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vendredi 24 novembre 2023

Ressusciter un sol pour créer un jardin potager

Dix photos argentiques de Lucia Radochonska apparaissent dans "En jardinant" (CFC éditions).

Né dans une famille travaillant dans l'horticulture décorative - les plantes vendues sur la Grand-Place de Bruxelles, c'est elle - Jean-Louis Van Malder a décidé, sa retraite venue, de totalement se reconvertir. La parcelle de terrain qui donnait les fleurs destinées au commerce en un jardin potager aurait désormais pour mission de nourrir à l'année toute sa famille, soit six adultes et trois enfants. Il conte quatre années de cette aventure entamée en janvier 2017 dans le passionnant récit-essai "En jardinant", complété de dix photos argentiques de Lucia Radochonska (CFC-Editions, 288 pages).

Disons-le tout de suite, si le texte est hautement accessible à tous, il ne fera réellement vibrer que ceux et celles qui savent ce que jardiner, cultiver, récolter,.. veut dire et qui manient le vocabulaire du jardin, tant à propos des plantes et de leurs visiteurs que des outils - un glossaire en fin d'ouvrage explique les termes techniques et scientifiques.

Ces précautions posées, on embarque pour un périple de quatre ans, décliné avec précision de mois en mois. Une reconversion issue d'une volonté farouche. Gestes à faire ou à découvrir, problèmes à régler dont celui des limaces, expériences réussies, ratages, tout ce qui fait la vie quotidienne dans un jardin est minutieusement présenté, dans un style agréable qui n'a rien à voir avec un ouvrage technique. Les chroniques quotidiennes se complètent des réflexions de celui qui tient la bêche, nées de ses expériences.

D'abord cet effroi par rapport à ce que nous avons fait du sol, notre terre, piétinée, écrasée par des machines, tuée par mille produits mais qui a la capacité inouïe de se régénérer, de ressusciter pour peu qu'on la laisse faire et qu'on l'aide à se retrouver. Ensuite par rapport aux changements climatiques en général. Enfin, on apprécie la sortie de l'auteur contre la permaculture adoubée aujourd'hui. "Je ne supporterais pas de voir des adventices prendre le pas sur mes cultures", glisse Jean-Louis Van Malder avant d'avouer qu'il éprouve un véritable plaisir à "désherber". Ce qui ne l'empêche pas de prôner toutes les méthodes bio possibles pour son jardin.

On suit aussi les évolutions du jardinier devenu jardinant. S'il ne change pas d'avis sur la nécessité que la terre soit vivante, il le fait notamment à propos des limaces. Semis, plantations, tailles, récoltes sont présentés avec un sens du détail qui témoigne de l'amour de l'artisan pour son travail. Bien entendu, tous les autres visiteurs du jardin sont aussi évoqués, des pucerons aux poules en passant par les papillons et autres oiseaux. Chronique d'une résurrection, "En jardinant" se complète des souvenirs de douze jardins dont l'auteur a assuré l'entretien.


vendredi 6 octobre 2023

La sélection des Pépites 2023 à Montreuil


Avec la diffusion des titres sélectionnés pour les Pépites, la distinction littéraire du Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis, sa 39ᵉ édition est lancée. Dédiée à la "Tectonique des corps", elle se déroulera à Montreuil du 29 novembre au 4 décembre 2023. Thème inhérent à l'enfance et clin d’œil aux JO de Paris. Sujet inspirant pour l'artiste suisse Albertine, créatrice de l'affiche de cette édition.

Comme les années précédentes, vingt titres ont été choisis dans les quatre catégories définies: "Livre illustré", "Fiction juniors", "Bande dessinée" et "Fiction ados". Le 29 novembre, jour d'ouverture du Salon, seront révélés les quatre lauréats des Pépites, désignés par les 36 jeunes jurés, âgés de 8 à 18 ans, sélectionnés suite à un appel à candidatures, partout en France métropolitaine et dans les territoires ultra-marins. Un jury composé de professionnels ou de critiques littéraires choisira également la Pépite d'Or parmi les vingt titres en lice.

Joie de découvrir dans cette sélection de vingt titres deux albums dus aux Belges Sarah Cheveau et Anne Herbauts et un livre illustré publié chez l'éditeur belge Versant Sud.

 

Les vingt livres sélectionnés pour les Pépites 2023

Sélection Livre illustré


  • "La Belle Course", Henri Meunier (Rouergue)
  • "Des papillons dans la nuit", Olivier Ka et Christophe Alline (Les Grandes Personnes)
  • "Nuit de chance", Sarah Cheveau (La Partie)
  • "Parce que parce que parce que", Anne Herbauts (Casterman)
  • "Un cortège de fourmis portant 1000 fois leur poids", Baptiste Filippi et Loïc Urbaniak (2024)


Sélection Fiction junior

 

  • "Au loin, les lumières", Elis Wilk (Versant Sud)
  • "Charbon bleu", Anne Loyer et Gérard DuBois" (D'eux)
  • "Ottoline et le vétérinaire des monstres", Yann Apperry et Laurent Gapaillard (Pocket jeunesse)
  • "Le Pays de sable - Histoires naturelles, Xavier-Laurent Petit et Amandine Delaunay (l'école des loisirs)
  • "Le Temps des ogres", Michelle Montmoulineix (hélium)


Sélection Bande dessinée


  • "L’Incroyable Mademoiselle Bang", Yoon-Sun Park (Dupuis)
  • "La Villa nuit", Guillaume Chauchatc (Biscoto)
  • "Sans panique", Coline Hégron (Delcourt)
  • "Swamp", Un été dans le Bayou, Johann G. Louis (Dargaud)
  • "Un monde si grand", Séverine Vidal et Élodie Durand (Bayard)


Sélection Fiction ados


  • "Le Chant du bois", Marie Boulic (Thierry Magnier Éditions)
  • "Les Magni-freaks", Gaspard Flamant (Sarbacane)
  • "Nous traverserons des orages", Anne-Laure Bondoux (Gallimard Jeunesse)
  • "Oxcean", Nicolas Michel (Talents Hauts)
  • "Le Roi des Sylphes", David Bry (Nathan)




lundi 2 octobre 2023

Rentrée slam à la Maison Autrique ce lundi

Marie Darah. (c) Kris Kuzel.

Avec le mois d'octobre revient l'épatant cycle Portées-Portraits de la compagnie Albertine, pilotée par Geneviève Damas. Pour inaugurer la saison 2023-2024, une soirée qui va marquer ce lundi 2 octobre à la Maison Autrique. En effet, c'est Marie Darah qui a reçu carte blanche. Elle présentera "Sous le noir du tarmac" (MAelstrÖm rEEvolution). Cela va slammer, cela va danser, cela va réciter, cela va chanter, cela va danser, cela va musiquer, cela va…


Les soirées Portées-Portraits sont, rappelons-le, des lectures accompagnées de musiques.

 

 

Née à Charleroi en 1989, Marie Darah s'est établie à Bruxelles pour y suivre des études au Conservatoire en Arts de la parole. Son diplôme obtenu, elle développe ses autres passions, écriture, chant, slam, musique et danse, entre autres. Tout cela en questionnant les notions d'équité et d'ouverture d'esprit. Elle qui a inventé son chemin a remporté en 2021 le Championnat d'Europe de Slam. Marie Darah sera accompagnée par la musique de Cloé du Trèfle. La mise en voix est assurée par Isabelle Wéry.

La soirée commencera à 19 heures par une rencontre avec Marie Darah. À l'issue de la lecture d'une heure qui débutera à 20h15, un verre sera offert, l'occasion pour le public de se rencontrer de manière conviviale en présence des artistes de la soirée.

Mon cœur est pavé
Mon cœur est trottoir
Mon cœur est intersection
Rond-point en perpétuel mouvement
Mon cœur est piétiné sous les talons bien-pensants
Le mot liberté est une expression
Mon cœur est un clavier AZERTY sur l'absurdité d'un bitume


Pratique
Où? Maison Autrique, chaussée de Haecht, 266 à 1030 Bruxelles.
Quand? Le lundi 2 octobre.
A quelle heure? La lecture-spectacle commence à 20h15. Elle est précédée d'une rencontre avec l'auteure à 19 heures.
Durée? 1 heure.
Combien? 9 euros (possibilité de visiter toute la maison et un verre offert), 6 euros pour les étudiants et les artistes, gratuit pour le "jeune" de moins de 26 ans qui accompagne un adulte. Abonnement pour les 7 spectacles à la Maison Autrique et Au Centre culturel de Schaerbeek : 55 euros.
Renseignements ici.

Réservation indispensable par mail à reservations.compagniealbertine@gmail.com





jeudi 29 juin 2023

Un quatuor féminin autour de deux disparus

(c) Librairie Tropismes.

C'est une double rencontre de primo-écrivaines, animée à deux voix, que propose la librairie Tropismes ce jeudi 29 juin à 19 heures. Nadine Eghels et Fabienne Verstraeten s'entretiendront avec Béatrice Delvaux et Sigrid Bousset à l'occasion de la parution de leurs premiers livres, respectivement "Avec Paul" et "V ou la mélancolie" (187 et 123 pages, Editions Arléa tous les deux). Si les deux ouvrages traitent d'un absent, un mari pour la première, un père pour la seconde, leur manière est radicalement différente.



Trois ans après le décès soudain de l'architecte Paul Andreu, Nadine Eghels se lance dans l'écriture du livre qui nous parvient aujourd'hui. Débutant sur le choc de sa mort, elle raconte en brefs chapitres entrecoupés de lettres adressées à des proches, leur rencontre en 1996, fulgurante, leur amour, affiché peu après, ses passions successives, l'architecture, l'écriture, la peinture. Elle nous dit la vie à ses côtés, sa vie à elle, leur vie ensemble, leurs voyages, les sorties, les repas, les amis. Se dessine entre les mots un immense amour, né de la rencontre profonde entre un homme et une femme. Les souvenirs sont innombrables, et mémorables. Au fur et à mesure qu'on chemine dans "Avec Paul", on perçoit combien le déchirement et le désarroi des premiers temps du deuil ont fait place à la lumière d'un merveilleux amour et à une vie à poursuivre.




Au départ d'une photo prise lors de la cérémonie des obsèques de son grand-père, héros de la Résistance, où elle observe la silhouette triste d'un jeune homme de vingt ans, Fabienne Verstraeten construit en petites touches le portrait de son père. De la périphérie au sud de Bruxelles à la commune de Jette, elle élabore un récit biographique en séquences cinématographiques ponctuées de flash-back. Un roman familial plutôt, avec ce qu'il comporte de fiction, mélancolique mais apaisant. "V ou la mélancolie" est un livre ambitieux sur la forme, qui charme par ses références bruxelloises ou culturelles. Une deuxième partie consigne l'atelier d'écriture auquel a pris part l'écrivaine. Elle a choisi de fouiller les destins d'Aloïs et André, ses grand-père et père, "un arbre généalogique d'ombres de branches masculines cassées".


Pour réserver, c'est ici.






vendredi 2 juin 2023

En Chine avec Wéry, avec ou sans téléphone


"Wéry"
, comme elle s'autointerpelle dans son dernier livre, l'ébouriffant et séduisant "Selfie de Chine" (Midis de la poésie éditions, 86 pages, 2022) assurément l'écrivaine belge la plus décoiffante de l'époque. Décoiffée aussi, mais ça, c'est autre chose. Bref, Isabelle Wéry est l'invitée de la dernière lecture-spectacle de l'année de la compagnie Albertine, ce lundi 5 juin en soirée au lieu habituel, la magnifique Maison Autrique à Schaerbeek. Le cycle Portées-Portraits présentera une mise en voix et en musique de son récit inspiré par les voyages qu'elle y a faits en 2017 et 2019. Six mois sur place en tout, ouverts au hasard et à l'improvisation, où chaque événement a servi de tremplin à son imagination ou a permis une expérimentation littéraire. Un livre écrit en Belgique pendant la covid et le confinement, en pyjama, tenue tout à fait autorisée le soir à Shanghai.

Que trouve-t-on dans ce "Selfie de Chine"? Un portrait formidablement enchevêtré de l'auteure et du pays. Côté pile, "Wéry" qui est partie là retrouver une amie d'enfance, écrire ce "Selfie de Chine" et "Rouge Western", son quatrième roman (sortie le 31 août aux éditions du Diable Vauvert), rencontrer des écrivains du crû, animer des ateliers littéraires avec des étudiants locaux. Côté face, "Wéry" selon les cinq sens, expériences visuelles, culinaires, musicales, sensuelles..., rencontres au night-club, au salon de massage ou au marché, apprentissage du mandarin, cette langue qui s'écrit en images.

Le selfie qui a le champ large nous présente les lieux parcourus par l'attentive voyageuse, décors d'une expérience poussée à fond. Tout du long des pages, on est en Chine, avec ses habitants, ses écrivains, ses odeurs, ses lumières, ses matins, ses soirs, ses nuits. Le tout dans une écriture dynamique, qui sonne bien à l'oreille, pleine de surprises littéraires. Ici des allitérations et des interpellations, là une lettre ou un poème, ici des nouveaux mots, là, la fameuse écriture inclusive. Isabelle Wéry secoue la langue française et cela lui fait fameusement du bien. On en redemande tant on s'y amuse. Une pagination modeste, moins de quatre-vingts pages, mais un récit tellement dense et riche qu'il en paraît au moins le double. Lecteur gagnant!

La soirée "Portées-Portraits" débutera par une rencontre avec Isabelle Wéry à 19 heures, l'occasion d'un partage avec le public sur son travail.
La lecture-spectacle musicale débutera à 20h15. Le texte sera mis en voix par Lénaïc Brulé, lu par Stéphanie Mangez et accompagné musicalement par Julien Lemonnier.
Un verre est offert par la Compagnie Albertine à la fin de la lecture, donnant l'occasion de trinquer ensemble et de se faire dédicacer un livre par l'écrivain.

Pratique
Où? Maison Autrique, chaussée de Haecht, 266 à 1030 Bruxelles.
Quand? Le lundi 5 juin.
A quelle heure? La lecture-spectacle commence à 20h15. Elle est précédée d'une rencontre avec l'auteure à 19 heures.
Durée? 1 heure.
Combien? 8 euros (possibilité de visiter toute la maison et un verre offert), 5 euros pour les étudiants, gratuit pour le "jeune" de moins de 26 ans qui accompagne un adulte.
Renseignements ici.
Réservation indispensable par mail à reservations.compagniealbertine@gmail.com



Albertine à la Poissonnerie

Le temps d'une soirée, le jeudi 8 juin, la Compagnie Albertine propose un moment solidaire et littéraire autour d'un repas à la Poissonnerie, lieu associatif alternatif schaerbeekois qui ouvre ses portes tous les jeudis soir pour une table d'hôtes. Au programme, un repas et la lecture de deux nouvelles inédites, accompagnée par l'accordéon de Didier Laloy.

Pratique
Quand? Le jeudi 8 juin.
Où? La Poissonnerie, Rue du Progrès 214, 1030 Schaerbeek.
A quelle heure? Dès 20 heures.
Combien? Repas à prix libre (3 euros conseillés) et bar.
Pas de réservation.
Lecture gratuite.