Chine
YOON JOOHEE, USA
YU HONGCHENG, Chine
ZAHMATKESH TAHEREH Iran
ZHU CHENGLIANG, Chine










jeudi 21 janvier 2016

Les finalistes du prix Hans Christian Andersen


L'IBBY (International Board on Books for Young People) a rendu publique la liste des cinq finalistes de chacune des catégories (auteur et illustrateur) du prix Andersen, décerné un an sur deux. Les noms des deux lauréats seront dévoilés le lundi 4 avril à la Foire du livre pour enfants de Bologne. Pour rappel, le lendemain sera révélé le lauréat du prix Astrid Lindgren qui prend d'année en année davantage d'envergure.

Auteurs

Chine: Cao Wenxuan
Danemark: Louis Jensen
Allemagne: Mirjam Pressler
Pays-Bas: Ted van Lieshout
USA: Lois Lowry

Illustrateurs

Allemagne: Rotraut Susanne Berner
Iran: Pejman Rahimizadeh
Italie: Alessandro Sanna
Corée: Suzy Lee
Pays-Bas: Marit Törnqvist

Dix finalistes, sur les 28 auteurs et les 29 illustrateurs qui avaient été présentés par 34 pays. Mais ni François Place, ni Etienne Delessert, ni Eva Lindström n'ont été retenus en section "illustrateurs".

Les candidats, pour mémoire

Allemagne: auteur Mirjam Pressler; illustrateur Rotraut Susanne Berner
Argentine: auteur María Laura Devetach; illustrateur Diego Bianki
Australie; auteur Ursula Dubosarsky; illustrateur Bronwyn Bancroft
Autriche: auteur Renate Welsh; illustrateur Linda Wolfsgruber
Belgique: auteur Bart Moeyaert; illustrateur Rascal
Brésil: auteur Marina Colasanti; illustrateur Ciça Fittipaldi
Canada: auteur Kenneth Oppel; illustrateur  Pierre Pratt
Chine: auteur Cao Wenxuan; illustrateur Zhu Chengliang
Colombie: illustrateur Claudia Rueda
Croatie: auteur Miro Gavran
Danemark: auteur Louis Jensen; illustrateur Lilian Brøgger
Egypte: auteur Affaf Tobbala
Espagne: auteur Agustín Fernández Paz; illustrateur Miguel Anxo Prado Plana
Estonie: auteur Piret Raud
France: auteur  Timothée de Fombelle; illustrateur François Place
Grande-Bretagne: auteur Elizabeth Laird; illustrateur Chris Riddell
Grèce: auteur Eleni Dikaiou; illustrateur Lida Varvarousi
Iran: illustrateur Pejman Rahimizadeh
Italie: auteur Chiara Carminati; illustrateur Alessandro Sanna
Japon: auteur Eiko Kadono; illustrateur Ken Katayama
Lettonie: illustrateur  Anita Paegle
Mexique: illustrateur  Gabriel Pacheco
Norvège: auteur Toråge Bringsværd; illustrateur Lisa Aisato
Nouvelle-Zélande: auteur Joy Cowley
Palestine: auteur Sonia Nimr
Pays-Bas: auteur Ted van Lieshout; illustrateur Marit Törnqvist
République de Corée: illustrateur  Suzy Lee
Russie: auteur  Andrey Usachev; illustrateur Mikhail Fedorov
Slovaquie: auteur Daniel Hevier; illustrateur Peter Uchnár
Slovénie: auteur Svetlana Makarovič; illustrateur Marjan Manček
Suède: illustrateur Eva Lindström
Suisse: auteur  Franz Hohler; illustrateur  Etienne Delessert
Turquie: auteur Gülçin Alpöge; illustrateur Ferit Avci
USA: auteur Lois Lowry; illustrateur Chris Raschka


Le jury 2016

Le jury 2016 est présidé par Patricia Aldana (Toronto, Canada). Il est composé comme toujours de dix membres venus des sections nationales de l'IBBY: Kirsten Bystrup (Danemark),  Reina Duarte (Espagne), Andrej Ilc (Slovénie), Yasmine Motawy (Egypte), María Beatriz Medina (Vénézuela), Dolores Prades (Brésil), Lola Rubio (Argentine), Susan M. Stan from (USA), Qing Wu (Chine), Shohreh Yousefi (Iran) auxquels se joignent ex officio deux huiles de l'IBBY, Elda Nogueira et Liz Page.










mercredi 20 janvier 2016

La Foire du livre de Bruxelles 2016 gratuite

L'annonce sur le site de la FLB.

L'annonce de la gratuité à la Foire du livre de Bruxelles à partir de 2016 est apparue sur le site de la manifestation ce mercredi 20 janvier, jour de la conférence de presse de présentation de l'événement qui aura lieu du jeudi 18 au lundi 22 février. La décision a été prise hier mardi, en fin de journée, par le Conseil d'administration. Motivations officielles: "Parce que nous estimons que l'art et la culture doivent rester accessibles à tous, sans distinction. Parce que nous sommes persuadés que donner accès aux savoirs contribuera au bonheur collectif. Parce que nous sommes convaincus que la recherche du bonheur ne devrait pas avoir de prix."

Une application pratique en quelque sorte du thème de l'édition 2016:
"Le bonheur est à la page".

Une gratuité qui devrait stopper la chute du nombre de visiteurs (60.000 environ en 2015, 70.000 en 2014) et peut-être ramener le public des jeunes qui s'est bien éloigné de la Foire du livre ces dernières années. D'autant que payer pour entrer acheter des livres souvent plus chers en Belgique en France à cause de cette foutue tabelle (lire ici), c'est quand même peu logique - mais on va sûrement en reparler de cette tabelle, c'est la saison.

Un vieux projet rendu possible avec le départ cet été de l'ancienne commissaire générale de la Foire, Ana Garcia. Elle qui défendait l'idée des entrées payantes vu le grand nombre d'entrées gratuites en circulation.

Au moins, c'est plus clair maintenant.

Et l'ensemble de la manifestation sûrement plus ouvert aux idées qui président habituellement aux autres salons littéraires, en matière de partenariats notamment. Comme si s'était envolé un pesant couvercle, le genre couvercle d'une cocotte à pression, avec étrier et verrouillage.

En quelques mois, six précisément, la Foire du livre de Bruxelles, dont le coordinateur général est désormais Grégory Laurent, a établi de nouveaux ponts, nationaux et internationaux. A Bruxelles, avec Bozar et Passa Porta qui accueilleront également l'invité d'honneur de la FLB 2016, l'immense Richard Ford. A l'étranger, avec le Festival America qui a lieu tous les deux ans en septembre à Vincennes et avec Quais du polar qui fait trembler Lyon en juin. Tous deux délèguent à Bruxelles des écrivains prestigieux.

Nouvelle direction, nouvelles idées

Un graphisme renouvelé, les espaces des quatre magasins de Tour & Taxis revus pour les 170 exposants, des bibliothèques éphémères, des espaces de détente... Mais surtout des livres bien entendu.

Les rencontres se dérouleront en neuf lieux, clairement identifiés nous dit-on. Place de l'Europe (débats), Grand Place du livre (rencontres), Théâtre des mots (lectures et spectacles), Quartier Web (nouvelles techniques), Studio (en direct ou non), Label Edition (rencontres proposées par les éditeurs), Comix Factory (ex-Imaginarium dans un espace agrandi), Circus (pour la jeunesse), Jardin des gourmandises (ex-Palais gourmand).

La programmation jeunesse ne semble pas très percutante mais bon, je n'en dirai rien de plus, les auteurs étrangers annoncés sont très bien.

Quatre expositions sont également au programme: Anne Brouillard (comme en 2014), les 50 ans de la collection de poésie de Gallimard, les 50 ans du dépôt légal de la Bibliothèque royale et Droits dans les yeux par Amnesty international.

Attention sera également portée à la poésie, à la traduction et à l'édition numérique à travers le projet PILEn.

Des écrivains à Bruxelles

La liste des présences n'est pas encore définitive, elle devrait apparaître bientôt sur le site de la Foire. A suivre donc.

Mais voilà déjà quelques noms annoncés, outre la présence de Richard Ford (le 19/02 à la Foire, mais le 16 à Bozar et le 18 à Passa Porta).
Beaucoup d'habitués, Amélie Nothomb,  Grégoire Delacourt, Olivier Adam, Frédéric Beigbeder, Yasmina Khadra, André Comte-Sponville, Mathias Enard, Tahar Ben Jelloun, Nadine Monfils, Philippe Geluck.
Des attendus puiqu'ils sont dans les rentrées de septembre et de janvier: Barbara Abel, Patrick Delperdange, Frédéric Lenoir, Tobie Nathan, Xavier Durringer, Pierre Assouline, Patrick Roegiers, Philippe Claudel
Et des surprises: Charles Pépin, Liad Shoham, Adam Thirlwell, Jacques Higelin, Willy Vlautin...

Du beau monde donc, qui connaît bien la destination de Bruxelles, et on s'en réjouit.

En pratique

Tour & Taxis – Avenue du Port, 88 – 1000 Bruxelles

Du jeudi 18 février au lundi 22 février
Jeudi de 10 à 19 heures
Vendredi de 10 heures à 22 h 30
Samedi de 10 à 19 heures
Dimanche de 10 à 19 heures
Lundi de 10 à 18 heures

Parking payant

Vestiaire payant