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mercredi 4 juin 2014

LA fêté les 35 ans du Prix Bernard Versele


"Au bas mot", me glisse Obama dans l'oreillette, "je serai là dans un quart d'heure." Finalement, le président américain n'a pas pu rejoindre la délicieuse cérémonie célébrant les trente-cinq ans du Prix Bernard Versele et la naissance du Prix Forum. Trop d'embouteillages dans les rues de Bruxelles ce mercredi 4 juin, Mister President, pour rallier à temps le Théâtre de la Montagne magique où avait lieu la fête? Barack Obama s'y serait pourtant plu, à cette matinée festive renouant avec la tradition du prix organisé depuis 1979 par la Ligue des Familles, lui qui défend à fond la littérature de jeunesse et choisit fort bien les livres qu'il lit aux enfants invités à la Maison Blanche.

Ils étaient plus de 42.000 cette année, 42.338 exactement, les enfants de 3 à 14 ans à avoir voté durant l'année scolaire pour "leurs" livres chouettes. Un peu moins que l'an dernier, mais avec un tel enthousiasme dans leurs commentaires, et en majorité des Liégeois! Ils avaient à élire cinq prix et cinq labels parmi les vingt-cinq titres qui leur étaient proposés. La présélection se trouve ici, en fin de note. Le palmarès se trouve un peu plus bas, réjouissant comme chaque année.

Proclamation et séquence vidéo en parallèle. (c) Ligue des Familles.

Ce qui restera dans l'histoire du prix, c'est l'exquise manière dont l'anniversaire a été fêté. Retour à une présentation "officielle" du palmarès par cinq duos d'enfants pour les cinq catégories d'âge, soutenus par la clarinette de Dominique Harvengt. Et des innovations. Sur la scène, dès l'arrivée des invités, deux groupes d'enfants dessinent sur des tables, les uns une fresque paysage, à la peinture à l’œuf ("une peinture un peu dégueulasse"), les autres des animaux anthropomorphes, à l'encre de Chine et au brou de noix, respectivement sous la houlette des illustratrices Anne Brouillard et Mélanie Rutten.

Deux tablées de peintres travaillent sur scène. (c) LDF.

La peinture à l’œuf. (c) LDF.

Du haut de ses 35 ans, le jubilaire a su diablement bien s'emparer des nouvelles techniques: la projection de commentaires pendant la proclamation des prix, des séquences vidéos live montrant l'avancement des travaux de peinture. Quelles bonnes idées! Côté cour comme côté scène, ces trouvailles ont donné un cachet vivant et sympathique à la fête. Car c'était une fête! Tout le monde souriait.

Dès l'ouverture, Michèle Lateur et Maggy Rayet, aidées d'une peluche chouette, ont repris l'idée d'un dialogue entre elles, expérimenté lors de la dernière Foire du livre de Bruxelles, pour retracer rapidement l'historique du prix et ensuite introduire les diverses surprises.

De séquence en séquence, on est arrivé au moment où l'écrivain et dessinateur Thomas Lavachery est aussi monté sur scène, accompagné de sept gamins, munis de mots-questions en rapport avec le livre, "lettre", "fantaisie", "magique", "couverture", "imaginaire", "illustration" et "conte". L'occasion d'entendre notre grand écrivain jeunesse s'expliquer avant qu'il n'adresse à ses jeunes voisins de banc ses propres question, certaines sérieuses, d'autres moins. L'ambiance est toujours joyeuse. Ni les micros, ni le public ne semblent impressionner ceux qui s'expriment.


Les deux maîtresses de cérémonie et leur chouette appellent alors sur scène Patrick Binot, directeur général de la Ligue des familles pour qu'il présente le nouveau-né, le Prix Forum. Un livre pour enfants de qualité, choisi par un jury d'adultes, parce qu'il ouvre le débat socio-politique et qu'il forme à la citoyenneté. Le premier lauréat du nouveau prix est l'excellent roman "Les A. U. T. R. E. S.", de Pedro Mañas (traduit de l'espagnol par Anne Calmels, La Joie de lire).



Voilà, tout s'est super bien déroulé. Les élèves de 5e primaire de l'Ecole Saint-Joseph de Boondael ont bien mérité le gâteau hérissé de brochettes de bonbons, surmonté d'un puissant 35, qui clôture un moment de qualité et de joie.

Un gâteau bien mérité. (c) LDF.


Deux détails de la fresque paysage et de ses personnages. (c) LDF.
On peint, on peint, on peint... (c) LDF.

Palmarès du prix Bernard Versele 2014

1 chouette


Lauréat
"Morse, où es-tu ?"
Stephen  Savage
L'école des loisirs
Pastel







Label
"Les trois petits pourceaux"
Coline Promeyrat - Joëlle Jolivet
Didier jeunesse
A petits petons




 

 

2 chouettes


Lauréat
"Rêves d'Océan"
Dennis Nolan
Petite Plume de carotte






Label
"Oiseau et Croco"
Alexis Deacon
traduit de l’anglais par Élisabeth Duval
Kaléidoscope

 

 

3 chouettes

 

Lauréat
"Dessine !"
Bill Thomson
L'école des loisirs





Label
"Le géant et le gigot"
Christian Oster
L'école des loisirs
Mouche

 

 

 

  4 chouettes

 

Lauréat
"Le Yark"
Bertrand Santini
Laurent Gapaillard
Grasset Jeunesse
Lecteurs en herbe





Label
"Le bus de Rosa"
Fabrizio Silei
Maurizio A.C. Quarello
traduit de l’italien par Didier Zanon et Emmanuelle Beulque
Sarbacane - Amnesty International

 

 

  5 chouettes

 

Lauréat
"Le goût de la tomate"
Christophe Léon
Editions Thierry Magnier
Petite Poche






Label
"Le conte du genévrier"
Jacob et Wilhelm Grimm
Gilles Rapaport
Traduction d'Armel Guerne
Le Genévrier









LR éjouie de la naisssance d'"A pas de loups"


Une nouvelle maison d'édition en littérature de jeunesse est toujours une joie, une occasion de se réjouir. Surtout si on y trouve les albums qu'on aime. C'est le cas de A pas de loups qui a poussé ses cinq premiers feulements à la fin mai. Un an seulement après la naissance de l'idée.

Laurence Nobécourt.
La maison d'édition A pas de loups est de droit belge mais dirigée par une Française, Laurence Nobécourt.

"Je suis Française, Bruxelloise depuis neuf ans maintenant", se présente-t-elle.

"Je suis "Professeur des écoles" au Lycée français de Bruxelles jusqu’à la fin juin. Après vingt-cinq ans d'enseignement, durant lesquels j'ai lu beaucoup de bons livres, j'ai eu envie de fonder ma maison d'édition jeunesse.

Toutes ces rencontres qui m'ont nourrie m’ont donné envie d'être plus près de la création. Tout est venu naturellement. Je remercie les auteurs qui m'ont fait confiance."


Cinq titres paraissent en cette fin de printemps (cinq autres sont prévus à l'automne). Quatre d'entre eux ont été imprimés en Belgique.

"Circus", un leporello (livre-accordéon) d'Albertine, a été fabriqué en Chine, on le comprend. "J'ai rencontré Albertine en septembre dernier au Festival des illustrateurs de Moulins", explique la jeune éditrice. "Elle s'est montrée enthousiaste et m'a proposé quatre carnets à ce sujet." Cet album sans texte reprend les dessins au Rotring qui avaient été exposés à Moulins, édition consacrée au cirque. En noir et blanc, ils composent une étonnante parade d'artistes et d'animaux, souvenirs d'enfance de l'illustratrice.

"Circus" se déplie pour mieux proposer sa parade.



"Badbada", de Cécile Gambini est la réédition bienvenue d'un livre paru au Seuil il y a sept ans et épuisé.

En grand format, une belle histoire d'amitié entre le crapaud Bagbada et Oxycat, un chat déplumé, raplapla, en un mot déprimé, qui voyagent ensemble dans un monde fantaisiste pour retrouver le goût de la vie, illustrée d'agréables collages de tissus et de papiers.





"Boutons et boutonnières", de Dominique Descamps, est au départ un livre d'artiste textile dont les images de moutons ont été réalisées en tricot, puis photographiées et mises en scène par une graphiste. Mais il y a une histoire derrière ces moutons-boutons, pleine d'humour et de fantaisie, celle, éternelle, de la rencontre amoureuse. Car un bouton cherche sa boutonnière, et vice-versa.







"Une girafe sur le toit du monde", de Sophie Daxhelet, se présente dans un format tout en hauteur, très allongé, ce qui est commode pour représenter une girafe.

"Au départ, c'était une commande  de la Fondation Élie Wiesel", explique son auteure-illustratrice, déjà publiée deux fois chez MeMo (les albums "Le cirque poète" et "Monsieur Cheng"). "La plaquette originale est devenue ce livre en ajoutant des pages entre le début et la fin."

Plein de trouvailles graphiques, l'album n'a besoin que de trois couleurs, le noir du fusain, le blanc du fond et le jaune de la gouache, pour raconter le périlleux voyage de la girafe et de Sück, voyageur qu'elle a rencontré dans la savane, venu en montgolfière du pays des Montagnes célestes et désireux d'y retourner.



  

En grand format, "Les Contes de A à Z", de Françoise Rogier est une création intéressante basée sur les contes classiques du répertoire et présentée sous forme d'abécédaire.

"J'ai opéré une sélection subjective parmi contes les plus connus parce que je voulais créer des liens entre eux", explique-t-elle.

A chaque nouvelle lettre de l'alphabet, des mots des contes apparaissent en grand et en couleur comme repères visuels dans le texte. "Ane" et "animal" pour A,  "Bottes de sept lieues" pour B, "Cendrillon", "citrouilles", carrosse" et "cheval" pour C. Et ainsi de suite...

"J'ai choisi des versions des textes présentant un vocabulaire élaboré pour la saveur de mots", précise encore l'auteure-illustratrice, "même si le petit ne comprend pas tout. L'idée est aussi que les parents renouent avec ces contes." A noter que le A ouvre et ferme l'album afin qu'on puisse recommencer l'histoire.

L'album se base donc sur les thématiques des contes de Charles Perrault, Jacob et Wilhelm Grimm et Joseph Jacobs. On les retrouve bien entendu dans les magnifiques images où caracolent les  personnages célèbres, une fée ici, une sorcière là-bas, un loup ici, Jack là-bas, sans oublier les nains, les petits cochons et tout plein d'autres.
De très belles images réalisées en cartes à gratter, scannées et coloriées à l'ordinateur, une technique impressionnante et formidable.

Et oui, tourner les pages de ce livre donne bien envie de replonger dans les contes en version intégrale.



mercredi 28 mai 2014

LD couvre la haine d'un père pour les siens

"Un bon fils", le titre du nouveau roman de Pascal Bruckner (Grasset, 254 pages), est évidemment à prendre au deuxième degré. Car c'est une histoire terrible qu'il nous raconte, d'autant plus terrible que c'est la sienne. Le bon fils livre en même temps que sa biographie personnelle un bilan de sa famille. Pas fameux, le bilan: un père tyrannique, antisémite et raciste, une mère soumise, femme battue et humiliée, un fils unique témoin de la haine paternelle. Des menaces, des tensions, des coups, des pleurs.

Malgré cela, le fils accompagnera son père alors très âgé jusqu'à la mort. Et jusqu'à une ultime surprise, de taille, qui demeure aujourd'hui un mystère pour l'écrivain. Dieu n'a pas exaucé ses demandes d'enfant de dix ans, alors croyant, de provoquer la mort de son père. "Il m'aura plus marqué alors qu'elle m'a élevé", analyse-t-il, lors d'un passage à Bruxelles. "Quelle peau de vache!"

Pascal Bruckner.

"Aujourd'hui, je suis apaisé mais le passé continue à traverser ma mémoire", poursuit-il. "Ces temps, je fais beaucoup de rêves de mes parents qui me reprochent la parution du livre. Par contre, j'ai eu deux réactions positives dans ma famille:  une cousine et une grande-cousine qui m'ont dit merci."

"Les pères brutaux ont un avantage", écrit Pascal Bruckner, "ils ne vous engourdissent pas avec leur douceur, leur mièvrerie, ne cherchent pas à jouer les grands frères ou les copains. Ils vous réveillent comme une décharge électrique, font de vous un éternel combattant ou un éternel opprimé. Le mien m'a communiqué sa rage: de cela je lui suis reconnaissant. La haine qu'il ma inculquée m'a aussi sauvé. Je l'ai retournée en boomerang contre lui".

Ce boomerang, c'est "Un bon fils", empli d'amour, un amour impossible, malgré ce qu'il dénonce. Un livre confidence qui doit réconforter des lecteurs se sentant moins seuls. C'est l'idée que je glisse à l'écrivain. "Des pères pénibles et des mères abusives, c'est l'histoire de France de notre génération", me répond-il - il est né le 15 décembre 1948, au lendemain de la Seconde  Guerre Mondiale. Mais il ajoute: "Une amie m'a dit: je traite mes parents différemment depuis que j'ai lu ton livre, avec plus de gentillesse."

Car tout le monde connaît, de près ou de loin, à des degrés divers un couple comme le dépeint l'écrivain: "Pendant cinquante ans de mariage, il aura montré une remarquable constance dans la persécution et elle une admirable persévérance dans la soumission."

Pourtant, ce livre, Pascal Bruckner n'y croyait pas. "C'est Olivier Nora, mon éditeur (NDLR: et patron des Editions Grasset) qui m'a poussé à l’écrire. Il m'y a encouragé très fermement, déjà sur le parvis de l’église où se tenaient les funérailles de mon père. En l'écrivant, je me demandais qui cela allait pouvoir intéresser. Mon fils, ma compagne, étaient également sceptiques. A l'arrivée, je constate que la confidence est partagée par beaucoup."

Petit à petit, l'idée de se raconter et de démêler l'écheveau familial a fait son chemin. "C'était difficile, m'explique-t-il. "J'ai fait des recherches en Autriche (NDLR: où l'enfant de santé fragile qu'il était a passé ses premières années), à propos de la légende familiale. J'ai glané ce que je pouvais à gauche et à droite, chez des cousins. Et je me suis fié à ma mémoire. J'avais placé la photo de 1951 (celle qui figure en couverture) devant mon bureau. Elle a sans doute été prise par ma mère avec le Rolleyflex de mon père.Quelle scène familiale, le père et le fils! Il faisait de belles photos, je dois le reconnaître."

Si le livre suit l'ordre chronologique, pour son auteur, "il s'est fait par gradation. Je ne m'en suis pas rendu compte tout de suite. J'ai d'abord vu les violences contre ma mère, puis le reste... La construction avec la scène finale, qui demeure un mystère absolu pour moi, s'est faite après, au terme de l'écriture."

En même temps que se déroule l’itinéraire de Pascal Bruckner, élève de Jankélévitch et de Roland Barthes, jumeau spirituel d'Alain Finkielkraut, écrivain très vite reconnu, et que s'affine le portrait d'un homme avide de livres et de voyages, de liberté et d'écriture, de connaissances, s'assemblent devant le lecteur les pièces du terrible puzzle familial.  "Ma famille est très toxique. Mon père et son frère travaillaient tous les deux chez Siemens et se ressemblaient. A l'origine de leur méchanceté se trouve leur père, mon grand-père, totalement pervers et sadique, délateur compulsif. Cet homme a causé une malédiction qui s'est transmise à la génération suivante et j'espère y avoir mis un terme."

Mais l'écrivain reconnaît que "d'avoir eu une enfance résistante, je suis devenu un adulte florissant. La maladie m'a beaucoup aidé, notamment en m'éloignant de mes parents. J'ai développé des mécanismes de défense internes, une carapace qui m'a protégé. Et je n'oublie pas ma mère qui s'est sacrifiée pour moi. A son époque, les femmes choisissaient de ne pas choisir. Elle aurait du partir à 40 ans, après, c'était trop tard. Elle est restée et ils se sont entre-tués. Mais ils ne sont pas parvenus à sacrifier l’agneau pascal. Je n'ai jamais compris mon prénom. En réalité, je m'appelle Pascal Etienne. L'agneau a résisté. Pourquoi? Il faudrait faire appel à la psychanalyse. Ou que j'essaie l'hypnose, parce que je ne me souviens que de peu de choses."

"Un bon fils" permet de mieux comprendre ce qui paraît incompréhensible,  à défaut de l'admettre. La violence, le racisme, l'antisémitisme, entre autres. Il est précieux car témoignage de résilience. Toute haine bue, il s'achève sur la triste fin de vie du père, dans la pauvreté, mais aussi sur une petite pointe de lumière, le partage des lectures entre le père et le fils. Un récit touchant, partagé avec générosité.



samedi 24 mai 2014

LI rait bien faire un petit somme avant le goûter

"Petit somme", le nouvel album pour enfants d'Anne Brouillard, (Seuil Jeunesse, 32 pages), est une petite merveille de douceur et de bonheur.
La somme de deux activités aussi, la préparation du goûter par la grand-mère, une mini-sieste pour le bébé dans son landau.
Dit comme cela, cela n'a l'air de rien. Et pourtant! Quelques lignes de texte guident la lecture qui se déroule intégralement dans de merveilleuses images, des doubles pages à bord perdu.

Dès la couverture, on comprend qu'on retrouve l'univers préféré d'Anne Brouillard, une maisonnette nichée dans un petit nid de nature bien verte, pleine d'arbres et d'herbe, pas loin d'un lac et où évoluent sans inquiétude une belle série d'animaux. Sauvages dans ce cas. Les pages de garde en donnent un joli portrait.

Les pages de garde. (c) Seuil Jeunesse.

L'histoire commence quand Grand-Maman sort de sa petite maison, parlant au passager d'un landau à l'ancienne, rouge comme le châle à franges qu'elle porte. "Il fait bon dehors. Tu vas faire un petit somme", dit-elle au bébé.

Grand-Maman installe le landau et son passager dehors. (c) Seuil Jeunesse.

Les plus attentifs auront déjà remarqué tous les animaux à deux ou à quatre pattes qui se glissent dans les images Un renard, un blaireau, un lapin, un écureuil, un hérisson, un rouge-gorge, des mésanges, un merle... Il y en a du monde qui conflue vers le landau.

Les animaux surgissent des arbres pour se rapprocher du bébé. (c) Seuil Jeunesse.

Grand-Maman retire ses sabots et rentre dans la maison. Evidemment, bébé rouspète: "Ouin! Ouin!". Il ne va pas pleurer longtemps. Une succession de magnifiques doubles pages montre, par la porte ouverte ce que l'aïeule est en train de faire, éplucher une banane, peler une pomme, la râper, tandis que les baby-sitters improvisés occupent le bébé et discutent entre eux: "Y en aura-t-il pour nous?", sous-entendu du goûter?

Grand-Maman travaille dans la cuisine. (c) Seuil Jeunesse.

Bébé prend patience en bonne compagnie. (c) Seuil Jeunesse.

Ces séquences sont absolument charmantes et délicieuses, graphiquement de toute beauté. Le discret zoom qu'utilise l'autreur-illustratrice belge permet d'en savourer de plus en plus de détails. "Encore un petit somme" était-il prévu au programme. C'en est un autre qui a été exécuté mais pour le bonheur de tous, Grand-Maman, bébé, animaux et bien sûr lecteurs qui auront certainement remarqué les souris qui jouent dans les sabots de la cuisinière posés sur le seuil.

Mille choses sont à observer, à déguster dans cet album vibrant de tendresse et de quiétude. Une vie de bébé aimé, choyé. La simplicité du quotidien qui sert de tremplin à l'imagination jusqu'au moment où on se rend compte qu'on a faim. Vite, un Betterfood, comme tous les participants à ce goûter peu commun.

Anne Brouillard qui avait signé le très bel "Voyage d'hiver" (Esperluète) l'an dernier nous enchante à nouveau avec ce "Petit somme" destiné aux enfants, et aussi aux tout-petits.

mercredi 21 mai 2014

LF ière de montrer une image et la couverture du prochain album de Claude Ponti

Avec une belle régularité, Claude Ponti propose un nouvel album chaque automne. Avec d'autres titres en plus, parfois, entre-temps, certaines années.

2014 ne déroge pas à l'habitude puisque sortira dans quelques mois l'album "Blaise et le Kontrôleur de Kastatroffe" (L'école des loisirs, 48 pages).
Un grand format en hauteur pour découvrir que les voyages forment notamment la jeunesse mais aussi les poussins.

Tout commence quand, une nuit, un orage éclate et foudroie la maison des poussins de haut en bas.

Qui débarque aussitôt? Le Kontrôleur de Kastatroffe.

Normal: Blaise et les poussins n'ont pas de permis de foudroyage de maison.

Ils doivent donc payer une amende. Sinon ils seront emprisonnés DANS le kontrôleur. Sale perspective.

Mais où trouver une amende? Sur quel arbre? Dans quelle forêt? Et comment la payer à temps?

C’est alors que commence pour les poussins une longue quête...

Oh la la, ça va être dur d'attendre.

Pour patienter et/ou se mettre en appétit, en voici une image, en "exclusivité mondiale".

(c) Claude Ponti.