Nombre total de pages vues

vendredi 21 décembre 2018

Qui va publier en français l'inouï "Dantesken", seulement en images, d'Ingrid Godon?

Exposition à Damme de cent des originaux de "Dnbtesken" d'Ingrid Godon.

On savait Ingrid Godon auteure-illustratrice pour la jeunesse. La voici aujourd'hui auteure-illustratrice d'un premier époustouflant livre d'images uniquement, "Dantesken" (Borgerhoff & Lamberigts, 640 pages). Oui, 640 pages de bon format et 640 images sans texte mais éloquentes. Plutôt pour les ados et les adultes. Un livre d'art, sa première œuvre sans un seul mot, dont les dessins nous parlent aux yeux et à l'oreille.  "Dantesken", en référence à Dante, ce sont des dessins peuplés d'humains muets mais aux mimiques et aux gestes éloquents, dans le style bien reconnaissable d'Ingrid Godon. Des personnes de toutes sortes sous forme d'images qui nous donnent une idée de la nature humaine. Des gens à rencontrer dans les pages de cet album ou bien des miroirs où l'on peut se retrouver.

Ingrid Godon.

"Dantesken" est un livre facile à traduire puisque sans texte à l'exception de la page de titre. Il est le fruit d'une collaboration entre l'artiste et celle qui en a réalisé la mise en pages. Ingrid Godon a livré ses 640 dessins et les a retrouvés magnifiquement assemblés dans ce livre de plus de 600 pages. Qui va le rendre disponible en français, mais aussi en allemand, en espagnol, en italien?..







La sortie du livre a été accompagnée d'une exposition-vente à Damme de cent originaux de "Dantesken". L'exposition se tient jusqu'au 6 janvier à IJsberg (Burgstraat 5, 8340 Damme).





Quelques doubles pages de "Dantesken".








"Dantesken", d'Ingrid Godon. (c) Borgenhoff & Lamberigts.






jeudi 20 décembre 2018

"Héros du quotidien" est le thème du prix Unicef de littérature de jeunesse 2019


Depuis 2016, Unicef France organise un prix de littérature de jeunesse en proposant aux enfants de choisir leur titre préféré dans une présélection dans leur tranche d'âge. Avec un objectif simple: mettre en avant une sélection de livres qui abordent la question des droits de l'enfant et portent les valeurs de l'Unicef.

Le thème des livres varie d'année en année. Après la peur en 2016 (lire ici), l'égalité en 2017, les réfugiés en 2018 (lire ici, résultats en fin de cette note), c'est "Héros du quotidien, petits et grands combats de société" qui a été choisi pour 2019, dans les quatre catégories d'âge. 2019 est l'année qui célébrera les trente ans de la Convention internationale des droits de l'enfant, le 20 novembre 2019.

Un jury composé d'enfants (de toutes les catégories d'âge) et d'adultes (enseignants, chercheurs en littérature jeunesse, bibliothécaires, auteurs...) a pré-sélectionné vingt livres répondant à la thématique. En France, les enfants lecteurs sont conviés à voter pour le livre de leur catégorie d'âge qu'ils ont préféré dans les médiathèques, bibliothèques, centres de loisirs participants. Ou en ligne (ici) où sont invités à voter tous les francophones.

Les livres sélectionnés

Catégorie 3-5 ans



  • "Ce que j'aime vraiment", Astrid Desbordes et Pauline Martin (Albin Michel jeunesse)
  • "Pour quelques gouttes d'eau", Anne Jonas et Marie Desbons (Le buveur d'encre)
  • "Gros Ours?", Lisa Blumen (Kilowatt)
  • "Palmir", Gilles Baum et Amandine Piu (Editions Amaterra)
  • "Un si petit cœur", Michel Gay (l'école des loisirs)

Catégorie 6-8 ans


  • "Rosie Pink, le paradis des mauvaises herbes", Didier Levy et Lisa Zordan (Sarbacane)
  • "Chère toi que je ne connais pas", Isabel Pin (Hélium)
  • "Fuis, tigre", Gauthier David et Gaëtan Dorémus (Seuil Jeunesse)
  • "Les papillons de Risha", Amarnath Hosany et Minji Lee-Diebold (HongFei)
  • "Le crayon magique de Malala", Malala Yousafzai et Kerascoët (Gautier-Languereau)

Catégorie 9/12 ans



  • "Vives et vaillantes", Praline Gay-Para (Didier Jeunesse)
  • "L'histoire du mouton qui sauva une école", Thomas Gerbeaux et Pauline Kerleroux (La joie de lire)
  • "Des fleurs sur les murs", Cécile Roumiguière (Nathan)
  • "Six contre un", Cécile Alix (Magnard jeunesse)
  • "La révolte ou la paix", Malorie Blackman (Rageot)

Catégorie 13/15 ans



  • "Le petit prince de Harlem", Mikaël Thévenot (Didier Jeunesse)
  • "Barricades", Charlotte Bousquet et Jaypee (Gulf Stream)
  • "Les étrangers", Eric Pessan et Olivier de Solminihac (l'école des loisirs, lire ici)
  • "La fillette au drapeau blanc", Saya Miyauchi (Editions Akata)
  • "Des cailloux à ma fenêtre", Jessie Magana (Talents Hauts)



Palmarès du prix Unicef de littérature de jeunesse 2018

Plus de 3.600 enfants et jeunes de 3 à 18 ans ont participé et ont voté pour leur livre préféré parmi la sélection 2018 sur le thème "Réfugiés et migrants, du déracinement à l'exil".

Catégorie 3-5 ans

Bienvenus
Barroux 
Kaléidoscope

Chaque jour, des enfants, des femmes et des hommes risquent leur vie pour se mettre à l'abri. Ils fuient les persécutions, la guerre, la famine… Que les causes soient politiques ou climatiques, l'asile est un droit constitutionnel. Et l'accueil des réfugiés l'affaire de tous.


Catégorie 6-8 ans

Chemin des dunes
Colette Hus-David
et Nathalie Dieterlé
Gautier-Languereau

Talia, 7 ans, doit fuir le Soudan avec sa famille et migrer vers un nouveau lieu de vie. Ballottée des rivages d'Afrique au chemin des dunes du Nord de la France, elle va connaître la peur, l'inquiétude, puis  l'espoir d'un avenir meilleur.


Catégorie 9-12 ans

Banana girl
Kei Lam
Steinkis

Kei a grandi en France, partagée entre deux cultures: les dim sum et le camembert, la fête de la Lune et l'Épiphanie, le baume du tigre et l'eau bénite... La vie n'est pas toujours simple pour une petite Chinoise à Paris, mais peu à peu elle se forge une identité faite de ces références multiples. Aujourd'hui, Kei revendique son métissage culturel. Elle est une banane, jaune à l'extérieur et blanche à l'intérieur.


Catégorie 13-15 ans

Rage
Orianne Charpentier
Gallimard Jeunesse

"Rage" est le surnom que son amie lui a donné. C'est désormais ainsi qu'elle se nomme, pour oublier son nom d'avant, celui de son enfance, d'avant l'exil, la déchirure. Rage a eu affaire à la violence des hommes, de la guerre. La voilà réfugiée en France, seule. Telle une bête traquée, elle se méfie de tous. Une nuit, sa route croise celle d'un chien, apparemment dangereux, blessé, maltraité. Le sauver devient une nécessité…



mardi 18 décembre 2018

"Eux, c'est nous." réédité et en version audio

"Eux, c'est nous."

2015.
En 2015, les éditeurs jeunesse français publiaient collectivement "Eux, c'est nous.", un livre sur les réfugiés à destination des enfants (lire ici). Un livre pour réfléchir, comprendre et agir. Cent mille exemplaires en avaient été vendus et tous les bénéfices reversés à La Cimade qui aide les personnes réfugiées, migrantes et en demande d'asile.

2018.
Trois ans après, "Eux, c'est nous." (32 pages, 3 euros) reparaît dans une nouvelle édition. Les textes de base sont quasiment identiques, celui de Daniel Pennac, illustré par Serge Bloch, les huit textes sur les huit lettres du mot "réfugiés" écrits par Carole Saturno et Jessie Magana ont été actualisés en fonction de l'actualité. Mais la version 2018 s'ouvre sur une préface de Christophe Deltombe, président de La Cimade, surtout complétée d'une lecture des textes par Sandrine Bonnaire (à écouter ici ou via un QR code en quatrième de couverture) et de fiches pédagogiques (ici).

Les éditeurs jeunesse (liste ci-dessous) entendent ainsi réaffirmer leurs valeurs d'accueil et de solidarité à l’égard des personnes réfugiées. Bien entendu, les bénéfices de la vente du livre seront à nouveau versés à La Cimade (Association de solidarité active, La Cimade agit pour les droits et la dignité des personnes réfugiées et migrantes grâce à un mouvement de 2.500 bénévoles et 108 salarié·e·s en métropole et en outre-mer. La Cimade accompagne, héberge et défend plus de 100.000 personnes étrangères chaque année, et intervient en centre de rétention et en prison. Elle informe et sensibilise sur les
enjeux liés aux migrations).


Les éditeurs jeunesse solidaires
ABC Melody Éditions, Actes Sud Junior, L'Agrume, Albin Michel Jeunesse, Amaterra, Bayard, Calligram, Cambourakis, Casterman, Coll.Libri, Éditeurs en Pays de la Loire, DADA, Dargaud, Delcourt, Didier Jeunesse, Dupuis, L'école des loisirs, Les Editions des Éléphants, Editions Thierry Magnier, L'Elan vert, Flammarion, Fleurus Éditions, Les Fourmis Rouges, Frimousse, Gallimard Jeunesse, Glénat, Grasset Jeunesse, Hachette Jeunesse, Hachette Romans, Hatier Jeunesse, Hélium, HongFei Cultures, Kaléidoscope, Kanjil, Magnard, La maison est en carton, De La Martinière Jeunesse, Milan, Møtus, Nathan, Palette, La Palissade, Pastel, Père Castor-Flammarion, Les petites bulles éditions, Pocket Jeunesse, Rageot, Retz, Ricochet, Des ronds dans l'O, Le Rouergue Jeunesse, Rue du Monde, Sarbacane, Scrineo, Seuil Jeunesse, Syros, Talents Hauts, Usborne.




lundi 17 décembre 2018

Qui va publier en français "War Gardens"?

Un jardinier de Kaboul. (c) Lalage Snow/Quercus.

Chaque matin, je reçois la lettre électronique du magazine "Books".
Une façon de prendre le pouls de ce qui se publie ailleurs et qui nous arrivera peut-être en français.


Ce matin, j'ai été éblouie. Le livre présenté est "War Gardens, A journey through conflict in search of calm", de Lalage Snow (Quercus, 384 pages, 2018.) On pourrait traduire par "Jardins de guerre, Un voyage à travers les conflits à la recherche du calme". On y présente toute une série de jardins, oasis de paix amoureusement cultivés par des humains en dépit des guerres auxquelles ils sont confrontés. En Afghanistan, en Iraq, en Ukraine, au Soudan, en Syria, au Cachemire, en Israël, en Cisjordanie...
Ainsi à Kaboul, les jardins royaux sont entretenus par un jardinier centenaire même si la royauté n'est plus qu'un lointain souvenir.

Qui va publier en français ce livre extraordinaire par ses images et par son message?



Voilà ce qu'écrit Amandine Meunier à propos de "War Gardens" dans "Books"
(sommaire du dernier numéro ici).

Des jardins extraordinaires 
À Kaboul, M. et Mme Roami soignent les arbres et les fleurs de leur jardin comme si c'étaient leur progéniture. Ils leur ont d'ailleurs donné les prénoms de leurs enfants, dont ils sont sans nouvelles depuis qu'ils les ont envoyés se mettre en sécurité en Europe. Alexander, un habitant de Donetsk, dans l'est de Ukraine, apprend à sa petite-fille à faire pousser des tomates, parce que "comprendre les légumes et la façon de les cultiver, c'est comprendre ce que c’est qu'être “un bon Ukrainien”". Un vieux boulanger de Gaza couve sa collection de 500 cactus (qui ont l'avantage d'être peu gourmands en eau dans l'un des endroits les plus densément peuplés du monde) et se lève en pleine nuit pour guetter d'éventuelles floraisons.
C'est à ces jardiniers et à d'autres de Cisjordanie et d'Israël que la photojournaliste et réalisatrice Lalage Snow consacre son ouvrage "War Gardens".
Un jour, au cours d'un reportage en Afghanistan, quelqu'un lui explique que, dans ce pays, "jardiner, c'est respirer". Intriguée, Snow commence à visiter des jardins et à rencontrer les personnes qui les cultivent dans les régions en guerre qu’elle parcourt. "Comme les capucines et les géraniums n'ont rien de politique, Snow peut interroger toute une série de personnes très différentes qui parlent en toute franchise de leur expérience de la guerre tout en lui faisant visiter leur jardin, avec parfois des bruits d'obus en arrière plan", écrit Lucy Jones dans "The Spectator". Jardiner en pleine guerre, selon Snow, c'est "refuser d'accepter un monde défini par la violence et la destruction en créant la vie"; mais cela témoigne aussi "d'une nostalgie collective, d'une manière de retrouver le monde innocent que nous avons tous connus d'une façon ou d'une autre avant de sombrer".


Un documentaire de la BBC sur les "Jardiniers de Kaboul" ici.


D'autres images du livre ici.

vendredi 14 décembre 2018

La revue FiXXIon a interviewé Fantômette


Qui ne connaît pas la "Revue critique de fiXXIon française contemporaine", que j'abrège par facilité en la nommant "FiXXIon"?
Trop de monde sans doute car qui lit une revue scientifique bilingue (français-anglais) associant universitaires et écrivains dans une réflexion sur les formes que prend aujourd'hui la création littéraire française?
Erreur car "FiXXIon" est tout à fait accessible à l'amateur de littérature. Certains thèmes lui parleront évidemment plus que d'autres. Mais comme tout est en ligne et en libre accès (ici), il est facile de s'y retrouver.

Cette revue électronique a été fondée en 2010 par Pierre Schoentjes, professeur de littérature française à l'université de Gand. Elle a la particularité de s'intéresser à la littérature française (France et francophonie) contemporaine, ultra-contemporaine même, celle d'après 1980! Une époque charnière entre le XXe et le XXIe siècle qui apparaît bien visuellement dans son nom. "FiXXIon" accepte les contributions rédigées en français ou en anglais et entend s'ouvrir à un vaste champ d'écrivains et d'approches.

La preuve sans doute dans sa dix-septième livraison qui vient d'être mise en ligne (ici) et a choisi comme thème "Enfances Childhoods". Le numéro a été dirigé par les Françaises Déborah Lévy-Bertherat et Mathilde Lévêque, bien connues en littérature de jeunesse. On y trouve des contributions de Alexandre Seurat, Marie-Odile Ogier-Fares, Bérengère Moricheau-Airaud, Emilie Drouin, Eléonore Hamaide-Jager, Christiane Connan-Pintado, Florence Gaiotti, Michel Bertrand, Jean-Benoit Cormier Landry, Aline Lebel, Louis-Daniel Godin-Ouimet, Laurianne Perzo, Kim Thúy, Antoine Wauters et l'interview de Fantômette par Anne Larue (sommaire complet ici).

Fantômette. (c) Hachette.
Excellente idée que cette interview et la preuve, si elle était nécessaire, que les universitaires savent aussi s'amuser. Je la reproduis ci-dessous, tout en rappelant que tout le numéro, comme tous les précédents, est en accès libre.

Fantômette, créée par Georges Chaulet, a eu 50 ans en 2011. Le premier livre de ses aventures a été publié en 1961, dans la Bibliothèque rose des Editions Hachette, le dernier, le cinquante-deuxième en 2011 (lire ici).