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dimanche 12 juin 2016

Pour Neil Gaiman, les bibliothèques, la lecture et l'imagination sont la clé de l'avenir

Neil Gaiman.

J'écoutais ce matin, comme souvent le dimanche, l'excellente émission d'Eva Bester, "Remède à la mélancolie" (France Inter). Elle y citait l'écrivain britannique Neil Gaiman, connu pour ses romans, ses nouvelles, ses bandes dessinées et ses albums jeunesse, ardent défenseur des bibliothèques, de la lecture et de l'imagination. C'est d'ailleurs le titre d'une conférence que le romancier a donnée le 14 octobre 2013, au Barbican Centre de Londres, à l’invitation de la Reading Agency.

Grâces soient rendues aux Editions Au diable vauvert qui ont traduit ce texte, "Pourquoi notre futur dépend des bibliothèques, de la lecture et de l'imagination" ("Reading and obligation", traduit de l'anglais par Patrick Marcel) et le proposent en téléchargement libre (ici en ePagine ou ici en PDF).

Une vingtaine de pages à lire. Car, oui, tout change quand on lit.

"Nous avons besoin de bibliothèques. Nous avons besoin de livres. Nous avons besoin de citoyens instruits."














samedi 11 juin 2016

Performance ce dimanche 12 juin en clôture de la très belle exposition POLLEN à La Marsa

L'entrée de la BNT le 2 juin. (c) Jan Demeulemeester

Début juin, j'étais à Tunis pour prendre part à la chaleureuse et brillante commémoration du décès de l'écrivain Alain Nadaud (1948-2015, lire ici) qui s'est tenue à la Bibliothèque nationale de Tunisie (BNT). Une matinée de rencontres autour de l'œuvre et de la personne de l'auteur Français qui vivait à Gammarth depuis dix-sept ans - précédemment, dans les années 1980, il avait dirigé le Bureau du livre à Tunis. De quoi faire revivre par la parole, la lecture, l'image, le son, le film et une performance l'homme extraordinaire qu'il fut, intellectuel exigeant et ami chaleureux. Une absence-présence qui fit du bien.

A cette occasion, les éditions Sa'Al qu'il avait fondées avec son épouse, l'artiste tunisienne Sadika Keskes, lui consacrent un livre collectif illustré, "Présence d'Alain Nadaud" (coédité avec Simpact et la BNT). L'ouvrage est préfacé par Raja Ben Slama, la directrice de la Bibliothèque. Cette dernière a saisi l'occasion de la commémoration pour annoncer la numérisation des manuscrits d'Alain Nadaud à l'intention des étudiants et des chercheurs de la BNT mais aussi des lecteurs.

"Présence d'Alain Nadaud" rassemble des analyses et des témoignages ainsi que de nombreuses images de l'exposition collective "La joie", qui est la première à avoir été montée dans la galerie qui porte désormais le nom de l'écrivain dans l'espace artistique Sadika à Gammarth.
Le livre s'achève idéalement avec le texte "Autobiographie semi-fictive" qu'Alain Nadaud écrivit en 2010.



Ce déplacement en Tunisie a aussi été l'occasion d'inaugurer l'exposition POLLEN dans les superbes jardins de la résidence de l'ambassade de France à La Marsa, Dar Al Kamila. Une exposition mêlant arts plastiques et littérature puisqu'elle accueille neuf artistes plasticiens et quatre écrivains dont les textes sont à lire au détour de l'exploration, Colette Fellous, Hedi Kaddour, Naceur Khemir et Pierre Assouline. Ce sont les commissaires Sadika Keskes et Wadi Mhiri qui ont demandé à ces créateurs de nous proposer leur regard sur le monde.

Si je vous en parle aujourd'hui, c'est parce qu'elle se termine demain avec un performance du plasticien français Richard Conte. A 17 heures, à 100 mètres de Dar Al Kamila, il proposera "Bille en tête", un "ciel de boules au sol", tableau évolutif et vivant qu'il composera avec une centaine de boulistes.


Performance collective de Richard Conte.

Auparavant, de 11 à 16 heures, ce sera la dernière occasion de visiter l'exposition POLLEN.
Ce qui m'a le plus impressionnée dans les œuvres des artistes Meriem Bouderbala, Mouna Jemal Siala, Sadika Keskes, Najet Ghrissi, Noutayel Belkhadi, Houda Ghorbel, Wadi Mhiri et Bchira Triki, ce sont celles de Houda Ghorbel, Sadika Keskes, Mouna Jemal Siala, Wadi Mhiri et Bchira Triki.
Mille mercis à Amor Ben Rhouma de m'avoir permis de reproduire ses photos pour vous les montrer.



 

"Terre, pardonne-nous!" (c) Amor Ben Rhouma.

"Terre, pardonne-nous!" de Houda Ghorbel, en terre, céramique et arbres, montre des pieds de géants dépassant de la terre pour mieux nous alerter sur notre environnement.
"Homme que je suis, ton fils ma Terre, j'ai honte de mes actes
Honte de mon ignorance envers la diversité des pensées!
Honte de ma criminalité envers les peuples démunis!
Honte de ma cupidité envers mes frères!
Honte de mes armes meurtrières envers tes larmes!
Terre, pardonne-nous!"

















"Tombeaux". (c) Amor Ben Rhouma.

En hommage aux martyrs tombés pour une Tunisie libre et démocrate, "Tombeaux" de Sadika Keskes se compose de onze tombeaux en cubes de verre bleu, sa création personnelle, son terreau de création, écho à une précédente installation de tombeaux, cette fois en verre transparent et avec l'aide de la population locale, sur la place en face de la mairie de Kasserine. C'était à la mi-août 2013. Cette première installation demeura trois mois sur place sans aucun dégât jusqu'à ce qu'il soit ordonné de la démolir...



"Réflexion". (c) Amor Ben Rhouma.

Mouna Jemail Siala, elle, propose "Réflexion", une installation faite de parallélépipèdes de verre entourant des statues. Une idée qui lui est venue après l'initiative du musée du Capitole à Rome de voiler les statues dénudées à l'occasion de la visite du président iranien. Elle a donc couvert les statues du jardin de la résidence de parallélipipèdes dont la surface est un miroir qui réfléchit le jardin alentour mais qui, lorsqu'on s'en approche, allume une lampe à l'intérieur qui rend le miroir inopérant. La statue est alors à nouveau visible! Une réflexion à double sens.




"Jardin des lettres". (c) Amor Ben Rhouma.

Plus loin, le "Jardin des lettres" de Bchira Triki fait danser les lettres et les mots en ascension verticale, rappelant l'univers mystique des Soufis.


"Allongez-vous" (c) Ghassen Oueslati.

"Allongez-vous" (c) Ghassen Oueslati.
"Allongez-vous". (c) DR

Enfin, on pouvait revoir dans le joli kiosque à musique l'impressionnant "Allongez-vous" (céramique, bois et tissu) de Wadi Mhiri, déjà montré dans une précédente exposition. Soit un grand lit à baldaquin, immaculé, sur lequel on est prié de s'allonger. Et c'est à ce moment que s'écrivent, en lettres faites de cartouches suspendues, les mots "Jihad Annikah" (le jihad du sexe). La contribution, souvent forcée ou ignorante, des femmes dans le couloir de la mort qu'est le jihad.


Bains de soleil noir. (c) Amor Ben Rhouma.
La visite se termine par une œuvre qui met mal à l'aise pour des raisons moins honorables, le "Solitaire Siméon" de Meriem Bouderbala, installé assis et se tenant les genoux en haut d'un palmier mort avec des zodiacs au pied du tronc, des "Bains de soleil noir". Une allusion mêlant la maladie des palmiers et le sort des réfugiés syriens selon ses mots. Une œuvre qu'on ne peut s'empêcher de lier à celle du collectif belge Schellekens & Peleman, "Inflatable Refugee" (réfugié gonflable). Avec son migrant assis, se tenant les genoux, en toile de bateau gonflable comme les Zodiacs, elle sillonne les mers depuis novembre 2015 et porte des lettres de réfugiés qui sont, traduites, imprimées et transmises aux populations (lire ici).

Inflatable Refugee. (c) Schellekens & Peleman.





mercredi 8 juin 2016

Plus de 51.000 enfants lecteurs au jury 2016 du Prix Bernard Versele!


42.338, 47.426, 51.026, voilà le nombre d'enfants qui ont voté au Prix Bernard Versele de la Ligue des Familles respectivement en 2014 (année des 35 ans, lire ici), 2015 (lire ici) et 2016, élisant ainsi les cinq livres chouettes de l'année et leurs labels (2e prix) correspondants. Une belle progression et le cap symbolique des 50.000 votes dépassé, comme en 1998. Ceci n'étant évidemment que le chiffre officiel, certains jeunes lecteurs ne remplissant pas leur bulletin de vote (papier ou électronique) ou oubliant de l'envoyer. La progression fait d'autant plus plaisir qu'elle envoie bouler l'idée que les enfants "n'aiment pas lire". Bien sûr, ils y sont hautement incités par la Ligue des Familles qui a créé le prix en 1979 et le patronne depuis avec enthousiasme, multipliant les rencontres pour que tous découvrent le plaisir de lire.

Quelle joie donc que ces 51.026 enfants entre 3 et 14 ans qui ont voté durant cette année scolaire! Rappelons brièvement que les 25 livres qui sont proposés à leurs suffrages sont répartis en cinq catégories d'âge, de difficulté croissante, auxquelles il ne leur est pas obligatoire de souscrire.

Un bonheur qui est un peu assombri par deux choses. D'abord, le fait qu'il n'y ait plus de remise officielle systématique du prix, en présence d'auteurs et illustrateurs lauréats et bien sûr d'enfants, une vraie fête qui, en même temps, donne de la crédibilité à la littérature de jeunesse et au prix lui-même. Ensuite, celui qu'il ne soit plus possible aux enfants utilisant des bulletins de vote en papier d'y ajouter un commentaire ou un dessin; on y perd de grands moments d'émotions.

Le palmarès 2016 montre l'intérêt des jeunes lecteurs pour le travail graphique et plein d'humour de Chris Haughton. Il est en effet le lauréat en catégories 1 et 2 chouettes - comme l'avait été le regretté Mario Ramos en 2008! On a pu croiser le Britannique très doué  dernièrement à Liège durant le premier festival Jungle qui s'y est tenu en avril (lire ici). Si les enfants sont toujours fans d'histoires qui font rire ou qui font peur, ils se montrent aussi intéressés par celles qui titillent leur imagination, convoquent leurs émotions ou les emmènent ailleurs. La littérature bien résumée.


Palmarès du Prix Bernard Versele 2016

1 chouette


Lauréat
"Un peu perdu"
Chris Haughton
traduit de l'anglais
Editions Thierry Magnier

Label
"Le 1er c'est canard"
Olivier Douzou
Rouergue







2 chouettes


Lauréat
"Chut! On a un plan"
Chris Haughton
traduit de l'anglais par Anaïs Bérud
Editions Thierry Magnier

Label
"Anton et les rabat-joie"
Ole Könnecke
traduit de l'allemand par Florence Seyvos
l'école des loisirs, lutin poche
lire ici




3 chouettes


Lauréat
"Les trois pires histoires de pirates"
Thomas Bretonneau et Perceval Barrier
l'école des loisirs

Label
"Un ami très cool"
Toni Buzzeo et David Small
adapté de l'américain par Gaël Renan
Le Genévrier



4 chouettes


Lauréat
"Tout d'un Loup"
Géraldine Elschner et Antoine Guilloppé
L'élan vert

Label
"Elle est où la ligne?"
Davide Cali et Joëlle Jolivet
Oskar éditeur






5 chouettes


Lauréat
"Temps de chien pour les requins"
Morris Gleitzman
traduit de l'anglais par Valérie Le Plouhinec
Les Grandes Personnes

Label
"Mon Papa Pirate"
Davide Cali et Maurizio A.C. Quarello
adapté par Davide Cali, Didier Zanon, Emmanuelle Beulque
Sarbacane






Et pour 2017?
Les 25 livres ont déjà été choisis.
Les voici, présélectionnés par catégorie d'âge.
Les votes seront clôturés le 30 avril 2017.
Pour voter, l'enfant, entre 3 et 14 ans, peut compléter un bulletin de vote papier disponible à la Ligue des familles, ou voter en ligne via le site internet (www.laligue.be/association/prix-litteraires/le-prix-versele).
Renseignements: Ligue des Familles - Prix Bernard Versele – Avenue Emile de Béco,109 - 1050
Bruxelles - Tél. : 02/507.72.11
E-mail : prixversele@liguedesfamilles.be
Internet : www.liguedesfamilles.be

1 chouette
"La chambre du lion"
Adrien Parlange
Albin Michel Jeunesse

"Dodo"
Dorothée de Monfreid
l'école des loisirs, loulou & cie

"Papa à grands pas"
Nadine Brun-Cosme et Aurélie Guillerey
Nathan

"Le mystère"
Rebecca Cobb
traduit de l'anglais par Agnès de Ryckel
Nord-Sud

"Je suis un lion"
Antonin Louchard
Seuil Jeunesse

2 chouettes
"Un tour de cochons"
Françoise Rogie
A pas de loups

"Le tapis en peau de tigre"
Gerald Rose
traduit de l'anglais par Valérie Le Plouhinec
Albin Michel Jeunesse, Panda Poche

"Les Sauvages"
Mélanie Rutten
Editions MeMo

"Imagine"
Aaron Becker
Gautier Languereau

"Le concours de force"
Delphine Bournay
l'école des loisirs

3 chouettes
"Le chien que Nino n'avait pas"
Edward van de Vendel et Anton Van Hertbruggen
traduit du néerlandais par Marie Hooghe
Didier Jeunesse

"Le meilleur livre pour apprendre à dessiner une vache"
Hélène Rice et Ronan Badel
Editions Thierry Magnier

"Tor et les gnomes"
Thomas Lavachery
l'école des loisirs, Mouche

"Une journée avec Mousse"
Claire Lebourg
l'école des loisirs, Mouche

"Mère Méduse"
Kitty Crowther
l'école des loisirs, Pastel

4 chouettes
"Bonnets rouges et bonnets blancs: un conte antillais"
Praline Gay-Para et Rémi Saillard
Didier Jeunesse, Contes du monde

"Combien de terre faut-il à un homme?"
Annelise Heurtier et Raphaël Urwiller
Editions Thierry Magnier

"Robin au fond des bois"
Malika Ferdjoukh et Olivier Balez
Gallimard Jeunesse, Folio Junior

"Au bout des rails"
Manuela Salvi et Maurizio A.C. Quarello
Sarbacane, Flex

"Le chevalier de Ventre-à-Terre"
Gilles Bachelet
Seuil Jeunesse

5 chouettes
"Carton rouge. Matthias Sindelar. Le Mozart du ballon rond"
Fabrizio Silei et Maurizio A.C. Quarello
traduction de l'italien par Frédérick Tamain
Ane bâté Editions

"Un ours dans la bergerie"
Quitterie Simon
Editions Thierry Magnier

"L'amour c'est n'importe quoi!"
Mathieu Pierloot
l'école des loisirs, Neuf

"Le seul et unique Ivan"
Katherine Applegate et Patricia Castelao
traduit de l'américain par Raphaële Eschenbrenner
Seuil

"Off"
Xavier Salomó
Seuil Jeunesse


lundi 6 juin 2016

A l'ALMA, Meg Rosoff a dénoncé "l'attentat à l'enfance" qui se commet en ce moment

Meg Rosoff à Stockholm en mai 2016. (c) Stefan Tell.

On le sait, Meg Rosoff est la lauréat 2016 du Prix Astrid Lindgren (lire ici) ou ALMA.

A lire, la traduction en français du discours que la romancière américaine qui vit en Grande-Bretagne a prononcé le 30 mai à Stockholm, lors de la réception officielle (et merci à Albin Michel Jeunesse de l'avoir fait).
Combien sa parole de défense des enfants, de défense de l'enfance, est forte et précieuse! Extraits. "Cette année, j’ai souvent pensé aux enfants."
"En Angleterre, nous sommes en train de vivre un véritable attentat à l’enfance."
"Peut-être avez-vous perçu que, sans l’imagination des enfants, l’humanité était perdue?"

Le discours de Meg Rosoff.
C’est pour moi un immense honneur de recevoir le prix Astrid Lindgren 2016. J’ai l’impression de n’avoir toujours pas bien réalisé ce qui m’arrivait, cette nouvelle continue à me surprendre tous les jours. 
Cette année, j’ai souvent pensé aux enfants. Aux enfants qui vivent sous des tentes à Calais. À ceux qui ont fui la Syrie, seuls. À ceux qui en sont morts.  À ces enfants dont les vies sont brisées par des décisions d’adultes.
J’ai aussi pensé à des enfants plus proches de moi, au Royaume-Uni, qui ne jouent jamais dehors, qui ne jouent pas, à vrai dire. À ces enfants qui croient les inepties de leurs parents et du gouvernement: que rien n’est plus important que les notes et les examens, qu’ils doivent se bourrer le crâne d’un maximum d’informations, qu’ils doivent s’instruire, aimer les livres, mais qu’on peut en finir avec les libraires et fermer les bibliothèques. Notre gouvernement affirme que les enfants ne devraient pas rêvasser en  regardant par la fenêtre. Notre gouvernement affirme que ni la musique, ni les livres ne sont utiles pour une vie réussie. Car la réussite se mesure à la quantité d’argent gagné.
Souvent, je rencontre ces enfants. Parfois, ils obtiennent d’excellentes notes à leurs examens. Parfois, ils se scarifient, s’affament ou tombent dans la dépression.Pas le temps de rêvasser pour les professeurs. Ils ont des cases à remplir, des questionnaires à compléter. Le nombre astronomique de démissions dans ce corps de métier n’y est sans doute pas étranger. Ce qui était une vocation s’est transformé en un métier ennuyeux, dépourvu de toute joie.  Cet ennui a contaminé les classes, mais les élèves ne peuvent pas démissionner.  Ils tiennent bon, dressés depuis l’enfance à ne pas rêver, imaginer, jouer.
En Angleterre, nous sommes en train de vivre un véritable attentat à l’enfance.
Astrid Lindgren disait: "Toutes les grandes choses de ce monde sont nées de l’imagination."La Suède a imaginé un pays qui pourrait accueillir 6000 enfants réfugiés dans ses écoles, sans que cela ne pose problème. Un pays qui encouragerait les auteurs jeunesse (et même, pendant une semaine, les traiteraient comme des stars!). Un pays où les libraires, les professeurs auraient autant d’importance que les banquiers ou les avocats.  Peut-être avez-vous perçu que, sans l’imagination des enfants, l’humanité était perdue?
Astrid Lindgren nous rappelle qu’un jour, ce sont les enfants qui dirigeront le monde, que rien n’est plus important que ce que nous leur enseignons, quelles valeurs, quels savoirs, quel futur ils peuvent imaginer. C’est pour moi un grand honneur et une immense responsabilité de porter l’œuvre d’Astrid Lindgren. En recevant ce prix, je suis touchée par la reconnaissance faite à mon travail, surtout venant d’un pays qui attache tant d’importance aux enfants, à leurs livres et à leur imagination.
En mémoire d’Astrid Lindgren, avec une affection particulière pour ses héros, courageux, libres, singuliers, et tous mes remerciements au jury de l’ALMA, j’accepte ce prix avec joie et émerveillement. Je ferai tout pour m’en montrer digne.