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lundi 25 septembre 2017

Un taxi-brousse sénégalais à Bruxelles

Qui suis-je?

Devinette.
"J'ai quitté l'industrie pétrolière et le boulot sûr qu'elle m'a assuré dans le Golfe de Guinée pendant sept ans (1983-1990) pour venir étudier à Lyon à l'école Emile Cohl (1990-1992) et devenir auteur-illustrateur comme j'en avait toujours rêvé. Qui suis-je?"

Indice
"Je suis à Bruxelles toute cette semaine."

Autre indice
"Le Sénégal du titre est une fausse piste".

Réponse
"Je suis Christian Epanya, auteur-illustrateur camerounais, principalement jeunesse, vivant aujourd'hui à Annonay, la patrie des frères Montgolfier, en Ardèche."


Ce n'est pas parce qu'il vit en France depuis 1990 que Christian Epanya ne retourne pas au Cameroun. "J'y vais au moins une fois tous les deux ans", m'explique-t-il, " pour voir mon frère et ma sœur, ainsi que mes amis. Et pour puiser l'inspiration et retrouver les couleurs du pays."

Car l'illustrateur a besoin d'inspiration pour créer ses livres, une vingtaine actuellement publiés en France bien entendu (Syros, Seuil, Sorbier) mais aussi aux Etats-Unis, en Allemagne, en Guinée, au Cameroun... Albums pour enfants ou livres ayant trait à l'histoire.

On peut découvrir douze de ses originaux à la peinture acrylique dans une exposition qui se tient au Wolf (à Bruxelles, jusqu'au 15 octobre (entrée libre du mercredi au dimanche de 10 heures à 18 heures). Mélangées aux cimaises, elles proviennent des albums suivants: "Le voyage de l'Empereur Kankou Moussa" (Le Sorbier, 2010), "Les rois de la Sape" (Océan Editions, 2014), "Le taxi-brousse de Papa Diop", l'album qui l'a fait connaître (Syros, 2005), "Le grand retour du taxi-brousse de Papa Diop" (Syros, 2016) et "Le petit photographe de Bamba" (Le Sorbier, 2007).

Une double page du "Taxi-brousse de Papa Diop" (Syros).

On peut aussi rencontrer Christian Epanya, en résidence au Wolf cette semaine, ce mercredi 27 septembre à 18 heures. Il sera en bonne compagnie, celle de Dominique Mwankumi, autre auteur-illustrateur africain (gratuit sur inscription).

Créateur, mais aussi formateur d’illustrateurs, Christian Epanya expliquera peut-être sa manière de réaliser un livre. Prenons par exemple "Le petit vendeur de beignets" qui paraîtra à Paris aux Editions A vol d'oiseau début 2018, sur un texte de Didier et Jessica Reuss-Nliba. L'histoire d'un petit garçon au Cameroun, dernier né d'une famille polygame de trois femmes et de très nombreux enfants. Avec les siens, il prépare des friandises qui sont vendues aux passagers lors des haltes du train. Par les fenêtres car entrer dans le train est interdit aux villageois.

  1. Il écrit ou reçoit le texte.
  2. Il découpe le texte en idées d'images.
  3. Il fait les crayonnés.
  4. Il pose un calque sur les dessins et passe au crayon noir d'un côté du calque, au crayon blanc de l'autre.
  5. Il peint les fonds foncés des images.
  6. Il pose le calque côté blanc sur les fonds foncés et repasse au crayon ou avec un bâton pointu pour imprimer.
  7. Il pose ses couleurs, toujours du foncé au clair.
  8. Il se réserve un dernier plaisir, représenter les motifs des tissus.

"C'est un travail énorme mais on a les ambiances qu'on veut. Contrairement à l'aquarelle, avec l'acrylique, on n'est pas obligé de tout faire en même temps." 

On peut évidemment aussi lire les albums de Christian Epanya, dont le trait et la couleur se reconnaissent de loin. "Je veux montrer aux Africains et aux non-Africains que l'Afrique est riche en littérature et en histoires pour enfants. Je veux faire connaître le patrimoine africain et pas seulement le patrimoine camerounais. Pour moi, un bon album pour enfants est un album qui interpelle les lecteurs et qui a une longue vie. J'ai souvent recours à l'imaginaire et à l'humour, tant dans mes textes que dans mes images."


Dans ma bibliothèque désormais bien rangée, j'en ai immédiatement repéré trois.

Le début de l'aventure. (c) Syros.


Le taxi-brousse de Papa Diop
Christian Epanya
Syros 2005, 2015 avec cd ou en poche

Dans le nord du Sénégal, entre Dakar et Saint-Louis, Sène, un enfant, accompagne et aide son oncle, Papa Diop, chauffeur d'un taxi-brousse. En faisant le compte-rendu des trajets, le gamin raconte le quotidien de la société sénégalaise.

Une suite vient de lui être réservée, "Le grand retour du taxi-brousse de Papa Diop" (Syros, 2016). "On me demandait souvent une suite au "Taxi-brousse", raconte Christian Epanya. "Je voulais garder le héros mais me renouveler. Du coup, l'histoire se passe maintenant dans le sud du Sénégal et l'enfant est devenu un adulte."

Malin comme dix singes
Christian Epanya
Seuil Jeunesse
2006

Comme il a de la peine à compter avec des bâtonnets, Petit Bolo le singe se fait aider par sa maman qui lui apprend à compter en bananes!
Le petit photographe de Bamba
Christian Epanya
Le Sorbier
2007

Une histoire qui s'est vraiment passée au Ghana mais qui se déroule au Mali dans l'album et qui est un clin d’œil de l'artiste à la Biennale de Bamako.



Il y en a plein d'autres aussi.

In "Le voyage de l'empereur Kankou Moussa". (c) Le Sorbier.



Infos et réservations: le Wolf.

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