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mardi 27 septembre 2011

LM les petits pavés de Berlin

Rien à voir avec les pavés de Belgique.
Ceux de Berlin sont tout petits, tout mignons.
En voilà quelques-uns, en guise d'apéritif au dixième roman de Douglas Kennedy, dont la traduction française arrive en librairie le
6 octobre.
"Cet instant-là" (Belfond) est un roman épatant, une histoire d'amour tragique sur fond de guerre froide, dans le Berlin de 1984, quand le Mur était encore là.

Affaire à suivre.

vendredi 23 septembre 2011

LA plaudit les "papapas"

En une génération, l'enfant de parents divorcés ou séparés est passé de l'exception à la règle générale.
Bon, y a rien à faire, c'est devenu un phénomène de société.
La vie avançant pour tout le monde, l'enfant de parents divorcés ou séparés doit ensuite très souvent partager son papa, sa maman, ou les deux, avec un autre adulte, avec qui son papa ou sa maman a formé un nouveau couple. Couple qui parfois fait de nouveaux enfants.


La généalogie se complique et le remarquable album d'Eva Janikovszky et Laszlo Reber, "Incroyable mais vrai",  que rééditent aujourd'hui les éditions suisses La joie de lire y perdrait rapidement son hongrois.
Il y est en effet question de généalogie amusante et amusée, l'auteur partant de l'idée que les enfants n'imaginent pas facilement que les grands qui les entourent ont aussi été petits.






Une réédition bienvenue pouvant en cacher une autre, signalons illico la sortie chez le même éditeur d'une autre réussite du même duo, encore plus impertinente: "Moi, si j'étais grand", soit les permissions différentes selon que l'on est adulte ou enfant, ainsi que les obligations et les interdictions. Mais vues du point de vue des enfants...






Avec leurs dessins aux crayons de couleurs, proches des dessins d'enfants, sans que les jeunes lecteurs toujours prêts à s'insurger devant une prétendue moquerie y trouvent à redire, ces deux albums sont délicieux et aimablement politiquement incorrects. On s'y amuse beaucoup. On y sourit, on y rit, et on y réfléchit un peu.
Auraient-ils été édités aujourd'hui? Pas sûr. Heureusement Flammarion s'était chargé de les faire passer en français, en 1966 pour l'un, un an plus tard pour l'autre.


Mais cela nous éloigne de nos "Papapas" (Albin Michel Jeunesse), album tout frais sorti, écrit  par Joseph Jacquet et dessiné par Dupuy-Berberian.Un album tendre qui montre avec délicatesse les états d’âme d’un beau-père qui assume ses choix.







Là, dans le monde Lala, il y a des "mamas", des "papas", des "pamamas" et des "papapas". 
Autrement dit des mamans, des papas, des belles-mères et des beaux-pères. Mais plus joliment dit.
Dans ce bel album dont il signe le texte, Joseph Jacquet ne les raconte pas tous, ces hommes qui ont choisi de vivre avec une femme qui avait déjà un ou des enfants, des "pitis" comme il les appelle.
Non, il en raconte un, qu’il connaît bien. Même que ce Papapa-là pourrait bien lui ressembler.
Dupuy-Berberian s'occupe des illustrations, plaisantes dans leur fausse simplicité, croquant plus vrai que vrai cette famille recomposée.

Pour la première fois en littérature de jeunesse, quelqu’un se penche sur la condition de "papapa", et la raconte de son point de vue d’adulte.
On avait bien sûr déjà eu des tas d’ouvrages réussis, albums et romans, qui rapportaient le quotidien d’enfants à côté de beaux-pères ou de belles-mères plus ou moins sympathiques.
Il est donc d'autant plus intéressant de suivre le point de vue d'un "papapa", doté lui aussi d'émotions et de sentiments.

(c) Dupuy-Berberian.



Evidemment, pour qu’il y ait une "mama" et deux "pitis", il faut qu’il y ait eu un "papa" avant. Mais les histoires des grands font parfois que les couples se séparent, et que les enfants en souffrent.
Les histoires des grands font aussi qu’une "mama" peut un jour rencontrer un "bonga", comprenez un bonhomme, et qu’ils tombent amoureux. Le "bonga" devient alors un "papapa", ce qui ne plaît pas nécessairement aux "pitis".

Pour mieux les faire connaître, Joseph Jacquet les décrit : ils font des listes (pour tout), ils jouent, ils font des blagues, ils dansent, ils vont chercher les "pitis" à l’école (à l’heure), ils doivent parfois expliquer qu’ils ne sont pas les "papas" mais les "papapas".
L’auteur indique également que les rencontres entre "papas" et "papapas" se déroulent rarement bien, même si c’est difficile pour les "pitis".
Quoique du côté cadeaux et câlins, cela puisse être intéressant pour les "pitis".
De toute façon, rassure l’auteur, le "papapa" sait depuis le début que celle qu’il aime est une "mama" avec "pitis" et pas juste une nana.

Ce qui n’empêche pas le "papapa" de devenir aussi un "papa". Un autre "piti" arrive alors, pas toujours content d’être le dernier.
Mais c'est une autre histoire, n'est-ce pas Antonia?

jeudi 22 septembre 2011

LA vu de près un ancien modèle de Studebaker

Pas tellement qu'elle s'intéresse aux bagnoles, ni même aux vieilles bagnoles.

(c) Roberto Frankenberg.
Mais voilà, elle était hier dans un très chic - et très vilain - hôtel bruxellois, en train d'interviewer un excellent romancier français, journaliste aussi, mais cela n'a rien à voir.






Micro, bloc-notes, bic, tout allait bien quand, tout d'un coup, une désagréable odeur d'essence.
A l'intérieur de l'hôtel!
Rien à voir avec le feu de toiture qu'il avait subi il y a quelques mois.
Impossible d'arrêter la conversation, pas question de se retourner.
Que se passait-il dans son dos?
La réponse est venue de l'interviewé: "Ne bouge pas, une voiture passe derrière toi."
Oui, dans le couloir de l'hôtel.
C'était la Studebaker en question.
Le modèle? Euh, années 50, dirait-elle.

LD fend la lecture au bain

Dany Laferrière en est coutumier.

Qui ne l'a pas entendu lire des passages de ses livres ("Comment faire l'amour avec un nègre sans se fatiguer", "Je suis un écrivain japonais", "L'énigme du retour", "Tout bouge autour de moi", et d'autres chez Grasset) ou de ceux qu'il aime, installé dans une baignoire ancienne, un verre de vin à portée de main, et une petite pensée pour ceux qui l'ont installée sur la scène?




Un idée déclinée à Nancy, ce samedi 24 septembre, pendant la fête de la soupe à La Maison Commune.
Frédérique Bertrand nous informe:
"ma salle de bain parle".
Lectures 
de Sibel Kilercyan
à 17, 18 et 19 heures. 

mercredi 21 septembre 2011

LD couvre avec bonheur les Topormaton

Topor! Roland de son prénom. Le créateur de Téléchat, et de tout le reste.
Topor (1938-1997) dont trois livres sortent en librairie en ce moment, deux rééditions et un inédit.
Bigre, presque quinze ans qu'il nous manque.


L'inédit, ce sont les savoureuses trente-trois (oui, dites 33) nouvelles
de "Vaches noires" (Wombat).

Elles datent de 1996, peu avant la mort de l'artiste. On y retrouve avec un immense plaisir son esprit plus noir que noir, sa fantaisie qui s’applique à tout ce que son regard croise, y compris les vaches, les arbres et une crème brûlée.
Topor, ce sont des idées de gosses, libres, magiques, non solubles dans la réalité. Ces trente-trois textes abordent tous les thèmes qui lui sont chers: l’argent, la société, et aussi le temps qui file et la mort qui se pointe.






Et la paire de rééditions est constituée de "Mémoires d’un vieux con" (Wombat), parodie excellentissime des mémoires prétentieuses, toujours bien d’actualité, et du  "Locataire chimérique" (Libretto), devenu "Le locataire" dans le film de Roman Polanski.





Et puis Topor, ce sont aussi les Topormaton, quasi introuvables aujourd'hui.Certains sont parus en 1969 dans la revue "Action", d'autres en 1972, dans "Charlie mensuel".

Les sympathiques éditions du Wombat en rééditent quatre, sous forme de signets qui sont distribués dans les librairies indépendantes.

Voilà notre préférée des quatre.
"Hier soir, je suis resté chez moi..."



Et comme Topor avait l'air de connaître, et d'appliquer, le proverbe grec ancienc "γνῶθι σεαυτόν" (connais-toi toi-même), voilà son autoportrait, un merveilleux billet paru dans le Figaro en 1966!