"Nos accords imparfaits" (c) Casterman.
C'est un bel album, une bande dessinée
C'est une romance d'aujourd'hui
Il vivait chez lui, quelque part à Paris
Elle n'était pas loin non plus de Paris, de Paris
Ils se sont trouvés dans un salon du livre
A Quiberon exactement
C'était sans doute un jour de chance
Ils avaient l'histoire à portée de main
Un cadeau de la providence
Alors pourquoi ne pas la réaliser
Cette bande dessinée, c'est l'excellent "Nos accords imparfaits", écrit par Gilles Marchand et dessiné par Cécile Dupuis (Casterman, 160 pages), une première expérience pour l'auteur de "Une bouche sans personne" et "Un funambule sur le sable" (Aux forges de Vulcain tous les deux), une seconde pour la dessinatrice de "L'ombre des pins", son projet d'études (Virages graphiques). L'album est né de la rencontre des deux artistes dans un salon du livre à Quiberon. "J'ai montré mes carnets à Gilles", me confie Cécile Dupuis, de passage à Bruxelles. "Il m'a montré ses poèmes. Nous avons immédiatement eu une connivence artistique. Et l'envie de faire un livre ensemble."
Un livre qui raconterait une errance, où la musique serait présente, avec un
personnage dans une ville labyrinthique. Les deux artistes, musiciens par
ailleurs, elle joue de la flûte traversière, lui de la batterie et de la
guitare, se sont rapidement accordés sur la colonne vertébrale. Ils ont
commencé par ce qui est la face B de la BD. Restait à construire la face A.
Cécile Dupuis a fait des recherches graphiques, Gilles Marchand en a écrit une
nouvelle.
Résultat, ces "Accords imparfaits", qui
disent avec douceur et dans d'exquises variations graphiques puisant dans le
registre musical les difficultés d'un couple et comment il en a triomphé.
Fusionnels au départ, Anton et Hélène voient le silence s'installer entre eux.
Que s'est-il passé entre le livreur et la violoncelliste? Il va falloir à
Antoine retrouver ses mots. Et Hélène en finale au prix d'un étonnant voyage
dans une ville étrange.
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| (c) Casterman. |
L'histoire est prenante car bien moins convenue qu'on ne peut l'imaginer. On
croit tout de suite aux personnages. En ligne claire, le dessin est, lui,
d'une folle liberté graphique, terriblement réjouissante. On pense à
l'audacieuse page avec le poisson rouge.
"Je me suis fait plaisir graphiquement", explique Cécile Dupuis qui
pataugeait dans le projet jusqu'à ce que Nathalie Van Campenhoudt, son
éditrice, regarde ses carnets et lui dise:
"Cela peut être cela aussi, ton album." Une phrase magique qui a tout
débloqué. "La ligne claire est propre à mon style. A chaque idée, je tente de ne pas
la traiter par l'évidence, mais de choisir un angle original." Entre les faces A et B, les couleurs changent, transposition des
atmosphères réelle ou étrange. Mais les idées fusent, surprenantes, adéquates,
et enchantent. On passe un excellent moment en compagnie d'Anton et
Hélène, Cécile et Gilles.




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