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vendredi 3 mai 2013

LB nit Gilles Paris

Gilles Paris, écrivain et attaché de presse français, qui lui permet de publier une très jolie nouvelle sicilienne qu'il a écrite pour le site Jimlepariser.

Chic, une fois de plus, son blog est réveillé et de quelle façon!

Le dernier livre paru de Gilles Paris est "Autobiographie d’une Courgette", version augmentée d'un roman précédent, né chez Plon en 2002, illustrée par Charles Berbérian (Flammarion, collection "Etonnantissimes!"). Il a aussi signé "Au pays des kangourous" (Don Quichotte, 2012) et "Papa et Maman sont morts" (Points/Seuil, 1991).
Un roman tous les dix ans, sauf le quatrième, à paraître bientôt.

 

 

Chambre 27, Panarea


Maman est morte quand je suis née. Comme je ne l’ai pas connue, je n’ai pas de chagrin. Je regarde parfois des photos : c’est une belle étrangère aux cheveux longs qui sourit à papa. Ses yeux sont aussi bleus que la mer, ici, à Panarea, en Sicile, où je vis avec papa qui n’a jamais voulu retourner en France. Maman est enterrée à Stromboli ; une tombe entre les hautes herbes qui cachent les fleurs que papa dépose chaque semaine. De belles roses jaunes qui respirent la mer au loin avant de se faner, laissant leurs pétales flotter dans l’eau croupie qui sent l’œuf pourri. Je tiens papa par la main et je ne ressens rien. Maman est sous terre et je n’ai du chagrin que pour les pétales de roses jaunes.
J’ai grandi trop vite sur cette île où personne ne fait vraiment attention à moi. À la réception de l’hôtel, je donne les clés et le courrier. Parfois je monte les télégrammes jusqu’aux chambres. Je n’ai pas le droit d’y entrer. Juste sonner, ou glisser le pli sous la porte. Seul Matheo m’aime bien, mais il est très vieux, et n’a plus l’âge de jouer ou de courir avec moi. Il m’offre des poupées que je cache sous mon matelas. Son uniforme est toujours impeccable, il parle plusieurs langues et tout le personnel de l’hôtel tremble quand il fait sa grosse voix. Papa vit dans sa chambre, une suite au dernier étage avec vue sur la mer où il ne se baigne jamais. Depuis que maman est morte, papa ne fait plus rien, à part boire du vin blanc et me grogner dessus. Car si maman est morte, c’est à cause de moi. Je l’ai deviné  toute seule. Si je n’étais pas venue au monde, papa et maman seraient repartis vivre en France et je n’aurais pas à donner les clés à des clients qui font autant attention à moi qu’à la poussière sous un meuble. Le mercredi, Mme Agostino m’apprend l’italien, l’histoire, les mathématiques et la géographie. Cette vieille bique a une voix aiguë, qui me fait penser à un ongle griffant le tableau. Je m’applique sur mes leçons pour ne pas entendre les grognements de papa qui m’a promis un vélo pour mes dix ans si je retiens tout. Mme Agostino n’a pas d’enfant et elle n’en veut pas. Elle dit que ça coûte trop cher. Et elle regarde ma chambre comme si je ne la méritais pas. Le soir, j’aime bien m’asseoir sur la terrasse et fixer le volcan. Si j’avais une baguette magique, je le réveillerais et toute sa lave ferait disparaître notre île et moi avec. Des fois, je parle aux buses qui se posent sur la rambarde de ma terrasse. Je leur dis que je m’appelle Alice, je leur demande si elles veulent bien être mes amies. Je ne sais pas si les oiseaux ont des oreilles. Parfois la buse incline sa tête comme si elle était mon amie, mais elle s’envole aussitôt et moi, je ne sais pas voler.
Ce matin, j’ai donné deux nouvelles clés à Mme de Valère et à son fils, Solal. La 27 et 28, deux chambres communicantes. Solal s’est retourné avant de disparaître dans l’ascenseur et m’a souri. Je n’ai pas l’habitude. Matheo qui a des yeux dans sa poche m’a fait un clin d’œil et m’a dit : « Fais-t-en un ami ». En fin d’après-midi, Solal est descendu à la réception et m’a demandé si je voulais bien me promener avec lui. Matheo a dit oui avec la tête et je suis sortie avec Solal. À Panarea, il fait toujours beau. Les rues sont blanches et la chaleur écrasante. Personne ne s’y promène à part les chats. J’ai dit à Solal que nous étions des chats et cela n’a pas eu l’air de l’étonner. J’entendais nos pas sur le sol et la voix de Solal qui voulait tout connaître de moi.
- Maman est morte quand je suis née. Papa boit du vin blanc. À l’hôtel, je donne les clés et le courrier. La buse est mon amie. Matheo aussi. Voilà, tu sais tout.
- Moi, papa est mort avant ma naissance. Maman boit du champagne. Je vais à l’école Notre-Dame Saint-Roch à Paris. J’ai des tas d’amis, je t’apprendrai. Voilà, tu sais tout.
Je me suis arrêtée pour ne plus entendre nos pas. J’ai regardé Solal. Ses yeux étaient aussi bleus que ceux de maman en photo. Il portait un short et une chemise blanche trop grande pour lui, une chemise de papa. Ses cheveux étaient coupés en brosse, ses oreilles petites ; je m’étonnais qu’elles entendent quoi que ce soit.
- Comment tu sais que j’ai besoin d’amis ?
- Je l’ai su tout de suite à tes yeux. Ils sont tristes.
J’ai repris la marche. Solal a pris mes petits doigts dans les siens et je me suis laissé faire. C’était comme si je tenais le soleil par la main. Tant pis si ça me brûlait de partout. En bas de la rue, nous sommes arrivés à la plage ; nous ne pouvions aller plus loin. J’aurais aimé marcher sur l’eau avec Solal et disparaître avec lui de l’autre côté de l’horizon. Mais Solal a fait demi-tour et nous sommes retournés à l’hôtel. Le soir, j’ai dîné seule dans ma chambre, et je suis allée embrasser papa avant de me coucher. Je l’ai trouvé allongé sur le canapé, sa bouche grande ouverte, en caleçon et tee-shirt, une bouteille de vin blanc à la main, serrée comme un doudou. J’ai refermé sa bouche et attrapé la bouteille que j’ai rangée à côté des autres. Puis j’ai déposé un baiser sur son front et j’ai dit : « Bonne nuit papa ». Je me suis assise sur ma terrasse et j’ai sifflé mon amie la buse. Elle est apparue dans le noir et s’est agrippée à la rambarde. Je lui ai parlé de Solal et de son papa mort et la buse a incliné sa tête comme si elle comprenait tout. Le matin suivant, Louise de Valère, chambre 27, m’a demandé au téléphone de monter dans sa chambre. Je lui ai répondu que je n’avais pas le droit d’entrer dans les chambres des clients de l’hôtel. Matheo a fait sa grosse voix et j’ai ajouté qu’on venait de me donner l’autorisation de la rejoindre. Sa chambre était aussi grande que la mienne et donnait sur le volcan Stromboli. La maman de Solal a commandé un chocolat chaud que j’ai bu sans rien dire. Je sentais son regard sur moi, très doux, comme un papillon qui hésitait à se poser et voletait tout autour de moi.
- Solal m’a dit que tu étais une petite fille étonnante.
- Je n’ai rien d’étonnant, Madame. Ah si ! Peut-être : je parle aux buses.
- Comment ça, tu parles aux buses ?
- Ce sont mes amies, Madame.
- Appelle-moi Louise.
- Je vais essayer, Madame.
Une odeur douce montait en moi et me chatouillait les narines. Un parfum à la fois sucré et fleuri. Peut-être était-il enfermé dans un de ces flacons que j’apercevais sur la table basse. Ce pouvait être, aussi, une odeur de maman. Après tout, je n’en savais rien. La main de Mme de Valère s’est posée sur mon bras.
- Ton père accepterait-il que tu dînes avec nous ce soir ?
- Je ne sais pas, Madame. Je vais demander à Matheo.
- Pourquoi pas à ton père ?
- Parce qu’il ne sait pas me dire oui.
Et je me suis enfuie. J’ai marché longtemps sans savoir où j’allais. Je pensais à Matheo qui allait me disputer en rentrant. J’ai su en traversant toutes les ruelles de Panarea que mes pas me conduiraient au port. J’ai pris un bateau jusqu’à Stromboli et je suis allée voir maman. C’était la première fois que je m’y rendais seule. J’avais en tête le parfum obsédant de Mme de Valère, mais il s’effaçait dans ce paysage d’herbes hautes et d’eau croupie qui sentait l’œuf pourri. J’ai fermé les yeux sur quelque chose de beau, ses yeux bleus, comme ceux de Solal, et j’ai dit à voix haute : « Prends-moi dans tes bras ». Le vent s’est levé au même moment et m’a enveloppée dans son souffle tiède.
À l’hôtel, Matheo ne m’a pas disputée. Il m’a dit :
-Fais-toi belle. Mme de Valère t’attend à vingt heures. Ton père est d’accord.
Sur mon lit m’attendait un carton aussi grand que moi, avec un petit mot accroché par un bout de scotch. J’ai reconnu l’écriture de papa, toute de traviole, comme si elle buvait autant que lui. Le mot disait : « Pardonne-moi. Ton père. » Dans le carton, il y avait une robe de princesse trop belle pour moi. C’est à peine si j’osais la regarder. Quant à la toucher ! Mes mains étaient trop noires. J’ai disparu dans la salle de bain. J’ai frotté comme si je voulais disparaître sous l’eau et le savon. Une fois la robe sur moi, j’ai osé me regarder dans le miroir, derrière la porte. J’ai fait un bond en arrière. Et je me suis rendue chambre 27, pieds nus. Solal m’a ouvert la porte. J’ai vu dans ses yeux bleus que la robe lui plaisait, et mes pieds nus aussi. La table était dressée sur la terrasse, avec nappe blanche, porcelaine, argenteries et verres à pied. Je ne me souviens pas du contenu des assiettes, ni de tout ce qu’on s’est dit ce soir-là, Louise de Valère, Solal et moi. Il me semble que mon amie la buse s’est posée un instant sur la rambarde, puis elle s’est envolée, rassurée par mes nouveaux amis.
Je ferme les yeux un instant.
Le visage de Solal apparaît, avec ses yeux bleus comme ceux de maman. Il est parti avec sa mère si tôt le lendemain matin, que je ne les ai pas vus reprendre le bateau. Dans une lettre que Mme de Valère m’a laissée à la réception, j’ai appris qu’elle était la sœur de ma maman morte et que Solal, donc, était mon cousin. Et qu’à partir de maintenant, on se reverrait souvent et que papa, bien sûr, était d’accord. Le mercredi suivant, Mme Agostino n’est pas venue à l’hôtel. Papa m’a dit le jour même qu’elle ne reviendrait plus et que dorénavant ce serait lui qui me donnerait les cours. Je n’ai pas eu à m’appliquer car entendre papa me parler de mathématiques relevait de la magie. Me parler tout court. J’ai tout retenu d’un coup. Et pas une seule fois, je n’ai pensé au vélo, promis pour mes dix ans. Le soir, on a dîné dans un petit restaurant de Panarea. La première fois, avec papa. Je portais la robe de princesse. J’avais mis des ballerines pour qu’il ne grogne pas. Ma main dans la sienne, immense, avait disparu. On a commandé du poisson. Le serveur a proposé la carte des vins et papa a répondu : « Non, merci. Juste de l’eau, une grande bouteille d’eau plate, s’il-vous-plaît. » J’ai regardé au loin le volcan endormi. J’étais heureuse de ne pas avoir eu de baguette magique pour le réveiller.
La vie, enfin, peut commencer.
Peut-être même que papa acceptera de me parler de cette belle étrangère aux yeux bleus et alors, j’aurai du chagrin et ce ne sera plus pour les pétales de roses jaunes. Et je raconterai tout à mon amie la buse, en attendant le retour de Solal.

jeudi 18 avril 2013

LB nit Etienne Delessert



Etienne Delessert qui lui a donné un texte sur la naissance et la vie de la Fiera del Libro per Ragazzi de Bologne, née il y a tout juste 50 ans. Pour que son blog ne s'endorme pas.










Voici son texte.

"On quittait l’hiver suisse pour descendre vers le printemps, découvrir les arbres roses. On s’est retrouvés avec les amis de Paris, Pierre Marchand, Jean-Olivier Héron et Christian Gallimard, pour les aider à "monter le stand" pour la première fois, sous l’oeil narquois de quelques éditeurs qui ricanaient (on les entendait) :
- Ces gamins ne feront qu’un seul Bologne…
Les stands étaient minuscules, tapissés d’un vilain tissu rouge, et l’on a passé la moitié du temps à replanter des punaises, immédiatement rejetées par la paroi. Tout s’écroulait, mais ce fut là le vrai début d’un empire.
Jean-O avait conçu d’admirables structures éditoriales, que Pierre allait développer en séries de non-fiction pendant des années, et de découverte en "Découvertes", ils imposèrent le style Gallimard autour du monde.
On était joyeux alors, on travaillait dur - je faisais partie de la bande -, puis on allait s’amuser. On louait des bicyclettes pour de grandes courses nocturnes dans un Bologne assoupi, ou on filait à Florence pour le repas du soir. Christian conduisait alors sa Ferrari à 300 km/h (le monde vous apparaît alors totalement différent…) et en fin de soirée, on décidait d’aller rendre hommage à la tombe de Dante, au haut d’une petite colline. Les Beccaria, patrons de Bayard Presse étaient des nôtres, et nous avons fait la courte-échelle pour passer le haut mur qui entourait le cimetière. La tombe n’était pas là, bien sûr (on ne devrait jamais écouter Christian) mais nous avons découvert des ruelles assez profondes entre de hauts arbres, bordées de cases où brillaient des bougies. Un petit frisson, et nous avons repassé le mur, sans éveiller l’intérêt des gardes: il aurait été assez drôle de voir la direction de Bayard et de Gallimard dans une cellule florentine…
Mais ce furent ces aventures qui nous ont liés, et donné la force de bousculer le petit monde de l’édition et de la presse pour enfants. Alors tout nous semblait possible, l’imagination et la déraison de l’enfance étaient encore au pouvoir, et on repartait voir le lever du jour à Venise. Pour être au stand à 9 heures pile.

En 1981, j’eus le plaisir de voir - comme éditeur de Tournesol - la série de mes petits livres de "Yok-Yok" recevoir le Prix Graphique de la Fiera. On avait commencé par de courts films pour des TV européennes, puis ils avaient été adaptés en albums pour enfants, en disques (avec des musiques d’Henri Dès sur des paroles d’Anne van der Essen et Pierre Grosz) et en jouets: le jury du Prix avait relevé la cohésion de l’aventure. Il était rare alors, c’est vrai, de décliner ainsi un personnage en lui laissant un peu de charme.
Bologne m’avait aussi permis d’organiser de multiples coéditions internationales.
C’est l’année suivante que George Peterson et Ann Redpath, de Creative Education (devenue Creative Editions) dans le Minnesota, m’ont donné rendez-vous en Italie pour me proposer de créer avec eux une série de vingt livres de contes célèbres, mis en scène de façon originale par de grands dessinateurs.
Rita Marshall venait de me rejoindre en Suisse, et c’est ensemble que nous avons convaincu Edelmann, Topor, Tardi, Chermayeff, Stasys, Dumas, Lemoine, Chwast ou André François de participer à cette collection (ces livres, en plus grand format, restent aussi neufs aujourd’hui).
Rita est une admirable graphiste, et, directrice de création, elle eut l’idée de demander à Sarah Moon de s’attaquer au Petit Chaperon Rouge. Rita connaissait bien les photos de mode souvent troublantes de Sarah pour Cacharel, riches de réflexions floues et granulées, d’ombres violettes qui laissaient deviner un monde inquiétant et superbe.
Aussi fut-elle ébouriffée de découvrir chez Delpire et Sarah (alors qu’André François regardait la scène avec un petit sourire) des images d’une noirceur expressionniste, mises en scènes comme un film de Lang. Une traction Citroën des années de guerre était le loup.
Pour nous, c’est de loin la meilleure version de ce conte, tendue, mystérieuse, avec la fin brutale qui fut écrite par les frères Grimm.
Les vingt contes furent publiés par Creative aux USA, en France par Grasset, dans ma collection "Monsieur Chat" (je devais avoir eu une petite brouille amicale avec Marchand!…) et dans trois ou quatre autres pays.
Et en 1984, la Fiera décerna son Prix…au "Chaperon noir" de Sarah Moon! Je me souviens des titres en première page de plusieurs grands quotidiens italiens, qui tous, à propos de ce choix audacieux, s’interrogeaient: que peuvent donc lire les enfants?
On connaît la réponse de Sendak, de Tomi Ungerer ou la mienne à cette question.

Un dimanche de 1983, tard dans cette dernière soirée de Fiera, aplatis de fatigue, Rita et moi avions vraiment hésité à rouler vers Florence pour y rencontrer, pour la première fois, un certain Roberto Innocenti.
On est arrivés vers trois heures du matin, avons prié une voiture de police de nous guider à notre hôtel. Nous n’étions donc guère frais lorsque nous avons visité le studio graphique dans lequel Roberto travaillait à coller des textes. Et il ne parlait que l’italien.
Mais de cette rencontre sont nés son interprétation "années 1920" de "Cendrillon", et "Rose Blanche", dont je découvris trois originaux dans un tiroir ce matin-là.
C’était ça, la Fiera!

Mon plus mauvais souvenir? Le soir de 1989 où je devais recevoir, avec l’éditeur de FSG, le Prix pour "A long Long Song" (Chanson d’Hiver). Rita était avec moi, tout comme notre fils Adrien, âgé d’un an, à qui je faisais découvrir des dindes sauvages dans les hautes herbes d’un pré tout proche de la Foire.
On était venus des Etats-Unis, mais nous n’avons pas pu nous frayer un chemin à travers la foule compacte qui occupait l’escalier du Palazzo. On est finalement arrivés dix minutes trop tard, la cérémonie s’était déroulée sans nous, et la directrice d’alors s’excusa sèchement:
- Les gens se fichent du prix, ils viennent pour le buffet!"

Etienne Delessert, décembre 2012.

Avez-vous vous aussi des souvenirs de la Foire de Bologne
à partager?

samedi 26 janvier 2013

LE toc toc d'un certain camion rouge

Un camion, c'est rouge pour être normal et cela transporte un chargement.

Des cartons dans le cas de "Camion toc toc", dernière création d'une abondante et formidable production 2012 d'Olivier Douzou (Rouergue), comme on le lira ci-dessous.
Ce fameux camion rouge est donc chargé de 49 cartons, qui font penser aux blocs de construction des enfants. Chacun d'eux est estampillé d'une lettre. Mais pas n'importe laquelle car ce sont ces 49 lettres qui composent petit à petit l'histoire d'Olivier Douzou. Bizarre? Mieux! Oulipien et on ne devine rien.
"Camion toc toc" est en effet  la folle course sur la chaussée du camion rouge et de son chargement, le tout uniquement en couleurs primaires. Divers incidents, feu rouge, bosse, montée, etc., vont  freiner son élan et, naturellement,  faire choir une part des cartons sur le bitume.
Les choses se raffinent car des mots s’écrivent sur le sol, addition des lettres tombées, toujours en rapport avec le code de la route. Quelle excellente idée!
Les plus jeunes vont rire du trajet fou.
Les plus grands vont jouer avec les 49 lettres des colis dégringolés.
Et les encore plus grands (y compris les adultes lecteurs) saluer ce très réussi tour de passe-passe littéraire et graphique.

Deux exemples de double page.

(c) Olivier Douzou.

(c) Olivier Douzou.


Une animation très sympathique (par Corinne Garcia).





"Camion toc toc" était donc le dernier-né 2012.
Mais quelle famille nombreuse est arrivée durant l'année écoulée.

Quatre d'une série de douze "Comptines en continu".
Une collection tout carton, cosignée Olivier Douzou (textes) et Frédérique Bertrand (images), toujours au Rouergue, qui joue avec la langue et les images pour créer des histoires pleines d’humour et d’inattendu, centrées chaque fois autour d’un animal.
Douze titres sont prévus, dont les dos accolés composeront la formule « Les comptines ».
Quatre sont déjà sortis: "Poney" (un petit cheval est le seul à voir son futur en grand), "Teckel" (un chien en pyjama n’en fait qu’à sa tête pour ne pas s’allonger), "Ours" (un ours court pour échapper à de longues lignes, barreaux ou pluie?) et "Minou" (un chat parcourt une journée en mots liés à sa nature).
Olivier Douzou s’amuse avec les mots et les sons pour monter chaque fois un vrai scénario de quelques pages. Frédérique Bertrand lui donne la réplique dans des images qui vibrent de détails sous leur apparente simplicité. Et les différents personnages se retrouvent dans chacun de ces titres qui éveillent aux plaisirs des langages écrit et visuel.















Et avant cela, il y avait encore eu "Les aventures d'Alexandre le gland" (Rouergue), inspirée de qui on sait.











"Le bon Docteur Poutingue", avec José Parrondo, sur le fameux sujet des poux.


"Poèmes de terre", avec Anouk Ricard, plein de tubercules et de vers.

La belle histoire de "Plupk", avec Natali Fortier










Sans oublier "Fourmi", en solo, pour les tout-petits et qui a donné lieu à une belle application iPad, honorée au dernier Salon de Montreuil mais non encore commercialisée.









Mais nous sommes en 2013 et d'autres projets sont annoncés,
dont celui du département jeunesse des Editions du Rouergue qui veut planter des arbres pour ses vingt ans!
Des vrais et des imaginaires.


Les premiers arbres arriveront le 6 mars avec la sortie du livre de José Parrondo et Olivier Douzou, "Forêt-wood",  catalogue d'arbres fantasques et poétiques.
 
 
 
 
 
 
 
 
Tous ces arbres feront grandir une forêt virtuelle de zéro hectare mais cet espace sera infini comme l'imagination. Ce sera à visiter tout au long de l'année sur le blog  www.foretwood.tumblr.com
non encore actif.