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lundi 4 novembre 2024

Les favoris primés aux prix Goncourt et Renaudot

(c) Gallimard.

Kamel Daoud. (c) Francesca Mantovani/Gallimard.
Les derniers pronostics établis en France depuis l'attribution du Grand prix du roman de l'Académie française (lire ici) et du prix Décembre (lire ici) ont eu raison. Le plus prestigieux des prix littéraires d'automne, le prix Goncourt a été attribué ce lundi 4 novembre à Kamel Daoud, 54 ans, pour son troisième roman, "Houris" (Gallimard). Un livre interdit en Algérie.
 
Le romancier franco-algérien a été choisi par le jury au premier tour de scrutin, par six voix, contre deux pour Hélène Gaudy ("Archipels", L'Olivier), une pour Gaël Faye ("Jacaranda", Grasset),  et une pour Sandrine Collette ("Madelaine avant l'aube", JC Lattès). Ce qui a dû réjouir Philippe Claudel, le président de l'Académie Goncourt, qui ne souhaitait pas devoir faire usage de sa double voix en cas d'ex-aequo. "L'Académie Goncourt couronne un livre où le lyrisme le dispute au tragique, et qui donne voix aux souffrances liées à une période noire de l'Algérie, celle des femmes en particulier. Ce roman montre combien la littérature, dans sa haute liberté d'auscultation du réel, sa densité émotionnelle, trace aux côtés du récit historique d'un peuple, un autre chemin de mémoire", a-t-il salué.
 
"Ce livre est né parce que je suis en France. C'est un pays qui me donne la liberté d'écrire. Ce n'est pas facile de parler de guerre, il faut du temps, du deuil, de la distance. C'est un livre qui va dans le sens de l'espoir", a réagi Kamel Daoud après avoir un fait un tour de table pour remercier les jurés.
 
Présentation de l'éditeur

"Je suis la véritable trace, le plus solide des indices attestant de tout ce que nous avons vécu en dix ans en Algérie. Je cache l'histoire d'une guerre entière, inscrite sur ma peau depuis que je suis enfant."


Aube est une jeune Algérienne qui doit se souvenir de la guerre d'indépendance, qu'elle n'a pas vécue, et oublier la guerre civile des années 1990, qu'elle a elle-même traversée. Sa tragédie est marquée sur son corps: une cicatrice au cou et des cordes vocales détruites. Muette, elle rêve de retrouver sa voix.
Son histoire, elle ne peut la raconter qu'à la fille qu'elle porte dans son ventre. Mais a-t-elle le droit de garder cette enfant? Peut-on donner la vie quand on vous l'a presque arrachée? Dans un pays qui a voté des lois pour punir quiconque évoque la guerre civile, Aube décide de se rendre dans son village natal, où tout a débuté, et où les morts lui répondront peut-être
Kamel Daoud avait été révélé au public grâce à son premier roman, " Meursault, contre-enquête" (Actes Sud, 2014), qui avait figuré dans les sélections des prix Goncourt et Renaudot, figurant même dans la sélection finale du Goncourt. "Meursault, contre-enquête" a finalement reçu le Goncourt du premier roman 2015 et le prix des Cinq continents de la Francophonie 2014.
Pour lire en ligne le début de "Houris", c'est ici.
 
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Dans la pièce voisine du restaurant Drouant, le jury du prix Renaudot choisissait de récompense   Gaël Faye pour son second roman, "Jacaranda" (Grasset). Un prix annoncé par Jean-Marie Gustave Le Clézio, président du jury cette année, tout juste à la suite de l'annonce Goncourt. Pas de précision sur les votes. C'est "beaucoup de joie, une grande surprise", a réagi le lauréat.
 
Gaël Faye était également en lice pour le prix Goncourt 2024. Il l'avait été en 2016 pour son premier roman "Petit pays" (Grasset) qui obtint finalement le prix Goncourt des lycéens. 

Français par son père, Rwandais du côté de sa mère, Gaël Faye, 42 ans, a un profil atypique dans le paysage littéraire français: entre slam, musique et littérature, il multiplie les talents, dont la plume est aussi alerte que les thèmes sont graves. Actuellement résident au Rwanda, l'artiste a grandi au Burundi avant de fuir la guerre à l'âge de 13 ans et de s'installer en France.
 
Jury: Jean-Marie Gustave Le Clézio, président 2024, Georges-Olivier Châteaureynaud, secrétaire général, Jean-Noël Pancrazi, Franz-Olivier Giesbert, Dominique Bona, Patrick Besson, Frédéric Beigbeder, Cécile Guilbert, Stéphanie Janicot et Mohammed Aïssaoui. 

Présentation de l'éditeur
 
Quels secrets cache l'ombre du jacaranda, l'arbre fétiche de Stella? Il faudra à son ami Milan des années pour le découvrir. Des années pour percer les silences du Rwanda, dévasté après le génocide des Tutsi. En rendant leur parole aux disparus, les jeunes gens échapperont à la solitude. Et trouveront la paix près des rivages magnifiques du lac Kivu.
Sur quatre générations, avec sa douceur unique, Gaël Faye nous raconte l'histoire terrible d'un pays qui s'essaie malgré tout au dialogue et au pardon. Comme un arbre se dresse entre ténèbres et lumière, "Jacaranda" célèbre l'humanité, paradoxale, aimante, vivante.
 
Pour lire en ligne le début de "Jacaranda", c'est ici.



 
 
Prix Renaudot essai 
"Échec et mat au paradis"
Sébastien Lapaque 
Actes Sud
 
La rencontre au Brésil, début 1942, entre l'écrivain autrichien Stefan Zweig, peu avant son suicide, et le romancier français Georges Bernanos.
Pour ligne en ligne le début d'"Echec et mat au paradis", c'est ici.
 

 
Prix Renaudot du livre de poche
"Les années-lumière"
 
Serge Rezvani
Philippe Rey

Une "tentative d'autobiographie romancée" de l'artiste français d'origine iranienne, publiée initialement en 1967, au moment où il est passé de la peinture à l'écriture. L'auteur avait 39 ans, il en a 96 aujourd'hui.


jeudi 31 octobre 2024

Dans le vrai faux appartement de Jeanne Dielman

LU & approuvé

Clarisse Michaux.
 
C'est un mince petit format broché. Son jaune tendre est barré d'un titre énorme, énigmatique. "La gaieté me sidère" (Editions Hourra, 72 pages, diffusion-distribution Serendip & Paon).
Son auteure, Clarisse Michaux, nous en dit un peu plus dès la couverture tournée: "Poèmes en dialogue avec le film/  Jeanne Dielman, 23, quai du Commerce, 1080 Bruxelles/  de Chantal Akerman/ 1975".
 
OK. On s'y lance et on se retrouve pris dans ces mots de prose poétique écrits d'un seul jet - comme le film avait été tourné. Dans un texte occupant peu ou beaucoup le blanc de la page, celle qui est née à Bruxelles vingt ans après le tournage du film nous propose un dialogue entre l'aujourd'hui de sa visite sur place au Quai du Commerce et l'hier de l'héroïne, interprétée par Delphine Seyrig. On visite l'appartement, le "vrai faux appartement" puisqu'il s'agit d'un tournage. On approche du personnage. On suit Jeanne Dielman, veuve,  et son fils adolescent. En cercles concentriques, la doctorante en philosophie attrape son sujet, lève son filet. Elle réjouit le lecteur de sa prose blanche et inventive, l'immerge dans la vie de cette anonyme partagée entre la cuisson des patates et le sexe tarifé jusqu'à une scène définitive. Et dans une finale magistrale, Clarisse Michaux explique son lien personnel avec le film de Chantal Akerman (1950-2015). Poésie, récit, philosophie, analyse, certes un Objet Littéraire Non Identifié que ce "La gaieté me sidère" mais assurément une réussite littéraire valent clairement le détour.

Remarque: pas besoin d'avoir vu le film "Jeanne Dielman, 23, quai du Commerce, 1080 Bruxelles" pour apprécier "La gaieté me sidère". A noter que Clarisse Michaux avait déjà oublié la nouvelle "Bleu parking" dans la collection "Opuscule" des éditions Lamiroy en 2020.

Présenté à Cannes en 1975, le long-métrage de Chantal Akerman "Jeanne Dielman, 23, quai du Commerce, 1080 Bruxelles" est longtemps resté confidentiel. Il fallait être cinéphile pour admirer ce récit féministe de plus de trois heures, relatant le quotidien répétitif d'une femme au foyer, qui se prostitue en fin de journée. Revanche: le film a été consacré en 2022 par des critiques du monde entier "plus grand film de l'histoire", dans un classement établi par la revue anglaise Sight and Sound.

 

 

 Pour lire en ligne un extrait de "La gaieté me sidère", c'est ici.

Pour en entendre un extrait, c'est ici.

 

Le prix Décembre décerné à Abdellah Taïa

Abdallah Taïa (c) Joël Saget/AFP.

Ce mercredi 30 octobre,  Abdellah Taïa a reçu à la Fondation Yves Saint-Laurent le prix Décembre (15 000 euros) qui lui avait été attribué la veille pour "Le bastion des larmes" (Julliard), son quatorzième livre. Le premier titre de l'écrivain né à Rabat (Maroc) en 1973 chez cet éditeur, après huit romans au Seuil. Coquinerie éditoriale, les deux autres titres en finale sont publiés au Seuil.Sourire devant ce choix car c'était mon pronostic (lire ici).
 
Installé à Paris depuis 1999,  le lauréat est l'un des premiers écrivains marocains et arabes à affirmer publiquement, dans ses livres comme dans les médias, son homosexualité.

Présentation de l'éditeur:  À la mort de sa mère, Youssef, un professeur marocain exilé en France depuis un quart de siècle, revient à Salé, sa ville natale, à la demande de ses sœurs, pour liquider l'héritage familial. En lui, c'est tout un passé qui ressurgit, où se mêlent inextricablement souffrances et bonheur de vivre.
À travers lui, les voix du passé résonnent et l'interpellent, dont celle de Najib, son ami et amant de jeunesse au destin tragique, happé par le trafic de drogue et la corruption d'un colonel de l'armée du roi Hassan II. À mesure que Youssef s'enfonce dans les ruelles de la ville actuelle, un monde perdu reprend forme, guetté par la misère et la violence, où la différence, sexuelle, sociale, se paie au prix fort. Frontière ultime de ce roman splendide, le Bastion des Larmes, nom donné aux remparts de la vieille ville, à l'ombre desquels Youssef a jadis fait une promesse à Najib. "Notre passé… notre grande fiction", médite Youssef, tandis qu'il s'apprête à entrer pleinement dans son héritage, celui d'une enfance terrible, d'un amour absolu, aussi, pour ses sœurs magnifiques et sa mère disparue.

Le jury était composé de Laure Adler, Claude Arnaud, Maxime Catroux, Charles Dantzig, Chloé Delaume, Christophe Honoré, Oriane Jeancourt-Galignani, Patricia Martin, Amélie Nothomb et Arnaud Viviant.

Le 8 novembre prochain, Abdellah Taïa recevra à l'ouverture de la 42e foire du livre de Brive le Prix de la langue française pour l'ensemble de son œuvre.




mardi 29 octobre 2024

Joepie! Le retour de Flirt Flamand

Joepie! Youpie!  Passa Porta annonce une nouvelle édition du "Flirt Flamand", cette opération lançant des ponts entre littératures belges en français et en flamand. Ce sera bref, cinq rendez-vous dans cinq  librairies phares de Bruxelles le temps d'un week-end, celui du 22 au 24 novembre. Ce sera bref mais ce sera en français, et gratuit (places limitées, réservation obligatoire ici). La nouveauté de l'année est que les dialogues entre auteur.e.s auront lieu dans une librairie. L'occasion de découvrir cinq auteur.e.s flamands récemment traduits en français. Et on nous dit que des exemplaires de livres seront offerts au public.
 
Programme

Flirt numéro 1: Eva Kamanda et Anna Safiatou Touré

 

Eva Kamanda et Anna Safiatou Touré.


L'actrice et autrice flamande Eva Kamanda ("Une vie sous silence", traduit du néerlandais par Marie Hooghe, Racine) s'entretient avec l'artiste franco-malienne installée à Bruxelles Anna Safiatou Touré ("Herbier du département congolais des Serres royales de Laeken", CFC éditions) pour explorer les conséquences du passé colonial belgo-congolais.

Librairie CFC, Pl. des Martyrs 14, 1000 Bruxelles
Vendredi 22 novembre à 18 heures
 
 

Flirt numéro 2: Angelo Tijssens et Lara Gasparotto


Angelo Tijssens et Lara Gasparotto.

Le dramaturge et scénariste flamand Angelo Tijssens (les films "Girl" et "Close" de Lukas Dhont) échange avec la photographe belge Lara Gasparotto autour de son premier roman beau et cru traduit en français, "Au bord" (traduit du néerlandais par Guillaume Deneufbourg, Julliard).
 
Les Yeux Gourmands, Av. Jean Volders 64, 1060 Saint-Gilles
Vendredi 22 novembre à 19h30


Flirt numéro 3: Mieke Versyp et Dominique Goblet

 

Mieke Versyp et Dominique Goblet.

La scénariste et autrice flamande Mieke Versyp vient parler de "Peau", son premier roman graphique (illustré par Sabien Clement, traduit du néerlandais par Françoise Antoine, Editions çà et là) en échange avec l'artiste Dominique Goblet ("Le Jardin des candidats", avec Kai Pfeiffer, FRMK) de ce que veut dire écrire sur les corps des femmes, leurs vieillissements et leurs désirs.

Brin d'acier, Rue Josaphat 269, 1030 Schaerbeek
Samedi 23 novembre à 19 heure
 

Flirt numéro 4: Miriam Van hee et Philippe Noble

 

Miriam Van hee et Philippe Noble.
 
La poétesse flamande Miriam Van hee (Gand) s'entretient avec son traducteur Philippe Noble, directeur de la collection "Lettres néerlandaises" aux éditions Actes Sud, à propos de la traduction française de son recueil "Entre bord et quai" (Cheyne).

Tropismes, 11 Galerie des Princes, 1000 Bruxelles
Dimanche 24 novembre à 11 heures




Flirt numéro 5: Rachida Lamrabet et Veronika Mabardi

 
Rachida Lamrabet et Veronika Mabardi.

L'autrice flamande Rachida Lamrabet vient présenter sa première traduction vers le français, "Raconte-le à quelqu'un" (nom du traducteur inconnu, La croisée des chemins). Elle échangera avec la dramaturge et autrice bilingue Veronika Mabardi, Grand prix du Roman de l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique 2022 pour le bouleversant "Sauvage est celui qui se sauve" (Esperluète, lire ici).

TULITU, Rue de Flandre 55 à 1000 Bruxelles
Dimanche 24 novembre à 12h30

jeudi 24 octobre 2024

Le Grand prix du roman de l'Académie française décerné à Miguel Bonnefoy

"L'Académie française, dans sa séance du jeudi 24 octobre 2024, a décerné son Grand Prix du roman, d'un montant de 10.000 euros, à M. Miguel Bonnefoy pour son roman "Le Rêve du jaguar" (Rivages)", informe la vénérable institution. Joie et amusement car c'était mon pronostic (lire ici).

C'est au troisième tour de scrutin que le lauréat est apparu, obtenant huit voix contre sept à Grégory Cingal ("Les Derniers sur la liste", Grasset) et sept à Abel Quentin ("Cabane", L'Observatoire). Ce qui nous fait 22 votes sur une assemblée qui affiche actuellement 37 membres sur 40.
 
A près de 38 ans, il les aura le 22 décembre, l'auteur remporte son premier grand prix littéraire, après divers autres lauriers estimables.
 
"Le Rêve du jaguar" est le dixième ouvrage de l'écrivain qui est passé par la nouvelle et le récit avant de parvenir au roman. Un volume plus épais que précédemment mais sans doute fallait-il 300 pages pour brosser une saga familiale sur trois générations. La destinée d'Antonio, de son épouse et de leurs descendants nous régale d'autant plus que l'auteur y cultive son style toujours aussi flamboyant. 
 
 
 
 
 
 Bien sûr, Miguel Bonnefoy s'est inspiré de ses ancêtres pour donner vie à un récit vibrant aux personnages inoubliables dont la destinée s'entrelace à celle du Venezuela. Né en France d'une mère diplomate vénézuélienne qui a été l'attachée culturelle de l'ambassade du Venezuela à Paris et d'un père romancier chilien naturalisé français, le lauréat a grandi au Venezuela et au Portugal. Il y a suivi sa scolarité dans des lycées français.
 
L'histoire commence quand une mendiante muette de Maracaibo, au Venezuela, recueille un nouveau-né sur les marches d'une église. Orphelin élevé dans la misère, Antonio sera tour à tour vendeur de cigarettes, porteur sur les quais, domestique dans une maison close avant de devenir, grâce à son énergie bouillonnante, un des plus illustres chirurgiens de son pays. Une compagne d'exception l'inspirera. Ana Maria se distinguera comme la première femme médecin de la région. Ils donneront naissance le 23 janvier 1958, jour de la chute du dictateur Marcos Pérez Jiménez, à une fille qu'ils baptiseront du nom de leur propre nation: Venezuela. Liée par son prénom autant que par ses origines à l'Amérique du Sud, elle n'a d'yeux que pour Paris. Mais on ne quitte jamais vraiment les siens. C'est dans le carnet de Cristobal, né, lui, à Paris, dernier maillon de la descendance, que les mille histoires de cette étonnante lignée pourront, enfin, s'ancrer.
 

Bibliographie de Miguel Bonnefoy
  • "Quand on enferma le labyrinthe dans le Minotaure" (en italien, Edizione del Giano, 2009, 35 p.)
  • "Naufrages" (Quespire, 2012, 76 p.; Rivages, 100 p., 2020)
  • "Icare et autres nouvelles" (Buchet/Chastel, 2013, 352 p.)
  • "Traversée" (Paulsen, 2013)
  • "Le Voyage d'Octavio" (Rivages, 2015, 123 p.; Rivages Poche Petite Bibliothèque, 2016, 144 p.)
  • "Jungle" (Paulsen, 2016, 122 p.; Rivages Poche, 2017, 150 p.)
  • "Sucre noir" (Rivages, 2017, 209 p.; Rivages Poche, 2019, 192 p.)
  • "Héritage" (Rivages, 2020, 206 p.; Rivages Poche, 2022, 224 p.)
  • "L'inventeur" (Rivages, 2022, 208 p.)
  • "Le rêve du jaguar" (Rivages, 2024, 304 p.)