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mercredi 20 janvier 2021

Amanda Gorman, 22 ans, est l'"Inaugural Poet" de l'investiture du président Joe Biden

EDIT 17-02-21
Fayard publiera en mai la version française de "The hill we climb", le poème de l'investiture. Il sera traduit par l'artiste belgo-congolaise Lous and the Yakuza et sera précédé d'un avant-propos d'Oprah Winfrey. Fayard publiera également à l'automne le recueil "The hill we climd and other poems".

EDIT 08-02-21
Glénat Jeunesse publiera la traduction française du livre jeunesse d'Amanda Gorman, "Change Sings", le 22 septembre 2021 (lire ci-dessous).

 
Amanda Gorman. (c) Kelia Anne.

On le sait peu. Les présidents américains démocrates ont pour tradition d'inviter un "Inaugural Poet" lors de leur cérémonie d'investiture. Pour Barack Obama, ce furent Elizabeth Alexander ("Praise Song for the Day") en 2009 et, en 2013, Richard Blanco ("One Today"). Pour Bill Clinton, Miller Williams ("Of History and Hope") en 1997 et Maya Angelou ("On the Pulse of Morning") en 1993.

Ce sera Amanda Gorman pour Joe Biden, ce 20 janvier 2021. Lourde tâche que de composer en les circonstances actuelles un poème sur l'unité nationale, le thème qui lui a été donné. Soit un poème qui donne l'espoir et invite un objectif collectif à un moment où les Américains subissent une pandémie mortelle, la violence politique et la division partisane. Surtout quand on n'a que 22 ans! Amanda Gorman a la particularité d'être la plus jeune des "Inaugural Poet". Née à Los Angeles en 1998, elle a fait des études de sociologie à Harvard. En 2014, elle a été du haut de ses 16 ans la Youth Poet Laureate de Los Angeles et, en 2017, la première lauréate du National Youth Poet. Poète et activiste, elle traite des problèmes d'oppression, de féminisme, de race et de marginalisation, ainsi que de la diaspora africaine. On peut donc lui faire confiance pour son poème.

Pour l'investiture de Joe Biden, Amanda Gorman a écrit "The Hill We Climb".
Les premières lignes en ont été révélées par le "New York Times".
"We've seen a force that would shatter our nation rather than share it,
Would destroy our country if it meant delaying democracy.
And this effort very nearly succeeded.
But while democracy can be periodically delayed,
It can never be permanently defeated."
"Nous avons vu une force qui briserait notre nation plutôt que de la partager,
Qui détruirait notre pays si cela signifiait retarder la démocratie.
Et cette tentative a bien failli réussir.
Mais si la démocratie peut être périodiquement retardée,
elle ne peut jamais être définitivement défaite." 

Amanda Gorman a expliqué que le siège du Capitole lui avait donné une sursaut d'énergie pour terminer le poème même si elle ne se référera pas directement au 6 janvier. "Le poème n'est pas aveugle. Il ne tourne pas le dos à l'évidence de la discorde et de la division", a-t-elle déclaré.

Sa prestation en ce 20 janvier 2021.



Transcription complète via "The Guardian"
A chacun d'utiliser son traducteur préféré si nécessaire

"When day comes, we ask ourselves where can we find light in this never-ending shade?
The loss we carry, a sea we must wade.
We've braved the belly of the beast.
We've learned that quiet isn’t always peace,
and the norms and notions of what "just" is isn’t always justice.
And yet, the dawn is ours before we knew it.
Somehow we do it.
Somehow we've weathered and witnessed a nation that isn't broken,
but simply unfinished.
We, the successors of a country and a time where a skinny Black girl descended from slaves and raised by a single mother can dream of becoming president, only to find herself reciting for one.

And yes, we are far from polished, far from pristine,
but that doesn't mean we are striving to form a union that is perfect.
We are striving to forge our union with purpose.
To compose a country committed to all cultures, colors, characters, and conditions of man.
And so we lift our gazes not to what stands between us, but what stands before us.
We close the divide because we know, to put our future first, we must first put our differences aside.
We lay down our arms so we can reach out our arms to one another.
We seek harm to none and harmony for all.
Let the globe, if nothing else, say this is true:
That even as we grieved, we grew.
That even as we hurt, we hoped.
That even as we tired, we tried.
That we’ll forever be tied together, victorious.
Not because we will never again know defeat, but because we will never again sow division.

Scripture tells us to envision that everyone shall sit under their own vine and fig tree and no one shall make them afraid.
If we're to live up to our own time, then victory won’t lie in the blade, but in all the bridges we've made.
That is the promise to glade, the hill we climb, if only we dare.
It's because being American is more than a pride we inherit.
It's the past we step into and how we repair it.
We've seen a force that would shatter our nation rather than share it.
Would destroy our country if it meant delaying democracy.
This effort very nearly succeeded.
But while democracy can be periodically delayed,
it can never be permanently defeated.
In this truth, in this faith, we trust,
for while we have our eyes on the future, history has its eyes on us.
This is the era of just redemption.
We feared it at its inception.
We did not feel prepared to be the heirs of such a terrifying hour,
but within it, we found the power to author a new chapter, to offer hope and laughter to ourselves.
So while once we asked, "How could we possibly prevail over catastrophe?" now we assert, "How could catastrophe possibly prevail over us?"

We will not march back to what was, but move to what shall be:
A country that is bruised but whole, benevolent but bold, fierce and free.
We will not be turned around or interrupted by intimidation because we know our inaction and inertia will be the inheritance of the next generation.
Our blunders become their burdens.
But one thing is certain:
If we merge mercy with might, and might with right, then love becomes our legacy and change, our children’s birthright.

So let us leave behind a country better than the one we were left.
With every breath from my bronze-pounded chest, we will raise this wounded world into a wondrous one.
We will rise from the golden hills of the west.
We will rise from the wind-swept north-east where our forefathers first realized revolution.
We will rise from the lake-rimmed cities of the midwestern states.
We will rise from the sun-baked south.
We will rebuild, reconcile, and recover.
In every known nook of our nation, in every corner called our country,
our people, diverse and beautiful, will emerge, battered and beautiful.
When day comes, we step out of the shade, aflame and unafraid.
The new dawn blooms as we free it.
For there is always light,
if only we're brave enough to see it.
If only we're brave enough to be it."


Si Amanda Gorman avait annoncé dans une interview à un journal américain en 2017 qu'elle se présenterait aux élections présidentielles de 2036, ce qu'elle rappellera sans doute à Joe Biden, elle est aussi proche d'une certaine manière de Barack Obama car elle a le même illustrateur que lui pour son premier album pour enfants, Loren Long. "Change sings" doit paraître aux Etats-Unis le 21 septembre 2021 chez Penguin Random House. Sera-t-il traduit en français? Mystère.


"I can hear change humming
In its loudest, proudest song.
I don’t fear change coming,
And so I sing along."
"Je peux entendre le changement fredonner
Dans sa chanson la plus forte et la plus fière.
Je n'ai pas peur du changement à venir,
Et donc je chante."
 
Cet album montrera que tout est possible quand nos voix se rejoignent. Lorsqu'une jeune fille mène un groupe de personnages dans un voyage musical, ils apprennent qu'ils ont le pouvoir d'apporter des changements - grands ou petits - dans le monde, dans leurs communautés et, surtout, en eux-mêmes. Un appel à l'action pour que chacun utilise ses capacités pour faire la différence.


En septembre, Viking Books for Young Readers publiera aussi le premier recueil de poésie d'Amanda Gorman, intitulé comme le poème de l'investiture "The Hill We Climb". Le livre s'adresse aux lecteurs adolescents et adultes et comprendra bien entendu le poème inaugural. Mais on ne sait rien de plus pour l'instant. Même pas la couverture.


C'est en octobre 2011, un an après sa sortie aux Etats-Unis,  qu'est paru en français le premier album pour enfants de Barack Obama, "Of Thee I Sing, Lettre à mes filles" ("Of Thee I Sing, A Letter to my daughters" (2010), traduit de l'anglais par Susie Morgenstern et Aliyah Morgenstern, La Martinière Jeunesse, 40 pages, indisponible). 

"Nous savons que la plupart des Français trouveront ce livre cucul", m'avait dit à l'époque Aliyah Morgenstern à propos de l'album. La professeure de linguistique et traductologie à la Sorbonne en a traduit le texte avec sa mère, la célèbre auteure jeunesse Susie Morgenstern, née aux Etats-Unis mais installée à Nice depuis belle lurette, qui relevait qu'"Aliyah est l'âme de cette traduction"

"Nous avons été émues par l'album et par l'idée de transmettre à vos enfants qui sont nos modèles et nos héros", reprennent les traductrices qui se sentent toujours très américaines tout en étant françaises. "C'est émouvant de traduire un père qui s'adresse à ses enfants lorsque vous êtes une mère et une fille. C'est très américain aussi."

Dans "Lettre à mes filles", le 44e président américain rend hommage à treize personnages illustres, qui ont marqué l'histoire des Etats-Unis. Il le fait de manière émouvante et tendre, s'adressant directement à Malia et Sasha: "Vous ai-je dit récemment combien je vous trouve formidables?", commence Barack Obama avant d'enchaîner: "Vous ai-je dit que vous êtes créatives? (…) Vous ai-je dit que vous êtes intelligentes? (…) Vous ai-je dit que vous êtes courageuses?" Et ainsi de suite tout au long de l'album.

Chaque question posée en page de gauche trouve réponse dans l'exemple d’une personnalité présentée en page de droite. La peintre Georgia O'Keeffe, le savant Albert Einstein, le joueur de baseball Jackie Robinson, pour les trois sujets cités. On rencontrera encore Sitting Bull, Billie Holiday, Helen Keller, Martin Luther King Jr, Neil Armstrong, etc.

L'illustrateur Loren Long (lire ici) a eu la bonne idée de représenter à gauche les deux filles du président et la figure illustre citée jeune. Un petit troupeau qui grandit de page en page, donnant en finale une bonne idée de la diversité américaine. En ce qui concerne le traitement des personnalités, Long peut être très inspiré (le mémorial des anciens du Vietnam) ou beaucoup moins (Sitting Bull).

"Lettre à mes filles". (c) La Martinière Jeunesse.








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