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mercredi 29 janvier 2014

L7E tranglée en parcourant le dernier "ELLE"

A la rubrique "Joyeux anniversaires", le "ELLE" du 24 janvier 2014 publie ceci.
 



Ai-je bien lu? "Martine", celle de Marcel Marlier et Gilbert Delahaye (Casterman), la "meilleure amie des petites filles"?
"Martine", "indémodable"?
Mais où est-on? et en quelle année?
Et c'est dans le "ELLE", hebdo dit féministe qu'on écrit cela!

La série des "Martine", c'est surtout un réel trompeur sous des images trop léchées - alors que les croquis de Marcel Marlier, décédé le 21 janvier 2011, étaient superbes. La plupart des librairies jeunesses de Belgique n'en ont pas d'exemplaire en stock. L'une ne les vend que sur commande. L'autre, installée au centre-ville, en a un ou deux, mais ce ne sont pas ses clients habituels qui  les achètent. Qui en sont alors les acheteurs? Des enseignants, des futurs enseignants (!), des grands-parents nostalgiques. Des mamies surtout, qui ne connaissent que ça. Des mamies qui ont lu les "Martine" petites.

Quelle petite fille a-t-elle échappé à ces albums joliment dessinés? Alors que les images léchées présentent un réel fallacieux et trompent finalement le jeune public. Martine veut-elle faire du théâtre? Elle trouve chez elle un coffre regorgeant de déguisements plus magnifiques les uns que les autres. Martine apprend-elle à danser? Elle fait très vite le grand écart. A peine commence-t-elle à monter à cheval qu’elle remporte le concours hippique. Et quand elle goûte la confiture mijotant dans la bassine en y trempant le doigt, elle ne se brûle même pas! La plus que parfaite Martine évolue dans une apparence de réalité, alors qu'il s'agit en réalité d'un réel trompeur.

Ce n’est pas grave qu’en soixante ans, elle n’ait pas vieilli et ne sache rien faire d'autre que sourire. Mais qu’a-t-elle compris à la vie? Ses sujets d’intérêt sont toujours matérialistes. La société de consommation est son modèle et les stéréotypes masculin-féminin son chemin. Quel enfant se retrouve-t-il dans les histoires qu’elle raconte? Malgré les apparences, son univers est un leurre. Qui laisse peu de place à l’imagination, qui n’invite pas l’enfant à se découvrir ou à cultiver sa fantaisie, à s’élever ou à s’ouvrir au monde, les vrais rôles de la littérature de jeunesse.

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