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lundi 21 septembre 2020

Un manque de père tel le gouffre de Padirac

Marie-Hélène Lafon. (c) Jean-Luc Paillé.


Figurant dans les premières sélections des prix Femina, Renaudot et Jean Giono, se déroulant entre le Lot, le Cantal et Paris, "Histoire du fils" de Marie-Hélène Lafon (Buchet-Chastel, 171 pages) est une des excellentes découvertes de cette rentrée littéraire 2020. Peut-être même le meilleur livre à ce jour de la romancière originaire du Cantal mais installée à Paris. Elle y est professeure de lettres classiques. Une auteure féconde puisqu'elle affiche déjà treize romans et recueils de nouvelles chez cet éditeur, en moins de vingt ans! Sans compter les titres, dans d'autres registres parfois, qu'elle a publiés ailleurs.

Au fil des chapitres heureusement datés car ils ne suivent pas l'ordre chronologique, on découvre ce fils, André, et ses proches. Gabrielle, sa mère qui ne l'élève pas et qu'il appelle "ma mère". Hélène, sa tante, à qui il dit "maman", qui l'élève avec son mari Léon et leurs trois filles. Son père? Inconnu de lui. Et pas sûr que lui-même sache qu'il a un fils.
"Il a un père inconnu, et il serait donc lui aussi un fils inconnu."
André qui porte le nom de sa mère va évidemment tenter de découvrir le nom de son géniteur. Mais à son rythme, quand il sera prêt. Il l'aura finalement ce nom, non de sa mère, et dans des circonstances particulières. Va-t-il alors essayer de retrouver cet homme, de le rencontrer? C'est une des questions qu'aborde ce roman subtil qui nous promène entre trois générations et des secrets de famille, de familles même, qui sont soigneusement enfouis. Qui nous fait côtoyer deux mondes aussi, celui des nantis dont les enfants vont longtemps à l'école, et celui des autres, qui travaillent souvent pour les premiers.

Marie-Hélène Lafon, d'une écriture limpide et fluide, dans un texte coulant d'une page à l'autre sans quasiment de paragraphe, s'appuyant sur de belles images de nature, habitude prise dès ses premiers romans, nous entraîne dans cette prenante histoire familiale où un petit garçon, tout choyé qu'il est, attend chaque été sa maman qui vient passer quelques semaines en leur compagnie. Où cette dernière n'est sans doute pas aussi mauvaise qu'on ne pourrait le penser. Où les uns et les autres font ce qu'ils peuvent avec ce qu'ils sont et ce qu'ils savent. Où il y a beaucoup d'amour à donner malgré les difficultés de la vie.

Cent ans vont filer dans ce très beau roman, poignant, touchant, qui suit le parcours d'André et de ceux qui l'entourent, qu'il le sache ou non. Une lecture tendue qui court de 1908 à 2008. Le petit garçon grandit, avance dans la vie, rencontre l'amour avec la délicieuse Juliette mais a toujours ce quelque chose qui lui manque. Ou plutôt ce quelqu'un. Ce père inconnu auquel il ne peut renoncer.
"André aimait Léon, mais il ne l'avait pas mis à la place du père qui était restée vide, vacante et vertigineuse (... )"
Ce père lui-même rongé par un terrible chagrin d'enfance. Le lecteur en sait souvent davantage que les personnages. Et c'est là que cette "Histoire du fils" révèle toute sa force. Elle suit sa ligne, retrouver un père, le connaître, le comprendre, l'entendre et évidemment le juger, une fois toutes les pièces réunies. Cette quête qui va se poursuivre de génération en génération est habilement menée par Marie-Hélène Lafon qui nous rappelle, par le biais de ses personnages, que nous sommes tous humains.





Faites la fête aux têtes de Patrice Leconte

(c) Flammarion.


"Les Bronzés", "La mari de la coiffeuse", "Ridicule", le magazine "Pilote", le film d'animation "Le magasin des suicides",.. son nom est partout et depuis longtemps. Patrice Leconte est réalisateur, scénariste, acteur, metteur en scène, producteur, écrivain, dessinateur. Il manquait une plume à son chapeau, celle d'écrivain pour la jeunesse. C'est fait désormais avec "Faites la tête" (Flammarion, 126 pages), un roman illustré sympathique qu'il a écrit et illustré du haut de ses 72 ans. Ce moyen format cartonné à la couverture bien bleue, il le destine aux lecteurs de 10 à 100 ans.

Pas d'erreur dans le titre. Il s'agit bien de "Faites la tête" car les huit courtes fictions réunies dans le livre présentent huit personnages plutôt rigolos et improbables par leur nom: tête de..., suivi du mot qui en a fait une expression. On va ainsi découvrir les têtes de linotte, de lit, de clou, de gondole, de l'emploi, de gland, de mule et de nœud. Rien que des personnages masculins malgré leur appellation féminine! Indépendantes les unes des autres, elles sont drôles, originales, absurdes et un rien philosophiques, 

Patrice Leconte présente lui-même ses textes.

"DEPUIS TOUJOURS, j'aime regarder les gens. Aux terrasses des cafés, dans la rue, sur les plagesou dans le métro. Et j'en suis arrivé à cette constatation aveuglante: les gens ont tous une tête différente. Front fuyant, gros sourcils, joues rondes, nez immense, oreilles décollées, cheveux en vrac, ou pas de cheveux du tout, enfin, bref, tous ces détails qui font que personne ne ressemble à personne, et inversement.
Alors, pour y voir plus clair, j'ai tenu à me plonger dans ce qui sera sans doute l'œuvre de ma vie: un catalogue de toutes les têtes possibles, les plus normales comme les plus singulières.
Et, puisqu'il faut bien commencer, voici les huit premières, qui ne sont d'ailleurs pas les plus banales."

Patrice Leconte.
L'observateur nous livre des portraits pétillants, bienveillants même s'ils traitent souvent de défauts. Pleins d'imagination et joliment troussés, sans aucun souci du qu'en dira-t-on, avec des jeux de mots parfois pitoyables mais assumés, rendant ces huit "têtes" attachantes. Que ce soit la "tête de linotte" dont les oublis entraînent une foule de situations cocasses, la "tête de lit", employé d'une grande surface en literie, matelas, sommiers etc. dont le patron arrive à marier l'envie de rester au lit et l'intérêt de son magasin, la "tête de clou" qui devient, logiquement, quincailler et n'hésite pas à vivre amoureusement avec ses deux employées. Si la "tête de gondole" doit renoncer à ses projets vénitiens, elle trouve un arrangement qui lui convient, meilleur que celui de "la tête de l'emploi" qui procure des emplois qui leur plaisent aux travailleurs grâce à une manière inédite de faire, mais échoue pour lui-même. La "tête de gland" est sympathique et lance une nouvelle mode de couvre-chefs, bien plus que "tête de mule" qui fait tourner son monde en bourrique. Finale, en forme de fable avec la "tête de nœud" qui expérimente les bons et les mauvais côtés de la vie. 

Ancrés dans le monde réel même s'ils s'autorisent des évasions agréables, ces huit portraits font sourire, rire et aussi réfléchir. Y en aura-t-il d'autres? Tête de lard, tête de pont, tête en l'air, tête dans les nuages, tête au carré, tête d'enterrement, tête de Turc, tête d'œuf... Ce ne sont pas les sujets qui manquent 😇


Pour lire en ligne le début de "Faites la tête", c'est ici.


vendredi 18 septembre 2020

Trois femmes indociles

Djaïli Amadou Amal.

"Patience, ma fille. Patience, mes filles. Munyal (patience en peul)". Ce mot, c'est celui que les filles et les femmes entendent le plus durant toute leur vie dans la région du Cameroun de religion musulmane où se déroule le magnifique roman de Djaïli Amadou Amal, conteuse virtuose, "Les impatientes" (Editions Emmanuelle Collas, 240 pages). Un titre qui annonce la résistance dont vont faire preuve ses trois héroïnes. On est avec Ramla, on est avec Hindou, on est avec Safira. On ne peut que se révolter avec elles du statut imposé là aux femmes et hurler devant les violences dont elles sont victimes. Des indignations valables ailleurs aussi, évidemment, la question ne se pose pas. Mais "Les impatientes" révèle dans un romanesque dramatique et superbement mené ce qu'on ignore en général de cette région du monde. A noter que ce roman polyphonique contemporain bouleversant figure dans la première sélection du prix Goncourt et sera aussi lu par les jurys du Goncourt des lycéens.

"Patience" est l'injonction immémoriale et récurrente des pères et des oncles à leurs filles et à leurs nièces, des frères à leurs sœurs, des maris à leurs épouses. Au nom de quoi? Au nom de la religion, des coutumes, du pulaaku. Un mot qu'elles ne doivent jamais oublier, un mot qu'elles ne risquent pas d'oublier tant il leur est répété, les mères et les tantes, les belles-sœurs et les amies, les cousines et les copines se chargeant aussi de seriner la consigne.

La plupart des femmes peules s'y plient, ou font avec, menant leur vie enfermées dans des domaines, les "concessions" comme on dit au Cameroun septentrional, dont elles sortent peu. Partageant avec jusqu'à trois-coépouses le mari qui a été choisi pour elles, avec ce que cela entraîne de jalousies, de rivalités, de perfidie, d'amertume et de détresse. Elevant les enfants, garçons comme filles dans la tradition, machisme et liberté pour les uns, obéissance et patience pour les autres. Régnant sur une maison qui devient alors leur lieu de pouvoir. L'école? Oui pour les garçons, beaucoup moins pour les filles qui ont vocation à être mariées pour faire fructifier un patrimoine. L'amour? Une donnée négligeable. Ce qui compte, ce sont les biens, le pouvoir et la réputation. 

Il faut beaucoup de force et de courage tant mental que physique pour résister aux lois imposées par les familles. Ramla, Hinfou et Safira n'en manquent pas. On les découvre successivement dans ce roman à trois voix qui consigne magistralement leurs histoires et leurs destins. Les deux premières sont sœurs. La jeune Ramla - elle a dix-sept ans et est en terminale - est obligée par son oncle d'abandonner son amour pour le jeune et moderne Aminou ainsi que ses projets d'études pour épouser l'homme le plus important de la ville, Alhadji Issa, la cinquantaine.
"Je n'ai pas pleuré, je n'ai pas riposté. J'étais déjà morte à l'intérieur."
Ramla a beau se révolter, implorer sa mère, elle va devenir la deuxième épouse de l'opulent commerçant. Son mariage aura lieu le même jour que celui de sa sœur Hindou, promise à Moubarak, un cousin dont tout le monde sait qu'il est un voyou. Alcoolique et violent. Mais quand les hommes décident... 
"Munyal face aux épreuves, à la douleur, aux peines."
Hindou appartiendra donc à la concession de l'Oncle Moussa. Son mariage avec Moubarak saccage ce qu'elle est. Lui est une ordure sans une once de cœur, de pitié ou de raison. On suit, éberlué, la descente aux enfers de la jeune femme de seize ans. Si "Les impatientes" est un roman, il s'inspire d'histoires vraies. Quelle violence de la part de cet homme que tout le monde laisse la brutaliser et la violer au nom de la religion et des coutumes.
"On sait que Moubarak me frappe, et c'est dans l'ordre des choses."
Hindou aura tout tenté pour s'en sortir mais il n'y a personne autour d'elle pour la soutenir, la défendre. Et la pauvre petite ne trouvera qu'une issue.
"Je ne veux plus entendre patience encore. Ne me dites plus jamais munyal! Plus jamais ce mot!"
Avec la troisième histoire, celle de Safira, on découvre qu'elle est liée aux deux précédentes. On se glisse aussi dans la peau d'une femme plus âgée, la trentaine avancée, mère de six enfants, qui est officiellement de l'autre côté. Qui approuve le pulaaku. Qui appelle à la patience. Qui éduque ses enfants. Quand elle voit son statut changer, elle sent la jalousie la dévorer, et ce n'est pas seulement une question d'honneur. On lui enjoint la patience, cette fois, elle répond non. La fine Safira veut maintenir son statut et tisse une toile d'araignée pour piéger la nouvelle venue. Une situation qui fera deux victimes qui trouveront chacune leur voie pour continuer.
"Je traînais ma tristesse et ma culpabilité. En même temps, je profitais enfin de mon honneur retrouvé. Je m'étais battue et j'avais gagné. Du moins, cette bataille-là."
Avec son écriture magnétique, qui vous rive aux pages du roman, Djaïli Amadou Amal nous fait entrer dans l'intimité des femmes peules d'aujourd'hui. Au-delà des drames qu'elle évoque, elle allume une petite lueur d'espoir, grâce à l'éducation qui permet de ne plus voir uniquement par le petit bout de la lorgnette. "Les impatientes" est un roman de toute beauté dont on sort terriblement remué, un conte contemporain à la force philosophique et émotionnelle puissante.





jeudi 17 septembre 2020

Choderlos de Laclos à la Villa Médicis

La villa Médicis à Rome accueille chaque année plusieurs pensionnaires de différentes disciplines artistiques.
La villa Médicis à Rome accueille chaque année plusieurs pensionnaires
de différentes disciplines artistiques.

Nombreux sont les artistes français, de toutes disciplines dont la littérature, qui ont séjourné comme pensionnaires à la Villa Médicis à Rome, une fois leur projet de travail accepté. Quelques auteurs en ont fait ensuite le cadre d'une publication. Hervé Guibert en 1989 dans le roman "L'Incognito" (Gallimard). Catherine Meurisse en 2016 dans la bande dessinée post-Charlie "La légèreté" (Dargaud). Samuel Delage en 2018 dans le polar "Arcanes Médicis" (De Borée).

Et maintenant Lise Charles qui, pensionnaire à la Villa Médicis en 2017-2018, y ancre son virevoltant troisième roman en littérature générale, "La Demoiselle à cœur ouvert" (P.O.L., 352 pages), en premières sélections des prix Wepler et Médicis. Un livre ébouriffant qui se déroule à la Villa Médicis durant la résidence de son narrateur, l'écrivain de 44 ans Octave Milton, et ne se prive pas d'égratigner quelques pensionnaires ainsi que le fonctionnement général du lieu. Un roman étourdissant, d'amour et de création, avec ce que cela suppose de séduction, de jalousie, de cruauté. Et de malhonnêteté.

Un dédale de pages qui se jouent brillamment de leur lecteur qu'elles s'amusent à semer dans un savant labyrinthe, pour mieux le rattraper un peu plus loin. Une plaisante forme épistolaire, datée de 2017 à 2019, par courriel évidemment, pour la plus grande partie du roman. Une fin terrible qui pose la question de la création, de la loyauté du créateur et de son talent finalement.

Lise Charles. (c) Manfredi Gioacchini/POL.
Cet écheveau savamment entremêlé pétille de trouvailles de forme. D'abord les échanges de courriels entre l'écrivain pensionnaire, alter ego masculin de la romancière, et des personnes réelles comme Paul Otchakovsky-Laurens, son éditeur chez P.O.L., Jean-Paul Hirsch, l'attaché de presse, le dessinateur François Matton, son frère dans le texte, Frédéric Boyer qui a repris le poste de directeur de la maison d’édition, et d'autres, imaginaires, comme Livia Colangeli, une ex-, la femme qui pousse Milton à écrire, et même à séduire, qui tire les ficelles en coulisses et ne le lâche pas d'une semelle, une vraie marquise. On rencontre encore Véronique Matton, sa mère, Prune Mordillac, une sous-bibliothécaire qui l'admire énormément, et bien entendu Marianne Renoir, le troisième personnage principal, sa fille adolescente étant le quatrième (par ordre d'apparition). Cette dernière est maître de conférence à université de Nantes, comme Lise Charles elle-même. Elle porte le nom du personnage de son premier roman et est aussi le nom de plume de l'auteure quand elle écrit pour la jeunesse. 

Les mails ne sont pas tout. Qu'ils parlent du quotidien ou discutent de littérature ou d'art. On découvre aussi une nouvelle, des chroniques de magazine, des articles universitaires, et l'impressionnant journal d'une adolescente, volé à sa rédactrice, Louise. C'est qu'Octave Milton a une œuvre à écrire pendant sa résidence. Il abandonnera son projet initial, une enquête sur un de ses ancêtres, architecte au XVIIe siècle, au profit d'un travail beaucoup plus original, et beaucoup plus risqué.

Des faits réels de la vie de l'auteure chez P.O.L., aussi le décès du fondateur de la maison d'édition, le 2 janvier 2018, une proposition de nouvelle à la revue "Décapage" de Jean-Baptiste Gendarme se mêlent à de palpitantes fictions, dont le fil rouge est la rivalité amoureuse, les jeux dangereux de séduction et le prix à en payer. "Les liaisons dangereuses" de Choderlos de Laclos se dessinent en toile de fond de ce roman extrêmement bien construit, qui se lit d'une traite si on s'offre à lui et porte la littérature à son meilleur. "La Demoiselle à cœur ouvert" enchante, séduit et terrifie par sa façon de sonder les jeux de pouvoir et de séduction. Le trio Livia-Octave-Marianne qui évolue dans ce texte à emboîtements est terrible, ne reculant devant rien pour assouvir ses désirs de puissance. Même si manipulation et création ont finalement rendez-vous avec la mort.

Pour lire en ligne le début de "La Demoiselle à cœur ouvert", c'est ici.


Publications

Sous le nom de Lise Charles

  • "La Cattiva" (P.O.L., 2013, Prix de la Romancière)
  • "Comme Ulysse" (P.O.L., 2015, Mention spéciale du Prix Wepler)
  • "La Demoiselle à cœur ouvert" (P.O.L., 2020)

Sous le nom de Marianne Renoir

  • "Le Murmure des sorcières" (l'école des loisirs, 2019)
  • "La princesse Caméléon" (Gallimard Jeunesse, 2019)


mardi 15 septembre 2020

Les premières sélections des prix littéraires




Merveille du calendrier, on découvre aujourd'hui 15 septembre les titres qui figurent dans la première sélection de l'Académie Goncourt. A cause de la crise sanitaire, les membres avaient indiqué avoir besoin de plus de temps que d'habitude pour opérer leurs choix. Fatalement, des livres déjà retenus ailleurs, mais aussi d'autres titres. Ils tirent les derniers, si on excepte le Grand prix du roman de l'Académie française qui boucle tout sur un mois, première sélection le 1er octobre, deuxième sélection le 15 et proclamation du prix le 29. Mais les jurés Goncourt seront également quasiment les derniers, avec les jurés du Renaudot, à faire connaître leurs choix définitifs. Seulement le 10 novembre. Un cas de figure inhabituel. En effet, l'Interallié ne se manifestera que le 23 septembre pour se clôturer le 18 novembre.

Dans l'état actuel des choses, on retient cinq nominations pour Hervé Le Tellier et quatre pour Lola Lafon.

Prix Wepler (2 novembre) et prix de Flore (5 novembre)

Lire ici.

Prix Goncourt (10 novembre)

  • "Les funambules" de Mohammed Aissaoui (Gallimard)
  • "Héritage" de Miguel Bonnefoy (Rivages)
  • "Les impatientes" de Djaïli Amadou Amal (Emmanuelle Collas, lire ici)
  • "Yoga" d'Emmanuel Carrère (P.O.L.)
  • "Saturne" de Sarah Chiche (Seuil)
  • "Un crime sans importance" d'Irène Frain (Seuil)
  • "Chavirer" de Lola Lafon (Actes Sud)
  • "L'Anomalie" de Hervé Le Tellier (Gallimard)
  • "Mes fous" de Jean-Pierre Martin (L'Olivier)
  • "Les roses fauves" de Carole Martinez (Gallimard)
  • "La société des belles personnes" de Tobie Nathan (Stock)
  • "La chambre des dupes" de Camille Pascal (Plon)
  • "L'historiographe du royaume" de Maël Renouard (Grasset)
  • "L'Enfant céleste" de Maud Simonnot (L'Observatoire)
  • "Thésée, sa vie nouvelle" de Camille de Toledo (Verdier)
Jury
Didier Decoin, Françoise Chandernagor, Tahar Ben Jelloun, Patrick Rambaud, Philippe Claudel, Pierre Assouline, Paule Constant, Éric-Emmanuel Schmitt, Pascal Bruckner, Camille Laurens.


Prix Renaudot (10 novembre)


Romans
  • "Les funambules" de Mohammed Aissaoui (Gallimard)
  • "Les Métamorphoses" de Camille Brunel (Alma)
  • "Ce qui plaisait à Blanche" de Jean-Paul Enthoven (Grasset)
  • "Un crime sans importance" d'Irène Frain (Seuil)
  • "Nature humaine" de Serge Joncour (Flammarion)
  • "Histoire du fils" de Marie-Hélène Lafon (Buchet-Chastel, lire ici)
  • "L'Anomalie" d'Hervé Le Tellier (Gallimard)
  • "Une piscine dans le désert" de Diane Mazloum (JC Lattès)
  • "La Grande épreuve" d'Etienne de Montety (Stock)
  • "Les Evasions particulières" de Véronique Olmi (Albin Michel)
  • "La Faucille d'or" de Anthony Palou (Rocher)
  • "Amrita" de Patricia Reznikov (Flammarion)
  • "Le Pont de Bezons" de Jean Rolin (P.O.L.)
  • "Le Métier de mourir" de Jean-René Van Der Plaetsen (Grasset)

Essais
  • "Les Disparus du Joola" d'Adrien Absolu (J-C Lattès)
  • "La vie comme un livre" d'Olivier Betourné (Fayard)
  • "Les Villes de papier" de Dominique Fortier (Grasset)
  • "Roue libre" de Cécile Guilbert (Flammarion)
  • "L'autre Rimbaud" de David Le Bailly (L'Iconoclaste)
  • "Avec Pessoa" de Frédéric Pajak (Noir et blanc)

Jury
Frédéric Beigbeder, Patrick Besson, Dominique Bona, Georges-Olivier Châteaureynaud, Louis Gardel, Franz-Olivier Giesbert, Christian Giudicelli, J.M.G. Le Clézio et Jean-Noël Pancrazi.


Prix Femina (3 novembre)


Romans français
  • "Carnet d'adresses de quelques personnages fictifs de la littérature" de Didier Blonde (Gallimard, "l'Arbalète")
  • "Héritage" de Miguel Bonnefoy (Rivages)
  • "Saturne" de Sarah Chiche (Seuil)
  • "Barocco Bordello" de Thierry Clermont (Seuil)
  • "Le tailleur de Relizane" d'Olivia Elkaïm (Stock)
  • "La femme-écrevisse" d'Oriane Jeancourt-Galignani (Grasset)
  • "Nature humaine" de Serge Joncour (Flammarion)
  • "Chavirer" de Lola Lafon (Actes Sud)
  • "Histoire du fils" de Marie-Hélène Lafon (Buchet-Chastel, lire ici)
  • "Un jour ce sera vide" de Hugo Lindenberg (Bourgois)
  • "Quitter Madrid" de Sarah Manigne (Mercure de France)
  • "Une piscine dans le désert" de Dianne Mazloum (JC Lattès)
  • "Sous le ciel des hommes" de Diane Meur (Sabine Wespieser)
  • "Ce qu'il faut de nuit" de Laurent Petitmangin (La manufacture de livres, lire ici)
  • "Amrita" de Patricia Reznikov (Flammarion)
  • "Une bête aux aguets" de Florence Seyvos (L'Olivier)
  • "Vladisvostok circus" d'Elisa Shua Dusapin (Zoé)
  • "La belle lumière" d'Angélique Villeneuve (Le Passage)

Romans étrangers
  • "Eliete, la vie normale" de Dulce Maria Cardoso (traduit du portugais par Elodie Dupeau, Chandeigne)
  • "American dirt" de Jeanine Cummins (traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Françoise Adelstain et Christine Auché, Philippe Rey)
  • "Les lionnes" de Lucy Ellmann (traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Claro, Seuil)
  • "Sublime royaume" de Yaa Gyasi (traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Anne Damour, Calmann-Lévy)
  • "Les graciées" de Kiran Millwood Hargrave (traduit de l'anglais (Royaume-Uni) par Sarah Tardy, Robert Laffont)
  • "Aria" de Nazanine Hozar (traduit de l'anglais (Canada) par Marc Amfreville, Stock)
  • "Ce que je ne veux pas savoir" et "Le coût de la vie" de Deborah Levy (traduits de l'anglais (Royaume-Uni) par Céline Leroy, Editions du Sous-Sol)
  • "Poison florilegium" de Annalena McAfee (traduit de l'anglais (Royaume-Uni) par Sarah Tardy, Belfond)
  • "Apeirogon" de Colum McCann (traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Clément Baude, Belfond)
  • "Betty" de Tiffany McDaniel (traduit de l'anglais (Etats-Unis) par François Happe, Gallmeister)
  • "Le dernier interview" de Eskhol Nevo (traduit de l'hébreu par Jean-Luc Allouche, Gallimard)
  • "Retour à Martha's Vineyard" de Richard Russo (traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Jean Esch, Quai Voltaire)
  • "Patagonie Route 203" d'Eduardo Fernando Varela (traduit de l'espagnol (Argentine) par François Gaudry, Métailié)
  • "Nickel Boys" de Colson Whitehead (traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Charles Recoursé, Albin Michel).

Jury
Evelyne Bloch-Dano, Claire Gallois, Anne-Marie Garat, Paula Jacques, Christine Jordis, Mona Ozouf, Josyane Savigneau et Chantal Thomas. Le secrétariat est assuré par Anne de Caumont.


Prix Médicis (6 novembre)


Romans français et francophones
  • "Yoga" d'Emmanuel Carrère (P.O.L.)
  • "La Demoiselle à cœur ouvert" de Lise Charles (P.O.L., lire ici)
  • "Saturne" de Sarah Chiche (Seuil)
  • "Le Cœur synthétique" de Chloé Delaume, (Seuil)
  • "Le Grand vertige" de Pierre Ducrozet (Actes Sud)
  • "La fille du père" de Laure Gouraige (P.O.L).
  • "L'Anomalie" de Hervé Le Tellier (Gallimard)
  • "La Tannerie" de Celia Levi (Tristram)
  • "Les Démons" de Simon Liberati (Stock)
  • "Mes fous" de Jean-Pierre Martin (L'Olivier)
  • "Une piscine dans le désert" de Diane Mazloum (JC Lattès)
  • "Histoires de la nuit" de Laurent Mauvignier (Minuit)
  • "Comédies françaises" d'Eric Reinhardt (Gallimard)
  • "La Trajectoire des confettis," de Marie-Eve Thuot (Editions du Sous-Sol)
  • "Thésée, sa vie nouvelle" de Camille de Toledo (Verdier)

Romans étrangers
  • "Permafrost" d'Eva Baltasar (traduit de l'espagnol par Annie Bats, Verdier)
  • "American dirt" de Jeanine Cummins (traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Françoise Adelstain et Christine Auché, Philippe Rey)
  • "Les lionnes" de Lucy Ellmann (traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Claro, Seuil)
  • "L'Autre moitié de soi" de Brit Bennett (traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Karine Lalechère (Autrement)
  • "La Fenêtre au sud" de Gyrdir Eliasson (traduit de l'islandais par Catherine Eyjolfsson, La Peuplade)
  • "Sublime royaume" de Yaa Gyasi (traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Anne Damour (Calmann-Lévy)
  • "Aria" de Nazanine Hozar (traduit de l'anglais (Canada) par Marc Amfreville, Stock)
  • "Ce que je ne veux pas savoir" et "Le coût de la vie" de Deborah Levy (traduits de l'anglais (Royaume-Uni) par Céline Leroy, Editions du Sous-Sol)
  • "Apeirogon" de Colum McCann (traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Clément Baude, Belfond)
  • "Un promeneur solitaire dans la foule" d'Antonio Muñoz Molina (traduit de l'espagnol par Isabelle Gugnon, Seuil)
  • "Les garçons de l'amour" de Ghazi Rabihavi (traduit du persan par Christophe Balaÿ, Serge Safran)
  • "Lumière d'été, puis vient la nuit" de Jon Kalman Stefansson (traduit de l'islandais par Eric Boury, Grasset)
  • "Chinatown intérieur" de Charles Yu (traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Aurélie Thiria-Meulemans, Aux Forges de Vulcain)

Jury
Marianne Alphant, Michel Braudeau, Marie Darrieussecq, Dominique Fernandez, Anne F. Garreta, Patrick Grainville, Andreï Makine, Frédéric Mitterrand, Pascale Roze et Alain Veinstein.


Prix Décembre (5 novembre)

  • "Le pont de Bezons" de Jean Rolin (P.O.L.)
  • "Les corps insurgés" de Boris Bergmann (Calmann Lévy)
  • "Thésée, sa vie nouvelle" de Camille de Toledo (Verdier)
  • "Le bonheur, sa dent douce à la mort" de Barbara Cassin (Fayard)
  • "La Tannerie" de Célia Levi (Tristram)
  • "De parcourir le monde et d'y rôder" de Grégory Le Floch (Christian Bourgois)
  • "L'Anomalie" d'Hervé Le Tellier (Gallimard)
  • "Pacifique" de Stéphanie Hochet (Rivages)
  • "Histoires de la nuit" de Laurent Mauvignier (Minuit)
  • "Le jeu des ombres" de Valère Novarina (P.O.L.)
  • "Chavirer" de Lola Lafon (Actes Sud)

Jury
Cécile Guilbert, Laure Adler, Michel Crépu, Charles Dantzig, Arnaud Vivian, Patricia Martin, Amélie Nothomb, Chloé Delaume et Oriane Jeancourt Galignani.


Grand prix de littérature américaine 

  • "American Dirt" de Jeanine Cummins (traduit par Françoise Adelstain et Christine Auché, Philippe Rey)
  • "Villa Chagrin" de Gail Godwin (traduit par Marie-Hélène Dumas, Joëlle Losfeld)
  • "Sublime royaume" de Yaa Gyasi (traduit par Anne Damour, Calmann-Lévy)
  • "Delicious Foods" de James Hannaham (traduit par Cécile Deniard, Globe)
  • "Des vies à découvert" de Barbara Kingsolver (traduit par Martine Aubert, Rivages)
  • "Les autres Américains" de Laila Lalami (traduit par Aurélie Tronchet, Christian Bourgois)
  • "Ohio" de Stephen Markley (traduit par Charles Recoursé, Albin Michel)
  • "Glory" d’Elizabeth Wetmore (traduit par Emmanuelle Aronson, Escales)

Jury
Oriane Jeancourt-Galignani , Philippe Chevilley et Nicolas Carreau; Sylvie Loriquer, Géraldine Mausservey, Pascal Thuot et Jean-Christophe  Millois; Alice Déon, Emmanuelle Heurtebize et Francis Geffard.