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mercredi 16 avril 2014

LA dore les "Malfoutus" de Beatrice Alemagna

Déjà, découvrir un titre aussi tentant et intriguant que "Les Cinq Malfoutus" (Hélium, 40 pages) fait un bien immense en ces temps de très/trop politiquement correct. Ce titre est tout simplement la traduction littérale de l'album de Beatrice Alemagna, "I cinque malfatti", né en Italie l'an dernier chez Toppitori. La couverture montre les cinq en question, retranchés derrière l'entrée du jardin de leur maison, un peu bizarres, il est vrai, mais pas tant que ça finalement.

Ensuite, rencontrer, chacun à leur tour, les cinq incroyables personnages, les "cinq êtres mal foutus" qui illuminent cet impeccable album en doubles pages et tons pastel, à une exception près, mais quelle exception!
L'auteure-illustratrice les présente successivement par un texte court et une image regorgeant de détails qui complètent le portrait. Auquel ressemble-t-on le plus? Personne ne pose la question mais elle s'impose.

Pas d’angoisse chez les Malfoutus. (c) Hélium

Alors, après avoir fait la connaissance du Troué, du Plié, du Mou, du Renversé et du Raté, comprendre leur mode de vie et de pensée.Les compères paraissent rudement bien s'entendre entre eux et vivre fort joyeusement dans leur bizarre demeure. "Ils habitaient une maison brinquebalante qui aurait pu s'effondrer d'une minute à l’autre. Ils discutaient souvent pour savoir lequel d'entre eux était le plus nul d'entre eux. Cela les amusait beaucoup."

Apprécier l'ambiance de loufoquerie douce qui émane de leur association de Charlots modernes. De sérénité aussi. Jusqu'au jour où arrive, "venu de nulle part, un type extraordinaire", le Parfait. Beatrice Alemagna se donne aussi une double page pour représenter cet être "beau, lisse, parfait". Ah, il en jette avec son vêtement rose et sa chevelure rouge. Aucun défaut, semble-t-il.

Enfin, découvrir les questions que le Parfait pose aux Cinq Malfoutus. Et les objections qu'il fait à leurs réponses. C'est simple, il est dégoûté par ce qu'il entend, lui, l'homme de goût! Avec une merveilleuse économie de moyens et un art subtil de camper les attitudes et les mimiques, l'artiste italienne rend ses personnages remarquablement présents.

Surtout, quand son quintet se met à énumérer, chacun prenant successivement la parole, les qualités de leurs défauts. Plus contents d'eux que jamais ils sont, alors que le Parfait ne comprend plus rien. La finale est magistrale avec les pages de garde de fin dont la couleur pétante rappelle qu'on l'a aperçue tout au long de cet excellent album, dès la couverture. Un livre qui prône l'acceptation de l'imperfection et surtout l'inclination pour la joie de vivre. Beatrice Alemagna raconte tout cela entre les lignes des aventures des "Cinq Malfoutus". Qu'on les aime car ils nous rassurent sur notre propre statut d'êtres humains. Humains et donc imparfaits mais tellement aimables!

Et, pour se mettre en appétit, un teaser animé de l'album.



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