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samedi 28 novembre 2015

Décès de l'écrivain et poète Jean Joubert

Jean Joubert, avant qu'il ne se laisse pousser la barbe.
 
Le "Midi libre" annonce, ce samedi 28 novembre, le décès de l'écrivain et poète Jean Joubert, né en 1928 à Chalette-sur-Loing (Loiret). S'il avait obtenu le prix Renaudot en 1975 pour son quatrième roman, "L'homme de sable" (Grasset), et le prix de l'Académie Mallarmé en 1978  pour "Les poèmes 1955-1975" (Grasset), Jean Joubert est pour moi une grande figure du roman jeunesse, surtout parce qu'il est l'auteur de ce magnifique roman d'anticipation qu'est "Les enfants de Noé" (l'école des loisirs, Médium, 1987). Après avoir longtemps enseigné la littérature anglo-méricaine à Montpellier, lui qui disait "Je n'ai rien tant aimé que l'odeur d'un arbre" habitait un petit village de la garrigue languedocienne, près de la nature, et confiait: "Que j'écrive des poèmes, des romans ou des contes, c'est toujours en poète que je m'exprime."  En mars de cette année, il avait reçu à Lyon le prix Kowalski, distinction éminente dans le milieu de la poésie, pour "Alphabet des ombres" (Editions Bruno Doucey, 2014). Il était également président de la Maison de la poésie du Languedoc-Roussillon.

Certains se souviendront peut-être de certains de ses livres en littérature de jeunesse, ils ont marqué les esprits mais sont un peu anciens et tous ne sont pas réédités. La plupart sont édités chez Grandir et dans les différentes collections de L'école des loisirs. A eux seuls, les titres dévoilent les intérêts de l'auteur: "Hibou blanc et Souris bleue" (illustré par Michel Gay, Mouche,  1978), "Mystère à Papendroch" (illustré par Maurice Garnier, Mouche, épuisé, 1982), "Histoires de la forêt profonde" (Médium, 1984), "Les enfants de Noé" (Médium, 1987), "Le pays hors du monde" (Médium, épuisé, 1991), "Poèmes de la lune et de quelques étoiles" (Dialogue, 1992), "A la recherche du rat-trompette" (Neuf, 1993), "La Pie Magda, belle brigande" (illustré par Bernard Jeunet, Mouche, épuisé, 1995, label du prix Bernard Versele 1997), "Le chien qui savait lire" (illustré par Bernard Jeunet, Mouche, 1996), "L'amitié des bêtes" (Dialogue, 1997), "L'été américain" (Médium,  1998), "Mademoiselle Nuit" (Médium, 2000), "La jeune femme à la rose" (Médium, 2002), "Jean, il y a des souris dans la cuisine!" (illustré par Elsa Huet,  Mouche, épuisé, 2005).
François Ruy-Vidal avait réédité en 2003 le conte-poème de Jean Joubert sur Pivoine et ses achats farfelus, mis en images par Danièle Bour, "Voyage à Poudrenville" (Delarge, 24 pages, 1977), son premier livre, au côté désuet mais surtout à l'infinie liberté surréaliste.

Jean Joubert demeurera dans l'histoire de la littérature jeunesse comme l'auteur du roman pour ados "Les enfants de Noé". Un formidable roman d'anticipation, magnifiquement écrit, qui avait été publié en 1987 mais se déroulait en 2006! Cela fait un peu bizarre à écrire aujourd'hui. Je l'avais lu à sa sortie et j'avais été subjuguée. Bon, j'avoue qu'aujourd'hui je me souviens davantage de l'effet que la lecture de ce livre m'avait faite que des différents épisodes qui attendent les personnages.

Je vais donc pour une fois reprendre le résumé de l'éditeur qui éveille en moi plein de beaux souvenirs de lecture: "En février 2006, des expériences dans la zone polaire provoquent une gigantesque tempête qui ensevelit l'hémisphère nord sous plusieurs mètres de neige, paralysant toute activité. Quelques années plus tard, un jeune homme, Simon, raconte la longue lutte pour la survie matérielle et spirituelle qu'il a menée avec sa famille, dans leur chalet des Alpes, au cœur de ce déluge blanc. Dans leur arche perdue, le père, la mère et les deux enfants affrontent de multiples périls, la solitude, la peur, parfois l'angoisse, mais finalement c'est l'ingéniosité et l'espoir qui l'emportent. Ils réinventent des gestes ancestraux qu'ils croyaient oubliés. Auprès d'eux, leurs animaux familiers les aident, de diverses manières, à surmonter l'épreuve. Dans les livres qui les entourent, et dont le père lit chaque soir quelques pages au coin du feu, ils puisent aussi des leçons d'amour et de courage. Roman d'anticipation, récit d'aventures, fable écologique, ce livre est aussi une méditation sur la fragilité du monde où nous vivons, et comme un manuel de survie pour les futurs naufragés de la société industrielle."

Oui, c'est ça, cette impression d'enfermement à l'intérieur du chalet, et à l'extérieur ce blanc immense et sans fin, ainsi que la volonté peu commune de s'en sortir.









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