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jeudi 5 mars 2026

Des Belges primées à la Foire du livre de Bologne

"Troupeau" de la Belge Sarah Cheveau remporte une mention spéciale
 en catégorie "Tout-petits". (c) La Partie.


Waw! 4.120 titres candidats, provenant de 73 pays et régions du monde. Soit 6,8 % de titres de plus et 13 % d'éditeurs en plus qu'en 2025, année qui avait déjà enregistré des records de participation (lire ici). Les jurés des différents BolognaRagazzi Awards (BRAW) ont eu du pain sur la planche. Ils sont toutefois parvenus au bout de leur tâche et ont publié les noms des artistes lauréats des estimés prix de la Foire du livre pour enfants de Bologne. Ils seront à découvrir durant la 63ᵉ Fiera del libro per ragazzi de Bologne va se tenir du 13 au 16 avril prochains.
 
A noter que sur les 25 récompenses accordées, deux reviennent à des Belges, un prix et une mention, et cinq à des Français (deux prix et trois mentions). Sans compter les titres lauréats qui ont déjà été traduits en français (ou le seront prochainement). Pas mal pour la création en langue francophone dont plusieurs petites maisons d'édition sont ainsi mises à l'honneur.
 
L'édition 2026 de la Bologna Children's Book Fair a la Norvège comme pays invité d'honneur. A cette occasion, 49 illustrateurs norvégiens feront le déplacement en Italie et un programme "What if?" (Et si?), comportant exposition, conférences et rencontres sera proposé. Seront aussi célébrés les 60 ans de l'Exposition des Illustrateurs dont les 75 artistes de l'année sont déjà connus (lire ici), les 200 ans de la naissance de Carlo Collodi (exposition consacrée à Pinocchio de 50 illustrations d'artistes contemporains), les 100 ans de la naissance de Mitsumasa Anno. Entre autres.
 
Mais revenons-en aux prix. Il faut se rappeler que les BRAW sont divisés en cinq catégories permanentes, "Fiction", "Non fiction", "Opera prima" (première œuvre), "Comics" (BD en trois catégories d'âge), "New Horizons" et "Toddler" (tout-petits) auxquelles s'ajoute une catégorie annuelle, "Contes et Fables" cette fois. 
  • Jury Fiction, Non-Fiction, Opera Prima, Toddler, Fables & Fairy Tales, New Horizons: Katia Canton (artiste), Cathie Mercier (universitaire), Francesca Rizzi (libraire), Lola Rubio (IBBY Argentine) et Klara van Duijkeren (éditrice). 
  • Jury Bande dessinée: Nicolas Blechman (illustrateur), Valentina De Poli (critique) et Sarah Vuillermoz (libraire).

 

Palmarès
 

FICTION


Prix
"Ingrávida" (Légèreté)
Fran Pintadera
Raquel Catalina
bookolia (Espagne, 2025)
 
Amitié et promesses le temps d'un été à la mer. Par les auteurs du merveilleux album "Le plus beau match de Madani" (Les éditions des Eléphants, Prix IBBY Belgique francophone 2023 de l'album traduit, lire ici). 
 
 
 
Mention spéciale
"Lucy en Donker"
Karst-Janneke Rogaar
Querido (Pays-Bas, 2025)
 
 
 
 
 
 
Mention spéciale
"Tomber 8 fois, se relever 9"
Frédéric Marais 🅕🆁
HongFei Cultures (France, 2024, finaliste du Prix IBBY Belgique francophone 2024 de l'album, lire ici)

 
 
 
 
 
 

NON FICTION

Prix 
"Who Am I?" (Qui suis-je?)
Qais Hinti
Esraa Hedery
Al Salwa Publishers (Jordanie, 2025)
 
 
 
 
 
 
 
 
Mention spéciale
"Cromosomi" (Chromosomes)
Fabian Negrin
Kalina Muhova
Edizioni Corsare (Italie, 2025)
 
L'histoire d'une famille embarquée dans un fascinant voyage à travers le temps.
 
"Le fil de notre histoire"
Fabian Negrin
Kalina Muhova
La Martinière jeunesse, 2026
 
 
Mention spéciale
"З півслова" (Do you read me?)
Romana Romanyshyn, Andriy Lesiv
The Old Lion Publishing House (Ukraine, 2025)
 
Les 1000 manières de communiquer chez les humains et autres êtres vivants.

Tout le monde se parle
Romana Romanyshyn, Andriy Lesiv
traduction de Laurana Serres-Giardi 
Rue du monde (2025) 
 

 

OPERA PRIMA (première œuvre)


Prix 
"Dove andiamo quando moriamo?" (Où va-t-on quand on meurt?)
Samy Ramos
Corraini Edizioni (Italie, 2025)
 
 
 
 
Mention spéciale
"Nora the Stray Cat"
Izumi Suge
Poplar Publishing (Japon, 2025)








Mention spéciale
"The Heart Bowl"
Jeon Bora
tokkiseom (Corée du Sud, 2025)


 
 
 
 
 
 
 
 

TODDLER (tout-petits)

 
Prix 
"Río Viento" (Vent de rivière)
Adolfo Córdova
Mariana Alcántara
Ediciones El Naranjo (Mexique, 2025) 
 
 


 
 
 
 
Mention spéciale
"Troupeau - l'hiver, l'été"
Sarah Cheveau 🅑🅔
La Partie (France, 2025, lire ici)









Mention spéciale
"Un instant"
Liuna Virardi 🅕🅡
L'Agrume (France, 2025)
 


 
 
 
 
 
 

NEW HORIZONS

 
Prix 
"Village"
Julie Safirstein 🅕🅡
Éditions du livre (France, 2025)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

CONTES &  FABLES

 
Prix 
"The Story of a Brother and a Sister"
Lee Uk Bae
Sakyejul Publishing (Corée du Sud, 2020)
 

Mention honorable
"Delivering Watermelon"
Jia Yuqian
Oriental Babies & Kids (Chine, 2024)

 
 
 
 
 
 
 
Mention spéciale
"Zur Zeit, wo das Wünschen noch geholfen hat" (Au temps où les souhaits pouvaient encore aider)
Les frères Grimm
Julie Völk
Gerstenberg Verlag (Allemagne, 2021)
 
 
 
 
 


 

BANDE DESSINÉE - JEUNE LECTEUR

 
Prix 
"Casey's Cases: The Mysterious New Girl" (La mystérieuse nouvelle fille)
Kay Healy
Neal Porter Books (Holiday House Publishing, USA, 2025) 
 
 
 
 
 
 
 
 
Mention spéciale
"Ão, ão!" (Ouaf, Ouaf!)
Joana Estrela
Planeta Tangerina (Portugal, 2025)

 
"Ouaf!"
Joana Estrela 
Eidola éditions (à paraître en mai 2026)
 
 
 
 
Mention spéciale
"What's That Sound?" (Quel est ce son?)
Yuichi Yokoyama
PIE International (Japon, 2024)
 
 
Mention spéciale
"Die Grille in der Geige" (Le criquet dans le violon)
Anna Haifisch
Rotopol (Allemagne, 2025)
 
 


 
 
 
 

BANDE DESSINÉE - MEDIUM

 
Prix 
"Le Journal de Samuel"
Emilie Tronche 🅕🅡 
Casterman (France, 2025)
 
 
 
 
 
 

 
 

BANDE DESSINÉE - JEUNE ADULTE

 
Prix 
"Sentimental Kiss"
Camille Van Hoof 🅑🅔
L'employé du moi (Belgique, 2025)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Mention spéciale
"Vieille"
Delphine Panique 🅕🅡
MISMA (France, 2025)

 
 
 
 
 
 
 

Mention spéciale 
"Nobody in Walled City"
Rex Koo
Kedama Sha (Hong Kong - China, 2025)

Mention spéciale 
"L'autobus incantato" (L'autobus enchanté)
Majid Bita
Canicola Edizioni (Italie,2025)

 
 
 
 
 
 
 
 
 

Traductions françaises d'albums primés.



lundi 2 mars 2026

La triste nouvelle du décès de Clément Oubrerie

Le début des "Royaumes du Nord". (c) Gallimard Jeunesse.

 
Clément Oubrerie. (c) Rita Scaglia/Dargaud.
Ce sont les éditions Dargaud qui annoncent "avec une profonde tristesse la disparition de Clément Oubrerie, le 1er mars 2026, à l'âge de 59 ans. Nos pensées vont vers sa femme Julie Birmant, son fils et ses belles-filles, et tous ceux qui l'aimaient. Sa palette, son sens du découpage, l'expressivité de ses personnages, la virtuosité de son dessin, sa générosité, son engagement pour la diversité et la transmission ont fait de lui un pilier de la bande dessinée, mais aussi de Dargaud chez qui il a publié, avec sa scénariste Julie Birmant, de nombreux albums."

Décédé des suites de la maladie de Charcot, Clément Oubrerie était né à Paris le 23 décembre 1966. Il œuvrait avec talent aussi bien en littérature de jeunesse qu'en bande dessinée ou en cinéma d'animation. Après ses études à l'École supérieure d'arts graphiques (ESAG), il partit deux ans aux États-Unis au début des années 1990, où il débute sa carrière en tant qu'illustrateur jeunesse.
 
A son retour en France, il publie les albums jeunesse qu'il illustre chez Mango et chez Hachette. Chez Nathan ensuite. Les années 2000 le voient être édité au Seuil Jeunesse, chez Albin Michel Jeunesse, chez Casterman Jeunesse. Il illustre aussi bien le documentaire "Les 1000 mots de l'info" d'Élisabeth Combres et Florence Thinard (Gallimard jeunesse, 2003) que "La Ballade de Cornebique", un roman jeunesse de Jean-Claude Mourlevat (Gallimard, 2003) quand il n'adapte pas "Zazie dans le métro" de Raymond Queneau (Gallimard, 2008).
 
C'est dans cette maison d'édition qu'il se fera remarquer en 2005, avec la bande dessinée "Aya de Yopougon", écrite par Marguerite Abouet, prix du meilleur premier album à Angoulême en 2006. Une série qui comporte huit épisodes aujourd'hui. 
 
 
 
 
  
 
 
 
C'est aussi Clément Oubrerie qui va illustrer en bande dessinée les trois premiers tomes de la magnifique série du Britannique Philip Pullman, "À la croisée des mondes", avec Stéphane Melchior au scénario, toujours chez Gallimard: "Les Royaumes du Nord" 1, 2 et 3 (2014 à 2016) - le premier volume recevra le Fauve jeunesse à Angoulême en 2015 (lire ici); les trois tomes suivants, "La Tour des anges" 1, 2 et 3 (2018 à 2021), seront illustrés par Thomas Gilbert d'après son univers graphique.

On lui doit encore la série "Pablo", avec Julie Birmant au scénario, en quatre tomes, qui raconte le quotidien de Picasso jeune homme, à Montmartre, entre 1900 et 1912 (Dargaud, 2012 à 2014).
 

Plus récemment, il avait illustré les deux tomes de la bande dessinée "À mains nues" (scénario de Leïla Slimani, Les Arènes,  2020 et 2021), racontant la vie de Suzanne Noël, une médecin, féministe, qui redonnait un visage aux gueules cassées de la Première Guerre mondiale (Les Arènes). 
 
 
 
 
 
 

Clément Oubrerie avait aussi cofondé, avec Joann Sfar et Antoine Delesvaux, un studio de cinéma d'animation.  

jeudi 26 février 2026

Le deuxième Prix des librairies indépendantes

En France comme en Belgique, des associations de libraires indépendants décernent des prix. Dans notre royaume, on a le Prix des Librairies indépendantes. Créé l'an dernier par le Syndicat des Libraires francophones de Belgique (SLFB, lire ici), il a dévoilé les cinq ouvrages en lice pour sa seconde édition. Rappelons son fonctionnement. La sélection est établie par un comité de douze libraires, le vote final est confié au public de la cinquantaine de librairies participantes. Les votes sont ouverts jusqu'au 29 mars 2026, date de clôture  de la Foire du Livre de Bruxelles.  La remise du prix aura lieu fin  avril 2026.
 
Le but du prix est d'offrir une visibilité accrue aux livres, notamment à une production éditoriale indépendante, dans un marché particulièrement dense. La première édition avait récompensé "La Petite Bonne" de Bérénice Pichat  (Les Avrils). 
 
Ci-dessous les cinq titres proposés aux votes des lecteurs cette année et la liste des librairies participantes. J'y ajoute les noms des traducteurs-trices si nécessaire. 
  • "En finir avec les jours noirs", d'Effie Black (Le Gospel), traduction de l'anglais par Adrien Durand
  • "Et brûlent les enfances", de Virginie Noar (Les Pérégrines)
  • "Lequel de nous portera l'autre?", de la Belge Violaine Lison (Esperluète)
  • "L'histoire de Mother Naked", de Glen James Brown (Les Editions du Typhon), traduction de l'anglais par Claire Charrier
  • "Nous sommes faits d'orage", de Marie Charrel (Les Léonides) 


 
Curiosité, l'association française de libraires Libr'à Nous vient de dévoiler son palmarès, décliné en sept récompenses pour des livres parus entre le 1er janvier et la fin novembre de l'année précédente. Et le roman lauréat francophone figure dans la sélection belge!
 
Palmarès
  • Littérature francophone: Marie Charrel pour "Nous sommes faits d'orage" (Les Léonides)
  • Littérature étrangère: Sierra Greer pour "Mademoiselle robot" (traduit de l'anglais par Hélène Cohen, Gallimard)
  • Polar: Vera Buck pour "La cabane dans les arbres" (traduit de l'anglais par Brice Germain, Gallmeister)
  • Imaginaire: Cassandra Khaw pour "Briser les os" (traduit par Marie Koullen, Argyll)
  • Bande dessinée: Mathieu Babletles pour "Silent Jenny" (Rue de Sèvres)
  • Littérature jeunesse: Marie Pavlenko por "Le jour où le monde est devenu bizarre" (Flammarion jeunesse)
  • Album jeunesse: Christopher Denise pour "Chevalier Chouette et petite oiselle" (traduit de l'anglais par Claire Billaud, Kaléidoscope) 

 

* *

A ne pas confondre avec le prix des Libraires (français), organisé par les libraires indépendants de France depuis 70 ans, qui vient de dévoiler  sa première sélection. Soit dix romans français et six romans étrangers sont en lice. Le vote sera ouvert du 9 mars au 11 avril. Chaque libraire (mille l'an dernier) pourra voter, à titre individuel, pour cinq titres maximum dans la catégorie roman français et pour trois titres maximum dans la catégorie roman étranger. Les finalistes seront annoncés le 15 avril et la remise de prix est prévue le 6 mai au Centre national du livre. 

Sélection dans la catégorie roman français
  • "L'homme qui lisait des livres" de Rachid Benzine (Julliard)
  • "Nourrices" de Séverine Cressan (Dalva)
  • "Quitter la vallée" de Renaud de Chaumaray (Gallimard)
  • "La Bonne Mère" de Mathilda Di Matteo (L'Iconoclaste)
  • "On l'appelait Bennie Diamond" de Michaël Dichter (Les Léonides)
  • "Quatre jours sans ma mère" de Ramsès Kefi (Philippe Rey)
  • "Les Courants d'arrachement" d'Élise Lépine (Grasset)
  • "Le ciel l'a mauvaise" d'Éléa Marini (L'Olivier)
  • "Trois fois la colère" de Laurine Roux (Le Sonneur)
  • "Chimère" de Julie Wolkenstein (P.O.L.)
Sélection dans la catégorie roman étranger
  • "La Correspondante" de Virginia Evans (La Table Ronde, Quai Voltaire), traduit de l'anglais (États-Unis) par Leïla Colombier
  • "Le Gardien du camphrier" de Keigo Higashino (Actes Sud), traduit du japonais par Liza Thetiot
  • "La Guérisseuse de Catane" de Simona Lo Iacono (Métailié), traduit de l'italien par Serge Quadruppani
  • "Les Fantômes de Shearwater" de Charlotte McConaghy (Gaïa/Actes Sud), traduit de l'anglais (Australie) par Marie Chabin
  • "Lundi, c'est loin" d'Oisín McKenna (L'Olivier), traduit de l'anglais (Irlande) par Olivier Deparis
  • "Les Fleuves du ciel" d'Elif Shafak (Flammarion), traduit de l'anglais par Dominique Goy-Blanquet
 
Les lauréats 2025 étaient Bérénice Pichat dans la catégorie roman français pour "La petite bonne" (Les Avrils), comme les libraires indépendants belges, et l'Irlandais Paul Lynch dans la catégorie roman étranger pour "Le chant du prophète" (Albin Michel).
 
 
 

lundi 23 février 2026

De vrais anchois en tutus roses

"Retirer, tirer, retirer, tirer..." (c) CotCotCot éditions.

Quiconque a déjà décortiqué en famille des crevettes grises, spécialité belge, se retrouvera immédiatement dans le savoureux album jeunesse "Préparer le bouillon" de Lee Sang-kyo au texte et Bamco aux illustrations (traduit du coréen par Charlotte Gryson, CotCotCot éditions, 48 pages). Un format à l'italienne venu de Corée qui figurait dans la liste des "100 Outstanding picture books dPictus 2025" (lire ici).
 
Pas de crevettes à décortiquer ici mais des anchois pour une opération quasi similaire, retirer la tête, tirer sur le filament noir, retirer, tirer (cfr illustration ci-dessus). Une double page au sobre graphisme qui répond aux gardes avant et conduit délicatement au sujet de l'album: la joie de cuisiner en famille et de se pourlécher ensemble. 
 
Les anchois dansent à l'Opéra de Paris. (c) CotCotCot éditions.

L'excellent rapport texte-images de l'album permet au lecteur de se régaler des images, de déguster les textes et de quasiment agir dans l'histoire. En même temps qu'il apprend à préparer les anchois pour le bouillon du soir, il devinera qui est à la manœuvre grâce à la taille des mains représentées. Il se glissera dans l'imaginaire du décortiqueur junior pour suivre les exquises variations sur les occupations des anchois. Occupations imaginaires pleines de fantaisie, d'autant plus goûteuses. Il tirera et retirera jusqu'à se tromper, se rattraper et réparer. Il tirera et retirera jusqu'à la phrase qui libère le duo: "Ça y est! On a fini!"
 
Préparation intergénérationnelle. (c) CotCotCot éditions.
  
Entre en scène celle qui va cuisiner le "myeolchi guksu" dont la prononciation est précisée. Un bouillon qui nécessite encore divers autres ingrédients avant d'arriver, bien mijoté, dans les bols de la famille attablée. Des bols qui seront vite vidés et feront apparaître des sourires de gourmandise apaisée.
 
Cuisiner en famille. (c) CotCotCot éditions.

Excellent album que ce "Préparer le bouillon" qui joue sur le registre du réel, on prépare le plat en famille, toutes générations confondues, comme sur celui de l'imaginaire avec les occupations des anchois. Les deux dans de charmantes et illustrations. Les étapes de la recette apparaissent sous la forme de dessins aussi épurés qu'efficaces sur fond blanc. A noter le jeu très subtil dans la représentation du duo acteur dans les doubles pages. En simple, en double, en simple, en double, puis immensément multiplié pour mieux donner l'impression du temps nécessaire, avec autant de micro-événements associés. A part la découpe des légumes, la cuisson et la dégustation du bouillon se font, elles, en vues non multipliées de la famille, ralentissant le tempo des pages jusqu'à la finale. Contraste avec les pages qui racontent les anchois: à bords perdus et sur fond gris, elles sont hyper remplies: dessins,  textes, collages, slogans, extraits de journaux, dialogues, autant de saynètes vitaminées. Un contraste entre le vide et le plein très réussi qui donne rythme et surprises. L'album se termine avec un poème coréen sur les anchois et quelques explications de traduction.
 
 
Un album à la lecture extrêmement réjouissante. En résumé: mashitta! - 맛있다! (délicieux). 
 
Pour faire soi-même un tel bouillon, quelques idées ici
 
Pour mieux se rendre compte du dynamisme de l'album, une vidéo Youtube (ici). 
 
 

 
 
 

 
 
 
 
 
 

samedi 21 février 2026

L'auteure-illustratrice jeunesse Gerda Muller a 100 ans aujourd'hui

La couverture de "Ça pousse comment?"
  
Tout le monde connaît les dessins de l'"imagière", comme elle aime se présenter. Mais pas toujours son nom. Parce qu'on ne sait pas trop comment le prononcer? Peut-être. Son nom, c'est Gerda (à dire comme si c'était un "j") Muller. Elle est née le 21 février1926 à Naarden aux Pays-Bas et a créé de très nombreux albums pour les enfants. Au moins 120. Au Père Castor et à l'école des loisirs qui lui a consacré un livret "Mon auteur préféré" (2019, à télécharger ici).

 
 
On lui doit les "Turlutins" évidemment, ressortis en intégrale il y a un an. Mais aussi des contes classiques, "L'Apprenti sorcier", "Les quatre musiciens de Brème", "Boucles d'or et les trois ours", des albums sans texte, "Devine qui fait quoi" et "Devine, qui a retrouvé Teddy", d'autres célébrant la nature, "Mon arbre", "La fête des fruits", "Ça pousse comment?", "Où vont-ils quand il pleut?",.. Aisément reconnaissables et qui se passent de génération en génération. Sans oublier les historiques "Marlaguette" et "Perlette goutte d'eau" (textes de Marie Colmont).
 
     
 




Gerda Muller.
(c) Vincent Tessier.
"Quand je travaille seule dans mon atelier", dit Gerda Muller, "je ressens la présence d'un enfant qui regarde et souvent me guide. C'est pour lui que je travaille (pas pour les parents ou pour les éditeurs)."
 
Bon anniversaire, Gerda!
 
Gerda Muller vit actuellement à la Maison nationale des artistes, EHPAD où se retrouvent depuis 1945 de nombreux artistes (lire ici). Une exposition lui a été consacrée en 2021, joliment titrée "Célébrer la vie" et dont il existe une vidéo (ici).
 
 
 

 
 
"Les turlutins". (c) l'école des loisirs.