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jeudi 12 septembre 2013

L7 écriée "Cocorico" pour Edgar Kosma


Edgar Kosma, c'est cet écrivain belge que certains connaissent mieux sous son vrai nom de Benoît Dupont. Son premier roman fut "Eternels instants" (Ed. Luc Pire, 2010). Il est aussi une des chevilles ouvrières de ONLIT, chouette site publiant revues et livres en ligne.

On le croyait à Bruxelles, bossant dur à sa rentrée littéraire. Il était à Nice.
Chez Christian Estrosi? Oui mais pas que. Il y était surtout en tant que candidat de la Fédération Wallonie Bruxelles pour le concours "Littérature" des Jeux de Nice 2013 (les Jeux de la Francophonie allient sport et culture et sont organisés tous les quatre ans dans le but de créer des échanges entre les jeunes et de mettre en valeur la jeunesse francophone).

Bonne idée car il en est revenu médaille d'argent pour son texte "Hors cadre", sur 23 candidats provenant des 5 continents. La médaille d’or est allée au romancier canadien Guillaume Corbeil, celle de bronze à Kokou Rosine, candidate de la Côte d’Ivoire.
Edgar Kosma a déclaré à Nice: "Je suis très content d'avoir eu cette médaille. Mon texte a été très bien reçu par le jury. Nous étions quand même 23 candidats de tous les continents et donc il y avait une belle diversité des textes dont celui du médaillé d’or. J'ai fait de belles rencontres."

Edgar Kosma et sa médaille d'argent  (c) Zlata Rodionova. 

Son texte lauréat, "Hors cadre", est encore inédit mais ne devrait pas le rester.

Edgar Kosma s'y glisse dans la peau de Michel pour décrire les pensées d’un employé d’une grande entreprise, convoqué dans un bureau où on lui apprend qu’il est  licencié après quinze ans de service. "C'est une nouvelle très simple, dit l'auteur. Un texte un peu dur et socialement engagé, qui montre aussi le côté déshumanisant du monde de l’entreprise d’aujourd’hui."

La suite racontera le parcours d'un employé dans une grande entreprise imaginaire: de l'offre d'emploi au licenciement (décrit dans la première partie du texte). L'originalité résidera dans la forme avec des chapitres "interludes" qui  pourront être des "documents" de type emails, PV, affiche syndicale, notes internes, rapports...

Un sujet qui évoque immanquablement "Outplacement" d'Arnaud de la Croix (ONLIT, ebook) où l'ancien éditeur BD conte par le menu les séances imposées sous peine de perdre ses droits au chômage. Criant de vérité, plus vrai que nature... et je sais de quoi il parle.








En attendant la suite, voici, en exclusivité, le début de "Hors cadre".




Patrick Leroy, Head Office Manager récemment promu pour insuffler
une nouvelle dynamique au pôle Business Accounts, avait attendu que
Michel soit bien installé au fond de son siège pour lui expliquer la raison
de cet entretien non planifié dans l’agenda collectif :
« Michel, je suis désolé de vous annoncer cela de manière si directe mais
je suis convaincu qu’il est préférable pour chacun de nous que je le fasse
sans tergiverser.
Après avoir fait le tour des différentes possibilités, le Back Office
Manager et moi-même avons pris la décision, difficile mais nécessaire, de
mettre un terme à votre contrat de travail.
Bien entendu, nous souhaitons que cette situation se déroule de la
meilleure manière possible et, ce faisant, il va de soi que nous ne vous
demandons pas de prester votre préavis.
De plus, vos jours de congé annuels restants seront additionnés à votre
indemnité de départ, calculée sur vos années d’ancienneté.
Laquelle atteindra donc une somme rondelette qui devrait vous
permettre de voir venir. Passons à présent aux choses pratiques, si vous le
voulez bien.
Concrètement, je vais donc vous demander de signer ce document,
précédé de la mention " lu et approuvé " et de me rendre votre badge.
Les mots de passe sont connus du Pool IT et ont déjà été réinitialisés, ne
vous inquiétez pas pour cela.
Un agent de la Security Team vous attend dans le couloir et vous
accompagnera, quand nous en aurons terminé avec ces quelques
formalités, à votre bureau, où vous pourrez récupérer vos effets
personnels.Avez-vous des questions ? »
Réagir.
Ne pas passer, une nouvelle fois, la fois de trop, pour l’abruti de service,
l’employé modèle sans grade qui se laisse marcher sur les pieds par ses
supérieurs, et parfois même par des subalternes.
Demander plus d’explications. Apprendre le comment. Le pourquoi.
Moi. Et pas un autre. Il y a des centaines de types dans cette boîte qui ne
méritent pas plus que moi de rester.
Exiger la vérité. Et rien d’autre.
N’obtenir de Leroy qu’une déferlante de copiés-collés tout droit sortis de
la bible du parfait petit Manager pour les nuls :
« Comprenez bien que cette décision ne remet aucunement vos
nombreuses compétences en question… »







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