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jeudi 15 novembre 2012

LA testé la Foire de Brive (3)

Bon, retour du Cardinal aux petites heures. Vite, quelques heures de sommeil réparateur. Car la Foire de Brive dure trois jours, et le vendredi n'est qu'un apéritif en comparaison du samedi où elle est ouverte de 9 heures à 20 heures (entrée libre).

Journal de Foire

Samedi 10 novembre

9 h
Ouverture des portes. Le public est là en masse, une queue de dizaines de mètres patiente avant d’entrer et serpente entre les étals du marché.
Les habitués des stands font en vitesse quelques courses pour la fin de l’année. Foie gras frais et canards sont présents en abondance. Champignons aussi, mais trop mouillés pour faire un long voyage.





9 h 33
Les auteurs sont là, dont Honoré.
Le stand où signent les "Charlie-Hebdo" ne désemplit pas. Aurélie Filipetti, ici avec Cabu,  leur avait rendu visite la veille.

Harlan Coben est annoncé pour l'après-midi seulement, indique une affichette écrite à la main, répondant une fois pour toutes aux questions des visiteurs.
Au stand en face, Marie de la Visitation signe "Sœur" avec sourires et application.
De l'autre côté de l'allée, un Belge, Yves Namur, venu recevoir le prix Mallarmé de poésie.


11 h 40
Trois stars signent côte à côte, Mazarine Pingeot, Bernard Pivot et Valérie Trierweiler, encore elle.
Ce qui désespère un peu les auteurs des stands voisins.

Parmi eux, Luce Wilquin, la seule éditrice belge présente – alors que les auteurs belges publiés par des maisons françaises sont nombreux – venue à Brive pour la première fois avec deux de ses poulains français, Manu Causse et Emmanuelle Favier. "Ça marche bien. Les gens s’arrêtent, ils découvrent la maison d’édition, ils achètent. Cela permet des rencontres avec des libraires. Venir ici a des répercussions mais on ne vient à Brive que si le dossier envoyé est sélectionné."

11 h 50
Le sage Gérard Bonal sait qu’avec une telle voisine, présidentielle, il n’aura pas beaucoup de curieux pour ses deux livres sur Colette ("Colette intime", un beau livre irremplaçable et irremplacé, et "Lettres de Sido", un volume de correspondance tout juste paru). Mais il s’en accommode, veillé par Blandine de Caunes, sa douce attachée de presse.



12 h 03

Des masses compactes stationnent devant deux stands. Pour qui ? Pour Michel Drucker et Amélie Nothomb. Gonzague Saint-Bris n’est pas autant demandé.
Par contre, Cédric Villani, le mathématicien-écrivain né à Brive, attire du monde avec son "Théorème vivant" 





Tout comme Laurent Binet et "Rien ne se passe comme prévu". Un livre qui a évidemment sa place en terre hollandienne.

Pareil pour Olivier Adam, très demandé pour "Les lisières", boudé des jurys mais toujours très aimé des libraires et du public. Il a signé plus de livres qu'il n'a perdu de kilos.



12 h 16
Annie Duperey passe dans une allée. Une voix derrière elle : "Bonjour madame Duperey, je suis ravie de vous voir."
Plus loin, c’est Grégoire Delacourt ("La liste de mes envies") qui est abordé par une passante : "Ma nièce est éditrice dans votre maison d’édition. Vous pouvez compter sur elle. Elle est très sérieuse."

"C’est cela que j’aime ici, explique l’écrivain, c’est qu’on a beaucoup de discussions avec les lecteurs. On ne se contente pas de signer."
Un avis partagé par tous les auteurs présents, qu’ils découvrent la Foire ou qu’ils en soient les habitués.


12 h 20
Les allées se vident. Le public va déjeuner. Les auteurs aussi. Dans les différents restaurants - La Truffe noire et Chez Francis sont les préférés -, de repas en repas, je croise les mêmes convives, toujours regroupés par bannière éditoriale.Pour moi, ce sera consommé, chou farci et un drôle de baba au rhum.

13 h 30
Tiens, encore un Belge ! C’est Philippe Geluck, venu "prendre du bon temps à Brive".



15 h


Il est impossible de bouger dans la halle qui abrite la Foire. Du monde, du monde partout. Dedans, dehors. Des curieux, mais surtout des amateurs de livres qui se laissent facilement convaincre d’en acheter un, ou deux, ou trois, ou plus. 
video



A la section jeunesse, Gilles Bachelet (Seuil Jeunesse) et Adrien Albert (L’école des loisirs) tranchent par la qualité et la singularité de leur production par rapport aux autres auteurs invités.





15 h 30
Star entre les stars, l’Américain Harlan Coben est guetté par des dizaines de fans, et carrément protégé par un policier en uniforme! Des barrières Nadar organisent l’attente. L'Américain déploie régulièrement sa haute silhouette (1,94 m) pour poser à côté de ses lecteurs. Nombreux, ces derniers : un chiffre d’affaires de 4.000 euros pour la librairie qui tient le stand Fleuve Noir en une après-midi.

16 h 04
Actes Sud est absent. Pas de Prix Goncourt à Brive.

Par contre, Joël Dicker est là avec son Grand prix du roman de l’Académie française pour "La vérité sur l’affaire Harry Quebert". Le Suisse,  qui deviendra Belge dans l’édition dominicale du journal "La Montagne", écoule en deux heures ses 200 exemplaires.













Patrick Deville signe inlassablement "Peste & Choléra", prix Femina.








16 h 32
Je vois de loin, parce que je ne l’ai pas aimé, Christine Angot signer "Une semaine de vacances", son dernier livre, et en discuter aimablement avec ceux qui lui posent des questions.

17 h 04
Jean Gregor propose son dernier livre, "L’ombre en soi", à une lectrice qui lit la quatrième de couverture de "Transports en commun".
"Regardez plutôt celui-là, explique le fils de Pierre Péan. Demandez même à la dame", en me désignant.
Je confirme.
Murielle se laisse convaincre, sollicite une dédicace.
"Murielle, avec 2 L?", interroge le romancier
"Oui", répond l’intéressée.
"Vous êtes sûre?", reprend l’auteur, inquiétant sa future lectrice.
Les écrivains sont donc de vrais êtres humains qui peuvent aussi blaguer.

18 h 10
Je peux encore et toujours chanter "Emportée par la foule…" Ça ne s’arrête pas le monde. Mais d’où viennent tous ces gens qui se pressent aussi aux conférences ? Parfois de loin, pour rencontrer leur écrivain préféré de passage dans la région. Le plus curieux, c’est de voir tout au long de la journée aux tables des stands les mêmes auteurs aux mêmes places. On n’est pas loin d’un stakhanovisme consenti et apprécié.

19 h 30
Fin de la partie littéraire de la journée. Il va bientôt être temps de se rendre à nouveau dans les restaurants, d’y goûter quelques spécialités. Tian de canard et aubergines, veau mijoté aux légumes, ananas et coing rôtis
Puis d’aller s’encanailler au Cardinal. Les uns préfèrent la soirée de vendredi, les autres celle de samedi, beaucoup vont aux deux. Les auteurs sont de vrais êtres humains qui aiment aussi danser.

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