Nombre total de pages vues

samedi 26 janvier 2013

LE toc toc d'un certain camion rouge

Un camion, c'est rouge pour être normal et cela transporte un chargement.

Des cartons dans le cas de "Camion toc toc", dernière création d'une abondante et formidable production 2012 d'Olivier Douzou (Rouergue), comme on le lira ci-dessous.
Ce fameux camion rouge est donc chargé de 49 cartons, qui font penser aux blocs de construction des enfants. Chacun d'eux est estampillé d'une lettre. Mais pas n'importe laquelle car ce sont ces 49 lettres qui composent petit à petit l'histoire d'Olivier Douzou. Bizarre? Mieux! Oulipien et on ne devine rien.
"Camion toc toc" est en effet  la folle course sur la chaussée du camion rouge et de son chargement, le tout uniquement en couleurs primaires. Divers incidents, feu rouge, bosse, montée, etc., vont  freiner son élan et, naturellement,  faire choir une part des cartons sur le bitume.
Les choses se raffinent car des mots s’écrivent sur le sol, addition des lettres tombées, toujours en rapport avec le code de la route. Quelle excellente idée!
Les plus jeunes vont rire du trajet fou.
Les plus grands vont jouer avec les 49 lettres des colis dégringolés.
Et les encore plus grands (y compris les adultes lecteurs) saluer ce très réussi tour de passe-passe littéraire et graphique.

Deux exemples de double page.

(c) Olivier Douzou.

(c) Olivier Douzou.


Une animation très sympathique (par Corinne Garcia).





"Camion toc toc" était donc le dernier-né 2012.
Mais quelle famille nombreuse est arrivée durant l'année écoulée.

Quatre d'une série de douze "Comptines en continu".
Une collection tout carton, cosignée Olivier Douzou (textes) et Frédérique Bertrand (images), toujours au Rouergue, qui joue avec la langue et les images pour créer des histoires pleines d’humour et d’inattendu, centrées chaque fois autour d’un animal.
Douze titres sont prévus, dont les dos accolés composeront la formule « Les comptines ».
Quatre sont déjà sortis: "Poney" (un petit cheval est le seul à voir son futur en grand), "Teckel" (un chien en pyjama n’en fait qu’à sa tête pour ne pas s’allonger), "Ours" (un ours court pour échapper à de longues lignes, barreaux ou pluie?) et "Minou" (un chat parcourt une journée en mots liés à sa nature).
Olivier Douzou s’amuse avec les mots et les sons pour monter chaque fois un vrai scénario de quelques pages. Frédérique Bertrand lui donne la réplique dans des images qui vibrent de détails sous leur apparente simplicité. Et les différents personnages se retrouvent dans chacun de ces titres qui éveillent aux plaisirs des langages écrit et visuel.















Et avant cela, il y avait encore eu "Les aventures d'Alexandre le gland" (Rouergue), inspirée de qui on sait.











"Le bon Docteur Poutingue", avec José Parrondo, sur le fameux sujet des poux.


"Poèmes de terre", avec Anouk Ricard, plein de tubercules et de vers.

La belle histoire de "Plupk", avec Natali Fortier










Sans oublier "Fourmi", en solo, pour les tout-petits et qui a donné lieu à une belle application iPad, honorée au dernier Salon de Montreuil mais non encore commercialisée.









Mais nous sommes en 2013 et d'autres projets sont annoncés,
dont celui du département jeunesse des Editions du Rouergue qui veut planter des arbres pour ses vingt ans!
Des vrais et des imaginaires.


Les premiers arbres arriveront le 6 mars avec la sortie du livre de José Parrondo et Olivier Douzou, "Forêt-wood",  catalogue d'arbres fantasques et poétiques.
 
 
 
 
 
 
 
 
Tous ces arbres feront grandir une forêt virtuelle de zéro hectare mais cet espace sera infini comme l'imagination. Ce sera à visiter tout au long de l'année sur le blog  www.foretwood.tumblr.com
non encore actif.

lundi 21 janvier 2013

LAU4 fois raison d'aller à Anvers vendredi soir

1. Elle a découvert une très belle exposition
de Kitty Crowther"Hell o Kitty".
Oui, il n'y a que des Anversois pour oser un jeu de mots pareil.







 

Après des essais sur le sol en carreaux de ciment peint anciens, les dessins ont été placés sur les murs du Bries Space.



Sur l'un, on trouve des dessins provenant d'albums comme "Le petit homme et Dieu" ou "Annie du lac" (L'école des loisirs/Pastel).


Les cimaises opposées accueillent davantage de dessins libres de Kitty, parfois aperçus lors de l'une ou l'autre exposition.

Au fond, ses dessins de presse, parus dans le "Standaard".



Tous les dessins exposés sont à vendre.
Kitty explique:
J'ai été impressionnée par Agnès Martin, une artiste canadienne installée au Mexique, qui, à la question Quel est le tableau de vous que vous préférez? a répondu: celui qui s'en va de chez moi et part chez quelqu'un. J'ai donc accepté que certains de mes dessins partent de chez moi. Ils doivent vivre leur vie sans moi.


2. Elle a pour la première fois mis les pieds dans un lieu génial, The Bries Space, tenu par Benjamin Demeyere et Ria Schulpen. Une galerie comme on n'en fait plus guère, où se succèdent des artistes qu'on aime et qu'on voit peu pour finir. Atak vient d'y passer, Brecht Vandenbroucke y sera en février avec "Error 404".
The Bries Space se trouve au 10, Lange Scholiersstraat, pas loin de la gare d'Anvers.

3. Elle a pu regarder de près des tas de dessins de Kitty, magnifiques.
Quelques exemples:





L'exposition sera ouverte le week-end prochain, les 26 et 27 janvier, de 12 h à 18 h.
Ensuite, jusqu'au 17 février, ce sera sur rendez-vous.

4. Elle a gagné au Lottorex!
Il faut savoir qu'à chaque expo au Bries Space, une œuvre est soumise à la loterie de boules chiffrées.
Vous investissez un petit euro, choisissez un chiffre de 01 à 50, l'écrivez dans un carnet, agitez les boules de la machine, arrêtez le sort et examinez la boule élue par le destin entre les autres.
C'est cela le Lottorex, un Lotto de roi.
J'avais choisi un chiffre. Il est tout de suite sorti et je suis absolument ravie d'avoir un dessin de Kitty à mes cimaises à moi maintenant.
Le dessin pour le Lottorex.

L'artiste et la gagnante.

dimanche 13 janvier 2013

LS père faire connaître Raymond Briggs

Le bonhomme de neige. (c) Raymond Briggs.



Le bonhomme de neige. (c) Raymond Briggs.

Le bonhomme de neige. (c) Raymond Briggs.
 

Bon, c'est plutôt de circonstance.



Mais "Le bonhomme de neige" de Raymond Briggs est quand même un excellent album.
Un peu ancien (il est sorti en 1978 en Grande-Bretagne, l'année suivante en français chez Grasset-Jeunesse), au point qu'il risquerait bien d'être oublié.
Pauvre trésor de livre
Moi-même je le pensais épuisé mais les sites de libraires ainsi que celui de l'éditeur l'annoncent disponible.
En tout cas cette histoire mêlant réalité et imaginaire n'a rien perdu de son charme. Et quel bonheur que les illustrations aux crayons de couleurs.
Sous forme de bande dessinée, quasi sans texte, le livre raconte le soin que prend un petit garçon du bonhomme de neige qu'il a confectionné au moment de Noël.
C'est doux, beau, sensible et terriblement plaisant.

A noter que l'album du Britannique a donné lieu dès 1982 à un dessin animé de qualité, portant le même titre, "Le bonhomme de neige".





A noter encore que son "Sacré Père Noël" a été réédité chez Grasset-Jeunesse à l'automne dernier.
Une histoire de Père Noël grognon, sortie en Grande-Bretagne en 1973 et traduite en français en 1974. On a toujours autant de plaisir à suivre la longue journée du bonhomme bougon. En bandes dessinées, on piste le râleur au grand cœur les 24 et 25 décembre dans ses multiples péripéties.

jeudi 20 décembre 2012

LE triste: Mario Ramos est mort

Mario Ramos nous a quittés le dimanche 16 décembre. Il avait 54 ans.
Nous sommes tous infiniment tristes.

Eté 2012. (c) Tania Ramos.


Mario, c’était une voix qui porte, pour raconter ses livres aux enfants, pour expliquer avec précision son travail d’auteur-illustrateur, pour rire et faire rire.C’était un regard clair, joyeux, pétillant, derrière des lunettes cerclées ces dernières années. Un large sourire, contagieux. Une petite boucle d'oreille. Une silhouette élancée qui portait bien la marinière, souvent bronzée car il adorait le soleil.

Mario, c’était un raconteur d’histoires, un dessinateur hors pair. Chacune de ses images, sobre d’apparence, était le résultat d’un long travail de rabotage, de réflexions innombrables. Il défendait la cause des enfants, se considérait avec fierté comme un artiste engagé. Ses albums leur ont raconté le monde, rose ou gris, les bons et les méchants, les rêves et les angoisses, les joies et les injustices. Ils les ont incités à réfléchir à leur vie et à en être acteur. Ils les ont fait rire, et leurs parents aussi, au-delà des propos parfois graves.

Mario, c’est un artiste dont j’ai suivi le travail depuis son tout premier album jeunesse, Djabibi, en 1992, où il posait ses illustrations sur les mots de Rascal. L’histoire d’un petit cochon qui ne voulait pas aller à l’abattoir et trouvait refuge dans une épicerie bien bruxelloise. Trois ans plus tard, il exultait: il avait sorti son premier album en solo, Le monde à l’envers. Il avait tant d’idées de livres qu’il en publiait souvent deux par an.

Mario était un voyageur, partant aux quatre coins du monde rencontrer ses jeunes lecteurs ou découvrir en famille d’autres pays. Un amateur de livres, de films, de musique, d’art de vivre. De fêtes, auxquelles il participait ou qu’il organisait. Un homme honnête et droit, à l’écoute des autres, aimé et apprécié partout où il est passé.

Mario était mon ami.





Demeurent ses livres, une trentaine d'albums, tous nés chez Pastel, branche belge de L'école des loisirs, et repris dans d'autres formats à L'école des loisirs.
























Ses images.

C'est moi le plus beau.
C'est moi le plus fort.


Après le travail.

Au lit, petit monstre.


Le plus malin.


Un monde de cochons.
Mon ballon.

Restent ses affiches, à portée souvent sociale à ses débuts et qui ont accompagné la littérature
de jeunesse en Belgique ensuite.








Reviennent les souvenirs innombrables des bons moments passés en sa compagnie.

Depuis l'annonce de sa disparition, le net vibre d'hommages qui lui sont rendus de toutes parts.

Claude Ponti:
"Mario Ramos est mort. Il était somptueusement scrupuleux dans son travail pour les enfants. Il y a à peine huit jours nous parlions tous les deux. De sa difficulté d'être dans la justesse et dans l'honnêteté pour faire ses livres. C'était un souci pour lui. Une préoccupation forte. Je me demandais s'il s'était jamais vu sourire. Ça se voyait qu'il ne pouvait pas être autre que lui-même, le faiseur de miracles de papier et de couleur. Ses livres sont communicatifs. Ça passe de lui aux enfants. Bien sûr en traversant ses mondes, ses douleurs, ses bonheurs. Accostant en fin de contes sur des continents dont il était le seul guide, dans sa mains la main de milliers d'enfants. Il avait peur de ne pas être à la hauteur des enfants. C'est la seule fois où on s'est vu. Et là, pour cette peur, c'est mon ami de mon village. Il y en a tant qui se baissent vers les enfants. Lui connaissait ce secret: s'élever jusqu'à eux."
François Place:
"C'est un coup de massue, ta disparition. Celle d'un garçon, tant tu étais juvénile, l'œil rieur, l'humour toujours à fleur de peau. Concerné, aussi. Révolté plutôt qu'indigné. Généreux dans l'amitié. Et tes albums, au dessin si juste et si tendre : des histoires toute simples, à belle hauteur d'enfance, des albums pour faire peur et pour faire rire, des albums pour apprivoiser les petites misères et les grands chagrins... Des albums à tenir très fort entre ses bras, comme on voudrait tant pouvoir le faire avec toi, Mario, parce que ce chagrin-là, il ne passe pas, il nous laisse sans voix, et c'est trop tôt, trop dur pour les souvenirs. Nous pensons à Andréa, à Tania, et nous mêlons nos larmes à leurs larmes. Et aussi, nous pensons à toi, Mario, où que tu sois."

Marie-Aude Murail:
"J'ai, dans mon bureau, dûment encadrées, ces trois pages. Mario avait accepté de participer à un ouvrage collectif de la Charte "Un amour d'enfance" et nous avait confié en images son grand amour d'enfance pour Tintin, que je ne pouvais que partager.
Comme vous le constaterez, il concluait par ces mots : juste un tout petit moment d'éternité. Mario reste pour moi, éternellement, un beau jeune homme et un type d'un grand professionnalisme, ce qui m'importe beaucoup. C'est le respect du lecteur.
Alors, pour toi aussi, Mario, respect."





Pascal Lemaître:

"Jour après jour,
Semaine après semaine,
Année après année,
Ligne après ligne,
Tu as peaufiné ton trait.
Mot après mot, tu as construit ton langage,
Image après image tu as aiguisé ton esprit. 

Tu as atteint cette maîtrise où le cœur, l'esprit et la main se rencontrent et travaillent en totale harmonie.
Livre après livre, tu as créé cet oasis où enfants et adultes se sont posés et ont pu rencontrer Beauté, Sagesse, Humour, Amour.
Tu as réussi à toucher les mômes dans leur cœur même.
Tu leur as diffusé la lumière de ton humanisme.
Tu as fait partie de ceux qui ont amélioré ce monde."

L'école des loisirs:
"Le petit Guili était curieux de tout et n'avait peur de rien. Il aimait faire rire ses amis." (Mario Ramos, Le petit Guili)
Mario Ramos aimait tant nous faire rire dans ses livres. Il prenait un soin et une attention passionnée à raconter des histoires aux enfants. Leur donner les moyens pour se défendre face aux plus forts, pour se construire.
Mario était curieux de tout, généreux, talentueux et très fidèle.
Ses loups, cochons, singes, crocodiles et autres petits lardons sont chargés de toutes les émotions.
Chaque rencontre lui tenait à cœur, “Faire rire et réfléchir les petits et les grands est la plus belle récompense pour un auteur.”
Mario nous a quittés dimanche 16 décembre.
Il va nous manquer énormément."

Des illustrateurs:

Antoine Guilloppé.

Emmanuelle Zicot.

Geoffroy Dussart.

Matthieu Maudet.

Nicolas Gouny.

Jean-Luc Englebert.
Gilles Bachelet.

Jean-Luc Englebert.

Nicolas Duffaut.
Frédéric Stehr.
Un cadeau pour Radio Campus.