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mercredi 7 décembre 2022

Le prochain "Illustrators Annual" de Bologne

Suzy Lee présentant sa couverture.

A la Foire du livre pour enfants de Bologne, anciennement appelée Fiera del Libro per Ragazzi di Bologna, plus souvent dénommée maintenant Bologna Children's Book Fair, il est de tradition que la couverture de l'"Illustrators Annual" soit réalisée une année par le/la lauréat/e du Prix Hans Christian Andersen, l'autre année réalisée par le/la lauréat/e du Grand Prix de la Biennale d'illustration de Bratislava.

Le Prix Andersen ayant été décerné en 2022 à  Suzy Lee (lire ici), c'est l'artiste coréenne qui a été chargée de composer la couverture du prochain "Illustrators Annual", à paraître en mars 2023 (Corraini), lors de la prochaine Foire, la soixantième (6-9 mars). Rappelons que cet épais répertoire illustré, disponible en anglais et en italien, rassemble les illustrations des artistes sélectionnés pour la 57e Exposition des Illustrateurs, ainsi que de nombreux renseignements les concernant.

La voici, cette couverture, tellement représentative de l'univers graphique et du talent de sa créatrice.

(c) Corraini.






Le "feel bad novel" de la Belge néerlandophone Gaea Schoeters honoré par l'UEPL

La sculpture de papier réalisée pour la Belge Gaea Schoeters.

On aura vraiment beaucoup parlé de l'Ukraine ce mardi soir à Flagey où étaient remis officiellement les distinctions littéraires de l'Union européenne, les prix UEPL. Le prix et les cinq mentions spéciales avaient été annoncés en avril à Paris (lire ici). S'il est normal d'évoquer les Ukrainiens dévastés par la guerre, fallait-il un tel chœur? La Commissaire à l'innovation, la recherche, la culture, l'éducation et la jeunesse Mariya Gabriel, l'écrivain lituanien Tomas Vaiseta deux fois,, le chef de la mission de l'Ukraine auprès de l'Union européenne Serhii Tereshko, les écrivains sur scène en chœur, la lauréate ukrainienne Eugenia Kuznetsova naturellement, l'écrivain géorgien Iva Pezuashvili, le lauréat 2022. On aurait aimé un tout petit mot de compassion pour d'autres pays qui subissent aussi la guerre. Il n'y en a eu aucun. Une bombe russe vaut-elle plus qu'une attaque en Afghanistan ou en Syrie? Il a été dit la nécessité de conserver la culture au-delà des guerres, malgré les guerres. Un livre ukrainien vaut-il plus que la musique afghane aujourd'hui interdite? Pas un mot sur ce qui se passe loin de nos portes.

Lecture conversation avec Gaea Schoeters
et Tomas Vaiseta. (c) EUPL.
La littérature a aussi été fêtée en ce soir de Saint-Nicolas. Le fonctionnement du Prix de littérature de l'Union européenne ayant été modifié pour son cinquième cycle (2022 à 2024), la cérémonie a elle aussi connu quelques changements. En trois lieux de Flagey ont eu lieu avant la cérémonie proprement dite des lectures-conversations avec la plupart des écrivains proposés par leur pays. Ils ont répondu à des questions et lu un extrait de leur œuvre en langue originale. Bonne idée. Au moins sur le papier. Il m'a été impossible de lire la traduction anglaise en parallèle à la lecture en lituanien; aucun problème par contre lors de la lecture en néerlandais - pas besoin de traduction.


Pour ma part, j'avais donc choisi la séance avec le Lituanien Tomas Vaiseta ("Ch.") et la lauréate belge néerlandophone Gaea Schoeters, mention spéciale pour son roman "Trofee", disponible en français depuis septembre; il a été traduit en français par Benoît-Thaddée Standaert pour la collection "Actes noirs" d'Actes Sud sous le titre "Le trophée". Le "meilleur feel bad novel de l'année", selon la romancière qui incite ses lecteurs à changer leur focale habituelle. Une histoire de chasse en Afrique qui fait réfléchir entre autres aux paradoxes de notre bonne conscience.

Tandis que la Belge faisait remarquer qu'une des utilités du prix, vu les nombreuses traductions générées, était qu'un roman écrit en langue flamande allait peut-être aller chez les Anglo-Saxons alors qu'habituellement ce sont ces derniers qui envahissent les rayons des librairies flamandes, le Lituanien, de son côté invoquait "Please, support Ukraine!" avant d'expliquer qu'un jour, le prénom de Charles lui était venu et qu'il s'était lancé dans de nombreuses recherches à ce sujet, lui qui ne voulait plus en faire pour un roman.

Flagey. (c) EUPL.
La cérémonie ensuite s'est présentée comme une lasagne entre discours officiels et interventions de douze des quatorze lauréats célébrés ce soir. Extraits.

Après un mot pour l'Ukraine, Mariya Gabriel, Commissaire à l'innovation, la recherche, la culture, l'éducation et la jeunesse: "Le prix EUPL brise les barrières physiques, linguistiques et culturelles pour nous aider à mieux nous comprendre. Il souligne l'importance du secteur du livre pour notre société européenne. [Aux auteurs], je vous demande de continuer à servir de modèles et de source d'inspiration pour tous les esprits créatifs à travers l'Europe."

"Quelle place pour la culture dans un monde où les gens sont contraints de quitter leur foyer et de chercher refuge?" interroge Sabine Verheyen, Présidente de la commission de la culture et de l'éducation, député européenne. "Nous ne devons pas sous-estimer le pouvoir des livres. Les histoires que nous racontons aujourd'hui façonneront notre avenir."

Serhii Tereshko, chef de la mission de l'Ukraine auprès de l'Union européenne, plaide sur l'importance de la littérature comme base de l'identité européenne ukrainienne. Il demande qu'on publie les livres d'Ukraine, qu'on fasse la promotion de la littérature ukrainienne.

Changement de perspective avec la capsule vidéo de l'Italien Daniele Mencarelli: "J'écris depuis que j'ai 15 ou 16 ans. J'ai découvert la littérature grâce à un professeur à l'école. A ce moment, la littérature est devenue ma vie."

Quatre écrivains montent ensemble sur scène. L'Autrichien Peter Karoshi, enchanté d'avoir rencontré ses collègues avec qui il a "discuté littérature et politique". Le Norvégien Kjersti Anfinnsen, qui se réjouit de la multiplicité des langues. La Roumaine Raluca Nagy qui se rappelle de ses années d'études à Bruxelles. Le Lituanien Tomas Vaiseta, qui relance un appel pour l'Ukraine et juge peu important le pays d'origine: "On a les mêmes problèmes, les mêmes amours, les mêmes espérances."

Séquence vidéo avec le Macédonien du Nord Vladimir Jankovski: "Ecrire est pour moi dire la manière dont je perçois le monde. Un artiste ne devrait pas se limiter à une discipline mais multiplier les expériences comme je le fais, livres, cinéma, musique..."

Après les officiels Sonia Draga, Vice-présidente de la Fédération des éditeurs européens, et Jean-Luc Treutenaere, Co-Président de l'EIBF (European and International Booksellers Federation), montée sur scène de la Belge Gaea Schoeters et de l'espagnol Jacobo Bergareche, tous deux mentions spéciales. Ils ont parlé traduction et bien pointé que la qualité se mesure notamment à la musicalité de la langue de traduction.

En vidéo, l'Ukrainienne Eugenia Kuznetsova, mention spéciale: "J'ai toujours pensé que j'étais écrivain. J'ai grandi dans un tout petit village." Sur scène, deux nouveaux lauréats de mention spéciale, la Franco-Bosniaque Slađana Nina Perković: "Je voulais être un auteur français mais je n'y arrivais pas. Dans ma tête, mes personnages parlaient en serbo-croate." L'Irlandais au nom imprononçable Tadhg Mac Dhonnagáin: "J'ai essayé d'être loyal à mes personnages et à leurs situations en explorant le lien entre mémoire, identité et langage."

Dernier à parler de la soirée, on n'entendra ni le Grec Takis Kampyli, ni le Slovaque Richard Pupala, le lauréat du prix UEPL, le Géorgien Iva Pezuashvili se demande si la littérature peut changer le monde, se félicite des traductions permises par le prix et lance un dernier message de soutien à l'Ukraine.

Le recueil "European stories" des auteurs 2022 est maintenant disponible sous format papier. Il propose pour chacun des quatorze lauréats une biographie, un résumé du livre primé, l'avis du jury national l'ayant proposé, un extrait en langue originale et sa traduction en anglais. 

La Commissaire Mariya Gabriel a aussi annoncé que le 27 mars 2023 serait la Journée des auteurs européens.


samedi 3 décembre 2022

Et pourtant, les enfants lisent!

Une bibliothèque bien composée en ouverture. (c) Gallimard Jeunesse.


En duo, l'explorateur Fombelle et le professeur Chaud ont dressé un très plaisant et original catalogue illustré des jeunes lecteurs. Hommage magnifique à ces gamins et ces gamines d'aujourd'hui qui se débrouillent pour lire partout et tout le temps simplement parce qu'ils adorent la lecture. Invite délicate également à ceux qui n'ont pas encore été pris par le virus de la lecture. "101 façons de lire tout le temps" est un épais et magnifique album dû à Timothée de Fombelle pour les textes et à Benjamin Chaud pour les illustrations. Deux gaillards qui se sont immédiatement entendus et proposent une galerie de jeunes lecteurs joyeuse, fantaisiste, imaginative. Comme sont les enfants quand ils lisent.
"Je prends depuis longtemps des notes, comme un ethnologue ou un collectionneur, sur les postures des enfants qui lisent", explique Timothée de Fombelle. "J'observe ce qu'ils font de leur corps quand ils basculent dans l'imaginaire. Je regarde les ruses des plus passionnés pour glisser de la lecture partout et tout le temps. En écrivant pour eux, en les rencontrant, je crois avoir trouvé le meilleur poste d'observation. Et mes carnets se remplissent d'enfants lisant les pieds en l'air, en boule sous les tables, planqués dans les espaces à bagages des trains. Peu à peu j'ai vu naître dans cette accumulation une célébration des jeunes lecteurs, de leur manière de résister à un monde où on ne cesse de dire qu'ils ne lisent plus, à ce monde où ils auraient en effet toutes les raisons de ne pas le faire... Et pourtant, ils lisent!" 
(c) Gallimard Jeunesse.

Il fallait bien tout le talent de Benjamin Chaud pour s'emparer de ces 101 portraits, en général de quelques mots seulement, leur donner une continuité graphique grâce au choix de teintes chaudes, et ainsi rehausser chacune des situations rapportées par l'auteur. Pas question de redondance entre le texte et l'image. Non, il s'agit d'une vraie belle et grande union générant une dimension supplémentaire.

(c) Gallimard Jeunesse.
Quel régal que tous ces jeunes, lecteurs et lectrices, saisis dans leur passion avec justesse et tendresse tant dans les mots que dans les dessins. Les auteurs préviennent: "le [lecteur] classique est vraiment rare", comprenez un lecteur assis sur une chaise. Mais cet énergumène n'embarrasse absolument les 100 autres postures agréablement mises en page. Il y a ceux qu'on imagine aisément. L'autruche sous sa couette, le chat perché sur une branche d'arbre, l'escargot installé aux toilettes, la déménageuse et sa pile à la bibliothèque, la résistance escaladée par enfants et toutou... Il y a ceux qui apparaissent plus surprenants. Le chihuahua réfugié sous la table, la culturiste au bouquin immense, le zéphyr au livre minuscule, les barbares qui déchirent les pages pour lire le même livre à quatre...


(c) Gallimard Jeunesse.


Bref, que du bonheur à découvrir ces 101 lecteurs enchantés qui se succèdent en un délicat marabout-boutdeficelle, une posture, une idée ou un décor en amenant un autre sans qu'on ne s'en rende compte vraiment. Un album irrésistible pour les lecteurs qui s'y reconnaîtront et pour ceux qui ne le sont pas encore car ils y percevront un bonheur magique qu'ils auront peut-être l'envie d'expérimenter. Vive les lecteurs et vive les livres!

"La cancre n'a pas de temps à perdre". (c) Gallimard Jeunesse.



Pour feuilleter en ligne "101 façons de lire tout le temps", c'est ici.

En voici quelques images.




vendredi 2 décembre 2022

Amour, deuil et portrait d'un frère absent


Veronika Mabardi. (c) Novella Di Giorgi.

Disons-le tout de suite. Les soirées "Portées-Portraits" de la Compagnie Albertine de Geneviève Damas reprennent leur horaire historique à la Maison Autrique, soit une rencontre avec l'auteur(e) à 19 heures, la lecture-spectacle musicale à 20h15 et le verre de l'amitié en finale. La prochaine soirée aura lieu ce lundi 5 décembre. Comme elle sera la dernière de l'année 2022, mais pas la dernière du cycle 22-23 (lire ici), ce dernier verre aura un goût de fêtes de fin d'année.

Le livre choisi est "Sauvage est celui qui se sauve" de Veronika Mabardi (Esperluète éditions, collection "En toutes lettres", 200 pages, janvier 2022). Un magnifique récit à propos du frère adoptif de Corée de l'auteure, Shin Do, et de sa difficile existence. Vingt-cinq ans après le décès dans un accident de voiture à l'âge de 31 ans de son frère venu de Corée quand il avait trois ans, Veronika Mabardi retrace le parcours de cet artiste qui préférait dessiner à parler. Des dessins de Shin Do Mabardi ponctuent son texte. Qui était cet enfant? Comment a-t-il été accueilli dans cette famille métisse, mélange de Belgique, d'Egypte, de Brabant wallon et de Flandres, qui fait des enfants et en adopte d'autres? Pourquoi était-il insaisissable? Qu'est-ce qui s'est bien passé? Qu'est-ce qui a foiré? Pourquoi ce frère dansait-il sur les limites? Veronika Mabardi suit les traces, petites et grandes, que son frères a laissées, comme une piste. Elle reconstitue son passé, sa famille, leur famille, sa courte vie et le deuil qu'elle éprouve.
"C'est loin, vu d'ici, la Corée.
Il ne portait sur lui qu'un petit pantalon de toile.
Des chaussons de caoutchouc vert et blanc.
Un bracelet de plastique scellé où quelqu'un avait écrit son nom et l'adresse d’une famille dont il ne savait rien.
Il n'avait dans ses poches ni miettes ni cailloux,
Rien qui lui permette de retrouver son chemin.
Il disait: je porte un masque de Chinois sur un visage d'enfant blanc,
Vous ne voyez que le masque.
Il a pris son visage entre ses mains,
L'a déposé sur le papier, la toile et la terre
Et il est reparti."

Lors de cette lecture-spectacle musicale, le texte sera mis en voix par Anne-Pascale Clairembourg, lu par Valérie Lemaître et accompagné aux claviers par Martin Daniel.


Le même programme, lecture et rencontre avec l'auteure, est également proposé le mercredi 7 décembre à 19 heures à la Bibliothèque de La Louvière (infos ici) et le lundi 12 décembre à 20 heures au Théâtre Wolubilis (infos ici).


Pratique
Où? Maison Autrique, chaussée de Haecht, 266 à 1030 Bruxelles.
Quand? Le lundi 5 décembre.
A quelle heure? La lecture-spectacle commence à 20h15. Elle est précédée d'une rencontre avec l'auteure à 19 heures.
Durée? 1 heure.
Combien? 8 euros (possibilité de visiter toute la maison) à verser sur le compte BE94 2100 9673 4314 en indiquant nom et nombre de places.
Renseignements ici,  réservation indispensable. Par mail à reservations.compagniealbertine@gmail.com






jeudi 1 décembre 2022

Une vie d'ado post-68 en chansons

Carole Zalberg.

C'est un joli livre tout en hauteur, en douce couleur crème. La guitare dessinée en couverture par Benjamin Monti s'accorde avec le titre, "Song book", le nouvel ouvrage Carole Zalberg (L'arbre à paroles, collection "iF", 122 pages). Rien ici ne laisse deviner le début de ce très beau et touchant récit: "C'est sur un matelas nu, dans la chambre désertée de son grand frère que je cède à Marc après des mois d'un siège constant, têtu, et faussement bon enfant." Un dépucelage consenti mais sans désir au son de la chanson de Genesis "Supper's ready". Une relation sous emprise qui marquera longtemps la future romancière.

"Song book est né lors d'un trajet en voiture", explique-t-elle. "Nous écoutions "MacArthur Park," de Donna Summer. Mon époux découvrait le morceau et je me suis rendu compte, en en parlant, que me remémorer quand et comment je l'avais moi-même découvert ouvrait une porte sur mon adolescence, ravivait des sensations, recomposait des images. La musique, telle une capsule temporelle, avait ce pouvoir-là. J'ai alors eu l'idée de laisser remonter à ma mémoire les chansons de ma vie et d'écrire ce qu'elles m'inspiraient."
Un projet évoqué avec l'écrivain belge Antoine Wauters, qui est aussi éditeur, et qui est immédiatement accepté. En dix-sept chansons du temps, Carole Zalberg évoque sa vie d'adolescente, ses amours bien entendu, ses espoirs, ses déchirements, ses amitiés, ses expériences, ses souffrances, les boulets qu'elle traînera longtemps. On est au milieu des années 1970 et dans les années 1980. L'éducation parentale est alors à une généreuse liberté, avec ses avantages évidents mais aussi ses inconvénients.

De sa plume juste, précise, sans pathos ni jugement, l'écrivaine évoque son passé avec une foule de détails qui restituent parfaitement l'époque post-68. De séquence en séquence, non chronologiques, on suit une jeune fille qui devient une jeune femme, qui chante et danse, qui voyage et étudie, qui multiplie les expériences quitte à en payer le prix. "Monsieur mon passé, laissez-moi passer", chantait Léo Ferré. Sa phrase sera reprise par la psy Catherine Bensaïd dans le livre "Aime-toi la vie t'aimera" (Robert Laffont, Pocket). Mais à l'adolescence, même si on le sait, comment faire? C'est cette fragilité de jeunesse qu'évoque magnifiquement Carole Zalberg, née en 1965, dans "Song book", sans trop  de pudeur mais avec une sincérité transcendée par sa manière d'écrire. Cette recherche constante du bonheur dans le travail et dans l'amour, cette espèce d'obligation qu'elle en a, descendante d'immigrés, la mènera à la réussite, romancière publiée, animatrice de formidables rencontres littéraires, en couple heureux avec le même homme depuis plus de trente ans et mère d'enfants aujourd'hui adultes.
Le livre paraît dans la belle collection "iF", créée en 2012 par Antoine Wauters. Elle propose des textes à la croisée des genres, des textes transfrontaliers. La collection privilégie la diversité des formes, la liberté de ton et le plaisir d’oser. Les dessins de couverture sont signés Benjamin Monti.