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mardi 7 décembre 2021

Déjà la onzième vente aux enchères du Muz

Claude Ponti titrant et signant ses œuvres.

Cette année encore, c'est début décembre que Claude Ponti et l'équipe du Muz organisent la traditionnelle vente aux enchères d'originaux de littérature jeunesse afin de permettre au Musée des enfants (lire ici) de poursuivre ses activités.

Nouveauté de cette édition, la onzième déjà, un système d'enchères automatiques qui remplace les envois de mails des années précédentes (lire ici). Attention, si les enchères ont été ouvertes le 29 novembre, elles s'arrêteront le dimanche 12 décembre à 22 heures pile (heure de Paris).


Onzième vente aux enchères du Muz.
Le Muz est ce projet un peu fou né il y a douze ans dans une petite voiture grise, quelque part entre Namur et Bruxelles, afin de donner une pérennité aux œuvres des enfants par la magie du virtuel. Photographiées, scannées, ces dernières rejoignent les salles du musée en ligne qui leur est consacré. Et elles viennent du monde entier. Pour assurer ce travail, il faut de l'argent. Pour avoir de l'argent, il faut des subsides. Quand il faut se débrouiller seul, une vente aux enchères est indiquée.

La onzième vente est permise par la générosité des 24 artistes donateurs, dont quatre Belges et un assimilé, des habitués et des nouveaux, emmenés par la locomotive Claude Ponti, bien entendu.

J'ai nommé, pour cette année,

May Angeli, Armelle Benoit, Magali Bonniol, Anne Brouillard,
Julie Guillaume, Bruno Heitz, Anne Herbauts, Pénélope Jossen,
Kotimi, Thomas Lavachery, Lorentino, Louis Matray,
Alan Mets, Dorothée de Monfreid, Elsa Oriol, Pancho,
François Place, Lucas Ribeyron, Sara, Maud Sene,
Frédéric Stehr, Grégoire Solotareff, Anaïs Vaugelade, Marie Wabbes.


En détail
Pour voir le catalogue des 73 œuvres mises aux enchères, et enchérir, c'est ici.
Chaque œuvre est photographiée et assortie de ses informations techniques, auteur, titre, lieu d'origine, date, taille, technique et niveau d'enchère.

En pratique
Le prix de l'enchère en cours s'affiche sous la miniature de l'œuvre.
On enchérit en cliquant sur le bouton "enchérir" sur chacune des œuvres.
Une fenêtre s'ouvre et demande à être complétée.
L'enchère est confirmée par mail (possibilité de l'infirmer).
Il est aussi possible de proposer une enchère maximale, le système actualisant alors l'enchère de 10 euros en 10 euros si nécessaire jusqu'au moment de l'enchère maximale déterminée.
La vente se termine le dimanche 12 décembre à 22 heures précises. 
Après la clôture de la vente, les enchérisseurs ayant remporté l'enchère recevront un mail indiquant la procédure pour payer et récupérer l'œuvre.

En guise de mise en bouche
Quelques-unes des 73 œuvres offertes au Muz pour sa onzième vente aux enchères, dont 21 par Claude Ponti lui-même.

 

"Gloria Quichon", Anaïs Vaugelade.

"Objets épars", Anne Herbauts.

"Epicerie", Anne Brouillard.


"Ours roux", Marie Wabbes.

"Pinocchio", Bruno Heitz.


"Coco vole", Dorothée de Monfreid.


"Un jour, son prince viendra", Elsa Oriol

"Edification du palais: l'été", François Place.

"Petit rockeur", Alan Mets.

"Portrait d'ours", Grégoire Solotareff.

"Les jumelles", May Angeli

"Les fagots", Pénélope Jossen.

"Les chats", Sara.

"Chat au tambour", Thomas Lavachery.

"Luchien et l'arbre", Frédéric Stehr.


Et bien sûr, toute une série d'œuvres de Claude Ponti, dont celles-ci.

"Course épique au carnivore (sur fil)".

"Œuf et poussin ne perdant pas les kilibres".


"Pétronille".

"Sophie Rostopchine".

"La petite Sirène".



Rappel: la vente se termine le dimanche 12 décembre à 22 heures précises. 




dimanche 5 décembre 2021

Toute ressemblance avec un huissier existant...

Il suffit en général de prononcer le mot "huissier de justice" pour que les cheveux se dressent sur la tête, que des marques rouges apparaissent sur la peau, que l'on se mette à transpirer ou à avoir des palpitations. Principalement quand on se trouve à l'adresse où se rend l'officier public. La profession fait peur et a mauvaise presse. Pas toujours à tort, certains de ses représentants ne se comportant pas convenablement. Souvent parce que le public ignore les missions plus "nobles" de l'huissier que la saisie et la vente de biens. Bref.

Il en est tout à fait autrement avec le héros du premier recueil de nouvelles de Jean Pierre Jansen, "On n'entre pas comme ça chez les gens!" (Quadrature, 114 pages). Cet huissier qui nous dépeint à la première personnes quinze affaires dont il a eu à s'occuper apparaît en finale humain, empathique et pédagogue, drôle par moments. Il a heureusement survécu aux coups reçus dans la première nouvelle. L'atout de ce recueil, le premier de l'auteur qui n'est pas un ancien huissier mais a abandonné son métier de chercheur en agronomie pour se consacrer à l'écriture, est qu'il présente quinze histoires de misère.

Des dettes bien entendu, imposant des recouvrements et des saisies, mais surtout des engrenages qui ont mené aux drames. Les découverts le sont pour cause de naïveté. De rêves un peu fous qu'on a cru pouvoir assumer. Derrière les affaires traitées, il y a des hommes et des femmes, parfois des enfants. Outre la Miss Talon déjà évoquée, on découvre le recyclage original des pots de peinture d'une droguerie en faillite, on rencontre une petite Léa de 4 ans, le funambule Antoine, on est surpris par l'histoire de René et ses horloges... On va en ville et à la campagne, de métier en hobby, dans des nouvelles de longueur variée. Des personnages attachants, bien campés, un style assez cash, plutôt oral, piqueté d'humour, une écriture parfois un peu lourde, quelques longueurs mais une approche originale de la profession d'huissier de justice. Ou plutôt d'un de ses représentants. Et surtout de la société actuelle. Une lecture plaisante.

#lisezvouslebelge


vendredi 3 décembre 2021

La famille Quichon, la preuve par onze

LU & approuvé

Les 73 enfants Quichon, en pages de garde des albums.
(c) l'école des loisirs.


Entre la famille Quichon, ces 73 délicieux cochons et leurs parents nés de l'imagination et des crayons d'Anaïs Vaugelade (l'école des loisirs), et moi, c'est une histoire d'amour qui dure depuis 2004 et la publication des trois premiers titres (lire ici). Pour être honnête, il en est de même pour tous les albums d'Anaïs Vaugelade (lire ici), ainsi que pour son travail d'éditrice (lire ici).

La famille Quichon, ce sont ces 73 porcelets tout roses qui ressemblent tellement à nos enfants. Chacun a un prénom et son caractère. Chacun devrait avoir son histoire: "Chaque livre de la famille Quichon est le portrait d'un enfant Quichon, et il y a soixante-treize enfants Quichon dans la famille Quichon." 

Tendresse, imagination et humour dans des histoires du quotidien enfantin, sur les grandes questions de la vie, l'amour, les rêves de bonheur, la tristesse, les moments de la vie de famille, le repas, l'exaspération de la maman, le coucher, la propriété, l'animal domestique et les sujets plus personnels, courir, avoir un frère imaginaire, voler... Chaque fois, un texte simple et des images dynamiques pleines de fantaisie, qui nous emmènent au cœur de cette fort sympathique famille Quichon. Des albums qui témoignent d'une parfaite compréhension du lecteur et établissent une superbe complicité avec lui.

Sept albums étaient sortis entre 2004 et 2009. Quatre les complètent depuis, dans une nouvelle nouvelle édition cartonnée où apparaissent également les rééditions de certains titres anciens. Chance donc, il nous reste 62 albums de la famille Quichon à découvrir un jour! Pour les enfants des classes maternelles.



La famille Quichon, les nouveautés en haut, les rééditions en bas.
(c) l'école des loisirs.


La famille Quichon
  • "Le Cauchemar de Gaëtan Quichon", 2004
  • "Maman Quichon se fâche", 2004
  • "Philippe Quichon veut voler", 2004
  • "L'Animal domestique d'Hermès Quichon", 2006, 2021
  • "La Vie rêvée de Papa Quichon", 2006, 2021
  • "Dans les basquettes de Babakar Quichon", 2009, 2021
  • "La Poussette de Cléo Quichon", 2009, 2021
  • "La recette de Sacha Quichon", 2019
  • "Le premier frère de Mimi Quichon", 2019
  • "7 milliards de cochons et Gloria Quichon", 2021
  • "Tout va mal pour Tristan Quichon", 2021


La famille Quichon, première version. (c) l'école des loisirs.



jeudi 2 décembre 2021

Benjamin Chaud par lui-même

LU & approuvé

"Ma folle vie de dessinateur". (c) Hélium.

Question. Benjamin Chaud
est-il plus souvent à sa table de dessin ou sur les réseaux sociaux? La réponse est simple. Vous la connaissez si vous êtes sur Facebook et/ou Instagram. Benjamin Chaud est autant à sa table que sur les réseaux. Il dessine, il se dessine et il poste. Tous les jours, on voit débouler sur la toile des dessins de lui, des autoportraits souvent, qui sont aujourd'hui réunis dans l'exquis recueil "Ma folle vie de dessinateur, ou comment faire son autoportrait en toutes circonstances" (Hélium, 128 pages), et aussi des contes de fesses, devenus également un livre, des dessins d'actualité, des contes de fées actualisés et des classiques de la littérature érotisés... Une assuétude se crée rapidement.

Qui est Benjamin Chaud? Un auteur-illustrateur jeunesse, résumera-t-on. Un dessinateur compulsif, le créateur avec Ramona Badescu de Pomelo, en solo de Pompon ours, avec Henri Meunier de Taupe & Mulot, entre autres... Voilà pour le côté cour. Pour le côté jardin, on se référera aux 128 délicieux autoportraits de l'album, croquis rapides et expressifs au crayon et crayons de couleur posés deux par deux dans les pages. Barbe de trois jours et pull jacquard presqu'à tous les coups. Ils sont autant de définitions de lui-même. Soigneusement légendés, parfois différemment que lors de leur première publication, les portraits croqués sont craquants, amusés, inventifs, pleins d'autodérision. S'ils font d'abord rire, ils disent aussi la condition d'illustrateur et offrent en un discret filigrane un état de la société et du monde. Leur légèreté apparente ne cache pas la réalité de Benjamin Chaud, un dessinateur autoligoté à sa table, perfusé au café, à la recherche d'inspiration, un as du dessin, un bourreau de travail, un artiste généreux comme pas deux, qui se libère parfois pour participer à un salon ou se détendre, une occasion pour lui de dessiner autrement. Pour tous.



"Ma folle vie de dessinateur". (c) Hélium.





Les maisons de Martine Wijckaert

Dans le cadre de l'opération "Lisez-vous le belge?", j'ai opté, non pour les livres que je connaissais, mais pour des titres que j'avais envie de découvrir. Par exemple, dans le cas de "Domus" de Martine Wijckaert (Editions du Sablon, 186 pages) parce que le nom de l'auteure est associé pour moi au théâtre en général et à celui de la Balsamine en particulier. Le livre est arrivé, avec son élégante couverture vert forêt - il en est largement question dans le texte. Il réunit, nous dit l'éditeur, deux récits du temps domestique, deux récits de maisons familiales saisies au travers d'une réalité anamorphosée. Bien. Même si l'idée de réalité anamorphosée me dépasse un peu. J'imagine que cela a à voir avec des distorsions. Je me suis donc lancée dans les deux récits "Nous sommes à la maison" et "Journal d'Yvonne". Curieuse expérience de lecture. Martine Wijckaert a gardé du théâtre de longues envolées lyriques, scandées, chantées, hurlées, crachées dont elle use pour une histoire très construite, morcelée en prélude et suites et soupir, ici dans la forêt, là dans la maison, ici dans le jardin, là dans la maison. On croise de nombreux personnages au cours de ces tirades, hommes, femmes, enfants, nourrice, nurse, notaire,.. souvent évoqués avec les mêmes épithètes homériques. On est happé par la crudité des mots, le désir de tout dire, de tout expliquer, de tout répéter, de la femme de théâtre, que ce soit des choses belles ou d'autres, sales, ou même immondes. On lit du sang, des déchets, du sexe sous toutes ses formes, des drames humains. Je lis une poésie sauvage, une écriture exigeante, mais je ne comprends pas le livre. Je m'y perds tout en ayant apprécié certains passages.
#lisezvouslebelge